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 Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Ven 24 Fév - 16:50

Elysio ne voyait que très rarement tellement de gens concentrés en un seul et même lieu. C’était le cas, ce soir là, dans la tente des réunions, le point de rencontre de toutes les assemblées de la brigade mauve. Le jeune homme aux cheveux sombres s’était installé entre Stivan et Alyce sur l’un des nombreux sièges disposés en escalier et entourant une palissade peu élevée. Sur celle-ci, Régyen le chef de la brigade, se tenait debout et attendait calmement que tous les elfes soient présents. Au grand mépris d’Elysio, le lycanthrope était debout à ses cotés. Les oreilles couchées en arrière, il balayait les nombreux elfes d’un regard effrayé et nerveux. Même si ce monstre lui avait averti de la destruction de Darios, il restait tout de même un monstre et le point de vue d’Elysio sur ces monstres n’avait pas changé.
Après un moment qui parut une éternité, Régyen leva la main pour répandre le silence.

-La quasi-totalité de l’assistance connait le pourquoi de cette réunion, mais je vais le répéter : le lycanthrope que nous avons accueillit parmi nous s’est enfin décidé à nous parler et à nous révéler ce qu’il sait sur La Meute !

Intimidé par tous les regards braqués sur lui, le loup garou fit un pas en arrière. Si sa peau n’était pas recouverte de poils, il serait rouge d’embarras. Régyen s’approcha de lui :

-Hiki…c’est ça ? Désires-tu parler ?

La gueule entrouverte et les yeux écarquillés contenant des larmes prête à déborder, le dénommé Hiki fit « non » de la tête. Elysio ignorait que ces monstruosités étaient capables d’être aussi craintives.

-Il est sous état de choc, marmonna Alyce comme si elle lisait ses pensées, après tout ce qui lui est arrivé, il ne dira pas un mot devant tellement de monde.

-Il le fait exprès. Répondu Elysio en essayant de se convaincre lui-même. Ces créatures sont des horreurs sans âme et sans cœur. Il est impossible qu’elles ressentent quoi que ce soit.

Alyce lui gratifia un regard froid, mais ne dit rien. Elle se tourna à nouveau vers Hiki, une lueur de compassion dans ses yeux verts.

-Ce que tu viens de dire s’appelle du préjugé. Reprocha Stivan en complétant ce qu’Alyce devrait répondre.

Elysio ne le croyait pas. Alyce et Stivan s’étaient pris d’affection avec l’une des créatures les plus ignobles d’Alysia ? Il n’eut le temps de rien leur reprocher car Régyen repris la parole :

-D’après les rapports de notre hôte, une rébellion s’est installée au sein de La Meute pendant l’absence de leur maitre. Ces rebelles ont affaibli l’armée en la détruisant petit à petit de l’intérieur. A présent, La Meute est faible. Elle a faim de nouvelles recrues pour étoffer l’armée et rendre sa grandeur. Afin d’être repue, elle devrait ou recréer un village de Lycanthropes comme Pierycia ou ils iront employer la violence et détruiront des villages entiers pour se procurer de nouveaux soldats. Comme Darios…

-Mais La Meute n’avait pas détruit Darios pour se procurer le mage absolu ? Dit un elfe au milieu des autres.

-Dawan ne se dévie jamais de son objectif, c’est-à-dire, la capture du mage absolu, mais il profite toujours de ce qu’il a à porté de main : des nouveaux soldats pour son armée. En conclusion, nous devons avant tout trouver un moyen de protéger tout les villages à proximité de La Meute et du mage absolu. Nous ferons cela pour terminer ce que les rebelles ont commencé et éviter de nouvelles tragédies.

-Pourquoi nous ne prenons pas l’eau magique qui servait de barrière à Darios ?

Tous se tournèrent vers la voix : l’idée venait de Rolf. Elkyre enfila des lunettes et se mit à astiquer l’engin qu’il bricolait depuis un bon moment…et qu’il avait apporté à l’assemblée…Il prit la parole d’un air absent :

-L’idée est plutôt intéressante venue de toi, mais je discorde.

-Qui a dit que t’avais le droit de donner ton avis, humain ?! Regardez-moi ce clown ! Il bricole en plein milieu d’une réunion ! Bien typique de la race humaine !

-Tout le monde a le droit de donner sa propre opinion ici, dit Régyen, et ce jeune homme n’est pas une exception.

« Et paf ! Le « nerf elfique » s’en prend une dans les dents » Ricana Elkyre intérieurement.

-Merci beaucoup pour votre appui, Régyen. Fit le blond en quittant son gadget du regard. En revenant sur notre sujet initial, je ne suis pas du tout d’accord avec l’idée du nerf…de Rolf (le concerné lui jeta un regard assassin). Premièrement, il est possible que Dawan ait retiré l’eau de là, dans ce cas, on ira faire un détour à Darios pour rien. Deuxièmement, d’après ce que j’ai appris, elle ne marche que quand le mage absolu se trouve à l’intérieur du lieu protégé. Si Elysio a le pouvoir de se multiplier ce problème sera réglé, mais là j’en doute. Et troisièmement…peut être que l’eau s’est périmée et a perdu ses effets…

-Donc t’a une idée toi, monsieur je-sais-tout ?! Railla Rolf les poings sur les hanches un sourire sarcastique aux lèvres.

-Je suis vraiment désolé de te vexer, mais j’en ai une, oui. (Encore une fois, Rolf se mit à fusiller Elkyre du regard) J’en ai marre de devoir te laisser sans paroles à chaque fois, donc je vais laisser mon amie expliquer.

Alyce se racla la gorge. Visiblement, elle savait très bien à quoi Elkyre faisait allusion. Elle se leva pour que toute l’attention soit portée, mais frémit quand tout les regards s’étaient braqué sure elle. La jeune fille n’était pas habituée à être le centre des attentions et maudissait Elkyre pour l’avoir obligé à l’être. Elle prit la parole d’une voix claire afin de dissimuler sa timidité et sa colère :

-Elkyre et moi, nous avons lu de nombreuses informations concernant cette eau enchantée grâce à un (elle s’efforça de ne pas citer le carnet de Dorwinn)…livre ! D’après cet ouvrage, l’eau n’a pas subit de sort mais est enchantée par nature. Et son emplacement à seulement été cité une fois : dans les écrits de cet auteur.

-Et où est ce fameux emplacement ? S’enquit Lyria en caressant son oiseau de compagnie perché sur son bras. Elle aussi avait l’air absent.

Alyce croisa le regard d’Elkyre l’air interrogateur. Le jeune homme fit un léger « non » de la tête pour répondre à cette question silencieuse.

-Régyen…je pense que nous devrions vous le dire en privé…

-Quoi ?! Interrompit Rolf. D’abord on a l’humain délinquant puis après, on a l’humaine paranoïaque ! On est gâtés aujourd’hui ! Pourquoi elle ne veut pas nous citer cet emplacement tout haut pour qu’on l’entende tous ?! Elle nous prend pour des traitres ?!

-Alyce à raison de se méfier. Répondit Régyen calmement. Mais d’un coté, tu as raison, Rolf (l’elfe aux cheveux noirs croisa les bras et bomba son torse, satisfait) que ce soit dit en privé ou en public, cela reviendra au même. Ceux qui se chargeront de chercher l’eau à sa source finiront par le savoir eux même et la rumeur parcourra le camp. Autant le dire maintenant.

Alyce jeta à nouveau un coup d’œil à Elkyre, mais son regard bleu s’était à nouveau posé sur l’objet qu’il astiquait avec soin.
« Elle est où l’aide quand on en a besoin ? » Grommela-t-elle en son fort intérieur.

-C’est comme vous le souhaitez, Régyen…La source ou coule cette eau se trouve dans un lieu justement près de Darios, pour mieux dire…en dessous de Darios. La source est souterraine, c’est pour cela qu’elle n’est connue que de l’auteur.

-Et comment ferons-nous pour arriver aux sous-sols ? Fit remarquer un elfe musclé, l’un des elfes qui avait participé à l’assaut de Pierycia. Nous n’avons pas les moyens !

-Il en existe un ! S’enthousiasma Stivan qui en avait marre de garder le silence. Il y a un pote à nous (qui est peut être cet « auteur » dont vous parlez) qui a creusé des tunnels sous terre. Par chance, il y en a un qui arrive en dessous de Darios, dans la source.

-Mais où est l’entrée de ces fameux tunnels ?

-A Pierycia ! Si vous êtes intéressés, je peux vous accompagner pour vous montrer. Et ne vous inquiétez pas, maintenant que Dawan n’est plus dans le secteur on pourra y aller beaucoup plus facilement.

Régyen caressa longuement son menton tout en réfléchissant. Sans un bruit, la foule attendait impatiemment la réponse de leur chef, les yeux brillant. Finalement, l’elfe hocha la tête :

-Demain à l’aube, je désignerais ceux qui iront prendre l’eau enchantée qui dressera Le Mur devant tout les villages successible d’être attaqués. Nous devrons faire vite avant que Dawan ne refasse ses cruautés. Je vous confirais une coupe pour y préserver l’eau et vous partirais accompagné par ce jeune homme (il pointa Stivan du menton). Mais une chose n’est pas réglée : comment ferions-nous pour protéger les villages si le mage absolu doit obligatoirement être à l’intérieur du mur ?

-Ne vous inquiétez pas pour ça. Le calma Elkyre. Nous ferions des recherches à ce sujet et règlerons ce problème en un clin d’œil.

-Très bien ! Donc regagnez vos tentes. L’assemblée est close !



Lorsqu’il sortit de la grande tente, Elysio jeta un regard noir au lycanthrope qui, tremblotant, était accompagné par des infirmières jusqu’à son dortoir. Les yeux du loup-garou étaient écarquillés de peur et de tristesse, mais Elysio se forçait à ne pas croire à ce mensonge. Il y avait quelque chose de sournois dans ce regard innocent, il le sentait.

Pour l’instant, Stivan recommençait à réclamer auprès d’Elkyre et Alyce :

-Pourquoi vous faites tout le temps des trucs ensemble sans rien me dire ?! Je n’étais pas au courant du truc de la source !

-C’est top secret et réservé aux apprentis Dorwinniens. Railla Elkyre. On révèle les secrets Dorwinniens en cas d’urgence et c’est tout.

-Mais j’en ai marre de rester dans l’ignorance ! Vous m’énervez toujours avec votre regard de « j’ai tout compris » alors que moi, de mon coté, je ne comprends rien ! Et…vous en en cachez combien des comme ça ?

-Euh…Plusieurs. Fit Alyce.

-Raconte ! Raconte ! S’il te plait !

-D’accord…grommela Alyce. Des années auparavant, quand Dorwinn et ses amis on creusé les tunnels, ils ont débouché en dessous de Darios et ont trouvé la source. Dorwinn en a donc profité pour prendre un peu de l’eau et l’a rapporté à Darios pour protéger Elysio des monstres. T’es content maintenant ?!

-Oui ! Même très content !

Puis il partit en sautillant tout en criant « Je suis un Dorwinnien ! Je suis un Dorwinnien ! ».

-Vous avez trahit l’honneur Dorwinnienne en révélant cette information top secrète à un intrus, apprentie Alyce. S’indigna Elkyre de manière ironique, tout en vérifiant une visse sur son objet. Vous pouvez être fière de vous…

-C’est pour qu’il nous laisse tranquille.

-Et alors ? Tu pouvais toujours lui donner une fausse information. Enfin bref…l’important c’est qu’il est parti. Ça nous fera des vacances quand il s’en ira avec les elfes…

-Ne dit pas ça ! C’est notre ami ! Qu’est ce que tu peux être malpoli des fois ! Je voulais qu’on reste seuls car je souhaite te poser une question : pourquoi tu n’as pas voulu que je raconte l’emplacement de la source devant l’assemblée ?

Pendant un bref espace de temps, Elkyre leva son regard vers Alyce, de la surprise et de l’hésitation dans ses yeux. Il détourna le visage, plia son objet et le rangea dans sa poche.

-Oh…je voulais simplement rigoler un peu et voir la réaction du nerf elfique en apprenant qu’on se méfie des elfes. J’avoue que c’était divertissant…

-C’est pas croyable comment tu ne penses qu’à ton propre plaisir, toi !

Elkyre ignora le reproche d’Alyce. Son regard se mis à fixer le lointain comme dans toutes les fois où il révélait ses vraies pensées.

-Je suis forcé à le reconnaitre, Rolf à raison. Depuis le début de l’assemblé, je me méfiais beaucoup des elfes qui étaient présents dans cette tente. J’ai sentit un danger au sein de la foule et je crois même qu’un traitre se faufilait parmi elle. Voilà pourquoi j’étais réticent à l’idée que tu révèles l’emplacement de la source.

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Dim 25 Mar - 22:52

Chapitre 13
Avant la tempête


Une longue journée s’écoula après le départ du groupe d’elfes vers Pierycia, guidés par Stivan. Pendant tout ce temps, Elkyre et Alyce s’étaient clôturés dans une tente, penchés sur des livres, complètement absorbés par leurs recherches sur l’eau magique. Ceci ne laissa qu’une possibilité à Elysio pour faire au moins quelque chose dans cette journée interminable : s’entrainer avec Lazura. Il fit un tour dans sa tente pour s’emparer de Vylia, au cas où, et s’orienta en direction de la forêt. En chemin, il entrevit Lyria qui, elle aussi, se dirigeait vers le bois son faucon écarlate voltigeant autour d’elle. Mais, bien qu’il veuille, Elysio ne la suivit pas cette fois. Son objectif était autre.

Lorsqu’il pénétra dans la clairière où se trouvait le sanctuaire, en ouvrant la porte grâce à son pendentif, le lieu avait énormément changé. En effet, la seule fois où il avait mis les pieds dans ses ruines, il faisait nuit et seule la lune éclairait le temple. A présent, les rayons dorés et chaleureux du soleil pénétraient à travers le feuillage des arbres à la place de la lueur pâle de la lune. Une atmosphère nouvelle s’était installé dans la clairière, des oiseaux virevoltaient et piaillaient autour des restes de colonnes tandis que d’autres s’étaient installés sur les épaules de la grande statue de Lazura (qui n’avait toujours pas sa tête) ; une brise légère caressait la peau et les cheveux sombre d’Elysio et la délicieuse odeur des fleurs qui tapissaient le sol mêlée à celle du feuillage des arbres lui chatouillait les narines. Néanmoins, malgré tout cela, il sentait une horrible sensation de solitude. Cette sensation d’être, dans un lieu, le seul à respirer.

Voulant vite que cela cesse, Elysio retira le Cœur-de-Lazura de son cou et le fracassa sur l’autel. Les lueurs bleues, à peine visibles à cause des rayons du soleil, formèrent une nouvelle fois la majestueuse Lazura. Elle sourit en reconnaissant le jeune homme :

-Elysio. Je savais que ton absence allait durer si peu de temps. Je connais cette faculté que tu as de ne jamais abandonner quoi que ce soit.

Le jeune homme fit quelques pas en arrière et inclina la tête en signe de respect :

-Je voulais juste me remettre à apprendre auprès de votre savoir en magie, Lazura.

-Très bien. As-tu pensé à ce que je t’ai dit ?

« Maintenant que ton destin t’a été conté, c’est à toi de décider si cette raison de vivre que tu t’es fixée est réfléchie ou vaine. » Avait-elle dit juste après avoir récité la prophétie de Nouvelle-Lune. Avec l’arrivé de ce lycanthrope dans le camp et toutes les méfiances que ce monstre avait réveillé en lui l’avait forcé à dévier ses pensées de cette prophétie. Une prophétie qui était pourtant ce qu’il avait longtemps cherché à connaitre. Le jeune mage fronça les sourcils, se maudissant intérieurement.

-Je suis profondément désolé…s’excusa-t-il en essayant de faire sa voix paraitre calme. Dernièrement, ma concentration s’est déviée de ça.

-Tu n’as pas à t’excuser, Elysio. Se déchiffrer soi-même et prendre une décision sont des épreuves difficiles qui demandent beaucoup de temps. Tu devrais me revoir une fois la réponse à cette question trouvée.

Lazura se déplaça dans la brise jusqu’à proximité de la grande tête en pierre qui avait autrefois appartenu à la statue. Elysio comprit tout de suite où la mage voulait en venir et tendit la main vers le fragment, les yeux fermés, pensant très forts à ses qualités comme il l’avait fait la fois dernière. Son esprit était presque entièrement vide, si vide qu’il n’aperçut pas que quelque chose courait vers lui en l’appelant. Et ne sentit pas directement les deux mains griffues qui s’étaient agrippées à ses épaules. Elysio fit volte-face, la main sur la garde de Vylia, puis reconnu Hiki. Cet affreux lycanthrope…Il aurait voulu l’étriper avec le tranchant de son épée si cette certaine force inconnue ne l’avait pas empêché. Il eut de plus en plus envie lorsque la créature se mit à le secouer dans tous les sens en répétant :

-Jeune homme ! Jeune homme ! Tu dois le détruire ! Oui ! Dawan ! Tu dois achever ce tyran ! Il a fait des atrocités et je les ai vues moi-même ! Tu dois en finir, jeune homme ! Tu dois…

Il cessa ses gémissements car une rafale rouge le heurta de plein fouet. Le lycanthrope vacilla en arrière, couinant de douleur. Elysio tourna le regard pour reconnaitre son sauveur et fut à la fois surpris et heureux de reconnaitre le pur et magnifique visage de Lyria. L’oiseau qui avait frappé Hiki piailla rageusement en passant devant le lycanthrope, puis se posa calmement sur l’épaule de sa maitresse comme si de rien était. La jeune demi-elfe caressa le plumage rouge de son oiseau et fixa sur Hiki un regard plein de reproches :

-Hiki. Tu n’as pas le droit de quitter l’infirmerie à ce que je sache. Vu ton état, ça m’étonnerait que les infirmières t’aient laissé la permission.

Le loup-garou coula un regard suppliant vers Elysio, mais ne fit aucun pas.

-Allez ! Qu’est-ce que tu attends ? Vas y, si tu espères être soigné ! Insista Lyria.

Légèrement, les babines du lycanthrope se retroussèrent. S’il voulait répliquer, il ne semblait pas capable de le faire. Était-ce à cause du regard intense de Lyria ou à cause de son état de choc ? Elysio s’y désintéressa tout de suite car Hiki exécuta les ordres de Lyria et se retira de la clairière. Quelques secondes avant, le loup-garou l’avait supplié de détruire Dawan. De nombreuses personnes lui aurait fait confiance avec ce seul propos : ce ton suppliant qu’il avait utilisé serait suffisant pour croire que le lycanthrope n’était plus du côté de Dawan. Mais Elysio refusait toujours d’accorder sa confiance à la créature. Qui sait ? Cela pourrait s’agir d’une feinte visant à le précipiter dans un piège. Après-tout, les lycanthropes était de très bons acteurs. Il le savait mieux que personne… Toutefois, une étrange force au fin fond de son âme résistait et lui criait de ne pas penser cela.

« C’est à toi de faire le choix. » Lui aurait dit Lazura si elle était là.

En effet, quand Elysio se retourna en espérant se retrouver face à la silhouette illuminée de la mage, il ne trouva que l’autel vide avec, en son centre, solitaire mais reconstitué, le Cœur-de-Lazura.

-Elle disparait immédiatement quand une personne, autre à celles qu’elle désire rencontrer, pénètre dans le sanctuaire. Informa Lyria qui s’avança pour le rejoindre. Mais dans ce cas, je crois qu’elle l’a fait volontairement.

-Qu’est-ce qui te fait dire ça ?

-Par Shyska ! Les humains se croient si intelligents ! Toi qui es un spécimen de cette race, tu devrais me faire la preuve de cette ingéniosité en réfléchissant toi-même !

Elysio fut tout de suite offensé par les paroles pleines de préjugés que venaient de prononcer Lyria. Cette fois, il n’accepta pas de rester muet comme toute les fois où il était en présence de la demi-elfe. Le jeune homme redressa son visage et fixa son opposante dans les yeux :

-Pourquoi toute cette haine envers nous les humains ! Tu contiens bien du sang d’humain dans tes veines, non ?!

Lyria fut parcourue par un frisson. Ses yeux écarquillés trahissaient sa stupéfaction, preuve qu’elle ne savait pas qu’Elysio connaissait son histoire. En devinant que sa maitresse devrait rester seule à seule avec Elysio, l’oiseau rouge la quitta et se dirigea vers le camp, à tire d’ailes. Elle semblait à présent si seule…Le jeune mage sentit presque de la pitié pour elle, mais elle se reprit rapidement :

-Et alors ? C’est par le sang que tu vas classer tes amis et tes ennemis ? Je te signale que les lycanthropes ont eux aussi du sang d’humain dans leurs veines ! Voilà ce qui explique toutes leurs monstruosités…

-Alors, si tu répugnes les humains à ce point, qu’est ce qui t’attache à la brigade mauve ?! Il me semble que son objectif est d’aider ces horribles êtres dans leurs problèmes ! Je me trompe ?!

Il venait d’atteindre un point faible. Cela se vit immédiatement sur le visage de Lyria qui l’avait rabaissé. Elle hésita longtemps, elle cherchait à savoir si elle pourrait révéler certaines informations à Elysio. Elle cherchait à savoir si elle pourrait s’ouvrir à cet être humain… Filtrée entre les branches d’arbre, un faisceau de lumière éclaira la jeune demi-elfe, cette lumière paraissait elle aussi attendre une réponse. Finalement, Lyria marmonna :

-Régyen est mon père. Depuis qu’il m’a retrouvée, égarée dans la forêt, au lieu de me ramener dans notre ancienne maison où on habitait tous ensemble, dans le monde elfique, il m’a obligé de rester enfermée dans ce monde hostile. Alysia… Je suis tous les jours obligée à aider des êtres que je déteste…je suis obligée à me marier avec quelqu’un au sein de la brigade…En plus, depuis que père s’est remarié avec cette…Rivierre…les choses ont réussi à être beaucoup plus pires !

Rivierre était le nom de l’elfe aux cheveux violet qui avait chaleureusement accueilli Elysio lors de son réveil. Elle avait l’air plutôt aimable. Mais la n’était pas la question… A la suite de ces révélations, les yeux de Lyria s’étaient clos comme si elle voulait se dispenser de la réaction du garçon. Un nuage passa devant le soleil, ce qui fit le faisceau de lumière disparaitre. Lyria était à présent entourée de ténèbres, des ténèbres qui représentaient ses contraintes et ses souvenirs douloureux qui refaisaient surface. Elysio se surpris à regretter ses paroles, il détestait par-dessus tout que quelqu’un lui rappelle son passé et il le souhaitait à personne…à personne dont il était attaché.

Lorsque Lyria ouvrit les yeux, elle ne regarda pas Elysio en face. Ils étaient perdus dans le vague et rappelait atrocement les yeux vides de la Lyria de ses rêves. Elle se retourna et fixa le ciel :

-Le soleil décline. Annonça-t-elle. Nous devons rentrer au camp si nous ne voulions pas prendre froid.

En jetant un dernier regard en arrière, vers l’autel, vers la tête de la statue, Elysio suivit Lyria vers la sortie de la forêt. Pendant tout le chemin, Lyria retrouva son état habituel, c’est-à-dire qu’elle n’adressa pas du tout la parole au jeune homme. Néanmoins, elle ne ressemblait plus à la Lyria froide et hautaine, mais à une Lyria triste et engourdie. Elysio aurait aimé la prendre dans ses bras et lui murmurer des consolations. Malheureusement, elle l’aurait repoussé tout de suite, donc il s’abstenu.

Arrivé au camp, le lieu était tout autan monotone. Un silence pesant régnait quand :

-Planquez-vous ! Planquez-vous ! Ils arrivent !

C’était la voix de Stivan qui n’était en aucun cas rassurante. Il courait à toute jambe vers le camp et l’expression de son visage était encore moins rassurante. Alerté par le cri, Régyen émergea de sa tente en écartant brusquement les pans de l’entrée :

-Que ce passe-t-il ?!

Stivan courut vers lui et agrippa son col, l’air de complètement oublier le rang de l’elfe.

-Les lycanthropes étaient là bas, à la source ! Ils ont rempli une coupe d’eau, sont parti avec et ont desséché le reste ! Je n’ai pas le temps d’entrer dans les détails, fuyons !

Sur ce, Stivan accouru vers les autres elfes pour leur passer le message. Derrière les cris nerveux et affolés du garçon retentissaient, effectivement, les rugissements de guerre des lycanthropes. Elysio jeta un coup d’œil à Lyria, elle tenait son arc à la main, déterminée à défendre son camp et non pas fuir comme l’avait proposé Stivan. Ce qui était ironique vu que, d’après ses dernières paroles, elle n’avait aucune accroche à la brigade.

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Mer 4 Avr - 21:23

Un cri perçant déchira l’atmosphère. Ce cri ne ressemblait à rien de ce qu’Elysio connaissait. Toutefois, la brigade mauve ne paraissait pas demeurer dans l’ignorance. L’elfe musclé de l’assaut de Pierycia, fit un pas en avant, les yeux rivés au ciel. Tous ses compagnons firent de même.

-Non…ce n’est pas possible…Ils ont leurs montures volantes ! Il faut évacuer le camp !

Sa pâleur trahissant son extrême inquiétude, Régyen chassa la proposition d’un geste de la main.

-Non, Jirdah. Je t’ai toujours répété de méditer cette phrase : l’honneur en premier lieu. Nous n’allons pas nous faire passer par un groupe de girawas effrayés fuyant notre nid. La brigade mauve se battra contre cette menace, tels des lions elfique.

-Mais, mon commandant…

-Donne à nos hôtes l’ordre de s’enfuir ! Commanda-t-il la voix de plus en plus autoritaire. Eux n’ont aucune dette envers la brigade ! Ils n’ont pas besoin de faire preuve d’honneur en notre nom ! (Jirdah faillit répliquer) Fait ce que je t’ordonne !

D’un geste brusque, Lyria agrippa le bras d’Elysio et l’entraina en courant vers l’autre côté du camp. Ils arrivèrent devant une tente encore plus grande que celle des réunions et plus longue que l’infirmerie. Ne lâchant pas le jeune homme, elle fit son entré dans le bâtiment qui s’avérait être un lieu sombre où l’air était d’une chaleur étouffante. Le temps que ses yeux s’habituent à l’obscurité, Elysio se fiait à son ouïe. Les cris des elfes, les hurlements des lycanthropes ne passaient pas de gémissement étouffés. Seul la respiration saccadée de Lyria était présente, accompagnée de son propre souffle. La main de la demi-elfe, toujours resserrée sur le bras du jeune homme était moite, tremblante.

Normalement, Elysio se serait révolté. Il n’aurait pas accepté de s’enfuir et se battrait aux cotés de la brigade mauve. Il se battrait contre ces êtres qu’il haïssait plus que tout. Mais dès que Lyria l’avait touché, ses pensés avaient changé en un clin d’œil. Une paix intérieure était entrée par l’endroit ou elle le tenait et s’était éparpillé dans tout son corps telle une onde d’eau pure. Les coups frénétiques de son cœur ralentissaient au fur et à mesure que ce flot le gagnait. De même pour son souffle haletant. Calmé, il ferma les yeux.

-Tu trembles…Fit-il remarquer, doucement. Au fond de toi, tu as peur pour les tiens.

-Tais-toi, humain.

La main de Lyria se crispa. Elle se mit en position de mise en garde, l’oreille collée sur la paroi de soie des murs. Quelque chose approchait. En prenant garde de ne pas faire de bruit, Elysio retira doucement Vylia de son fourreau et pointa la lame vers le faisceau de lumière qu’était l’entrée. Les pas se rapprochèrent. L’étreinte de Lyria se resserrait. Des silhouette se projetèrent, se rapprochaient. Elysio serra la garde de son épée.

Ils entrèrent…

…Elkyre, Alyce, Stivan, Jirdah, Régyen et Hiki.

L’arrivé du lycanthrope ne rassura pas du tout Elysio, mais il ne broncha pas, cette fois. Pas tant que la main de Lyria le tenait. Lorsqu’elle lâcha le bras du jeune homme pour rejoindre son père, tout le calme qu’il avait accumulé le quitta en un seul coup. Il fut comme frappé par un coup de fouet. Toute sa rage, ses révoltes revinrent en lui brusquement, comme si il venait de les réapprendre à la vitesse de la lumière. Déchainé, il se jeta sur Hiki et le plaqua au sol, la lame de Vylia sur sa gorge.

-Traître ! Tu as indiqué leur position ! Tu as averti Dawan ! Avec tes rêves, peut-être. C’est par ta faute qu’ils ont volé l’eau magique ! C’est par ta faute qu’ils attaquent le camp !

Choqué, Hiki ne se débattit pas. Il ne faisait que fixer le visage haineux d’Elysio sans aucun geste. Le jeune mage tourna son regard vers Régyen et s’écria :

- Donnez-moi la permission d’égorger ce traitre devant vos yeux ! Je laverais l’honneur de votre brigade !

-Calmez-vous, mage Elysio ! Réprimanda le commandant. Si c’est à cette vitesse que vous raisonnez, on ne va arriver à rien !

