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 Série de One-Shots sur les Légendaires

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MessageSujet: Série de One-Shots sur les Légendaires   Mar 30 Mar - 16:27

Le cœur d'un leader

Famille


Au début....il était un enfant heureux, il avait ses deux parents, il avait un grand frère.
Puis sa mère mourut, mais il était très jeune, il s'en souvint à peine. Les enfants ont parfois tendance à oublier vite quand ils sont très jeunes. Il avait dans sa mémoire l'image d'une belle femme, allongée dans un lit, pâle et amaigrie qui souriait doucement et tristement mais c'était tout.
Les années passèrent, il grandit. L'absence d'un parent était douloureuse mais il avait son frère qui était doux, sérieux et attentionné. Qui était patient et ne refusait jamais de lui accorder un peu de son temps.
Il avait son père qui était sévère mais juste et aimant. C'était un homme admirable, courageux, c'était son modèle. Il voulait devenir comme lui quand il serait grand. Quelqu'un dont il serait fier, il lui prouverait qu'il était son fils, le digne fils de son père!
Les armures d'argent le faisaient rêver quand il les voyaient partir en mission. Il attendait ensuite son retour avec impatience pressé d'entendre le récit ou des anecdotes de la mission. Il fut terriblement jaloux lorsque son aîné put partir lui aussi. Et cela ne fit que lui donner encore plus l'envie d'y aller également.
Pour lui, rien ne pouvait arriver à son père, puisqu'il semblait invincible. Et par conséquent son frère ne risquait rien non plus! C'était donc sans angoisse qu'il attendait leur retour. Rien ne pouvait leurs arriver non? Son innocence, à cette époque, le rendait un peu trop insouciant.

Et puis un jour le drame s'abattit sur lui.....une chose qui le bouleversa, qui brisa son innocence d'enfant. La mort frappa à nouveau sa famille. Une mission trop dangereuse? Un ennemi qui avait frappé en traître? Il ne le sut jamais mais son père ne revint pas de mission. Les yeux bleus de son frère, emplis de tristesse, qui s'étaient plongés dans les siens, les bras qui l'avait ensuite entourés et les mots, si douloureux dans leur vérité. «Père ne reviendra jamais...» Et c'était seulement à ce moment qu'il avait accepté la vérité qu'il rejetait jusqu'ici. Son frère ne lui mentirait pas, donc son père était vraiment....Il se souvenait encore, quand il se plongeait dans ses souvenirs, de ses sanglots, de sa douleur et de la voix triste de son aîné, qui avait tout pris sur lui pour ne pas le laisser tomber, le laisser seul avec son chagrin. «Je suis là....ne t'en fais pas, moi je serais toujours là! Je reviendrais toujours, je te le promets!»
Il avait pleuré longtemps, révolté contre l'injustice de la vie, contre cette perte qui lui faisait si mal. Il était orphelin maintenant. Ils étaient tout les deux orphelins!

Il ne lui restait plus qu'une personne. Une personne qui lui avait promis de ne jamais le laisser tomber. Une personne qu'il était terrorisé de voir partir, craignant le pire à chaque fois et ce, malgré les paroles rassurantes du roux.
- «Ne t'inquiètes pas!! Je reviendrais c'est promis!» accompagné d'une main affectueuse qui ébouriffait ses cheveux.
Il angoissait dès que celui-ci partait en mission, au début en tout cas, la première année qui avait suivie le drame. Il était toujours à cran, comptant les jours. Parfois si la mission prenait du retard, s'ils mettaient du temps à revenir, il était capable de rester assis des heures durant sur une barrière à l'entrée de la ville, le vent jouant dans ses cheveux, les yeux fixés sur l'horizon. Il se fichait du froid, de la solitude, des rhumes qui pouvaient lui tomber dessus. Il refusait de quitter l'horizon des yeux, qu'importe ce que lui disait d'éventuelles personnes ayant appris qu'ils étaient encore à quelques jours de distances. Peut-être était-ce puéril, stupide mais il craignait qu'il se passe quelque chose de terrible s'il osait quitter son poste d'observation.

Il lui arrivait parfois de pleurer d'angoisse la nuit, terrifié si le lendemain on lui apportait une mauvaise nouvelle, qu'on lui annonçait qu'il était désormais le dernier membre vivant de sa famille.
Quand enfin il voyait les Culbutors, et les drapeaux si reconnaissable, il bondissait au sol, et courrait rejoindre la place principale où la troupe de soldats stoppait. Là il attendait, le cœur battant, espérant qu'il ne manquerait pas quelqu'un. Un sourire d'un des soldats le rassurait, le geste d'un autre, vers la suite de la file d'hommes en armes, amenait un immense sourire soulagé sur son visage. Il était là, il allait bien! Heureusement....jamais sa peur ne se réalisa car il revenait toujours. Comme il l'avait promis, comme cela devait se produire! Alors l'enfant de 12/13 ans qu'il était s'élançait vers lui, dès que le jeune soldat était descendue de sa monture, en criant d'un ton joyeux: «Grand frère!!»
Ce fut seulement à partir du 4ème retour de mission après la mort de son père qu'Ikaël réussit à rester debout quand la tornade blonde, qui lui servait de petit frère, lui bondissait au cou .
Question d'habitude diront certains...


Amitié


Après avoir quitté les Faucons d'Argent, il se retrouva seul avec Jadina. Parfois il se sentit un peu seul, non pas qu'elle fut de mauvaise compagnie mais …..ce n'était pas pareil. Et il avait quelques remords à avoir, en quelque sorte, tourner le dos à la seule famille qu'il lui restait. Et puis il leur fallait d'autres amis, on ne formait pas un groupe à deux seulement.
D'abord il y avait eu Gryf.... Le Jaguarian roux au passé sombre et douloureux mais pleins d'humour et de bonne humeur, au rire contagieux. Au début, c'était un être meurtris par les humains «Moi? Faire confiance à un humain? Après tout ce que vous m'avez fait dans vos fichues arènes?» Il était désespéré par les échecs pour retrouver son foyer, ayant finalement abandonné.
Son meilleur ami....son complice.....il lui avait confiés certaines choses dont il n'aurait pas osé parler avec Jadina ou quelqu'un d'autre.
Ses fausses bagarres avec le rouquin qui finissait toujours par gagner, connaissant son point faible.
Entre eux, existait une forte confiance....
Et il avait tout fait pour l'honorer...
Pour ne pas décevoir Gryf....qui n'avait déjà que trop souffert.

Perdre la confiance de personnes chères ou ne plus les honorer étaient deux de ses craintes. Il détestait par dessus tout décevoir ses proches, de quelques façons que ce soit.
Il n'eut jamais à s'en faire, le jaguarian lui faisait plus confiance qu'à n'importe quel autre membre de leur groupe. Et cela était réciproque, à beaucoup de niveau. Il n'y eu peut-être que Kel-Cha à qui Gryf eut tout autant confiance. Ho bien sûr le Jaguarian faisait confiance à Jadina et à Razzia et il éprouvait des sentiments pour Shimy, mais ce n'était pas une amitié aussi forte qu'avec lui.

Puis il y avait eu Shimy....
Il l'avait sauvé....D'abord elle avait été septique: un humain qui me sauve? Tu veux quoi au juste en échange? J'ai du mal à croire que t'étais totalement désintéressé quand même, excuses la méfiance mais t'es un humain! Ses sourcils haussés, son air méfiant, et ses paroles qui l'étaient tout autant, bref son attitude malgré ses blessures l'avait déstabilisé, lui qui s'attendait un peu à des remerciements. Finalement le remerciement avait été une épée d'or. L'arme qui, il ne le savait pas encore, jouerait un grand rôle dans sa vie et son destin. Puis peu à peu, elle lui avait fait à son tour confiance....abandonnant son monde, au grand dam de son peuple et à la grande fureur de sa mère. Quelque part ce dernier point leur faisait un petit point commun. Shimy était une personne très sage....ses avis étaient toujours justes et de bon sens...malgré ses piques ironiques, ses disputes avec Jadina. Elle était une personne à qui on pouvait vraiment faire confiance.

Enfin il y avait eu Razzia. Au début la confiance n'avait même pas été présente. L'ombre rouge se tenait devant eux et tout quatre avaient été prêt à le traiter comme ce qu'il était: un assassin au service de Darkhell. Mais l'homme, brisé par on ne savait quel drame, lui avait demandé une seconde chance, la chance de prouver qu'il pouvait se racheter, ne plus être le monstre qu'il se considérait encore être. Malgré les protestations de ses amis méfiants, il avait accepté qu'il vienne avec eux, le surveillant du coin de l'œil sans cesse au début. Mais sa méfiance s'éteignit au bout d'un moment. L'homme à la force herculéenne faisait tout son possible pour se racheter, son grand cœur et ses connaissances en avait fait un ami précieux que tous affectionnaient.


Amour

La première fois qu'il l'avait vu, la première fois qu'il avait croisé son regard, il avait su. Il avait su qu'il était amoureux. Son cœur battait le chamade dans sa poitrine, son visage l'avait brûlé. Il l'avait trouvé si belle. Quand elle avait accepté de former un groupe de héros avec lui, il avait presque senti son cœur exploser de joie. Une partie de lui espérait qu'une autre personne, soit le fiancé, ne ferait pas trop de vagues pour la récupérer. Il sembla effectivement se résigner....
Jadina, comme lui, avait les mêmes idées, le même idéal.
Il était un duo parfait, inséparable.
Ils se complétaient parfaitement!

Même s'il ne lui avait jamais dit..... même s'il ne savait pas ce qu'elle, elle ressentait. Être avec elle, former ce groupe à l'idéal dont il rêvait, tout cela bridait plus ou moins sa culpabilité d'avoir ainsi laissé tomber sa dernière famille. Elle était douce, compréhensive, intelligente et courageuse. Une véritable combattante bien que gâtée par la vie de princesse. Elle avait un grand cœur et se préoccupait parfois plus des autres que d'elle-même. Elle ne gagnait que rarement ses joutes verbales avec Shimy, préférant parfois en venir aux mains même, mais la respectait et l'appréciait autant que Razzia ou Gryf.
Il aurait aimé lui dire ce qu'il ressentait.
Mais il avait peur de savoir.....
Il préférait espérer.....rêver.
Parce qu'il avait peur de sa réponse s'il se déclarait....
Il ne voulais pas la perdre....
Briser le doux équilibre entre eux
Ca le tuerait.....

Profiter de chacun de ses sourires, de ses rires, des fois où, poussée par la joie elle le serrait dans ses bras. Même s'il lui arrivait de faire aussi ça avec Gryf ou Razzia.....C'était une façon de prouver son amitié et son affection à ses amis. Il aurait supporté d'être juste un ami tant qu'il y avait de l'espoir.
Enfin...il eut le courage de lui dire...par une phrase détournée, n'utilisant pas le basique «je t'aime», non ce qu'il murmura cette nuit, alors qu'ils étaient seuls, entourés de lucioles dans la foret «Veux-tu m'épouser?
- Oui...ma réponse est oui...»

Malheureusement, il n'eut guère le temps de profiter du bonheur que lui procura cet aveu et cette réponse positive.


Devoir

Qu'est que le devoir en fait? S'était-il souvent demandé. Au début il ne le voyait qu'en ce que faisait son père, puis son frère. Défendre un idéal? Protéger la politique? Quand il était enfant, tout cela lui paraissait si flou. Il rêvait un peu trop à ce qu'il pensait être son idéal, faire comme tout les autres hommes de sa famille. Rendre fier son père, son aîné...au début, quand il était enfant c'était tout ce qui l'intéressait.
Puis il avait grandit, était devenu un soldat. Et...avait été déçu. Ce qu'il faisait n'était pas l'idéal qu'il pensait défendre. La politique l'exaspérait, voir son frère se plier ainsi aux ordres sans discuter, comme si son avis n'était rien le révoltait. Ils valaient mieux que ça quand même. Au début cependant, il ne discutait pas, encore trop jeune et trop hésitant pour rompre les liens avec sa dernière famille. Jusqu'à ce jour...
Une fois devenu leader des Légendaires, il voyait mieux le point de vue de son aîné. Ho certes lui n'avait aucun obligation, aucun ordre à recevoir. Mais il se sentait responsable de ses amis, de son équipe, de leur échecs. N'avait-il pas errer pendant deux ans pour tenter de réparer une faute dont il se considérait responsable? La culpabilité l'avait souvent étouffée...il perdait parfois le contrôle de la situation. «C'est ma faute si vous avez été transformé en monstres» c'était tout ce qu'il avait pu dire une fois que ses amis s'étaient assoupis...sa voix trahissait combien il se sentait minable.
Il avait tendance à développer un fort sens de culpabilité. Et le pire c'est qu'en fait, l'autre ne lui voulait même pas vraiment, s'étant juste mis en colère précédemment plus par principe que pour l'accuser, et dès que les autres avaient été endormis il lui avait lancé suite à cette acception de sa responsabilité: «Arrêtes de dire des sottises veux-tu?!».

Il faisait des erreurs, il en était conscient et s'en voulait souvent, trop souvent. Dans la précipitation, dans son désir d'aider, de sauver, il prenait des décisions parfois hâtives et cruelles.
«S'il faut sacrifier des milliers de vie pour en sauver des millions, j'ai déjà fait mon choix!» Sa voix tremblait tandis qu'il disait ça, voyant les regards horrifié de Jadina et stupéfait de Razzia. Et pire que tout, celui profondement choqué et blessé de Gryf alors qu'il menaçait la famille qu'il venait juste de retrouver. Et quand Gryf avait désespérément tenté de trouver un arrangement, lui n'avait rien trouvé de mieux que de lui demander de choisir entre Kel et lui, entre son peuple et les Légendaires. Il s'en voulait terriblement, le regard désespéré de son meilleur ami lui revenait souvent en mémoire, le roux avait reculé d'un pas, incapable de répondre de trancher. Qu'aurait-il fait si Skroa n'était pas intervenu à ce moment-là?
Gryf ne lui en avait pas voulu...pourtant il aurait presque préféré que son ami le frappe, au lieu de lui pardonner aussi facilement que Kel. Shimy, à qui Razzia avait résumé la situation, avait d'ailleurs marmonné, suffisamment fort pour qu'il l'entendre lui (et suffisamment bas pour que les autres ne l'entende pas), alors qu'ils partaient de la cité: «De la part de quelqu'un qui a lui-même un frère c'était sacrement cruel de lui imposer un tel choix! Je me demande ce que tu aurais fait à sa place dans la même situation? » Il avait été incapable de répondre....à la grande satisfaction de la jeune elfe.

Les pires choix qu'il eut à faire vinrent ensuite, il avait fallu voler l'Alystory. Briser la fragile réconciliation avec le peuple d'Oroban, avec son propre frère. Le choc quand il l'avait vu dans la salle du trésor, il avait vraiment maudit le destin et encore plus les Fabuleux, certain que c'était eux qui l'avait prévenu. Il n'avait pas temps d'expliquer la situation et ça aurait été de toute façon totalement inutile.
N'empêche que, passée la colère, son frère lui avait envoyé un regard déçu, pas furieux mais profondément déçu. Ca lui avait fait plus mal qu'un coup de poing. Il aurait presque préféré que le roux lui hurle dessus comme plus tôt. Tout plutôt que cette voix pleine de tristesse, de résignation et de déception «Alors on en est arrivé là hein?» Il avait fait mine de rien, s'était enfui avec l'alystory, certain qu'il pourrait arranger les choses. L'autre comprendrait quand il saurait tout, mais pour le moment, ils n'avaient pas le temps.
C'est ça, il s'excuserait plus tard! Il lui expliquerait dès que les Légendaires auraient réglés le problème Anathos. Le devoir était vraiment douloureux parfois. Rien que pour ça, il détestait ce dieu encore plus qu'après tout ce qu'il avait déjà appris sur lui.

Être chef n'était pas une partie de plaisir. Il fallait trancher, prendre des décision parfois difficiles et douloureuses. «Razzia, Ténébris, j'ai quelque chose à vous demander. Quelque chose de terrible!» Ca avait été son erreur, il avait signé son arrêt de mort mais ne le savait pas.
«Est-ce que tu penses que je suis un bon chef Jadina?»Il en avait assez de tout ça. Jovenia, Skroa, Darkhell et Elysio, le Gardien puis Anathos. C'était trop il avait l'impression d'avoir multiplié les catastrophes. Et il venait de demander à Razzia et à Ténébris de tuer Shimy le lendemain. Tout cela ne faisait que briser les liens qu'il forgeait avec les gens.
Comment Jadina réagirait-elle quand elle saurait qu'il avait ordonné la mise à mort de Shimy?
Et Gryf?
N'en parlons pas, il n'allait pas lui pardonner la mort de celle qu'il aimait.
Razzia s'en voudrait terriblement. Ilavait déjà tant de mal à se pardonner son passée sanglant.
Et Ténébris qui ne demandait qu'à se racheter, lui ne trouvait rien de mieux que de lui demander d'ajouter encore un nom à sa liste de victimes.
Il se sentait vraiment mal...Il en avait assez.
Dès que Anathos périrait... il raccrocherait, il s'excuserait auprès de sa famille, auprès du peuple d'Oroban pour avoir volé l'Alystory et il laisserait aux autres héros le soin de continuer à protéger Alysia, à trouver un remède à Jovénia.
Où était passé l'idéal qui le guidait lorsqu'il avait rencontré Jadina? Quand l'avait-il perdu?
Il ne le savait pas mais la situation lui avait échappé depuis un bon moment.
Le destin était en marche.


Mort


Rien se se déroule comme on voudrait. Le destin est parfois un fieffé coquin. Il était certain d'être vainqueur, d'avoir tué Anathos. Et soudain... «Écartes toi de la porteuse vite!» «Ta clé elfique, ele a été marqué par Anathos!»...tout bascula. Il n'eut pas le temps de comprendre que ces paroles impliquaient, pas le temps de réaliser pleinement le danger. En fait si mais trop tard...«Le clé que m'a offert...Shimy?» et ce fut la fin. Le regard aiguisé du dieu, les mots "plan B".
Une atroce douleur déchira son esprit. Il eut la vision de Jadina tentant de l'approcher puis plus rien qu'une vague de souffrance terrible, abominable, insupportable. Une douleur comme il n'en avait jamais ressenti. Il avait presque evie de supplier pour que ça s'arrêtes.
Était-ce ça mourir? Le noir l'engloutissait de plus en plus, des images de son passées passèrent terriblement vite devant ses yeux. Non...c'est trop tôt, je ne peux pas, je ne veux pas... Sa conscience diminuait de plus en plus, et la dernière chose qu'il perçut fut un rire diabolique, le rire d'Anathos. La dernière chose qu'il pensa fut «Pardon..»


Résurrection

L'air entra brusquement dans ses poumons inactifs depuis plusieurs heures. Il faisait nuit, heureusement car ses yeux n'auraient pas supporté la luminosité du jour dès sa renaissance. L'air lui brûlait les poumons, il toussa et cligna des yeux, tremblant de froid. Ses doigts étaient crispés autour de la garde de son épée qui brillait doucement dans l'obscurité. Il secoua la tête pour chasser les vertiges qui le prenait. Il inspira à nouveau, reconnaissant l'odeur salée de la mer, l'odeur fraîche de la terre retournée. Où était-il? Il vit alors une pierre au sol, avec son nom gravé dessus. Il baissa à nouveau les yeux vers la terre retournée, un rectangle au milieu duquel il se trouvait.
Une tombe?
J'étais mort?

Une vague de sensations et d'images plus ou moins floues envahirent brusquement son esprit, le faisant vaciller. Vivant, il était vivant!
Des silhouettes se tenaient face à lui, il n'en connaissait aucunes. Une fille, une femme, un elfe et une espèce de géant. Tous le fixaient avec un air étrange ou souriant.
«Qui...êtes vous?» Sa voix lui semblait étrange, il avait du mal à parler, sa gorge le faisait souffrir, sa poitrine également. Peut-être était-ce du à la blessure qui zébrait son torse au niveau de son cœur. La blessure qui l'avait tué? Tout était flou, il ne savait même plus comment il était mort, ça allait sans doute lui revenir non? Ou sinon...il devrait chercher par lui-même!

Une des silhouettes, une fille qui avait l'air joyeuse s'exclama avec amusement, d'une voix enjouée «Nous sommes ta nouvelle famille pardi!»
Il ferma les yeux, tentant de chasser ses nouveaux vertiges. Il était persuadé d'être mort! Qu'était-ce que ces étranges auréoles que les trois autres, et lui-même, avaient au dessus de la tête, pourquoi avaient-ils tous une armes elfiques? Il eut vaguement conscience que l'un de ses nouveaux venus, l'elfe pour être précis, posait une couverture (d'où la sortait-il d'ailleurs?) sur ses épaules et l'aidait à se relever, le soutenant pour ne pas qu'il s'écroule.
«Ne crains rien, je te l'ai dit nous sommes ta nouvelle famille!» répéta la petite en souriant gentiment. Il hocha faiblement la tête, n'ayant pas la force physique ou mentale pour les questionner, pour résister ou pour faire quoique ce soit d'autre.
Plus tard, il aurait le temps plus tard.
L'air frais de la nuit le frappa au visage, et il réalisa soudain pleinement la situation. Je suis vivant! Comment est-ce possible alors que j'étais clairement enterré? Il eut l'impression qu'il devrait attendre pour avoir des réponses. Il était vraiment..
...vraiment fatigué
. Il se laissa alors sombrer dans le sommeil, ne sachant absolument pas ce qui l'attendait quand il ouvrirait les yeux. Seul l'avenir le lui dirait.

Fin

Je posterais donc plusieurs OS (ou drabbles) sur les Légendaires dans ce sujet, ceux portant sur le tome 12 seront mis en spoiler pour le moment.
La plupart seront sur Danaël (pour le moment) mais il y en aura d'autre sur les autres personnages, autant les secondaires que les principaux.


Dernière édition par Dragonna le Sam 12 Juin - 11:30, édité 12 fois

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Mer 31 Mar - 21:47

Je dis qu'il y aura surtout des O.S sur Danaël et j'en écris un sur son frère....j'suis pas logique...

Spoiler tome 12 attenton à ceux qui n'ont pas lu!

Deuil.

La gigantesque sphère orangé se dissipa, laissant place au ciel, la température chuta brusquement tandis que les alliés dans les airs s'immobilisaient au dessus des hommes en armures ou au dessus des navires des elfes. Un roux lâcha le cristal de communication qu'il tenait serré dans sa main. Il inspira profondément, tout ses sens de guerrier en alerte. Mais rien n'arriva, et on ne voyait rien de ce qui se passait sur le Castellwar. Il gardait pourtant les yeux rivés dessus. Il n'arrivait pas à le lâcher du regard.
Un trop lourd silence s'installa.
Rien ne se passa durant un temps...

Un frisson le parcouru soudain malgré la chaleur ambiante de l'air. Un malaise le prit, diffus, étrange, indéfinissable..Il secoua la tête, pensant qu'il était épuisé autant physiquement que moralement, ces dernières heures ayant été assez éprouvantes. Il serra les dents de dépit, qu'est qu'il aurait aimé savoir ce qu'il se déroulait en ce moment avec les amis de son...avec les Légendaires.
Soudain aux oreilles de tous, un grondement retentit, et l'horrible machine de destruction du dieu du mal vacilla dans l'eau avant de se craqueler aux niveaux des «pattes», quelques instants après il s'affaissait, coulant quelques navires elfiques situés trop près de lui. Aussitôt les pirhanis, aidés par Halan et les bateaux de Shamira n'ayant pas coulés, partirent récupéré ceux qui se trouver à l'eau. Une seule chose marquait les esprits.
C'était fini...Cette fois, c'était certain, Anathos était vaincu. Les Légendaires avaient gagnés.
Aussitôt l'euphorie gagna les alliés du groupe de héros, il entendait vaguement ses hommes qui criaient de joie, Toopie qui sautait littéralement sur place en disant «Ils ont réussis!», Michi-gan qui s'exclamait «Je le savais qu'ils réussiraient!» et les elfes repêchés qui riaient avec les hommes d'Halan, avec les leurs, avec les Pirahnis.
Étrangement cette fois, un sombre pressentiment l'empêcha de se réjouir, comme un peu plus tôt. Pourquoi se sentait-il si mal soudainement? Il savait surement au fond de lui pourquoi mais son esprit rejetait encore (pour l'instant) ce qu'il savait inéluctable.
Peut-être parce quelque part, dans un coin de son esprit, avait persisté un espoir stupide et illusoire, si tenu qu'il le ressentait à peine, sans doute parce que c'était un espoir utopique.

Et puis ça arriva, les Légendaires surgirent des flots, du Castellwar en ruines sombrant au fond de l'eau. Ils étaient tous là, Ténébris également. Mais...Razzia tenait quelque chose dans ses bras...ils étaient encore trop loin pour voir quoi mais il sut, instinctivement. Un frisson d'horreur le parcourut à nouveau tandis qu'il fermait les yeux, inspirant profondément pour se donner du courage.
«Non...»
Il fit un pas un avant, attendant, immobile et silencieux que les cinq guerriers arrivent face à lui. Puisqu'il se trouvait devant tous les autres, personne ne pouvait voir la pâleur extrême de son visage, on ne distinguait que son dos raide et ses poings serrés. Personne ne pouvait deviner ce qu'il ressentait, personne ne pouvait le comprendre...
Il le savait pourtant...ca faisait deux ans qu'il le savait...
Le bloc de pierre, soulevé par l'eau grâce aux pouvoirs de Shimy s'éleva jusqu'à leur niveau et les guerriers se postèrent face à lui. Razzia fut le premier à s'avançer et, lançant un coup d'œil malheureux dans la direction de ses amis, s'avança vers le soldat, lentement, incapable de soutenir son regard. «Dézolé...»
Celui a qui s'adressait ce mot sincère, mais également vide de sens, réagit à peine, ses yeux bleus posé sur le corps sans vie dans les bras du châtain. Un court instant de silence et le commandant sentit ses jambes faiblir, alors que l'atroce réalité achevait l'illusoire espoir qu'il avait gardé au fond de lui, même s'il ne l'avait pas avoué, espoir qu'avaient sans doute partagé inconsciemment les Légendaires malgré leur décision de tuer Anathos.
C'est peut-être ça qui fit le plus mal...
C'était une chose de savoir, s'en était une autre de voir...

- «On a penzé que tu voudrais le voir d'abord! Z'est ton frère après tout! Ta famille!» Razzia semblait véritablement mal à l'aise, semblant crier au secours silencieusement.

Lentement il s'agenouilla, posant doucement le corps sans vie au sol. Le roux ferma les yeux, s'écroulant presque malgré lui à côté, chassant une image qui lui revenait aussi violemment qu'une gifle. Tandis qu'il prenait douloureusement son frère dans ses bras, le souvenir d'un homme blond, blessé à mort sur le champs de bataille, lui revint à l'esprit. Une image qui lui était si douloureuse qu'il n'avait jamais pu l'effacer de sa mémoire. Ou peut-être ne l'avait-il jamais voulu l'oublier? Le souvenir de son père mourant, son dernier faible sourire pour lui, ses yeux bleus se fermant à jamais, sa main retombant au sol alors que lui pleurait sans se soucier de quoique ce soit d'autre.
Ce souvenir pernicieux, douloureux se superposa brutalement à la réalité. Une cruelle et douloureuse réalité, une horreur qui lui était infligé une nouvelle fois. Était-ce la ressemblance physique entre son frère et leur père qui avait ravivé cette image qu'il croyait rangée au fond de sa mémoire?
Il eut à peine conscience que les Légendaires l'entouraient pour le soustraire à la vue de ses hommes, pour en quelque sortes le couper de son rôle ne serait-ce que quelques instants. Il ne vit pas que certains de ses compagnons d'armes, ceux qui avaient connus Danaël à l'époque où il était parmi eux, baissaient la tête, certains ayant les larmes aux yeux. Il ne vit pas Toopie qui pleurait dans les bras de Michi-Gan, pas plus qu'il n'entendait les pleurs de Jadina, effondrée contre l'épaule de Gryf.
Il ne se souciait de rien du tout. Qu'on le laisse en paix!
Il semblait couper du reste du monde. Il voyait le visage livide de son cadet, ses yeux fermés, le sang qui tâchait la cape de Razzia. Il était presque heureux de ne pas voir l'horrible blessure qui avait causée la mort du blond. Il ne l'aurait peut-être pas supporté.
Ses yeux le piquèrent....Non il ne pouvait pas pleurer, pas maintenant...
La dernière image qu'il gardait de Danaël, c'était le «je le crains mon frère» qu'il lui avait lancé dans la salle au trésor, le regard triste mais déterminé. Il l'avait tellement maudit ce jour-là, se demandant ce qu'il lui avait prit. L'incompréhension et les actes de son cadet l'avait blessé et il lui en avait voulus, vraiment. S'il avait su...s'il avait pu prévoir... Avant ce jour funeste du Heros Day, leurs relations allaient un peu mieux...et...il avait fallu que la dernière fois qu'il le voit et qu'il lui parle... il avait fallu ils se déchirent, qu'ils soient à la limite de se battre sérieusement pour la première fois de leur vie, un vrai duel et pas leurs bagarres ou disputes d'avant.
Il trembla, une boule douloureuse lui obstruant la gorge. Il ferma les yeux, tentant de contrôler sa respiration soudainement hachée. Il savait pourtant que son frère était mort depuis deux ans, mais...le voir là maintenant, ça faisait tellement mal.
Pardonnes-moi...
Si...si seulement...j'avais été moins buté, moins borné


Il eut brusquement conscience d'une main sur son épaule et d'une voix qui résonnait d'une façon étrangement lointaine à ses oreilles «Tu peux pleurer tu zais, perzonnes ne z'en zouziras! Ne te retiens pas, tu te fais du mal!!» La voix douce et compréhensive de l'ex ombre-rouge le fit trembler, il regarda à nouveau le corps sans vie, et ses yeux ne le brûlèrent que d'avantage.
Pleurer? il n'y arrivait pas....il avait l'impression d'étouffer...
Des images lui revinrent à l'esprit comme des vagues, comme des claques, comme pour vicieusement lui dire que c'était fini, qu'il ne le verrait plus, ne l'entendrait plus. Le visage curieux, souriant, boudeur, rieur de son frère, leurs disputes à tout âges, leurs entrainements, l'affection de son cadet lorsqu'ils étaient enfants. Ses grands yeux bleus emplis d'admiration, d'assurance, de malice, de détermination, de courage, de tristesse ou qui étaient moqueurs, provocateurs. Il eut l'impression de revoir toute leur enfance, leurs jeunesse, leurs differentes retrouvailles, durant des missions, suite au départ de son frère pour fonder son propre groupe.
Tout..jusqu'à ce fameux Héros Day.
Un jour qu'il s'était brusquement mis à haïr ...

Une brusque douleur dans sa poitrine le fit serrer les dents. Et finalement le barrage céda, il sentit les larmes qui coulaient sur ses joues, ses épaules qui tremblaient. Il céda à la douleur qui ne demandait à sortir, à s'exprimer. Il laissa le chagrin le submerger.
Pourquoi?
C'était la troisième fois qu'il subissait ça, la seconde fois qu'il voyait un de ses proches sans vie. Il n'avait plus de famille, il était seul.. ..Pourquoi le destin était-il si cruel? Pourquoi son cadet? Qu'avait-il fait pour mériter ça? Rien...Il se sentait tellement mal, et vaguement coupable. Pourquoi se sentait-il coupable? Il n'en avait aucune idée...il s'en fichait...il se fichait de tout. Qu'on le laisse en paix. Il avait enterré son père malgré son jeune âge il y a longtemps, maintenant il devait faire de même pour son petit frère...la dernière personne qui méritait ça. Il eut une brusque nausée qu'il réprima avec difficulté. L'image d'une tombe portant un nom lui faisait encore plus mal.
Il passa lentement ses doigts dans les mèches blondes, se souvenant douloureusement que Danaël avait toujours eu horreur de ça, qu'on le décoiffe. Se blessait-il volontairement et inconsciemment en se souvenant comme ça de petits détails? Sans doute..Il ne pouvait s'en empêcher. C'était à ce moment que des tas de choses à propos du blond lui revenait, comme pour le faire souffrir d'avantage. Il leva une main rageuse pour chasser les larmes qui troublaient sa vision (quand avait-il retiré ses gants? Il ne s'en souvenait plus), incapable de détacher son regard du corps sans vie.
Il était mort...
Jamais plus ils ne pourraient se parler, se disputer ou se réconcilier...ce qu'ils auraient du faire depuis longtemps d'ailleurs!
La dernière chose qu'il lui avait dit, c'était de ''Revenir tout de suite ici avec l'Alystory'' ...Ca avait été de lui faire comprendre à quel point il était déçu et furieux par ce qu'il faisait

C'était peut-être pour ça qu'il se sentait aussi mal aussi, parce qu'ils n'avaient pas pu mettre les choses aux clairs, qu'il n'avait rien compris à temps. Qu'il était déjà mort alors qu'il pensait encore à lui comme un ''traitre à Alysia'', juste avant que ses amis n'atterrissent, blessés, près d'eux.
Je n'ai jamais essayé de te comprendre vraiment...j'aurais du essayer.
Il avait beau être pénible, ne jamais écouter ce qu'on lui ordonnait/disait, il avait beau avoir fait pas mal de gaffes...avoir été accidentellement responsable de l'accident Jovenia....il l'aimait quand même son idiot de petit frère...et était véritablement fier de lui, même s'il ne l'aurait jamais admis...au concerné.
Pourquoi fallait-il qu'il fasse tout ces constants maintenant? Qu'est que ça changeait puisqu'il était mort? Il se sentait furieux envers lui même. Il se sentait mal, tellement mal...
Et il savait qu'il n'existait aucun remède à ça...
Rien sauf le temps...C'était bien ça le pire...

Fin


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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Ven 2 Avr - 21:10

«Au Début»

L'enfant se recroquevilla sous le bureau, les genoux contre son torse, ses petites mains plaquées sur ses oreilles. Mais il ne pleurait pas....enfin c'est ce qu'il voulait faire croire. Non...Il n'avait pas peur, il ne craignait rien! Rien du tout! Pourquoi il aurait peur d'ailleurs? Sa mère ne risquait rien puise que père était là! Une lueur illumina soudain la pièce sombre, la lueur d'une bougie tenue par quelqu'un. Une paire de pieds juste devant son nez le fit sortir de sa cachette. Il eut un sourire timide en voyant qui était présent devant lui.
- «Ha! Je te cherchais partout!» Son père le dominait, tenant une bougie à la main. «Pourquoi tu te caches au juste? Et pourquoi ici?» Le soldat se traita aussitôt d'idiot: parce que c'était l'endroit le plus éloigné des chambre bien sûr! Il pesta également contre la gouvernante qui avait été incapable de surveiller correctement son héritier. Ca faisait quand même une heure qu'il le cherchait partout!
- «Mais...Maman ...pourquoi est-ce qu'elle criait hein? Pourquoi tu n'a rien fais?» Murmura le petit garçon en agrippant de sa petite main la tunique de son père, ses immenses yeux bleus plantés sur lui.
- «Hum...Je ne pouvais pas faire grand chose dans cette situation fiston!» Marmonna l'homme embarrassé devant l'air curieux et interrogatif de son premier enfant. Il passa une main dans la chevelure du petit garçon, pensant qu'il n'avait pas volé le surnom que lui avait donné sa mère «Petit Feu Follet». Actuellement le soldat ne voulait qu'une chose, s'assurer que sa femme allait bien, mais il avait préféré chercher son fils aîné d'abord, pensant qu'elle voudrait aussi le voir.