Aux cotés de son père, Lyria souffla, l’air de faire une dissertation intérieure sur la débilité des humains. Elysio essaya de reprendre son calme. Si Lyria le touchait à nouveau ce serait d’une très bonne aide.

-Je suis vraiment désolé, Régyen, je me suis à nouveau emporté…

A ces mots, il rejeta Hiki sur le coté comme s’il abandonnait une vieille loque et se rangea près des ses amis. Même s’il s’était excusé, il ne comptait pas abandonner ses idées sur le lycanthrope. Inquiète, Alyce s’approcha d’Hiki et l’aida à se relever, vérifiant qu’il n’avait rien de cassé.

-Je suis du même avis que toi, petit frère. Fit Elkyre allumant en Elysio une lueur d’espoir. Il y a bien un traitre dans le camp…Mais je m’oppose à ton accusation. Regarde bien le visage d’Hiki. (Sans gène, il prit le gentiment le menton d’Elysio et l’obligea à regarder le loup-garou) Voix-tu quelque chose qui ressemble au rictus satisfait d’un imposteur ayant réussit son coup ?

Tremblotant dans les bras d’Alyce, Hiki jetait des regards effarés à Elysio. Elkyre avait bien raison.

-Non…Mais tu ne comprends pas ? Tu sais très bien ces bêtes sont de vrais trompeuses ! Elles nous ont subornés pendant tout le temps où nous habitions à Pierycia !

-Et tu crois que tous les lycanthropes sont comme ça ?! Rétorqua Alyce.

-Si tu penses ainsi, mon cher petit frère, cela veut dire que tu ne reconnais pas la sincérité quand tu la vois.

Elysio se sentit obligé de croire à son frère. Le blond avait été le seul à se méfier de Dawan avant sa trahison. Elkyre savait très bien à qui faire confiance ou pas. Le cri strident qui avait alerté tout le camp tonitrua à nouveau. Le temps pressait.

-Lyria, tu pars avec eux. Annonça Régyen.

La concerné leva la tête vers son père, une lueur de surprise dans ses yeux.

-Lyria…Je sais que tu n’as jamais été à l’aise parmi nous, cela se voit dans tes agissements, dans ton regard…Je ne veux pas que tu t’enfuis dans le monde elfique comme l’a fait Runni et sa grand-mère. Tu es une guerrière fière et courageuse, ton destin n’est pas de te réfugier.

-Ce n’est pas ça que tu es en train de m’insinuer à faire ?! Tu me demandes de fuir au lieu de m’enfuir ?! Je ne comprends plus rien.

-Lorsque vous quitterez tous le camp, vous aurez la liberté d’agir par votre propre volonté, non pas sous les ordres d’un commandant comme moi. Ce n’est pas ce que tu désires, Lyria ?

La terre frémit sous le poids d’un énorme monstre. Elysio et les autres ne le virent pas directement, juste son ombre était projetée sur la toile. Cette silhouette laissait deviner une imposante forme ailée au long coup terminé par un visage aplati, comme celui des chouettes.

-Nous devons partir, là…Les pressa Stivan.

Sur la pointe de ses pieds, Jirdah s’orienta vers l’autre coté de la tente. Il alluma une torche et l’on découvrit un long enclos rempli de majestueux animaux musclés aux épaules larges. Ils s’agissaient de grands félins aux fourrures qui variaient en couleurs et aux longues dents pointues dépassant de leurs babines. Ces créatures étaient restées si silencieuses qu’Elysio n’avait même pas remarqué leur présence.

Tandis que, d’après le bruit, les autres monstres ailés attaquaient déjà le camp, celui qui s’était posé rodait autour du bâtiment l’air de s’assurer que personne ne s’y trouvait. Cela obligea à ceux qui étaient à l’intérieur de garder le silence absolu. Jirdah ouvrit l’enclos et fit signe aux autres de monter sur les animaux. Sans bruit, ils montèrent sur les créatures, sauf Régyen, et restèrent devant la sortie en attendant le signal de du commandant. Après un long moment d’attente empli de tension, Régyen leur donna finalement le signal et les cavaliers mirent leurs bêtes au départ.

Les elfes combattaient courageusement les lycanthropes qui s’acharnaient sur eux. Comme les défenseurs de Darios l’avaient fait avant de tomber jusqu’au dernier.

- Suivez-moi ! Ordonna Jirdah en guidant son imposant lion elfique vers la forêt.

Elysio fit le sien suivre celui de l’elfe. Ce n’était pas plus compliqué que diriger un draval, mais un lycanthrope enragé se jeta sur sa monture. D’un coup de pied, Elysio l’expulsa et le lion elfique finit le travail en lui enfonçant ses crocs dans le cou. Des autres loups-garous accoururent vers le petit groupe, les armes levées. L’un fit tomber Lyria de son lion elfique d’un coup de massue. Elle roula par terre en criant de douleur. La demi-elfe se releva sous les traits d’une louve et se jeta à la gorge de son assaillant. En se débarrassant d’un autre lycanthrope, Elysio jeta un œil vers la forêt : les autres étaient déjà présents à l’intérieur. Le jeune mage voulu les suivre, mais une énorme masse s’écroula devant lui, barrant son passage. C’était une créature semblable à celle qui rodait autour du bâtiment. Un monstre à la peau recouverte d’un plumage grisonnant, au visage illuminé de deux yeux pétillant de férocité. Son large bec s’ouvrit et laissa échapper le fameux cri strident.

Elysio dégaina Vylia, contrôlant à perfection son lion elfique.

-C’est le mage absolu ! Cria le lycanthrope qui montait l’affreuse bête.

Il sauta de son destrier et brandit sa grande hache en grognant qu’il allait le capturer. Elysio l’imita. Un combat corps à corps serait préférentiel. L’acier de la hache s’entrechoqua avec la lame couleur de feu. Ce lycanthrope était beaucoup moins impressionnant à terre que sur sa monture, il ne faisait que donner des coups au hasard sur Elysio, ce qui prouvait que le combat n’était pas sa spécialité. Le duel ne dura pas longtemps, le lycanthrope rejeta son arme en arrière chargeant un coup puissant. L’occasion était la bonne. Le mage visa la poitrine exposée du loup-garou et plongea la lame entre les côtes du monstre. Agonisant, le lycanthrope laissa tomber son arme et s’écroula au sol, raide mort.

Elysio avait tué.

Une sensation s’empara de lui. Bonne ou mauvaise ? Il ne pouvait pas le définir. Mais lorsque d’autres lycanthropes sautèrent vers lui, il ne voulait plus en voir aucun devant lui. Sauf s’ils gisaient baignés dans leur sang comme le premier qu’il avait tué. L’épée de la vengeance se mit au fossoyer toutes les créatures telle une tornade assassine. Elysio était aveuglé par sa haine. Si aveuglé qu’il oubliait que son devoir était de s’enfuir avec les autres. Si aveuglé qu’il en devenait même déchaîné. Le sang que laissait échapper ses victimes lui éclaboussait le visage, les corps sans vie des monstres se faisaient piétinés par ses pas tels des insignifiant tapis.
Elysio souriait. Il tuait les monstres qui étaient les responsables de la destruction de Darios. Il se vengeait.

Il se vengeait…

Il tuait…

Quand plus aucun lycanthrope ne s’attaquait à lui, apeurés par le démon qu’il paraissait devenir, une main douce s’empara de son bras. Trop effréné, le calme qu’elle procura à son corps et à son esprit fut trop brusque pour lui. Il ne fut pas capable de résister à ces deux sentiments qui s’affrontaient en son cœur. Il tomba dans les bras de Lyria, inconscient.

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Dim 3 Juin - 1:49

Chapitre 14
Un pacte de sang


Dans une monumentale salle, reposait une gigantesque créature prisonnière de longs filets graisseux s’entremêlant sur son corps. Une créature aux proportions imposantes qui laissaient croire qu’elle était autrefois divine. Puissante, mais fatiguée, la mine maladive. Ces yeux éteints et sa posture recourbée laissaient croire que cette créature divine était rongée par un mal. Un mal qui avait réussi à décimer toute sa puissance.

La créature ne broncha pas directement lorsque l’homme fit son entrée en sa cachette, elle ne cessait de combler le silence de sa respiration caverneuse. Ce fut uniquement lorsque l’homme se tint assez proche d’elle que l’être posa ses prunelles rouges et maussades sur lui.

-Qui ose combler le sommeil de la Porteuse ?

La voix féminine de la créature essayait d’être tyrannique, mais la « maladie » semblait l’en empêcher. N’écoutant aucune réponse de la part de l’homme, la Porteuse l’examina de haut en bas, chose difficile car l’énorme cocon que portait sa tête avait l’air d’être un terrible fardeau. Les yeux entièrement rouges s’écarquillèrent.

-Un être humain ? Comment est-ce possible ? Aucun être humain n’est capable d’entrer en ce lieu divin !

Les yeux dorés de l’homme brillèrent de malice :

-Vous avez raison, ô créature divine. Mais il existe une exception à la règle que vous veniez de citer. Si mes souvenirs ne me font pas défauts, les mortels sont capables d’accéder à la prison du dieu de l’enfer avec l’autorisation d’un autre dieu. Je crois bien que par la sagesse de l’un d’eux, j’ai bien pu franchir la porte.

Le sourire s’élargissant sur son visage, l’homme leva son bras et présenta sa paume à la créature magique.

-De plus, je ne suis pas n’importe quel être humain.

Un éclair violacé jaillit de sa main et frappa la Porteuse au centre du cocon de son crâne. Sans défenses, l’être lâcha un bref cri de surprise avant de rabattre à nouveau sa tête. Ses yeux s’éteignirent. Elle n’effectua plus aucun geste, mais continuait à respirer bruyamment. L’homme baissa la main, attendant que l’être avec qui il voulait s’entretenir se manifeste. Sans que la porteuse ne fasse un seul mouvement, une terrible voix grinçante s’éleva dans la pièce.

-Enfin ! Je suis libre !

L’homme s’inclina.

-Je suis désolé de vous décevoir, ô grand dieu infernal, mais l’enchantement que j’ai jeté sur vous est temporel. Ce pouvoir est uniquement capable d’endormir votre prison et redonner à votre âme le don de la parole.

-Hmmm…C’est un vrai bonheur que tu aies recouvré tes pouvoirs, Dawan.

- Ce pouvoir n’est pas mien. En me donnant l’autorisation d’entrer ici, Nouvelle-Lune me l’a confié. Vous m’avez l’air d’être bien informé sur la situation d’Alysia. Cela est surprenant pour un dieu prisonnier pendant des millénaires.

-Qu’est-ce que tu crois, humain ?! Bien sûr que je suis informé ! Mon âme ne peut se manifester, mais elle est toujours active. Je suis toujours capable de suivre les actions des mortels destinés à l’enfer et tu ne fais pas exception à la règle, mage absolu déchu !

Un silence ensuivit la voix colérique et impulsive d’Anathos. Silence brisé par celle de Dawan, qui se fit basse comparée à celle du dieu :

-Ainsi, les massacres que j’ai commis m’ont destiné à l’enfer. Moi qui m’étais assuré de ne pas y tomber. Je pensais que votre demeure s’était éteinte au même temps que l’emprisonnement de votre âme…

Le dieu éclata d’un rire glacial qui fit trembler le lieu sacré jusqu’à ses fondements.

-Vous les humains ne cessez de me faire rire avec vos niaiseries ! Surtout ces pathétiques criminels dont je suis obligé de garder en ma demeure ! Rions un peu plus : dis-moi ce qui t’amènes ici.

-C’est au sujet de la prophétie de Nouvelle-Lune. Si vous êtes si informé, vous devriez bien en être au courant.

-Ha ! Cette prophétie…Nouvelle-Lune est une autre hilare ! Toujours besoin des humains pour régler ses affaires. Si elle en a le pouvoir, pourquoi ne vient-elle pas elle-même, en personne, pour me libérer une fois pour toutes ?!

-Voilà une chose dont vous n’êtes pas informé, ô grand et colérique dieu de l’enfer. Il y a de cela des millénaires, les dieux se sont exilés d’Alysia afin de laisser les humains vivre à leur propres dépends. C’est cela qu’a désiré Nouvelle-Lune en nous laissant cette prophétie. Même si j’ai la possibilité de la contacter, elle veut que nous l’interprétions à notre propre façon et ainsi, prouver notre autonomie. J’ai lu et relu cette prophétie, j’ai retourné maintes fois chacun de ses mots…et cela m’a mené à vous, Anathos.

Dawan commençait à regretter de s’être rendu vers le dieu de l’enfer. Son caractère était si impétueux et grossier que sa compagnie n’était pas des meilleures.

-Allez ! Continue ! Qu’est ce que tu veux ! Le pressa-t-il, sa voix énervée montant dans les aigües.

-Comme Nouvelle-Lune m’a accordé un pouvoir, je désire que vous le fassiez à votre tour. Ma déesse m’a assuré que même prisonnier, vous l’êtes toujours apte.

-Cela dépend…Qu’est ce que tu veux comme pouvoir ? Et parle vite, je sens que le sort de cette malingre de Nouvelle-Lune s’estompe ! Ne me demande pas le « Souffle du Diable », j’y tiens trop pour le prêter à votre race !

-Celui que l’on nomme « Sphère du Déchu ». Dit Dawan d’une voix amère par l’insulte dirigée à sa déesse.

-Approche !

Dawan s’avança vers le corps inerte de la porteuse, debout uniquement grâce à ses liens. Les pas qui le menaient au dieu maléfique étaient bien plus confiants que lors de son entrée. L’être était impatient, impulsif, brut… Un caractère bien ressemblant à celui des humains qu’il méprisait. Le dieu lui faisait bien moins peur, après tout il n’avait de différent que l’étendu de ses pouvoirs. De plus, des pouvoirs qu’il ne pouvait pas utiliser en son état actuel.

-Croyais-tu vraiment que j’allais t’offrir mon pouvoir gratuitement ? S’indigna Anathos lorsque Dawan fut assez proche. Je suis un dieu qui aime les pactes, les échanges, et tu le sais bien ! Donc, que me proposes-tu… ?

-Votre liberté, ô grand dieu de l’enfer.

-Es-tu sûr d’en être capable ?

-Je vous l’assure, Anathos. Lorsque les mages absolus repeupleront Alysia, l’étendu de leur pouvoir, réunis, sera suffisante pour vous sortir de l’étreinte de la Porteuse. Nouvelle-Lune et moi tâcherons de réunir le nombre de mage absolus qu’il vous faudra pour accomplir cet exploit.

-Et…comment puis-je être sûr que tu ne me roules pas dans la farine ?

D’un geste déterminé, Dawan mis la main à la garde de son épée puis la retira vivement. La lame mouillée de poison luit. Il l’approcha de son ventre.

-Vous pourriez emporter mon âme si je vous mens.

L’homme resta en cette position, le poison perlant sur ses vêtements. Il attendait patiemment la réponse d’Anathos et s’angoissait en imaginant le refus du dieu de l’enfer. Toutefois, il ne laissa paraître aucune émotion et il ne le devrait pas. Cette attente emplie de tension pris fin avec le ricanement d’Anathos. Ce rire s’affaiblissait, signe que le pouvoir disparaissait.

-Marché conclu…

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Dim 12 Aoû - 19:51

-Vas-t-il bientôt se réveiller ?

-Bien sûr, ma vieille Aly ! Avec le nombre de fois qu’il s’est évanouit, celui-là, ça m’étonnerais qu’il n’y soit pas habitué. Je vais fermer les yeux et compter jusqu’à dix ! S’il est encore dans les vapes, je vais le réveiller à ma façon, moi ! On a un long voyage devant nous, quand même ! 1…2…3…4…5…6…7…8…9…

Avant que Stivan aille prononcer son dix, les yeux d’Elysio s’ouvrirent brusquement. Son regard alla inspecter les lieux : ils se trouvaient toujours dans la forêt près du camp. La grande statue sans tête, l’autel, les restes de colonnes…tout indiquait qu’ils se trouvaient à la clairière de la forêt, là ou se trouvait les ruines du sanctuaire de Lazura. Encore fatigué par l’évènement qui l’avait poussé à l’évanouissement, le jeune s’assit en appuyant son dos contre une colonne presque intacte, et n’adressa la parole à personne. Mais malheureusement, Stivan vint rompre le silence qu’il nécessitait.

-T’aurais pu te réveiller plus tôt, mec ! J’attendais longtemps pour pouvoir te féliciter pour le truc de dingue que t’as fait tout à l’heure ! S’exclamait-il, plein d’admiration. C’était trop cool, Ely, tu les as tous décimé avec ton épée ! Ton tatouage brillait trop fort ! Si l’elfe ne t’avait pas fait l’espèce de pouvoir calmant, tu aurais pu utiliser un pouvoir plus fort encore que celui pour sauver Elk, la dernière fois ! Ça serait encore plus cool ! Ces sales bêtes auraient…

L’attention d’Elysio se dévia de Stivan et alla se fixer sur Alyce. Tandis que Stivan avait été émerveillé par ses actions, la rousse ressentait tout le contraire. Les yeux, presque débordant de larmes de la jeune fille se dévièrent rapidement lorsqu’ils croisèrent ceux d’Elysio, comme s’ils avaient maintenant honte de le regarder. Elle a du être effrayée par la scène de boucherie à laquelle elle avait assisté. Pire encore, le tueur n’était autre que l’un de ses amis. Dans le sourire sanguinaire qu’il arborait, elle ne l’avait point reconnu et se refusait de discerner le visage de son ami en ce rictus diabolique.

Alyce avait été choqué par ceci, c’était clair comme du cristal. Elysio détestait la voir dans cet état, pourtant, il ne ressentit aucun remords pour les meurtres qu’il avait commis la veille. Au contraire, ils étaient nécessaires, c’était dans le destin de ces bêtes de périr et payer pour les crimes qu’elles avaient elles-mêmes commis. Le jeune homme ne comprenais plus du tout Alyce. Elle devrait être fière des exploits de son ami, tout comme Stivan. Sa relation avec Hiki aurait-elle créé chez elle un attachement à ces monstres ? Elysio se surpris à pouffer de rire devant cette pensée, ce qui fit Alyce s’éloigner encore plus de lui. C’était tout à fait ridicule…

En ce remémorant du bon travail qu’il venait de faire, Elysio se sentit de moins en moins fatigué et se releva enfin. Il ordonna à Stivan de se taire et chercha du regard les autres personnes qui l’avaient suivi. Tous étaient là : Stivan et Alyce, bien sûr, Lyria qui tendait de frais bout de viande aux lions elfiques postés près d’une colonne, Hiki qui se reposait près de l’autel en observant, fasciné, les papillons qui virevoltaient près de son museau… Les seuls qui manquaient à l’appel étaient Jirdah et Elkyre. Avec le silence que Stivan lui avait fait le plaisir d’offrir, Elysio entendit la voix grave de l’elfe accompagnée de celle de son frère. Curieux de savoir ce qu’ils mijotaient, le jeune homme contourna la statue, guidé par les voix et retrouva aussitôt le blond installé sur la tête de la statue de Lazura avec, près de lui, Jirdah assis dans l’herbe. Ce dernier regarda Elkyre dans les yeux :

-Régyen m’a parlé de votre santé. Votre cœur…

Un léger sourire passa sur le visage du jeune homme. Les yeux fermés, il porta une main au plastron de cuir qui protégeait le coté gauche de son torse.

-Il est fragile, oui…Mais ne te fais pas du sang d’encre, Jirdah. Tant que je le protège, rien ne peut m’arriver. En plus, on sait tous que je suis quelqu’un de fort vigilant.

En percevant le manque de conviction de l’elfe baraqué, Elkyre ajouta en faisant mine de rire :

-Je vous embêterais peut-être pendant le voyage, mais tu peux être sûr que ma santé n’en sera pas la cause.

Jirdah hocha lentement la tête puis se releva pour aller rejoindre les autres.

-J’espère que je peux conter sur vous, monsieur Elkyre.

-Ne t’inquiètes pas, Jirdah, je suis aussi sincère que vigilant. De toute mon honnêteté, je confirme que je vais bien.

Jirdah balança une nouvelle fois sa tête, presque machinalement puis contourna la statue sans passer du coté où s’était caché Elysio. Elkyre, lui, restait assis sur le morceau de statue. En ajustant son monocle devant son œil, il répéta, la voix maussade :

-Je vais bien…

Elkyre mentait. En tant que son frère, Elysio le savait mieux que quiconque. Le blond arrivait avec peu de difficulté à dissimuler ses peines, mais pour son jumeau, elles étaient tout à fait visibles. Depuis qu’Elkyre avait fait ses premiers pas dans le camp elfique, il avait subit plusieurs traitements pas souvent commodes afin de guérir sa blessure au cœur. La gorge serrée, Elysio observait à chaque fois son frère ressortir de l’infirmerie, épuisé, détruit…Cependant, lorsque celui-ci sentait le regard de son frère, il se mettait à sourire comme si de rien n’était, comme si tout allait bien. Sans cesse, il portait ce masque. Ne voulait-il jamais partager ses malheurs avec son frère ? Ceci résulterait-il d’un manque de confiance ?

C’était d’ailleurs ce faux sourire qui se peint sur le visage d’Elkyre lorsqu’il dit ces mots :

-Petit frère…Sort de l’ombre où tu t’es tapi.

Il lui obéit. Lorsqu’il se retrouva proche du jeune homme, il fut obligé d’affronter ce rictus insupportable. Le brun aurait préféré baisser les yeux, mais cela mettra en avant une impuissance qu’il n’avait pas. En fronçant les sourcils, il lui demanda rapidement ce qu’il voulait de lui. A cette demande, pour le grand soulagement du jeune homme, Elkyre prit un air grave :

-Alyce…Comment a-t-elle réagit ?

Elysio devina illico que son frère évoquait ce qu’il avait fait la veille. Le regard d’Elkyre était fixé dans le sien avec tant d’insistance, que son jumeau était incapable de rester muet. Les poings serrés, ce dernier lui avoua toute la vérité afin de jeter au visage de l’autre que lui, au moins, était sincère.

-Elle était terrifiée et m’a évité. Et alors ? Elle a complètement tort ! Ces monstres ont eu tout ce qu’ils ont mérité !

Son frère semblait l’avoir complètement ignoré à la suite de sa première phrase. Il se remit à toucher son plastron, la mine de plus en plus grave. Il avait l’air vulnérable.

-Je suis d’accord avec toi sur ce que sont les lycanthropes, mais Alyce n’a pas tort, en mon point de vue. Tu t’es tapi dans une sorte d’ombre et entré dans une sorte de transe, cette nuit là. Cela ressemble énormément aux descriptions du livre…

-Les livres ! Encore les livres ! Quand-est ce que tu vas enfin mettre tes pieds dans la réalité et oublier ces bêtises ?!

Elkyre étouffa un petit rire avec sa main, néanmoins, ses yeux ne rirent pas.

-C’est drôle comment un simple mot peut faire tant d’effet sur toi. Je me serais bien amusé si ce n’était pas ton destin qui était en jeu.

-Mon destin ? En jeu ? Tu veux parler de la prophétie, n’est ce pas ?

-Celle que tu as découverte récemment ? Non, ce n’est pas uniquement ça.

-Euh…Comment tu sais que je l’ai découverte ?

-J’en étais pas sûr, mais là, tu viens de confirmer mes idées. Ça faisait très longtemps que tu n’avais pas rampé à mes pieds en me suppliant de te raconter la prophétie, je ne pouvais pas rester indifférent. Bref…

Ce n’est pas facile de garder un secret pour soi même lorsqu’un Elkyre est dans les parages. Mais ce qui surpris le plus Elysio fut la réaction de son frère, lui qui était toujours réticent à l’idée que le mage soit au courant de la prophétie…il aurait du être plus que choqué. Néanmoins, le blond réagissait comme s’il s’y était attendu et n’en donnait aucune importance. Elysio haussa brièvement les épaules puis croisa les bras, tandis que son jumeau fouilla dans une sacoche qui pendait à sa hanche. Il en sortit quelques pages arrachées à un carnet et un peu jaunies par l’âge, puis les tendit à son frère.

-Tu liras ça et une fois cela fait, tu viendras me voir pour me dire ce que tu en penses. C’est un sujet sur lequel je souhaite vraiment m’entretenir avec toi. Compris ?

-C’est quoi ce truc ?

-Tu verras, tu verras. Je vois que tu es curieux, donc tu le liras vite pour une fois.

-Ça n’a pas l’air d’être très long…Donc ça devrait être intéressant. Je veux aussi savoir ce que ces pages ont de si important pour que tu souhaites avoir une sérieuse discussion avec moi.

Elkyre descendit de la tête de Lazura et s’approcha du corps de la statue. Il retira son monocle et leva ses yeux vers le ciel.

-Le soleil est déjà haut, il est temps.

Etant habitué aux changements brusques de sujet de son frère, Elysio ne broncha pas. Avant même que le jeune homme lui demande de quoi il parlait, le blond porta une main à un pommeau dont il ignorait l’existence et en extirpa une vieille épée. Sa lame sans éclat donnait l’impression de pouvoir se briser en une unique brise.

-Tu ne vas pas te battre avec une camelote du genre, quand même ! C’est qui l’arnaqueur qui t’as vendu ça ?

-Régyen en personne. (Il sourit légèrement en lisant la surprise sur le visage de son frère) Je sentais qu’on n’allait pas être longtemps tranquille dans le camp, alors je lui ai commandé une épée. Il faut toujours qu’on prenne des précautions. J’ai été très honoré de recevoir une camelote d’une telle qualité.

-D’une telle qualité ? Tu veux rire ?

-Non, je suis sérieux. (En effet, il arrêta de sourire d’un seul coup) Regarde cette lame, la pauvre… Sombre… rouillée…Elle à l’air triste et vulnérable. Toutes ces années d’errance sans aucun maitre à protéger, elle n’est dévouée à personne…

Elysio roula des yeux. Son frère recommençait à dériver vers la rêverie et l’imaginaire. Avant qu’il ne tourne les talons pour le laisser seul dans son monde merveilleux, Elkyre planta son épée d’une telle force que le bruit le rappela. En fixant son épée comme s’il s’agissait d’une personne, le jeune homme caressa le tranchant de la fine lame. Son sang roula en perle sur le métal foncé.

-Mais lorsque le pacte du sang est réalisé, elle fini par être dévouée corps et âme à son possesseur. Lorsque le pacte est fait elle est si joyeuse de pouvoir enfin se rendre utile, d’avoir enfin un objectif…

Ce qui se produit, alors, fit les yeux d’Elysio s’écarquiller avant de les éblouir. Par ou le sang d’Elkyre passait, la lame s’enrobait d’une lumière dorée et chaleureuse. Avant que l’or ne recouvre complètement le fer, le blond retira l’épée sans aucune difficulté. La lame dorée fendit l’air en éclaboussant le sol du sang qui restait et brilla sous un rayon de soleil.

-…qu’elle se met à briller de mille feux. Petit frère, je te présente Lame Fidèle, « Shiria Nasam »

Pendant longtemps, le silence se fit dans la forêt. Seuls des bruits lointains de conversations se faisaient entendre de l’autre coté de la statue. Elysio admira l’épée étincelante que tenait à présent son frère. Il en était presque jaloux.

-Et tu m’as appelé uniquement pour te pavaner avec ton nouveau jouet ? Fit-il remarquer pour mettre fin à son sentiment de jalousie.

-Pour une fois que me pavaner n’est pas mon souhait…

D’un doigt, il essuya le sang courant sur le métal doré et laissa une petite goutte trembler au bout de son index. Il observa longuement la perle écarlate puis regarda son frère dans les yeux.

-Lorsque Régyen m’a donné les instructions pour me lier à cette épée, je me suis aperçu qu’elle reposait sur le même principe que les frères. Le simple fait d’être liées par le sang, font qu’on devient loyal, prêt à se battre afin de s’assurer de la sécurité de l’autre. Dès que je l’ai su, je n’ai pas hésité à m’emparer de cette épée, contrairement à cette ferraille dont Dawan m’a fait gentiment cadeau, j’ai tout de suite remarqué que cette épée était adaptée à moi. Elysio…Lorsque tu liras ce que je viens de te donner…

Les yeux d’Elkyre étincelèrent et en un temps record, il se jeta sur son frère l’épée brandie. Par reflexe, celui-ci dégaina Vylia et l’épaisse lame couleur feu croisa la fine lame dorée. Le combat ne dura que quelques courtes minutes. Les coups d’Elysio étaient plus puissants et son jumeau les parait avec peine, cela se voyait à vu d’œil. Mais les mouvements du jeune homme éteint plus rapides et aisés qu’avec son ancienne épée.

-La vieille attaque surprise ! s’exclama Elysio. C’est ça le frère protecteur ?

-Le frère protecteur aimerait bien tester son nouveau jouet ! Répondit Elkyre, une lueur railleuse s’ajoutant à son regard fougueux. Pour cobaye, rien de mieux que son cher petit frère ! Surtout quand il est distrait par le discours ennuyeux de son ainé !

-Tu n’es pas mon ainé !

A peine ces mots dits, il fini déséquilibré par un croche pied. Une fois le nez dans la terre, grommelant, il essaya de se relever, néanmoins, lorsque son corps se souleva à quelques millimètres du sol, il sentit la pointe en métal froid sur sa nuque.

-Si j’étais toi, j’aurais préféré me faire battre par mon ainé que par mon cadet !

-Arrête avec tes belles paroles et laisse-moi me relever !

Une fois debout, Elysio n’eut pas le temps de reprendre sa revanche sur son frère. Ce dernier leva son épée et s’inclina devant son « cadet », un poing contre sa poitrine. Une position de serviteur soumis à son maitre. Ce dernier se sentit honoré par cette soumission juste après un combat que lui-même avais perdu.

-Comme tout ainé, mon devoir est de protéger son cadet comme son humble valet, ou plutôt…comme une lame prête à tout combat. A notre naissance nous avons été comme liés par un pacte de sang. Elysio…Lorsque tu liras ce que je t’ai donné, sache ceci…

Il se redressa.

-…Je suis ta Shiria Nasam.

Sans cette épée luisante, Elkyre n’était rien. Pas à cause de son manque d’entrainement, mais par cette faiblesse, cette certaine fatigue que le jeune homme prenait soin de cacher. Mais s’il se sentait capable de protéger Elysio de quoi que se soit, c’est qu’il lui était désormais dévoué corps et âme. Cela signifiait-il que tout ce que le mage demanderait, son « valet » le ferait sans scrupule ? Si c’était le cas, ce soit disant serviteur allait être plus utile que jamais…

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Sam 1 Sep - 18:06

Chapitre 15
Mage ou sorcier ?


Oreck de la famille des Drakems, second élu de Nouvelle-Lune.
Né de parents riches à Casthell, ville majeure au sein des contrées prospères de Shiar, ce mage montrait un exceptionnel potentiel en matière de magie. Beaucoup moins talentueux que son prédécesseur, Jadylina, il avait du mal à utiliser ses pouvoirs convenablement. Tout de même, le gouvernement de Casthell le mis au service de sa ville faisant de ses pouvoirs une arme protectrice à ses habitants. Ce jeune homme, fier et prétentieux se sentait comme un pantin manipulé par Casthell dans le seul but de satisfaire ses besoins. Egalement taciturne et réservé, il gardait ces sentiments uniquement pour lui et continuait à vivre heureux auprès de ses parents.
Néanmoins, ceux-ci furent assassinés par des habitants, avides de leur fortune. Fou de rage, il se libéra des ficelles sur lesquelles Casthell tirait et se retourna contre la ville qui l’avait manipulé depuis son plus jeune âge. En quelques jours, il massacra l’intégrité de ses habitants en espérant avoir tué, dans sa folie, les responsables du trépas de ses parents. En tuant, une sorte de démon avait élu demeure à l’intérieur de lui. Démon qui lui conféra une nouvelle forme de pouvoir magique. Une puissance actionnée par la haine et le crime. Cette force lui rongeait le cœur et lui métamorphosa corps et âme. Jusqu’à faire de lui un sorcier.
Il régna seul sur les terres de chaos qu’était devenue sa contrée, trônant dans le seul bâtiment qu’il avait gardé de Casthell : l’imposant château de ses parents. Chacun de ceux qui s’opposaient à lui, se faisait tuer par des ignobles créatures qu’il avait appris à dompter. Son règne dura peu. Il fut abattu lors de son combat avec un glorieux groupe d’héros. Il mourut sans se rendre compte que c’était sa haine et sa soif de vengeance qui l’avaient mené à sa perte.


Les doigts d’Elysio se crispèrent sur le papier, le froissant. Il chercha le regard d’Elkyre, voulant l’interroger sur ce qu’il lui avait demandé de lire, mais celui-ci chevauchait en tête du groupe, juste derrière Jirdah. Son frère lui avait promis de discuter sur ce texte. Un sorcier ? Lui aussi avait des doutes sur son devenir ? Il avait bien tort. Si Elysio allait tuer quelqu’un, c’était certainement Dawan et peut-être toute l’intégrité des lycanthropes à son service. Contrairement aux habitants de Casthell, aucune de ces âmes étaient innocentes, de plus, eux-mêmes avaient commis de terribles crimes. Quelle était l’erreur de les exterminer ? Aucune. Alors y existait-il un risque qu’Elysio en sorte sous les traits d’un monstre ? Non.

Lorsqu’il ira discuter de ce texte avec Elkyre, il ira lui prouver tout cela. En tant que valet obéissant à son maitre, il était bien obligé d’accepter son raisonnement, non ?



Quelques temps avant, pendant que Stivan était allé faire un tour dans la forêt, Alyce avait courut vers Elkyre tout en retenant ses larmes. Haletante elle s’agrippa au jeune homme et en profita pour aller fouiller dans la sacoche qui contenait le carnet de Dorwinn. Elkyre la poussa doucement :

-Bat les pattes, petite voleuse ! Lui avertit-il d’un air amusé, histoire de lui faire remonter le moral d’un cran. Qu’y-a-t’il ?

La rousse respira profondément pour retrouver son calme puis leva la tête et affronta sévèrement le regard d’Elkyre :

-Le carnet de Dorwinn…Elysio est en danger et je me rappelle parfaitement d’une page qui pourrait l’aider.

-En danger ? Tu veux dire…

-Oui ! Un sorcier ! Et je ne veux pas qu’une telle chose arrive à mon ami ! Je…

Sentant que sa voie devenait de plus en plus tremblante, elle s’interrompue. La jeune femme ne voulait absolument pas qu’Elkyre la voie pleurer dans de telles circonstances. Elle respira encore une fois puis planta à nouveau son regard vert dans le bleu des yeux de son ami. Elle tendit sa main vers le jeune homme en prenant soin de mettre le plus de rigidité possible dans sa voix :

-Le carnet ! S’il te plait !

Pourquoi refuser ? Elkyre, lui donna le carnet et aussitôt, elle feuilleta les pages jusqu’à ce qu’elle s’arrête brusquement sur une en particulier. D’un coup sec et rapide, elle les extirpa et les déploya vers le blond.

-C’est toi qui lui donnera ça, c’est à toi qu’il fait le plus confiance.

Sur ce, elle tourna les talons et s’enfuit hâtivement.

Comprenant uniquement la moitié de ce qu’elle disait, Elkyre lu les papiers qu’elle avait déchiré. Le jeune homme avait pressenti quelque chose de terrifiant concernant son frère, peut-être encore plus qu’Alyce qui s’empêchait de pleurer à force (et oui, il l’avait remarqué). Lorsqu’il avait vu Elysio venir à bout de tous ces loups-garous, le cœur d’Elkyre s’était serré au point de renouveler ses blessures. Alyce avait bien raison : son frère courrait un danger plus grand que ce qu’il pensait. Entre ce danger et la prophétie, qu’est-ce qu’il devrait craindre le plus ?

« Alyce attend que cette histoire d’Oreck effraie Elysio dans l’objectif de le dissuader de devenir un sorcier. » Se Dit-il, serrant les dents « Je ne crois pas que c’est la peur que ressentira mon frère en lisant ceci…Peut-être qu’il y trouvera un tout autre sens en ces pages. »

Il jeta un dernier regard aux feuilles qu’il tenait entre les mains puis les garda dans sa sacoche.

« Jouons le jeu : Si Alyce a raison, Elysio sera sauvé. Mais si le contraire arrive… »

Il posa ses yeux pleins de doutes et préoccupations sur Elysio, qui dormait toujours. En soupirant, le jeune homme passa une main dans ses cheveux :

-Dieux du ciel… Être ton frère n’est pas de tout repos !



La route qu’ils avaient entamée après leur pause dans le sanctuaire de Lazura fut assez longue. Ils chevauchèrent longtemps le long d’une gorge d’où l’on pouvait facilement voir toute l’étendue de la forêt et, au loin, le camp elfique qu’ils avaient quitté. Admirant la beauté et l’harmonie des paysages de la contrée sauvage de Larbos, le groupe ne toucha aucun mot et se laissa envahir par les sons naturels. Lorsque le soleil déclina, ses rayons orangés les éblouirent jusqu’à ce qu’ils soient occultés par une gorge qui se dressa à leur gauche, les laissant dans l’ombre. Ils s’arrêtèrent devant un précipice dans lequel s’engouffrait une majestueuse mais très bruyante cascade. Si bruyante qu’il était impossible de s’entendre parler sans s’égosiller. Un pont en pierre qui n’avait apparemment plus été utilisé depuis des lustres reliait une gorge à l’autre. Ce pont débouchait sur une arche qui trouait naturellement la roche. Le groupe décida de ne pas traverser la passerelle pour le moment, ils préférèrent revenir un peu sur leurs pas et élire refuge dans une grotte qu’ils avaient aperçu pendant leur chemin.

-Qu’est ce qu’on mange ? S’impatienta Stivan lorsqu’ils s’installèrent. Je commence à avoir faim, moi !

-Quelqu’un a pensé à prendre des provisions ? Demanda Jirdah le visage tourné vers Lyria. Hormis la nourriture de lion elfique ?

Lyria évita le regard de son coéquipier, cela se voyait clairement que lors de leur fuite désespérée du camp elfique, elle n’avait pas eu le temps de prendre de quoi manger. Voyant cela, Stivan croisa les bras. Toutefois, il se mit à regarder l’oiseau de Lyria, les yeux gourmands.

-Et si on faisait faire frire un oiseau ? Rien de mieux qu’un bon poulet rôti !

-Phoebus est le seul moyen qu’on a pour communiquer avec la brigade, sale humain ! Riposta Lyria en protégeant son oiseau.

D’ailleurs, je vais leur envoyer un message maintenant, pour avoir des nouvelles. Ensuite, moi et Jirdah nous allons chasser puisqu’on est les seuls à savoir le faire !

Hâtivement, elle se leva, entraina le grand elfe par la manche, tourna les talons et sorti de la grotte, arc et flèches à la main et menton levé.

-Comment elle compte chasser dans un endroit aux pentes si abruptes, celle-là ? Se questionna Alyce. Je pense qu’on aura des insectes grillés, au diner…

-Et elle ne nous laisse pas toucher à son piaf qui est bien plus gras et appétissant ! S’indigna Stivan. Combien de temps je vais la supporter cette elfe sans péter un câble ?

-Le temps qu’on arrive à Rymar. Répondit Elkyre. Ah ! Et en ajoutant le chemin du retour.

Pendant que Stivan se prenait la tête en gémissant, Alyce demanda :

-Qu’est ce qui vous rend certains que c’est à Rymar qu’ils ont caché Le Mur ? Je trouve que c’est un peu trop évident. Dawan est très rusé, je pense qu’il a réfléchi plus longtemps avant de trouver un lieu pour le cacher.

-Je suis sur que c’est là-bas. Affirma Hiki. En plus d’être une base secrète très bien gardée et perdu au milieu du froid, elle est le lieu de la prophétie. « En le lieu ou les quatre grands se fondent », la tour de Dawan contient des mages descendant de ces quatre grandes familles. Donc les quatre grands s’y fondent.

-Tu te remets finalement à faire des phrases complètes ! Donc, d’après toi, Dawan est si malin que ça…Réfléchit Elkyre. Il veut qu’on entraine Elysio jusqu’au lieu où tout ce jouera…

Elysio foudroya ses amis d’un regard à la fois rageur et plein de questions.

-Vous voulez dire que vous allez m’obliger à faire demi-tour ?!

Alyce affronta, poing serrés, les yeux bleu électrique du jeune homme :

-Non ! Nous aurons besoin de ton sang tout droit sorti de tes veines. C’est le seul moyen que nous avons pour que Le Mur marche sans que tu sois à l’intérieur des villages qu’il protègera. C’est notre principal objectif, non ?! En revanche, nous devons, plus que jamais, nous assurer de ta protection.

Le mage détourna le regard. La jeune rousse ne lui avait pas encore pardonné le massacre des lycanthropes, apparemment. Son comportement à son égard avait complètement changé de la douce amitié qu’elle étrennait avec lui. Il ressemblait maintenant à celui d’une mère stricte tentant de corriger son fils turbulent.

Cependant, Elysio n’était pas la principale préoccupation d’Alyce à ce moment même. Leur point d’arrivée n’était autre que la tour des lycanthropes, le lieu où elle et Stivan avaient faillit être emmenés, mais surtout, le lieu où était prisonnier Lycior, son ami d’enfance qui y a été emmené il y a des années de cela. L’idée de devoir l’affronter lui nouait la gorge vu qu’il était l’être qui comptait le plus pour elle. Mais un espoir persistait, l’espoir de pouvoir le ramener à la raison et le sortir de cet horrible endroit.

Remis de son choc lors de l’échec de la rébellion, Hiki profitait du retour de sa parole pour faire le témoignage de la vie d’un lycanthrope. Intéressés, Elkyre et Stivan lui posaient régulièrement des questions, tandis qu’Elysio trouvait en ces informations un prétexte pour confirmer que ces créatures étaient les pires monstres qu’il soit. Horrifiée par l’idée que tout cela était advenu à Lycior, Alyce ne prenait pas part à la conversation mais buvait silencieusement les paroles du loup-garou. Au même temps, Hiki en lui-même la rassurait. Uniquement son existence lui prouvait qu’un loup-garou pouvait garder une âme douce et sensible. Elle prit une longue pause de réflexion avant de finalement poser la question qui lui tenait le plus à cœur :

-Hiki…Aurais-tu connu un dénommé Lycior au sein de La Meute ?

Le jeune lycanthrope posa sur la rousse un regard alarmé.

Lycior. Mon nom est Lycior…

-Il avait environ 17 ans quand il a intégré votre armée. Ses cheveux étaient courts et de couleur très noire et ses yeux très bleus.

J’ai vu de tendres yeux verts comme l’émeraude et un nom…

-S’il te plait, Hiki… Dit moi si tu l’as déjà vu, dit moi s’il est encore en vie !

…Alyce…

Le corps d’Hiki se crispa entièrement et ses yeux écarquillés se perdirent dans le vide. Pendant un long moment, il semblait avoir fait un saut en arrière et retourné dans son état de choc. Les sanglots accumulés dans sa gorge, il murmura le nom de l’ami qu’il avait perdu lors de la chute de la rébellion. Un ami très cher tombé par sa faute.

-Kileute…

Il leva les yeux vers Alyce, lentement, par peur de voir son regard plein de l’espoir qu’il allait briser en quelques mots :

-Il…il…il est mort…

Stivan qui l’avait connu lui aussi fut le premier à réagir. Il fit un saut en arrière en murmurant des « Non… C’est pas vrai… ». Alyce, baissa la tête et serra les dents afin de retenir le plus possible ses larmes.

-Merci de l’avoir dit… Remercia-t-elle en essayant de montrer une indifférence factice.

Ses larmes et sanglots pesèrent de plus en plus lourd en elle pour bientôt être impossible à contenir. Si elle ne voulait pas que les autres la voient pleurer, la jeune fille devrait fuir au plus vite et c’est ce qu’elle fit. Elle courut de toute la force de ses jambes vers la sortie de la caverne et disparut en un clin d’œil.

-Ce ne peut être que Dawan…Grogna Elysio. Il ne voit pas le mal de massacrer tous, même les siens !

-Tais-toi ! Cria Stivan en se levant. Tu nous saoule avec ton envie de te venger ! Un ami à nous vient de mourir et tu nous fais encore un catalogue sur Dawan ! C’est les seuls trucs que tu sais dire, ou quoi ?!

-Tu préfères que je fasse son éloge ?!

-Non ! Oublie Dawan si tu sais penser à autre chose ! Au moins essaie de nous consoler avec des paroles douces ! C’est comme ça que réagit un vrai ami !

Le silence se fit. Elysio et Stivan s’affrontèrent longuement du regard jusqu’à ce qu’Elysio succomba et ferma les yeux.

-Alors je n’en suis pas un…

-Qu’est ce que tu es alors ?!

-Depuis que Dawan m’a trahit, je ne suis que vengeance. Une machine qui n’a été programmé qu’à tuer celui qui a causé tous ses malheurs. Uniquement à ça…

Stivan se rassit, choqué par ces paroles. Elysio rechercha son frère du regard, ce qu’il venait de dire devrait lui avoir également fait de l’effet, mais le blond ne l’avait pas entendu. Il ne se trouvait nulle part dans la caverne.



Exactement. Juste avant le début de la dispute entre Stivan et Elysio, Elkyre s’était précipité à la poursuite d’Alyce. Il baissa le regard à la recherche d’empreintes qui la dénoncerait, mais malheureusement, le sol rocheux possédant par endroit des vestiges de carrelages ancien, ne pouvait graver aucune empreinte. Elkyre n’avait aucune autre option que de se fier à la logique. Alyce ne serait pas revenue en arrière. Maitre d’une mémoire surhumaine, elle se serait rappelée qu’il y avait aucune cachette possible dans ce secteur. De plus, Lyria et Jirdah étaient parti chasser par là-bas, ils la surprendraient surement. Une solution s’offrit soudain à l’esprit d’Elkyre : la cascade. Elle était si bruyante que personne ne voudrait s’aventurer là-bas. Le jeune se précipita dans sa direction et ne fut pas surpris de voir Alyce assise sur le pont de pierre à pleurer le visage contre ses genoux.

Assourdit par la cascade, il s’arrêta au milieu du pont et effleura Alyce de la main. Celle-ci sursauta puis redressa son visage mouillé vers lui. Au lieu de le forcer à partir et de la laisser seule, comme Elkyre l’aurait pensé, des larmes encore plus nombreuses affluèrent dans ses yeux rougis et elle lui tourna le dos. Dans sa main, elle serrait de toutes ses forces un étrange collier terminé par un pendentif circulaire de bois.

C’était le collier que son défunt ami avait fabriqué spécialement pour elle. Il l’avait confectionné avec soin et lui avait offert au moment même où il allait partir pour toujours. Un souvenir… Des souvenirs… Ils revenaient trop nombreux dans son esprit. Les bons moments qu’elle avait passé avec lui qui étaient autrefois là pour la rassurer, pour la rendre joyeuse, avaient pris un sens contraire. Plus la joie que contenait ses mémoires était grande, plus l’idée de perdre à jamais la personne qui y a participé était lourde. Elle se rappelait de tout… De tout…

Mais une main venant de se poser sur la sienne arrêta ce douloureux flux de souvenirs. Celle-ci se glissa doucement dans ses paumes pour se refermer sur le collier de bois. Alyce sentit la main chaude extirper le pendentif et enrouler délicatement le fil autour de son poignet au lieu de le faire pendre a son coup. Une manière différente d’utiliser le même objet.

Les yeux fermés pour faire couler ses larmes, les oreilles assourdies par le bruit de la chute d’eau, Alyce ignorait que le jeune homme se trouvait devant elle. Jusqu’à ce qu’elle sentit un souffle hésitant s’approcher de son visage puis des lèvres se presser contre les siennes. Pendant le court moment de ce baiser, la cascade n’était plus. Juste pendant un court moment.

Après ce temps bref, Elkyre se leva et quitta Alyce, pas sûr de ce qu’il venait de faire. Elle pouvait interpréter ce baiser comme elle le voulait, mais toutes les possibilités éventuelles tendaient vers « une preuve d’amour ». C’était ce qu’Elkyre voulait qu’elle pense. Depuis longtemps, il avait observé le comportement de la jeune femme auprès de lui et l’avait comparé à celui à l’égard des autres. Ils avaient leurs ressemblances, mais plus nettement, des différences. La façon dont Alyce le regardait, lui parlait, agissait… Tout amenait à une seule conclusion : elle était amoureuse de lui. Ce qui était d’abord une théorie était devenu officiel pour le jeune homme.

Même s’il n’était pas certain que cet amour était réciproque, il était dans l’obligeance de lui faire croire à un amour, même factice. Alyce traversait un moment des plus difficiles, un être cher venait de perdre la vie. Selon lui, pour faire son cœur remonter du gouffre où il était tombé, qu’y avait-il mieux qu’un amour dont elle était sûre de la réciprocité ? Au fond, Elkyre se repentait de ce qu’il venait de faire. Il venait d’illusionner Alyce par un amour faux afin de lui manipuler le cœur et lui faire oublier quelqu’un de cher. Il jouait avec le sentiment sacré qu’était l’amour.

Assez éloigné de la cascade assourdissante, il leva les yeux vers le ciel, fine bande orangée délimitée par les deux gorges. Les feuilles mortes annonçant l’arrivée de l’automne tombaient droit vers lui. Dans ce calme, il ferma les paupières et écouta en silence les battements de son cœur. Son cœur… Si rien ne lui arrivait avant, il allait être la cause de sa mort. Si Alyce vivait plus de 10 ans, le délai qui lui restait, ça allait être encore une lourde perte qu’elle devrait endurer. Une petite feuille morte, qui devrait avoir poussé récemment, se posa dans le creux de sa main. Le blond baissa les yeux sur elle. Il allait mourir… Jeune…Tout comme elle. 10 ans… C’était le temps que la vie lui avait laissé pour transformer Alyce en une femme forte. Il avait 10 ans pour lui donner la force nécessaire afin de surmonter l’épreuve qu’allait être sa propre perte.

10 ans…

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Dim 28 Oct - 21:03

-Vous n’avez pas l’impression qu’ils mettent un peu trop de temps pour leur chasse, les elfes ? Constata Stivan, histoire de briser le silence qui régnait dans la caverne.

Elysio se leva aussitôt que la question a été posée.

-Tu as raison ! Confirma-t-il aussitôt, en essayant de masquer le plus possible son appréhension. Je vais essayer de les trouver.

-Pas si vite ! Cria Stivan en se levant à son tour. Moi et Hiki allons avec toi, on ne sait jamais. Tu sais très bien que tu as une bande de lycanthropes fous furieux à tes trousses ! Te choper sera du gâteau !

Le regard d’Elysio passa de Stivan qui trépignait d’impatience, l’air de vouloir marcher pour se dégourdir les jambes et non pour autre chose, à Hiki assis au fond de la caverne à méditer sombrement sur un fait passé. Depuis qu’il avait annoncé la mort de l’ami d’Alyce, il était resté figé ainsi, comme lors de son séjour dans la brigade mauve. L’avoir à ses cotés sans aucun abris représentait un danger pour Elysio, toujours convaincu que le loup-garou était le traitre qui donnait des informations aux ennemis. Son état présent était une parfaite excuse pour échapper à cette impasse sans les réclamations de Stivan.

-Oui, tu peux m’accompagner si tu veux, Stiv’… Mais au cas où tu ne l’as pas remarqué, Hiki à l’air très mal en point. Je pense qu’il ferait mieux de rester un moment seul pour se remettre les idées en ordre. En plus…on aurait bien besoin de quelqu’un pour dissuader les lions elfiques de s’enfuir. Non ?

Stivan fit la moue.

-Mouais…Les lions elfiques savent se tenir tranquilles… Et tu ne vas pas nous obliger à laisser seul Hiki, quand même !

-Elkyre va revenir dans pas longtemps, je lui fais confiance.

-S’il ne passe pas son temps à embrasser Alyce et à lui chuchoter des mots d’amour à l’oreille… (Stivan roula des yeux) Mais bon puisque tu insistes… je viens avec toi et je fais confiance au blondin à contrecœur.

Ils explorèrent les alentours en trouvant nulle part les deux elfes, ni même Elkyre et Alyce. La nuit tombait déjà quand Elysio proposa à Stivan de rechercher dans un lieu où les arbres sont plus nombreux. Les chasseurs auraient surement cherché d’avantage de proies dans ces endroits. Stivan s’accroupi et le nez baissé se mis à renifler longuement, sous les yeux indifférents d’Elysio, habitué aux bizarreries de son ami. Souriant, il fini par lever la tête et tourner vers le mage absolu un regard pétillant.

-Oui ! Tu as raison, ils sont passés par là.

En s’enfonçant dans la forêt, ils croisèrent une petite bête aux poils touffus et rosés, qui broutait tranquillement des petites pousses non loin. Proie qui, normalement, deux chasseurs compétents n’auraient pas ratée. A la vue de la créature Stivan serra les gardes de ses poignards, ses yeux orangés plissés par la concentration. Il s’avança doucement, sans oublier de murmurer à Elysio « Regarde faire le grand maitre… », jusqu’à un buisson proche du petit animal. Il resta accroupi, attendant le bon moment. Finalement, il bondit, dégaina ses poignards et les enfonça dans la chair de la bête sans qu’elle ne comprenne ce qu’il lui arrivait. Le jeune chasseur leva vers Elysio un visage triomphant et jeta sa proie sur son épaule tel un trophée de chasse.

-Regarde ! L’autre cervelle de moineau disait que les humains ne savaient pas chasser…J’aimerais voir sa tête si elle m’aurait vu en action !

-C’est vrai que c’était impressionnant. Complimenta Elysio en souriant, mais avec un mauvais arrière goût à cause de l’insulte faite à Lyria. Et c’est ça qui m’intrigue…

-Quoi ?! Mon talent t’intrigue ?!

-Non…Ce n’est pas ça. Je pensais juste que ce serait bête que Lyria et Jirdah aillent laissé passer une proie si facile que ça. Je sais qu’ils sont vraiment talentueux en chasse, donc ça me parait très bizarre…

-On devrait continuer à les chercher, leur odeur est fraiche par ici.

En revenant au près d’Elysio, Stivan lui donna un petit coup de l’épaule qui portait l’animal.

-Si ils finissent par rentrer bredouille, on aura au moins de quoi bouffer grâce à moi.

-Tu as raison ! Eux qui se sont montrés si prétentieux…ça serait bien drôle.

Ils rirent tout les deux de bon cœur. Finalement, cela faisait plaisir à Elysio que Stivan lui tienne compagnie. Même s’ils s’étaient querellés il y avait de cela pas très longtemps, son ami faisait semblant de tout oublier afin de laisser au brun une deuxième chance. De plus, il ne manquait pas d’humour, même s’il avait subit la perte de l’un de ses amis. C’était là le point commun qu’il avait avec Elkyre, il préférait porter le masque de l’indifférence que de céder à la tristesse et la colère. Tout ceci pour ne pas faire par aux autres de ses sentiments et ainsi, ne pas les inquiéter. Etait-ce la meilleure chose à faire ? Le visage d’Alyce, juste après le massacre des lycanthropes lui revint en mémoire. Cet air à la fois effaré et troublé qui ne l’avait pas quitté depuis. En ajoutant son frère si inquiet qu’il lui avait demandé de lire un texte sur la transformation en sorcier. S’il s’était mis à porter le masque comme le faisait si facilement Stivan et Elkyre, il aurait semé cette inquiétude autour de lui ?

Néanmoins, selon lui, porter ce masque était une forme d’infidélité à l’égard de ceux qui ont été tués. C’était cela qui empêchait Elysio de se montrer indifférent. Céder à une profonde tristesse par le deuil et à une rage imminente envers les assassins, quoi de mieux pour montrer qu’il s’importait vraiment pour ses parents ? Mais cela revenait à prendre de l’écart par rapport à ses amis…

-Eh ! Ely ! Alerta Stivan. Par ici il y a une odeur de…loup !

Le concerné alla vite rejoindre Stivan qui était allé grimper sur un talus, les sens en alerte. En s’appuyant sur les racines des arbres afin de monter la pente brute, Elysio imita son ami, mais ne parvint pas à rattraper l’agile grimpeur.

-Avec tes sens aiguisés et tes habiletés de chasseur, tu me fais penser à un animal sauvage. Dit-il avec un timbre de sarcasme. Tu dis que c’est une odeur de loup ? Ce devrait être Lyria transformée, c’est bon signe.

Néanmoins, Stivan ne souriait pas, ce qui était assez rare à son sujet.

-Tu penses que l’odeur de loup n’est pas seulement celle de Lyria… En déduit-il.

-Bingo…

L’idée affola tout de suite Elysio. Il ne chercha pas à se rassurer en pensant que la demi-elfe était en sécurité auprès de Jirdah. Le cœur battant à s’en rompre, il escalada les racines avec une telle rapidité qu’il faillit en trébucher. Arrivé en haut, après avoir dépassé Stivan, il n’attendit pas ce dernier et courut à toute jambe dans la forêt, sans savoir où il se dirigeait. C’était ce que reprochait Stivan qui lui criait dans le dos en essayant de le rattraper. Elysio ne lui prêta pas oreille, si le destin avait prévu qu’il rencontre Lyria en vie, cela aura lieu.

L’horrible spectacle qui se présenta devant ses yeux le fit presque s’écrouler sur ses genoux. Pas loin du cadavre sanglant de Jirdah, la louve aux poils châtains qu’il espérait retrouver, haletait montrant ses crocs enduis de sang. Lorsque son regard s’arrêta sur Elysio, elle prit petit à petit les traits réguliers de la belle demi-elfe, mais ses yeux brillaient de cette même haine sauvage que sous sa forme animale. Elle vacilla. Contournant le corps de Jirdah, Elysio arrêta sa chute permettant qu’elle retombe dans ses bras.

- Lâche-moi…sale…humain…

Peut importait les paroles qu’elle prononçait, sa vie était en danger. Donc Elysio ne répondit rien, mais ses yeux, où se lisaient clairement la plus grande des craintes, en disaient long.