Son père le déposa doucement au sol et frappa à la porte. Une femme en sortit, elle sourit et s'exclama «Ha c'est vous! Vous pouvez la voir bien sûr, mais souvenez vous qu'elle a besoin de repos!» Elle posa une main sur l'épaule de l'homme en disant avec douceur «Vous avez un second fils! Félicitation!» L'enfant n'avait pas suivit la discussion, tentant de voir à l'intérieur de la chambre mais, levant les yeux, il vit un véritable sourire sur le visage de son père. Qu'est qui se passait au juste?
Il entra dans la chambre lentement, à la suite de l'adulte, comme si un geste trop brutal allait déclencher une catastrophe, il ne comprenait pas l'atmosphère présente dans la maison depuis ce matin.
Sa mère était allongée dans le grand lit, et lui sourit, tendant la main vers lui. Le petit garçon de trois ans s'avança doucement et s'arrêta au chevet de la jeune femme aux cheveux de même couleur que les siens. Les grands yeux bleu du petit la fixait avec une légère angoisse. Il finit par prononcer le mot qu'il avait sur le bout des lèvres depuis le matin. «Maman» Sa petite voix était teintée d'inquiétude. Il avait eu peur quand il l'avait entendu crier, et était resté caché dans sa chambre, après que son père lui ait dit que c'était normal et que personne ne lui faisait de mal mais avait fini par aller se cacher dans une autre pièce de la demeure, ne supportant plus d'entendre les cris. Mais pourquoi hein? Qu'est qui s'était passé exactement? Il chercha son second parent avec curiosité, se demandant où il se trouvait. Son père était penché sur quelque chose, un peu plus loin et souriait tendrement, mais l'enfant n'en avait rien à faire pour le moment. Il s'inquiétait pour sa mère, dont il s'approcha à petits pas, jusqu'à être juste à côté du lit.
- «Je vais bien mon trésor» fit-elle en caressant les courtes mèches rousses de son premier fils, s'amusant de le voir dans un tel état. Il grimpa sur le lit pour se blottir contre elle et elle le serra dans ses bras. « Je ne t'ai pas fait trop peur?»
L'enfant secoua la tête, voulant paraître courageux aux yeux de la personne la plus importante pour lui. Il fit un petit sourire à sa mère et entendit alors quelque chose, un petit bruit qu'il ne connaissait pas. Surpris, il tourna la tête dans la direction d'où cela venait. Son père tenait quelque chose dans ses bras, un paquet de couverture pour être exact. Et il souriait tendrement...comme si ce qu'il regardait était merveilleux.
Qu'est que c'était que ça?
- «Alors?» fit sa mère en riant. «Tu ne veux pas voir ton petit frère?» Son rire reprit de plus belle quand deux grands bleus surpris se posèrent sur elle. Puis l'enfant sembla vraiment réaliser la situation, qui semblait lui être sorti de la tête. Il se souvenait tout juste que sa mère lui avait dit, il y a un moment, qu'il allait être grand frère. Il allait y avoir un autre enfant à la maison. Mais qu'elle ne savait pas si ce serait une fille ou un garçon..«C'est un garçon alors?» Sa mère rit en hocha la tête, tandis que son père s'approchait, donnant l'enfant à sa mère. Un nouveau bruit, semblable à un gazouillis, se fit entendre et le jeune enfant s'approcha pour mieux regarder son frère, poussé par la curiosité. «Ho il est tout petit!
- Toi aussi tu étais petit!» Rit sa mère, le laissant observer son cadet à loisir, l'enfant plissa ses yeux bleus et regarda le bébé, apercevant un fin duvet blond sur le crâne du nouveau-né.
- «Ho! Il a les même cheveux que toi papa!» s'exclama t'il, sans trop élever la voix, conscient qu'il fallait rester calme.
- «Oui.» répondit l'homme en riant légèrement, debout derrière lui, observant la scène avec bienveillance . Son premier fils continuait de regarder son petit frère avec curiosité, il n'avait jamais vu de bébé avant et celui-ci était tout petit. L'enfant aux mèches couleurs de feu tendit la main vers le plus petit, touchant légèrement la joue du nouveau-né. Celui-ci planta alors son regard dans le sien. Un regard d'un bleu un peu voilé qui fit sourire le plus vieux des deux.
- «Il est mignon!» fit le nouveau grand frère d'un ton joyeux, tandis que les parents s'échangeaient un regard soulagé, ravis de voir que le contact était très bien passé et que leur second fils était très bien reçu par son aîné. Soudain le plus vieux des deux enfants sembla se souvenir de quelque chose et tourna la tête vers ses parents. «Il s'appelle comment?» s'informa t'il, voulant savoir sous quel prénom désigner son cadet.
Son père ébouriffa les mèches de feu en souriant en répondit, d'une voix douce: -«Nous avons choisie de l'appeler Danaël! Qu'en penses tu?» Il ne lui demandait pas son avis mais simplement s'il aimait le nom. Il ne fut pas déçu car la réaction fut plutôt positive.
- «Ho! Ca se finit comme mon nom!» s'enthousiasma le petit roux, ayant l'air d'accord avec l'idée «C'est joli en plus!» rajouta t'il après un court temps de silence, comme si cela était secondaire.
Son père pouffa et détourna le regard, amusé par les remarques de son premier enfant. Le petit était vraiment adorable.
L'enfant regarda à nouveau le bébé, s'exclamant d'un ton bas mais joyeux: «Salut petit frère! Moi c'est Ikaël» Le bébé ne lui répondit évidement pas mais planta sur lui son regard azuré, l'air fasciné. Le nouveau grand frère sourit et tendit un doigt vers le bébé qui, maladroitement et peut-être sans vraiment contrôler ses gestes le saisit, récoltant trois nouveaux sourires par son adorable action.

Fin


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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Sam 3 Avr - 11:10

«Bataille»

«[....]Le traité de Karabos, fut signé entre Karakis, capitale du Royaume Elfique, et Oroban, capitale de Larbos (qui représentait Alysia en ce jour) en ce jour du solstice d'hivers le....[...]»


En ce début d'après-midi, il faisait particulièrement chaud, c'était le plein été. A Sabledoray Halan et Jadina maudissaient leurs parents de leurs coller un précepteur même à une telle période de l'année. Alors qu'ils pourraient faire des courses de Chokapiks ou aller nager un peu, bref s'amuser comme des enfants de 6 ans aimaient le faire. Leur attention n'était donc pas des meilleurs. Pourtant en temps que futurs souverains de leurs royaumes, ils devaient apprendre la politique, les dates des différents traités bref...tout ce qui touchait au travail d'un monarque. Donc c'était obligatoirement ennuyeux, ils ne comptaient plus les livres poussièreux qu'on les forçaient à lire. Réprimant chacun un bâillement, ils se forcèrent à se concentrer un peu, pour faire plaisir à leur percepteur que par intérêt pour le cours.

«[...]Il fit suite à la bataille de Kolerbos....grande bataille qui se fit suite à une ouverture entre les deux monde par des elfes des différentes îles dont le chef des armée, originaire de Koléana. avait décidé d'agir en solo, indépendamment de la capitale pour tenter de conquérir un territoire pour les elfes en Alysia, ce que les habitants du dit-territoire n'étaient pas prêt à laisser faire.
Ces elfes rebelles furent d'ailleurs aidés par deux autres clans. Mais leur chef s'était rendu compte que son armée ne serait pas suffisante. Donc, deux ans avant cette grande bataille, ce capitaine réussit à orchestrer un coup d'état et à renverser le monarque qui était prêt à la paix avec Alysia...en l'assassinant. Le pays elfique se retrouva alors avec un elfe aux commandes, un elfe qui n'acceptait pas que son peuple reste dans un autre monde, et qui était persuadé qu'ils avaient le droit de vivre à Alysia comme tout les humains. [….]»


Razzia, de son côté, passionné par l'histoire, était assis sur un banc dans son école, les yeux rivés sur l'enseignant, écoutant le même cours avec une attention satisfaisante. Il était conscient que Sheyla, dans une situation identique s'endormirait sur son bureau....mais lui adorait ce cours sur la bataille qui avait eu lieu deux siècles auparavant entre Alysia et le Monde Elfique, bataille ayant aboutit la la grande paix définitive et à l'alliance. Dire que tout était parti d'un simple coup d'état...la politique était vraiment au cœur de l'histoire! Il plongea sa plume dans l'encrier et prit fiévreusement des notes. Il aimait vraiment cette matière!

«[....]En ce jour du. ** de l'année ****, les troupes elfiques dirigées plus ou moins contre leur gré ouvrirent des portails au dessus de Larbos et s'attaquèrent directement à la capitale, dans l'espoir d'atteindre le roi et d'infliger ainsi un coup fatal au pays contre lequel ils se battaient. Mais il y eut, parmi les elfes, des alliés du roi qui avait été renversé et qui étaient menés par le frère cadet de ce dernier. Ils défendirent le roi Larbosa *** de toute leur force. Parallèlement, des troupes venues de Rymar arrivèrent au secours de leurs alliés, escorté par des soldats venus de Sabledoray. Les troupes de Larbos purent ainsi l'emporter[....].»

A Oroban, deux garçons n'étaient pas aussi concentré que ça face au même cours présenté par un autre precepteur. L'ainé, âgé de 9 ans s'était littéralement endormis et le cadet, âgé de 6 ans, rêvassait en regardant par la fenêtre. Il était étrange que deux enfants de trois ans de différence d'âge suivent le même cours mais leur père voulait voir l'influence que chacun avait sur l'autre, persuadé que son plus jeune enfant serait influencé de façon bénéfique par le sérieux de son frère. Cela n'avait lieu que durant les cours «d'Histoire». Ce n'était pas tout à fait ce qui prévu qui se passait actuellement.

«[...]Le capitaine traitre fut condamné autant pour avoir déclenché une guerre avec Alysia que pour être (et avoir tenté d'être à nouveau) un régicide. Les elfes placèrent le frère de l'ancien roi, le prince Karka-rash sur le trône elfique. Le traité fut ensuite signé avec Larbos, car il s'agissait du pays agressé. Oroban serait donc avec Karakis les «symboles» de la pays entre Alysia et le monde elfique....En ce qui concerne les conséquences à long et à court termes, commençons par les conséquences politiques...»

Un coup brutal sur la table réveilla l'endormi et fit presque tomber le rêveur de sa chaise. Ils eurent l'air un court instant surpris puis lancèrent un regard faussement innocent sur leur précepteur.
Celui-ci inspira profondément pour se calmer et demanda, d'une voix froide «Puisque mon cours vous intéresses si peu, je suppose que la raison est que vous savez déjà tout sur cette bataille?» Face au silence légèrement teinté de malaise, il eut un sourire triomphale. «Et bien....Ikaël, je vous écoutes? Dites moi les conséquences politiques de tout ça...»
L'enfant se leva, mal à l'aise et hésita un court instant «...il fut décidé que...que...Il fut décidé de..» Face à son professeur qui souriait d'un air un peu effrayant, le roux déglutit et s'apprêtait à rendre les armes quand enfin, ce qu'il avait déjà lu sur le sujet lui revint «...de solidifier les liens entre les princes en les envoyant 6 mois par an dans l'autre monde, afin qu'ils aient de bonnes relations. Car le prince elfique était généralement élu par le peuple» L'homme hocha la tête, avec un peu de réticences et continua «...c'est tout?»
L'enfant, se mordillant la lèvre, hocha la tête. L'homme grogna et lui flanqua une taloche sur la tête, ignorant le cri indigné du plus jeune des deux frères. «Lamentable! Comment voulez vous devenir chevalier un jour si vous ignorez tout de la politique et de son fonctionnement, de son histoire?»
Le roux se frotta la tête, grimaçant et marmonna entre ses dents «Je m'en fiche de la politique! C'est juste bon pour les rois et les reines,»
Danaël croisa les bras et renchérit «C'est vrai ça, en quoi ça nous concerne d'abord?» Il se prit à son tour une taloche qui lui fit monter de petites larmes au coin des yeux, tandis que l'homme lui disait de se taire et de ne pas se mêler d'une discussion ne le concernant pas!
Puis le précepteur se tourna vers Ikaël, un air terrible sur le visage.
- «Certes tant que vous n'êtes pas un guerrier important, cela vous passerez par dessus la tête. Mais si vous étiez une personne gradée, comme votre père? Vous voulez déclenchez un incident diplomatique? Vous croyez que votre père ne doit pas traiter avec la politique avec son poste de commandant?» Ironisa t'il, foudroyant le petit roux du regard. L'enfant ne répondit pas, mains croisées derrière le dos, yeux rivés vers le sol, se retenant de dire quoique ce soit. «Vous ne voulez rien répondre? Soit...vous allez copiez tout ce que nous savons sur cette bataille, et lors de notre prochaine leçon vous me réciterez tout, sans rien oublier. J'ose espérer pour vous que vous n'hésiterez plus la prochaine fois. Il soupira, l'air soudainement épuisé et reprit «A demain jeunes hommes, j'espère que cela sera plus satisfaisant ou je devrais en avertir votre père!» Il partit, laissant les deux enfants seuls dans la pièce.
Le blond regarda son aîné qui se rasseyait sur sa chaise et se mettait à copier une nouvelle fois la leçon du jour, après avoir ouvert le livre sur le même sujet à la page voulue. «Je déteste les histoires de politiques, c'est compliqué!
- Normal t'es encore trop jeune! Et moi aussi je déteste ça!» Il releva les yeux des trois lignes qu'il avait déjà écrite et ouvrit de grands yeux «Mais...qu'est que tu fais?» S'étonna-t-il en écarquillant les yeux, largement surpris par le spectacle de son jeune frère plongeant une plume dans l'encrier pour en poser ensuite la pointe sur un parchemin vierge.
- «Ben je copie moi aussi! Pourquoi y aurait que toi qui serait puni alors que moi j'écoutais pas non plus?
- Parce que tu n'as que 6 ans et que tu ne sais pas vraiment encore écrire!
- M'en fiche, je copie quand même! C'est pas dur de refaire les même lettres, c'est un peu comme du dessin!
- Pauvre plume...pauvre parchemin..» Il eut un sourire sous le regard noir et se replongea dans son propre travail. «Je déteste cette fichue bataille de Karabos! C'est franchement compliqué toutes ces intrigues!
- Moi aussi, et je déteste la politique! J'y comprend riiieeenn!! Ca me file mal au crâne!!
- Moi aussi mais on a pas le choix, apparemment!»

Fin


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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Sam 3 Avr - 11:13

«Casque»

Le garçon de six ans entra dans le bureau de son père, vide à cet instant puisque l'homme était actuellement occupé avec son grand frère. L'enfant blond grimpa sur la chaise pour saisir le casque posé sur le meuble où était entassé pas mal de papiers. Il le prit dans ses main, le faisant tourner, miroiter à la lumière (du soleil) qui se déversait par la fenêtre, s'émerveillant des doux reflets bleus-argenté. Vivement qu'il ait l'âge quand même! Dire qu'Ikaël n'avait plus que six ans à attendre! Le veinard! Lui devait encore attendre neuf ans! C'était trop long pour le petit enfant qu'il était! Il n'aimait vraiment pas ça attendre, il n'était pas patient!
Enfin....pour le moment, il n'avait pas envie de penser à ça, plutôt à s'amuser un peu. Il regarda donc le casque sous tout les angles, admirant les deux ornements, en forme d'ailes, situé de chaque côté du casque. Les même ailes qui ornaient le plastron des armures...un très beau symbole à ses yeux.
Il s'amusa à glisser le casque sur sa tête, afin de faire ''comme son père''. Pas de chance, il était trop grand, évidement, et il lui tomba dans les yeux, le plongeant dans l'obscurité. Il grogna et le souleva, se coinçant accidentellement une ou deux mèches en faisant ça. Il le retira, complément ébouriffé avec un moue vexée et fut tiré de sa ''déception'' par un petit rire qui le fit tourner les yeux vers la porte. «Pè...père?»
L'homme le regarda, à mi chemin entre fausse exaspération, indulgence et amusement tandis que son frère, également présent, riait doucement en silence. Le plus vieux dit alors en s'approchant «Je vois que tu es vraiment impatient de devenir un chevalier!» Il prit doucement le casque des mains de son second fils et s'agenouilla devant lui, lui ébouriffant les cheveux encore plus qu'ils ne l'étaient déjà, s'attirant une maigre protestation devant cet acte.
- «Ce casque était vraiment...vraiment trop grand pour toi Dan, tout le haut de ton visage était caché! Tu ne devais plus rien voir!» Ricana gentiment son frère en les rejoignant, tapotant le front du blond de son index. Son cadet, qui avait repris le casque lança un coup d'œil à son père, hésita un court instant et posa la protection de métal sur la tête de son frère.
Évidement le roux était aussi trop petit pour le haut d'armure et le casque lui tomba donc jusqu'en dessous des yeux, bien que cela était moins "impressionnant" que pour le blond. Celui-ci éclata de rire, sous le regard blasé de leur père qui restait le spectateur silencieux de la scène. En marmonnant quelque chose d'indistinct, le roux redressa le casque d'une main, l'immobilisant au dessus de ses yeux, lançant un regard faussement furieux au plus jeune qui répliqua innocemment. «Il te va bien!» L'autre soupira et le retira complétement, le tendant à leur père qui le remit sans un mot.
- «Toi par contre...t'étais franchement ridicule!
- Même pas vrai!
- Ta tête disparaissait presque complétement dedans frangin!
- Et toi, il te tombait pas jusqu'en dessous des yeux peut-être? Toi aussi tu étais ridicule!
- Pas autant que toi! Et pourqui tu m'as dit que ça "m'allait bien" alors?»
Leur père leva les yeux au ciel et, leur flanquant à chacun une petite tape sur la tête, leur ordonna d'aller rejoindre le maître d'armes pour l'un et d'aller s'amuser un peu dehors pour l'autre.

Fin


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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Sam 3 Avr - 23:16

«Coup de Bluff (Série des «Et si....ça s'était passé autrement!»)»

Ténébris soupira en voyant tout les hommes en armures qui les entouraient, épée à la main, un air menaçant sur le visage. Mince! Ça n'allait pas être facile, les faucons d'argent et les Fabuleux ne semblaient pas prêt à les laisser partir. Leur chef semblait vraiment sur les nerfs. Il était vraiment furieux et semblait à deux doigts de faire un malheur!
Normal, je serais aussi en colère à sa place vu les circonstances et ce que nous sommes en train de faire! Et il est pas futé de crier haut et fort son lien avec le blondinet quand même! Une âme mal intentionnée pourrait lui mettre la pression/lui faire du chantage en jouant les sadiques! Heureusement que je suis en plein repentir, l'ancienne moi aurait profité de ça!
Danaël lui semblait pour quelques instants à court de mots, hésitant à agir. Razzia se redressait un peu derrière lui, comme prêt à agir. Puis le blond tenta de s'expliquer, proposant même à son frère de lui laisser Ténébris ce qui fit fronçer les sourcils à son ex-ennemie, peu ravie de l'entendre dire de telles paroles, ne trouvant rien d'autres à marmonner que "Sympa"
Ikaël foudroyait son frère des yeux, lui criant qu'il ne le laisserait pas voler le plus grand trésor d'Alysia!
Ténébris soupira une nouvelle fois: Ca va dégénérer en bataille générale et on va être submergé par le nombre, vu qu'on est sous terre et que la seule sortie est bloquée, ainsi que celle qu'on a créée, on est mal.
Il fallait agir pour calmer le jeu et vite. Du coin de l'œil elle vit Razzia bougeait le socle de pierre pour tenter de récupérer l'Alystory.
- «HALTE!»
Une flèche siffla et se planta dans le dos de son cher et tendre qui s'effondra en poussant un gémissement de douleur. Tout les Légendaires se précipitèrent vers lui, criant leur inquiétude. Ténébris ne put s'empêcher de crier «Korbo» en se précipitant à ses côtés, s'arrêtant aux côtés de Danaël pour regarder son bien-aimé blessé. Elle jeta ensuite un œil noir à l'archer responsable qui eut un mouvement de recul presque instinctif. Elle en avait assez, ils allaient être capturé si personne dans ce groupe ne faisait rien.
Danaël semblait marcher au ralenti depuis que son frangin et ses hommes s'étaient pointés, il semblait presque hésitant. Et encore plus avec la flèche lancée sur son ami... Ténébris, elle, analysa la situation avec calme et calcula leurs chances avec tout son savoir de tacticienne, malgré son inquiétude pour son Korbo et pour leur possibilités d'actions.
Danaël est-il conscient que la situation est difficile, presque perdue? Nous ne pourront pas battre toute l'armée des Faucons d'Argent, assistée des Fabuleux, sans l'aide la magie de l'elfe et de l'ex-princesse. Nous serons vite submergés par le nombre et capturés...puis pour s'expliquer après, personne ne va nous croire. Quoique y en a ici qui savent qui est le Gardien mais cela va t'il suffire à les convaincre? Pas vraiment...ils ne nous laisseront pas partir! Et mes pères pourraient arriver d'un moment ou un autre, ce n'est qu'une question de temps. Le temps que va mettre le Gardien à nous retrouver, parce qu'il va surement nous chercher lui-même vu "l'urgence" de la situation!
Il faut agir! Je ne pensais pas devoir en arriver là une fois encore, j'ai changé mais je n'ai pas le choix, pour sauver Korbo et ses amis, je n'ai pas le choix. Ca ne me plaît plus de faire ça, ça me déplaît profondément même mais si on veut s'en sortir sans problème et sans passer par la case interrogatoire et prison, on a pas le choix.
Et encore ce n'est même pas sûr que ça marche.


Alors que Razzia venait de retirer la flèche de son dos. Elle sut qu'il fallait agir avant que les personnes présentes ne réagissent vraiment, d'autant qu'elle avait crier «Korbo» en plein milieu de la pièce et que certains avaient brusquement pâlis en entendant ce nom autrefois si craint. D'accord...Action maintenant! On va penser que je vais agir sous le coup de la colère et on sera plus enclin à me croire! Songea la fille du sorcier.
Elle sortit ses lames et semblait prête à agir mais Toopie s'avança à ce moment-là, pâle et tremblante. «Razzia...tu es...l'ombre rouge?» Ténébris recula d'un pas, mal à l'aise quand l'enfant raconta son histoire. La culpabilité la prit et alors que la gamine allait s'avancer elle agit, plus malgré elle qu'autre chose, plus pour couper court à cette discussion avec les crimes de son passé qui la faisait souffrir que pour récupéré l'Alystory.
Elle dégaina à nouveau ses lames, attrapa la cape blanche du blond et l'attira brusquement contre elle, lui plaquant la lame tout contre la gorge. «Laissez nous prendre le livre sacré et partir commandant ou votre frère va y passer!» Elle sentit son otage se tendre presque contre elle et l'immobilisa fermement de son bras libre, espérant qu'il allait vite comprendre. «Je suis tout ce qu'il y a de plus sérieuse! A vous de choisir: l'Alystory ou Danaël» Elle entendit le cri de protestation du concerné qui aurait plus été prêt à une bataille qu'à pareil (cruel) chantage mais n'en avait rien à faire du tout. Tout comme elle se fichait de la réaction des autres Légendaires, espérant tout de même qu'ils comprendraient rapidement qu'elle jouait la comédie. Après tout elle les avait sauvé de ses pères non?
L'interpellé par la fille du sorcier répliqua avec colère: «Ce sont des paroles en l'air Ténébris! Vous avez clairement fait alliance! Je ne me laisserais pas abuser par un coup de bluff!
- Ho? En es-tu si certain que c'est du bluff rouquin? Korbo chéri, dis leur que je suis sérieuse et que je vais liquider le blondinet si on me contrarie!» Elle afficha un sourire sadique à souhait, faisant trembler toute les personnes qui le virent. Razzia eut un rire nerveux, il avait certes compris que c'était du bluff, il la connaissait mais pour les autres, ils commençaient à douter, même les autres Légendaires. Shimy s'était écriée qu'elle avait raison, qu'elle n'était pas digne de confiance. Gryf et Jadina lui criaient de relâcher tout de suite Danaël!
Bon Point pour elle, car avec ce manque de confiance de la part des amis du blond, Ikaël commença à douter et à légèrement s'inquiéter de la tournure que prenait la situation.
En même temps, son frère tirait une tête d'abord franchement surprise puis sembla quelque peu en colère. «Ténébris pas de blagues! Lâches moi tout de suite!» s'exclama l'otage, soudain peu rassuré. La lame entailla légèrement sa peau. «Qu'est qui te prend?»
Calmes toi..fais moi confiance! Je suis ton alliée je vous l'ai dit! La prison m'a changé! Fut le chuchotement à son oreille, que lui seul entendit. Il cligna des yeux. Elle jouait la carte du bluff? C'était risqué. Il eu soudain peur. Qu'est qu'allait faire son frère maintenant? Il eut soudain des doutes...malgré lui. "Il va pas ordonner l'attaque quand même hein? Ikaël fais pas l'idiot! Je ne risque rien certes mais si tu attaquais quand même"...Il n'osa pas penser que ça lui ferait mal d'entendre son frère ordonner l'attaque en passant outre les menaces de la brune!.

Ténébris partit d'un ricanement parfaitement maitrisé qui fit trembler malgré lui son otage. «Alors blondinet, c'est le moment de voir ce qui est plus important pour ton frangin entre son boulot et toi! Je suis curieuse de voir ce qu'il va faire!» Déclara t'elle de façon parfaitement audbile pour toute la salle cette fois, resserrant sa prise pour montrer qu'il n'y avait aucune chance qu'il ne file ou se dégage.
Moi ça ne m'amuse pas Ténébris! Tu n'avais pas à lui faire un coup pareil Je ne suis pas d'accord!! Siffla t'il de façon à ce qu'elle seule l'entende. Elle ne répondit pas et ne le lâcha pas pour autant, à son grand dépit. Il avait soudainement peur des conséquences de ce coup de bluff.
Qu'elle ne détruise ses rapports avec son frère, déjà que ceux-ci semblaient compromis avec les évènements d'aujourd'hui, ce n'était pas la peine d'empirer la situation. Il décida "d'agir" et lança: «Ikaël, elle ne plaisante pas! Je te jure! Tu crois vraiment que j'aurais demandé à Ténébris de faire ça? Que j'aurais pu vouloir me servir de notre lien comme ça, pour te faire du chantage?» Ténébris ne le lâcherait pas, il en était certain et préférait donc entrer dans son jeu, on ne savait jamais qu'elle deviendrait sérieuse: elle ne se préoccupait sans doute que de Razzia après tout, mais il espérait que ça changerait pour ce dernier point.
Non, lui, ...il aurait largement préféré se battre...il était un peu en colère contre Ténébris pour son geste, conscient qu'elle devait l'être tout autant pour la flèche tirée sur Razzia. Certes elle avait évité que tout tourne à la bataille générale, bataille qu'ils aurient peut-être (voir surement) perdus..mais..
- «Désolée mais je ne retournerais pas à Barek! Alors Korbo prend l'Alystory et les emplumés vont s'écarter et nous laisser sortir ou alors le commandant va perdre son frangin! Au choix»!
Danaël sentit la lame qui entaillait légèrement sa peau, faisant couler un très léger filet de sang. Il déglutit, tremblant et jeta un coup d'œil vers son frère visiblement aussi mal à l'aise que lui. Visiblement le soldat commençait à y croire. Et n'avait plus l'air de maîtriser la situation.
Qu'allait décider son aîné? Allait-il décider d'attaquer, le ''sacrifiant'', espérant sans doute que ce n'était qu'un coup de bluff (et c'était bel et bien le cas) ou allait-il les laisser partir? Il ne savait pas ce qu'il préférait au fond de lui. Le premier cas le blesserait, car il ne saurait pas si son frère avait joué sa vie à pile ou face (coup de bluff ou pas? Prenons le risque!) ou pire...qu'il ne s'en soit pas soucié (bien qu'il en douta). Et dans le second cas, cela risquait de détruire leur relation, et il savait à quel point le devoir était une chose importante pour son frère. Il avait conscience du malaise qu'il ressentirait s'il l'obligeait à rendre les armes, même pour le protéger (quoique ce point lui faisait plaisir quelque part, ce qui restait paradoxal).
Un des soldats se tourna vers son chef, tandis que Razzia prenait la sphère de verre contenant l'Alystory. «Qu'est qu'on fait commandant? On ne peux pas les laisser faire?!»
Heureusement pour le roux déstabilisé et hésitant, il n'eut pas le temps de faire son choix, qui aurait été douloureux, quelque soit celui qu'il aurait fait, car la salle sortit brusquement de terre, s'élevant à une grande vitesse. Ténébris, sous le choc, lâcha son otage, qui s'écroula comme elle par terre. Ils n'eurent pas le temps de vraiment agir en conséquence car Darkhell et Elysio venaient d'apparaître dans leur champs de vision, après avoir détruit le plafond de la pièce.
C'était la diversion dont ils avaient besoin!

La suite, vous la connaissez...

Fin


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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Dim 4 Avr - 10:44

«Dispute»

Un ordre était un ordre.

C'était pour eux une habitude, un truc normal...ils en recevaient chaque jour. Ici en l'occurrence, l'ordre était simple à comprendre, c'était...Ne....pas....bouger....de son poste. Surveiller les environs. Crier un bon coup si un danger était perçu, ou sonner tout simplement l'alerte en soufflant dans le cor aussi...ca faisait moins mal aux cordes vocales. Bref monter la garde quoi! Normal pour des soldats comme eux. Facile à dire!! Il plia un court instant sa jambe droite qui était à deux doigts de la crampe. Il chassa difficilement l'envie de s'étirer. Il avait des crampes à être debout depuis deux bonnes heures, ses membres alourdis par l'armure bleue-argentée qu'il portait.
Il aurait bien voulu l'y voir!!
Quoique... il avait dû être à sa place, à ses débuts.
Maintenant il donnait les ordres mais il avait dû obéir aussi à une époque.
Et il en profitait le sadique!Il se vengeait sur eux de ces propres tours de garde!
Non mais sérieusement..il était crevé. N'importe qu'elle autre nuit, ça lui aurait été égale mais pourquoi justement celle où il avait vraiment envie de dormir?

Bon d'accord, il était ravi d'être logé à la même enseigne que les autres, même si la sur-protection de son frère ne le dérangeait pas plus que ça (cela avait quelques avantages mine de rien d'être le frère du chef du groupe). Et puis il était lieutenant, il devrait avoir passé le coup de «monter la garde» non? C'était de l'abus de la part du frangin là! Et lui faisait preuve de la plus totale mauvaise fois, même s'il ne l'aurait pas admit. Il était juste fatigué!
En effet il n'avait qu'une envie: fermer les yeux et dormir. Il était fatigué, vraiment fatigué, épuisé, à bout. Fallait dire que la journée n'avait pas été de tout repos.
Jetant un œil à l'autre soldat de garde, il soupira: son compagnon était raide comme la justice, lance à la main, regards durs et seul son regard bougeait. Le soldat parfait....ouais! Ca se voyait qu'il avait dormi la nuit précédente lui.
Un nouveau soupir lui échappa et il retira son casque, passant sa main sur sa nuque. Après un court instant de réflexion, il s'assit sur un tronc effondre avec un soupir de soulagement. L'autre garde lui jeta un coup d'œil désapprobateur. Passées quelques minutes où il vit que ses regards menaçants n'apportaient rien, il finit par l'interpeller, à voix basse bien entendu.

- «Danaël!» lança t'il, quelque peu exaspéré de voir l'attitude nonchalance de son ami qui se relâchait un peu trop à son goût, il se détendait trop surtout. Il manquait de vigilance, ça voulait dire que lui devrait l'être deux fois plus.
Le concerné bailla légèrement, passa une main dans ses mèches blondes, puis répondit ensuite, tranquillement: «Quoi?
- Tu ne devrais pas faire ça....»
Pour toute réponse, le blond ricana et lança, d'un ton de conspirateur, avec un clin d'œil complice et malicieux:. «Sois pas si coincé....je fais juste une petite pause. On va pas en mourir!
- Oui mais si tu te fais attraper par le commandant....» L'autre laissa sa phrase en suspend, apercevant quelqu'un venir vers eux du côté du camps. Il se crispa en le reconnaissant, se demandant ce qu'il venait faire ici. Avait-il un sixième sens pour sentir ça ou quoi?
Danaël ne remarqua rien et continua, d'un ton légèrement moqueur, inconscient du danger qui se pointait derrière lui. «Haha! Je suis mort de peur, il doit dormir à l'heure qu'il est!!» Ricana le blondinet, persuadé d'être à l'abri, de pouvoir médire sans risques.
- «…..» Une goutte de sueur coula derrière la tête de son compagnon de garde qui toussota, comme pour le prévenir de quelque chose. Raté, l'autre n'avait guère de réactions ou il ne sentait pas le danger parce qu'il venait de son frère peut-être? Quoiqu'il en soit....
- «Et puis quand bien même....Môssieur Ikaël n'a qu'à mieux choisir qui.....» Il n'eut pas le temps d'en dire plus, car un coup de poing, savamment appliqué, sur le crâne le fit taire et il n'eut même pas besoin de faire demi-tour pour deviner qui l'avait frappé. Ce qui ne l'empêcha pas de se retourner, une main plaquée sur son crâne, des petites larmes de douleur aux coins des yeux. «Non mais t'es malade ?» s'écria t'il en direction de son frère qui se massait distraitement le poignet, comme s'il venait de se faire mal lui aussi. Maigre réconfort! Il lui avait fait mal!
- «Et moi, je t'y prends à te reposer pendant que tu montes la garde!!» riposta froidement le plus vieux, ce qui calma net le plus jeune. Un léger sentiment de culpabilité l'envahit, vite chassé par la douleur de la «taloche» qu'il venait de recevoir. Son frère n'avait pas à le frapper, ce sentiment chassant tout les autres, il attaqua, hargneux, pas prêt à lâcher le morceau.
- «Même si je faisais une pause, je pouvais réagir à une attaque!!Je restais attentif!! Tu n'avais pas besoin de me donner ce coup de poing sur le crâne!» s'énerva t'il, à présent furieux (ou vexé de s'être "fait avoir"?). Il n'avait pas envie de céder cette fois. Marre de s'écraser devant son grand frère sous prétexte que celui-ci était aussi son supérieur hiérarchique.
- «Danaël....» tenta (vainement) le soldat, dans l'indifférence générale, pour calmer la dispute naissante avant qu'elle n'éclate vraiment. L'interpellé ne lui accorda pas la moindre importance, le laissant muet et quelque peu vexé de l'indifférence totale qu'il subissait.
- «Je ne te parles pas de ça, c'est par principe! Je te fais confiance pour monter la garde, tu pourrais le faire correctement!!» répliqua le roux en élevant légèrement la voix et la durcissant, espérant sans doute calmer la crise de nerf de son cadet. Pas question qu'il lui sape son autorité devant témoin. Ca l'amusait quand ils étaient seuls mais face à un subordonné, il ne lâcherait pas l'affaire.
- «Commandant...» tenta à nouveau le dit-témoin, pensant que son chef serait plus raisonnable. Peine perdu, la dispute était enclenchée. Et le roux ne faisait pas plus intention à lui. D'ailleurs Danaël revenait déjà à la charge. Le soldat soupira, passant la main devant son visage, désespéré.
- «Et toi, espèce de grand frère indigne, tu n'as même pas vu que j'étais épuisé!
- Écoutez....
- Si tu ne t'en sentais pas capable, tu n'avais qu'à me le dire! Tu aurais eu une nuit de garde une autre fois!
- Juste....
- TYRAN!!
- Dîtes...
- SALE GAMIN!!»
- «Ca suffit peut-être?» le malheureux soldat avait la désagréable impression de ne pas exister, sensation terriblement vexante. Il eut vaguement envie de laisser tomber mais son devoir ne lui permettait pas de quitter son poste comme ça. Monter la garde d'accord mais comment avec deux personnes qui se disputent à deux mètres à peine hein?
- «BRUTE!!» Apparemment le blond en voulait toujours au roux pour le coup de poing. Il était assez rancunier pour un jeune homme de 17 ans. Le fait que son interlocuteur soit son frère ne facilitait en rien la tâche. Il n'allait pas se calmer facilement. Et, évidement, en s'énervant il devenait insolent.
- «On va se faire repérer par tout les ennemis (s'il y en a)» Fit le garde dans une nouvelle tentative d'enrayer la dispute. Échec Total encore une fois.
- «SUR UN AUTRE TON JE TE PRIE!!» En ce qui concernait son ton à lui, on sentait bien l'autorité qui commençait vraiment a se faire entendre. Néanmoins cette dispute en était-elle vraiment une ou était-ce une sorte de «jeu»? Il n'y avait qu'eux qui pourraient le dire, évidement.
Le soldat soupçonnait fort qu'il y avait de ça aussi. Son chef n'aurait jamais permit une telle insolence de la part de quelqu'un d'autre. «Et vous allez réveiller tout le camps aussi....» soupira t'il une nouvelle fois, il en avait assez de parler dans le vide. Il décida de laisser tomber, sachant que les deux finirait par se calmer (heureusement qu'ils n'étaient pas juste à côté des tentes). Il se retourna donc dans la direction qu'il regardait avant l'intervention du roux et continua sa garde, tâchant d'ignorer la dispute.
- «Ca se voit que ce n'est pas TOI qui doit monter la garde pendant plusieurs heures en pleine nuit!!» Danaël devait vraiment être crevé pour sortir un argument pareil, l'autre haussa un sourcil et répliqua moins froidement et légèrement ironiquement, comme si quelque chose de ridicule avait été dit.
- «Parce que tu crois que notre père et le commandant qui lui a succédé ne m'en donnaient pas peut-être ? Tout le monde est logé à la même enseigne!! Toi comme les autres!» Rappela t'il d'un ton amusé et teinté de sarcasme.
- «Tu t'acharnes sur moi....» Marmonna le blond entre ses dents, malheureusement sa réplique fut parfaitement audible pour le frangin.
Ha bon? De la sur-protection et un peu de favoritisme, c'est de l'acharnement? C'est nouveau ça! Il n'avait pourtant pas l'air de s'en plaindre jusqu'ici!