- Ils…connaissent…notre chemin…

Les paupières de Lyria se fermèrent. Il la sentit flasque dans ses bras, mais continuait à percevoir son souffle. Brusquement il se tourna vers Stivan, Lyria reposant dans ses bras puissants.

-Vite ! Nous devons la ramener ! Sa vie en dépend !

-Et…Jirdah ?

Hésitant, le regard d’Elysio passa tour à tour du corps de l’elfe à Lyria.

-Laissons-le ici pour l’instant. Lâcha-t-il sans réfléchir. Nous reviendrons après pour l’enterrer !

-Je reste ici. Il a besoin de quelqu’un pour repousser les charognards.

Elysio hocha la tête puis courut à toutes jambes. La jeune femme pressée contre lui était comme un réceptacle se vidant de toute son eau. C’était une question de temps avant que tombe sa dernière goutte de vie. Il aurait voulu, ne serait-ce qu’une seule fois, que Lyria ouvre les yeux et reconnaisse son visage. Ainsi elle comprendrait qu’elle devait sa vie au jeune homme et ainsi, avec encore un peu de chance, elle le remercierait. Juste le plus bref des « merci », venant de sa bouche, aurait suffit pour rendre heureux Elysio. Que la demi-elfe lui adresse des paroles qui ne soient pas emplie de haine était, pour l’instant, son seul désir.
Arrivé à la caverne il la déposa délicatement auprès d’une Alyce plutôt consolée. Connaissant ses talents en tant qu’infirmière, elle était la meilleure personne à qui confier Lyria. La rousse écarquilla les yeux à la vue de son état :

-Ce sont des traces d’arme blanche et de morsures de loup ! s’écria-t-elle. Ça ne peut être que…

-…Des lycanthropes ! Compléta Elysio les dents serrées. Avant de s’évanouir Lyria l’a confirmé.

-Apparemment ils savent où on est nichés. Affirma Elkyre, de l’appréhension dans la voix. J’ai bien peur qu’on soit obligés de trouver une autre cachette alors que le nuit tombe.

-Alors il n’y a pas de temps à perdre !

Impatient, Elysio tira la manche de son frère pour l’emmener à la sortie de la caverne sans que celui-ci ne dise mot. Alyce resta seule avec Hiki et Lyria. Elle sortit de ses sacoches le nécessaire pour penser les blessure de la demi-elfe.

Pendant qu’elle désinfectait avec soin chacune de ses plaies, son esprit était ailleurs : le baiser que lui avait fait Elkyre ne cessait de lui revenir en mémoire. Les baisers… elle n’en avait témoigné aucun avant de se faire embrasser elle-même. Ses uniques connaissances par rapport à cela venaient des livres romantiques qu’elle lisait dans la bibliothèque de Dorwinn. Comparé à ces baisers remplis de passion, celui d’Elkyre était déceptif. Trop bref, trop rapide, trop hésitant… Elle n’y trouvait aucune preuve d’amour sincère. Mais ce qui importait était son geste. Le collier qu’il avait transformé en bracelet… Un même objet utilisé d’une autre façon… Le message était clair : il lui demandait d’abandonner cette amitié perdue et la rapporter à d’autres personnes. Elkyre cherchait à la consoler… Mais pourquoi avec un baiser ?! Un enlacement n’aurait pas suffit ?!

Bref… Encore une fois, c’était son geste qui importait. Savoir que quelqu’un faisait tout pour la réconforter lui redonnait courage et espoir.

Derrière elle, Hiki se trouvait au fond de la cave. Dans l’ombre, seuls ses yeux turquoise, pleins de culpabilité, brillaient dans les ténèbres. Ses grands yeux de chien battu et ses oreilles couchées en arrière réveillèrent un attendrissement chez Alyce. Elle coucha Lyria sur une pierre enduite de mousse qu’ils avaient préparée pour dormir, puis s’approcha du jeune loup-garou.

-Je…je…suis désolé…Alyce… Bégaya-t-il en baissant les yeux.

La rousse se mit à rire chaleureusement, même si elle ressentait toujours cette douleur amère. Hiki leva à nouveau le regard, les oreilles dressées par la surprise.

-Voyons, pourquoi tu t’excuse comme ça, Hiki ? Rien n’est de ta faute. Je vais mieux à présent, ne t’inquiète pas.
Les babines d’Hiki s’étirèrent en une sorte d’étrange grimace. Ceci intrigua Alyce au début jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’il s’agissait de sa façon de sourire.



Lorsque la nuit tomba, Elysio et Elkyre avaient enfin trouvé le lieu où ils allaient dormir en sécurité. Avant de les suivre jusqu’à cette nouvelle cachette, ils firent tout ce qu’ils purent pour faire des funérailles dignes au puissant guerrier elfique qu’était Jirdah. Ils couchèrent son corps sur une écorce creuse et assez solides, puis recouvrirent de fleurs ce cercueil improvisé. Son arme posée sur sa poitrine, Jirdah quitta définitivement le monde, emporté par la rivière qui coulait entre les gorges.

Le lion elfique de Jirdah servit à transporter Lyria, qui ne s’était pas toujours éveillée. En effet, celle-ci avait finit par ne pas apporter sa monture au voyage : elle se déplaçait sous sa forme de louve.

Sur le qui-vive, ils traversèrent le pont et passèrent en dessous de l’arche qui trouait la gorge. Aillant pour seule lumière le Cœur-de-Lazura qu’Elysio portait à son coups, le petit groupe suivit celui-ci jusqu’à une haute colline. Ils la gravirent grâce à un chemin qui serpentait jusqu’à son sommet, mais étrangement il était aménagé par l’Homme même si personne n’habitait ici.

-Des gens venaient ici. Répondit Elysio à Stivan, qui lui avait posé la question. L’endroit où nous allons est un autre temple dédié à Lazura. J’ai pensé que mon ancêtre pourrait nous protéger des envahisseurs.

-Mais elle est morte, non ? S’étonna Stivan.

Elysio ne répondit rien. Il avait oublié que Stivan n’était pas au courant de la « résurrection » de Lazura dont lui-même ignorait le pourquoi. Mais heureusement, le garçon mit un terme au sujet :

-Ah oui ! J’ai pigé ! C’est une de ces superstitions spirituelles…

Le mage n’avait pas vu le temple de ses propres yeux mais était sur de son emplacement. Un étrange sentiment de nostalgie lui prenait le cœur, le signe que Lazura était proche. Heureusement…Elysio avait bien des choses à lui dire…

Une fois au sommet de la colline, Elysio confirma ses idées : le temple était bel et bien là. Contrairement au précédent, celui-ci ne se trouvait pas en plein air au milieu de la forêt, mais sculpté dans la roche. L’entrée ressemblait à un trou béant d’une caverne gardée par deux statues impossibles à identifier à cause de leurs parties manquantes. Cependant, les deux lunes éclairaient parfaitement l’intérieur, comme ci le temple avait été construit spécialement pour faire face aux astres à cette heure-ci. L’intérieur avait une étouffante odeur de moisi et de renfermé. Néanmoins, le groupe n’eut pas le choix, ils ne se sentaient pas assez déterminés pour trouver un autre abri. Donc ils firent ce qu’ils purent pour s’endormir : s’allonger sur la chaude fourrure de leurs montures.

Le moisi, le renfermé et, de plus, l’odeur fétide de la bête sur laquelle il était appuyé, empêchait Elysio de sombrer dans le sommeil, bien qu’il fermât ses yeux. Toutefois, ses amis n’avaient pas l’air d’avoir le même problème que lui. D’après leur souffle régulier, ils s’étaient tous déjà endormi. Ne supportant plus ce moment, le jeune homme se leva histoire de purifier l’air dans ses poumons. Dans la pénombre, il trébucha presque sur son frère qui serrait un carnet contre son torse pendant son sommeil. Il n’avait pas cessé de le lire depuis que le groupe s’était installé dans le temple avec, sur le visage, cette même expression à la fois inquiète et craintive. La même que lorsqu’ils étaient tout les deux à la quête du refuge.

« - Tu avais dit que tu avais à me parler après la lecture du texte que tu m’as donné… » Avait rappelé Elysio, fatigué du silence lourd.

Un silence encore plus pesant s’était installé. L’appréhension s’était soudain effacée du visage d’Elkyre, puis celui-ci se tourna enfin sur Elysio. Ses sourcils étaient froncés et ses yeux totalement sans lueur.

« - Ne gâche pas ta salive… Ce que j’ai ressentit me sert de réponse. »

Ces quelques mots furent les seuls qu’il avait prononcés de tout le chemin. Le reste se fit sans aucun échange de parole. Mais ces quelques mots servirent à Elysio de comprendre ce que son frère voulait dire. Il connaissait son médiocre pouvoir de sentir le danger autour de ceux qu’il aime et pour lui, le fait qu’Elysio devienne un sorcier était synonyme de danger. Mais qui dit danger, dit solution…

C’était dans cet esprit qu’Elysio fit une promenade aux alentour du temple. C’est alors qu’il sentit en sa poitrine la présence de l’esprit de Lazura. Il s’y attendait… Le jeune homme suivit l’appel de son ancêtre jusqu’au centre de la colline. Les colonnes en ruines et l’autel étaient disposés comme dans le premier temple, mais tout ceci sans les majestueux arbres qui l’entouraient. A la place, une immense étendue d’herbe s’étendait autour des ruines. Elysio s’approcha de l’autel et laissa la pierre bleue de son collier s’écraser contre la pierre. Lazura fit presque aussitôt son apparition devant lui.

-Pourquoi as-tu emmené tes amis ici ? Tes pensées sont très confuses…

Le regard bleu de son ancêtre perçait celui d’Elysio en quête de réponse, mais pour une raison inconnu, elle parvenait moins à lire dans les pensées de son « apprenti ». Tout comme Elkyre, elle masquait cette difficulté.

Elysio s’approcha de Lazura, heureux qu’elle ait perdu sa désagréable habitude.

-Mes pensées sont confuses, oui… Je suis venu ici justement pour que tu leur donne un sens.

-Je t’écoute. Dit Lazura, la mine légèrement embarrassée.

Le sourire d’Elysio s’élargit davantage devant ce changement chez elle…qui devrait être du à un changement chez lui-même. Se sentant puissant, il fit ce qu’il avait évité de faire depuis qu’il l’avait rencontrée : la regarder dans les yeux.

-Je désire que tu me renseigne sur le pouvoir des sorciers !

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Jeu 24 Jan - 20:03

Chapitre 16
Manipulation


Lazura plissa les yeux comme si elle n’avait pas bien compris la question d’Elysio. Cependant, la magicienne ne lui demanda pas de répéter. A la place, sous le regard insistant du jeune homme, elle lui fit signe de la suivre puis s’envola en direction des colonnes. Croyant trouver une réponse à sa question, il obéit à son ancêtre sans rien ajouter. Ils contournèrent tout deux la colline, puis se retrouvèrent devant des marches de pierre sculptées dans la paroi. Celles-ci descendaient dans un gouffre sombre que la colline avait pris soin de cacher. Lazura n’eut pas de mal à descendre. Ce ne fut pas le cas d’Elysio. Ce dernier marchait avec précaution sur chacune des dalles et sautait à chaque trou laissé par les marches manquantes. Il se demandait à plusieurs reprises où est-ce que Lazura allait l’emmener, et s’il ne s’agissait pas d’une impasse. Mais le jeune homme n’avait aucune autre option que de la suivre.

Enfin au bas de cet étrange escalier, Lazura s’arrêta devant une vieille porte enduite de lichens de toutes sortes. Elysio leva les yeux : il était entouré de part et d’autre par de très hauts murs de pierre, dont le toit était le ciel. Les étoiles disparaissaient et l’aube faisait déjà pâlir le noir de la nuit. Avec un léger sourire malicieux, Lazura traversa la vieille porte comme si elle n’était pas présente. Elysio souffla sa contrariété. Tout est plus facile quand on est un fantôme ! Ne désirant pas en devenir un maintenant, le brun employa les méthodes humaines : il poussa la porte. Celle-ci était si vieille et usée qu’elle s’écroula bruyamment sans qu’Elysio n’emploie beaucoup de force. La salle devant laquelle il se trouva n’était que faiblement éclairée par la lueur fantomatique de Lazura. Donc, il était impossible d’y distinguer quoi que ce soit.

Lazura ouvrit les bras.

-Maintenant, je te laisse faire usage de ce qui t’as été enseigné. Par tes flammes, fait ce lieu de ténèbres retrouver son rayonnement passé.

- Je n’ai aucune maitrise de mes pouvoirs, affirma Elysio en secouant la tête. Je suis désolé de te l’informer, mais je n’ai rien appris.

-Tu as tort, mage absolu. Il ne te reste que tirer profit de ma leçon. Je t’ai enseigné l’essentiel du pouvoir d’un mage.

Elysio ricana doucement.

-Le pouvoir des mages n’est pas le seul à exister...

Sans prendre le temps de voir l’expression de Lazura, Elysio ferma les yeux et se concentra comme pour utiliser les pouvoirs de mage. Néanmoins, ses pensées vagabondèrent autre part. Il pensa à nouveau aux moments où il avait fait usage de ses pouvoirs foudroyant et chercha un point commun entre eux. L’agression d’Horace, celles de Huck à Darios et à Pierycia… Tout ce qui avait pris forme en lui était une rage ardente et inégalable.

Lazura réagit aussitôt :

-Qu’est ce que tu comptes faire, mage absolu ? Les seuls autres pouvoirs qui existent dans ce monde est celui des dieux où celui des sorciers. Si tu fais usage trop souvent de celui des sorciers, tu finiras par en devenir un.

Elysio ne l’écouta pas, il continua profondément plongé dans ses pensées en ignorant presque la présence de Lazura. Les yeux de la magicienne, d’habitude si calmes, se mirent à jeter des éclairs. Elle éleva sa voix :

-Jamais aucun Lazurien ne s’est transformé en sorcier ! Ton âme n’est pas préparée, Elysio ! Il est très probable que tu meurs au lieu de devenir un sorcier !

La rage… Le désir ultime de vengeance… Là était sa force… Son pouvoir… L’image du visage de Dawan se matérialisait en lui, au même temps que l’étrange chaleur dans sa poitrine, la même qu’il avait ressentit tant de fois.

-Quel insolent ! Insulta Lazura.

La magicienne tendit sa main et envoya une rafale vers son descendant. Celui-ci fut projeté une dizaine de mètres. Avant qu’il ne s’écrase contre le mur, celui-ci ouvrit brusquement les yeux et écarta doucement ses bras. Des flammes jaillissant de ses doigts se répandirent dans toute la salle, allumant toutes les torches aux alentours. Il termina sa chute contre le mur et s’écroula par terre avec une multitude de débris de pierre. Sur sa poitrine, la lueur de la marque qu’il portait scintilla au rythme de son cœur, puis s’estompa.

« Pourquoi je ne me suis pas évanouit… ? » se Dit-il.

Il réprima un cri d’horreur : a ses cotés gisait un squelette, dont la mâchoire était figée en un hurlement. En un bond, Elysio se releva et scruta la pièce, maintenant éclairée. Le sol était jonché d’os. Tous les cadavres étaient orientés, les bras tendus, suppliants, vers un autel semblable à celui du temple. Lazura se tenait au dessus du socle de pierre, affaiblie à cause de la magie qu’elle avait utilisée. Sa lueur s’estompait, elle perdait de l’altitude. Cela fit Elysio se sentir beaucoup plus puissant par rapport à elle. En essayant d’ignorer les cadavres qui craquaient sous ses pas, il s’avança vers la mage. Ses lèvres arboraient un rictus très forcé.

-Tu ne donne aucune importance aux morts qui t’entourent… ? Demanda-t-elle d’une voix faible. Ils ne te rappellent pas les corps mutilés qui jonchaient les décombres de Darios ? Pourtant, leur tragédie a été la même…

Le pied d’Elysio se coinça sur un os. Lorsqu’il baissa la tête pour s’en dégager, ses yeux s’écarquillèrent de désarroi : le bras d’une femme lui prenait le pied. De l’autre, elle tenait un petit squelette, celui d’un enfant. L’enfant qu’elle avait protégé de ses dernières forces… Il sentit des larmes monter dans ses yeux, fixés sur le visage osseux de la mère. Ce visage commença à reprendre de la chair, à se reconstituer jusqu’à devenir celui de sa propre mère. Sa gorge se serra aussitôt, prise par un sanglot douloureux.

-Voici ta famille, Elysio. Continua Lazura. Voici ce qui reste des lazuriens, premiers du nom.

Le visage de sa mère en agonie disparut de celui du squelette, laissant Elysio plein de regrets.

-Tous massacrés par les sorciers…

Elysio ne leva pas la tête, les yeux toujours fixés sur le cadavre de la femme et de son enfant. La puissance qu’il avait ressentit quelques secondes auparavant s’était évanouie, laissant place à de la monotonie.

-Si la guerre à eu lieu, il est injuste d’accuser un seul camp. Dit-il doucement. Les deux sont responsables, tant les sorciers que les mages. C’est cela qui fait la différence entre cette tragédie et celle de Darios. Dans mon village, ils étaient tous innocents. Leur but n’était pas d’affirmer leur puissance sur le monde. Ils voulaient juste vivre… Vivre une vie paisible.

-C’est ce que j’ai entendu de la bouche de ces personnes. C’est ce qu’ils ont dit lorsqu’ils ont emprisonné mon âme, prête à rejoindre le monde des morts à cause de l’âge. Lorsqu’ils l’ont scellé dans ce collier que tu as brisé. Ils voulaient qu’à travers les âges, mon âme et mes pouvoirs les protègent de la guerre et de la destruction.

La lueur bleutée entourant la mage blêmie. Son corps se recroquevilla comme une feuille morte, sa peau se rida, se craquela.

-La guerre était un adversaire trop puissant pour ma magie…

Lazura ne fut bientôt qu’une très vieille femme entourée d’une lueur blanchâtre et fantomatique. Sa voix tremblante et grinçante transperça le cœur d’Elysio.

-…J’ai échoué…

Claudicante, la vieille femme s’approcha de son décédant et posa l’une de ses mains fripée sur son épaule. Un frisson glacial parcourut le jeune homme qui fit immédiatement quelques pas en arrière. Le visage de Lazura, aussi osseux que l’un des squelettes de la salle, fut déformé par une moue.

-…Et tu ne m’as été d’aucune aide, toi, dernier mage absolu de ma lignée. Tu as trahis tes ancêtres en devenant un sorcier.

-Qui a dit que je suis un sorcier ?! Riposta Elysio. Lie dans mes pensées, il existe toujours de la compassion en moi ! Ce n’est pas mes pouvoirs qui vont me changer !

-Il est trop tard…

Soudain, Lazura projeta sa tête en arrière, prise dans une brusque convulsion. Son corps reprenait son éclat habituel. Avant qu’Elysio ne pense qu’elle reprenait sa forme originelle, la magicienne éclata en des centaines de lueurs bleutées. Celles-ci s’éparpillèrent follement dans toute la salle, frôlant les cadavres. Après leur tournée déchainée, elles s’enfuirent toutes par la sortie. Puis ce fut le silence.

Sous le choc de cette action inespérée, Elysio resta sur place, les yeux fixés là où s’étaient enfuis les lumières. Il était seul avec ce monceau de corps décomposés, et ses propres pensées. « Il est trop tard… » Les derniers mots de Lazura raisonnaient dans sa tête, comme si son crâne était une caverne. Disait-elle vrai ? Après avoir fait usage de leurs pouvoirs, était-il vraiment destiné à devenir l’un de ces êtres malveillant ? Ces questions lui retournèrent l’estomac, et ces cadavres ne faisaient qu’empirer ce sentiment. Sans les regarder, le jeune homme s’orienta vers la sortie.

Quelque chose lui agrippa la jambe. Elysio pensa qu’il avait trébuché, mais cette chose le tirait vers elle. Il fit volte-face : l’une des dépouilles l’agrippait avec fermeté, ses mâchoires écartées en un cri strident. Criant de terreur, Elysio empoigna Vylia et coupa le bras squelettiques. Le mort-vivant hurla de douleur. Elysio en profita pour prendre la fuite. Lorsqu’il franchit la porte, il constata avec horreur que des cris aigues, de plus en plus nombreux le suivaient. Le jeune homme risqua un regard en arrière : la caverne vomissait une multitude de squelettes ambulant, tous fixaient sur le brun leur orbites vides.

Elysio sauta sur les marches de l’escalier de pierre, en espérant que ses poursuivants n’étaient pas assez agiles pour monter. Néanmoins, tandis que le jeune avait pris une bonne distance, les morts-vivants s’agrippèrent aux marches et parvinrent à les franchir sans peine. Ils pouvaient atteindre les autres s’ils continuaient ainsi ! Elysio redoubla de vitesse. Il devait les atteindre au plus vite !

Comme envoyé par les dieux, Stivan se trouvait droit devant lui, au sommet de l’escalier. Essoufflé, Elysio lui agrippa les épaules quand il l’atteint :

-Appelle les autres… ! Sortons vite…d’ici… !

-Qu’est-ce qui se passe ? Demanda Stivan, les yeux ronds de surprise.

-Regarde par toi-même…

Son ami se retourna et poussa immédiatement un cri de stupeur. L’armée de squelettes montait tous dans leur direction en une fanfare de cris. Quelques un tombaient par perte d’équilibre où par la chute des vieilles marches.

-C’est quoi ça ?! S’affola Stivan. C’est quoi cette histoire ?!

Stupéfait, Stivan ne bougea pas un poil. Donc Elysio fut obligé de l’entrainer par la force. Courant à toute vitesse, ils ne tardèrent pas à atteindre l’abri. A tour de rôle, ils secouèrent tous les dormeurs. Avant que ceux-ci ne se soient convenablement réveillés, Elysio et Stivan leur crièrent de s’enfuir au plus vite. Les uns grommelaient, les autres luttaient pour restés éveillés, mais ils suivirent les deux jeunes hommes en se frottant les yeux. Par conséquent, le spectacle inespéré qui se présenta à leurs yeux les réveilla comme un jet d’eau froide.
Elysio jeta un coup d’œil rapide au groupe, pour s’assurer si tout le monde étaient présent. Un frisson le parcouru : Lyria n’était pas venu. Subitement, il se rappela de ses blessures. Elle n’arriverait jamais à les suivre sans l’aide de quelqu’un. Alyce fit volte-face, les yeux écarquillés :

-Lyria ! Oh…Dieux du ciel ! S’écria-t-elle.

Elkyre passa à toutes vitesses à coté d’elle. Il se tourna vers le groupe et averti d’une voix forte :

-J’y vais !

Alyce lui attrapa le bras et l’obligea à se tourner vers elle. Du regard, elle questionna le jeune homme. En réponse, une étincelle malicieuse scintilla dans ses yeux azurés : il avait quelque chose en tête. Dans un moment pareil, elle était obligée de lui faire confiance, donc, Alyce le lâcha sans plus attendre. Par la suite, Elkyre posa son regard sur le reste du groupe :

-Maintenez-les à distance pendant que je la cherche ! Ils ne sont pas armés, donc nous avons de l’avantage sur eux !

-Mais…ils sont des…milliers ! Bégaya Stivan, tremblant d’angoisse.

Néanmoins, Elkyre s’était déjà élancé dans leur ancienne cachète. Alyce empoigna ses deux dagues tandis que ses amis firent de même avec leurs propres armes. Unis, ils coururent en direction de l’armée de squelettes qui était déjà au niveau des dernières marches. De sa robuste hache, Hiki fossoyait des dizaines d’adversaires en un seul coup. De son côté Stivan avait abandonné sa peur et détruisait les morts-vivants qui s’approchaient de son ami. L’expression d’Elysio intrigua Alyce : celui-ci tranchait les crânes de ses ennemis, mais dans ses yeux, ne brillait pas la même flamme que lors de ses autres combats. Il semblait hésiter à les tuer.

Sans plus se questionner, Alyce fit face à un groupe de six squelettes. Ses mains étaient moites, mais se refermait sur le pommeau de ses dagues avec fermeté. Sans peine, elle brisait les cous de ses opposants. La tête détachée de leur corps, ceux-ci s’écroulaient en un tas d’os. Ces créatures étaient aussi faciles à battre qu’un mannequin de bois. Cependant, une fois détruits, d’autres se ruaient sur elle sans qu’elle ne s’en aperçoit. Ce fut ce qui se produit : un trio de morts-vivants, la poussèrent en direction du grand gouffre. La rouquine freina à temps, laissa des graviers tomber dans les profondeurs. Poussant des cris frustrés, le trio accourut vers elle les mains tendues. Un par un, elle les poussa dans le ravin, mais lorsque vint le tour du dernier, ce fut celui-ci qui lui fit perdre l’équilibre.

Hurlant de terreur, elle chuta dans l’énorme trou béant, mais parvint à se sauver en s’agrippant à la roche. La jeune femme sentit la main osseuse de son adversaire pousser les siennes. Elle baissa les yeux vers ses pieds : aucune marche n’était assez près pour amortir sa chute, sous elle n’existait que les profondeurs du gouffre. Alyce cria à l’aide en espérant que ses amis la secourent, mais ceux-ci étaient trop occupés par l’apercevoir et ses plaintes étaient étouffées par les cris aigus des créatures. Sans aucune chance de survie, elle ferma les yeux, attendant de chuter vers sa mort.

Soudain, son meurtrier poussa une plainte déchirante. Alyce rouvrit les yeux et leva la tête à temps pour le voir être déchiqueté en mille morceaux par les crocs d’un lion elfique. Les montures avaient étés libérées et se battaient aux cotés des autres. Elkyre aperçut Alyce qui s’apprêtait à lâcher prise. Avant qu’il ne pose Lyria (qui s’était réveillée) par terre, Hiki pris place devant lui et tendis la main à la rouquine. Pleine de gratitude, elle lui agrippa la paluche et bientôt, se remis sur pied, toujours sous le choc.

-Sortons vite d’ici ! s’écria-t-elle en fonçant vers une pente qui montait sur la colline.

Ses amis abandonnèrent leur combat et la suivirent.

-Et les lions elfiques ?! S’enquit Stivan, inquiet.

Alyce suivit son regard qui était dirigés sur leurs montures. Celles-ci broyaient les squelettes qui s’acharnaient sur elles, sans remarquer que leurs maitres s’étaient éloignés. Leurs yeux de fauve étincelaient d’une fureur impétueuse. Alyce secoua la tête :

-Nous serons obligés de les laisser… Ils sont trop furieux pour qu’on les reprenne. On risque de nous faire blesser.

-Ils retardent nos ennemis, en plus. Ajouta Elkyre.

Stivan ne rajouta rien. Il suivit ses amis sans jeter un regard en arrière. Unis, le groupe gravit la pente, heureux d’entendre les plaintes grinçantes des squelettes s’éloigner au fur et à mesure qu’ils couraient.

La pente s’arrêtait sur un long tunnel de pierre, orné de symboles et dessins gravés sur la roche. Aucune autre issue ne se montra à eux, donc ils s’engouffrèrent à l’intérieur. A leur plus grand soulagement, la lumière douce de l’aube éclairait la galerie, lui donnant une agréable teinte rosée.

Lyria se détacha d’Elkyre et se remis tant bien que mal sur ses pieds.

-Je peux marcher. Déclara-t-elle, la voix pleine de froideur, comme toujours. Mais pour la première fois dans sa vie, la demi-elfe déclara d’une voix basse : Merci…

Elkyre lui répondit d’un hochement de tête, l’étincelle malicieuse brillant de plus belle dans ses yeux.

« A quoi pense-t-il au juste ! » Grommela Alyce pour elle-même.

A coté d’elle, Elysio foudroyait Elkyre du regard. Serait-il jaloux ? Depuis qu’Elysio avait rencontré Lyria, il se comportait différemment à ses cotés. Il faisait attention à ses agissements, se retenait à faire certaines choses, comme s’il avait peur d’être mal jugé par la demi-elfe. Etait-il amoureux d’elle ? Alyce pouffa intérieurement. Comment quelqu’un pouvait tomber amoureux d’une personne aussi hautaine et arrogante ?

Le visage de Lyria ne laissa paraitre aucune émotion, mais sa démarche claudicante trahissait sa douleur. Alyce s’approcha d’elle pour lui demander de s’arrêter afin qu’elle puisse la soigner, mais elle renonça rapidement. La rouquine savait qu’un refus suivit d’une remarque mordante allait être tout ce qu’elle allait recevoir de sa part. Tant pis ! Au moins, elle ne ralentissait pas vraiment le rythme du groupe.

Le ventre de Stivan grogna tout haut.

-J’ai faim…Gémit-il comme si personne n’avait entendu. J’aurais du attraper ce stupide piaf quand j’en avais l’occasion.

Lyria lui jeta un regard assassin, mais ne répondit rien. Elle baissa les yeux sur sa jambe blessée et continuait à marcher, tant bien que mal. Sa blessure lui faisait souffrir, et les paroles désagréables de Stivan ne l’aidaient pas du tout.

-Tu vois bien qu’il n’y a rien à manger ici. Informa Alyce. A part si tu veux revenir sur tes pas et ronger un os à ces créatures stupides qui nous ont suivies.

-Je ne suis pas un chien ! Riposta le jeune homme.

Personne ne rajouta rien. L’équipe s’était rapprochée de la fin du tunnel : une lueur rosée par le soleil levant. Pleins d’espoir, ils espéraient trouver un lieu tranquille, un lieu où ils pourraient chasser, cueillir des fruits ou se désaltérer. Mais leur espoir s’estompa lorsque le tunnel déboucha sur leur destination : une corniche surplombant une longue et profonde crevasse. Impossible de chasser, ou de cueillir des fruits, cependant, ils pouvaient peut-être se désaltérer grâce à la rivière qui courait au fond du gouffre.

-Apparemment il y avait un pont ici…Soupira Elkyre. Maintenant il n’est plus qu’un souvenir.

Alyce fouilla dans une de ses sacoches et retira la carte qu’elle avait apportée. Elle la déroula et la contempla longuement. Après avoir trouvé ce qu’elle voulait, elle montra aux autres le vieux parchemin :

-Si nous suivons cette rivière nous déboucherons surement sur ce fleuve (elle caressa du doigt la ligne noire qui représentait le cours d’eau) et ce fleuve débouchera sur la mer. Si on a de la chance, on trouvera un port et un bateau pour nous rendre à Rymar. (Elle baissa la tête vers le fond de la crevasse) Mais si nous nous jetons ici, nous courons à notre mort.

Elysio fut d’accord avec Alyce et s’apprêta à rebrousser chemin. Toutefois, quelque chose attira son attention au niveau des parois de la crevasse. Des fissures horizontales, assez grandes pour y enfiler un pied, couturaient la roche telles des blessures. S’ils descendaient en s’aidant de ces fissures, ils pouvaient atteindre le fleuve sans se blesser. Mais il repensa à Lyria… Sa jambe blessée ne lui permettra pas d’escalader.

Stivan le tira de ses préoccupations :

-Euh…Ely… ? Je crois que tu as oublié ça.

Elysio se tourna vers lui. Sa main se refermait sur la chaine où pendait le Cœur-de-Lazura. Il le remercia et prit l’objet qu’il déposa dans le creux de sa main.

-Je l’ai trouvé sur une espèce de table de pierre, pendant que je me baladais. Ajouta son ami. La prochaine fois, fait attention à tes affaires !

Il s’éloigna de lui et rejoint les autres, qui réfléchissaient toujours à une façon de descendre. Elysio contempla longuement le collier qu’il tenait dans sa main. Ses pensées naviguèrent vers Lazura. Tout indiquait qu’elle était celle qui a réanimé tout ces cadavres de Lazuriens. Elle l’avait fait dans l’objectif de le tuer pour éradiquer le dernier sorcier d’Alysia. La magicienne savait sa faiblesse… Elle savait que le jeune homme aurait du mal à détruire sa propre famille… Mais ses amis étaient à ses cotés. Et eux, n’avaient pas cette faiblesse.

Elysio serra son poing sur la pierre bleue scintillante et rejeta son bras en arrière. Qu’est ce qui l’empêchait de jeter ce collier, afin que Lazura ne le poursuive plus ? Une seule raison l’en empêchait…Sa mère… Ce collier était le dernier souvenir qui le reliait à sa mère décédée. Son bras retomba le long de son corps. Il pouvait conserver ce lien. S’il ne brisait pas le pendentif sur un autel, Lazura ne représenterait aucun danger pour lui.

Soudain, les cheveux se dressèrent sur sa nuque. Les cris des squelettes résonnèrent dans le tunnel. Le cœur battant, il fit volte face, imité par les autres. En effet, une population de morts-vivants se dirigeait vers eux, assez nombreux pour les faire chuter dans la crevasse. Sans plus attendre, Elysio mis son plan à exécution : il glissa de la corniche en s’agrippant à sa paroi. Le jeune homme enfila alors sa chaussure à l’intérieur de l’une des fissures qu’il avait aperçut et l’autre dans une fissure plus basse.

-Suivez-moi ! Cria-t-il aux autres, qui se préparaient à se battre.

Ses amis hésitèrent. Elkyre fut le premier à rejoindre son frère, suivit par Alyce, puis Stivan. Il ne restait que Hiki qui aida Lyria à rester sur pieds.

-Et elle ? Glapit-il. Comment elle va s’en sortir ?

-T’es pas assez fort pour la mettre sur ton dos ? Proposa Stivan. Tu es un lycanthrope, tu as oublié ?

Lyria n’attendit pas la réaction du loup-garou et vint s’agripper au dos velu de la créature.

-Vas-y, je vais bien m’en sortir. Promis-t-elle d’une voix plutôt douce.

« C’est parce qu’il n’est pas un humain » Grommela Alyce, pour elle-même.

Comme les squelettes se rapprochaient, Hiki se précipita vers les autres et les imita. Ils descendirent une bonne longueur. Néanmoins, les mains leur démangeaient au fur et à mesure qu’elles s’agrippaient à la roche. Bientôt, des têtes osseuses commencèrent à les épier au sommet de la falaise. Pas trop malins pour les imiter comme il se doit, les créatures se jetèrent une par une en direction de leurs victimes. Les unes, rataient leur cible, mais d’autres les percutaient de plein fouet, manquant de leur faire perdre l’équilibre. Ils n’allaient pas résister longtemps comme ça !

Elysio redoubla sa vitesse afin d’atteindre au plus vite la rivière, mais il fut trop tard : un squelette s’était agrippé à Lyria qui s’accrochait à Hiki de toutes ses forces.

-Je vais lâcher ! C’est trop lourd ! Se plaignait-il.

En effet, les griffes d’Hiki crissaient sur la roche, menaçant de lâcher prise. Apercevant cela, Lyria arrêta de se débattre. Si elle restait sur le dos d’Hiki plus longtemps (en plus du squelette) il n’allait pas survivre et elle non plus. Donc, la demi-elfe fit tout ce qui lui restait à faire.

Elle lâcha ses épaules.

-Lyria ! Hurla Hiki en projetant sa main dans un ultime effort pour la rattraper.

Mais ce fut peine perdu, il la rata, et elle tomba vers le fond du gouffre.

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Dim 27 Jan - 5:12

Lyria ferma les yeux. Qu’était-elle en train de faire ? Pourquoi était-elle en train de se sacrifier pour un lycanthrope ? Quelque chose lui avait dit de le faire. Depuis qu’elle l’avait rencontré, une étrange sensation s’était emparée d’elle. Comme si quelque chose lui criait de rester auprès de lui et de le protéger. Mais à présent, peut importait. Elle se rapprochait dangereusement de la rivière.

Des bras se refermèrent autour d’elle. Etait-ce Shyska qui l’emportait vers le paradis ? Non. En plus du vent, qui soufflait à ses oreilles, elle sentait les battements d’un cœur. Un cœur qui battait à s’en rompre. Lentement, elle ouvrit les yeux et vit à qui il appartenait : Elysio.

-Fait moi confiance. Murmura-t-il à son oreille. Agrippe-toi bien à moi.

Sous le choc, Lyria oublia son mépris des humains et lui entoura la nuque de ses bras. Le cœur du jeune homme s’accéléra encore plus. Il ouvrit ses bras et tout s’arrêta soudainement. Stupéfaite, Lyria baissa la tête : ils étaient tout proche du sol, mais leurs pieds ne le touchaient pas. Ils flottaient tout les deux à raz du sol, l’un agrippé à l’autre.

Lyria se détacha rapidement d’Elysio, puis tomba au sol, sur ses jambes. Malheureusement, sa blessure la fit vaciller et tomber sur le dos. La demi-elfe ferma les yeux de douleur. Lorsqu’elle les ouvrit, Elysio était penché sur elle une main tendue pour la relever. Ses beaux yeux bleu glacé, luisant sur sa peau basanée, ne cessaient de la surprendre. Mais elle ne souhaitait pas céder si facilement à son charme.

-Je sais me relever ! Maugréa-t-elle. Tu m’as assez aidé pour aujourd’hui, humain.

-Tu es blessée ! Insista Elysio. Le voulant, ou non, tu as besoin d’aide !

Sans faire attention à ses reproches, il s’empara de son bras et la tira vers lui. Désorientée, elle se heurta au jeune homme, ses mains appuyées sur son torse. Nerveusement, la demi-elfe leva la tête vers Elysio. Celui-ci souriait légèrement :

-Voilà qui est mieux, non ?

-Lâche-moi !

Furieuse, Lyria se dégagea du jeune homme et passa une main sur ses cheveux désordonnés. Le faisait-il exprès où quoi ? Pour qui se prenait cet humain débile ? Un autre demi-elfe ? Elle se força à penser à ces reproches… Elysio la dévisageait, cherchant à comprendre d’où venait toute cette haine, alors qu’il venait juste de la sauver. Lyria rencontra son regard. Elle s’y perdit à nouveau… Mais elle lui tourna rapidement le dos : jamais elle ne devrait tomber amoureuse de la créature qui était source de tous ces malheurs. Ceux qui l’avaient arraché de sa famille et lui avaient retiré son frère… Frère qui pourrait être mort à présent, selon les dires d’Hiki.

L’arrivée du reste du groupe la sauva de ce moment embarrassant. Ensemble, ils longèrent la rivière comme l’avait proposé Alyce. Du haut des gorges, le ciel ressemblait à une autre rivière bleue qui serpentait au dessus de leurs têtes. Quelques fois, le sol était entièrement recouvert d’eau, les obligeants à traverser le cours. Ils parcoururent ce chemin jusqu’à ce que le soleil soit à son zénith. Ils finirent par déboucher sur une vaste lande couverte de longues herbes jaunies. Elle s’avéra être un bon endroit pour chasser, même s’ils n’allaient trouver que de petits animaux.

Alyce chercha du regard un lieu où elle pouvait allonger Lyria. Si elle ne se laissa pas faire, la demi-elfe allait surement les ralentir. Une pierre plate émergeant des hautes herbes fut la meilleure chose qu’elle trouva.

-Lyria ! Appela-t-elle en se retournant. Il est temps pour moi de m’occuper de ta jambe !

Mais l’elfe ne se manifesta pas. D’ailleurs elle ne la vit nulle part…Ni Elkyre…

-On va chasser ! Avertit Stivan, ses poignards à la main. Je meurs de faim !

-Attends ! Tu n’aurais pas vu Lyria ?

Stivan se gratta la tête :

-Euh…Je l’ai vu partir avec Elkyre, vers les gorges. Je me demande ceux qu’ils vont aller faire ensemble.

-Elkyre… Maugréa Alyce.

Son ami remarqua l’expression sur son visage. Amusé, il ricana. Pensait-il qu’Elkyre était en train de la « trahir » avec cette garce de demi-elfe ? C’était peut-être ce qu’il pensait, mais pas la rouquine. Elle avait clairement vu l’expression du jeune homme lorsqu’il avait sauvé Lyria et lorsque celle-ci avait été sauvée par Elysio. Ce n’était pas de l’amour ni de la jalousie, mais de la ruse. Une idée brillante, mais folle, traversait l’esprit acéré du jeune homme. Elle le savait…et devrait découvrir tout de suite de quoi elle s’agissait.

Les poings serrés, le pas assuré, Alyce se dirigea vers l’endroit que Stivan avait indiqué. Les autres étaient déjà partis chasser, donc quand Elkyre finira sa « conversation » avec Lyria, une autre allait débuter : une conversation entre Elkyre et elle, uniquement.
Une fois devant les gorges qu’ils avaient quitté, elle croisa Lyria qui finissait justement son entretient. La rouquine épia le regard de la demi-elfe : il n’était ni furieux, ni méprisant. Ses yeux turquoise étaient embrumés par un conflit intérieur. Lorsqu’elle retourna à la lande, elle semblait chercher quelqu’un du regard, quelqu’un en particulier. C’est à ce moment qu’Alyce compris tout. Les bras croisés sur sa poitrine, elle attendit Elkyre.

-Tu ne penses pas que j’ai un faible pour les elfes, j’espère…

La voix douce, calme…mais pleine d’ironie, cette voix qu’Alyce avait appris à tant apprécier…raisonna derrière le rocher. Bientôt, Elkyre émergea de sa cachette, sa chevelure blonde resplendissante au soleil.

-Tu ne penses pas que l’elfe à un faible pour les mages absolus, j’espère… Répondit Alyce en mimant la voix du jeune homme. Décidemment, tu n’hésite pas à utiliser les manières extrêmes pour arriver à tes fins.

Elkyre s’approcha un peu plus d’Alyce, les yeux plissés.

-Quand une occasion se présente à nos yeux, il faut l’utiliser sans hésiter. Même si elle s’avère extrême, elle peut être la dernière.

Alyce colla ses poings à ses hanches.

-Si Elysio découvre que l’amour de Lyria est faux et que c’est toi qui l’a manipulée pour l’empêcher d’être sorcier, il va être encore plus furieux !

Elkyre afficha un sourire espiègle, ses yeux profondément plongés dans ceux de son amie.

-Qu’est ce qui te fait dire que cet amour est faux… ?

-Lyria déteste les humains et elle…

Du regard, Elkyre l’encouragea à continuer, mais autant lui que la rouquine savaient qu’elle ne pouvait plus le faire. Alyce se rappela du regard de Lyria quelques minutes avant. Elle semblait s’inquiéter elle aussi pour Elysio. Peut être que, sous ses airs hautain et haineux, elle aimait vraiment le mage absolu. Mais Alyce ne voulait pas laisser Elkyre gagner :

-Qu’est ce qui te fait dire que Lyria va suivre ton plan ?

-Je l’ai sauvée et Elysio l’a fait aussi. Toi qui a très bonne mémoire, rappelle toi des histoires de Dorwinn sur les elfes. Ceux-ci font tout ce que veux leur sauveur…

-…en guise de gratitude ! Le coupa Alyce. Je le reconnais, tu es malin. Mais figure toi que ce que tu es en train de faire est impardonnable. Manipuler le cœur des autres est un crime atroce. Quand la victime s’aperçoit qu’elle est manipulée, elle est en doute, elle est désorientée, elle ne sait plus quoi penser…

Alyce s’interrompue. Elle parlait d’elle sans s’en apercevoir. Elkyre aussi l’avait remarqué, vu son léger changement d’expression. Toutefois, celui-ci ne dit rien sur le sujet.

-J’ai juré que j’allais protéger mon frère, que j’allais être sa lame protectrice… Donc rien ne me fera reculer.

-Tu as pensé à quelque chose du genre, lorsque tu m’as embrassé ?!

Les yeux d’Elkyre s’écarquillèrent. La rouquine n’en pouvait plus. Comme elle venait de le dire, le doute lui tenaillait le cœur. Le plus vite possible, elle devait parler au jeune homme de ce baiser si bref et rapide, surement survenu d’une manipulation. Comme le blond n’ajoutait rien, Alyce continua, la voix pleine de rage :

-Tout pour toi est un jeu, Elkyre ! Et depuis ce « baiser » l’amour est entré dans ta salle de jeux ! Quoi que ce soit ton objectif, quoi que ce soit la raison pour laquelle tu me manipule, sache que tu ne m’auras pas facilement ! Depuis la trahison de Dawan, je me suis promis que plus jamais j’allais me faire avoir ! Et ce n’est pas toi, un crétin, un escroc, un manipulateur, qui va faire exception !

Elle s’était trop déchainée. Maintenant, le seul qui avait l’air désorienté était Elkyre. Ses yeux arrondis scrutaient Alyce et ses lèvres remuaient à la recherche d’une réponse introuvable.

- J’espère qu’Elysio ne tombera pas dans ton piège. Ajouta-t-elle d’un ton menaçant.

Sans attendre aucune réaction de la part d’Elkyre, elle tourna les talons et rejoint Lyria dans la lande pour la soigner.

Ne lâchant pas Alyce du regard, Elkyre s’assis contre la roche en soupirant. Il n’aurait jamais pensé qu’elle déchiffrerait si facilement ses manipulations. Tant celle de Lyria, que la sienne. La première fut celle qui le préoccupa le plus. Son frère était en danger et Lyria était surement la dernière chance pour l’empêcher de devenir sorcier. Et si Alyce intervenait… Elkyre secoua la tête, il préférait ne pas y penser.

Le fait qu’Alyce s’était aperçut qu’il l’a manipulée n’avait pas du tout préoccupé le jeune homme. Au contraire, ça l’avait rendu fier, fier de son amie rouquine. Des feuilles d’automne lui tombèrent sur la tête. Il leva les yeux, un arbre se dépouillait de ses feuilles, juste au sommet de la haute gorge. Au dessus de l’arbre, le ciel commençait à se voiler de nuages sombres. L’orage lui faisait froid dans le dos, mais rien ne le faisait plus frissonner qu’une Alyce en colère.

Elkyre sourit.

Alyce…De tous ceux qu’il avait manipulés, la seule qui était parvenu à voir clair dans son jeu. D’ici à lorsque le moment sera venu, Elkyre n’avait pas besoin de la transformer en femme forte…

Elle l’était déjà.

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Lun 4 Fév - 17:29

Chapitre 17
Retour en arrière


-Hé ! Les gars, venez voir !

Stivan était le premier à revenir de chasse, suivit d’Elysio. Exténué, il fut aller boire à la rivière, mais une fois au cours d’eau, il s’était arrêté net. Les autres vinrent le rencontrer, sauf Hiki qui chassait toujours et Lyria qui se reposait. Ce qu’ils virent, les horrifia : trois cadavres de lycanthropes flottaient, baignés dans leur propre sang. Leurs membres étaient désarticulés, leur armure en pièces et leurs yeux vitreux figés sur une expression de terreur.

-Ils ont du tomber du ravin en essayant de nous imiter. Déduisit Alyce. Leur armure était trop lourde pour qu’ils puissent supporter.

- Ils nous suivent toujours… Ils nous lâcheront donc jamais ? Maugréa Elysio.

Elkyre le calma en posant sa main sur son épaule.

-Au moins, ils ont trois espions en moins.

Il jeta un coup d’œil à Alyce, mais celle-ci évita son regard.

Un piaillement retentit du coté des gorges. A l’unisson, le groupe tourna le visage vers sa source : le faucon rouge de Lyria fonçait en piqué droit devant eux, un parchemin coincé dans ses serres crochues. Le vent, que projetaient ses larges ailes, ébouriffa leurs cheveux lorsqu’il passa au dessus de leur tête. Evidemment, il se percha sur l’épaule de sa maitresse, qui avait été rejointe par Hiki. Celle-ci s’empara de la lettre et la lie rapidement sans ne laisser paraitre aucune émotion.

-Les lycanthropes ont déjà attaqué deux villages et une ville entière. Ils ont fait quelques prisonniers et ont tué tout le reste, comme ils le font toujours. Rapporta-t-elle, sa voix trahissant son anxiété. Si nous trainons encore, il serra peut être trop tard quand nous rapporterons le Mur…

-La Meute prend des forces… Elle s’agrandit… Généralisa Hiki, les yeux ronds. Si nous ne faisions rien, rien ne pourra l’arrêter…
Nerveuse, Alyce s’empara de la carte et examina leur route. Lorsqu’elle fit son rapport, sa voix était aussi tremblante que les deux autres :

-Il nous reste encore beaucoup de chemin à faire jusqu’au port de Larbos… En plus, il nous faudra encore traverser l’océan pour parvenir à Rymar. Et une fois à Rymar, il faudra encore atteindre les montagnes pour arriver à la tour de Dorias. En plus sans nos montures…

-Combien de temps nous faudra-t-il, d’après toi ? S’enquit Elysio, ayant peur de sa réponse.

Alyce ouvrit la bouche, mais sa voix se brisa. Elle fit une longue pause pour se reprendre. Si ses calculs étaient bons, jamais ils n’allaient arriver à temps. Les autres la fixaient attentivement, attendant avec impatience sa réponse. En prenant son courage à deux mains, elle répondit à leur attente :

-Trois mois !

-Alors abandonnons. Décida immédiatement Lyria en jetant la lettre. Rebroussons chemin et allons rejoindre la brigade mauve.

-Comment peux-tu dire une chose pareille ! S’indigna Alyce. Puisque c’est l’humanité qui est en danger, tout est plus facile pour toi, c’est ça ?! Tu te fiches complètement de notre destin !

-Ce n’est pas ça qu’elle veut dire… La calma Elkyre en lui prenant les épaules.

- Lâche-moi,-toi ! Je ne t’ai pas demandé ton avis !

Elkyre ricana de manière forcée :

-Tu deviens aussi impulsive qu’elle, on dirait. (Il reprit son sérieux) Ce qu’elle veut nous dire, c’est qu’une fois à la brigade mauve, nous serons en sécurité. Peut-être que des divisions d’elfes venus du monde elfique pourront nous venir en aide. Ainsi, l’armée elfique pourra mettre fin à la Meute sans recourir à l’eau magique.

Lyria remercia Elkyre du regard, ce qui rendit Alyce plus furieuse encore. Comment avaient-ils pu devenir si facilement complices ?

-La brigade mauve et les faucons d’argent ont conclus une alliance, d’après la lettre. Continua Lyria. Les humains ont enfin décidé de se mobiliser, alors qu’ils auraient pu le faire plus tôt. Mais comme ça, on serra assez fort pour détruire la Meute sans le Mur, comme viens de le dire l’humain blond.

-Nous ne pouvons pas faire ça ! Intervint Elysio. Vous ne comprenez donc pas ? Les lycanthropes se multiplient grâce aux prisonniers de guerre. Donc si nous leur déclarons la guerre, ils auront plus de prisonniers que normalement ! Si nous n’avons pas le Mur, cette guerre est déjà perdue d’avance !

Elkyre baissa les paupières, la mine grave :

-Je te comprends, Elysio… Mais nous n’avons pas le choix. Nous nous battrons le mieux que nous le pourrons et par chance, qui sait, nous pourrons peut-être gagner.

Elysio se força à assentir, pas convaincu par les paroles de son frère. Il savait ce qu’était la force de Dawan, si bien qu’il imagina tous les villages, les villes, les châteaux, les capitales, se détruire comme Darios, son village d’origine. Il devrait l’en empêcher… Même si pour cela, il devrait faire usage de ses pouvoirs de sorcier.

-Je vais avertir la brigade de notre décision. Déclara Lyria. J’aurais besoin d’une plume et d’un parchemin. J’annoncerais aussi la mort de Jirdah…

Elkyre retira de sa sacoche le matériel nécessaire à Lyria et le lui tendit.

-Mangeons ce que vous avez chassé, ensuite, nous rebrousserons chemin.

Après avoir allumé un feu et préparé leur repas, ils se mirent à manger sans enthousiasme. Surtout Elysio et Alyce qui n’étaient pas du tout convaincus par la décision du groupe. Le cœur serré, ils avaient assisté à l’envol de Phoebus, qui emportait avec lui la décision finale. Sur leurs têtes, les nuages obscurcissaient de plus en plus le ciel.

Stivan, qui n’avait bizarrement rien dit pendant leur débat, examinait la carte qu’Alyce lui avait confiée. Soudain, son visage s’éclaira.

-Les gens, venez voir ! J’ai trouvé quelque chose qui va vous intéresser !

Une étincelle d’espoir dans le regard, les autres vinrent le rejoindre illico. Tout fier, Stivan posa sa carte sur une pierre plate pour que tout le monde puisse la voir. Il posa son doigt sur la tour de Dawan :

-La, c’est un royaume où il y avait des mages absolus, pas vrai, Hiki ? Tu m’avais raconté ça un jour.

-Oui. C’était là ou vivaient les descendants de Dorias, le premier représentant de l’une des quatre grandes familles de mages absolus.

Stivan sourit, plus fier encore de sa découverte. Il demanda une plume et entoura le lieu d’un cercle lorsqu’il l’obtenu. Ensuite, il pointa le temple qu’ils venaient de quitter.

-Ce n’est pas un temple, pas vrai Elysio ? L’espèce de colline bizarre qu’on a quittée ressemblait plus à un royaume… Et tant de squelettes dans un temple, c’est un peu bizarre…

-En effet ! Reconnu Elysio. C’était peut-être l’ancien royaume des Lazuriens.

-Bingo !

Il entoura le royaume d’un cercle et se tourna vivement vers Elkyre et Alyce. Les deux dévisageaient leur ami, les yeux pleins de doutes.

-Maintenant, c’est au tour des « Dorwinniens ». Est-ce que le savoir de votre grand manitou vous a révélé l’emplacement des deux derniers royaumes.

-Le royaume d’Orchidia. Se manifesta Elkyre. Il est le seul royaume actif en ce moment et il se trouve juste (il pointa du doigt le sud d’Alysia) ici.

Stivan marqua le royaume puis examina ses amis. Aucun ne rajouta rien, tout le monde semblait ignorer le dernier royaume. Sans savoir en quoi consistait le plan de Stivan, Elysio déclara enfin.

-Casthell…L’ancienne capitale de Shiar, à l’est.

Elkyre le dévisagea, se souvenant de là où il avait lu ceci. Ne se doutant de rien, Stivan parcouru du doigt l’est de la carte et y trouva l’endroit qu’Elysio indiquait. Un symbole, représentant un château en ruines, signalait le lieu. Stivan l’entoura d’un cercle. Il n’en restait plus un seul.

-Maintenant, laissons faire Mme Mémoire ! Dit-il en se tournant vers Alyce. Rappelle-moi la prophétie de Nouvelle-Lune. Tu sais ? La partie qui nous a montré notre direction.

-Euh… En le lieu ou les quatre grands se fondent… (Son visage s’illumina à son tour) Oh… !

Les yeux étincelant, Stivan posa une nouvelle fois sa plume sur la carte. Mais il n’entoura aucun royaume. De deux lignes, il relia tous les quatre lieux qu’il avait marqués. Une croix barrait maintenant la carte.

-Eureka ! Cria-t-il en frappant du doigt le lieu où les lignes se croisaient : une petite ile à peine visible.

-Stivan tu es un géni ! S’exclama Alyce.

Rayonnant de joie, elle se jeta sur son ami et le serra de toutes ses forces dans ses bras.

-On a environ deux jours pour arriver jusqu’à la plage ! On aura plus besoin de suivre ce stupide fleuve car la plage qui mène à cette ile est plus proche ! En plus, on fera le reste du trajet en bateau, donc on n’aura pas besoin de s’arrêter pour manger ou dormir ! Oh c’est merveilleux, Stivan, c’est fantastique !

Les autres étaient aussi heureux et soulagé qu’Alyce, mais exprimèrent moins leur satisfaction. Elysio se pencha sur la carte et lu le nom de l’ile.

-L’ile d’Erghyr… Murmura-t-il. C’est donc sur cette ile que la prophétie aura lieu…

-Oui. C’est bien là… Dit son frère qui vint le rejoindre. C’est là où Dawan veut qu’on se rende.

Elysio soupira. Elkyre fit de même.

-Tu vas me demander de rester en arrière, c’est ça ?

Elkyre ne sut quoi répondre. Le moment était grave. Si la prophétie se réalisait, il ne manquait plus que ça pour empirer les choses. Les mages et les sorciers se joindront aux forces de Dawan et le Mur n’aurait servit à rien. Mais il connaissait bien son frère. Il savait qu’il allait refuser de rester assis les bras croisés pendant que le reste faisait tout le travail. Dawan se trouvait surement là-bas, à l’attendre. C’était une occasion pour lui d’accomplir son ardent désir de vengeance. Mais d’après la prophétie, le combat entre Elysio et Dawan décidera du destin d’Alysia.

-Je comprends. Déclara tranquillement Elysio, à la plus grande surprise d’Elkyre. Alysia rencontre déjà trop de problèmes pour accueillir la guerre entre les mages et les sorciers. Je tuerais Dawan, oui, mais pas maintenant et pas dans le lieu de la prophétie.

-Tu n’abandonneras donc jamais. Fit Elkyre, l’œil rieur.

Mais celui-ci ne trembla pas à l’idée que le désir de vengeance de son frère ne s’était pas estompé. Puisqu’il n’allait pas tuer Dawan maintenant, son plan aura largement le temps pour se mettre en exécution.

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Mer 6 Fév - 19:42

Ils finirent de manger, beaucoup plus enthousiastes. Une fois rassasiés, ils ne se reposèrent pas et abandonnèrent la rivière. Ils traversèrent la lande sous un ciel gagnant en nuages, le pas pressé afin que la pluie ne les rattrape pas. Bientôt, les hautes herbes disparurent et laissèrent place à de l’herbe verdoyante décorée par des fleurs allant du bleu au rouge. Une magnifique prairie, encerclée d’une fine forêt s’offrit à leur regard.

-Je connais cet endroit…Marmonna Elysio.

A coté de lui, le visage d’Elkyre laissa paraitre la même émotion que son frère. De la nostalgie, de la surprise, de la tristesse…

-Je connais cet endroit ! Répéta Elysio, très haut cette fois.

Sur ce, il s’élança à toutes vitesses vers les bois.

-Elysio ! Cria Stivan. J’en ai marre, il n’arrête pas de prendre la fuite sans prévenir…

Sans prévenir, lui non plus, Elkyre se lança à la suite d’Elysio. Lorsqu’il passa près d’elle, Alyce put presque voir les larmes dans les yeux de son ami, prêtes à couler.