Danaël cligna rapidement des yeux en se rendant compte de ce qu'il avait dit et balbutia rapidement.
- «Enfin je veux dire.....non c'est pas ce que je voulais dire....ce que je....en fait je pensais dire autre chose et finalement.....» s'embrouillant dans ses paroles pour ne pas avoir à s'excuser, hésitant à se protéger la tête d'une nouvelle taloche (c'était sûr qu'il allait s'en prendre une seconde là), il finit par sursauter en entendant un rire.
Son frère avait repris un air un peu moins énervé et....se moquait de lui?
- «Haha....Petit frère, tu es vraiment....» Il s'arrêta et secoua la tête, sans poursuivre, d'un air faussement désespéré. Son sourire n'avait plus rien de sarcastique cette fois mais été purement moqueur, rieur bref beaucoup plus naturel.
Le blond fronça les sourcils et demanda, partagé entre agacement et curiosité «Je suis vraiment quoi??» s'exclama t'il, songeant que ça ne devait pas être trop dévalorisant vu la tête de son aîné.
Mais Ikaël ne répondit pas et ramassant le casque de son cadet laissé sur le tronc, il le lui remit sur le crâne en disant «Tais toi et finis ton tour de garde.» Danaël ne put alors qu'hocher la tête.
Et le commandant partit, retournant vers sa tente. Cependant, à mis chemin, il s'immobilisa et, se retournant, lança avec sollicitude. «Mais si tu penses ne pas en être capable, si tu es vraiment épuisé...je peux réveiller un soldat pour te remplacer.» Son ton condescendant, doux, et concerné fit aussi réagir le concerné.
Danaël vira au rouge en entendant ses mots et lança, touché dans son honneur. «QUOI? NE ME PRENDS PAS POUR UN FAIBLE!»
- «Faudrait savoir.» Marmonna l'autre garde en levant les yeux au ciel. Ne se plaignait-il pas tout à l'heure d'être justement de garde? D'être crevé?
Et tandis que son frère retournait au campement, Danaël réalisa, mais un peu tard, qu'il s'était fait avoir et qu'il allait devoir le finir maintenant ce fichu tour de garde. Mon frère est un vrai démon parfois!

Fin



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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Dim 4 Avr - 16:50

«Douleurs»

Jadina avait mal, terriblement mal...comme si elle avait été déchirer en deux, ce coup d'épée en plein ventre avait été si violent, si brutal, si soudain qu'elle n'avait pas pu le voir venir, le prévoir. Résultat, elle était presque morte. Elle souffrait chaque fois qu'elle prenait une nouvelle inspiration, retenant parfois ses larmes de douleur. Sa blessure la brûlait, mettait un temps fou à se refermer. Ce n'était pourtant rien à côté de sa douleur mentale. Les images du combat contre la porteuse et la possession de Danaël tournaient en boucle dans son esprit. Le visage de son bien-aimé juste avant que la possession soit complète revenait sans cesse dans son esprit, ainsi que ses yeux terrifiés....qu'avait-il ressenti à ce moment?
Avait-il souffert autant qu'elle et les autres avaient soufferts?
La voix douce du blond résonna dans son esprit, son visage sembla apparaître derrière ses paupières étroitement closes: «Jadina...veux-tu m'épouser?» Cet ultime souvenir de lui...un rêve brisé à jamais.
Elle rouvrit les yeux, retenant un nouveau sanglot, serrant les poings à en avoir mal. Elle ne pouvait pourtant retenir les larmes de souffrances qui roulaient sur ses joues. Elle ne put retenir le sanglot suivant, ni celui qui suivit, elle ne pouvait plus s'arrêter, une sorte de crise de douleur et d'angoisse la secouait.
Il était mort...
Elle l'avait perdu...
Plus jamais elle ne le reverrait...
Anathos l'avait tué!

- «Jadina...calmes toi!» Une voix douce résonna à ses oreilles, et elle vit, à travers un voile de larmes, Ténébris assise sur le bord du lit. La fille aux yeux rouges la regardait avec une tristesse non feinte. Étant la seule à s'en être tiré sans blessures physiques, il n'en était pas de même au niveau mental. Ses pères étaient sans aucun doute morts et Razzia avait été mutilé, privé d'un bras. Elle restait pourtant la seule à ne pas avoir été blesser et les aidaient tous à sa façon.
Jadina réprima un nouveau sanglot désespéré «J'ai tout perdu Ténébris...il est mort, qu'est que...je peux faire maintenant? C'est ma faute, si seulement j'avais pensé à la clé elfique avant, si seulement j'étais resté sur les lieux du combat, si seulement...» Tandis qu'elle parlait, elle tenta de se redresser en position assise, ignorant la mais la fille de Darkhell la saisit aux épaules et la recoucha de force.
- «Jadina ca suffit, ce n'est pas faute de personne sauf celle d'Anathos! Comment aurait-on peu penser à cette clé avec tous les évènements qui se sont déroulés hein?» Elle adoucit sa voix au maximum, prenant un ton calmant. «je sais ce que tu ressens Jadina, oublierais-tu que moi aussi j'ai perdues des personnes chères? Et que Razzia a perdu un bras, qu'il va devoir vivre avec ça? Shimy ne verra plus jamais la lumière du jour, on a tous perdu quelqu'un et quelque chose...» Jadina ne pouvait plus s'arrêter de pleurer à présent et Ténébris, après une courte hésitation, passa un bras autour des épaules de l'ex-princesse pour l'attirer contre elle. «Pleures...ca te fera du bien!» Elle ne dit rien de plus, se contentant juste d'être là. Machinalement elle lui frotta le dos, plus par réflexe pour la rassurer que par affection.

Razzia souffrait le martyr, et pas seulement au niveau physique. Il avait l'impression d'être devenu totalement inutile. L'absence de son bras droit lui pesait terriblement. Se servir du gauche le gênait et pas qu'un peu, car il n'y était pas habitué. Il fallait juste laisser faire le temps, il finirait pas s'y faire. Un profond soupir lui échappa tandis que sa main restante passait sur son visage pâle aux traits tirés. Il dormait vraiment trop mal depuis ce jour. Les images du combat tournaient et retournaient dans sa tête, en boucle comme de douloureuse gifles. Il n'arrivait pas les chasser de son esprit.
Non...Il ne pleurerait pas, il fallait qu'il reste fort.
Fort pour ses amis, fort pour ne pas replonger dans le cercle vicieux de la vengeance, suite souvent logique à la douleur dans ce genre de situation. Il fallait qu'il surmonte, qu'il se domine, qu'il soit un roc, pour rester celui qu'il était et ne pas redevenir l'être guidé par la vengeance qu'il était avant.
J'ai déjà tellement perdu...
Mes parents, Mes Amis quand ma ville natale a été détruite.
Sheyla...je ne veux pas y repenser..
Et maintenant Danaël...
Pourquoi le destin s'acharne comme ça?

Le chevalier blond lui avait offert la seconde chance qu'il désirait tant, cette main tendue qu'il recherchait depuis tellement de temps. Lui qui ne désirait qu'une chose, se racheter, faire payer au sorcier noir ce qu'il lui avait fait, tout ce qu'il lui avait fait.
«Alors....ton vrai nom c'est Razzia? Et bien Razzia, bienvenue parmi les Légendaires! Avec nous tu pourras tenter de racheter tes erreurs du passé en construisant le futur d'Alysia, en la protégeant!» La voix du chevalier, son sourire encourageant, sa main tendue pour pour sceller cette amitié prête à débuter. Avec eux, il avait trouvé une nouvelle famille, une confiance réciproque, un moyen d'être vraiment lui et peu à peu il s'était libéré du carcan de la vengeance, ne souhaitant éliminer Darkhell que pour assurer la paix à Alysia et rien d'autre.
Et maintenant...
Qu'est qu'il pouvait faire?
Hein?
Je suis devenu inutile, vraiment inutile!

Déprimant à cause de la perte de son bras, il ruminait depuis quelques idées noires. Il aurait aimé que Ténébris soit présente mais il lui avait demandé de plutôt voir les autres, de le laisser un peu seul, qu'il avait besoin de réfléchir un peu seul. Une seule question tournait dans son esprit: «Qu'ezt-ze que ze peux faire?»

Shimy tressaillit en entendant la porte de sa chambre s'ouvrir. Elle détestait ne rien voir, être plongé dans cette obscurité perpétuelle et définitive, ça l'angoissait terriblement. Elle aurait parfois presque préféré que Anathos la tue, ça aurait régler le problème. Immédiatement elle se réprimandait d'avoir songer ça, Elle devait être heureuse d'être vivante, ne serait-ce que pour la mémoire d'Elysio qui s'était sacrifié pour qu'ils puissent tous fuir loin de la mort que leur aurait infligé Anathos s'il n'était pas arrivé à temps avec Darkhell. Elle ne voyait plus rien, mais ça n'empêchait pas son esprit de faire tourner les images du combat dans son esprit brisé par le chagrin et la culpabilité.
C'était ma clé...Je lui ait donné!
C'est ma faute s'il est mort!
J'aurais aussi du penser à cette foutue clé! Et je l'ai dit qu'elle avait été marqué, pourquoi personne n'a réagit en conséquence? Hein?

Un sanglot de douleur lui échappa tandis qu'elle revoyait la mort de son ami dans son esprit. Avait-il souffert? Elle espérait que non...elle ne voulait pas qu'il ait payé pour son erreur...bien que ça ait déjà été le cas.
Pourquoi ais-je dis «oui» cette fois là? C'est ma faute!
Danaël avait raison, je ne suis qu'un pauvre idiote!

Elle avait payé son erreur elle aussi et l'acceptait. Être aveugle était horrible, mais lui était mort. Et..ça aurait du être elle à sa place! Lui ne méritait assurément pas ça! Il n'avait pas dit «Oui!» cette fois là, il ne portait la marque que parce qu'elle lui avait donné la clé!
Ma faute...
Comment est ce que je peux réparer ma faute?

Elle se tourna dans son lit, se recroquevillant sur elle-même sous le regard impuissant de sa mère qu'elle ignorait depuis tout à l'heure. Elle refusait de parler à quiconque depuis que tout était arrivé, Elle s'était murée dans le silence.
- «Shimy...Ténébris nous a tout raconté! » tenta la blonde en s'approchant et en posant sa main sur l'épaule de sa fille qu'elle avait ramené avec elle au pays elfique. Elle savait tout, connaissait toute l'histoire. L'air détruit de la fille de Darkhell l'avait convaincue qu'elle disait la vérité. En soldate expérimentée, elle reconnaissait facilement le mensonge et la douleur de Ténébris n'était que trop réelle pour être feinte.
Tant mieux, je n'aurais jamais pu le faire, dire haut et fort que tout était de ma faute, surtout à l'autre roux là...il va m'en vouloir c'est sûr! C'est une bonne chose que je sois aveugle, je n'aurais pas soutenir le regard d'Ikaël alors que je suis responsable de la mort de son frère. Parce que c'est entièrement ma faute, c'était ma clé elfique!
- «Ce n'est pas ta faute! Vous avez tout fait pour tenter de sauver Alysia!
- Et pour quel résultat? Danaël est mort!» Si sa voix n'était pas à deux doigt de se briser, Shamira aurait été ravie qu'elle parle enfin. Mais de toute façon le sujet était trop dramatique. Elle hésita, puis flanqua sa froide attitude au placard pour prendre sa fille dans ses bras, celle-ci tremblait. D'une voix hachée Shimy continua: «Tu n'as pas vu son regard maman. Tu n'as pas vu ses yeux quand Anathos a pris possession de son corps, tu n'as pas vu à quel point il souffrait, qu'il était terrifié..., tu n'as pas vu Jadina qui s'effondrait, transpercée par l'épée d'Anathos alors qu'elle essayait de sauver Danaël, tu n'as pas vu Gryf être projeté au sol, le torse déchiré par un coup d'épée et la suite...je ne sais pas je me suis évanouie quand j'ai été aveuglé...»
Shamira frissonna en entendant ce récit, bien que Ténébris l'avait déjà raconté suite à leur atterrissage au camps des Faucons d'Argent. Il avait fallu attendre que la fille de Darkhell se calme, car Elle était également choquée par ce qui s'était passé mais elle avait finie par tout raconter.
- «Ce n'est pas fini Shimy...
- Comment je peux vivre maintenant?
- Je t'aiderais, tu dois te relever. Danaël voudrait-il que tu te laisse ainsi mourir?»
Shimy eut un sanglot, et secoua la tête. Ce qu'il aurait pensé? Il l'aurait secoué à l'aide de parole encourageante, ne l'aurait pas laisser tombée jusqu'à ce qu'elle aille mieux! Que pouvait-elle faire? Qu'est ce que son ami aurait fait? La réponse vint d'elle-même: Il fallait se relever....pour faire payer Anathos! Pour Sauver Alysia...

Fin
Oui, je n'ai pas fait Gryf parce que je lui réserve un OS entier là-dessus pour plus tard!
Le frangin aussi aura le sien, plus tard!


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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Mar 6 Avr - 14:08

Voilà un OS que j'avais déjà posté sur l'autre forum, toutefois je l'ai un peu amélioré/édité (comme celui intitulé "Disputes")
Bonne lecture!

«Défendre l'Honneur de sa Famille et de Ses Amis» (A situer après le tome 2 et avant le tome 9, quand vous voulez, ça peut être entre les tomes 4 et 5 ou entre les tomes 6 et 7, voir même entre les tomes 8 et 9)

Un décor lugubre, humide, sombre...une prison quoi. Le dernier lieu où devrait se trouver des héros même déchus, le dernier endroit où ils devraient être...du mauvais côté des barreaux bien sûr.
Bref être héros et être prisonniers étaient un peu opposés normalement non? Une goutte d'eau tomba du plafond et s'ajouta à une large flaque de même liquide au sol, et le petit bruit se répéta à chaque nouvelle goutte, encore et encore. Une atmosphère de ''rêve'' en gros, pour meubler la cellule où étaient enfermés cinq personnes bien connues à Alysia. La honte suprême quoi...
Plic......
- «J'hallucine....» Marmonna un jaguarian à la fourrure rousse, se passant une main fatiguée sur le visage, jetant un regard noir à son voisin, celui-ci restant enfermé dans un silence furieux. Gryf sentait encore la colère de son ami et préféra ne rien rajouter pour ne pas qu'il expose à nouveau. Malgré ce mot grommelé entre ses dents, il ne fit pas vraiment réagir le blond qui gardait la tête baissée, ses mèches cachant son œil au beurre noir et sa joue bleuie par un coup de poing. Il était le plus amoché du groupe, étant celui qui avait plus ou moins déclenché la bagarre générale dans laquelle ils avaient été prises.
Plic......
- «On est bien comme héros...» fit ironiquement une elfe aux cheveux bleus, bras croisés derrière la tête, appuyée au mur. C'était le pompon cette fois. Emprisonné pour avoir tout cassé dans une auberge, vraiment c'était le pire acte de leur carrière. Elle lança un regard sombre à son chef qui ne le reçut pas, car il gardait toujours les yeux rivés au sol. Le chef en question restait d'ailleurs toujours aussi silencieux, refusant donc totalement de parler, restant emmuré dans un silence de mauvaise augure, signe qu'il ruminait encore la ''catastrophe'' de la veille et peut-être encore son "énervement".
Plic......
- «On peut rien faire contre ces gouttes d'eau qui tombent?» râla une fille aux cheveux noirs, les traits tirés par la fatigue. Elle n'avait pas dormi, son côté princesse n'aimant pas du tout le manque de confort dans la cellule de prison (sombre et humide rappelons-le) où ils avaient passé la nuit.
L'elfe leva les yeux au ciel, moqueuse: «Tu sais où on est princesse, t'attends pas à un palace!» Elle ponctua sa réplique d'un petit rire. Elle ignora ensuite le regard assassin de son amie.
Celui qui refusait de prendre la parole ignora le début de dispute entre les deux filles, vite calmées par les deux autres garçons. Gryf calma Shimy par diverses paroles apaisantes et Razzia tapota d'épaule de Jadina avec gentillesse, murmurant quelques mots emplis de soutien.
- «Zi za peut te razzurer....zette zellule n'est pas pire que zelle où z'étais enfermé à Mazata quand z'ai pas pu payer ma note! Note qui n'a zamais été payée finalement vu que Gryf et Danaël m'ont fait évadés...enfin z'est moi qui ait cazzée les barreaux et enzuite on est zorti dizcrétoz!» Chuchota-il, s'attirant un regard blasé de la part de Shimy et amusé de la part de Gryf. Le blond du groupe ne réagit absolument pas. Et Jadina eut un rire nerveux en entendant ces mots. Cette anecdote, elle ne la connaissait pas.

Vraiment ils étaient bien comme groupe de héros.
La aussi il y avait une «note» à payer pour qu'ils puissent sortir et elle était très salée vu les dégâts.


L'attention des quatres se porta ensuite sur le chef du groupe. Celui-ci restait toujours aussi muet, muré dans le plus terrible silence qu'il ne lui avait jamais vu. Il semblait ruminer de sombre pensées depuis un bon moment, n'ayant plus ouvert la bouche depuis que les gardes les avaient enfermés.
- «Danaël, pourquoi tu fais la tête?» demanda Razzia en se penchant vers le blond, étrangement le seul à être couvert de bleues «graves», étant celui qui s'était vraiment lancé dans la bagarre, sans même dégainer son épée. Il s'était jeté à coup de poings sur ceux qui avait provoqués sa colère en proférant des insinuations diverses et variées qu'aucun des quatre autres n'avait envie de répéter.
Plic......
- «Il a l'air encore furieux!» observa Shimy, légèrement amusée, en regardant son ami silencieux, elle étudiait quelque chose de particulièrement intéressant ou fascinant. «Tu repenses toujours à ce qui s'est passé à l'auberge? A ce que ces types ivres ont dit sur...» Elle préféra ne rien rajouter, c'était vrai que ces insultes étaient sacrément osées et que si elle avait reçue le même genre, elle aurait aussi perdue son calme. Mais à ce point...son chef l'étonnait encore parfois. Était-ce le fait d'être «rajeuni» qui l'avait rendu si «vif» au niveau du comportement? Peut-être...
- «Vu ze qu'on a entendu, y avait de quoi z'énerver non?» Le châtain tressaillit en voyant le blond se crisper et fermer les poings. Oui....Nul doute qu'il y repensait....et vu ce qui s'était dit, il avait eue en effet de bonnes raisons de s'énerver....mais à ce point? Razzia essaya de se mettre à sa place un instant, imaginant entendre de telles choses sur lui et sur ...Il secoua la tête, se mordant la lèvre. Bon d'accord c'était un peu justifié mais à ce point? Non...Quand même pas! Mais bon, personne ne réagissait de la même manière.
Plic......
- «Tu veux toujours pas parler Danaël?» s'enquit Gryf, l'air prêt à être une oreille attentive et à écouter le blond vider son sac un bon coup. Le mutisme de son ami commençait à lui faire peur, il n'était pas du genre à rester silencieux aussi longtemps en temps normal. Les sens de jaguarian de Gryf lui indiquaient que le blond était encore furieux, donc pas vraiment calmé, et qu'il ne fallait pas le titiller maintenant.
- «…..» L'autre ne réagit même pas, les yeux rivés sur le sol sale et humide. Il frissonnait un peu de froid mais ne semblait pas décider à partager ce qu'il ressentait. Il semblait même préféré garder sa fureur pour lui-même.
- «Non?» Insista Gryf en posant une main sur l'épaule de son meilleur ami qui commençait un peu à l'inquiéter.
- «…..» Danaël se dégagea sans un mot, lançant un regard agacé au roux avant de se ré-intéresser au sol humide. Définitivement non....il n'avait pas envie de parler.
- «OK...» Accepta le roux en croisant les bras derrière sa tête et en s'appuyant au mur. Il se mit à observer le plafond. Mais ça ne l'intéressa pas longtemps, il n'y avait même pas de fissures à chercher. Il faut dire qu'un carré de pierre (même de bonne taille) de couleur sombre n'avait rien de bien attrayant. Gryf envisagea alors de compter les gouttes d'eau qui tombaient mais renonça rapidement, le bruit l'agaçant plus qu'autre chose, il soupira alors avec ennui: «Qu'est qu'on s'amuse.....» Grogna t'il avec un rien d'énervement. La situation ne lui plaisait vraiment pas.
- «Gryf, arrête ton mauvais esprit.» le réprimanda Jadina, fronçant les sourcils, commençant à être énervée elle aussi. Elle détestait la situation elle-aussi mais essayait de supporter, certaine que leur situation de héros allait arranger le ''malentendu''. Et sinon...elle envisageait d'envoyer un courrier à Halan pour lui demander de venir payer la note. Son ami d'enfance n'allait pas lui refuser ce petit service n'est ce pas? Elle regarda Gryf qui se tortillait, à bout d'être enfermé. Sachant que les barreaux lui donnaient de mauvais souvenirs, elle avait supporté juste qu'ici ses plaintes mais là Elle commençait à avoir mal au crâne. «Gryf! Tais-toi un peu! On est tous dans la même situation, et on est tous logé à la même enseigne! Supportes un peu!
- Jadina on est en PRISON! Parce que monsieur s'est énervé suite à des paroles proférées contre...» Le jaguarian n'eut même pas le temps de finir sa phrase qu'il fut coupé par son meilleur ami.
- «Tais toi Gryf.» Trois mots froids et durs, sans même qu'il ne relève la tête. L'interpellé soupira mais obtempéra, se rendant compte de la mauvaise humeur du blond. Ne déclenchons pas une nouvelle crise maintenant, ça serait très mauvais!

Plic......
Le roux se plongea donc dans un nouveau silence boudeur et finit par demander, jetant un œil part la fenêtre de la prison de la ville. «Pourquoi on a pas résisté? On est assez fort non?
- Gryf...» Soupira Shimy, agacée par cette remarque un peu puérile, et par l'impression d'être en face d'un gamin impatient: «Je te signale que c'est le pays natal et la ville d'origine de Danaël, c'est d'ailleurs lui qui s'est rendu sans discuter....et puis sa dernière famille vit ici aussi, donc il faut qu'il fasse une gaffe!» Expliqua t'elle avec plus de calme que quelques instants auparavant. Elle commençait pourtant à en avoir marre elle-aussi.
Le jaguarian haussa un sourcil presque moqueur et répliqua: «Je te signale que ce qu'il a fait hier soir c'était largement plus qu'une simple GAFFE!!!» Il fit alors un arrêt, observant son ami avec insistance avant de sourire avec sadisme: «C'est pour ça qu'il tire une tête de 25 kilomètres de longs?
- Non...» fit le blond, d'un ton peu convainquant, murmurant ce mot plus qu'autre chose. Il avait légèrement tourné la tête vers la porte, comme s'il guettait quelque chose. Sur son visage, outre une certaine pâleur (résultant de la fatigue), qui détonnait avec ses bleus, on pouvait lire une très légère angoisse.
- «Haaaa j'ai compris, tu flippes à mort parce que tu vas te faire enguirlander par ton frangin qui est sans doute présent en ville en ce moment et qui, du coup, été prévenu je suppose!» Comprit son meilleur ami en tapant de son poing dans sa paume, un sourire clairement moqueur affiché sur le visage. Le blond frissonna, lançant un coup d'œil étrange à son équipier avant de se ré-intéresser au sol.
- «Gryf» soupira Razzia, amusé devant la remarque à laquelle il avait lui-même songer avant de réaliser que ca ne pouvait pas être seulement ça, parce que c'était trop ''simple'': «Ze ne penzes pas que....za zoit juzte za...quand même!
- Je vais me faire tuer....» murmura le blond, enfouissant son visage dans ses mains. «Un coup pareil ….» Il n'acheva pas, parcourut d'un frisson anticipé. Ikaël allait le massacrer quand il apprendrait ce qu'il avait fait ! Même s'il ne regrettait pas son action, il ne savait pas vraiment comment se justifier devant son aîné.
- «Ha zi....Il flippe à cause de za!» termina le châtain pour lui-même avant de s'adresser directement au blond «En même temps....il aura raizon de z'énerver....zi ma petite zoeur (zi elle vivait encore) m'avait fait un coup pareil, z'aurais été très fazé auzzi! Elle z'en zerais pris une...et peut-être même deux!» Ca ne rassura pas le blond (ce n'était d'ailleurs pas le but de Razzia) qui sembla se recroqueviller sur lui-même suite à cette remarque, certain que ses heures étaient comptées et qu'il allait se prendre sous peu la (les?) baffe(s) du siècle.
- «C'est même sûr....tu as cassé, même accidentellement, des trucs et tu as blessé plusieurs personnes, même si c'était eux avec qui tu t'es battu, quand même....enfin c'était dans la bagarre générale qu'il y a eu mais...» tenta Jadina, essayant de quelque peu positiver par rapport à la situation. Mais sa tentative de rassurer le blond ne fut pas très fructueuse, et ca n'avait de toute façon pas été son but non plus. Qu'il assume un peu son erreur, aussi ''justifiée'' soit-elle!

Plic......
- « J'en ai marre de ces gouttes qui tombent moi aussi!» râla alors le seul roux de la bande, à bout de nerfs, ses sens d'homme-bête ne supportant plus l'enfermement dans cette cellule assez étroite pour cinq personnes (ça lui rappelait de trop mauvais souvenirs liés à son passé). Personne ne lui répondit, car ça n'en valait pas la peine en fait. Ca ne servait à rien en plus..
Soudain des bruits de pas se firent entendre et une voix bien connue raisonna dans le couloir, faisant, à la surprise générale, se recroqueviller sur lui-même le blond. L'orage se manifestait à l'horizon. Le blond devait sentir que ça allait barder car il déglutit, tournant lentement son regard vers la grille servant de porte.
- «Je vais régler la situation garde! Ne vous en inquiétez pas! Je vais écouter sa version et nous verrons ensuite ce que nous ferrons! J'ai déjà eu plusieurs rapports de la situation et je pense savoir plus ou moins ce qu'il s'est passé! Je n'aurais peut-être même pas besoin de l'interroger pour avoir la véritable version.
- Commandant....je crains que la version que je vous ai donné ne soit la bonne.....même si les autres qui ont été arrêté en même temps n'ont pas encore été interrogé par les autres gardes, étant trop ivres hier. Néanmoins il semble bien que ça soit votre frère qui ait déclenché la bagarre générale qui a eu lieu aux Trois Licornes.
- Passons sur les détails...Et en ce qui concerne les autres je les ai bien entendus, maintenant je m'occupe des Légendaires!» Finalement un rouquin bien connu arriva devant la porte. Ses yeux bleus parcoururent le groupe jusqu'à se poser sur le chef avant de se plisser dangereusement, tandis qu'il croisait les bras, avant de finalement murmurer, d'une voix qui était définitivement (dangereusement?) trop calme: «Danaël...»
Trois des amis du concerné frissonnèrent simultanément, se demandant s'ils n'étaient pas sur les hauteurs des montagnes de Lovina ou quelque chose comme ça. Shimy quand a elle ricana mentalement en se disant qu'Ikaël était moins effrayant que sa mère. Donc pas de raison de trembler, elle était blindé contre ce genre de situation. Elle allait cependant bien se marrer avec la suite des évènements, elle le sentait. ''Va t'il se prendre une baffe ou pas? Hinhin...''
- «J'attends tes explications!» murmura, en détachant ses mots d'un ton menaçant, le frère du blond. Celui-ci serra les dents et se mura dans le silence. Les autres les regardèrent tous deux, chacun leur tour, attendant la suite des événements. Devant l'absence de réponse du blond, le soldat reprit, d'un ton toujours trop calme: «C'est la première fois que...tu fais un coup pareil! Alors j'attends tes explications! Pourquoi as-tu fait ça? Tu as voulu faire ton intéressant? Ou bien tu as trop bu, ce qui serait tout aussi lamentable? » Devant le silence qui lui servi de réponse, il fronça les sourcils «Tu n'as donc rien à me dire?
- ….Non...» répondit le blond, trop fier pour ça, jamais il n'avouerait la raison pour laquelle il s'était retrouvé pris dans (avait commencé plutôt) cette bagarre. Surtout pas à lui. Maintenant qu'il y repensait, il avait agit stupidement, et l'autre s'en fichait en plus de ce genre de calomnies alors pourquoi s'était-il senti, lui, obligé de répondre et par la violence en plus? Il savait bien que c'était faux, mais entendre ces mots, ponctués de rires presque gras, et parfois pire l'avait définitivement fait craqué. Personne ne parlait d'eux comme ça! Et ce n'était pas seulement les Légendaires qui était calomniés à ce moment, si ça n'avait été que ça, il aurait peut-être pu vraiment rester calme. Mais là non, il refusait catégoriquement d'avouer à son frère la vraie raison. Il avait trop honte tout d'un coup! Même si au fond de lui il ne regrettait pas tant que ça! Bon d'accord il voulait juste les faire taire, mais sa colère l'avait poussé un peu trop loin quand même!
- «Je vois....» murmura son aîné, posément, avant de se tourner vers le garde, lui demandant d'un ton de voix radicalement différent, moins réprobateur et plus militaire: «Ouvrez la porte je vous prie!»