-Toi aussi, Elkyre ?! Réclama Stivan.

-Courrons nous aussi ! Ordonna Alyce. Ces arbres pourront nous protéger de la pluie.

Tous se lancèrent à leur suite, même Lyria qui, clopin-clopant, les suivait péniblement. Hiki lui vint en aide et la porta dans ses bras, presque sans effort.

Spoiler:
 
Une fois dans les bois, ils retrouvèrent Elysio et Elkyre. Tout deux étaient figés sur place devant ses arbres qui leur étaient si familiers. Ce sentier forestier qu’ils avaient tant de fois gravis… Ils n’osaient ne faire aucun pas. La peur leur tenaillait le ventre, la peur de ce qu’ils allaient voir devant eux, de ces souvenirs si heureux…en ruines…

Elysio regarda dans les yeux de son frère, pour la première fois depuis longtemps, brillants de larmes. Il sera toujours là, toujours là pour le protéger. La main d’Elkyre se serra à la sienne, chaude, réconfortante. Il n’avait plus peur…

Ensemble, main dans la main, les deux frères semblaient être retournés à leur enfance. Ils gravirent la dernière rangée d’arbre et firent face à tout ce qui restait de Darios. Des poutres noircies enduites de jeunes pousses, des arbres morts… c’était tout ce qui restait du village de leur enfance. Seules quelques maisons étaient presque intactes, leur toit lacuneux existant toujours. Au centre de tout ces débris, une multitude de tombeaux longeaient le sol terreux. Les deux frères ignoraient qui avaient enterré ces morts et quand ils l’avaient fait, mais du fond du cœur, ils les remercièrent.

Ne lâchant pas la main de son frère, Elkyre s’avança vers les tombes, deux tombes en particulier. Il s’agenouilla devant elles et sortit son épée.

-Elkyre…Qu’est-ce que… ? Demanda Elysio, la voix tremblante.

Il lui répondit par un léger sourire. Il savait ce qu’il faisait… Lentement, il se mit à griffonner sur la pancarte de bois qui marquait une des tombes. Aussitôt, Elysio put lire ce qu’il venait d’écrire : « Hérik». Elkyre se dirigea vers la tombe d’à coté, mais cette fois, ce fut Elysio qui s’empara de sa propre épée et écrit soigneusement le nom de sa mère : « Tania ».

Devant la tombe de leurs parents, les deux frères s’inclinèrent respectueusement. La pluie se mit enfin à tomber, se mêlant à leurs larmes. Le tonnerre faisait déjà rage… Mais, main dans la main, unis comme un seul, ils ne bougèrent pas.

Derrière eux, leurs amis les contemplaient. Ils avaient envie de pleurer avec eux… Leur union fraternelle était plus forte que tout celles qu’ils avaient vue jusqu’à présent. Si forte qu’ils préfèrent les laisser seuls se recueillir sur la tombe de leurs parents. Le groupe s’abrita dans une maison presque entière tandis qu’Elysio et Elkyre demeurèrent à leur place.

Ni la pluie, ni le tonnerre n’allait les empêcher de passer un dernier moment en compagnie de leurs parents.



Sans ne toucher à aucun mot, le groupe attendit la fin de la pluie, abritée sous des débris de maisons. Les deux frères les avaient rejoints. Elysio s’était accroupi dans un coin, endeuillé. Elkyre, lui, s’était posté devant la fenêtre, regardant devant lui sans jamais détourner le regard. Entre les gouttelettes qui coulaient sur le verre comme des larmes, ou alors, ce qu’il y avait derrière, on se demandait ce qu’il fixait avec tant d’insistance.

L’orage semblait durer une éternité. Si bien que les quatre autres avaient fini par sombrer dans le sommeil, tandis que les frères veillaient sur eux.

Lorsque le ciel s’ouvrit enfin, le soleil déclinant teintait le ciel de rouge. La pluie s’était réduite à de fines gouttelettes qui tombaient délicatement, par ci et par là. L’équipe pouvait continuer son périple sans craindre de finir trempé. Toujours silencieux, respectant ceux qui avaient été tués et ceux qui vivaient leur deuil, ils quittèrent Darios, le pas lent. Ils franchirent la fine forêt qui séparait le village de la prairie. Trop affligé, Elysio ne regarda pas derrière lui. Mais Elkyre le fit, une dernière fois. Ses yeux se posèrent sur les pousses qui tapissaient les restes de son village. Des cendres de l’ancienne, une nouvelle vie venait de commencer. Tel le phénix, Darios allait renaitre, sous forme de forêt abritant toutes sortes d’animaux sylvestre. La richesse du village de son enfance allait être restaurée… Mais il ne serra pas là pour y assister.

Elkyre se retourna et rejoint le reste du groupe de l’autre coté de la forêt. Sans regarder derrière son épaule.

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Ven 15 Fév - 23:59

Chapitre 18
Le regard vers l’avenir


Les rayons du soleil couchant donnaient à l’immense prairie un tout autre air. Baignée de lumière rougie, l’étendue d’herbe et de fleurs perdait de ses couleurs éblouissantes. L’équipe avançait pendant de longues heures dans cet univers monotone. Ils ne faisaient presque aucune pause. Juste pour se reposer quelques minutes ou pour penser la jambe de Lyria. Silencieux, aussi monotones que le paysage qui les entourait, le groupe évoquait un cortège funèbre avançant doucement, rongés par le deuil.
Une fois la prairie traversée, ils se retrouvèrent devant un pic recouvert d’une forêt à peine visible à cause des ténèbres de la nuit. C’était un parfait endroit pour établir leur camp.

-C’est la dernière forêt que l’on traversera. Informa Alyce. Nous trouverons la mer à l’autre bout.

A l’unisson, ils hochèrent la tête et s’engouffrèrent dans les bois sombres, le Cœur-de-Lazura pour seule lueur. Les sentiers étaient si fins, que les branches leur collaient aux vêtements, et ils trébuchaient à plusieurs reprises sur des racines ou des buissons. Elysio se remémorait, avec mépris, du jour où il avait été trompé par Elkyre lors d’une course de dravaux. Il s’était égaré en un lieu qui ressemblait beaucoup à celui-ci.

Des rires narquois retentirent soudain au dessus de leurs têtes. A l’unissons, ils levèrent tous le regard vers où ils venaient, espérant rencontrer des êtres humains. Mais tout ce qu’ils virent furent des petits yeux jaunes brillant dans la pénombre. Des silhouettes chétives mais élancées sautaient de branches en branches. A la surprise de tous, Alyce se mit à rire avec eux, mais encore plus fort.

-Mais qu’est qui te prends, t’es folle ?! Cria Stivan.

-Ce sont des Singiénas. Lui informa Alyce. Des créatures qui aiment rire quand les autres sont dans le pétrin. Ils nous laisserons tranquilles si ont rie plus fort qu’eux. (Elle se tourna vers le reste) Allez, riez avec moi !

Puis elle se mit à rire de plus belle, suivit par Stivan, amusé par l’idée et Hiki qui se forçait à rire, mais n’émettait qu’une sorte de ricanement bas et gêné. Les autres, c’est-à-dire Elysio, Elkyre et Lyria, restèrent sur place. Les uns à cause du deuil qu’ils portaient toujours et l’autre (qui fixait Alyce en levant un sourcil, l’air de s’interroger sur sa santé mentale) juste parce qu’elle n’avait pas la volonté de le faire.

Pas convaincus, les Singiénas ne bougèrent pas de leur place, ricanant toujours. Gênée par la situation, Alyce se baissa et cueillit par terre des graines toutes rondes.

-Alors on va passer au plan B.

La rouquine pris son élan et jeta les graines le plus loin possible. Les créatures glapirent puis se dirigèrent tous ensembles vers leur direction, faisant remuer toutes les branches sur leur passage.

-Ils en raffolent… Ajouta doucement Alyce.

Sans ajouter aucun commentaire sur ce qu’ils venaient de passer, le groupe continua à s’enfoncer dans la forêt. L’ambiance au sein de l’équipe était toujours aussi morne que lorsqu’ils avaient quitté Darios.

Enfin, ils trouvèrent une clairière propice pour s’installer. Ensembles, ils arrachèrent de la mousse à quelques arbres et en firent des lits assez confortables. Des fougères furent plantées à coté de chaque « lits » afin de les cacher aux autres animaux. Bercés par le hululement d’oiseaux nocturnes et le bruit grinçant des grillons, ils s’endormirent presque aussitôt, épuisés par les longues marches.


Un petit reniflement réveilla Alyce au beau milieu de la nuit. Un Singiéna tenant une graine ronde en ses petites pattes, observait la rouquine. Elle se leva brusquement pour le faire fuir et constata qu’elle était entourée de la graine que raffolait ces animaux. Une trainée de ces semences traversait toute la clairière et finissait son chemin à l’entrée d’un tunnel broussailleux. Un être humain en était l’auteur. Du regard, Alyce vérifia les lits. Comme elle l’avait imaginé, il en manquait un : Elkyre…

« Qu’est ce qu’il veut encore… » Grommela-t-elle.

Le Singiéna se mit à suivre la trainée, ramassant toutes les graines sur son passage. Alyce le suivit et traversa le tunnel avec l’animal. Arrivée à l’autre bout du tunnel, elle fut émerveillée par ce qu’elle trouva. Des arbres parfaitement alignés en arc de cercle entouraient un sol tapissé d’herbe fraiche. De l’herbe qui paraissait briller grâce à de sortes d’insectes qui s’y étaient logés, émettant une faible lueur. Mais ils n’étaient pas les seuls à éclairer les lieux. Le cercle d’arbres s’ouvrait sur le ciel parsemé d’étoiles. Les lunes l’éclairaient de leur douce lueur.

Excité, le petit Singiéna se précipita dans un arbre. Il mangea la grène au creux de la main d’Elkyre, assis sur une branche. Le jeune homme posa son regard sur la nouvelle venue, un léger sourire accroché aux lèvres.

-Ils ne fuient pas quand on rie, n’est-ce pas ?

-Non… La graine était vraiment la seule option.

-Pourquoi nous avoir menti, alors ?

Alyce soupira :

-Vous aviez l’air tous abattu…Je voulais trouver un moyen pour vous refaire sourire. Enfin… Pour une fois, tu as suivi nos lectures sur les animaux ! C’était évident que tu voulais en savoir plus sur ces animaux qui te ressemblent tant, en matière de sarcasme !

Elkyre jeta ses graines pour faire fuir la petite créature et d’un bond, descendit de l’arbre.

-Ce n’est pas faux. Mais ce n’est pas pour cela que cet animal a captivé mon attention. Ces créatures capables de reconnaitre les sentiments humains sont si fascinantes… (Il baissa les yeux sur les petits insectes) Et ce ne sont pas les seules ici.

Lorsqu’il leva le regard sur Alyce, un frisson agréable la parcourue soudain. Ses yeux étaient si tendres… Doucement, il posa ses mains sur les épaules de la rousse.

-Euh…A quoi bon toute cette… mise en scène… ? Bégaya-t-elle, nerveuse.

Avant qu’elle ne puisse ajouter autre chose, il la poussa. En poussant un cri à la fois surpris et colérique, elle tomba dans l’herbe qui amorti sa chute. Les insectes déployèrent leurs ailes et se mirent à tournoyer dans les airs, complètement désorientés. A son tour, Elkyre se laissa tomber aux cotés d’Alyce.

-A quoi tu joues encore, Elkyre ?! L’interrogea enfin Alyce. Si tu as l’air si en forme, surtout après ce que tu viens de passer, c’est que tu as encore quelque chose derrière la tête !

Spoiler:
 
Elkyre baissa les paupières.

-J’ai appris une seule chose pendant notre séjour à Pierycia : il faut faire table rase du passé et regarder en face. Me lamenter sur la mort de mes parents ne me permettra pas de les faire ressusciter, et les venger ne leur rendra pas service. Leur destin a pris fin… et il me faut suivre celui qui m’a été tracé, profiter de chaque secondes de ma vie…

Alyce observait Elkyre, les yeux écarquillés, surprise par ses paroles. Le jeune homme la fixa intensément, comme s’il la voyait pour la première fois.

-J’ai enfin ouvert les yeux, Alyce. A présent, j’ai enfin compris avec qui j’allais suivre ce destin.

Prise d’émotion par les mots d’Elkyre, Alyce essaya de se débattre. Elle ne voulait pas se laisser faire et tomber dans son piège une nouvelle fois.

-Bien joué, Elkyre ! Mais ce ne sont pas des belles paroles qui m’auront.

-Je suis sincère, Alyce ! Les yeux d’Elkyre, si calmes, se mirent soudain à jeter des éclairs. Je le reconnais, j’ai manipulé tes sentiments… Mais je jouais avec le feu ! En le faisant, j’ai trompé mon propre cœur… Je suis tombé dans mon propre piège.

Alyce n’avait jamais sentit autant de sincérité chez Elkyre. Il s’approcha d’elle de façon à ce que leurs visages se trouvent face à face.

-Je…je…ne te crois pas…

-Je ferais n’importe quoi pour que tu le comprennes !

Spoiler:
 
Il ferma les yeux. Ses lèvres s’approchèrent des siennes, comme au moment près de la cascade. Elle sentit son souffle, comme au moment près de la cascade… Mais tout était différent. Il l’embrassa tendrement, si amoureusement qu’Alyce ferma ses yeux à son tour. Que ce soit un jeu ou non, elle se laissa emporter.

Autour d’eux, les insectes se mirent à voltiger gaiement comme affectés par leur amour. Ceci n’était pas un jeu. Elle oublia l’Elkyre manipulateur. L’Elkyre calme, amical, intelligent était le seul qui existait. L’Elkyre dont elle était tombée amoureuse. Ce lien entre eux, qui s’était brisé petit à petit, se concrétisa enfin, plus puissant et solide que jamais.

Elkyre se rallongea sur le dos, sa main prenant celle d’Alyce. La rouquine lui sourit tendrement.

-Je l’ai compris, mon cher Elkyre.

Le jeune homme lui rendit son sourire.

-Merci… ma chère Alyce…

Ses paupières se fermèrent. Sa respiration ralentit de plus en plus, jusqu’à se stabiliser. Alyce s’allongea sur le torse de l’endormi et ensembles, ils s’abandonnèrent aux bras de Morphée.



Une infestation de Singienas réveilla le groupe au beau matin. Stivan fut le premier à crier. Epouvanté, il se mit à jeter des graines dans tout les sens. Les créatures ne réagirent pas, préférant le tas de semences déposé sur le lit d’Alyce. Amusés par leur embarras, les créatures se mirent à ricaner bruyamment. Malheureusement, à cause de leur grand nombre le bruit s’avéra insupportable.

Au milieu de cette pagaille, Elkyre les rejoint accompagné d’Alyce. Contrairement à la veille, la jeune femme avait l’air tout à fait confiante. De même pour le jeune homme. Mais lorsqu’ils se trouvèrent face à face à se désordre, leurs yeux s’agrandirent.

-Tu sais que tout ça est de a faute ! Lui reprocha Alyce. Hein, Elkyre ?!

Le blond ne lui répondit rien, sans bouger il fixait leur camp envahit par les Singiénas. Après une longue pose, un sourire se déposa lentement sur ses lèvres. Il gonfla ses poumons, puis à la grande surprise d’Alyce et du reste du groupe, il expulsa l’air sous forme d’un rire forcé, très sonore. Son accompagnante leva un sourcil : il avait l’air d’un parfait imbécile. Pourtant, le jeune homme savait très bien que les créatures ne fuiraient pas comme ça ! Mais rapidement, elle compris son jeu et rejoint aussitôt son rire forcé au sien.

Stivan et Hiki s’échangèrent un regard plein de questions puis rirent, tout deux, avec leurs amis. Il ne restait plus qu’Elysio et Lyria qui les regardaient comme s’ils venaient tous d’une autre planète. La vue des ruines de Darios avait profondément marqué Elysio. Mais à ce moment… A ce moment là il sentit autre chose prendre le dessus. Sa famille lui a été retirée, mais il n’était pas seul. Il ne sera jamais seul.

Finalement, Elysio se leva, les poings serrés. Il déploya sa gorge en un rire guttural, de loin, le plus sonore et le plus forcé de tous les rires. Lyria se sentait gênée au milieu de cette chorale de rires factices. Gênée à cause de leur aspect débile, mais aussi… gênée de ne pas rire avec eux, d’être intruse à leur jeu. Ne supportant plus ce sentiment, elle se força à sourire puis à émettre un ricanement relativement bas comparé à celui des autres.

Alertés par ce brouhaha, plus fort que le leur, quelques Singiénas prirent leurs jambes à leur coup. Les derniers qui restaient essayaient de surpasser le bruit en s’époumonant, mais le groupe gagnait de plus en plus en force. Même Lyria s’était forcée à rire plus haut.

Enfin, le dernier Singiéna prit la fuite, abandonnant ses réserves de graines. Une fois qu’il disparut dans l’ombre de la forêt, tout le groupe interrompit leur rire. Ils se regardèrent à tour de rôle, les yeux pleins de fierté. Ensemble, ils s’abandonnèrent à un nouvel éclat de rire collectif, mais cette fois, un rire sincère empli de joie de vivre. Grace à cette fausse information sur la crainte des Singiénas (qui avait fini par marcher), un rayon de soleil avait éclairé la nuit noire et endeuillée de leur âme. A présent, ils évoquaient un groupe d’enfants riant de bon cœur, portés par leur jeu.

A bout de souffle, ils ramassèrent leurs sacoches et se préparèrent à traverser le bout de chemin qui leur restait. Sous un nouveau jour, ils se mirent en route pour la dernière étape de leur périple : la traversée de l’océan.

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Ven 22 Fév - 17:15

Parcourir le reste de forêt fut une tache pénible pour la même cause que lors de leur arrivée. Mais la bonne humeur générale fit en sorte que le chemin soit moins rude. Cependant, elle n’empêcha pas les ronces de s’attacher à leurs vêtements.

Ce fut couvert de branches mortes qu’ils traversèrent les derniers arbres de la forêt. Ils firent enfin face à la mer. Tous étaient intrigués par cette étrange langue d’eau qui allait et revenait sur le sable, sauf Lyria. En effet, la demi-elfe se remémorait parfaitement de la mer elfique où elle ne cessait de courir sur la plage, en compagnie de son frère. Si bien que ce calme paysage la rendit nostalgique.

-Vous avez l’air perdu ! Vous v’lez quecque chose ?! Demanda une voix rocailleuse.

Un vieil homme surgit d’une cabane de bois se trouvant juste à coté du groupe. Sa barbe hirsute rehaussait l’air bourru et rustre de son visage. Stivan pris la parole :

-Euh… Vous n’auriez pas quelque chose à manger dans votre baraque ?

Alyce l’écarta délicatement en lui soufflant « Tu ne pense qu’a ton estomac, toi ! » Elle regarda la cabane. Pressées contre un mur, quelques dizaines de chaloupes étaient empilées. Satisfaite, elle s’adressa au vieillard en affichant un sourire aimable :

-Veuillez excuser le comportement de mon ami, monsieur. Nous désirions traverser la mer jusqu’à l’ile d’Erghyr. Le chemin n’est pas très long jusqu’à la bas, regardez.

Elle lui montra la carte et indiqua leur destination. Le vieil homme contempla longuement le parchemin en se grattant la barbe, puis la nuque. Il ferma les yeux et médita quelque temps, le marin semblait creuser dans sa mémoire à la recherche d’une information importante. Après une longue attente, il montra ses dents gâtées en un sourire moqueur.

-Vous v’lez que j’vous emmène dans c’coin paumé, c’est ça ? Mais vous avez une araignée au plafond ou quoi ? C’est l’temple de Nouvelle Lune et du beau monde n’est plus jamais rev’nu. Vous avez ‘tendu parler de Nouvelle Lune ?

Tous restaient figés sur place, sous l’effet de la révélation. Toutefois, Elkyre s’avança vers le marin.

-Nous sommes un groupe de jeunes étudiants de la grande école d’histoire de Larbos.

-Euh…hmmm… Le lycée Larbostory ?

-Oui, monsieur ! Et nous souhaitons analyser cet étrange temple afin de nous approfondir dans nos études, si vous voyez ce que je veux dire.

Le vieil homme éclata de rire, son haleine était aussi putride que les poissons dont il devait se nourrir.

-Vous’êtes fous, vous les historiens ! Prêts à mourir pour n’importe quoi ! Pfff…

-Oui ! Nous sommes prêts à mourir pour accroitre notre savoir ! Affirma Alyce.

-Les morts n’ont plus b’soin d’savoir…

Une main appuyée sur le dos, le marin déambula vers la cabane. Il fit appel à trois hommes assez forts d’épaule. Ils s’exécutèrent aussitôt et sortirent trois bateaux du tas.

-Les morts n’ont plus b’soin d’argent, non plus. Donc 10 kishus chacun !

Ils payèrent avec le peu que leur avait donné la brigade mauve, avant leur départ. Hiki ne fut pas un problème grâce à l’excuse d’Elkyre. Le jeune homme l’avait fait passer pour un lycanthrope apprivoisé, objet de leurs recherches. Les marins n’eurent aucun mal à être convaincus, ils avaient l’air d’être habitués aux bizarreries des historiens. Beaucoup ont été leurs clients, surement.

La nuit tombée, la surface lisse de l’océan reflétait les étoiles. Les trois chaloupes semblaient flotter dans un deuxième ciel. Le groupe fut impressionné par ce paysage, si nouveau, qui les entourait. Mais aussi par l’endurance des trois hommes qui tenaient les rames. La journée entière s’était déjà écoulée sans qu’ils ne montrent aucun signe de fatigue. Intriguée, Alyce se renseigna auprès du vieillard, situé dans la même chaloupe qu’elle.

-Mes r’jetons sont incroyables. Tu sais pourquoi ? Ils ont du sang d’mage dans les veines et ça leur a procuré un don : ne jamais prendre un coup d’barre. P’t’ête que c’est grâce à leur sang d’mage que le temple de Nouvelle Lune leur a t’jours rien fait.

-Nous avons presque tous un don, ici. L’un sait ressentir les dangers, l’autre est télépathe par le biais du rêve, l’une sait calmer les autres par un simple toucher et moi…j’ai une bonne mémoire.

-Ah ! Donc vos chances d’survie sont plus grandes, alors. Ça devrait être rassurant pour vous. Quant à ceux qui n’ont pas d’pouvoirs… Bah, j’suis désolé, ils vont crever.



Dans une chaloupe plus lointaine, Elysio scrutait l’océan. Il aurait voulu s’émerveiller comme ses amis, mais les mots de la prophétie ne cessaient de tourner en boucle en son esprit.

En le lieu ou les quatre grands se fondent
Le troisième et son prochain s’affronteront

Donc Dawan l’attendait vraiment là-bas, et il était lui aussi un mage absolu. Cela s’emboitait parfaitement à l’histoire que racontait sa mère. Le troisième mage absolu était inconnu de tous, personne n’en savait à son sujet. Mais au même temps, tout ceci était peu crédible : comment pouvait-il exister alors que la naissance d’un nouveau mage absolu suivait la mort de l’ancien ?

De l’autre coté de l’embarcation, Stivan contemplait lui aussi les alentours. Etrangement, son visage était grave, ce qui n’allait pas du tout au jeune homme. Intrigué, Elysio s’approcha de lui :

-Qu’est-ce qui ne va pas ?

Il se força à sourire et détourna le sujet :

-Je me demande comment les lycanthropes vont réussir à nous suivre, maintenant.

-Arrête de te moquer de moi, comme le fait si bien Elkyre ! Raconte-moi la vérité, Stivan !

- On ne peut rien te cacher, toi…

Stivan souffla puis enchaina, la voix morne.

-A Darios, toi et Elkyre, vous étiez si unis tout les deux… Vous êtes des jumeaux n’est ce pas ? On avait l’impression que vous étiez la même personne à ce moment là. Et…vous aviez l’air d’avoir tant aimé vos parents…

-On les aimait plus que tout… Tu es triste à cause de ta mémoire, n’est-ce pas ?

-Ouais, t’as pigé. A chaque fois que je vous vois tout les deux, endeuillé par la mort de vos parents, je n’ai pas tout simplement pitié de vous. Je vous envie aussi.

-Tu n’as pas à nous envier, Stivan. (La voix d’Elysio se fit plus rassurante) Plutôt que de les voir mourir devant mes yeux, j’aurais préféré ne jamais les avoir connus.

-Pour moi c’est le contraire. A cause de ma mémoire, ma vie est plate comme si elle a été écrasée par un gros girawa. Je n’ai pas connu de terrible passé, certes, mais je n’ai pas eu de passé heureux non plus.

Elysio pausa une main sur l’épaule de son ami, un sourire apaisant sur les lèvres.

-Ne t’inquiète pas, Stivan. Il faut oublier le passé et regarder vers l’avenir. C’est toi-même qui me l’avais fait dire, non ?

Il essayait de se convaincre lui-même, sans succès. Mais son objectif fut atteint : le visage de Stivan s’illumina, comme à l’accoutumée.

Le rameur infatigable lâcha ses rames. Il fouilla dans la soute de la chaloupe et en sorti un paquet de biscuits secs. L’homme les tendit à ses deux hôtes. Sans rien dire, il les secoua pour les appeler. Elysio et Stivan n’avaient presque pas remarqué son appel, mais affamés par leur voyage, ils dégustèrent les biscuits. Même s’ils n’étaient pas si savoureux que ça…

Le groupe eut du mal à s’endormir sur le bois dur et craquelé de leurs embarcations, mais ils furent aidés par leur lente cadence, évoquant celle d’un lit à bascule



-Bienv’nus à l’île d’Erghyr, lycéens de Larbostory !

Les barques s’étaient accostées contre une plage de sable blanc. L’ile revêtait une forêt verdoyante d’où émergeaient d’énormes rochets pointus. Le groupe espérait en leur plus fort intérieur qu’ils n’auraient pas à grimper ces hauteurs. Leurs pieds s’enfoncèrent dans le sable doux et chaud. Contrairement à la plage qu’ils avaient quittée, ce sable ne s’humidifiait pas au passage des vagues. Un silence anormal planait dans l’ile. Pas un chant d’oiseau, pas une plainte d’animal sauvage et (le plus étrange) pas un souffle de vent. Erghyr retenait sa respiration.

-Bonne chance, les cocos ! Souhaita le vieux marin. Si Nouvelle-Lune n’vous bouffe pas, votre monstre le f’ra à sa place !

En un crissement, les chaloupes quittèrent la berge. Elles s’éloignèrent rapidement, tandis que le vieillard secouait le bras en signe d’adieu. Bientôt, elles disparurent dans le brouillard qui encerclait l’ile d’Erghyr.

L’anormal silence était pesant. Bien qu’ils se réduisent à la même quiétude, la tension des six personnes était palpable. Alyce posa sur Stivan un regard plein d’appréhension. Les explications du marin avaient éveillé son inquiétude pour le jeune homme. Pendant toute la traversée, elle s’était creusé la tête pour trouver un moyen d’emmener son ami avec eux, sans rien trouver…

-Stivan, le vieux monsieur m’a raconté quelque chose à propos du temple. Commença-t-elle en essayant de masquer ses craintes.

-Je t’écoute.

-Seuls ceux qui ont des pouvoirs peuvent entrer et tu es le seul qui n’en possède pas… J’ai peur qu’il t’arrive quelque chose, Stivan.

Stivan baissa la tête en fronçant les sourcils.

-Non… Si je me suis cassé la tête en faisant tout ce chemin avec vous, c’est que je dois vous suivre jusqu’à la fin.

- Tu ne sais pas ce qu’il peut t’arriver ! Peut-être qu…

-…J’ai un plan…

-En quoi consiste-t-il ?

Son ami releva le visage. Ses yeux bruns étaient emplis de sa plus grande détermination.

- Faites-moi confiance, s’il vous plait !

Alyce consulta ses amis du regard. Tous approuvait le choix de Stivan, personne n’avaient vu autant de sureté chez lui.

-Et moi, alors ?

Elysio scrutait le visage de ses compagnons à la recherche de réponses. Surtout celui de son frère. Ce dernier soupira. Se massant les tempes, il se questionna intérieurement et ses lèvres marmonnaient des paroles incompréhensibles. Finalement, il s’approcha d’Elysio.

-Tu es l’élu de Nouvelle-Lune, petit frère. Je suppose que tu es le seul à pouvoir nous guider vers ce temple. L’ile est si vaste…

Malgré quelques protestations venant des autres, Elysio fini par les accompagner dans la recherche du temple. Pendant leur marche, le visage d’Elkyre ne montrait aucune émotion, à par peut être ses sourcils légèrement froncés.

Du cœur divin sont nés les êtres suprêmes
Aillant chacun un destin gravé sur leur emblème…


Les yeux d’Elysio s’écarquillèrent. Une fine voix féminine chantait. Les paroles de cette douce mélodie lui étaient d’abord incompréhensibles, mais bientôt elles s’avérèrent être la prophétie de Nouvelle-Lune.

-C’est par là ! Avertit-il aux autres en avançant vers le lieu où il avait entendu le couplet.