Le garde, devenu nerveux en entendant le ton utilisé précédemment par le soldat, s'empressa d'obéir et le roux entra dans la cellule, se plantant devant son cadet, sous les regards inquiets de ses amis (ou amusé dans le cas de Shimy). Il semblait toujours passablement énervé et lança, d'une voix autoritaire: «Regardes moi quand je te parles!» Lentement son frère releva la tête, et les sourcils de son interlocuteur se haussèrent quand il vit l'état de son visage. C'est à dire les bleus, la lèvre fendue et l'œil au beurre noir. «Joli travail» Commenta Ikaël d'un ton qui fit se ratatiner sur lui-même son frère, à la surprise générale (ses amis n'étant pas habitué à le voir s'écraser comme ça devant quelqu'un), ce qui n'amadoua pas pour autant son interlocuteur: «....Je supposes que tu n'as toujours pas l'intention de me donner la raison (sans doute stupide si tu refuse de me la dire) pour laquelle tu t'es retrouvé mêlé à ça? Ca ne te ressembles pas pourtant! Tu peux me dire ce qui t'as pris de faire une telle chose?
-.....Non! Ce....ce n'est pas important.» répondit Danaël, baissant à nouveau les yeux vers le sol, déclenchant un soupir désabusé de la part du commandant. Ce qui le fit se crisper encore plus. Il n'était définitivement pas à l'aise. Et n'avait vraiment pas l'intention de s'expliquer!
- «Pas...important? Tu as vu l'état de l'auberge? Tu as vu l'état des autres? Et ton propre état?» Fit l'autre en élevant un peu la voix. Néanmoins, bien qu'il semblait toujours énervé, c'était un peu moins que quelques instants auparavant. Il semblait vraiment lui laisser une chance de s'expliquer, de se justifier avant de faire tomber la sanction. Ou de payer la note...hem..et il ne le lâcherait plus sur ce coup-là après
Le blond murmura, terriblement mal à l'aise: «…..Je....je ne voulais pas que ça aille si loin, j'ai ...juste....juste...» Il n'acheva pas, réprimant un nouveau frisson. Comment lui dire qu'il avait fait ça autant pour lui et son groupe que pour eux? Comment lui dire que ce qu'il avait entendu sur eux l'avait mis dans une telle colère qu'il n'avait pu se contrôler? Non il ne pouvait pas, il avait trop de fierté pour lui avouer ça!
- «Tu t'es mis en colère, ça oui j'avais cru comprendre....Surtout après avoir vu l'état de l'auberge et celui dans lequel se trouvent les personnes avec qui tu as eu ce...malentendu dirons-nous!» ironisa l'autre, levant les yeux aux ciel, toujours remarquablement calme au vu de la situation.
Danaël rougit, affreusement gêné en entendant ces mots mais se mura à nouveau dans l'absence de réponse. Il avait trop honte et était trop fier pour tout lui déballer! Il se mordilla la lèvre et murmura doucement. «Je n'ai pas de justification Ikaël! C'est ma faute, ne te sens pas obliger de me faire sortir de là!» Il ignora le cri indigné et muet de deux de ses amis suite à cette remarque. «Je suis...désolé de te faire honte comme ça!» Ajouta-il finalement d'une voix à peine audible. En réponse, l'autre haussa les sourcils en se demandant bien ce qu'il avait pu dire pour que son frère pense ça! Il avait jamais dit qu'il lui faisait honte non?
Mais pourquoi Danaël ne lui dit pas? Se demanda Gryf, yeux grand ouverts. Il a trop honte de dire à son frère qu'il a défendu son honneur à lui, à son groupe et à leur père en même temps que le notre? Et puis en plus c'est lui qui s'est pris le premier coup de poing! Il avait juste saisi le médisant par le col au début mais se prendre ce coup l'a fait craqué je suppose, surtout après l'avalanche d'injures plus ou moins graves déversées avant. Le jaguarian soupira devant une telle attitude. Son ami était décidément un peu complexe parfois. Ou bien il avait trop de fierté. Ou bien il avait quand même un peu honte. Il aurait juste aimé que le blond accélère un peu afin que le frangin les fasse sortir de cette fichue cellule (c'était pour ça qu'il était là hein?).
J'ai jamais vu Danaël aussi mal à l'aise devant quelqu'un....s'étonna Jadina, songeant avec un brin d'amusement qu'il était plutôt mignon comme ça. Mais ça commençait à devenir lourd là, qu'il lui dise et qu'on en finisse ou elle allait s'en charger elle-même. Elle voulait sortir elle-aussi. Et elle ne voyait pas ce qu'il y avait de si honteux dans la vérité de l'affaire. Quoi? Il avait juste défendu l'honneur de sa famille et de ses amis (anciens comme actuels).
Il se fait vraiment tirer les oreilles....quoique....il est pas assez autoritaire Ikaël, ma mère aurait fait pire que ça...S'amusa Shimy, un petit sourire aux lèvres, s'amusant du spectacle. Elle m'aurait flanqué une baffe depuis un moment! Et m'aurait sans doute hurler dessus avant! Elle supposa alors que le roux savait parfaitement ce qu'il s'était passé et attendait juste que l'autre ait le courage de se justifier pour les laisser partir. Si ça se trouvait, il avait déjà payer pour les faire sortir.
Ca chauffe...Commenta mentalement Razzia, attendant la suite. Il se demanda combien de temps son ami allait tenir avant d'avouer.
Un soupir se fit entendre avant que le plus vieux de la fratrie ne murmura, désabusé: «Bon, tu n'es pas décidé à me dire la vérité c'est ça? Je vais devoir me contenter du récit des témoins, quitte à n'avoir qu'une demi-vérité?»
Danaël secoua la tête, murmurant un «désolé» à voix basse, ses yeux fermés et se mordant ensuite la lèvres tout en se demandant qu'est qui allait lui tomber dessus.....Il se prépara à se prendre une baffe, qu'il aurait sans doute bien mérité quelque part tout en se disant qu'il aurait aimé que l'autre sache un peu plus ce qu'on disait de leur famille et de ses amis derrière son dos. Histoire qu'il comprenne un peu plus son geste. Pourquoi t'as rien dit alors? Lui chuchota sa conscience. Il l'ignora, prêt à tout sauf à ravaler sa fierté pour tout avouer....
- «Bien de toute façon je sais déjà tout!» asséna alors son frère, un micro-sourire sarcastique aux lèvres. «Et au vu de qui m'a tout rapporté, je pense que c'est la véritable version des faits! C'est à dire que, bien que ça soit toi qui ait interpellé cette bande, tu n'es pas réellement le responsable ni celui qui a déclenché cette bagarre générale.»
….Et il les rouvrit, les écarquilla même, redressant brusquement la tête vers Ikaël. Celui-ci ricana en voyant son air stupéfait. Visiblement le blond ne s'attendait pas à ça! Il le croyait incapable de tout trouver sans sa parole? Il ne le connaissait plus aussi bien que ça dans ce cas! Comme s'il était incapable de gérer une telle situation.
- «QUOI?» S'étrangla le plus jeune (en âge réel), posant un regard stupéfait sur le roux qui souriait avec un rien de supériorité. Il faut dire que la situation semblait bien "l'amuser" finalement.
- «Tu vas rire mais Ganja et quelques autres se trouvaient à l'auberge quand tu as.....perdu le contrôle de tes émotion dirons-nous, et se sont empressés de venir me prévenir, me rapportant tout....y compris les raisons de ton acte...» Il toussota, préférant ne pas signaler qu'il se doutait bien que son ami ne lui avait pas tout dit dans les moindres détails, lui rapportant une version sans doute un peu édulcorée de ce qu'avait dit cette bandes d'ivrognes. Il n'osait pas penser à la version réelle, car pour faire à ce point perdre son calme à Danaël, ça avait du être terrible, et encore plus pour qu'il réplique ensuite si "violemment" à un coup de poing.
Le blond soupira, l'air ''vaincu'', sans trop avoir envie de se ''battre'' d'avantage, comprenant que son frère avait tout et qu'il était inutile de rester muet plus longtemps: «Ha...Alors....pourquoi tu m'a demandé de tout te raconter dans ce cas?
- Pour voir si tu aurais le.....hem cran de tout me dire justement! Si tu avouerais tes raisons de toi-même mais je vois que non, tu es trop fier pour ça.». Il sourit, cette fois un peu plus sincèrement et déclara «Tu n'as pas a réagir comme ça, j'ai l'habitude et en ce qui mon concerne, ça ne me touche plus....laisses les dire, ce ne sont des des imbéciles incapables de voir autre chose que ce qu'ils veulent voir! Ignores-les, ça ne les feras pas changer d'avis de t'emporter de la sorte! C'était bien aimable de ta part d'ainsi agir pour nous mais un peu inutile d'un autre point de vue!
- D'accord...je ne recommencerais plus.....je ne défendrais plus ton honneur, ni celui de ton groupe, ni celui de notre père face aux calomnies, même les plus venimeuses!» Étrangement le ton qu'utilisait le blond ne donnait pas vraiment envie de le croire. Il détestait vraiment qu'on s'en prenne à ses proches, même si pour certains il ne les voyait plus tant que ça!
L'autre poussa un nouveau profond soupir et murmura plus affectueusement qu'autre chose : «Sale gosse!
- Moi aussi je t'adore...» fit Danaël d'un ton un peu trop conciliant pour être totalement honnête sans être pour autant un mensonge.
- «Évites de recommencer un coup pareil pour me le prouver la prochaine fois!» Sourit le roux, faisant rougir de gêne son frère qui hocha piteusement la tête, sentant qu'il allait en entendre parler longtemps de ce coup-là. Les quatres légendaires avaient tous une grosse goutte qui coulaient derrière leurs têtes, se demandant s'ils avaient loupé quelque chose ou pas. Ils décidèrent, suite à un échange de regards, de ne plus en parler ni chercher à comprendre. Ca devait être une sorte de ''code'' entre les frangins. Bref un truc dans lequel ils n'avaient rien à faire.
Le Faucon d'Argent désigna la porte avec un sourire plus professionnel que précédemment «Vous pouvez partir! Tout est règle!
- Tiens je pensais qu'ils allaient nous faire payer les dégâts...» s'étonna Jadina, se redressant tout en s'étirant, impatiente de sortir de ce cachot humide et d'aller retrouver la chaleur du soleil.
- «J'ai été assez convaincant, ce sont les fauteurs de troubles (les provocateurs donc) qui vont payer...» fit le roux, dans un sourire terriblement satisfait, tandis qu'ils sortaient de la prison.
Danaël lui lança un regard ironique et murmura, mine de rien. «En fait...Tu ne t'en fiches pas tant que ça de ce qu'ils ont dit....» Et il s'empressa de s'esquiver sous le regard noir....suivit de ses amis.

Fin
Pour ce que les «provocateurs» ont dit...je vous laisse imaginer ce qu'ils auraient pu proférer contre les Légendaires, le groupe de son frère, celui-ci et son père pour que Danaël perde à ce point son calme!

Un petit commentaire fait toujours plaisir mais vous sentez pas obligé hein ^^
J'écris surtout parce que j'aime ça ^^


Dernière édition par Dragonna le Sam 17 Avr - 23:50, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Mer 7 Avr - 23:33

Cadeau pour Mayo! La réponse à son Défi

«El Diablo, le voleur le plus malchanceux d'Alysia»

Le «plus grand voleur d'Alysia» se cacha dans un coin sombre, échappant ainsi à ses poursuivants et regarda ensuite l'énorme joyau qu'il venait de dérober dans la salle du trésor. Un sourire machiavélique se dessina sur ses lèvres. «La chance me sourit enfin à nouveau! Buenos! Les affaires reprennent!» C'est dire qu'après ses deux derniers échecs il avait peur que ce nouveau vol se passe mal et que cette journée soit...pourrie. Manquerait plus qu'il se fasse choper!
En effet...Ces derniers temps il n'allait pas fort question vol.
Peut-être avait-il eu les yeux plus gros que le ventre pour ses deux derniers "grands" vols?

D'ailleurs il avait quand même fait une ou deux erreur ce coup-ci...et maintenant avait pas mla de monde à ses trousses. Il eut envie de maudire les dieux d'Alysia pour sa malchance actuelle, puis songea que c'était peut-être une mauvaise idée. Il resta adossé donc au mur, frottant avec agacement ses tempes. Il avait pourtant tout planifié, calculé, prévu. Il avait même fait plusieurs «visites» de l'extérieur pour préparer sa fuite.
Pourquoi ça clochait? Il avait tout prévu pourtant!
Ouais comme les deux dernières fois?
Fit la voix ironique de sa conscience qui semblait bien rire de la situation. Il soupira, à l'écoute du moindre bruit, chassant ses humiliantes pensées. Heu non il préférait ne pas y repenser, ça avait été assez humiliant comme ça! Le problème, c'est qu'il n'arrivait PAS à arrêter d'y penser!

La première fois que ça avait vraiment mal tourné pour lui, il avait volé cette fameuse fiole (contenant un antidote à l'effet de Jovénia) aux Légendaires. Il avait réussi à fuir, presque...en semant la princesse qui volait sur une espèce d'oiseau de jade magique. Dommage qu'il n'obéisse certainement qu'à sa propriétaire, il l'aurait bien volé, comme la magnifique épée d'or du chevalier. Bref...il avait fuit et deux étranges êtres l'avaient arrêté en plein vol, détruisant ses ''ailes'' et le projetant dans la rivière. Il avait bien sûr perdu cette fiole.
Dire qu'il avait espionné les héros plusieurs jours, pour bien savoir la nature de cette potion et qu'il savait à QUI la vendre pour en retirer un maximum d'argent! Surtout qu'il avait ensuite entendu dire que la dite-fiole avait été brisée. C'était bien la peine de faire tout ce cinéma pour tenter de la lui reprendre tiens!
Bref ce jour-là l'humiliation avait été totale.
Il avait été battu sans même avoir eu le temps de se rendre compte de ce qui se passait bon sang!
Projeté dans l'eau la tête la première, emporté le courant!
Il avait du ensuite marcher plusieurs heures pour retourner dans une autre ville!
Il avait perdu pas mal d'argent entre la perte de son butin et la destruction de son matériel.
Son humeur avait été terrible les jours suivants!
Il s'était rendu compte qu'il détestait vraiment les héros d'Alysia, quels qu'ils soient!

Il avait alors (ensuite?) décidé de ne plus avoir affaire aux Légendaires avant un bon moment!
C'était trop risqué!
Mais il se vengerait un jour!
El Diablo ne laissait passer AUCUNE humiliation!


La seconde fois où il s'était pris une cuisante défaite avait été deux mois plus tard, il avait dérobé un trésor d'une inestimable valeur, la couronne de Sabledoray, ainsi qu'un artefact magique. Tout allait bien au début! Vraiment...il avait presque réussi à sortir de la ville quand une espèce de boule avait été projeté devant son nez.
Et ça lui avait explosé à la figure!
Terriblement humiliant pour lui...le grand El Diablo!
Ca ne resterait pas impuni!
«Caramba! La petite Señorita avait plus d'un tour dans son sac! Note à moi même ne plus sous estimer quelqu'un sous prétexte que c'est un vrai gamin et pas un adulte rétrécie
Parce que oui, quand il avait vu Toopie des Fabuleux, il avait bêtement pensé, sachant que c'était une vrai enfant, qu'elle ne représentait aucun danger. Quelle blague quand même! Il avait du s'y croire vraiment pour oublier ça!
«J'étais vraiment stupide de penser ça, si la Bonita faisait partie des Fabuleux, c'était pas pour des pommes! Ca faisait super mal ces machins!! Ca m'a détruit ma nouvelles paires d'ailes! Fichue gamine! Je me vengerais! Les Fabuleux n'ont pas fini d'entendre parler de moi, ma vengeance sera terrible!»
Évidement les deux autres avaient rappliqué aussi sec. Et ca avait tourné à la bagarre générale! Résultat, il avait du battre en retraite, abandonnant les objets volés! «Et sérieusement, c'est qui ce type qui balançe des tomahawk à la tête des gens hein? Il m'a détruit mon casque en plus! Et j'ai pas assez sur moi en ce moment pour le refaire faire!» Mais même s'il avait abandonné le fruit de son larcin, les trois héros l'avaient poursuivis à travers toute la ville pour le coller en prison! Mais il avait réussi à leur échapper grâce à une boule emplies du produit qu'il avait déjà utilisé deux mois auparavant contre la Légendaire Jadina. Les Fabuleux avaient été stoppé et il avait pu se cacher.

« Non mais ho! On n'enferme pas le Grand El Diablo! Il est pas encore né celui qui pourra me mettre derrière les barreaux!! Hahaha!»


Revenons en au présent...où il avait volé cette grosse pierre d'une valeur inestimable, la plus grosse du pays, qui avait sois-disant des propriétés magiques.
Il était sûr de son coup, comme les précédentes dois..sauf que...
Jamais deux sans trois...diront certains avec sarcasme.
Un adage que El Diablo n'avait sans doute pas entendu (ou ne connaissait pas?) sinon il aurait du y penser...
Ou alors il était trop arrogant, trop fier pour songer que ça pouvait lui tomber dessus à lui-aussi!
«J'ai réussi le vol aujourd'hui, il est où le problème? Je suis le meilleur. Je suis le plus grand voleur de toute Alysia!!» Ricanait-il mentalement en fuyant à travers les rues, il grimpa sur un toit et activa ses ailes mécaniques.
Il s'envola sous les cris stupéfaits des gardes qui restaient (stupidement d'après lui) au sol. «J'ai réussi, cette journée n'est pas pourrie!! La chance tourne à nouveau» Jubilait-il avec une immense satisfaction.
Certes il avait réussi le vol, comme la fois juste avant qu'il ne rencontre les Fabuleux! Et comme le destin beaucoup aime faire de l'humour...et au vu de sa malchance actuelle, il aurait du se douter que quelques chose allait encore se dérouler en sa défaveur.

TCHAK
Une flèche se planta soudainement dans l'aile gauche, brisant net l'articulation qui la reliait à sa base, appareil dans le dos du voleur. Le résultat fut évidement....«HAAAAAAA» qu'il se planta au sol pour la troisième fois en six mois! Il se retint de hurler de frustration en se remettant debout, indemne bien qu'étourdi!
Troisième fois qu'il se faisait «avoir»!! Un record pour lui!
Décidement, il cumulait...il avait fait quoi pour avoir la poisse comme ça? Les dieux d'Alysia lui en voulaient?
«Ma! J'ai peut-être été abattu mais je ne suis pas pris!! Fuyons avant que l'archer qui m'a descendu ne rapplique ici!!» Il se mit à courir dans les rues, son lourd butin au creux des bras. Il se demanda rapidement qui avait pu le descendre afin qu'il puisse se venger. On venait de lui bousiller sa troisième paire d'ailes «Cet archer va venir en troisième après les Légendaires et les Fabuleux! Ma vengeance sera terrible!» Jura t'il avec colère, déterminé à ne plus se laisser avoir après ça. Sa vengeance serait terriblement satisfaisante pour lui!
Cependant...Comment allait-il faire pour se payer une quatrième paire d'ailes ? Ca allait prendre une grosse part de la revente de son nouveau butin tiens!
Tandis qu'il courrait, un curieux malaise le prit. Il se sentait en danger. Mais sa fierté l'empêcha d'écouter son sixième sens, persuadé qu'il était qu'il allait encore s'en tirer. «Et au pire, même si on me reprend le butin, je m'en tirerais quand même hahaha!! Parce que je suis le Graaannddd El Diablo!»
Il se planqua dans une nouvelle ruelle sombre et reprit son souffle, grimaçant sous les douleurs dans ses membres. Il en profita pour s'interroger sur la personne dont il allait aussi se venger! El Diablo ne laissait passer aucune humiliation.
Quand même qui l'avait descendu?
Un honnête citoyen qui aidait la garde?
C'était un super tir quand même!!
Un Chevalier "serviable" qui passait dans le coin?

Un ricanement le prit, tandis qu'il se faufilait hors de la ville, après être passé par les petites ruelles sombres : «Ouais! Pas un autre groupe de héros quand même?» Il s'arrêta pour ajuster le sac contentant son butin sur son épaule gauche (celle qui ne lui faisait pas mal).
- «Ma! Je l'avais dit, il est pas né celui qui m'attrapera et me collera en prison!»
Le scintillement d'une lame se profila juste devant son cou. «Pourtant je suis né depuis presque trente ans! Et je viens de "t'arrêter" sans la moindre difficulté!»
El Diablo, après avoir rapidement examiné l'épée de son interlocuteur et avoir par là "reconnu" son porteur, jeta un coup d'oeil à se dernier et alors il eut envie d'hurler de dépit et de frustration. «Je suis verni moi...J'ai été humilié par les Légendaires et leurs drôles d'Amigos, puis par les Fabuleux...manquait plus que les Faucons d'Argent (même s'il n'y en a qu'un)! C'est pas juussste!! Je suis maudit» Il décida de fanfaronner un peu, espérant que l'autre baisserait sa garde et qu'il pourrait ainsi en tirer avantage. «Ho? Vous me flattez commandant, votre groupe si célèbre qui se déplace pour moi?
- Ne rêves pas non plus...nous étions juste de passage pour retourner à Oroban. Nous ne déplaçons pas pour les voleurs de petites envergures normalement. Mais vu que tu as dérobé une pierre d'une valeur inestimable, j'ai décidé d'agir!
- Seul? Ou vous avez besoin de vos petits soldats pour me stopper?
- Je n'ai pas besoin de mes hommes pour arrêter un simple voleur comme toi! Je peux très bien y arriver seul. Et ce n'était franchement pas difficile!»
Deuxième claque de la journée!
El Diablo eut envie de déprimer!
Il se demanda s'il pouvait fuir mais se dit que c'était peut-être une mauvaise idée vu où était placé l'épée de son adversaire. Et vu comme l'autre lançait bien ses flèches (c'était lui hein?) il était foutu! En plus des gardes arrivaient de toutes parts et il ne pouvait plus s'envoler!!
«"Et c'est ainsi que s'arrêta la carrière d'El Diablo"! Je sens qu'il va me la sortir celle-là.. Haaaa mais nonnnn!! Je ne peux pas être arrêté! Je suis le plus grand voleur de tout Alysia!» Il attendit la réplique moqueuse mais rien ne vint. Heureusement son adversaire lui fit grâce de cette ultime humiliation et ne dit rien qui se rapprocha des mots que le voleur craignait d'entendre. Et pourtant...il fut collé en prison. Terriblement frustré de cette cuisante défaite, il abreuva le soldat de tout son répertoire d'insultes diverses et variées. L'autre l'ignora et repartit, un petit sourire satisfait aux lèvres, indifférent au fiel déversé contre lui.

Agrippé aux barreaux, l'ex plus grand voleur d'Alysia ruminait sa colère: «Je me vengerais!!!» Se promit-il avec détermination.
S'il sortait un jour...


Fin


Alors Mayo, tu as apprécié? ^_-

N'hésitez pas à laisser un p'tit commentaire, ça fait toujours plaisir ^^
Même si je ne vous y force pas ^_-


Dernière édition par Dragonna le Sam 17 Avr - 23:50, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Sam 17 Avr - 23:47

Certains vont dire que je suis une sadique...ils auront raison Twisted Evil
Ce OS se passe entre les tomes 10 et 11. Lui aussi je l'avais posté sur l'autre forum mais en le relisant j'ai trouvé qu'il pouvait être amélioré. Ce que j'ai fait. Voilà la version 2 de....

"Face à Face"

La rencontre avait été courte mais elle lui avait semblé durer une éternité. Tout avait commencée par une inspections d'un village détruit avec une dizaine de ses hommes. Bien qu'ils n'avaient guère d'espoirs de trouver des survivants, c'était une tâche qu'ils faisaient après chaque attaque d'Anathos. Une tâche dure mais nécessaire. S'il y avait des blessés, il falait les retrouver et les sauver.
Mais là ils étaient arrivé....trop tôt. Le «château» destructeur du dieu était parti mais pas les Infernaux.
C'était la première fois qu'ils se retrouvaient face à eux. Les (trop) rares survivants parlaient d'eux comme des pires monstres que Alysia ait porté, des machines de destructions, des êtres sans aucun sentiments qui prenaient plaisir à tuer. D'autres disaient qu'ils étaient les corps ressuscités des Légendaires. D'autres encore parlaient des pires monstres que la terre n'ait jamais portée. Bref que dans la plupart des cas, toute rencontre avec eux se solderait par la mort, et une mort douloureuse sans doute, car la rumeur les disaient cruels et sadiques. Personne, en revanche, n'avait vu le Dieu Anathos. La rumeur disait que si les infernaux étaient les corps ressuscités des Légendaires, Anathos devait être celui de leur leader, Danaël.

Un prénom que certains n'osait plus prononcer devant les proches de ce dernier, craignant une réaction qui était parfois violente, parfois destabilisante, comme pour toute personne en deuil. Si les Légendaires avaient changés, Ikaël, lui, s'était considérablement assombri depuis ce jour, changeant quelque peu son point de vue, commençant à percevoir plus ou moins celui de son défunt cadet...
Un prénom que plus personne n'osait dire devant lui...comme s'il était devenu tabou.
Car ses proches voyaient bien qu'il souffrait encore de cette perte.
Ce n'était pas un an et des poussières qui allait cicatriser une plaie si vive. Qui allait effacer la douleur d'avoir perdu un proche. Qui plus est le dernier membre de sa famille.
Cette douleur, ce deuil qui n'avaient fait qu'accroitre la haine du commandant pour Anathos. Une haine déjà alimentée par les atrocités commises par ce monstre.
Depuis ce jour où Ténébris lui avait dit la vérité, sur tout ce qui s'était passé et sur la réincarnation du dieu maudit, incapable de soutenir son regard, depuis qu'il avait réalisé que c'était la vérité...et qu'il avait perdu sa dernière famille.
Il n'était plus vraiment tout à fait le même...
Il n'aurait d'ailleurs pas du être parmi ces 10 éclaireurs ce jour-là mais il voulait agir, faire quelque chose, même une chose insignifiante. Même si là, en l'occurence, il s'agissait de chercher des survivants...
Indéniablement, il avait changé..
...comme les Légendaires.
Pas autant qu'eux mais d'une certaine façon oui il avait changé!


Maintenant qu'ils étaient face à eux, le leader roux ne pouvait s'empêcher de trouver presque troublante la ressemblance avec les Légendaires, même s'il était au courant, même s'il savait la vérité à leur sujet. Cette ressemblance qui aurait été frappante si les couleur de cheveux, de peau ou de fourrure n'avaient pas différés des quatres héros qu'il connaissait. Si ces êtres n'étaient pas eu l'air si mauvais, si diaboliques, faisant ainsi honneur à leur nom, ils auraient vraiment pu passer pour ceux à partir de qui ils avaient été crées. Des êtres crées uniquement pour la destruction, la mort, voilà tout ce que ces Infernaux étaient.
Pour ceux qui connaissaient les Légendaires, les Infernaux n'étaient que de pâles copies...
Pour ceux qui connaissaient les Légendaires, jamais ils ne seraient fait abusés.
Oui ça c'était facile de le penser quand on était loin d'eux. Mais quand on les voyait de ses propres yeux, cette ressemblance était terrifiante.


La double infernale de Jadina tenait le bâton aigle dans sa main droite et affichait un air froid, malgré un sourire cruel qui lui ourlait le coin des lèvres. Sa peau pâle comme celle de Darkhell et ses cheveux couleur sang lui donnaient un air de sorcière diabolique, elle les fixait, telle une prédatrice s'apprêtant à fondre sur ses faibles proies. On devinait la chef dans sa posture.
La double de Shimy avait déjà créer une sphère d'énergie, sans doute élémentaire, sans sa main gauche. Elle aussi avait une peau bien plus pâle que celle de son originale. Son regard sadique semblait transpercer chacun des hommes présents ici. Certains firent même un pas en arrière, tremblant devant la magie élémentaire prête à s'abattre sur eux. Elle semblait attendre quelque chose. Ils ignoraient quoi et cela ne les rassuraient pas vraiment.
Le double diabolique de Razzia avait un sourire pleins de dents pointues, ses yeux cruels balayant ses futurs victimes. Le Léviathan était planté dans la roche sur laquelle il se trouvait, ses bras étaient couverts de veines bleutées dans lesquelles on devinait la magie qui pulsait. Son air cruel contrastait terriblement avec l'air doux qu'affichait Razzia la plupart du temps.
Quand au double de Gryf, ses yeux rouges luisaient d'une lueur presque malsaine. Sa fourrure bleue et blanche paraissait plus sombre avec le soleil couchant qui baignait la terre d'une lueur sanglante.

- «Tiens regardez qui voilà!! Des petits soldats, avec le frère de celui qui a servi de réceptacle à notre maître Anathos!» La voix de la Jadina Infernale, si semblable à celle de la vraie lui frissonner les onze hommes. Elle posa un regard curieux, ou inquisiteur, sur Ikaël qui serra les dents, un mauvais pressentiment l'assaillant.
La double de Shimy fit craquer ses doigts avec satisfaction avant de lancer, d'une voix où perçait une ironie presque effrayante «Ha tant mieux, parce qu'à cause de l'autre excité....» Et d'un geste elle désigna le Jaguarian bleu foncé «...Je n'ai pas pu...» Un sourire sadique se dessina sur ses lèvres tandis qu'elle continuait: «...m'amuser tout à l'heure en massacrant la population de cette ville.» Elle ne prit aucunement compte du grognement avertisseur de son félin de voisin. Celui-ci ayant posé un regard indigné sur elle suite à la remarque désobligeante. Visiblement il ne se considérait pas comme un ''excité''.
- «Alors on s'amuze un peu avec eux ou on les finis tout de zuite?» s'exclama alors le Razzia sombre, levant le Léviathan dans la lumière sanglante du crépuscule, tel un signe annociateur du carnage à venir.
Le Gryf Obscur se tourna vers lui, dévoilant ses crocs pointus et cracha d'un ton agressif. «Fermes là tu veux? Ce stupide zozotement te rend ridicule....Nous rends ridicule.....» Le petit gros plissa les yeux mais ne répliqua pas, hochant simplement la tête, et le félin refit face au groupe.
- «Par lequel on commence?» s'exclama t'il frottant ses mains, pourvues de griffes, l'une contre l'autre. Il semblait impatient d'en découdre, comme si le combat et le massacre était ses seules raisons d'exister et quelque part, c'était le cas.
Celle aux cheveux rouges comme le sang eut un sourire mauvais et baissa brusquement son bâton, désignant le leader du groupe face à elle. «Je propose qu'on garde le rouquin pour la fin, puisque c'est le chef....et puis c'est le frère de celui qui sert de corps à notre maître, autant le faire durer dans ce cas.» Elle ignora le regard assassin du concerné qui n'appréciait pas d'entendre parler de son frère comme d'un simple ''objet''.
- «Oui éliminons d'abord le menu-fretin» ricana l'elfe maléfique, faisant apparaître une sphère dans chaque main. Ses cheveux semblèrent s'agiter, comme si le vent s'était levé.
Le jaguarian sombre bondit alors, passant par dessus le commandant et atterrissant face à l'un de ses soldats qui, effrayé par les yeux rougeâtre, tira son épée pour tenter de se défendre. Mais il ne fut pas assez rapide car d'un violent coup de griffe, l'homme-bête lui arracha son arme des mains et l'envoya au sol. Un second bond le fit atterrir à côté de la tête, dénudée par le choc, du soldat et un second coup de griffe mit fin au trop court combat. Trois autres n'eurent guère le temps de réagir, de fuir ou dégainer leur armes, des pics jaillirent de sol les envoyant rejoindre leur camarade. Dark-Shimy ponctua son action d'un éclat de rire terrifiant, fière de son acte. Dark-Razzia bondit à son tour, rejoignant d'autres soldats qui s'étaient regroupés pour tenter de contrer l'attaque fulgurante de l'épée bleue. Peine perdue. Le Léviathan en faucha quatre autres tandis que son maléfique porteur riait d'une façon diabolique, s'harmonisant ainsi avec l'elfe obscure. La sorcière au bâton-aigle abaissa son arme et une décharge magique projeta le chef du groupe quelques mètres plus loin, l'éloignant de ses hommes avant qu'il n'ait eu le temps de réagir. Atterrissant brutalement dans la poussière, à l'écart du combat, il se releva, indemne (décidément son armure était vraiment solide) mais légèrement étourdi. Il tira rapidement son épée pour venir en aide aux autres soldats.
Mais c'était trop tard....le massacre venait de se finir.

Il en eut la nausée.....en quelques secondes, ses dix compagnons avaient été massacrés. Serrant dans son poing son épée, l'arme de son père, il se tint prêt, même s'il savait qu'il n'avait aucune chance, même s'il savait qu'il allait mourir. Il ne périrait pas effrayé ou suppliant, mais en véritable chevalier. Il ne montrerait pas de sentiments quelconque et mourrait l'arme à la main comme son cadet, comme son père.
Il ne fuirait pas!
Les quatres infernaux l'entourait, chacun affichant un sourire amusé. Un court moment de flottement passa, durant lequel ils l'observèrent attentivement. Peut-être pour les raisons qu'ils avaient énoncé ou parce qu'ils n'avaient pas décidé la façon dont ils allaient s'amuser.
- «Alors il est pour qui?» s'exclama le jaguarians, semblant être prêt à le déchiqueter. Il regarda chacun de ses acolytes, qui semblaient tous pensif. Dark-Gryf sembla soudain se calmer après un regard de la double de Jadina. Quelque chose n'allait pas.
Soudain le soldat eut un mauvais pressentiment. Il eut un frisson malgré lui. Son cœur sembla battre plus vite. Ce n'était pas vraiment de la peur mais plutôt de l'angoisse.
Il en connut vite la raison...
Une voix froide et ironique, qui donna des frissons au combattant, résonna alors; mais si les Infernaux se figèrent plus dans une attitude respectueuse qu'autre chose, le soldat resta de marbre, son visage ne reflétant aucune émotion, rien qu'un masque d'indifférence. Intérieurement il sut qu'il était fichu. Et espéra que ça serait rapide. Pas qu'il ait peur de mourir mais il n'avait guère envie de servir de jouet à un dieu maléfique.
Cette voix malsaine, mauvaise, ironique et froide avait prononcé quelques morts «Il est pour moi voyons....,n'ai je pas le droit de....m'amuser moi aussi?» Et quelques secondes plus tard, le dieu Anathos se posait doucement face à eux. Les quatre infernaux tombèrent aussitôt à genoux face à leur maître. Dark-Jadina lui lança un regard émerveillé que le dieu ne sembla pas voir ou ignora. Les trois autres gardaient un air humble, respectueux ou amusé selon la personnalité de chacun. Le dieu se tourna alors vers le roux et eut un sourire ironique. Ikaël sentit alors son cœur s'arrêter un court instant lorsqu'il posa les yeux sur l'être divin qui s'approchait lentement de lui, un sourire cruel aux lèvres.

Le corps de son frère....
Transformé....métamorphosé....
Ces cheveux blonds qu'il aurait reconnu entre mille.
Il eut une brusque nausée, comme un coup de poing qu'on lui aurait envoyé dans l'estomac.
Le cauchemar passait d'un simple nom à une apparence!
La vérité jusqu'ici entendue prenait une dimension visuelle!


Le dieu le fixa de ses yeux jaunes durant de trop longues minutes, puis ses lèvres se retroussèrent en un sourire désormais sadique, dévoilant des dents pointues. «Quelle...bonne surprise.....comment va tu....très cher grand frère?» Il avait volontairement appuyé sur les deux derniers mots, tandis que les infernaux avaient le même sourire cruel, sauf l'infernal Gryf qui ricanait devant la pâleur qu'avait pris le visage du roux. Il semblait apprécier le jeu que venait de débuter son maître.
Mais le soldat se reprit et lança, tandis que la colère remplaçait l'horreur qu'il avait ressenti depuis l'apparition du dieu. «Comment oses-tu?» S'écria t'il, fou de rage, serrant si fort sa poigne sur la garde de son épée que ses doigts avaient blanchis.
Anathos, nullement impressionné par cette montée de fureur répondit avec un calme qui cadrait de façon terrifiante avec son apparence. «Mais....parce que je suis en quelque sorte ton frère maintenant non?» déclara t'il, sa voix froide fit trembler légèrement son interlocuteur. «J'ai pris son corps donc cela nous lie d'une certaine façon non?» Il semblait savourer l'impact de chacune de ses phrases sur le concerné, s'amusant des réactions qu'il allait provoquer.
Etait-ce ce le sentiment qu'on allait mourir qui pouvait donner encore plus de courage (où bien alors d'inconscience)? En tout cas le commandant en eut assez pour répliquer, avec colère et mépris des mots qui venaient plus du cœur que de l'esprit: «Fermes là, tu n'es pas mon frère, tu n'es qu'un parasite dans son corps! Espèce de monstre!»
Peut-être espérait-il donner envie au dieu de le tuer plus vite?
Il l'ignorait, il voulait juste que cette discussion tourne court!
Il savait qu'il n'avait aucune chance seul contre ces cinq être maléfiques
Alors qu'ils le tuent et qu'on en finissent


Les yeux jaunes s'illuminèrent d'une étrange lueur, presque malsaine, tandis qu'un sourire encore plus terrifiant venait remplacer le précédent. Un petit rire le secoua et même un des infernaux recula, un peu mal à l'aise. «Ne nie pas la vérité, petit soldat.....nous avons le même sang toi et moi....non?» Comme pour ponctuer ses dire, il s'égratigna légèrement le bras gauche à l'aide d'un des ongles de sa main droite, laissant tomber une goutte de sang carmin au sol.
Dark-Gryf eut un nouveau rire, jusqu'à ce que le double de Razzia lui flanque un coup de coude dans les côtes, histoire de lui rappeler que leur maître n'aimait pas être interrompu...il s'écarta du jaguarian sous le regard mauvais qui lui fut envoyé.
- «Tais toi!!» cria soudainement le roux, à bout de nerf. Il refusait d'écouter un mot de plus, il ne voulait pas entendre une parole supplémentaire. Le dieu le torturait mentalement, lui rappelant avec cruauté qu'il possédait le corps de son frère, qu'il l'avait tué pour ça. Il serra le poing gauche et siffla:«Tu lui a pris son corps!!
- Exactement....grand frère!» continua Anathos, comme si tout cela l'amusait terriblement (c'était sans doute le cas). Un nouveau ricanement échappa au maléfique jaguarian tandis que la Shimy diabolique souriait de façon plus que sadique, les deux ayant remarqué la tension plus de visible qui montait chez l'humain à leur merci. Dark-Jadina ne quittait pas son maître des yeux, admirant son talent pour torturer mentalement les gens. Dark-Razzia, lui, semblait s'ennuyer un peu.
Le dieu reprit avec sadisme, faisant un pas de plus vers l'humain à sa merci: «Il n'empêche que cela nous donne un lien.....de sang non?» Ignorant le tic nerveux qui avait agité son interlocuteur et ne prêtant pas attention au sentiment qui montait en lui, il continua, avec un sadisme digne de sa réputation «Voudrais savoir ce qu'il a ressenti quand j'ai pris ce qui me revenait de droit? Voudrais tu savoir à quel point il a souffert? Je me souviens encore de sa peur, de sa douleur, de son désespoir...sais-tu qu'il m'a presque supplié pour que la souffrance s'arrête?» Anathos ne termina pas sa phrase, bloquant sans difficulté avec son épée l'attaque surprise. Un rire mauvais lui échappa et il susurra, parant un nouveau coup. «La vérité fait toujours mal non?
- TAIS TOI!!» Pour la première fois depuis des années, le soldat avait perdu le contrôle de ses émotions. Douleur, colère et peur s'étaient mêlées et lui avaient donné la force et le courage d'oser lever sa lame contre cet être qui terrifiait tout Alysia, cet être qu'il haissait.
Le combat fut court, aussi court que celui des Légendaires contre le dieu sur l'île plusieurs mois auparavant. La fin fut pratiquement la même aussi. La lame se planta dans son épaule droite, lui faisant presque lâcher la sienne sous la douleur et le projetant contre un arbre. Malgré la souffrance qui lui irradiait presque toute la moitié du bras et l'épaule, il tenta de se reprendre mais n'en eut pas le temps car une force mystérieuse (divine?)l'empêchait de bouger.
Anathos s'approcha et susurra à l'oreille, savourant à l'avance avec délectation la souffrance mentale qu'il allait provoquer. «Je disais donc...voudrais-tu savoir à quel point il a souffert quand j'ai pris possession de son corps? Quand celui-ci s'est métamorphosé, quand son esprit à volé en éclats sous la force du mien? Quand il est mort mentalement?» Sa voix acide se déversait et , semblable à un poignard, se plantait dans le cœur du soldat. Il serra les poings, se persuadant de ne pas l'écouter.....de fermer son esprit à ses paroles.....de l'ignorer....mais une violente douleur, causée par l'épée d'Anathos se plantant dans sa main gauche le fit «revenir» et le rendit à nouveau conscient aux paroles du démon. Il aurait aimé répondre mais la magie du dieu l'immobilisait au point de l'empêcher de parler.

Anathos eut un sourire ironique et se redressa, dominant le blessé de sa taille. Il finit par dire, d'un air doucereux. «C'est amusant tout de même. Sais-tu que j'ai accès à tous ses souvenirs, à toutes ses émotions ou ses sentiments qu'il a éprouvé et envers qui il les a éprouvé? Comme si j'avais pris sa place...» un petit rire le secoua, comme s'il se rendait compte qu'il avait dit une chose un peu stupide «Ho après tout, c'est plus ou moins le cas non? Vu que j'ai pris son corps, nous sommes à peu près la même personne maintenant.....n'est ce pas Ikaël?»
L'interpellé se contenta de serrer les dents, sachant bien qu'il ne pouvait pas répliquer et même s'il avait pu, il préférait lancer au dieu un regard méprisant. Celui-ci haussa un sourcil amusé, ces humains, certains étaient plutôt courageux, comme celui-ci ou les Légendaires, ça changeait de ceux qui s'enfuyaient inutilement en hurlant de terreur. Mais il s'était assez amusé pour aujourd'hui, il avait une planète à raser après tout...les Légendaires reviendraient sans doute sous peu et il était impatient de revoir ces inconscients héros qui croyaient pouvoir le battre. Néanmoins ça l'amusait de les voir y croire, de les voir espérer qu'ils pourraient sauver leur très cher ami et le détruire lui.
Il était donc temps de partir.... Claquant des doigts il signifia à ses quatres serviteurs de retourner sur leur «base». Une fois ceux-ci parti, il décida d'une dernière torture mentale avant de tirer sa révérence pour ce jour. Puisque son ''captif'' ne voulait pas lui répondre, le dieu maléfique avait décidé de tenter autre chose
- «Et bien....» Une pause, et ses yeux s'illuminèrent d'une lueur sadique, il reprit d'une lenteur calculée, avec une tout autre voix teintée d'un plaisir malsain « Que me reste t'il à te dire avant que je ne reparte Grand Frère ? »
Le roux était devenu blanc comme un linge, frappé «en plein cœur» par ce «coup de grâce», ce monstre avait pris la voix de Danaël, ce qui le rendait encore plus terrifiant, surtout avec ce ton là... un ton chargé d'un plaisir malsain, mauvais et sadique, un ton qu'il n'avait jamais (n'aurait jamais) entendu de la bouche de son petit frère. Une boule obstrua sa gorge et il sentit un tremblement le parcourir tandis qu'une brûlure se fit sentir au niveau de ses yeux . Il ne devait pas craquer, il n'allait pas donner ce plaisir à Anathos.
Celui-ci prit un air de fausse inquiétude et demanda, sans pour autant changer son ton de voix: «Hé bien Grand frère....ça ne va pas? Tu es tout pâle!»
L'interpellé ferma les yeux, le cœur au bord des lèvres. Il refusait de craquer, de verser ne serait-ce qu'une seule larme. Anathos ne le briserait pas. Il ne le ferait pas s'effondrer mentalement sous ses tortures mentales. Il ne lui donnerait pas ce plaisir, pas à lui.
Qu'il se taise!!
Qu'il se taise, le tue et s'en aille!!
Qu'il arrête de prendre SA voix.

La voix retentit à nouveau, teintée toujours des même tons, il fut alors heureux d'avoir clos ses paupières, afin de ne pas avoir à le regarder davantage: «Pourquoi est-ce que tu pleures?» Ces mots sonnaient comme une victoire dans la torture mentale d'Anathos et celui-ci semblait la savourer, prenant grande satisfaction à la douleur d'autrui.
En effet, une goutte avait roulé sur la joue du roux mais celui-ci retint les autres. Non pas question, il ne lui donnerait pas ce plaisir de s'effondrer devant lui. Ravalant sa douleur, il planta un regard assombrie par la haine dans celui, luisant de sadisme, du démon. «FERMES LA!! JE SAIS TRES BIEN QUE TU N'ES PAS LUI!!» cria t'il, apparemment libéré de l'emprise divine. Il ne mourrait pas désespéré, jamais, il ne laisserait pas ce monstre continuer à le briser, à le torturer en utilisant son lien avec Danaël.
Il ne laisserait pas ce monstre souiller la mémoire de son frère ainsi!

Anathos eut une moue faussement déçue et rangea son épée. Quand il parla à nouveau, il avait a nouveau sa voix normale, faisant en même temps miroiter la lame sombre de son arme dans la lumière du soleil. «Hum....Je crois que je vais t'épargner....après tout, nous sommes liés par le sang non?» un petit rire le secoua quand il vit le tic nerveux chez son interlocuteur «Enfin....pour cette fois....la prochaine fois que tu croisera ma route, je te tuerais, est-ce clair "grand frère"?» Une pause puis le dieu sembla en avoir assez de son petit jeu de torture mental, comme si cela l'ennuyait à présent, peut être parce que sa vitime ne réagissait pas vraiment comme prévu: «Qui sait, peut-être ira tu le rejoindre, il doit se sentir un peu seul là où il est non?»
Inutile de dire qui était ce «le».
Un regard noir et méprisant fut sa seule réponse. L'humain n'avait absolument pas semblé intimidé....comme les Légendaires, lui envoyant sa haine de plein fouet, sans craindre la mort. Certains humains étaient vraiment amusants....dommage que les personnes de cette trempes soient si peu nombreux. Il se serait amusé bien plus dans le cas contraire. Un sourire mauvais ourla ses lèvres tandis qu'il disparaissait.

Ikaël s'appuya contre l'arbre, laissant totalement tomber ce masque qu'il portait, laissant la douleur physique et morale le submerger. Plus personne ne pouvait le voir.
Il était vivant certes mais la douleur était présente et ne disparaîtrait pas si facilement.
Il avait vu de ses yeux ce que les Légendaires avaient vécu eux-même.

Il se sentait atrocement mal, et ses blessures physiques n'étaient pas en cause.
Pourquoi le dieu l'avait-il épargné? Parce que le laisser vivre et souffrir était une perspective bien plus amusante à ses yeux?
Il grimaça...Ce monstre avait pris «sa» voix, comme s'il parlait à sa place.
Une voix qui lui rappelait tant de souvenirs.
Tant des souvenirs heureux que malheureux...
- «Danaël...»
Il ferma les yeux, ignorant la nouvelle larme qui roula sur sa joue, réprimant un nouveau tremblement. Un souvenir passa dans son esprit, se superposant à celui du dieu qui lui avait fait face il y a quelques instants.
Anathos ne l'avait pas brisé...
Le souvenir de cette voix qu'il avait prise allait sans doute le hanter quelques temps mais bien vite, son esprit se chargerait de différencier la vérité de ses souvenirs. Ca lui servirait....il avait une raison de plus pour haïr Anathos, pour participer à sa destruction.
Pour venger Danaël...
Tuer cet être qui faisait insulte à sa mémoire après l'avoir tué, qui osait se moquer de lui ainsi alors qu'il avait pris son corps.
Il ferrait tout pour aider les Légendaires à atteindre ce but! Tout ce qui serait en son pouvoir.
En attendant... Il ferma les yeux, ne pouvant plus ignorer la boule dans sa gorge, ignorer la vague de douleur qui le frappa, ignorer son coeur qui était serré à lui faire mal.....En attenant, il pouvait pleurer...C'était humain...
Et il était fier d'en être un...


FIN


Au fait, je le redis, vous pouvez me faire une "demande" pour un OS. Me lançer un défi quoi...
Je me ferais un plaisir de l'écrire ^^

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Dim 18 Avr - 22:37

Allez on continue sur une note plus comique...je reprend un thème déjà utilisé: et "Et si..."

«Et Si Jadina avait eu un frère jumeau?..
...Ca aurait surement tout changé!»


Un jeune homme aux cheveux noirs et aux yeux verts était assis en tailleur devant une grande tente. Il soupira, l'air profondément énervé. Il se redressa ensuite, époustant ses habits à dominance bleu et blanc orné ici et là de doré. Un bandeau de cette couleur ceignait son front et était orné d'une pierre bleue. Son allure était clairement princière, plus que son comportement quelque peu boudeur.
Les doigts de sa main droite tapotèrent avec agacement le pommeau de son épée, attachée à sa ceinture. Il semblait réfléchir, cela se voyant aussi de part sa moue agacée. «Sœurette?» tenta t'il d'une voix hésitante, semblant avoir quelque chose à se pardonner. Ou peut-être s'ennuyait-il?
Pas de réponse, il allait donc devoir se déplacer lui-même. Il grogna quelque chose d'indistinct et s'avança, s'immobilisant à l'entrée de la tente pour laisser le temps aux soldats, vêtus de tenues noir et cuir en enveloppé dans de grandes capes blanches, de le reconnaître et de le laisser passer.
Il hocha la tête avec satisfaction. Ainsi il était bel et bien le seul homme pouvant entrer dans la tente, étant le frère de la princesse. Qu'il n'y en ait pas un autre qui essaie...
Enfin...Le commandant du groupe pouvait aussi entrer mais il n'avait pas le droit de la voir, juste de lui parler et c'était lui, le prince qui se devait de servir d'intermédiaire quand il le fallait. Aucun homme, à part les soldats du prince Halan et lui ne pouvait voir la princesse Jadina. Parfait.
Il écarta le rideau du paravent pour passer et le laisser retomber derrière lui. Il se retrouva alors dans l'espace restreint où vivait sa sœur durant cette halte, comme à chacune qu'ils avaient faite depuis le début du voyage. Parfois il la plaignait un peu, Halan avait ordonné qu'elle ne se montre pas aux Faucons d'Argent durant le voyage. Contrairement à lui qui pouvait aller et venir (dans une certaine mesure, bien qu'il ne soit pas concerné par les tentatives d'enlèvements....on ne savait jamais).
- «Qu'est que tu veux Azul?» fit une voix douce. Jadina était assise sur une chaise, un livre ouvert sur les genoux, le coude posé sur l'accoudoir. Ses cheveux noirs n'étaient pour le moment pas attachés. Elle semblait un peu fatiguée, le voyage sans doute. «Tu t'ennuie?»
Le jeune homme eut un maigre sourire. Azul...Son nom venait de la pierre bleue le Lapis-Lazuli. Il était né en second et sa mère, pour faire doublon avec sa sœur avait voulu lui donner un nom issue d'une pierre précieuse, comme elle.
Deux pierres aux couleurs proches...
Le Jade pour Jadina et le Lapis-lazuli pour Azul.

Le vert pour elle et le bleu pour lui (même si sa magie, s'il pouvait en faire un jour, serait sans aucun doute verte).Il fut tiré de ses pensées lorsque Jadina claqua des doigts devant son visage. «Tu es encore dans la lune p'tit frère?» fit-elle d'un air moqueur, ravi de le voir sursauter.
Il prit alors une mine adorablement innocente et répliqua d'un air joueur: «Laquelle? On en a deux!»
Elle leva les yeux au ciel, posant son livre sur l'accoudoir de son siège. «Très drôle...» Elle lui sourit, se levant pour s'étirer, ayant quelques crampes pour être rester assise si longtemps.
- «Et puis...petit, petit, je n'ai que un quart d'heure de moins que toi tu sais?» Rappela t'il avec un agacement parfaitement crédible mais absolument pas pensé.
- «Même ça reste quinze minutes que j'ai de plus.» renchérit la jeune fille en lui ébouriffant les cheveux sans aucun scrupule.

Deux enfants de 5 ans parfaitement identiques, si ce n'est que l'un était un garçon et l'autre une fille, jouaient dehors, s'amusant à se lancer une petite balle colorée. Puis un appel, une belle jeune femme s'approchait d'eux avec leur mère. Elle poussait devant elle un petit garçon ,de leur âge, aux mèches émeraude et aux yeux bleus. Vêtu d'un ensemble blanc prouvant qu'il venait d'un pays chaud, il semblait terriblement intimidé.
Aderyd sourit et posa une main sur l'épaule de chacun de ses deux enfants, leur murmurant avec douceur: «Azul, Jadina, je vous présentes Halan!» Elle se pencha et chuchota à sa fille «J'espère que lui et toi deviendrez vite de très bon amis!» La petite hocha rapidement la tête, le sourire aux lèvres et s'avança vers le petit garçon, commençant à lui poser plein de questions.
Azul jeta un regard étonné à sa mère, ne comprenant pas pourquoi ces mots ne lui étaient pas adressés à lui aussi. Jadina était encore trop jeune pour comprendre tout cela...pour comprendre ce que ça impliquait. Elle était ravie d'avoir un nouvel ami.
Aucuns des trois ne savaient encore la vérité....
Le terme de «fiancé» ne fut abordé que 3 ans plus tard, lorsque cela devint officiel.


Le jeune homme s'étira et murmura d'un air désintéressé «J'aimerais savoir ce que tu penses de tout ça?» Il serra les lèvres d'agacement en la voyant se verser un verre d'eau, comme si elle se fichait de ce qu'il disait. Bien qu'il savait que ça n'était pas le cas, ça l'énervait fortement. Elle pourrait au moins le regarder quand il parlait. Il voulait savoir ce qu'elle ressentait vraiment.
Elle finit pourtant par se tourner vers lui, demandant d'une voix posée: «De quoi?» demanda t'elle d'un ton ennuyée, comme si elle ne savait pas de quoi il parlait et là encore il en doutait.
Il prit un air agacé devant une telle attitude et s'exclama «Mais de ça! C'est absurde?!» il disait enfin le fond de sa pensée après presque une semaine de route.
Jadina secoua la tête, amusée devant cette impulsivité. «Absurde d'avoir fait appel à ce groupe pour me protéger jusqu'à ce qu'on arrive à Sabledoray? Absurde que tu m'ait suivi alors que tu aurais pu venir avec nos parents?»
Il secoua la tête, agacé par cette attitude, énervé de la voir faire semblant de ne pas comprendre de quoi il parlait: «Non! Je te parles du mariage!»En fait, ça ne devait pas être la première fois qu'ils abordaient ce sujet.
Il crut soudain entendre les soldats d'Halan rire en percevant ces mots. Quoi ils les écoutaient? Ou bien c'était lui qui parlait trop fort !? Et pourquoi cette hilarité d'ailleurs? Était-ce par ce que son animosité pour Halan était connu de presque tout le monde? A noter que le prince en question s'en fichait totalement et était on ne peut plus aimable avec lui! Tout le monde en riait! En quoi était-ce risible?
D'ailleurs même sa jumelle en riait. Il croisa les bras d'un air boudeur, attendant qu'elle se calme puis marmonna d'un air furieux «Mais quoi?» Il soutint son regard moqueur quelques instants avant de baisser les yeux vers le sol (où il y avait un chouette tapis d'ailleurs).
Jadina posa sa coupe vide et s'avança vers lui, lui ébouriffant gentiment les cheveux. «On se calme monsieur le (petit) frère jaloux!» ricana t'elle, enfonçant le clou pour s'amuser.
Il se dégagea avec un mouvement brusque, rougissant de gêne: «Je ne suis pas jaloux! Je suis CONTRE! Nuance!» Il perçut de nouveaux rires provenant des soldats. Il devait vraiment parler trop fort! Et puis ces deux hommes étaient les seuls hommes avec qui sa sœur pouvait parler (en dehors de lui) durant ce voyage, donc ils pouvaient sans doute rire de ses paroles qui étaient pour le coup totalement prévisible de sa part.

La princesse soupira: «Pourquoi tous les frères font ça quand un garçon tourne autour de leur sœur? Même si dans notre cas Halan ne me tourne pas vraiment autour.» analysa t'elle en hochant la tête, certaine de ses dires. «C'est un mariage arrangé après tout!» Sans doute cela ennuyait-il tout autant son fiancé qu'elle-même. Il n'avait rien demandé lui non plus.
Il la regarda d'un air affligé. Elle était aveugle ou quoi? Mais en gentil garçon qu'il était, il se contenta de dire «Si tu le dis...» il préférait ne pas lui faire peur en lui signalant que le prince en question était éperdument amoureux d'elle. En plus ça pourrait plus rendre service à Halan...et ça c'est hors de question que je le fasse! C'est mon ennemi naturel!! Certains qualifieront ça de réaction disproportionné, ils auront sans doute raison.
Jadina soupira, décidément entre ces deux-là ça n'arrêterait jamais. Elle espéra quand même que son jumeau se calmerait après le mariage (puisqu'elle n'avait de toute façon pas le choix). «Sérieusement Azul, qu'est que mon fiancé t'a fait pour que tu le haïsse à ce point? Vous vous entendiez bien avant pourtant!»
Le jeune homme lui lança un regard aiguisé sous sa frange sombre et siffla entre ses dents «Il t'épouse justement, c'est ça que je lui reproche!» s'entêta t'il avec agacement, gardant les bras croisés et un air un peu immature au visage.
- «Azul...c'est pas comme si c'était notre décision et tu le sais!» répliqua Jadina, l'air quelque peu exaspéré devant l'attitude butée de son jumeau. Il ne l'avait pas accompagnée juste pour râler quand même, et ce n'était pas la première fois du voyage qu'il abordait le sujet mais c'était bien la première qu'il râlait autant.
Celui-ci lança, montant d'un ton: «Pourquoi tu a l'air si indifférente alors? Si tu n'es pas satisfaite, montres le un peu!
- Et ça changerait quoi? Parce que je n'ai pas le choix, donc j'assume et je respecte la décision de nos parents!» Répondit-elle en haussant les épaules. Elle avait accepter son destin et son devoir de princesse et aurait aimé qu'Azul fasse de même pour les siens.
- «Pourquoi tu ne montre pas plus tes émotions hein? Tu as parfaitement le droit d'être mécontente! Penses que vous êtes fiancés depuis la naissance et que nos parents ne nous ont mis au courant de ce fait que lorsque nous avions 8 ans et pas avant!» Cria t'il, ne se souciant plus de qui pouvait l'entendre désormais.
- «Tu sais, nous ne sommes pas les seuls à subir ça! C'est la même chose dans beaucoup de famille riches et placées hautement dans la société!» Elle tentait de prendre un ton calme mais commençait à perdre un peu patience elle aussi.

- «Mais comment peux-tu êtes ravi d'épouser un prince arrogant...» S'emporta t'il en faisant un geste brusque de la main gauche (et tant pis si les soldats d'Halan l'entendaient! Il n'avait plus envie de se taire!), vidant son sac pour la première fois depuis le début du voyage. Il n'aimait pas le prince aux cheveux verts, surtout depuis que celui-ci était amoureux de sa sœur (hé! Il l'avait bien vu lui!).
- «Regardez qui dit ça...» Rit sa sœur en s'appuyant à sa chaise, faisant tourner son bâton aigle entre ses doigts, amusée par l'attitude puéril de son jumeau. «Qui frime lors de ses entraînements à l'épée hein? Qui fait le beau devant les jeunes filles aux bals?» Elle voulait le calmer mais aucune de ses paroles ne semblait avoir d'effet sur le jeune homme.
Celui-ci, ne décolérait pas et continua, sans prendre garde à l'interruption: «...Gâté en plus!
- Hum...» fit-elle d'un air pensif, le regardant comme pour lui dire qu'il ferait mieux de se taire.
- «C'est quoi cet air moqueur?» grogna Azul en s'interrompant dans sa tirade pour la regarder d'un air méfiant.
- «Tu es mal placé pour le critiquer sur ces points mon très cher frère! Tu es tout aussi arrogant et question enfant gâté il me semble que tu es bien placé aussi non?
- Mais...» balbutia le garçon d'un air abattu.
Elle le coupa et dit d'un ton qui était bien définitif: «Halan est charmant..
- Oui avec toi...» Railla t'il en levant les yeux au ciel.
- «Quel mauvaise foi, il l'est aussi avec toi, il ne t'as jamais manqué de respect!
- Évidement je suis le futur roi de notre royaume...question politique et diplomatie il doit me traiter avec délicatesse!
- J'espère que tu va corriger ton attitude, il en va des relations en notre pays et le sien (qui sera aussi bientôt le mien d'ailleurs)! J'ose espérer également que tu n'es pas venu pour gâcher les préparatifs de mon mariage sous prétexte que tu n'apprécie plus Halan (pourquoi d'ailleurs?)!
- Tu t'entend parler? On dirait un discours appris par cœur! C'est père qui te l'a appris ou mère?
- Sérieusement Azul...depuis que tu as entendu parler de ce mariage tu ne te calmes pas!»

Le roi n'avait dit qu'une phrase lors de cette réunion ce soir là: «Jadina épousera Halan dans le mois qui suivra son vingtième anniversaire!»
Les jumeaux en avaient alors 19 depuis deux semaines. Cette décision s'abattit sur eux comme le glas d'un avenir qu'ils n'avaient pas choisi mais auquel ils se pliaient bon gré mal gré.
Jadina hocha simplement la tête, elle s'y attendait depuis un bon moment mais ignorait jusqu'ici la date précise. Elle se consola en pensant que son ami d'enfance devait lui-aussi être tout autant désappointé par cette décision. Elle se consola en pensant que ça aurait pu être pire, qu'au moins elle connaissait son fiancé. Et son jumeau hein? Lui n'avait encore rien de prévu le concernant? Il hériterait surement du trône de leur père mais lui...leurs parents avaient-ils prévu quelque chose pour un éventuel mariage ou le laisserait-il choisir?
Azul serra les poings de colère. Déjà ça faisait cinq bonnes années qu'il voyait que la façon dont Halan regardait Jadina avait changé! Ce petit....grrrr était amoureux d'elle. Et maintenant il allait l'épouser. Ha mais non! Il n'était pas d'accord?! Il n'avait pas non plus son mot à dire hélas!Une fois qu'ils furent seuls, il se lança dans un répertoire de malédiction et d'insultes diverses envers cette décision et envers le fiancé.
Jadina en eut vite assez d'entendre Halan (il n'y était pour rien lui!) se faire calomnier ainsi et flanqua une baffe à son jumeau pour le faire taire et le calmer!
- «Agis en une personne de ton rang Azul! Je suis une princesse et toi un prince! Il faut accepter les inconvénients du à notre statut!
- TU APPELLES CA UN INCONVENIENT?»


Le prince marmonna d'un ton buté «Tu mérites mieux que ce type!
- ''Ce type'' a un nom Azul! Et c'est ton futur beau-frère! Je croyais que tu respectais toujours la famille hum?» Elle tentait une dernière fois de souffler les braises mais s'il recommençait son cinéma, ça allait barder! Elle vit son jumeau virer à un rouge brique, signe d'immense colère, et prendre une inspiration comme s'il allait pousser un hurlement de rage. Elle coupa court à tout ça et le mit dehors, le projetant hors de la tente à l'aide de la magie. «REVIENS QUAND TU SERA CALME!»
C'était dit...elle aussi était en colère!
Azul se redressa et s'exclama et direction de la tente, ignorant les deux pauvres gardes qui tentait de se faire oublier. «EXCUSES MOI DE M'INQUIETER POUR TOI A L'IDEE QUE TU EPOUSES CE TYPE!» Ignorant les Faucons d'Argent qui, figés par la surprise, s'étaient tous stoppés dans leur activité, il s'était enfin lâché, flanquant à la poubelle son statut de prince pour quelques minutes, sa colère étant arrivé à son paradoxysme.
La réponse ne se fit pas attendre et fut tout aussi hurlée, à la grande surprise des soldats qui entendaient la voix ''mélodieuse'' de Jadina pour la première fois: «QUEL QUE SOIT LE FIANCE, TU FERAIS LA TÊTE DE TOUTE FACON! TU ES TOTALEMENT IMMATURE!»
Azul vira encore plus au rouge, devenant cramoisi et répliqua sans baisser le ton, au grand désespoir des gradés qui avaient espérés que le groupe passe inaperçu: «EXCUSES MOI DE M'EN FAIRE POUR TOI GRANDE SOEUR!» En arrière plan certains des hommes en armes se retenaient de rire et d'autre secouaient la main, l'air de dire que ça ne rigolait pas.
La princesse ne semblait pas disposée à s'arrêter non plus: «HA MAINTENANT JE SUIS TA GRANDE SOEUR HEIN?! QUI RALAIT TOUT A L'HEURE EN DISANT GNA GNA GNA QUINZE MINUTES C'EST RIEN HEIN?» La provocation fit siffler de rage le seul garçon qui serra les poings à en faire blanchir ses mains.
Il prit une grande inspiration, tentant de se calmer mais n'y parvint pas. «BAH VA Z'Y! EPOUSES CE TYPE, JE M'EN FICHE! JE NE ME SOUCIERAIS PLUS DE TON BONHEUR PROCHAIN!» Il ramassa sa tiare qui était tombée par terre et la remis, se retenant de hurler davantage.
- «CA ME FERA DES VACANCES!» Cria Jadina soudainement, le faisant presque tomber de surprise. Il ne semblait pas s'y être attendu à celle-là.
Ulcéré par cette réplique, il se fit une joie de répondre presque agressivement: «OUAIS C'EST CA!
- PARFAIT!
- PARFAIT!»
La discussion était close! Ou presque car la jeune fille lui lança alors qu'elle ne voulait plus le voir jusqu'au lendemain. Le jeune homme répliqua que c'était aussi sa tente et qu'elle n'avait pas le droit de le mettre ainsi dehors. Elle répondit que dormir à la belle étoile lui ferait le plus grand bien.
Cette fois, la discussion était vraiment close.

Il s'assit sur un tronc d'arbre coupé et se mit en devoir de bouder d'une façon terriblement mature. Peut-être espérait-il qu'elle envoie un des hommes d'Halan le chercher?Qu'elle voudrait s'excusez d'abord! Trois bonnes heures passèrent ainsi où il écouta distraitement les discussions du camps sans bouger. Un jeune faucon, blond aux yeux bleus...le frère du commandant s'il se souvenait bien, lui apporta un café. il le remercia d'une petite voix, d'un ton un peu triste.
Danaël haussa un sourcil compatissant «Tout va bien?
- Je viens de me disputer avec ma sœur jumelle donc non ça ne va pas bien! Comment vous faites avec votre frère vous?
- …Ne croyez pas qu'on ne se disputes jamais...et je ne penses pas que nous soyons une bonne comparaison d'ailleurs.
- Je n'ai traité personne de fille, rassurez vous! Je voulais juste...laissez tomber!
- Oui c'est ce que j'avais cru comprendre! Vous devriez aller vous excusez auprès de votre sœur cependant!» lança le blond, l'air de rien, en jetant un coup d'œil à la tente en question.
Azul ignora le conseil, continuant sur sa lancée: «Rah quand je penses qu'elle va épouser ce type! Arrogant, pourri-gâté et j'en passe!» Ragea le brun en buvant d'un trait sa tasse de café.
- «Hum...
- Ne vous y trompez pas, si elle étais vraiment amoureuse je ne dirais rien du tout!
- N'êtes vous pas un peu trop protecteur envers votre sœur?»questionna, l'air de rien, le jeune faucon d'un ton tut de même concerné.
Un regard presque noir le fit tressaillir: «Chevalier, il me semble que vous dépassez quelque peu les limites là!» menaça Azul, soudainement hargneux envers son interlocuteur. La vérité faisant toujours ''mal'', il avait réagi en conséquence.
- «D'accord D'accord veuillez m'excusez mon impertinence!» murmura l'autre d'un ton apaisant.
Le prince soupira et, passant les mains sur son visage, marmonna: «N'empêche...vous avez surement raison!»
Il fallait vraiment qu'il se calme.
Le mariage était pour dans 3 mois.
Soit 12 semaines à peu près...
Soit environ 84 jours environs.

Il souffla et tenta de voir le bon côté des choses puisqu'elles étaient de toute façon totalement inévitables: Après tout...ça aurait pu être pire hein? Elle aurait pu être fiancé à un vieux non? Ou à un type qui ne l'aimait pas? Hein? Il fallait positiver n'est ce pas? «J'y arrive passssss!!» se lamenta t'il dans l'indifférence générale, Danaël étant parti monter la garde devant la tente de la princesse Jadina.
Azul se mit debout, plein d'une nouvelle détermination: Allez! S'auto-ordonna t'il avec conviction je serais aimable avec mon futur beau-frère même si je le déteste! Ou père m'éviscérera pour avoir mis des tensions entre nos royaumes malgré le mariage! Jadina ne fera sans doute pas un cirque pareil quand moi je me marirais non? Alors il faut que je grandisse un peu! C'est ça! Il faut po-si-ti-ver! Il fit quelque pas vers la tente, décidé à aller présenter des excuses à sa sœur pour son puéril comportement. Et pour lui promettre qu'il allait changer maintenant!

- «ALERTE!!» Cria soudain quelqu'un. «DES DARKHELLIONS!» Azul leva les yeux et vit une nuée de ces bêtes plonger sur le campement, surement pour tenter d'enlever encore une fois sa jumelle. Il tira alors son épée et se précipita vers la tente devant laquelle Danaël venait de repousser une de ces bêtes répugnantes.
- «Laissez moi faire prince! C'est mon travail» S'exclama ce dernier, surpris de voir le jeune homme venir lui prêter assistance. Si le frère de la princesse se faisait tuer, ils étaient mal quand même.
- «Ouais c'est ça et c'est MA sœur!» répliqua Azul en tranchant le coup d'un de ces dragons qui arrivait pas la droite. «Je sais me battre, ne me prenez pas pour un faible!» L'une de ces bêtes déchira alors la tente et le hurlement de terreur de sa sœur le pétrifia quelques instants. Il se retourna et s'élança sur la bête, suivi par le chevalier. Le Darkhellion avait craché sa salive sur la jeune fille, l'enfermant dans un cocon de glace mais il n'eut pas temps de l'emmener. Azul lui trancha une patte, faisant tomber le cercueil glacial au sol. Le monstre n'eut pas le temps de s'en prendre à l'héritier royal car Danaël l'acheva d'un coup d'épée avant qu'il n'ait pu esquisser le moindre geste.
Il s'inquiéta alors pour la princesse et se retourna vers les jumeaux: «Comment va t'elle?» demanda le blond en s'approchant pour le constater par lui-même. Azul venait de libérer Jadina de sa prison de glace. La serrant dans ses bras pour ensuite tenter de la réveiller, il lança un regard avertisseur au chevalier (comme s'il avait flairé un quelconque danger?!) qui comprit le message et repartit massacrer des Darkhellions avec ses amis, se disant au fond de lui: Prince Halan, je vous plains vraiment d'avoir un futur beau-frère pareil! Je n'aimerais pas être à votre place rien que pour ça!

Et voilà comment tout changea, simplement parce que Jadina avait un jumeau définitivement TROP protecteur qui n'avait pas laissé Danaël approcher sa sœur!

Fin...


Dernière édition par Dragonna le Mer 5 Mai - 8:39, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Mar 20 Avr - 17:53

Cadeau pour Eyael ^^
Defi relevé ^_-



«Et si nos deux frères préférés avaient une petite sœur?»
(Série de "Et si"...hé oui encore un)

Danaël s'effondra à genoux au sol. «Dis moi que c'est faux grand frère! Dis moi que c'est un cauchemar!» supplia t'il, refusant la douloureuse vérité qui venait de s'abattre sur lui. Comment cela pouvait-il être possible? Si vite, d'une façon si imprévisible! Il avait pourtant fait aussi vite qu'il avait pu. «Ce n'est pas vrai...ce n'est pas possible!» Il sentait les larmes qui roulait ses joues.
Du haut de ses 20 ans, il ne cachait plus sa douleur... comment cela pouvait-il arriver?
Le roux lui répondit, d'une voix douce mais définitivement triste: «J'aimerais bien que ça ne soit pas réel...mais c'est malheureusement la réalité!» Il se retourna vers son cadet, murmurant d'une voix où il était impossible de lire un quelconque sentiment «Elle voudrait te revoir une dernière fois! Ne tardes pas, le guérisseur pense que...qu'i lui reste environ une semaine.
- Je suis venu aussi vite que j'ai pu Ikaël, dès que j'ai su je...» Sa voix se brisa, la culpabilité remontant comme une vague amère. Il avait vraiment fait aussi vite qu'il avait pu, laissant même son groupe à Rymar pour prendre de l'avance et arriver le plus rapidement possible.
Mais presque trop tard...Il ne se le pardonnerait pas. Il aurait tellement voulu lui dire qu'il était désolé, désolé de l'avoir déçu, de ne pas avoir été plus souvent présent depuis un an, depuis qu'il avait quitté les Faucons d'Argent, il n'était presque plus revenu dans sa cité natale, ou tout du moins chez lui. Sa fierté, son besoin de prouver son indépendance, sa capacité à se débrouiller seul. Il pensait revenir un jour rendre visite à sa famille oui mais voulait prouver qu'il n'avait pas besoin d'aide et qu'il gérait très bien son nouveau groupe.
Devant l'absence de réponse de son frère il balbutia, désespéré, pensant que celui-ci le détestait à présent: «J'aurais du...tu penses bien que...» Il fut incapable de finir sa phrase. Il aurait tellement aimé revenir en arrière, revenir les voir avant, la voir avant. Elle n'avait que 16 ans. Et il l'avait laissé tombé pour réaliser son idéal. Il se sentait horriblement mal. Il n'avait jamais eu l'attention d'abandonner sa famille, juste de prouver qu'il était capable de créer son idéal.
«Dan! Grand frère!»
Une voix issue du passé le hanta, le prenant à la gorge, le faisant trembler de mal-être. «Je vais...y aller!» Il se releva et poussa la porte, presque vacillant.
Le souvenir de la petite fille s'accrochant à ses vêtements...
….De la gamine se réfugiant derrière Ikaël suite à leurs disputes.