…Le premier empreint de bravoure et de loyauté
Pour ses amis est obligé de se sacrifier
Cédant son objectif à son prochain…

Le son de la voix augmentait… de plus en plus envoutant. Comment une aussi belle mélodie pouvait enfermer de si terribles paroles ?

…Le second fier et puissant
Courre à sa fin par les héros d’antan
Cédant son objectif à son prochain…

Son cœur bondissait dans sa poitrine. Le couplet qui parlait de lui et de Dawan allait venir juste après celui-ci. Sous ses vêtements, son symbole brillait de mille feus. Tant qu’il se faisait voir par-dessus sa chemise.

…En le lieu ou les quatre grands se fondent
Le troisième et son prochain s’affronteront
Mais dans leur bataille furibonde
Le légitime élu et son guide s’éteindront…

Le ton de la voix s’était fait plus grave, plus mélancolique, comme à la venue de l’élément perturbateur dans un conte pour enfant. Les arbres s’écartèrent de leur chemin. Des ruines étaient ce que le groupe espérait voir. Le temple devant leurs yeux était intact, même après avoir traversé des millénaires. Toujours aussi riche, resplendissant, éclairé par un soleil radieux… Mais un autre astre côtoyait le soleil. Sa partie éclairée était si fine qu’il évoquait un sourire aux lèvres mauves.

Nouvelle-Lune…

…L’âme magique au cœur sera offerte
Menant l’être inférieur à sa perte
Seule la déesse et le suborné
Pourront à Alysia lui céder sa destiné.


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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Dim 7 Avr - 21:43

Chapitre 19
Nouvelle-Lune


Les pierres pâles, constituant les mûrs, luisaient sous les rayons du soleil. Des statues et des colonnes, bordées de frises (que le groupe pu voir en s’approchant), témoignaient des moments où Alysia était gouvernée par les dieux. Epoque qui remontait à des millénaires. Mais pourtant, le temple était là, ses murs intacts. L’absence du vent, du chant des oiseaux… le temple intact… Tout prouvait que le temps s’était arrêté sur l’ile d’Erghyr.

L’ambiance détendu qui régnait au sein du groupe s’était dissipée. Surtout pour Elkyre et Alyce. L’un jetait à son frère un regard plein d’appréhension, par peur qu’il fasse une bêtise en rencontrant Dawan. L’autre regardait Stivan du coin de l’œil, en se demandant en quoi consistait son plan. Celle-ci eu une réponse immédiate, mais énigmatique : lorsqu’ils franchirent l’entrée du temple, tous entrèrent sans problème, et Stivan ne fit pas exception. Illico, elle voulut lui demander une explication, mais ne risqua pas. Le visage de son ami s’assombrissait d’avantage.

Le monument principal s’agissait d’un bâtiment arrondit, surmonté par un énorme dôme. Ce fut d’un pas craintif qu’ils entrèrent dans la gueule béante de l’entrée. L’illumination ne fut pas un problème : la lueur violacée de la lune passait à travers l’ouverture, comme si elle voulait illuminer leur chemin. Sur les murs, d’autres frises se déroulaient tout au long du couloir, celles-ci racontant la naissance de Nouvelle-Lune et son ascension vers les dieux.

« Pleine-Lune, la demi déesse qui a fait disparaitre tous les mages et sorciers a été récompensée de ses exploits et a été acceptée parmi les dieux d’Alysia, elle est devenue la déesse de la lune, première lune d’Alysia. Mais elle avait une cousine, une demi-déesse le fruit d’Aube la déesse de la création et d’un humain mortel, son nom est Nouvelle-Lune. Elle était jalouse de l’exploit qu’avait fait sa cousine et jalouse du fait qu’elle soit devenue une déesse, de plus, les mages et les sorciers étaient la création de sa mère. Pour se venger, elle fit revenir les mages, mais ses pouvoirs étaient affaiblis par le temps et elle n’a réussi qu’à donner un faible pouvoir à chaque mage. »

Avec attention, Elysio examinait chacun des symboles et dessins. Ils s’emboitaient parfaitement avec ce que sa mère lui avait raconté. Tandis qu’Elkyre et Alyce les décryptaient, fascinés.

« Ayant envie de devenir une déesse, Nouvelle-Lune a été soumise à plusieurs épreuves pour montrer qu’elle était digne d’en devenir une. La demi-déesse les a réussi sans peine et eut sa place parmi les dieux. Elle est devenue la déesse de la deuxième lune d’Alysia et dès lors, deux lunes tournent autour de notre monde. Mais, il y a des millénaires, quand les dieux ont quitté Alysia, Nouvelle-Lune a laissé son cœur sur la planète depuis, quatre mages absolus ont vu le jour, tous descendant des quatre Grandes Familles. »

Au fur et à mesure qu’ils avançaient dans le couloir, une lueur vint s’ajouter à celle de la lune. Une lumière de même couleur, mais celui-ci clignait lentement au rythme d’un battement de cœur. Curieux de savoir de quoi il s’agissait, le groupe redoubla un peu plus l’allure.

Le couloir déboucha sur une énorme pièce circulaire, surmonté par une voute. En son centre trônait un petit globe. La roche qui l’entourait se craquelait, des fissures s’ouvraient sur une sphère lumineuse, aussi mauve que la deuxième lune d’Alysia. Cette sphère était la source de la lumière vacillante qui illuminait la salle.

-Le cœur de Nouvelle-Lune… Devina Elkyre, le visage impassible. L’on dit qu’il bat au même temps que celui de son élu.

Surpris, Elysio vérifia : son frère avait bien raison. Le groupe s’éloigna du cœur pour aller explorer le reste de la salle. Quatre statues s’érigeaient contre les murs. L’une, une belle femme en armure, l’autre un homme musclé au visage anguleux. « Jadylina et Oreck… » Devina Elysio. Aux pieds de chacun se trouvait une porte, ornée de motifs aux couleurs de leurs familles.

La lueur de la salle se mit à cligner plus vite. La troisième statue représentait Dawan, droit, imposant, comme il l’avait toujours connu. Et la quatrième le fit sourire. Ses cheveux détachés couraient le long de son corps. Sur son torse à découvert était gravé le symbole qu’il avait depuis sa naissance. Ce symbole qu’il avait appris à détester… et à aimer. Le regard du jeune homme se promena sur les autres statues : chacune avaient un signe, tous différents, certes.

Du cœur divin sont nés les êtres suprêmes
Aillant chacun un destin gravé sur leur emblème…

Comme le disait la prophétie, les emblèmes variaient-ils en fonction du destin qui leur était tracé ? Si oui, se venger de Dawan était-il réellement le sien ?

-Stiv…Stivan… ça va ? Bégaya Alyce, le tirant de ses pensées.

Elysio fit volte-face. Le jeune homme se tordait au sol, les mains collées aux tempes. Le groupe entier l’entourait, ne sachant que faire. Serait-ce le temple qui lui infligeait ce mal à cause de son manque de pouvoir ? Son plan avait-il échoué ? Néanmoins, tout ce qui sortit de sa bouche furent des gémissements étouffés :

-Non ! Pas maintenant ! Criait-il.

Affolé, Elysio vint rejoindre le groupe. Il fut accueillit par des regards qui reflétaient ce qu’il ressentait. L’état de Stivan s’empirait, son souffle court s’entrecoupait par des cris rauques.

-Sortons-le d’ici ! S’époumona Alyce. Il…

-…Non ! La coupa Stivan.

Tous les yeux se baissèrent à nouveau sur lui. Des poils gris se mirent à jaillirent de ses pores, comme de l’herbe. Ses ongles se changèrent en longues griffes, semblables à celles d’Hiki. Sous ses mains, ses oreilles s’allongèrent, un museau aux dents acérées lui poussa brusquement au visage. Pris de convulsions, il poussa un hurlement de fauve. Stivan avait disparut. A sa place, un lycanthrope au pelage gris haletait, gisant au sol.

-Nouvelle-Lune l’a transformé en loup-garou sans le faire passer par le rituel ! S’exclama Hiki.

-Tu fais erreur petit traitre ! Ricana une voix rauque. Il a repris sa forme originale !

Elysio s’attendit à voir Dawan, mais sa voix ne lui appartenait pas. Un grand lycanthrope blanc s’appuyait à la porte près de la statue de Dawan, accompagné de ses acolytes, dont un loup-garou orné de bijoux. Hiki n’eut aucun mal à reconnaitre Huck et Shan, deux soldats bien gradés de la meute, présents au moment de la défaite des rebelles. Les yeux vairons pétillants de malice, Huck sorti sa large épée de son pommeau et menaça le groupe de sa lame.

-Vous ! Sortez de mon chemin !

Les concernés imitèrent leur ennemi, chacun empoignant leur propre arme. Aucun d’eux n’était décidé à abandonner leur ami, même si celui-ci avait caché son identité de lycanthrope. Tout jeune, il avait perdu la mémoire donc il se pouvait qu’il l’avait oublié. La résidait le seul espoir. Le seul espoir que leur ami ne les avait pas trahis.

-Bande d’imbéciles ! Grogna Huck. Allez, mon fils, lève-toi.

Ils se tournèrent vers Stivan espérant déceler une parcelle de surprise dans son regard. Néanmoins, son visage de loup ne montra aucune expression. Il obéit à Huck.

-Oui, père. Dit-il tel un soldat obéissant aux ordres de son supérieur.

Trop perplexe pour le retenir, les autres le laissèrent marcher vers son père, d’un pas désincarné.

-Traitre ! Cracha Lyria.

En entendant ces paroles, le pelage de Stivan s’hérissa, tandis que le « sourire » de son père s’agrandissait de plus en plus sur ses babines. Sans un mot dire, son rejeton se plaça à coté de lui, tête baissée, oreilles couchées en arrière. Huck éclata d’un rire tonitruant, puis mima la voix de Stivan :

-« J’ai perdu la mémoire ! Je n’ai jamais connu mes parents ! » Bien joué mon fils…

Elysio serra le pommeau de Vylia. Déjà indigné par cette trahison, les sarcasmes de Huck ne firent qu’accroitre sa rage. Cette colère se lisait dans les prunelles des autres, mêmes dans celles d’Elkyre, d’habitude si sereines. Sauf Alyce. Le visage de celle-ci était figé sur expression d’intense tristesse et de contrariété. De tous, la jeune femme était celle qui l’avait connu le plus longtemps.

-Donc…le traitre qui donnait des informations à la Meute…c’était toi ? Marmonna-t-elle. Répond-moi Stivan.

Le lycanthrope ne la regarda pas, mais hocha la tête en guise de réponse. Huck posa une main sur son épaule :

-Rassurez-vous, mon fils a été plus utile que ça. Autrefois, nous étions deux mages au sein d’un village de stupides nomagicus. Trop apeurés, ceux-ci nous ont livrés tout les deux à Dawan afin d’être épargnés. Mon maitre à été fasciné par nos pouvoirs respectifs : moi, je suis capable de faire qu’une transformation soit définitive. Pouvoir inutile à première vue, mais pas pour mon maitre. Et mon fils, capable d’annuler le pouvoir d’autrui, quand il le souhaite.

Le loup-garou pâle fit un clin d’œil à Elkyre. Le blond compris à quoi il faisait allusion : si Stivan ne possédait pas ce pouvoir, il aurait pu ressentir le danger qu’il représentait.

-Et moi… J’ai pu faire mon fils garder longtemps sa forme humaine ! N’est-ce pas ingénieux ? Nous avons été faits pour être les espions de Dawan !

-Les chiens de Dawan ! Vociféra Elysio en s’éloignant des autres. C’est tout ce que vous êtes ! Stivan, comment as-tu pu faire une chose pareille ?!

-Ne m’appelle pas comme ça ! Grogna Stivan. Ricko… Mon vrai nom est Ricko !

Sous le choc, le jeune homme desserra son étreinte sur son arme. Tout était clair, Stivan n’avait jamais existé, tout était qu’illusion. Donc Dawan arrivait jusqu’à là… Jusqu’à faire croire à une fausse amitié. Ses yeux se levèrent sur la statue de l’homme qu’il méprisait. Il les regardait de haut. Un sourire sculpté sur ses lèvres de pierre, il semblait se réjouir de la scène.

-Assez parlé ! Grommela Huck, en se tournant vers les autres lycanthropes. Finissons-en !

Poussant des grognements satisfaits, les bêtes dégainèrent leurs armes, prêts à attaquer. Plus que cinq, l’équipe se regroupa, prêts à l’assaut. C’est alors que le cœur de Nouvelle-Lune se mit à diffuser une lueur continue, si éblouissante que les loups-garous reculèrent, couvrant leurs yeux.

-Je ne veux pas que mon temple soit salit de sang inutile ! Trôna une voix d’enfant.

Brusquement, le temple se retrouva dans le noir. Tandis que les lycanthropes couinaient comme des chiots apeurés, le groupe essaya de garder leur calme, malgré le poids de la trahison. C’est alors que raisonna un bruit sec, semblable à un claquement de doigts. En conséquence, les torches encastrées aux murs s’embrasèrent et éclairèrent une enfant. Une étrange petite fille aux cheveux mauves qui se tenait à la place de la sphère craquelée. Sur son visage, rond comme une lune, régnait une expression à la fois sage et malicieuse, loin d’être propre à son âge. Ses grands yeux, de la même couleur que ses cheveux, brillaient comme la lune sur laquelle elle régnait.

L’enfant se mit à tourner sur elle-même. Sa robe à dentelles se mit à gonfler autour d’elle. Dans sa petite danse, la petite fille chanta joyeusement les vers de sa prophétie. Figés de stupeur, tous ceux qui se trouvaient dans la salle ne quittaient pas Nouvelle-Lune du regard. Sauf Shan qui s’inclina comme de l’herbe au vent. La déesse mit fin à sa danse et baissa les paupières à la vue du lycanthrope.

-Je suppose que mon enveloppe corporelle vous laisse sans voix. Néanmoins, c’est tout ce que je peux faire tant que ma lune n’est qu’un croissant. (Elle regarda Elysio) J’espère que la lune serra pleine lorsque tu me reverras, mage absolu.

Cet étrange regard mauve transperçait le jeune homme, comme une épée, l’obligeant à rester figé. Derrière-lui, Lyria éleva la voix :

-Nouvelle-Lune ? Comment est-ce possible ? Les dieux ont quitté Alysia depuis des millénaires !

A son plus grand soulagement, les yeux de Nouvelle-Lune quittèrent Elysio pour aller se poser sur Lyria. Ce fut au tour de la demi-elfe de se figer sur place.

-Les dieux ont quitté Alysia, mais pas les lunes…

La voix de Nouvelle-Lune se brisa, comme si elle était affectée par un mauvais souvenir. Ironique de la part d’une déesse qui était censée ne plus avoir de sentiment. Peut-être que pendant son ascension parmi les dieux, elle avait gardé la part humaine présente en elle. Si elle n’était pas à l’origine de tout ses maux, Elysio aurait ressentit de la pitié pour elle.

Nouvelle-Lune s’approcha de Shan, le museau du lycanthrope embrassait presque le sol. Les pas dansant de la déesse montrait que, finalement, elle était très à l’aise dans ce corps d’enfant. Une fois près du lycanthrope, elle lui caressa la tête comme une petite fille l’aurait fait avec son animal de compagnie.

-Merci Shan. Tu as su te montrer fidèle à ta vraie maitresse.

Les babines retroussées, Huck cracha :

-Comment ça « ta vraie maitresse » ?

Lentement, un sourire s’esquissa sur les lèvres de la déesse. Semblable à celui que leur arborait la lune à l’entrée du temple. Le lycanthrope blanc insista, claquant des dents. Son fils contemplait la scène de ses grands yeux ronds, la seule chose qu’il restait du jeune homme d’autrefois. D’un mouvement vif, les yeux de Nouvelle-Lune se dirigèrent vers chacune des portes de la salle. Une barrière de métal s’abattit devant chacune d’elle, dans un bruit assourdissant. Sans prêter attention aux plaintes, la déesse s’empara du bras d’Elysio. Au contact de sa main, le jeune homme ne put se détacher d’elle. Leurs corps étaient comme deux aimants s’attirant mutuellement. Avant que sa bouche ne dise quoi que ce soit, d’un regard, Nouvelle-Lune l’induit au silence.

A ce moment, une brume épaisse voila ses sens… Ce bras, que la déesse tenait si fermement, était-il le siens ? Ces jambes qui l’emmenaient vers le centre de la pièce soutenaient-elles son corps ? Ses yeux, aussi lourd que des pierres, ne surent où se fixer autre-part que sur ce bras gonflé de jeunesse et ces petites jambes agiles, voltigeant presque, à moitié occultés par sa robe flottante. Sans le vouloir, son esprit jouait à essayer de contrôler les membres de la petite fille, comme s’ils faisaient parti de lui. Ce qui n’était pas tout à fait faux. Ses sens disparaissaient, comme s’ils étaient essence à ce corps qui se battait pour rester sur Alysia. Qu’en était-il de son âme ? Des voix inconnues, murmures presque inaudibles, parvinrent à passer dans les dernières parcelles de son ouïe. Le jeune homme les remercia en secret. Ces voix hurlaient son nom. Sans elles, il aurait oublié qui il était vraiment…

Les derniers lambeaux de ses sens se volatilisaient. Un flot glacé l’inonda. Flot pollué amenant avec lui rancœur, envie, colère, haine, ainsi qu’un énorme bloc de jalousie. Mais aussi de la nostalgie et un immense amour pour une mère lointaine. Régit par ce courant, le corps du jeune homme se laissa entrainer par son autre moitié. Avant de sentir ce flot le quitter et sombrer dans l’ombre, il ne sentit qu’une pulsation. Deux cœurs battant à l’unisson, puis tout s’éteint.

Il était l’entité qui reliait la déesse sur Alysia. Plus que jamais, il était le mage absolu, élu de Nouvelle-Lune créé pour accomplir ses désirs sur la planète.

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Lun 22 Avr - 17:07

Les sens d’Elysio revinrent petit à petit. Un étrange effluve de calcaire vint lui coller aux narines, le prenant à la gorge au passage. Etouffé, il toussota sans que sa propre toux lui parvienne jusqu’aux oreilles. Le jeune homme plaqua ses mains sur le sol afin de se relever, sans sentir sa texture. Mais ses forces n’étaient pas toutes revenues, ni ses paupières avaient la force de s’ouvrir, donc il s’écroula immédiatement sur la surface dure (qu’il ressentit très bien, cette fois…) De l’air, aussi froid et stable que la glace, lui effleurait la peau, accompagné de petites gouttes qui le faisaient frissonner à chaque contact. Bientôt il put entendre leur régulier clapotis, raisonnant autour de lui comme s’il se trouvait dans une grotte. De plus en plus, Elysio se rendait compte qu’il n’était plus dans la même salle où il avait quitté ses amis.

« Où suis-je atterri ? » Se demanda-t-il. « Arg ! Si seulement je pouvais faire usage de mes yeux ! »

-Les êtres humains sont incorrigibles ! Grommela une certaine petite voix enfantine. Il faut toujours qu’ils se fient à leur vue !

Elysio ne fut pas étonné qu’elle puisse lire dans ses pensées. Après tout, elle était une déesse liée à lui. Il parvint à se relever et, embêté, il tourna son visage en direction de la voix. En espérant ne pas s’être trompé, il lui rétorqua :

-Et les dieux ?! A quoi ils se fient, alors ?

La déesse marqua une courte pause avant de lui répondre d’une voix chantante :

-Nous ne savons pas sentir, nous ne savons pas entendre, nous ne savons pas voir… Nous ne savons que ressentir.

Elysio parvint enfin à ouvrir les yeux, mais la brume blanchâtre les enveloppait toujours. Afin de ne pas paraitre un idiot, remuant les yeux dans tous les sens sans rien voir, il préféra les refermer. Il était confus par sa situation et les étranges explications de Nouvelle-Lune. Mais peu importait. Ces amis s’étaient-ils débarrassés de Huck et ses sbires ? Avaient-ils trouvé Le Mur ? Avaient-ils donné une leçon à ce traitre de Stiv… Ricko ? Etaient-ils en sécurité ? Toutes ces questions se bousculaient dans sa tête. Il fallait absolument qu’il sorte de cet endroit, et au plus vite ! Cependant des petits pas rapides s’approchèrent de lui et il ressentit à nouveau le contact de la main de Nouvelle-Lune. Une nouvelle fois, tous ses sens s’estompèrent en un clin d’œil.

-Je vous en pris arrêtez ! Hurla-t-il.

« Tu vois ? C’est comme ça que nous nous sentions, nous les dieux. »

La voix de Nouvelle-Lune n’était plus celle d’une enfant, mais celle d’une femme. Il ne l’entendait plus par ses oreilles, mais dans son âme, comme lorsqu’il ressentait la présence de Lazura. Sans ses sens, il se sentait flotter au dessus du sol, au dessus de tout…

« Les humains sont des être emplis de fausseté que ce soit dans leur apparence ou dans leurs paroles. Je fus victime de ces monstres masqués lorsque j’étais soumise à ma condition de demi-déesse. »

Soudain, Elysio ressentit une étrange vague de sentiments et sensations se mêler aux siennes. Une âme troublée de tristesse et de pitié vint à la rencontre de son cœur. L’aura de la déesse… Elle était si puissante face à la sienne, qu’il la sentait se faire écraser. Elysio sentait également de la souffrance dans l’âme de Nouvelle-Lune, certainement provoquée par les hommes. Mais pourquoi ne décelait-t-il aucune haine ? Pourquoi la pitié la remplaçait ?

« Je fus si jalouse de voir ma cousine quitter ce pitoyable monde… Mais si heureuse d’avoir pu la rejoindre et obtenir le pouvoir de lire leur âme ! Et ainsi, ne plus être aveuglée par les apparences… »

La joie de la déesse se fit remplacer par une immense nostalgie, la même qu’il avait sentit lorsque la déesse l’avait agrippé pour la première fois. Un visage apparut, dans sa tête, comme lorsqu’il fermait les yeux pour penser. Un visage inhumain dont les seuls traits étaient deux yeux rouges, brillants comme des phares. La voix de Nouvelle-Lune, pleine de tendresse et chagrin résonna en lui.

« Mère… Je rétablirais les merveilles auxquelles tu as donné naissance… »

« Aube, la déesse de la création… » Se dit-il. « Des merveilles… elle parle surement des mages… »

« …Et des sorciers aussi ! » Le coupa Nouvelle-Lune. « Les sorciers étaient peut être malfaisants, mais au moins, ils montraient leur vrai visage. Aucun sorcier n’a fait preuve d’hypocrisie et ma mère s’est bien assurée de ce point lorsqu’elle leur a donné naissance. Après tout, le bien ne peut exister sans le mal… Les mages et les sorciers étaient les êtres parfaits… Des dieux sur terre… »

« Mais tout cela s’est fini en guerre ! »

Nouvelle-Lune ne répondit à son offensive. Sans demander son reste, l’aura de la déesse quitta la sienne comme emportée par la brise. Un vide se creusa soudainement en lui. Il se sentait seul, terriblement seul… sans vue, sans ouïe, sans toucher… comme s’il s’était réduit à un cadavre abandonné. Mais la voix de Nouvelle-Lune revint. Jamais il n’aurait cru qu’elle l’apaiserait tant…

« Concentre-toi et devine où nous sommes »

« Mais comment puis-je le savoir ? Je ne peux… »

« …Ressent… Comme un dieu. »

Elysio s’apprêta à réunir les informations qu’il avait récoltées avant de reperdre ses sens, mais il n’y parvint pas, comme si un mur s’était dressé devant elles. Comme ça, Nouvelle-Lune avait le pouvoir de bloquer son esprit… Il n’avait plus d’autre choix que de suivre ce qu’elle disait, alors…

Le jeune homme se concentra comme lorsqu’il faisait usage de ses pouvoirs. Un sentiment de nostalgie et de sérénité naquit dans son âme… Il se trouvait à proximité de quelqu’un de proche. Elkyre ? Mes parents ? Mais haine et déception vinrent se mêler à ce sentiment premier. Lazura… En effet, Elysio ne pardonnerait jamais son ancêtre pour l’avoir pourchassé ainsi, mettant ses amis en danger avec. A présent il la sentait proche, mais loin à la fois… Son aura ressemblait à de la peinture s’estompant lentement avec le temps. S’il gardait cette idée en tête, la frayeur qu’il ressentait en arrière plan ressemblerait à une tache laissée il y a des millénaires… Le jeune homme se concentra sur cette frayeur, tel une loupe faisant la tache s’amplifier, la terreur grandit soudainement. C’est alors qu’il ressentit la souffrance de plus d’un millier de personnes, des cris d’agonie, des pleurs…

« Le royaume des Lazuriens ! La salle où ils ont tous été tués ! »

Sa satisfaction fut de courte durée. Il se remémora de ce qu’avait fait Lazura : ranimer toutes ces victimes afin de l’éliminer. Elle le croyait faible. Assez faible pour renoncer à attaquer sa propre famille ! La haine envahissait son âme, il la sentait comme une coulée de lave traversant ses entrailles, brulant tout sur son passage. L’image de Dawan apparut dans son esprit, plus clairement qu’Aube, souriant, satisfait de sa souffrance. Il le haïssait. Oh comme il le haïssait ! La vengeance s’ajouta à la haine. Elysio sentit son cœur se changer en volcan, faisant gicler la lave dans tout son corps jusqu’au bout des doigts. Cela brulait... Il ne pouvait plus supporter !

Le jeune homme s’écroula au sol. A plein poumons, il cria, hurla ! Il ne supportait plus être seul, seul confronté à son âme ! Lui-même n’écoutait pas sa voix, mais Nouvelle-Lune en était elle capable ?

Brusquement ses yeux s’ouvrirent, le monde extérieur lui traversa enfin les pupilles, faisant s’estomper l’image de Dawan… et calmer le volcan de son cœur avec. Il fut soulagé d’écouter son souffle haletant et sentir ses veines battant à ses tempes. Son regard parcourut les alentours : il se trouvait bel et bien au lieu où il avait trouvé tous ces os… Sauf qu’ils n’étaient plus… A la place, jusqu’à coté de lui, se tenait le visage rond et les grands yeux de Nouvelle-Lune. Jeune, innocente… elle lui rappelait vaguement la petite elfe à son chevet, lorsqu’il avait été recueillit par ces êtres. Mais cela n’était que son apparence.

-Je t’ai surestimé, je suis vraiment désolée… S’excusa-t-elle d’une voix mélancolique. Mais tu as appris vite. Tu es digne de ma chère petite sœur.

Essoufflé, Elysio leva son visage vers elle, avec peine. Ce fut plus péniblement qu’il prononça ces mots, entrecoupé par ses halètements :

-Lazura… est votre…sœur ?

-Bien vu, Elysio. Voilà une chose que les livres de ta mère ne t’ont pas conté : avec l’humain mortel, ma mère a eu cinq enfants. Cinq demi-dieux : moi, Drakem, Dorias, Orchidia et Lazura. Ton ancêtre vouait une haine terrible aux sorciers, donc a ses deux frères qui étaient les premiers à en être…

Elysio toussota avant de conclure :

-Donc si je comprends bien, je suis le descendant d’une déesse… J’ai du sang divin dans les veines…

-Les mages et les sorciers sont des humains auxquels on a accordé les pouvoirs et la sincérité d’un dieu. Contrairement à Dawan et aux autres, tu ne me déçois pas Elysio… (ses yeux d’enfants se remplirent de tendresse) Et je savais que le descendant de ma sœur préférée n’allait pas me décevoir, voilà pourquoi j’ai fait de toi le clou de ma prophétie. Tu es sincère. Tout ce que tu ressens en ton cœur, tu le montre dans tes paroles, ton visage et tes actes…

Touché par ces compliments, et la douceur dans laquelle elle les avait dits, il sourit. Donc voilà pourquoi entre Elysio et Elkyre, c’était lui qui avait été choisi… Son frère était bien connu pour le masque qu’il portait en permanence.

-Mais tu n’es pas encore prêt. Continua Nouvelle-Lune, d’une voix plus basse. Dawan avait bien raison, en fin de compte…

Comme par reflexe, Elysio fronça les sourcils, dents et poings serrés. En conséquence, Nouvelle-Lune rit doucement :

-Ta colère te fait moins peur quand tu ne te concentre que sur le monde extérieur, n’est-ce pas ? (Elle reprit son sérieux) Mais si tu veux être puissant et digne d’affronter Dawan, il te faudra trouver la part de dieu qui existe en toi. Dawan ne croit pas en toi… En revenant de Pierycia, il m’a clairement dit que jamais tu n’obtiendras le pouvoir de le battre. Tout ce qu’il veut est un combat sonnant de la même mélodie que la prophétie. C’est pour cela qu’il a élaboré un plan… Un pacte avec l’enfer, lui-même.