Tout ça lui revint en un seul coup. Et cela ne fit qu'accentuer la douleur qu'il ressentait. Il n'était qu'un lâche au fond. Il arriva rapidement à l'étage, un flot de souvenirs l'envahissant.

___________________

Un garçon roux toussota, alors qu'il était assis dans un large canapé, pas loin de la cheminée allumée. «Dîtes...
-....
-....»
Devant l'absence de réponse, le petit garçon soupira avec agacement. Ils étaient lourds quand même pour lui. Il n'était ni un oreiller, ni une peluche. Depuis quand ils le collaient comme ça quand ils avaient un coup de fatigue? Bon ok pour son frère il avait plus ou moins l'habitude mais depuis que l'autre s'y était mise...ça devenait ''lourd'' dans les deux sens du terme.
- «Ariane, mon bras gauche n'est pas un coussin tu sais? Et encore moins un doudou!» Visiblement la gamine de 3 ans s'en fichait, agrippé à son bras comme si sa vie en dépensait, la tête posée contre le haut du dit-bras. Ikaël soupira et tourna ensuite vers son frère.
- «Danaël...depuis quand tu t'endors sur mes genoux?» Questionna t'il en regardant le petit blond pelotonné contre lui.
- «...»
Silence total, le gamin de 7 ans dormait lui aussi comme une souche.
- «Mais soyez sympa quoi, j'ai des crampes!»

----------

Une petite fille blonde âgé de 4 ans aux yeux noirs croisait les bras, l'air sûre d'elle «C'est moi que Grand Frère préfère!» asséna t'elle un sourire supérieur aux lèvres, un air d'enfant gâté gravée sr le visage. Elle semblait sûr et certaine de ce qu'elle avançait.
Un petit garçon aux mèches couleur des blés de 8 ans, piqué au vif répliqua aussitôt «Non c'est moi!!» Sujet favori de disputes chez eux. Il était certain lui aussi d'avoir raison. Après tout, c'était Ikaël qui lui avait appris à tirer à l'arc, qui s'entrainait à l'épée avec lui (ou plutôt l'entrainait) non?
La gamine gonfla ses joues, furieuse «C'est moi je dis!!» Elle avait aussi raison, sur certains points.
Mais jamais défaite n'aurait été admise dans l'autre camps.«Dans tes rêves sœurette!» ricana le blondinet.
Les deux se fixèrent en chiens de faïences durant quelques instants.
Ils sursautèrent tout deux en entendant un rire derrière eux. Et se retournèrent vers le nouveau venu. Un garçon roux d'environ 11 ans les regardait d'un air quelque peu amusé «Dîtes vous deux, ne décidez pas pour moi d'accord?» rit-il, semblant trouver la scène très amusante.
Deux tornades pilèrent net devant lui «Alors qui tu préfères?» s'exclamèrent-ils d'une même voix, le fixant avec espoir l'un et l'autre.
Haussement de sourcil du plus vieux qui prit un air faussement désespéré. «Quelle stupide question....» Il sourit et s'agenouilla devant eux, posant une main sur l'épaule de son frère et l'autre sur la tête de sa sœur. «Je vous aime autant l'un que l'autre d'accord?»


___________________

Danaël posa la main sur la poignée de la porte, prenant une grande inspiration. Il sentait le courage le quitter, comme si le cruel destin ricanait à son oreille. Pourquoi n'était-il pas revenu avant dans ce cas? Était-t-il si stupide? Si immature pour ne pas pouvoir concilier idéal et cœur?
Un lâche, c'est ce qu'il était! Il avait fuit pour former son propre groupe, avait laissé tomber tout ce
qui comptait avant pour lui. Il entra, rassemblant tout son maigre courage.
Courage qui se faisait la malle rapidement d'ailleurs. Il avait brusquement envie de pleurer.
- «Ariane?» murmura t'il d'une voix rauque. Il s'approcha du lit avec précaution, respirant lentement, craignant qu'il se passe une chose dramatique au moindre geste brusque.
L'adolescente était allongée dans le grand lit, le front couvert de sueur, la respiration rauque et haletante. En entendant son nom cependant, elle ouvrit les yeux, regardant le jeune homme qui venait de tomber à genoux près du lit. «Dan...Salut Grand frère»
Il leva une main tremblante pour essuyer les larmes qui brouillait sa vision, pour lui cacher sa détresse. «Je suis revenu aussi...vite que j'ai pu...
- Je suis contente...de...» Elle toussa, réprimant un gémissement de douleur «...de pouvoir de revoir...une dernière fois!»
Il pâlit et fut incapable de retenir son nouveau sanglot. «Ariane...je suis..»
Elle ne le laissa pas achever ses mots: «Je suis désolée..d'avoir été aussi stupide!» Chuchota t'elle, attrapant sa main qu'elle serra doucement avec tendresse, lui souriant douloureusement.
- «Moi aussi je l'ai été en partant comme ça, sans même attendre qu'on soit revenu. Tu nous attendais et Ikaël est revenu tout seul en disant que j'avais quitté les Faucons pour créer mon propre groupe. Tu avais le droit de mal le prendre tu sais?» Il admettait avoir été précipité, être parti comme ça avec Jadina dans penser un seul instant à toutes les mauvaises conséquences qu'auraient son choix.
- «J'ai réagit de façon stupide!
- Non...cette claque je la méritais quelque part!

___________________


Ariane explosa enfin, claquant ses mains contre le bureau de l'autre roux, les yeux brillant de rage: - «Comment tu peux le laisser faire ça Grand frère?» s'indigna t'elle, n'arrivant pas à comprendre.
Ikaël soupira, avant de dire (pour la énième fois sans doute): «Danaël est un grand garçon, il peut faire ce qu'il veut! Il est adulte maintenant!» Il écarta ses papiers, sentant que la conversation était loin, très loin d'être terminée.
- «Mais tu t'en fiches alors?» s'indigna la jeune fille en posant les mains sur ses hanches, folle de rage. Comment pouvait-il être aussi indifférents face à cet abandon dont ils étaient victimes?
Son frère secoua la tête: «Je suis un peu déçu certes mais mieux vaut qu'il fasse ce qu'il désire et qu'il soit heureux! Je serais fier de lui quoiqu'il arrive s'il y parvient!
- Et tu ose dire que tu es fier de lui?Il trahit la mémoire de Père en faisant ça! Il fait insulte à votre groupe en ayant fait ça!» Elle fulminait de colère, comment son aîné pouvait être si calme, si posé? Alors qu'il semblait pourtant un peu en colère quand il lui avait tout raconté hein? Il n'était pas légèrement hypocrite là?
- «Je ne crois pas! Père aurait été fier qu'il fasse ses proches choix, creuse son propre chemin!» Expliqua doucement Ikaël en se levant pour aller regarder par la fenêtre. «Tu devient irrationnelle Ariane! Calmes-toi et va réfléchir à tout ça au calme.
Elle s'indigna: «Irrationnelle? C'est lui qui..
- Tu es bouleversé parce que tout a changé et tu t'insurges contre ça, pas contre la décision de notre frère!»Il ne se retourna pas, regardant à l'extérieur sans ajouter un seul mot, signe que la discussion était close.
Ariane sentit les larmes lui monter aux yeux. Comme toujours il le défendait, il l'avait toujours préféré. Furieuse, elle cria : «Ce n'est plus mon frère! J'ai plus que toi maintenant!»
Le roux se retourna, choqué mais la porte avait déjà claqué! Il déglutit, espérant soit qu'il avait mal entendu, soit qu'elle plaisantait. «Elle est bouleversée, c'est ça juste bouleversée!»
Enfin il l'espérait...

-----------

- «Ariane attends! Laisses-moi t'expliquer!» Une claque monumentale le fit taire avant même qu'il n'achève sa phrase. Portant la main à sa joue devenu brûlante sous l'effet de la gifle il balbutia, plein de malaise: «Mais...je..»
Elle le fixa d'un œil noir. Comment osait-il faire comme si ne rien n'était? Après avoir ainsi être allé à l'encontre de la tradition familiale, de la promesse faite sur la tombe de leur père! «Je n'ai qu'un frère et c'est Ikaël, d'accord? Maintenant je ne veux plus vous revoir monsieur le chevalier!»
Danaël ouvrit la bouche, choqué et tenta de s'expliquer «Ariane, écoutes laisses toi te dire mes raisons, je veux juste que tu comprennes...je...
- TU QUOI? TU NOUS A LAISSE TOMBER! TU A TRAHIS LA MEMOIRE DE NOTRE PERE? TRAHI NOTRE FRERE EN ABANDONNANT TOUT POUR SUIVRE TES PROPRES CAPRICES ET TU OSES REVENIR COMME SI NE RIEN N'ETAIT? TOUT CA POUR ELLE?»
Danaël devint écarlate, sa sœur était plus perspicace qu'il ne le pensait mais il n'allait pas se laisser accable ainsi sans réagir. «C'est ridicule Ariane! Je ne pouvais plus...je voulais suivre mon propre idéal, former mon propre groupe! Je continuerais à suivre les enseignements de notre père mais à ma façon! Je vous aimes toujours aussi! Comment peux-tu penser que je vous abandonne hein?» s'indigna t'il, attrapant doucement les épaule de sa cadette.
- «Parce que c'est le cas?» Railla la jeune fille. Il recula blessé par l'acidité des mots. Il s'attendait à être reçu ainsi par sa sœur mais tout de même, ça lui faisait mal. «Monsieur fais toujours ce qui lui plaît c'est ça?
- Mais...
- Quand je penses que tu était tellement fier de ce que tu faisais!Quoi? Tu t'es disputé avec grand frère alors tu as quitté le groupe sur un coup de tête? C'est ça l'excuse minable que tu vas me sortir? Histoire de me cacher la vérité?!
Danaël ferma les yeux, comprenant pourquoi elle était aussi en colère et murmura: «Écoutes j'avais juste..j'ai vu ce que je voulais vraiment être! Essaie de me comprendre! Je ne pouvais plus rester, Ikaël n'est pas en cause, c'est juste que je devais faire autre chose».

-----------

Elle fixa Ikaël qui venait de l'empêcher d'asséner une seconde gifle à son autre frère, celui-ci était tout aussi figé, les regardant tout deux avec malaise, conscient qu'il venait de créer une zizanie dans sa propre famille, gêné d'être défendu par son ancien «chef». par son frère qui aurait pu être tout aussi énervé après lui.
Encore une fois Ariane, dans sa colère, constata la seule chose qui la terrifiait: qu'on cesse de l'aimer, qu'on l'abandonne. Qu'Ikaël vienne de prendre la défense de leur frère signifiait bien qu'il avait pris son parti et pas le sien, qu'elle était en quelque sorte exclu de quelque chose dont elle ignorait tout. «Je te déteste Danaël!» Siffla t'elle, avant de fuir dans sa chambre, plantant ses frères sur place.
Le roux tourna la tête vers le blond qui avait pris une teinte blême, comme s'il venait d'être frappé par la foudre. Le jeune chevalier enfouit ensuite son visage au creux de ses mains. «Je l'ai mérité je suppose! Je sais pourquoi elle réagit ainsi, ne t'en fais pas!
- Elle ne pensait pas ce qu'elle disait Danaël, quand elle sera calmé elle comprendra!
- Et toi, tu es sérieux quand tu dis que tu ne m'en veux pas?
- Ne me fais pas une crise toi aussi! Et pour ta réponse: non! Enfin au début si un peu mais tant que tu es heureux de ce que tu fais...» Il ébouriffa presque tendrement les mèches blondes de son frère qui eut un sourire triste. «Tu veux que j'aille lui parler? Essayer d'arranger les choses avant que tes amis et toi vous ne repartiez?»
Danaël secoua la tête, l'air quelque peu malheureux tout de même «Non ne la braques pas, je reviendrais d'ici trois mois, d'ici là elle devrait être plus calme. Il repartit, tête un peu baissée, sous le regard compatissant de son aîné. Une fois la porte refermé, Ikaël fronça les sourcil et se dirigea vers l'étage. Il était temps de mettre les pendules à l'heure.

-----------

- «La prochaine fois que notre frère reviendra à Oroban, j'exige que tu t'excuses, autant pour la gifle injustifiée que pour tes paroles!
- De...» Elle essuya ses larmes d'un geste rageur et cria «DE TOUTE FACON C'EST TOUJOURS LA MÊME CHOSE! TU LE SOUTIENS DANS SES DECISIONS ET TU ES TOUJOURS FIER DE LUI! TU L'AS TOUJOURS PREFERE A MOI NON? MOI JE N'ETAIS QUE LA PETITE SOEUR COLLANTE ET EMCOMBRANTE QUI N'AVAIT DONC AUCUN INTERET POUR TOI OU NOTRE PERE!»
Une claque la fit taire avant même qu'elle n'ait pu finir sa phrase. Son frère tremblait à la fois de colère et d'autre chose. «Je t'interdit de dire de telle choses tu entend? Ta crise devient ridicule! Comment peux-tu dire des horreurs pareilles! Père t'a t'il traité différemment de nous? Non! Il t'aimait autant! Alors ne dis pas de pareilles sottises! Et pour la dernière fois..» il posa les mains sur les épaules frêles de sa cadette de tout juste 16 ans qui le fixa, les larmes aux yeux. «Je vous aimes tout les deux de la même façon, c'est si dur à comprendre! J'ai l'impression de l'avoir dit un bon million de fois...si ce n'est un milliard!»
Pour la première fois depuis que Danaël avait quitté le groupe de son frère, Ariane éclata de rire. Après un temps elle murmura «Il me faut juste du temps pour que je l'accepte je crois....j'avais tellement peur qu'il ne laisse vraiment tomber pour de bon, qu'il nous abandonne.»
Ikaël soupira «Je comprend...» Elle était terrifié à l'idée d'être seule et abandonnée, pensée qui la hantait depuis la mort de leur père. «Qu'est que je dois lui dire à notre pauvre frère?
- Rien...je m'excuserais la prochaine fois que je le verrais...pour la gifle, dis lui juste que je ne le déteste pas!
- Je crois qu'il le sait!»


___________________

- «La crise d'adolescence ne m'a pas réussi...et je n'en verrais jamais la fin apparemment..» murmura t'elle en fermant un instant les yeux, laissant passer une nouvelle quinte de toux.
Danaël ferma les yeux, réprimant le nouveau sanglot qui ne demandait qu'à sortir. «J'aurais du revenir plus souvent...te voir.
- Tu es adulte maintenant tu sais! C'était égoïste de ma part de te demander ça!
- Non c'était légitime! Père est mort lorsque tu avais 8 ans, c'est quasiment Ikaël et moi qui t'avons élevé ensuite! Nous sommes ta seule famille, c'est normal que tu tienne ainsi à nous!»Il fut incapable de retenir ses larmes cette fois.
Ariane eut un sourire amusé et leva faiblement sa main pour la passer dans les cheveux de son frère avant de murmurer dans un ton tout aussi taquin: «L'amour te réussit pas grand frère! Tu es trop sentimental tout d'un coup! C'est ta princesse qui te fait cette effet?
- Je-ne-suis-pas-amoureux-de-Jadina!» s'étrangla Danaël en virant à l'écarlate, faisant faiblement rire sa cadette, qui ferma de nouveau les yeux, quelque peu apaisé par ce léger éclat d'hilarité.
- «J'aurais aimé savoir ce que c'est l'amour! Peut-être était-ce ce que j'éprouvais pour pour Arthur qui sait? Il n'a pas hésité à plonger pour me sauver tu sais? Même si ça n'a servit à rien puisque c'est la maladie qui va me tuer!»
Le blond ouvrit la bouche pour répondre, il ne savait pas quoi dire, le cœur anéantit par l'atroce réalité. «A..
- Tu te souviens de la fois où je t'avais mis au défit d'aller décrocher la dernière pomme de l'arbre au fond du verger? Alors que père nous avait interdit de monter aux arbres!
- Oui...la branche a cassé..» Se souvint son aîné avec un sourire triste «Et il nous a passé le savon du siècle!» Ils étaient vraiment un duo de sales gosses à l'époque quand même.
- «M'a passé tu veux dire ! Toi vu que t'avais l'épaule fracturée et une belle bosse, il t'a plutôt soigné! Et Ikaël m'a aussi fait la leçon! Beuh...il avait pas été drôle ce coup-ci!» Danaël sourit tristement à ce souvenir, superposé à celui de la petite fille en larmes qui lui disait qu'elle était désolée, qu'elle avait eu peur. Lui avait plutôt était chouchouté en raison de ses blessures.
Il réfléchit quelques instants, puis murmura: «Ariane, tu te souviens de la fois où tu as libéré tout les Culbutors de la caserne des Faucons d'Argent sous prétexte que les soldats exploitaient ces pauvres bêtes?»
Le visage pâle de sa sœur s'éclaira à ce souvenir heureux tandis qu'elle rouvrait les yeux, riant faiblement. «Oui et aussi.... que c'est toi qui a tout ...rapporté à Ikaël! Méchant!»
Se prenant au jeu, l'autre répliqua, d'un air faussement indigné: «Mais...c'était ta faute, il avait promis de m'apprendre à monter et toi tu les libérais tous! T'avais juste fait une crise de jalousie dissimulée derrière une fausse excuse!»
Ils rirent tout les deux, la jeune fille oubliant ainsi pendant un court moment sa douleur et sa maladie. Puis Ariane reprit «Il y a aussi eu la fois où tu m'as perdu! Là la paire de taloches et la punition c'est toi qui te les ai prises! T'avais quand même perdue ta petite sœur, en l'occurrence moi, dans les bois.»
Le blond eut un petit rire, à la fois triste et amer lorsqu'il repensa à cette épisode de leur passé. «Bien méritées les claques sur ce coup-là! C'est Ikaël qui t'a retrouvé perché en haut d'un arbre trois heures plus tard!
- Et après j'ai dit pour lever ta punition qu'on jouait à cache-cache et que j'étais allée toute seule là-bas!» Elle eut un sourire, avant de tousser pour terminer plus faiblement sa phrase «...Père m'a cru!» Elle avait l'air fière d'elle sur ce coup-là.
Danaël passa une main affectueuse dans les cheveux aux tons miel de sa cadette pour dire ensuite, avec un rien de taquinerie: «Oui mais notre frère, lui, ne t'a pas cru. Mais il n'a rien dit! Il a couvert ton mensonge par son silence!
- Oui parce...que...c'est lui...qui nous avait parlé..» Elle s'interrompit et eut une nouvelle quinte de toux «...de la forêt et de ce qu'il y avait dedans!»
Danaël sentit son cœur s'alourdir de douleur. Elle allait mourir, il ne la reverrait plus. Sentant les larmes qui roulaient sur ses joues il sanglota sans pouvoir s'arrêter sur le bord du lit. Sa sœur le regardait avec désespoir, comme si elle ne savait pas comment arrêter les pleurs de son aîné, quelles paroles dire pour apaiser sa douleur.
Où était donc Ikaël quand on avait besoin de lui?
Justement il entrait à ce moment, regardant la scène d'un air indéchiffrable, avant de s'avancer lentement et se s'assoir sur le bord du lit, posant une main douce sur l'épaule de Danaël qui releva vers lui un regard brisé par le chagrin.
- «Dis grand frère...» Ce coup-ci, elle parlait bien à l'aîné de la famille, le cadet étant dans un état trop «lamentable» pour pouvoir répondre de toute façon. Sous le regard bleuté et attentif du plus vieux elle demanda avec un soupçon de tristesse: « Tu peux me parler de maman?»
Il haussa un sourcil «Ne t'avais-je déjà pas tout dit il y a un moment?
- Redis-le s'il te plaît! C'est toi qui t'en souviens le mieux! T'avais 8 ans à l'époque. Et t'as une bonne mémoire!
- C'est vague tu sais...» Souligna t'il caressant machinalement les cheveux de son petit frère qui ne sanglotait plus mais restait aussi immobile que silencieux, toujours effondré sur le lit.
- «Tu me l'a déjà dit...qu'importe je veux savoir encore une fois...S'il te plaît!»
Le roux ferma les yeux, pensif et commença: «Elle était très belle, avec des cheveux comme les miens. Toi tu as ses yeux. Elle était très douce, et nous aimait beaucoup. Je ne crois pas qu'elle n'ai jamais fait une distinction entre Danaël et moi sous prétexte que j'étais l'ainé et lui le cadet. Quand elle t'attendait, elle espérait vraiment avoir une fille. Elle avait choisie soigneusement ton nom après plein de livres lu! Je me souviens à quel point elle était heureuse à ta naissance. Père aussi l'était!»
Ariane eut un faible sourire, appréciant d'entendre le peu dont se souvenait le plus vieux membre de sa fratrie. «Et c'est tout...tu ne te souviens de rien d'autre!?
- Non...désolé! Je sais aussi qu'elle aimait les fleurs, les étoiles et qu'elle était vraiment heureuse..» Il eut un sourire mélancolique. «Maintenant...même si tu me le demande...je refuse de te parler de la mort de notre père, même aujourd'hui j'ai encore du mal à y repenser...alors en parler à nouveau! Je vous l'ai déjà dit une fois à chacun!»
Danaël releva la tête, regardant son frère avec un air indéchiffrable qui devint vite inquiet, sentant que l'autre cachait quelque chose, un regard entendu avec Ariane lui confirma cette impression mais il n'insista pas.

___________________

Il ne savait pas combien de temps il avait pleuré, brisé par le chagrin. Il entendit à peine les paroles "réconfortantes" de son frère, sentit à peine les bras qui l'enveloppèrent avec tendresse pour le consoler, ou tenter de le faire.
Leur famille était-elle maudite?
Sa mère, son père puis sa sœur...il ne lui restait plus que son frère, allait-il le perdre lui aussi? Ou serait-ce Ikaël qui le perdrait? Il ne voulait pas ressentir ça ni que l'autre le subisse non plus!
Personne ne méritait ça!
Étrangement, alors que ses amis, tandis qu'ils repartaient, lui soufflaient des mots rassurants, il croisa le regard compatissant de Razzia qui lui tapota doucement l'épaule, murmurant «Je sais ce que tu ressens!» Ce qui lui fit étrangement un effet bien plus bénéfique que les mots creux et vides de ses amis, mots bateaux qui n'avaient aucun réel impact.
Il se battrait pour son idéal, pour que là où elle était, elle soit fière de lui...


Fin

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Jeu 22 Avr - 17:52

(oui je sais, c'est encore une réécriture, un ancien OS amélioré mais bon....)

Prendre Parti

Le blond de 11 ans, presque 12, était assis confortablement à la table de la bibliothèque et avait les yeux rivés sur le livre d'histoire qu'il lisait. Le thème était la création du pays de Larbos. Bref...c'était de l'histoire. Très utile si on voulait pouvoir faire preuve de diplomatie plus tard, il fallait savoir ce qui s'était passé durant les précédente décennies.
L'enfant resta pensif quelques instants, se chatouillant le nez de sa plume sans y prendre vraiment garde, les yeux rivés sur l'extérieur qu'il distinguait par la fenêtre ouverte. Puis il soupira, et plongea sa plume dans l'encrier. Il en était à peu près à la moitié de l'écrit et n'avait pris encore que peu de note. Il serait sévèrement réprimandé par son précepteur s'il n'avait pas fini son travail d'ici demain. Et son père aussi le sanctionnerait...il était très sévère dès que cela touchait à l'étude ou à l'entrainement, ne voulant pas que ses fils soit des tirs-aux-flancs.
Il réprima un bâillement, sachant qu'il ne devait pas traîner s'il voulait finir avant le dîner, surtout s'il travaillait seul. Il parcourut la carte, dessinée à la main sur la page de gauche, des yeux avant de revenir aux explications inscrites sur celle de droite, puis réfléchit quelques instants à ce qu'il convenait de garder pour son récapitulatif des grandes lignes de cette création de pays. Il devait parler des batailles non? Oui il devait..., se frottant le crâne avec fatigue il posa la plume sur le parchemin déjà un peu noircit par plusieurs lignes à l'encre noire, transcrivant à leur suite quelques notes sur la dynastie royale. Il était si concentré sur son travail qu'il n'entendit pas une nouvelle personne entrer dans la pièce. Celle-ci resta quelques instants à l'observer, un doux sourire aux lèvres avant de s'avancer lentement vers lui.
Le petit blondinet leva timidement les yeux quand une main se posa sur son épaule avec douceur, comme pour ne pas le surprendre. Puis l'enfant quitta son air un peu surpris pour un sourire en reconnaissant l'arrivant. «Père?» Il se demanda rapidement ce qu'il faisait là, dans son armure, au lieu d'être à la caserne du groupe, surtout à une telle heure. Aujourd'hui, il y avait la réunion mensuelle des Faucons d'Argent les plus expérimentés avec le Roi. Et comme à chaque fois ce jours-là, les toutes jeunes recrues, comme son frère, n'avaient rien à faire et avaient donc, en quelque sorte, un congé. Ce qu'ils appréciaient beaucoup, comme n'importe quels jeunes garçons de leur âge. D'ailleurs...si Danaël avait été un sale gosse (ou un gentil garçon très obéissant, ça dépendait du point du vue) il aurait tout de suite toucher deux mots à son père de pourquoi il manquait actuellement quelqu'un chez eux. Mais il n'avait pas envie de dénoncer son frère donc il resta calme, attendant de voir ce que son père désirait.
L'homme aux cheveux blonds et aux yeux océan lui sourit gentiment, et lui ébouriffa les cheveux comme pour lui accorder une pause dans son travail. Le petit rit en protestant contre ce décoiffage qu'il faisait semblant de ne pas apprécier.
Mais son père avait besoin de savoir quelque chose, et ce quelque chose ne concernait que le premier de ses fils. «Dis moi Danaël» finit-il par dire, l'air préoccupé. L'enfant leva ses grands yeux bleus vers son père, l'air étonné et attentif. Il se demanda qu'est-ce qu'il se passait. L'homme toussota et demanda, d'un ton déjà plus autoritaire: «Sais-tu où est ton frère?» Il avait froncé les sourcils en disant ça et fixait son fils cadet dans les yeux. Celui-ci resta coi quelques instants. Son frère? Pourquoi? Il était trop jeune pour être invité à cette réunion annuelle non? Ca ne faisait que trois mois qu'il faisait parti du groupe, depuis le lendemain de son anniversaire. Donc ça n'était pas le peine qu'il vienne n'est ce pas?
Il osa poser la question, sachant qu'il risquait peut-être d'entendre son père lui dire de se mêler de ses affaires: «Pourquoi?Il est un novice, il ne peut donc participer à la réunion non?» Sauf évidement si leur père voulait lui montrer comment cela se passait. En tant que fils du chef, il avait le droit à certains....comment dire...privilèges....ou un truc comme ça. Danaël ne savait pas très bien. Sans doute parce qu'il était trop jeune pour ça. Mais instinctivement, il défendait son aîné en gardant le silence sur l'endroit où il était, en feignant de se pas savoir.
L'homme eut un geste agacé, se doutant un peu qu'il y avait une certaine solidarité fraternelle là dessous. Ce qui ne l'empêcha pas d'insister: «Cela n'a rien à voir....sais tu où il s'est rendu?» L'homme avait plongé son regard bleu dans un autre parfaitement identique, attendant une réponse, et prêt à voir arriver un éventuel mensonge. Ca ne serait pas la première fois que son second fils couvrirait son frère d'une excuse qu'ils auraient préparé soigneusement ensemble. Ces deux-là, quand ils s'entendaient parfaitement, pouvaient devenir de vraies terreurs. Mais son premier fils allait sans douter se «calmer» maintenant qu'il était devenu soldat.
Danaël hésita un court instant avant d'avouer une demi-vérité, n'aimant pas mentir à cent pour cent à son père: «Il est parti se promener en ville avec des amis.» En reposant, dans le même temps, la plume dans l'encrier. «C'est ce qu'il m'a dit en tout cas» termina t'il en haussant les épaules.
Son père le fixa encore un court instant, septique, puis hocha la tête. Depuis que son premier fils était entré dans l'ordre qu'il dirigeait, il s'était montré plus exigeant qu'avant envers lui. Il devenait un homme et n'avait plus l'âge de faire n'importe quoi. Même s'il le laissait encore profiter de sa jeunesse, il devait à présent faire honneur à l'armure qu'il portait.
Il soupira et remit son casque qu'il avait précédemment retiré: «Bien....dans ce cas il ne devrait pas tarder à revenir. J'ose espérer qu'il n'est pas en train de faire n'importe quoi.» Il tourna les talons et se dirigea vers la porte, ne voyant pas son second fils pousser un soupir de soulagement. Cependant il dit, sans se retourner: «Danaël!
- Oui?» Répondit le plus jeune, timidement, se demandant comment cette discussion allait se finir. Il en eut vite la réponse.
- «Je rentrerais plus tôt aujourd'hui. La réunion a été avancée à dans moins d'une heure car le Roi reçoit des ambassadeurs de Sabledoray et de Rymar. J'espère donc (pour lui) qu'Ikaël sera bien revenu avant le coucher du soleil.» Il s'éloigna sans rien ajouter. Néanmoins le message avait été très clair, même pour le jeune garçon de 12 ans.

Danaël se mordit la lèvre inférieure quand il fut seul, vaguement mal à l'aise. Il n'aimait pas mentir à son père mais son frère avait le droit de s'amuser quand même. Il savait où il était en fait: à la taverne des Trois Licornes, avec ses amis, dont Ganja sans doute. Il n'y allait que rarement mais ils avaient voulu fêter quelque chose, même si l'enfant ignorait quoi. Le problème était que s'il ne faisait rien, son père serait revenu le premier et ça barderait pour Ikaël, ce que le petit détestait tout autant. Il baissa les yeux sur ses devoirs presque fini et sur la partie qu'il n'arrivait pas à faire puis soupira avant de regarder par la fenêtre.
Il n'y avait qu'une chose à faire......aller chercher son frère lui-même. Parce qu'il n'aimait pas le voir se faire punir, comme il n'aimait pas être puni non plus!
Il descendit de sa chaise, et se faufila dans l'entrée, enfilant sa tunique chaude qu'il mettait toujours pour sortir. Puis il s'élança dehors, lançant à la gouvernante qu'il allait vite revenir, qu'il sortait juste pour marcher quelques minutes pour se détendre un peu.
L'air devenait plus frais dans cette fin de journée, le soleil n'était pas encore couché mais ne tarderait pas à descendre sur l'horizon, signe du retour de leur père en ce jour. Le petit avisait des familles qui rentrait, des mères avec leurs enfants, des soldats qui patrouillait. La taverne était loin et il ne s'était pas assez couvert. Quel idiot quand même! Il se mit à courir en direction de la rue qui l'intéressait et y arriva après quelques instants de course.
Reprenant son souffle, il regarda la porte. Une légère appréhension de traversa, parce qu'il n'y était jamais entré dans ce bâtiment. Et n'aurait pas du, de toute façon, avant trois ans au minimum. Il distinguait, par la fenêtre, des troupes autour de table riant, buvant, jouant aux cartes. L'ambiance normal d'une taverne quoi. Il frissonna et souffla dans ses mains, hésitant. Voyant le temps qui passait, il secoua la tête et la poussa.
Alors c'était ça les Trois Licornes? Il déambula lentement entre les adultes et les jeunes hommes, ses yeux bleus cherchant une personne bien précise. Il fallait qu'il se dépêche d'ailleurs, il ne restait plus beaucoup de temps devant lui, et puis il avait encore du travail à finir. Où était son frère alors? S'il était déjà partit...était-il rentré à la maison ou se promenait-il en ville, inconscient de ce qui l'attendait quand il rentrerait? Même si ce n'était pas la fin du monde mais bon...
Soudain le blondinet percuta quelqu'un et tomba par terre. Se frottant la tête d'un air surpris, il rougit en voyant la jolie serveuse qui portait un plateau avec de nombreuses bières se pencher sur lui, un sourire doux aux lèvres «Ho! Alors Petit Bonhomme, on s'est perdu?» demanda t'elle d'un ton maternelle, craquant complétement devant la bouille du petiot.
Aussi rouge qu'une tomate bien mûre, le blond ne réussit pas à articuler quoique ce soit, jetant des regards inquiet autour de lui, cherchant celui qu'il voulait trouver des yeux, mais sans succès. D'autres jeunes femmes commençaient en même temps à faire des commentaires sur ce «bout de chou» si adorable avec ses boucles blondes et ses yeux bleus.
La première refila son plateau à quelqu'un et tendit la main pour l'aider à se relever, demandant du même ton: «Comment tu t'appelle mon petit?»
Il écarquilla les yeux, n'osant pas parler à cette inconnue ou prendre sa main, et détourna le regard, sentant ses joues le brûler. Il cherchait désespérément des yeux son frère, espérant qu'il vienne le tirer des griffes de ces femmes un peu hystériques.
- «Regardez ça, comme il est mignon!» s'extasia une autre, ébouriffant les boucles dorées comme si c'était la plus belles choses du monde.
- «Tu cherches quelqu'un mon chou?» Lança une autre lui souriant «Tu veux qu'on t'aide petit angelot?
- Mais faut pas avoir peur comme ça! On va pas te manger!» rit une troisième. Visiblement aucune de ces femmes ne se rendit compte que le petit était au bords des larmes, terrifié de cette atmosphère inconnue dans laquelle il était plongé.

Un peu plus loin, un groupe de jeunes hommes, encore des adolescents trinquaient leur seul et unique verre de la soirée, terminant aussi une partie de cartes. Enfin...un verre... pour les plus sérieux surtout, car les autres n'allaient peut-être pas respecter cette unique rasade. Un roux et un brun discutaient de leur nouvelle vie de Faucons, échangeant impressions et contestations. A côté d'eux, un de leurs amis rangeaient les cartes pour les battre avant une nouvelle partie, sans doute la dernière vu l'heure qu'il était, pas mal d'entre eux devant rentrer car en jeune gens de «bonne famille» ils ne devaient pas traîner trop longtemps dehors à leur âge, surtout en fin de journée. La nuit, à leur âge, c'était même pas la peine d'y penser.
Soudain Ganja regarda vers la droite et fronça les sourcils en voyant une scène assez insolite, il reconnût le gamin en un instant et se tourna vers son ami. «Hé! Ikaël!» s'exclama t'il d'un ton un peu inquiet. Faut dire que le petit frère du roux semblait à deux doigts d'éclater en sanglots.
- «Hum?» répliqua l'interpellé en terminant son verre et le reposant, avant de s'étirer nonchalamment. Il jeta en même temps un œil par la fenêtre, évaluant le temps qu'il lui restait avant de rentrer chez lui.
- «C'est pas ton frère là bas?» Ganja désignait un enfant d'environ 11/12 ans qui cherchait, semble t'il, quelqu'un et soudain fut bousculé et tomba à terre. Entourée par une horde de serveuses qui craquait devant sa petite bouille d'ange, il semblait aux bords des larmes, effrayé par ce milieu auquel il n'était pas habitué.
Le roux haussa un sourcil, dissimula un petit sourire amusé et acquiesça. «Si...» répondit-il, décidant d'intervenir, prenant en pitié son cadet de la situation où il se trouvait.
Il se leva et se dirigea vers le blond, jetant trois pièces sur la table au passage. « A Demain Ganja! J'crois que je vais devoir rentrer!» Il s'approcha ensuite du groupe que formait les filles et son cadet «Je me dois d'aller sauver mon pauvre petit frère des griffes de ces filles qui semblent plus lui faire peur qu'autre chose!»
Ganja rit et lui fit un signe de la main. «A demain mon vieux!»

Le blond vivait un cauchemar, c'était certain..il ne savait pas quoi faire, pétrifié par l'angoisse, la peur, entouré par toutes ces personnes inconnues. Que faire? S'il se mettait à pleurer, ca serait la honte totale quoi...
- «Danaël!» s'exclama une voix. Il se retourna vers un adolescent d'environ 15 ans aux longs cheveux roux et aux yeux bleus, vêtu d'un ensemble plutôt simple de couleurs bleu foncé et noir.
Le soulagement avait envahi le plus jeune et il retrouva un teint normal avant de dire, bien que moins fort qu'il n'aurait voulu: «Grand Frère!» Le nouveau venu se fraya un passage jusqu'à lui et le remit debout en un instant. Il n'eut pas le temps de poser une quelconque question que le petit se jeta dans ses bras.
Les jeunes filles, en les couvrant d'un regard attendrie s'éloignèrent. Elles continuèrent à glousser entre elle devant le fait que les petits frères ou petites sœurs ne pouvaient s'empêcher de suivre leurs aînés partout et de vouloir à tout pris les imiter. Et que celui-ci en particulier était un adorable gamin.
Tandis que le jeune faucon serait doucement son cadet dans ses bras, se forçant à ne pas rire de la situation, celui-ci reprit son souffle, se stoppant dans sa tirade, et planta son regard bleu dans une paire quasi jumelle, se calmant enfin. L'aîné ébouriffa affectueusement les mèches claires et demanda d'une voix douce: «Qu'est que tu fais là? Ce n'est pas un endroit pour les enfants!
- J'suis plus un enfant....et....j'suis venu te prévenir!» affirma le plus jeune, ses petites mains posées sur ses hanches, arborant une mimique si sérieuse (ce qui contrastait férocement avec ses joues rondes et son jeune âge) que Ikaël dut poser la main sur ses lèvres pour ne pas pouffer de rire. S'il n'avait pas été si fier, il aurait été entièrement d'accord avec ces jeunes femmes qui trouvaient l'enfant adorable.
- «De quoi?» articula t'il finalement sous le regard vexé du petit blond qui croisa les bras sans arborer pour autant une mimique boudeuse. Il devait avoir senti que l'autre n'avait qu'une envie: rire de lui.
Néanmoins il le prévint quand même. «Père rentre plus tôt aujourd'hui! Il m'a dit tout à l'heure, après que tu sois parti, qu'il serait revenu avant le coucher du soleil!Il a dit que...tu avais intérêt à être là quand il reviendrait!»
Le roux soupira intérieurement, un peu d'agacement pour être totalement honnête envers lui-même. Mais quoi à la fin? Il était irréprochable, il travaillait dur, autant en théorie qu'en pratique. Il avait bien le droit de s'amuser un peu non? Il n'avait que 15 ans! Dans un soupir résigné il murmura: «Bon...Merci de me prévenir....
- Normalement j'aurais pas du! Mais je n'aime pas quand père se met en colère! Surtout contre Toi!» affirma le plus jeune, tirant la manche de son frère pour le convaincre de sortir de la taverne plus vite au lieu de rester sur place.
Est-ce une façon de me dire qu'il me préfère à Père? Se demanda l'aîné avant de sourire et d'ouvrir la porte, faisant signe à son cadet de le suivre.

Quand leur père rentra une ou deux heures plus tard, il vit ses deux enfants assis côté à côté dans la bibliothèque, l'aîné expliquant au cadet plusieurs choses sur ses cours. Il en conclut que son deuxième fils avait eu raison, son héritier ne faisait rien de répréhensible.
Ou alors, comme toujours ces deux-là se couvraient mutuellement.


Fin.

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Sam 24 Avr - 17:18

OS qui avait été également posté sur l'autre fourm mais que j'ai entièrement réecris...(oui entièrement)
Il se passe durant le tome 2, durant la nuit.

Décisions

La nuit était tombée depuis un moment, les étoiles scintillaient dans le ciel tels des diamants sur un velours bleu-marine. Il faisait assez froid, autant par la hauteur de l'endroit où il se trouvait qu'à cause du vent qui soufflait, faisant voler cheveux et cape dans la même direction. Le calme régnait, troublé uniquement par le sifflement de l'élément ou le crépitement du feu encore allumé plus loin. On pouvait distinguer cinq silhouettes (dont une bizarrement attachée) endormies près d'un genre de bassin. Sinon, il n'y avait que peu de monde encore éveillé, bien qu'on distingua, ici et là, des lueurs venant de genre de «grottes» sur des niveaux supérieurs. Tout était calme...
Une personne était debout au bord du précipice, aussi immobile qu'une statue, insensible au froid qui devait être mordant, surtout avec ses vêtements trempés qui ne risquaient pas de sécher de si tôt.
Les yeux du blond restaient fixés sur l'horizon. Le choc de ce qu'il avait appris devait encore peser. Il ne sentant même pas, derrière lui, le regard jaune dans son dos, un regard qui le surveillait.....mais même s'il l'avait senti, il n'aurait pu dire les sentiments présents dans ce regard: Rancune? Colère? Curiosité? Soulagement? Affection? Il n'aurait sans doute pas su le dire. Et n'aurait pas oser se retourner pour le savoir vraiment. Peut-être parce qu'il aurait eu peur de savoir justement.
«Alors.....Qu'est que tu vas décider?» songea celui qui était désormais un monstre ailé rouge et blanc, appuyé à un muret, à quelques mètres de son frère, et ne le quittant pas des yeux depuis que la nuit était tombée. Pourquoi? Il n'aurait sans doute pas su le dire lui-même. Sans doute s'inquiétait-il quelque peu pour ce que ressentait l'autre, même s'il ne l'aurait pas admis à haute voix, surtout après ses «reproches» de tout à l'heure. Simplement la situation le taraudait lui-aussi, et il s'inquiétait de ce qu'allait apporter le lendemain.
«Vas-tu tenter la chance, comme nous, ou vas tu repartir et épargner ta vie ainsi que celle de tes amis?» Il espérait sincèrement qu'il allait être raisonnable et qu'il ne ferait rien de stupide, surtout après ses avertissements. Le Gardien était un être dangereux et doté d'un sens de l'humour plus que douteux. Les Légendaires n'étaient que cinq....cinq seulement alors que eux avaient été toute une armée. Il préférait honnêtement qu'ils partent...en vie plutôt que les emmener là-bas et ne jamais les voir repartir ou finir comme eux. Il savait qu'il s'en voudrait, qu'il ne se pardonnerait pas ça.
Il appréhendait déjà l'attente qu'il devrait subir après que le plus jeune soit entré dans la «demeure» du Gardien. Une attente trop longue à se demander ce qui se passait dans ce lieu, si les épreuves avaient eu raison de son frère ou s'il avait pu les passer, à imaginer le pire. Il secoua la tête, chassant les débuts de pensée négative qui commençait à l'envahir, ce n'était pas le moment, même s'il y avait de gros risques qu'il soit dans le vrai.
Il entendit son cadet éternuer et leva les yeux au ciel.«Il veut tomber malade ou quoi?» Il soupira d'un ton quelque peu désespéré «Idiot!» songea t'il plus affectueusement qu'autre chose, ne pouvant s'empêcher de laisser passer son affection sous le masque qu'il se forçait à porter depuis tout à l'heure. Il allait falloir qu'il agisse par lui-même. Ou l'autre allait passer toute la nuit à grelotter sur le rebord de la falaise et aurait une fièvre de girawa avant l'aube.
Avec des vêtements mouillés et sous un vent un peu froid , précisons-le, c'était sûr et certain qu'il allait attraper froid.

Danaël frissonna dans l'air froid de la nuit mais ne bougea pas d'un pouce, si il ne tombait pas malade avec le froid qu'il faisait, ce serait un miracle....mais ça aussi il n'en avait rien à faire. Son cœur pesait lourd dans sa poitrine, deux ans de recherche pour quoi? Pour rien, pour apprendre que tout était calculé par ce gardien, que tout était un jeu pour cet être.....un jeu. Ils étaient simplement des jouets aux yeux du Gardien? Que pouvait-il faire? Que DEVAIT-il faire?
Et pour son frère et ses amis? Il ne pouvait les laisser ainsi....il n'en avait pas le droit. Il ne pouvait pas le..les laisser tomber alors que c'était de sa faute n'est-ce-pas? Il devait les aider, les sauver. Et il devait passer les épreuves du Gardien pour récupérer cette fichue pierre. Tellement de responsabilités lui tombaient sur les épaules, lui imposaient de réussir...parce qu'il y avait tant d'enjeux, de choses à gagner. Et paradoxalement il y avait beaucoup à perdre, dont sa vie et celles de ses amis. Ces pensées ne faisaient que lui mettre encore plus de pression.
Il s'effondra à genoux, plus perdu qu'il ne l'avait jamais été. Cette situation le faisait se sentir si mal. La culpabilité lui serrait le cœur, causait comme une boule dans sa gorge. «Tout ça, c'est de notre faute....de ma faute....si le pierre n'avait pas été brisé»
L'air glacial le fit trembler davantage et il réprima un éternuement. Refermant (inutilement) sa cape humide autour de lui, il renifla, fermant les yeux, laissant l'abattement l'envahir. «Que faire...que faire?» Toutes ces interrogations qui ne trouvaient pas de solution...tout ça ne le faisait se sentir que plus mal. Il éternua encore une fois et soudain poussa un petit cri de surprise en sentant une main (patte?) griffue le saisir au niveau du col, l'entrainant loin du rebord, vers le feu et ses amis.
- «Hé! Qu'est que tu fais?» S'écria t'il en direction de la gargouille, se débattant pour se dégager. Son frère avait quoi dans la tête maintenant? Allait-il le prendre entre quatre z'yeux pour lui dire ses quatres vérités? Il ne lui avait pas assez crié dessus? Ce qu'il avait dit tout à l'heure n'avait pas suffit? Il ouvrit la bouche pour exiger des explications, même s'il appréhendait ce que l'autre risquait de lui dire. Ca va, il avait compris qu'il lui en voulait, voir que peut-être il le détestait...Il grimaça à cette pensée douloureuse et pernicieuse qui avait de grandes chances de s'avérer être véridique.
La voix de la gargouille lui claqua aux oreilles, d'une voix aussi basse qu'autoritaire «Tais-toi, tu vas réveiller tout le monde!» Ce fut tout ce qui lui servit d'explication. Le plus vieux ne semblait pas prêt à en dire plus pour le moment. Le chevalier referma la bouche, obéissant à cet ordre simple plus par habitude qu'autre chose. Puis il cligna des yeux. Il avait rêvé ou l'autre lui avait parlé presque normalement? Même s'il ne l'avait pas regardé, ce n'était pas le même ton que tout à l'heure.
Après les reproches à peine voilés, qu'il avait bien perçu à travers les explications données plus tôt, Danaël s'attendait à être plus ou moins ignoré, critiqué, à recevoir des remarques acides mais méritées. Puisque c'était bien sa faute non? Bref il ne s'attendait pas à ce que l'autre le lâche devant le feu, lui ordonnant d'un ton distant de se sécher et de se réchauffer. L'autre ajouta alors, toujours à voix basse et d'une façon autoritaire:: «Et avales quelque chose! Tu ne vas pas vivre ce que tu dois vivre demain, si tu souhaites le faire, sans aucune force je suppose?»
- «Je n'ai pas faim...» marmonna le blond, la gorge serrée, le moral aussi bas que possible.
L'autre n'en démordit pas: «J'insiste!
- Mais...
- Manges!» Cette fois, c'était plus un ordre qu'autre chose.
Un court instant, Danaël voulut soutenir le regard doré de la gargouille mais n'y parvint pas, la culpabilité lui faisant détourner les yeux et rentrer la tête dans les épaules. Il balbutia alors un faible: «D'accord...», obtempérant donc aussitôt et se mettant à manger doucement une morceau de viande qui était resté sur le feu, sans pour autant être trop cuit, depuis tout à l'heure. Les yeux rivés sur les flammes, il sentait peu à peu ses forces revenir, ses muscles endoloris, par la dure journée et par le froid, se détendre quelque peu.
Quelques longues minutes passèrent, il jeta un coup d'œil sur ses amis profondément endormis. Lui était trop préoccupé pour trouver le sommeil. Levant un regard autour de lui, il pouvait voir ses anciens compagnons et même ceux qu'ils ne connaissaient pas, pour ceux qui étaient encore éveillés, tous métamorphosés, pour avoir tenter de réparer la faute des Légendaire, l'accident Jénovia: leur faute....sa faute. Et lui...qui avait cherché désespérément une solution pendant deux ans sans savoir que...Il serra les dents, frappant le sol de son poing, furieux de sa bêtise, de son erreur, d'avoir perdu le contrôle de la situation qu'il pensait maîtriser. Il se sentait si désemparé, si perdu. Qu'est-ce qu'il allait faire maintenant?
- «Arrêtes...» Le blond cligna des yeux, regardant son frère d'un air surpris. Celui-ci soupira et répéta avec agacement «Arrêtes de culpabiliser comme ça, ça ne sert à rien!» Il haussa les épaules et ajouta avec fatalisme: «Nous avons accepté cette mission, nous savions qu'il y avait des risques, celui d'être tués autant qu'un autre! C'était notre devoir de tenter ces épreuves!»
Le jeune chevalier pencha la tête vers le sol, murmurant d'un ton abattu: «Je ne suis pas …
- Tais-toi! Ne dis pas un mot de plus!»
Danaël rentra à nouveau la tête dans ses épaules, refermant la bouche avant même d'avoir achevé sa phrase. Il ramena contre lui ses jambes, s'enroulant dans sa cape à présent sèche pour avoir un peu plus de chaleur. «Je suis désolé...» chuchota t'il sans pouvoir ne serait-ce que tourner la tête vers lui.
Un soupir retentit, puis l'autre murmura, repliant ses larges ailes écarlates d'un côté et blanche de l'autre: «Pourquoi t'excuses-tu?» Sa voix, ni colérique, ni moqueuse, ni exaspérée montrait qu'il n'avait rien de semblable à un reproche à lui dire maintenant.
Le blond se retourna à nouveau, étonné. Pourquoi faisait-il semblant de ne pas comprendre? Pourquoi ne lui disait-il pas vraiment ce qu'il pensait? Il balbutia avec maladresse: «Mais..à cause de moi...de nous....toi et tes amis êtes..» Le regard jaune (presque inexpressif) le cloua littéralement sur place, et il fut une nouvelle fois incapable d'achever ce qu'il désirait dire. Ce qui ne l'empêchait pas de penser ce qu'il voulait dire. Il a accepté cette mission pour annuler l'accident Jovénia.
Pas seulement pour regagner l'honneur de son groupe mais aussi pour racheter mon erreur.
Parce que j'étais l'un d'eux avant, parce que c'est mon frère...
Il a parfaitement le droit de me détester
. Songeait-il avec un pincement douloureux au cœur, repensant à toute la haine qu'il avait pris en pleine figure, de la part des habitants, suite à l'accident. Et maintenant lui...lui, son propre frère, qui avait payé pour son geste parce qu'il avait été son supérieur à une époque, qui avait tenté de corriger sa faute, de la racheter...Son propre frère payait pour son erreur...et là il ne pouvait pas se le pardonner et de simples excuses lui paraissaient si vides de sens.
- «Danaël...arrêtes immédiatement!» claqua soudain une voix sèche et agacée à ses oreilles.
Il sursauta, brusquement tiré de ses sombres pensées: «Mais...je n'ai rien dit!
- Quand je vois ta tête, je devine à quoi tu penses!» Soupira son aîné avant d'ajouter avec un rien de sarcasme «Et aussi vu la façon dont tu me regardes en coin depuis tout à l'heure aussi!»
Danaël déglutit et murmura «Je suis...désolé!» Répéta-t-il, un peu plus fermement que plus tôt. Il baissa la tête, serrant les poings à s'en faire mal. Il entendit un soupir exaspéré mais n'y prit pas garde «Je sais que pour toi c'est vide de sens, creux, sans intérêt après ce que vous avez vécu mais...
- Tu as raison sur un point: c'est un peu de ta faute...mais...je n'ai jamais dit que je t'en voulais ou que je te détestais...
- C'est tout comme non?» Marmonna le blond d'un ton un peu étouffé.
- «Pas vraiment...pour moi en tout cas!»

Danaël se mordilla la lèvre, hésitant. Il avait des mots qu'il désirait dire depuis tout à l'heure, mais qu'il n'osait prononcé, certain que l'autre n'en aurait cure après tout ce qui s'était déroulé pour lui.
Avait-il le droit de dire haut et fort ce qu'il pensait depuis tout à l'heure, en plus du reste? Cela n'aurait-il pas l'air complétement cliché? N'aurait pas l'air d'un gamin en disant ça?
Il regarda son frère et murmura, d'une voix quelque peu étranglée: «Je pensais que tu étais mort!» L'autre sursauta légèrement, surpris par le changement de sujet. Mais il n'eut pas le temps de dire quoique ce soit que son cadet enchaînait avec précipitation: «J'ai entendu dire que vous aviez disparus lors d'une expédition et que vous étiez sans doute morts! Et moi...je...» Sa voix s'étrangla pendant quelques secondes avant qu'il ne reprenne «...Je..» Il stoppa une nouvelle fois, déglutit et chuchota d'une voix à peine perceptible «...Je me sentais minable de ne pas avoir tenté de te reparler depuis l'accident, de ne pas avoir tenté de renouer nos liens endommagés par nos différents! Je m'en voulais de ne pas avoir..pris le temps de...» Il s'interrompit, n'osant finir sa phrase, mais après avoir pris une inspiration il la termina: «...de...ne serait-ce que te revoir après l'accident Jovénia ! Je pensais que comme les autres, tu me haïssais à cause de ça... et ...il y a quelques mois, j'entends dire que vous avez disparu...je me sentais si minable...»
La gargouille resta coite quelques instants, plongée dans ses pensées. La réaction violente de son frère lorsqu'il avait vu les armures lui revint en mémoire «Assassins! Qu'avez-vous fait des hommes à qui appartiennent ces armures? Vous les avez tués?» Son regard brillait vraiment de rage à cet instant et il le menaçait bel et bien de son arme. Ikaël songea pendant un bref instant que son frère l'aurait probablement attaqué si lui, de son côté, n'avait rien dit pour se faire reconnaître.
A cet instant, il ne sut quoi dire. Leur disparition avait du en effet faire beaucoup parler, les familles avaient du se lamenter, elles avaient du être certaines de les avoir perdus. Lui-même n'avait pas pensé que son cadet ait pu avoir eu vent de sa «disparition», songeant qu'il devait sans doute se faire oublier quelque part, comme ses amis.
Il regarda le ciel étoilé durant de longues secondes avant de se décider à parler au blond qui n'avait plus ouvert la bouche depuis cet ''aveu'': «Comment as-tu su que nous avions disparus? Tu ne devais pas faire beaucoup de passages dans les grandes villes après l'accident Jovénia non?
- Ca fait quelques mois, j'en ai entendu parler dans une auberge deux semaines avant de tenter de retrouver mes amis!»Il se mordit la lèvre inférieure. Au fond de lui il se sentait heureux, vraiment heureux de le savoir vivant même s'il était transformé, et en même temps il se sentait coupable par ce que c'était de sa faute s'il était justement transformé en monstre. Il n'avait parlé à personne de cette disparition, il ne voulait pas de mots creux, de compassion qui ne ferait que planter un couteau dans la plaie. Il voulait pouvoir faire son deuil seul....c'était inutile maintenant vu que l'autre était vivant. «...Et là..quand je l'ai appris, je...» Il ne voulait pas repenser à l'immense colère qui l'avait submergé ensuite, à sa haine dirigé envers ceux qui avait décimé son ancien groupe, qui avait sans doute tué son frère...et il s'était juré de faire payer au(x) coupable(s) le prix fort.
- «Tu t'es promis de me venger, c'est ça? Vu la réaction que tu as eu en découvrant les armures, c'était significatif à mon avis...» Il s'abstint de lui faire la leçon en lui disant que la haine et la vengeance n'apportaient rien de bon. Ca aurait fait vraiment ….décalé avec la situation.
Danaël ferma les yeux, laissant un sourire soulagé apparaître sur ses lèvres: «...Je suis heureux que tu sois vivant!» chuchota t'il d'une voix épuisée.
L'autre s'adoucit, avant de détourner les yeux, mal à l'aise, puis d'ordonner d'une voix un peu étrange «Tu devrais dormir petit frère!»
Le blond hocha la tête, trop fatigué pour contester quoique ce soit. Ces deux derniers jours avaient été assez intenses en émotions, en actions et en révélations. Entre la vérité sur Elysio, ces quelques heures attachés dans une position à vous donner des crampes terribles aux bras, la course-poursuite dans les couloirs sombres, poursuivis par les Zarbi-Kros et entendre la vérité sur le Gardien et ses motivations. Tout cela aurait mis n'importe qui sur la touche question fatigue. Il fallait qu'il dorme ou demain il n'arriverait pas à suivre.
Il voulut jeter un coup d'œil sur son frère mais celui-ci s'était éloigné, la discussion étant plus ou moins terminée. Dans un soupir, le chevalier s'allongea sur le sol froid, et regarda quelques instants le feu, perdu dans de sombres pensées. Finalement il sombra dans un sommeil troublé par les soucis.

L'aube pointait à l'horizon et la gargouille s'avança vers le blond pour le secouer et le réveiller. La route serait assez longue jusqu'au palais du gardien et il fallait partir maintenant. Un court moment il regarda son cadet dormir, ne pouvant s'empêcher de laisser apparaître, malgré lui, un sourire amusé sur son visage. Son frère était presque recroquevillé sur lui même, son bras gauche lui servant d'oreiller (sans doute l'avait-il bougé dans son sommeil), enroulé dans sa cape qui lui servait de maigre couverture. S'il n'avait pas su l'âge qu'il avait en vérité, il l'aurait trouvé adorable. Mais là la situation lui paraissait presque comique. Revenir physiquement à l'âge de 12 ans t'as fait reprendre certain habitudes? Tu n'as plus dormi comme ça depuis...longtemps. Le visage du blond était détendu mais parfois des plis d'inquiétudes ou de soucis apparaissaient sur son visage. Il ne semble pas avoir si bien dormi que ça, songea brièvement son aîné...D'un autre côté, moi non plus...Il hésita puis laissa passer ses doigts dans les mèches dorées en une rapide caresse avant que sa main ne finisse sur l'épaule du chevalier pour le secouer et le trier de son sommeil tandis qu'il disait, d'une voix bien plus douce que la veille: «Allez Danaël, réveilles-toi!» Le voyant qui remuait et qui semblait sur le point d'ouvrir les yeux, il se recula et s'éloigna, allant prévenir quelques uns de ses amis pour être prêt à partir rapidement dans le cas où son frère avait choisi d'y aller malgré ses avertissements.
Le blond ouvrit donc les yeux, roulant en même temps sur le dos, ayant alors une large vision d'un ciel bleu dénué de tout nuages. Un rayon de soleil lui caressa le visage. C'était le matin et il fait bien plus doux que la veille. Il se redressa en position assise, pensif. Avait-il rêvé? Ou son frère l'avait-il bien tiré de son sommeil de la même façon que durant leur jeunesse? Il se leva, chassant ses pensées. Il ne le saurais sans doute jamais. Passant une main dans les cheveux pour les recoiffer (une nuit dehors et dans le vent, ça avait fait pleins de nœuds!), il eut un vague sourire.
Il préférait penser que ça n'était pas un rêve.
Il ne le saurait sans doute jamais mais cela n'avait pas d'importance. Il avait suivit le vieil adage «la nuit porte conseil» et il savait quoi faire. Se levant il se dirigea vers ses amis. Il s'immobilisa près du châtain et s'exclama «Allez! Tout le monde se lève! Allez!! Allez!!»
Ils avaient une pierre à aller chercher et lui avait une promesse (qu'il s'était faite à lui-même) à tenir.

Fin

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Mar 27 Avr - 9:59

Et voilà le défi que m'a lancé Eyael.
J'espère que ça te plairas autant que ça m'a amusé de l'écrire ^^
Bonne lecture à tous ^^


«Ennuis»

Un jeune jaguarian de neuf ans était affalé sur sa table, jouant avec sa plume. Devant lui un livre était ouvert et les écritures, sur le sujet de son cours, était floues devant ses yeux, sans doute parce qu'il ballait à s'en décrocher la mâchoire depuis quelques instants et que de petites larmes de fatigue apparaissaient au coin de ses yeux. «Pffff...» soupira t'il, terriblement ennuyé. Il n'avait qu'une envie, sortir jouer dehors. Si Kelma-thu n'était pas devant la porte (faut croire qu'ils le connaissaient bien maintenant) n'était pas devant la porte, il s'éclipserait tiens!
Il jeta un œil à sa gauche, vers son jumeau qui travaillait consciencieusement, son parchemin déjà presque entièrement couvert de notes, de chiffres et autres. Anoth baissa les yeux vers le sien, plein de petits dessins, de fautes et tout ça.
Bon...on voyait tout de suite qui était l'enfant modèle entre eux deux...Hum..
Cependant il murmura avec une mine suppliante «Keeeelll je m'ennuie! On s'éclipse?»
L'autre leva les yeux, l'air amusé «Encore? On va rendre fou Herba-Cha!» signala t'il, reposant sa plume puisqu'il avait terminé ce parchemin là. Il semblait donc faire une petite pause.
L'autre eut un sourire amusé et presque prédateur: «Justement c'est ça qui est marrant!
- Prince Anoth-Cha, vous êtes un horrible garnement!» Fit Kel dans une parfaite imitation de leur précepteur, ce qui fit éclater de rire son jumeau. «J'en parlerais à votre père!» Le plus jeune des jumeaux regarda avec satisfaction son frère s'écrouler sur la table, riant à s'en faire poindre des larmes aux coins des yeux. Il espéra vaguement que ça convaincrait son jumeau de rester là, sinon tant pis....comme toujours il le suivrait, Anoth arrivait toujours à le convaincre, toujours.
- «Niaf niaf...d'accord Kel on reste!» De plus il voyait bien que son frère avait envie de travailler. Et il voulait lui faire plaisir à son jumeau qu'il adorait.

********

- «Anoth, tu devrais recopier tout, Herba-Cha va piquer une crise s'il voit ton travail dans un tel état..» prévint-il à tout hasard, sachant qu'il était souvent le seul, outre leur père, à convaincre son jumeau de travailler! Quand on songeait que c'était son frère qui allait devenir roi, c'était marrant!
- «Mais j'ai pas envie de tout recommencer.» s'indigna l'interpellé, comme scandalisé d'une telle proposition. Il était visiblement en mode «envie de jouer» ce qui ne présageait rien de bon pour la suite. Il n'allait pas s'enfuir avant le cours, il allait être dissipé pendant le cours. Qu'est qui était le pire au fond?
- «Mais...t'as presque rien justement, donc c'est rien de recopier non?» Demanda le plus jeune des jumeaux en se penchant pour regarder le travail de l'autre. Dire que s'il voulait Anoth pouvait être bon élève. Aujourd'hui, il n'avait pas envie visiblement.
- «J'ai mal à la main, j'ai des crampes!» se plaignit l'ainé (de 15 minutes) en frottant son poignet droit, dans une mine de martyre qui fit pouffer son jumeau. Décidément...il n'avait définitivement pas envie d'être sérieux ce matin!
Kel leva les yeux au ciel, amusé malgré lui par l'attitude de son frère. Anoth faisait d'ailleurs mumuse avec sa plume, s'amusant à se chatouiller le nez avec. «Bon, après tout, recopier n'était pas obligatoire, du moment que tu sais ta leçon.» Il ne vit pas Anoth s'étrangler à cette remarque mais il l'entendit très bien à la place.
- «Oups...
- Ne me dis pas que tu n'as PAS appris justement?» La mine de chat battu de l'autre roux fut une réponse bien plus claire qu'un simple mot. «Aie! T'es mort Frangin!» Il n'eut pas le temps d'en dire plus que leur précepteur se pointa juste à ce moment-là.

***********

Anoth s'ennuyait, le cours traînait en longueur et était franchement pas drôle. Il n'aimait pas les chiffres, ça lui flanquait mal au crâne. Il jeta un coup d'œil vers Kel qui écoutait avec attention, remuant sagement les jambes, bras croisés, la mine concentrée. Il travaillait/écoutait avec attention, application. Beuh il était pas drôle!
Au bout d'une heure, Anoth avait décroché depuis un bon moment et il chercha alors quelque chose à faire. Vu qu'il n'y avait pas de fenêtre pour regarder dehors, il baissa les yeux sur son parchemin vierge (il n'allait pas prendre des notes en plus?) sous ses yeux et eut un rictus amusé.
Kel entendit des bruits de papier du côté de son jumeau pensa qu'il écoutait et prenait des notes. Aussitôt il se flanqua une baffe mentale: Se concentrer alors qu'il avait un sourire ne présageant de rien. Il cligna des yeux: Qu'est qu'il fait au juste avec son papier? Du....pliage? Il a rien trouvé de mieux? Cependant le jeune jaguarian avait un mauvais pressentiment. Anoth dessinait à présent avec sa plume sur son pliage. Qu'est qu'il fait? Arg! Le cours, se concentrer sur le cours! Pas facile à faire, il était partagé entre son envie de bosser et son envie de voir ce que son jumeau faisait.
- «PRINCE ANOTH!» Le concerné tomba par terre pour la première fois de la journée tandis que leur précepteur confisquait ''l'œuvre d'art'' «Veuillez écouter mon cours ou je serais dans l'obligation de vous punir!» Il tourna les talons, ne voyant pas le gamin lui tirer la langue derrière son dos, bras croisé sur le torse, refusant de bosser pour la suite. Comme s'il n'avait déjà pas envie de le faire?!
- «Psstt! Anoth! Bosses un peu! S'il dit tout à père, tu vas te faire tirer les oreilles ce soir!
- Mais j'ai pas envie!»

*********

Une heure plus tard, Anoth baillait à s'en décrocher la mâchoire. Le cours était passé à un autre sujet mais ça ne l'intéressait toujours. La boule d'énergie qu'il était n'avait qu'une envie: jouer, courir, aller dehors, ce qui était normal pour son âge d'un certain point de vue.
- «Anoottthhh! Il va t'interroger si tu continue!» Il ignora le conseil ou plutôt l'avertissement. Et c'était pas Kel qui le ferait changer d'avis!
Il s'amusa à se balancer sur sa chaise, mais, à un moment il tomba par terre avec elle dans un fracas épouvantable qui fit sursauter les deux autres. Évidement il se fit tout de suite rappeler à l'ordre par son instructeur.
- «PRINCE ANOTH-CHA! Concentrez-vous un peu!
- Mais je me suis fait mal!
- C'est votre faute!
- Beuh...Méchant!
- Pardon?
- Rien...»
Kel pouffa de son côté en gardant la main contre sa bouche, refrénant son envie d'éclater de rire.

*********

- «Kel!»
Il traçait avec beaucoup de soin des lettres sur son parchemin. A deux pas de lui son jumeau tentait visiblement d'attirer son attention.
- «Kel!»
Les yeux plissés, il tentait de s'appliquer vraiment! Si bien qu'il ne l'entendait pas. Ou feignait de ne pas l'entendre. Bien que la première solution était la plus probable.
- «Kel!»
Il avait presque terminé, au contraire de son frère qui dessinait sur son parchemin depuis tout à l'heure. Il plongea la pointe de sa plume dans l'encrier afin de finir son travail.
- «Keeeelllll!!
- PRINCE ANOTH-CHA, ARRETEZ DE DECONCENTRER VOTRE FRERE!
- Mais...je voulais lui demander juste de me passer un parchemin, puisqu'ils sont à côté de lui!
- Pour ce que vous en faîtes! Prince Kel-Cha donnez lui en un et vous prince Anoth-Cha, je vous donne cinq minutes pour recopier tout ça!»
Le prince rentra la tête dans ses épaules et balbutia un «Oui m'sieur!»

*********

- «Prince Anoth-Cha! Levez-vous! Je vais vous interroger sur le dernier cours!»
Le jeune jaguarian vira au verdâtre, ce qui n'était pas terrible sur du roux. Il le sentait mal sur ce coup-là. Il allait se faire punir, priver de sortie pour le lendemain. Il deviendrait dingue! «Je...Je vous écoutes! Posez-moi une question!» fit-il d'une fausse assurance.
Le précepteur toussota devant cet impertinence et dit «Bien dans ce cas, donnez moi la solution de …....» asséna t'il en donnant un premier exercice au jeune prince.
Anoth déglutit avec difficulté et réfléchit un long moment et rouvrit les yeux, paniqué «Heu...je pense....que....la réponse est...» Derrière le dos d'Herba-Cha, il distingua Kel qui levait rapidement un bout de parchemin sur lequel était écrit la solution. Il dit alors la réponse d'un sourire assuré.
Le précepteur hocha la tête: «Bonne réponse! Mais répondez également à celle-ci...»
Grâce à Kel-Cha, il put répondre à toute les questions avec suffisamment d'hésitation à chaque fois pour donner l'impression qu'il y réfléchissait sérieusement. Le jumeau d'Anoth-Cha fit disparaître rapidement le parchemin où il avait écrit les réponses avant que leur précepteur ne se retourne.
- «Bon il faut croire qu'on peut être à la fois un élève dissipé et écouter les cours!»
Anoth soupira de soulagement, et lança un clin d'œil et un sourire plein de gratitude à son frère qui les lui rendit.

Fin

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Dragonna
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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Ven 7 Mai - 20:03

Voilà un autre de mes anciens OS que j'ai amélioré.

******

Danger Public (à situer entre les tomes 4 et 5/6 et 7)

Gryf et Danaël étaient allongés dans l'herbe, sous la voûte céleste nocturne, bras croisés derrière la tête. A quelques mètres le feu de camps brûlait, dans un concert de crépitements, et encore plus loin leurs trois amis dormaient profondément, simples silhouette dans la pénombre. Ils étaient revenus il y a quelques jours du pays elfique où Elysio avait péri lors de la grande bataille où Darkhell avait tenté d'activer le Kréa-Kaos. Avaient suivi de longues journées durant lesquelles les blessés avaient été soignés, la paix avait été signée avec les pirahnis...Bref tout s'annonçait sous les meilleures hospices pour la suite au pays elfique. Normal vu les circonstances et les conséquences des derniers évènements qui s'y étaient déroulés.
Pour eux aussi, il y avait un point positif, voire même deux: Les Légendaires étaient mieux vu la-bas et ils avaient noué des liens d'amitié durables avec les Fabuleux, donc...quel était le problème? En fait, quelqu'un ne se réjouissait pas autant, en effet Gryf restait souvent pensif, regardant une plume noire qu'il faisait tourner entre ses doigts pendant quelques instants, l'air quelque peu lointain. Il marmonnait des choses comme «Hallucination ou réalité? C'était bien lui ou pas?» et il refusait aussi de s'expliquer sur ces sibyllines paroles. Il devait avoir mal digéré la mort d'Elysio. Ils s'entendaient vraiment bien ces deux-là. Gryf, pourtant, finit par se remettre et à parler comme si ne rien n'était. Il avait du finalement se convaincre de quelque chose.