-Cet homme est fou… Insulta Elysio dans un souffle. Vous vouliez m’utiliser pour découvrir son plan. C’est donc pour cela que vous nous aviez menés jusqu’ici, grâce au leurre qu’est Le Mur…

A leur arrivée dans le temple, pendant que Huck se montrait fier comme un paon, les autres lycanthropes ne semblaient pas être sur d’eux. Comme s’ils ignoraient ce qui se cachait dans les ordres que l’on leur avait dictés. Ordres que même Dawan ignorait… En effet, à l’arrivée de Nouvelle-Lune, Shan s’était incliné devant elle tel un fidèle serviteur avant que la déesse se dise être sa « réelle maitresse ». Nouvelle-Lune les avaient attirés jusqu’à son temple, par l’intermédiaire de Shan. Dawan était loin d’être derrière tout ça. S’il l’avait attiré jusqu’ici, Dawan aurait été présent. S’il l’avait attiré jusqu’ici, c’était pour mettre un point final à cette maudite prophétie.

Le sourire malicieux de Nouvelle-Lune s’esquissa une nouvelle fois sur son visage d’enfant.

-Tu as raison et tu as tort, Elysio. Oui, je vous ai bel et bien menés jusqu’à moi, mais pas dans ce but. Lire l’âme de cet homme est devenu difficile depuis qu’il s’est éloigné de moi, pour je-ne-sais quelle raison. Cependant, la dernière fois qu’il a croisé mon chemin, l’aura d’Anathos l’entourait… Moi qui ignore ce qu’il prépare, je ne veux pas que tu le découvre, mais que tu agisses pour l’en dissuader.

-Lui prouver ma force… C’est ce que vous voulez dire ?

Devant le regard sceptique que lui couvait Elysio, Nouvelle-Lune assentit de la tête. Le jeune homme sourit à son tour. Ses forces recouvrées lui permirent de se remettre sur pied. Il se mit à épousseter ses vêtements salis de poussière, yeux fermés pour ne pas lui permettre de les irriter.

-Vous avez bien raison, Nouvelle-Lune… Si je me retrouve devant Dawan, ce sera plus puissant que jamais. Tous ses soupçons partiront en poussière au même temps que sa propre vie. Merci de m’avoir mené vers le droit chemin.

Lorsqu’il ouvrit les yeux, le visage de la déesse l’offusqua. Pommettes hautes, elle semblait réjouie, mais pas seulement du jeune homme qu’elle avait choisit : plutôt d’une manipulation dont elle était très fière. La foudroyant du regard, il lui promit :

-Mais lorsque cela se produira, ne t’attends pas à ce que ce soit dans « Le lieu où les quatre grands se fondent » !
Cela ne servit à rien. Le sourire de la petite fille ne fit qu’accroitre :

-Mon enfant… L’on ne peut se détourner d’une prophétie…




-Espèce de traitre !

Après avoir rugit ces mots, Huck fit Shan s’effondrer d’un seul coup de genou dans l’estomac. Leur querelle n’avait pas cessé depuis que Nouvelle-Lune avait quitté la salle, par la porte en dessous de la statue d’Elysio. Choqué par l’attitude de Shan devant la déesse et son appellation de « vraie maitresse », le lycanthrope blanc venait tout juste de remarquer sa traitrise.

-Pendant sa courte absence, notre honorable maitre t’as élu comme maitre temporaire, comme il le fait toujours ! Il avait confiance en toi, et tu as osé la trahir, sale détritus !

Le loup-garou au kimono toussota, faisant titiller tous ses bijoux. Un fin filet de sang vint couler sous l’une de ses babines, goutte presque invisible sur sa fourrure rouge.

-Tu sais au moins ce qu’il est allé faire durant son « absence » ? Fit-il d’une voix haletante.

Les babines retroussées Huck souleva sa proie par ses colliers.

-Il a fait son devoir d’honorable grand maitre !

-Tu dis cela en oubliant le véritable rang de ton « honorable grand maitre ». Toi et ton sale rejeton, servez-le comme des chiens, ça m’est égal. Mais vous oubliez que lui aussi était dévoué à quelqu’un, quelqu’un qui n’est autre que la déesse propriétaire de ce temple. Il avait pour principe de la servir, mais il a failli à son devoir de chien de cour. L’homme que vous servez n’est qu’un chien de gouttière !

-Tu vas payer pour cet affront !

Fou de rage, Huck lança le traitre qui vint s’écraser, impuissant, tout prêt d’Alyce. D’un mouvement brusque, le loup-garou blême dégaina sa large épée.

-Dégaine ton arme, stupide loque !

D’une main tremblante, le concerné s’apprêta à faire glisser sa lame hors de sa canne, mais une botte lui en empêcha. Alyce ne put s’empêcher de sentir l’injustice de ce combat : Huck avait l’avantage à vue d’œil.

-Si vous vous battez à mort pour une simple trahison, c’est vous tous qui courrez à votre perte ! Les résonna-t-elle.

-La ferme, humaine ! Cracha Huck. Allez Shan dégaine ton arme ! Viens payer pour avoir insulté mon maitre !

Alyce se tu, mais ne cessa de fixer sur Huck un regard assassin. « Simple trahison »… Si elle avait laissé échapper ce mot, c’était car cette traitrise n’était rien face à celle de Stivan. D’ailleurs, celui-ci la regardait, yeux écarquillés. L’ombre d’un sourire passa sur son visage de loup, comme s’il se réjouissait de la voir aussi forte face à sa trahison. Shan intima à Alyce de libérer son arme. Une fois l’ordre exécuté le lycanthrope fit face à Huck sa longue canne entre les mains. Se passant la langue sur les babines, le loup-garou aux yeux vairons se mit en position de combat, qui hélas, ne s’enchaina pas. En effet, d’un geste lent et faible, Shan jeta son arme comme s’il s’agissait d’un vulgaire déchet. D’un pas chancelant, il s’avança vers son adversaire.

-Nous ne pouvons faire couler le sang dans la maison d’une déesse… Et j’ai le droit d’insulter comme bon me semble un partisan de l’enfer. Tu m’as l’air surpris, ma parole. Comment croire que cet homme, que tu chéris plus que ton propre fils, puisse être capable de nouer un pacte avec Anathos en personne ?

-Tu ne dis…que des mensonges… ! Bégaya Huck, ses yeux vairons grands ouverts.

-Alors justifie moi son absence si subite, et l’étrange marque sur la paume de sa main lorsqu’il est revenu.

Huck faillit le transpercer de sa large lame, mais son fils retint son bras de ses deux mains.

-Arrête, père… Grogna-t-il.

Celui-ci se dégagea d’un geste brusque, ce qui déstabilisa Stivan. L’ancien ami s’écrasa par terre sans que son père ne lui accorde aucun regard. Poussant un aboiement sauvage, il frappa Shan dans l’entrejambe pour lui permettre de s’écrouler. Le bout de la lame pointée sur son corps tremblotant, le loup-garou leva les bras, prêt à donner le coup de grâce.

-J’ai pourtant averti que je ne tolèrerais pas du sang inutile dans mon temple !

Nouvelle-Lune trôna à nouveau au centre de la salle, Elysio à ses cotés, mais cela ne fit aucun effet chez Huck. Contrairement à Shan et Stivan, aucune émotion humaine n’animait les traits de son visage, à présent entièrement consumé par l’animal qui le possédait. Il tourna vers la déesse un regard plein de folie :

-Je n’obéis qu’à mon maitre ! Hurla-t-il, écumant.

Sans plus attendre, il rabattit son arme dans le dos de Shan, le transperçant de part en part. Celui-ci poussa un long gémissement d’agonie, avant de rabattre sa tête, secoué d’un ultime soubresaut. Comme canalisé par les fissures dessinées dans le sol, le sang de la victime s’écoula comme une rivière. Les symboles qui figuraient par terre se coloraient petit à petit de rouge. Mains pressées contre ses tempes, Nouvelle-Lune se mit à hurler comme une enfant rencontrant les monstres de son imaginaire.

-Un sacrifice inutile ! S’il te plait arrêtez ça ! Arrêtez ce sang !

Illico, Elysio se mit à l’action. Avec tout ce qu’il put, c’est-à-dire ses vêtements, il essaya de bloquer le sang qui circulait en direction de la déesse. Mais il était déjà trop tard, la rivière rouge était déjà bien trop avancée.

-Aidez-moi, les amis !

-Mais qu’est ce qui te prend, humain ! Vociféra Lyria. Pourquoi aiderons-t-on la source de nos problèmes !

-Cela ne vaut pas la peine, nous ne pouvons rien faire ! Averti Elkyre.

En effet, le sang toucha enfin l’autel où se tenait Nouvelle-Lune. Poussant un cri effaré, la petite disparut, laissant place au cœur palpitant qu’ils avaient rencontré en entrant. Mais une autre forme apparut en dessous de la sphère, un réceptacle de pierre.

-Le Mur ! S’exclama Alyce.

Cependant, dès qu’elle effectua son premier pas un grondement venant du fond des abysses fit trembler toute la surface du temple. Quand les premières pierres du plafond s’écrasèrent par terre, la rouquine se fraya un passage entre les lycanthropes effrayés. Après avoir longtemps réprimé un haut-le-cœur à cause de leur puanteur, elle parvint à atteindre le réceptacle. Elle eut du mal à le rapporter jusqu’aux autres, à cause des tremblements qui menaçaient de renverser son contenu. Toutefois, supportée par les encouragements de ses amis, elle arriva à leur hauteur.

-Qu’est ce que vous faites ?! Où allez-vous ?! On ne va pas les laisser partir comme ça ! Hurlait Huck.

A l’exception de lui et Ricko, tous les lycanthropes s’enfuyaient par la porte en dessous de la statue de Dawan.

« Ils reviennent vers le palais de Dorias… » Devina Elysio.

Puis à l’intention des autres, il averti :

-Chacune de ces portes nous mènent vers le territoire de chaque grande famille !

-Prendre celle des Lazuriens serait le plus logique. Dit Elkyre en essayant de garder un maximum de calme. Nous devons distribuer Le Mur aux différents villages… Elysio ! Nous avons besoin de ton sang, vite !

Sans perdre de temps, Elysio s’exécuta en s’entaillant la main. Derrière eux, Huck s’élançait furieusement vers la porte où avaient disparu tous ses lycanthropes, mais le mur s’éboula au moment ou il allait le franchir. Au passage, une pierre assomma la créature comme si le temple était fâché contre lui. Libéré de son père, Ricko abandonna son corps inerte pour rejoindre en douce ses faux amis. Trop absorbés par l’affaire du Mur, ceux-ci ne remarquèrent pas l’arrivée du lycanthrope.

-Maintenant partons avant que le temple nous tombe dessus ! Ordonna Alyce en franchissant la porte.

Les autres la suivirent sauf un seul qui resta à l’écart : Elysio. Celui-ci fixait sur les autres un regard indécis, hanté par ses pensées. Comme si l’aura de Nouvelle-Lune se partageait toujours son corps avec son âme, les paroles de la déesse le hantaient : si tu veux être puissant et digne d’affronter Dawan, il te faudra trouver la part de dieu qui existe en toi. Ces pouvoirs…Il n’arrivait qu’à bien les contrôler en suivant la voie du sorcier, voie que ses amis lui bloquaient. S’il restait auprès d’eux, jamais il n’obtiendra la force dont Nouvelle-Lune lui avait parlé. Leur présence étouffait la part de dieu qui existait en lui…

-Elysio ! Qu’est-ce que tu fais ? Rejoins-nous ! Lui cria Elkyre.

Elkyre… Lui qui ne cessait de le traiter son frère comme un inférieur, essayant sans cesse de le protéger. De tous, il était certainement la plus grosse pierre sur son chemin.

Spoiler:
 
L’autre était Lyria, qui le rabaissait à chaque fois qu’elle en avait l’occasion. Mais une chose ne faisait que renforcer la douleur de ses réprimandes : il l’aimait. Pourquoi aimait-il une personne le détestant à ce point ? Ne plus jamais la revoir était la solution pour guérir ces blessures de son cœur ?

Mais voilà que pendant que les autres ne bougeaient pas, se contentant de l’appeler par peur de se faire écraser par les pierres, la concerné fut la seule à s’avancer. Sans prêter attention aux murs qui menaçaient de la tuer, elle ne déviait point son regard turquoise des yeux d’Elysio. Regard empli… d’inquiétude ? Arrivée à sa hauteur, pour la première fois de sa vie elle s’agrippa à Elysio sans ne démontrer aucun dégout.

-Penses-tu que tu vas nous abandonner comme ça ?! Qu’est ce que tu vas faire juste après nous avoir laissés ?! Tu vas aller chercher Dawan pour accomplir cette vengeance qui n’a même pas lieu d’être ?! Comme ça ? Sans nous ? Je sais que tes parents sont morts…moi-même je comprends cette douleur ! J’ai perdu mon frère à cause du même meurtrier !

-Donc viens avec moi, Lyria… Lui murmura Elysio, touché par l’émotion qu’il ressentait dans sa voix.

-C’est toi qui doit venir avec nous ! Après avoir perdu mon frère, je me suis dit que même en effectuant toutes les vengeances possibles, cela n’allait jamais le ramener jusqu’à moi ! Depuis, j’ai cru avoir perdu ma capacité à aimer. Jusqu’à te rencontrer…toi…

Elysio n’en cru pas ses oreilles.

-Mais tu dis avoir toujours détesté les humains ! Tu m’as toujours rejeté pour cette raison !

-C’est ce que j’ai voulu me faire croire ! Je me suis forcée à haïr les humains pour ce qu’ils m’on fait par le passé… Mon dégout éternel envers leur race était ma vengeance. Mais je me suis trompée moi-même… Je n’ai jamais pensé que j’allais tomber amoureuse…

Sa voix se brisa. Secouée de sanglots, elle rabattit son visage sur le torse d’Elysio.

-Lyria…Murmura-t-il ses propres yeux s’emplissant de larmes. Comment es-tu tombée amoureuse de quelqu’un empli de tant de haine ?

Les mains de la demi-elfe s’emparèrent des liens que tenaient le Cœur-de Lazura.

« Le Cœur-de-Lazura a une grande particularité. La pierre brille de mille feux quand il est autour du cou d’un mage absolu et aussi quand il est porté par le grand amour de son propriétaire. »

Une fois le collier en main, Lyria le passa autour de son cou. Illico, une puissante lueur bleutée les inonda tout les deux, une lumière douce comme l’amour. Le regard de l’humain et celui de la demi-elfe se croisèrent, brillant de lumières et de larmes. Laissant les siennes couler sur ses joues, Lyria murmura d’une voix tendre :

-Je t’aime, Elysio…

Elle embrassa le jeune homme avec fougue. Les yeux écarquillés de surprise par ce baiser si soudain, Elysio ne tarda pas à fermer les siens, laissant ses larmes se mêler à celles de sa bien aimée. De ces bras, il l’entoura d’un geste protecteur. Autour d’eux, le temple s’écroulait mais rien ne leur tombait dessus, comme si Nouvelle-Lune ne voulait interrompre cette preuve d’amour.

-Partons vite d’ici, ensemble… Marmonna Elysio.

Le sourire aux lèvres, Lyria fit quelques pas en arrière. Il suivit la jeune demi-elfe jusqu’au lieu où tous les attendaient. Lyria parvint à le franchir, mais au moment où Elysio allait faire de même, le mur s’écroula devant lui. Ne lui laissant que le temps de voir l’expression d’accablement de ses amis…et de Lyria.

-Non ! Hurla-t-il, ses larmes coulant de plus belle.

En faisant usage de ses pouvoirs, il essaya d’ouvrir un passage, mais rien ne s’échappa de ses mains. Ecrasant ses mains contre les murs, ses plaintes raisonnèrent dans tout le temple. Etait-ce le destin qui l’avait séparé ainsi de ses amis et de son tout récent amour ? Le rendre solitaire venait de la volonté de Nouvelle-Lune, cachée quelque part dans le temple ? Convaincu de tout cela, Elysio leva la tête vers la voute à moitié détruite. Son cri fut si puissant que le grondement disparu presque :

-Rend-les moi, Nouvelle-Lune !!!

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MessageSujet: Re: Coeur Vengeur (fanfiction d'Elysiounette)   Ven 26 Juil - 14:38

Chapitre 20
Seuls

Impuissants, le groupe dissolu ne put apaiser Lyria. Criant sa douleur, la demi-elfe frappait le mur de pierre jusqu’à s’en faire saigner les poings. Elle allait même jusqu’à adopter sa forme de louve, utilisant la force du fauve pour briser la roche. Mais ses coups ne faisaient que l’étourdir.

-Cesse cela, Lyria.

Hiki immobilisa les larges épaules de la louve. A moitié assommée, celle-ci n’avait plus la force de se débattre.

-Nous ne pouvons plus rien faire, maintenant. Fini-t-il, les larmes aux yeux. Nous l’avons perdu.

L’animal disparu, laissant place au visage empreint de tristesse de Lyria. Elle qui cachait ses sentiments par une force considérable, la voir ainsi les auraient surpris dans d’autres circonstances. Mais pour elle, l’aube d’un amour nouveau s’était déjà tournée au crépuscule et la haine lui avait interdit d’en profiter. Néanmoins, le Cœur-de-Lazura brillait toujours à son cou, preuve que même séparés, les sentiments existaient toujours… mais l’amour s’était transformé en douleur.

-Tu te trompes, Hiki…

Tandis que son visage restait grave, la voix d’Elkyre défaillait jusqu’au murmure. Ses yeux se baissèrent vers le collier qu’il connaissait tant.

-Elysio est toujours en vie…et il s’en sortira.

-Comment peux-tu dire ça si facilement, Elkyre ? L’interrompit Alyce. Elysio est seul et tu as écouté ce qu’as dit Shan ? Dawan a fait un pacte avec l’enfer, Elysio est plus en danger que jamais !

Violemment, il se tourna vers elle. Ses prunelles évoquant des éclats de glace la percèrent, emplis de colère. Regard qui rappelait celui de son frère en tous les points.

-Alors dit moi ce que nous pouvons faire pour le protéger ! Dit le moi, Alyce ! Si tu as en ta possession le moyen de corrompre ce mur, fait le nous savoir ! Si tu as le moyen de me rendre mon frère…

Sa voix se brisa. Pendant un instant ses yeux s’embuèrent de chagrin, mais avant que cela ne soit visible aux autres, il les cacha au public en leur tournant le dos. Son cœur malade était plus torturé que jamais. Le frère qu’il avait promis de protéger lui fut arraché, sans qu’il ne puisse rien faire pour le retenir. Impuissant, il venait de faillir à son devoir… L’épée qu’il tenait toujours à la main, celle dont la lame rimait avec protection et fidélité, était indigne de lui. Les dents serrées, le jeune homme luttait contre les larmes qu’il sentait venir, sans connaitre la raison pour laquelle il les combattait.

-Elkyre… Appela Alyce d’une voix douce. Je suis désolée…

Adoptant son visage de marbre, le blond tourna légèrement la tête vers le côté. Du coin de l’œil, il observa ce qu’il restait du groupe qui hier s’était avancé, plein de détermination, jusqu’à ce lieu. Le visage mouillé de larmes, Lyria luttait pour rester consciente, assoupie dans les bras d’Hiki. Le lycanthrope caressait ses cheveux tout en gratifiant à Elkyre un regard plein de pitié. Avait-il l’air si misérable ? La seule qui semblait toujours déterminée était Alyce, qui tenait fermement le calice contenant l’eau salvatrice. Mais cela était peu dire… Elkyre décelait en ses yeux une incertitude face à ce que pensait son être cher. A vu d’œil, elle se demandait quelle décision le jeune homme allait prendre.  

Elkyre refit face au tunnel qui se prolongeait devant lui. Dans sa voix, il plaça une assurance qui n’existait pas.

-Mon frère est fort, il sait se tirer d’affaire. La Meute a subit de nombreux dégâts. Dawan aura suffisamment de travail pour les réparer, donc il ne frappera pas avant longtemps.

Aucune sensibilité n’émanait de ses paroles. Si une once de tristesse existait en lui, il l’effaçait entièrement de son apparence.

-Quand cesseras-tu de porter le masque, Elkyre ?

Les paroles d’Alyce firent un frisson le parcourir. Ses mains se mirent à trembler, mais il le dissimula aussitôt en serrant les poings.

-Sortons d’ici. Ordonna-t-il entre ses dents.

Sans se retourner pour s’assurer qu’ils le suivaient, Elkyre avança d’un pas pressé, animé par une fausse détermination.

Sans ne s’échanger ne serait-ce qu’une parole, ils parcoururent le tunnel en maintenant de longues distances entre eux. Lyria, qui s’était remise sur pieds, marchait à la fin du groupe dissout. Complètement désincarnée, ses jambes la portaient machinalement, sans aucune conviction venant d’elle. Constamment, Hiki s’approchait discrètement d’elle afin de la réconforter, mais celle-ci veillait à maintenir ses distances des autres.

Soudain, une voix rauque et désagréable résonna.

-Regarde où tu nous as mené, pauvre incompétent ! A cause de toi, nous sommes à des lieus de Rymar !

-Huck…grommela Alyce en dégainant ses dagues.

-En compagnie de son…fils. Ajouta Elkyre en l’imitant.

Lorsqu’ils attinrent la sortie, qui menait bien au lieu où les squelettes les avaient attaqués, Huck soulevait son fils avec une telle force que ses pieds ne touchaient plus le sol. Son regard fou se dirigea vers les nouveaux venus.

-Ah ! Je vous attendais ! Ricana-t-il.

Comme s’il s’agissait d’une vulgaire loque, Huck lâcha son fils. Une fois les mains libres, il s’empara de sa large épée. La créature fit sa lame fendre l’air, ses oreilles frémissant de plaisir à l’écoute de son sifflement mortel.

-Me voilà devant les petits gêneurs qui mettent des bâtons dans les roues de mon maitre. Que je suis chanceux de les avoir que pour moi !

-Après avoir su la vérité sur Dawan, tu continues à lui rester fidèle ? S’indigna Alyce.

-Alors c’est avec toi que je vais commencer, jeune fille ! Hurla Huck, satisfait.

Sa langue passant plusieurs fois sur ses babines, le lycanthrope se jeta sur Alyce l’arme haute. De ses deux dagues, la rouquine bloqua l’énorme lame de Huck. La grande force de ses bras obligea la jeune fille à lâcher et se baisser pour éviter l’épée. Elle profita de son inattention pour le contourner et le frapper au dos. Mais le loup-garou pâle était plus rapide qu’elle l’imaginait, il fit volte face et para son coup en un rien de temps.

-Dawan est le seul à m’avoir accueillit et traité pour ce que je suis ! Cria-t-il, la voix pleine de passion.

A la suite, il fit son épée prendre de l’élan et l’abattit sur Alyce qui l’évita en se baissant.

-Jamais je ne lui serais assez reconnaissant !

Avant qu’elle ne se redresse, la grosse paluche de Huck bloqua sa tête. Il s’en empara et s’en servit pour jeter la jeune fille contre le sol. Paralysée par la douleur, elle ne pouvait continuer le combat. Les babines écumantes, les yeux plein de rage, le lycanthrope dressa son épée, prêt à lui donner son coup de grâce. Mais pas avant de lui lancer ses paroles, dignes d’un chien soumis à la servitude :

-Que se soit au paradis où en enfer, je suivrais mon maitre ! Et ce n’est pas une idiote comme toi qui va m’en dissuader !

Une fine lame bloqua celle de Huck en un gros tintement métallique ; lame aussi dorée que les cheveux, enduits de poussière, de son porteur. Elkyre peinait à maintenir la pression sur l’énorme arme, mais parvint à garder la force de parler :

-Tu es ridicule, Huck. Je n’ai jamais vu quelqu’un d’aussi aveuglement dévoué que toi. Tout simplement risible…

Alyce s’échappa en douce, rassurée en entendant un fragment de son sarcasme habituel, aussi minime soit-il… A part cela, rien ne restait du Elkyre d’habitude : ses yeux ne pétillaient pas, et seule une ombre de sourire soulevait le coin de ses lèvres.  

-Saleté de blondinet ! Cette fois je te ferais la peau ! Ragea Huck.

D’un bond en arrière, Elkyre esquiva la lame destinée à le fendre en deux. Il se força à sourire :

-Tu veux surtout achever ce que tu as commencé… (il porta une main à son cœur) Mais figure-toi que ce n’est pas le moment que j’ai choisi pour mourir. Surtout par quelqu’un…comme toi.

Epée pointée devant lui, il chargea. Huck esquiva en se baissant, mais Elkyre s’y attendait. Si bien qu’au moment où le loup-garou se redressa, le jeune homme fendit son œil bleu. Il avait mis en pratique la même botte qui avait valu son œil à Rolf. Hurlant de douleur, Huck s’affala en tenant la partie blessée de son visage. Elkyre se tourna vers « Stivan » afin de s’assurer s’il s’inquiétait pour son père, mais celui-ci n’eut aucune réaction spécifique. Les yeux rivés sur le combat, il ne semblait qu’attendre impatiemment que le gagnant soit annoncé.  

« De quel coté es-tu, finalement ? » Se dit le jeune homme.

Les jurons de Huck portèrent son regard vers lui. Le sang dégoulinant entre ses doigts tachait son museau tremblant. Mais les jurons n’étaient pas les seuls à fuser :

-Mon maitre…je continuerais à me battre…peu importe mes blessures, je me battrais pour toi… jusqu’à la mort s’il le faut…

Cette créature lui donnait la nausée… N’abandonnera-t-il jamais cette dévotion aveugle ? Même pas en faveur de son fils ? Sous le regard surpris de son entourage, Elkyre éclata d’un rire amer.

-Qu’est ce qui te fais rire, blondin ?! Hurla Huck, le sang se mêlant à sa salive.

-Tu es vraiment un minable, Huck… Si Dawan te verrais ainsi, il n’afficherait certainement aucune compassion. Je crois même qu’il se ficherait royalement du sort de l’un de ses chiens de cour. Surtout quand il a la possibilité de le remplacer par un autre. A quoi sert la dévotion lorsque l’être que l’on sert se passerait bien de notre aide ?

-La ferme ! Tu ne sais rien sur mon maitre !

-J’espère que tu blagues… J’ai passé mon enfance entière à côtoyer ce monstre, tu l’as oublié ? Je sais surtout qu’il a pour habitude d’éliminer les éventuels gêneurs et ceux qui ont faillit à leurs devoirs. Tu ne feras pas exception à la règle, mon cher Huck.

La voix désespérée d’Alyce l’interrompit :  

-Elkyre, je t’en prie ! Arrête de le provoquer, il va te tuer ! 
 
-Je ne le provoque pas, Alyce. Je lui fais ouvrir les yeux…

A présent, Huck tremblait, les doigts crispés. Adhérait-il au raisonnement d’Elkyre. Si c’était le cas, mieux valait battre le fer tant qu’il est chaud.

-Quand tu rentreras, c’est la lame empoisonnée de Dawan qui t’accueillera. Tu as révélé l’identité de ton fils avant l’heure qu’il avait fixé. Dans ce cas, son rôle d’espion est illico annulé, le rendant inutile à ses yeux. En vantant l’ingéniosité de ton cher maitre, tu as condamné ta vie et celle de Ricko.  (Sa voix se fit plus dure) Si tu reviens à ses pieds, ta dévotion aveugle aura sacrifié ton propre fils !

Un rictus déforma les babines de Huck. Rictus qui se changea en peu de temps en un rire rauque.

-C’est à mon tour de rire, blondinet. Tu te trompes ! Quand je reviendrais, je serais accueillit en héros car je vous aurais tous tués !

La gueule grande ouverte il se lança sur Elkyre, un feu impétueux brulant dans son œil valide.

-A ce stade là, tu es définitivement irrécupérable… Marmonna le jeune homme en serrant le pommeau de Shiria Nasam… la « lame fidèle ».

Elkyre sourit faiblement.

« Les chiens de cour comme nous sont éphémères. Nos courtes vies sont parsemées de frustrations mais cela ne nous empêche pas de continuer à nous battre pour ceux qu’on a choisi de protéger. Tu ne le sais pas, Huck, mais nos points communs sont nombreux. Même si cela me fait mal de le dire… »

Les mouvements de Huck étaient lourds mais animés par une rage imminente qui le déterminait à tuer le jeune homme. Voilà ce qui lui donnait de l’avantage sur Elkyre, qui manquait cruellement de conviction et de détermination. Si bien qu’il immobilisa le jeune homme en un rien de temps.

-Alors ? Où est ta détermination, blondin ?!

Pendant qu’Elkyre se débattait, le lycanthrope éclata d’un rire tonitruant.

-Cette fois j’arracherais ton cœur hors de ta poitrine pour m’assurer que tu ne « ressusciteras » pas ! Meurt, sale…

Un hurlement de douleur ponctua sa phrase. Il relâcha Elkyre qui remarqua qu’une flèche s’était plantée dans son épaule. D’un coup sec, il l’arracha de son dos.

-Maudite elfe !

Brusquement il la renversa d’un coup de sa large paluche. Hiki profita de son inattention pour lui asséner un coup de hache, mais cette fois, Huck s’était décidé à surveiller ses arrières. D’une main, il arrêta la hache et se mit à rire de plus belle.

-Alors, on a du mal à protéger sa sœur, Réiki ?  

Les yeux de Hiki, tout comme ceux de Lyria s’écarquillèrent. Des yeux presque de même couleur.

-C…comment… ? Bégaya Lyria.

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