Donc cette nuit-là, Gryf ne parvenait pas à dormir et s'était porté volontaire pour le tour de garde. Quand à Danaël, il n'avait pas sommeil pour le moment et avait décidé de parler un peu, ou plutôt lui tenir compagnie. Parce que ce fut plutôt Gryf qui engagea la conversation, voulant dissiper l'atmosphère trop calme, qu'il n'aimait guère, pour parler un peu, afin que le temps passe plus vite. Et il voulait aussi chasser ses idées noires, et pour cela quoi de mieux que taquiner son meilleur ami?
Il se redressa donc, jetant un coup d'œil au blondinet: «Dis Danaël...
- Hum?» répondit le Chevalier, en tournant le regard vers lui. Gryf hésita un court instant, se demandant si la question était ou non déplacée, puis conclut que non. Et puis... il avait trop envie de 1) le taquiner et 2) savoir quelque chose. Il voulait savoir quelques trucs sur le passé de son camarade, c'était la meilleure façon de trouver un point sur lequel le taquiner, si Danaël le laissait échapper bien sûr. Et s'il était suffisamment en confiance et que lui ne ricanait pas trop, il devrait pouvoir lui tirer les vers du nez. Alors...le passé donc...songea t-il en se frottant mentalement les mains, s'empêchant de sourire ''diaboliquement''.
- «Dis....si j'ai bien compris, tu étais un Faucon d'Argent avant de former les Légendaires c'est ça?» Risqua le roux, entortillant un brin d'herbe autour de son index, tendit que l'autre haussait un sourcil en le regardant, comme cherchant un piège.
N'en trouvant apparemment pas, il répondit: «Oui...» d'une voix neutre, en détournant le regard. Comme si la conversation ne intéressait pas ou qu'il voulait y échapper. Comme réponse, on faisait mieux non? C'est d'ailleurs pour ça que l'autre revint à l'attaque.
Gryf savait que cela ne voulait rien dire et poursuivit, d'une voix égale, regardant ailleurs délibérément «Quels genre d'armes il fallait savoir utiliser pour y entrer?
- Mais....pourquoi tu veux savoir ça?» S'étonna le blond en se redressant d'un coup, fixant un regard surpris puis encore méfiant sur son meilleur ami, comme se doutant de quelque chose.
- «J'ai un vilain défaut Danaël, j'suis curieux!» Souriant innocemment face au haussement de sourcils septique du blond qui finit perdre son ait presque inquisiteur.
Il toussota et commença: «Ben déjà faut être un bon épéiste...
- Non....Sans blague?!» Ironisa Gryf en levant les yeux au ciel, il esquiva ensuite facilement une taloche de son meilleur ami qui s'était redressé. «Évites les évidences quand même, je suis pas un idiot!» Marmonna t'il en prenant un air faussement boudeur.
- «Tu m'as posé une question, alors je donne une réponse complète.....même si j'admets que ce point est en effet évident!» Répliqua le chevalier en haussant les épaules. Il laissa passer quelques secondes, puis reprit «Ensuite, il faut savoir manier la lance.....c'est une arme qu'on doit avoir à portée de main surtout quand on est de garde....» Il attrapa une petite bûche et la jeta dans le feu, créant une petite pluie d'étincelles rouges-dorées.
Gryf hocha la tête, et risqua une question: «D'accord et je suppose qu'il y a l'arc aussi?» Il haussa un sourcil étonné en voyant la crispation de son chef mais n'en laissa rien paraître. Quelque en lui-même lui souffla qu'il venait de tomber sur quelque chose de croustillant.
- «Oui....L'arc aussi......il faut savoir tirer des flèches quelques soit le lieu et le temps, ce qui n'est pas si facile...» Expliqua l'ex-faucon d'un ton presque éducatif, ce qui vexa un peu le roux. Il le prenait pour un idiot ou quoi? Danaël poursuivit «C'est une arme de précision, comme tu t'en doutes...et bien lancée, une flèche peut faire des ravages question blessure!»
Le jaguarian, toujours un peu vexé, décida alors de titiller la fierté de son ami: «Je suppose qu'en temps que chef, ton frère doit savoir manier parfaitement toutes les armes....» remarqua t'il alors en prenant un brin d'herbe qu'il enroula autour de ses doigts. Il espérait une négation soudaine, que son ami lui dise qu'il était excellent avec cette arme lui-aussi mais rien de tout ça n'arriva.
L'autre acquiesça: «En effet.....mais.....Il a une grosse préférence pour l'épée.» Il semblait plongé dans un souvenir qui semblait à la fois heureux et vexant. Son air un peu nostalgique fit sourire son meilleur ami qui se laissa retomber sur l'herbe.
Il murmura ensuite, croisant les bras derrière sa tête: «Comme toi quoi....
- Oui comme moi....» Confirma le blond dans un soupir avant de soudainement toussoter et de reprendre, comme honteux de s'être laisser aller à être nostalgique: «Mais c'est un excellent archer aussi. Je me souviens...» Il s'interrompit quelques secondes et Gryf se redressa alors de nouveau, intéressé par ce souvenir que son ami lui racontait, car les anecdotes étaient toujours amusantes. Et le ton du blond signifiait que cela était vraiment intéressant et important. Danaël reprit, le regard fixé dans le ciel mais également plongé dans ses souvenirs «.....Qu'une fois.... il m'a sauvé la vie en tirant, en pleine nuit, une flèche dans la main d'un homme qui se trouvait juste à côté de moi et qui allait me frapper d'un coup d'épée!» Danaël semblait neutre et Gryf ne remarqua pas qu'il avait serré (douloureusement) les poings. Il ne pourrait donc pas savoir à quel point ce souvenir était "lourd" pour son ami.
Le jaguarian cligna les yeux, essayant de visualiser la scène que l'autre venait de lui raconter. «En pleine nuit? Et dans la main en plus?» s'ébahit-il, les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte, avant de laisser échapper un sifflement admiratif. Pas mal le frangin, le coup du chef qui savait tout faire n'était peut-être pas un cliché finalement. Ou alors Ikaël et Shamira étaient les exceptions qui confirmaient la règle!?
- «Oui.» Répondit Danaël, un petit sourire fier aux lèvres, amusé par la réaction de l'homme-bête. Et sans doute encore admiratif ce son aîné pour ce magnifique tir de l'époque, même si à ce moment-là lui-même n'était pas en état de s'extasier de ce coup de maître.
- «Whoua....pas mal. Il est fort en effet! » Acheva celui-ci, cachant ensuite une moue taquine, se demandant s'il devait ou pas signaler à son blondinet d'ami l'admiration et respect qu'il y avait eu dans sa voix. Après coup il décida que non. C'est qu'il pourrait se vexer s'il lui disait qu'il admirait toujours son grand frère (même s'il n'y avait rien de honteux là-dedans). Gryf décida donc de ré-orienter la conversation: «Et toi? Je suppose qu'en petit frère zélé tu t'es empressé de vouloir faire aussi bien que lui! Non?»Il avait prit un ton taquin, et la réaction le surprit.
Danaël rougit brusquement et détourna la tête, l'air soudain mal à l'aise et se mura dans un silence révélateur. Cette fois, le roux fit clairement qu'il avait serré les poings et que ses joues s'étaient colorées de rouge.
- «…..
- Pourquoi ce silence?» Interrogea Gryf, sentant monter le souvenir très intéressant, surtout si son ami refusait d'en parler. Ca devait être drôle.
- «…..
- Hooo y aurait-il un secret là dessous?» Ricana le jaguarian, se frottant mentalement les mains. Il avait été surpris par la réaction mais maintenant il était ravi, il avait la main sur quelque chose de sans doute croustillant qui allait le faire bien rire.
- ...» Devant l'absence, non le refus de réponse, Gryf décida de deviner par lui-même. Après tout il connaissait suffisamment bien Danaël pour trouver, et sinon il suffirait de lire sur son visage non?
Il s'attela immédiatement à la tâche: «Je sais!! T'as jamais réussie à l'égaler et ça t'a dégoutté du tir à l'arc?
- Non!» fut la froide et brève réponse. Néanmoins il devait quand même y avoir de ça....un peu. Il n'osait plus croiser le regard de son ami, bonne signe pour ce dernier car si gêne il y avait, c'est qu'il s'approchait de la vérité.
- «Miracle tu sais toujours parler!» Ironisa-t-il en s'attirant par là un regard qui égalerait sans problème celui de Shimy dans ses mauvais jours. Ca ne lui fit pourtant pas peur: «Je te laisserais pas tranquille tant que tu ne me l'aura pas dit.....je le dirais à personne, allez vieux frère, avoue à ton meilleur ami d'accord?» continua t'il d'un ton quasi enjôleur, ébouriffant les mèches d'or.
Danaël grommela quelques chose d'indistinct et, finalement, poussa un énième soupir et planta son regard bleuté dans celui, félin, de Gryf. «Ca restera entre nous? Parce qu'il y avait déjà assez d'Ikaël pour se moquer de moi à ce sujet, et maintenant il y aura toi, je n'ai pas spécialement envie que tout le monde sache. Surtout pas Shimy ou Jadina...suis-je bien clair?
- D'accord...» promit Gryf, levant sa main gauche ouverte au niveau du cœur. Il était sincère, il le garderait pour lui, ca lui permettrait de le taquiner plus tard en plus! Danaël prit une profonde inspiration et raconta le pourquoi de ce problème avec le tir à l'arc.

******

L'enfant de 11 ans souffla d'agacement en jetant un regard noir au bout de bois tordu, portant le nom d'arc, qu'il tenait en main. Il n'y arriverait donc jamais? Il s'escrima à tendre le fil pour pouvoir donner la force de propulsion nécessaire à la flèche pour être projetée mais à chaque fois elle retombait par terre et s'y plantait. La honte quoi...tout ses amis y arrivaient, son frère excellait, son père aussi. Pourquoi lui n'y arrivait pas?! C'était pas censé être dur sur la plan théorique non? Alors pourquoi la pratique coinçait?! Il renifla, allant chercher sa flèche, vexé par les échecs successifs. En cinquante essais, il avait à peine réussi un tir (la flèche avait parcouru un mètre!)
Ce fut un rire étouffé qui le fit réagir et il se retourna vers son frère qui était assis sur la barrière, le fixant depuis un moment, un sourire goguenard aux lèvres.
Le roux lâcha deux mots: «T'es nul.»
Clair et concis....et totalement vrai. Le froncement de sourcil du plus jeune s'accentua et il en eu assez de cet exercice. Il détestait le tir à l'arc, pourquoi ne pouvait-il pas s'entrainer à l'épée aujourd'hui?
- « Allez fais pas cette tête...je plaisante frérot.» reprit l'aîné d'un ton plus doux puis, voyant le blond jeter dans un mouvement de colère l'arc au sol, il continua, d'un ton neutre: «Père ne surement serait pas ravi de voir comment tu traites l'arc qu'il t'a offert.» Il sauta à terre et ramassa l'arme et une des flèches. Il les examina avec un air presque de professionnel, comme s'il cherchait un défaut ou tout simplement trouvait-il l'arc de bonne qualité?!
- «C'est l'arc! Il y a quelque chose qui cloche» protesta, en toute mauvaise fois, son cadet. Un regard ironique et un sourire moqueur, preuve qu'Ikaël ne le croyait pas du tout, fut sa réponse. L'aîné tendit alors la corde, visant soigneusement et la flèche partit dans un sifflement, se plantant au centre de la cible. Danaël ouvrit des yeux ronds, et jeta un coup d'œil admiratif à son frère. Pourquoi ne pouvait-il pas tirer presque aussi bien que lui hein? Pourquoi n'arrivait-il même pas à lancer cette fichue flèche?!
- «Il marche très bien.....» ricana le roux aux yeux bleus en le rendant au blond qui fit une moue vexée. Il s'était fait avoir en beauté sur ce coup-là, et était bond obligé de reprendre l'exercice jusqu'à le réussir, son frère allait y veiller!
Il n'arriva pas à cacher sa rage d'échouer et s'exclama, exaspéré, voulant faire comprendre à l'autre tout son énervement: «Mais j'y arrive pas!»
Son frère lui montra alors comme tenir l'arc et la flèche, comment tendre soigneusement la corde. Comme il lui tenait les poignets, ce n'était pas comme si le plus jeune le réussissait seul mais il écouta consciencieusement les conseils qui s'achevèrent par ces mots:: «Maintenant, vises et ensuite tu lâches la corde»
Le trait partit et se planta au centre de la cible, une nouvelle fois. Le blond marmonna que c'était uniquement parce qu'il l'avait aidé que l'arrivée de la flèche s'était parfaitement déroulée. Il retenta et réussit à l'envoyer à mi chemin, directement dans le sol.
Les mots: «C'est pas encore ça, mais c'est déjà mieux» venant de derrière lui furent le meilleur des encouragements.


******

- «Attends» Fit Gryf «Pourquoi ça te gêne cette histoire alors? Tu y es finalement arrivé à lancer tes flèches, alors où est le problème? Je ne vois pas de raison à ton frangin de se moquer de toi pour le moment...c'est parce que tu lui ai redevable? Parce que tu fais une gaffe?» Il cherchait et imaginait toute solution possible pour que son ami ait honte ainsi. Pour que ce commandant si droit et sérieux se moque encore de son cadet après toutes ces années, c'est que ça devait vraiment être drôle non?
Danaël soupira et répondit, d'une voix légèrement pleine d'amertume, acceptant enfin de révéler son ''point faible'' (au niveau du combat) à son ami: «Ce n'est pas spécialement de lancer une flèche qui me pose problème...Attends, ce n'est pas fini»

******

TCHAK.
Le roux fit un bond en arrière, plus par réflexe qu'autre chose, quand la flèche se planta dans le sol, à un mètre de lui. Il manqua de tomber et soupira, passant une main fatiguée sur son visage.
Encore une fois...le tir avait été totalement raté. Comment Danaël avait réussit son coup? Comment avait-il pu, accidentellement en plus, lancer la flèche dans sa direction? Il était pourtant sur la gauche, assez loin de la cible et du lanceur. Et plus au niveau du lanceur que de la cible d'ailleurs. Comment la flèche avait-elle pu arriver sur lui?
- «Tu veux me tuer ou quoi?» fit-il d'un ton presque désespéré. Il ne savait plus trop quoi faire là. Ce genre de situation, il ne croyait pas que ça pouvait exister! C'était vraiment bizarre!
L'autre rentra la tête dans ses épaules: «Mais non...j'visais la cible.» Tenta t'il, désignant celle-ci d'un geste de la main. Il se sentait piteux sur ce coup-là, il avait failli blessé plusieurs fois son frère en plus. Quelle catastrophe!
L'autre leva les yeux aux ciel: «C'est encore pire alors.....parce que là pour le coup, tu es vraiment nul! J'ai évité VINGT flèches depuis ce matin! En changeant à chaque fois de place....j'ai presque l'impression que tu le fais exprès!» Râla, pour la forme, le rouquin en arrachant le projectile du sol et le tendant à son cadet qui était rouge de honte et de gêne:. «Pas de problème pour tendre l'arc et lancer la flèche mais pour le reste....c'est une catastrophe.» Il soupira et secoua ses mèches rouges, soupirant avant de dire avec calme: «Bon il faut encore que tu t'entraînes!» N'importe qui aurait applaudit sa patience et son optimisme après avoir failli être touché une vingtaine de fois par des flèches lancées n'importe comment.
Il fit quelques pas et s'immobilisa, derrière le jeune lanceur, ici au moins il ne risquait rien....enfin il espérait, parce que le blond avait déjà réussit à en envoyer une derrière lui sans savoir comment. Sur ce coup-là, il n'avait aucune explication à fournir sur la façon dont il s'y était prise...son frère n'avait même pas compris ce coup-là?!
Lentement Danaël visa et lâcha la corde, propulsant le trait (enfin) tout droit mais...elle passa à un mètre de l'arbre où était accrochée la cible. Petit échec sans gravité quand on pense aux précédents...oui mais les problèmes arrivèrent alors...
Ce tir presque réussi déclencha une petite série de choses. De façon totalement involontaire il faut bien le souligner.
- «GYYAHHH» Cria Ganja, qui venait voir son ami, en plongeant au sol pour esquiver le roseau meurtrier qui passa juste au dessus de sa tête. Le trait se planta ensuite dans une clôture de bois à deux centimètre du museau d'un Girawa qui prit peur et se cabra, faisant tomber son cavalier au sol, avec tous ses sacs, l'animal partit ensuite en courant, poursuivit par son maitre paniqué qui tentait de le récupérer.
Les deux frères qui avaient assisté à cet ''enchainement'' de ''catastrophes'' se regardèrent et le plus jeune rougit légèrement, n'osant rien dire. «.....» Rouge de honte, il n'arrivait même pas à se justifier ou à dire qu'il en avait assez. Comment il avait réussi un coup pareil, il ne savait pas mais il avait terriblement honte de ce qu'il avait provoqué!
Ikaël toussota, rompant le silence teinté de malaisé: «Ha oui....Quand même...» C'était tout ce qu'il pouvoir dire à l'instant. Un léger silence passa puis l'aîné éclata de rire, en repensant à tout ce que ce tir avait déclenché.
Son petit frère le regarda, inquiet et fit, à voix basse d'un ton angoissé: «Ne le dis pas à père. S'il te plaît....» Il ne voulait pas le décevoir, lui dire qu'il n'y arriverait jamais. Il ne pouvait pas admettre qu'il était incapable de se servir correctement d'un arc (pour le moment il l'espérait).
- «Que quoi? Que tu es indéniablement un véritable danger public quand tu as un arc dans les mains?» questionna malicieusement le plus vieux tandis que son sourire s'élargissait et qu'il éclatait à nouveau de rire.
Le plus jeune, à la fois honteux et vexé, rougit comme une tomate s'exclama, un peu en colère et sans vraiment d'efficacité:. «Ikaël! Arrêtes de te marrer! C'est pas drôle!» Mais rien n'y fit. L'autre semblait vraiment trouver ça drôle! Et le blond eut beau continuer encore et encore pour prouver à son frère qu'il y arriverait, il ne fit que déclencher des catastrophes dès qu'il essayait de tirer à l'arc. Il devait être maudit!


******

Gryf avait la lèvre inférieure qui tremblait, et plaqua sa main sur la bouche pour ne pas rire, ne pouvant s'empêcher de visualiser dans son esprit la scène que Danaël venait de lui raconter. Ce n'était pas vrai hein? Son ami n'était pas une catastrophe ambulante avec un arc entre les mains. Ce n'était pas possible. Quoiqu'il ne l'avait jamais vu tirer à l'arc justement..il avait toujours utilisé son épée et rien d'autre. Et pourtant un arc c'est pas ce qu'il y avait de plus lourd non?
L'autre, vexé, détourna la tête, ré-alimentant le feu: «Vas y marres toi, je ne te dirais rien!
- Non mais avoue, tu le faisais exprès hein? On ne peut pas tirer aussi mal à l'arc...enfin je crois, tel que tu me le racontes, ça paraît impossible de déclencher de tels trucs?!
- Non, le pire» Et Danaël se prit la tête dans les mains «C'est que je ne le faisait vraiment pas exprès et que je faisais réellement de mon mieux» Il avait vraiment voulu rendre fier son frère et son père, devenir aussi bon archer qu'eux mais il avait échoué encore et encore. Il se promit de ne jamais raconté à Gryf les gaffes/catastrophes qu'il avait déclenché quand il était encore un faucon, ça achèverait le jaguarian moqueur (en le faisant mourir de rire). Ikaël avait passé l'éponge (en se moquant bien de lui par la même occasion) à l'époque mais il refusait d'en parler à qui que ce soit! Jamais il ne parlerait de ces gaffes-là!
Gryf, de son côté, essaya une nouvelle fois d'imaginer le dernier envoi de flèche que son ami lui avait décrit, avec toutes les catastrophes qui avaient suivis. Il éclata alors de rire en s'écroulant dans l'herbe et gloussa, entre deux tentatives presque vaines de reprendre son souffle. «Si tu ne me fais pas marcher Niaf Niaf....Alors ton frangin a raison....Niaf...T'es un vrai danger public, fais moi penser Niaf Niaf ….à ne JAMAIS te coller un arc entre les mains!» Et il se remit à rire, plié en deux. Il avait eu raison de lancer la discussion, il avait maintenant de quoi le taquiner pendant un moment!
Danaël, de con côté, toujours vexé, se plongea dans un silence significatif et se promit de ne jamais lui raconter comment il avait voulu apprendre seul à grimper sur un culbutor (sauvage).
Ca le ferrait mourir de rire cette fois...
...s'il ne lui collait pas une taloche en le traitant de crétin suicidaire!


Fin

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Sam 8 Mai - 13:06

Chevaucher un Culbutor Sauvage (Allusion à une remarque de Danaël dans le tome 5)

Danaël avait proposé à Gryf de faire le second tour de garde et restait immobile devant le feu. Repensant à ce qu'il avait songé quelques heures plus tôt.....ce qu'il fallait que son ami ne sache jamais, une de ses pires erreurs de jeunesse, même s'il en parlait parfois histoire de frimer sans en révéler la vérité à ce sujet évidement.
Parce que la vérité n'avait rien de glorieux...
Parce qu'il avait été vraiment imprudent, stupide et inconscient...
Parce qu'il aurait pu se faire tuer cette fois là...
Parce que son frère lui avait sonné les cloches (et que c'était totalement mérité)...

Bref tout cela faisait qu'il ne voulait surtout pas en parler à quelqu'un, se trouvant lui-même stupide d'avoir fait ça à l'époque.
La première fois qu'il était monté sur un Culbutor dressé aurait été qualifiée de scène drôle et attendrissante vu la façon dont il agrippait à son frère, traumatisé par le souvenir de sa bêtise précédente, soit sa tentative de monter sur un culbutor sauvage (la dîte-bétise précédente). A douze ans, il avait vraiment essayer de grimper sur une de ces créatures et l'avait amèrement payer et regretter.
Ca avait une belle erreur.
Qu'il n'avait par la suite jamais refaite.
Les culbutors dressés lui avaient posés assez de problèmes par la suite pour qu'il ne retente jamais l'expérience avec un sauvage.

********

- «C'est pas une bonne idée....je ne le sens pas!» Murmura un petit garçon aux cheveux noirs, jetant un regard plein d'appréhension aux créatures qui paissaient placidement à quelques mètres, pour l'instant plus calme que ne le sous-entendait leur nature sauvage . Il retenta de raisonner son meilleur ami, se tournant vers lui pour siffler à voix basse: «Demande à ton frère, il en a un puisque c'est un faucon d'argent non?Pareil pour le mien, il en a un aussi.!»
L'autre secoua résolument la tête, refusant la proposition pourtant pleine de bon sens: «Je ne veux pas l'embêter, il a déjà assez de travail comme ça avec son entraînement et puis...» Il n'osa pas continuer, ses pensées tournant autour de son affirmation. Non il ne voulait pas l'ennuyer, ne voulait rien faire qui puisse l'énerver. Il avait trop peur que l'autre ...
Son ami coupa court à ses pensées, l'en sortant par sa réponse, dite d'un ton un peu exaspéré, comme s'il se répétait: «Danaël il t'adore, il acceptera de t'apprendre! Il ne va pas te refuser ça quand même! Ce n'est pas trop demander de t'apprendre à monter sur un culbutor!» Ses mots étaient véridiques. Ca n'avait rien de stupide de demander à son frère ce genre de chose, c'était même normal quelque part. Le brun de douze ans songeait d'ailleurs à demander au sien dès ce soir. Il n'avait accompagné son ami que pour tenter de le dissuader.
Mais celui-ci ne répondit pas, muré dans le silence, regardant les montures non dressées un peu plus loin. Depuis que son père était mort, il a y 5 mois, le blond n'avait plus qu'une seule peur : perdre son frère ou l'affection de ce dernier. Il était térrifié chaque fois que l'autre partait en mission, n'osait pas trop lui désobéir quand il était là, ni lui demander trop souvent son aide, persuadé que son frère n'avait pas que ça à faire de s'occuper de lui maintenant qu'il était le ''chef de famille''. Il avait suffisamment de responsabilités comme ça non? Voilà pourquoi il était persuadé qu'il ne devait pas l'exaspérer. Il ne voulait pas lui faire perdre son temps.
- «Il doit déjà s'occuper de moi presque tout seul maintenant!» murmura t'il s'approchant d'un arbre, duquel il sauterait pour atterrir sur le dos du culbutor qui passerait à portée. «Je ne veux pas le déranger encore plus, ça l'énerverait et il me repousserait...» Chuchota-t-il, faisant froncer les sourcils de son ami qui doutait franchement de la véracité de ses paroles, mais ne pouvait totalement les comprendre, ayant encore sa famille dans sa totalité de son côté.
Se mordillant la lèvre, inquiet, il attrapa la tunique de son ami: «Dan....C'est vraiment pas une bonne idée! C'est dangereux!» Une brusque inquiétude (ou angoisse) le prenait soudainement, malgré l'apparence placide des créatures sauvages à quelques mètres.
L'autre eut un petit rire, le repoussant en se dégageant: «Dis que tu as la trouille!» Lança t'il d'un ton provocateur, espérant convaincre l'autre par bravade.
Il fut bien déçu car l'autre recula, l'air soudain peu rassuré. «Arrêtes! Ils sont sauvages! Ils vont te flanquer par terre!» S'alarma-t-il, prenant enfin conscience du danger, une étincelle de raison ayant frappé son esprit jeune et inconscient.
- «Mais non!» rit Danaël en s'approchant de l'arbre avant de jeter un coup d'oeil derrière lui. Il ouvrit des yeux ronds en voyant son ami reculer et s'enfuir, l'abandonnant sur plus. Il s'écria, ne comprenant pas vraiment pourquoi son meilleur ami le laissait ainsi tomber: «Hé! Calion! Où tu vas?
- Je rentres! J'ai pas envie de me casser quelque chose ou de me faire tuer moi!» Fut la réponse clair et concise du brun, qui n'avait vraiment pas envie de mourir jeune. Il avait eu visiblement un sursaut de conscience en voyant ou présentant le danger de l'entreprise qu'allait tenter Danaël. Et il fallait qu'il fasse quelque chose s'il ne pouvait le raisonner lui-même.
- «Pfff Trouillard!» souffla son ami d'un ton vexé, avant de retourner vers l'arbre. Escaladant le tronc, il arriva bien vite au niveau d'une branche assez importante sur laquelle il s'installa, observant les culbutors et attendant que l'un d'eux passe sous l'arbre.
Enfin une des créatures s'approcha, continuant à manger l'herbe qui tapissait le sol jusqu'à être pile au bon endroit. Le blond bondit alors de son perchoir sur le dos de ce qui aurait été une monture acceptable ...si elle avait dressé, ce qui n'était pas le cas.
Le culbutor se mit donc à bondir sur place, paniqué par ce poids (tout léger qu'il soit) auquel il n'était pas habitué, avant de se mettre à courir aussi vite qu'il pouvait dans le large terrain. Ne pouvant se débarrasser ce qui était sur son dos, il se cabra brutalement et son frêle cavalier ne dût à rester sur son dos qu'à ses mains crispées à un des rares appuis à portées de main. L'animal, exaspéré et effrayé par ce qui se trouvait sur son dos, s'immobilisa un bref instant pour reprendre son souffle, donnant une fausse impression de calme à son ''cavalier'', avant de bondir soudainement en avant et de ruer de toutes ses forces, projetant le blond dans la pente. Après avoir roulé que quelques mètres, l'enfant heurta brutalement un rocher et resta inconscient. Heureusement pour lui, quelqu'un arriva rapidement.

Danaël entrouvrit les yeux et la lumière, les lui fit aussitôt refermer. Il avait la tête dans un étau et c'était sans doute pour ça que le son comme la lumière lui augmentait sa migraine. Chaque parcelle de son corps le faisait souffrir, le culbutor l'avait piétiné en plus du reste ou quoi? Il se souvenait juste avoir été projeté, avoir dégringolé une pente et heurté un rocher. Quelque part, ce n'était guère étonnant qu'il ait mal partout. Il eut un frisson en repensant à ce qu'il s'était passé, à la peur qu'il avait ressenti. Et voilà qu'il était blessé, c'était vraiment parfait, il ne manquait que ça. Réprimant un soupir, il se demanda un court instant où il se trouvait. La réponse lui vint tout de suite, malgré son mal de tête: il devait être dans son lit, dans sa chambre. Ce qui voulait dire...
Sortant alors de ses pensées, il remarqua enfin des voix qui résonnaient dans son esprit encore embrouillé. Deux personnes se trouvaient à quelques pas de lui, parlant à voix basse. Il reconnût rapidement l'une d'elle comme celle de son frère et l'autre devait être sans doute le guérisseur. Il était donc bien chez lui. Quelqu'un avait du le ramener....mais qui? Il se concentra à nouveau sur la discussion qui avait lieu à côté de lui, restant totalement immobile et faisant croire qu'il était toujours inconscient.
Le guérisseur énumérait ses blessures: «Votre frère a le l'avant-bras gauche cassé mais rien de grave, une attelle et du ménagement et ça se remettra sans problème. Il a aussi une plaie au front, si le coup a été assez fort pour l'assommer, il vaut mieux qu'il garde le lit deux ou trois jours. Et il a des contusions (et quelques plaies) plus ou moins importantes sur tout le corps mais rien d'alarmant. Il a une chance incroyable! J'ai cru à pire quant vous m'avez appelé....J'ai vu pire dans certains cas similaires. Monter un culbutor sauvage....savez vous ce qu'il lui a pris?» L'homme semblait dérouté, se demandant pourquoi un enfant de 12 ans avait fait preuve d'une telle inconscience, alors qu'il avait plus souvent vue de jeunes gens être blessé dans le même cas alors qu'ils voulaient simplement frimer.
La voix d'Ikaël parvint aux oreilles du blond qui réprima l'envie de se rouler en boule sous la couette, tentative inutile de fuir ce qui l'attendait, les mots qu'il entendit le faisant aussi frissonner d'appréhension: «Non....mais je vous assure que je vais vite le savoir. Son explication à intérêt à être convaincante....vraiment! Je n'aurait jamais cru qu'il puisse faire une chose aussi stupide! J'espère pour lui qu'il a une bonne excuse à me fournir...»
Danaël sentit un frisson le parcourir malgré lui. Il allait se faire enguirlander.....même s'il devait avouer qu'il avait fait une idiotie, il avait quand même un peu peur du savon qu'il allait recevoir. Et ce qu'il craignait été arrivé: il lui avait fait perdre son temps, il l'avait mis en colère, il avait du faire venir quelqu'un pour le soigner. Il allait devoir s'occuper de lui pendant 3 ou 4 jours. Il devait vraiment être fâché. Réprimant un sanglot à la pensée qu'il le déteste, le blond ouvrit à nouveau les yeux, sachant qu'il était inutile de fuir ou de retarder la discussion. Heureusement pour lui, les deux 'adultes' sortirent à ce moment là sans un regard en arrière et il se retrouva seul dans sa chambre. Il tenta de rassembler ses esprits, que s'était-il passé exactement?
Le culbutor l'avait jeté à terre, il avait dévalé une pente et heurté un rocher. Ca il s'en souvenait (trop) bien, et en avait encore des frissons à y repenser. Ensuite...plus rien, il avait perdu conscience, assommé et blessé.
Calion avait sans doute prévenu quelqu'un après s'être sauvé, et cette personne devait être soit son propre frère Ganja, soit Ikaël. La seconde solution était d'ailleurs la plus probable et la plus logique.

Danaël s'appuya un peu plus à ses oreillers, se redressant autant qu'il le pouvait, sans que sa tête ne le fasse souffrir, et leva la bras qu'il pouvait bouger, l'autre étant dans une attelle, et toucha son front, grimaçant en sentant le pansement et la douleur en appuyant dessus. Il s'était bien amoché quand même et ça aurait pu être pire, bien pire, il en avait pleinement conscience. Il sentit ses yeux le brûler et des tremblements le parcoururent alors qu'il repensait à la peur qu'il avait eu et au danger auquel il avait vraiment échappé. Il était vraiment idiot...comment avait-il pu être aussi inconscient? Et tout ça pour quoi en réalité? Pour attirer son attention...et bien là il avait tout gagné : il était en colère contre lui et allait lui passer le savon du siècle.
Des pas le firent alors tressaillirent et la porte s'ouvrit sur son frère qui haussa un sourcil en le voyant réveiller. «Alors....monsieur le héros est de retour parmi les gens bien réveillé?»
Aucune doute, il était....fâché. Ses sourcils froncé et son air sévère firent presque se ratatiner sur place, la honte le submergeant. Son frère lui tendit un verre et lui ordonna de boire, ce qu'il fit, appréciant de sentir quelque chose de frais rafraichir sa gorge asséchée. Mais il savait que l'interrogatoire allait commencer, et que les réprimandes allaient indéniablement suivre.
En effet, le roux ne perdit pas de temps: «J'attends tes explications quand à cette chose si intelligente que tu as le bon goût de faire ce matin...» Fit-il froidement en s'asseyant au bord du lit et croisant les bras, ne laissant pas à son cadet le temps de répondre, il continua: «Tu voulais quoi? Te rendre intéressant? Ou c'était un petit pari avec tes amis, genre ''je parie que je tiens 'tel temps'' sur le dos d'un culbutor sauvage?» Le ton avait pris du mordant, signe indéniable de colère contenue, et son frère avait définitivement trop calme. C'était mauvais signe.
- «….» le blond s'obstinait donc à fixer le couvre-lit, même si il était clair qu'il était tendu. La voix de son frère prouvait qu'il était vraiment furieux, même s'il se retenait et que l'explosion risquait d'arriver à un moment ou à un autre. Et ça il l'appréhendait vraiment. En même temps, au fond de lui, une sourde révolte lui sifflait que son aîné n'avait pas le droit de lui faire ainsi la morale, qu'il était juste son frère et pas un parent. Embrouillé par ses pensées, il refusa de répondre.
- «J'attends Danaël....J'attends que tu me dises pourquoi tu as cru bon de te rendre intéressant en défiant la mort. Je peux savoir ce qu'il t'ais passé par la tête?» Le ton était devenu plus froid et plus sec, signe que la colère montait devant l'absence de réponse. Et cette fois c'était clairement un ordre sous-entendu.
- «….» Les yeux du blond le brûlait, il se mordit la lèvre inférieur, serrant le poing (de son bras non blessé) à lui faire mal.
- «Réponds!» Cette fois, l'ordre n'était même plus sous entendu et il avait saisit l'épaule indemne de son petit frère pour le forcer à lui faire face «Et regardes moi quand je te parles Danaël!
- TU N'ES PAS NOTRE PERE!» cria le plus jeune, à bout de nerfs, sa pire crainte lui serrant le cœur. Sa réaction avait alors été, logiquement, la révolte face à l'autorité, ce qui n'était pourtant pas la meilleure solution dans les circonstances présentes: «Depuis quand tu te soucies de ce que je....» Il n'eut pas le temps de finir sa phrase, coupé en plein milieu par la réaction de son frère.
La gifle était partie avant même que la pensée d'Ikaël l'ait suivie. Le blond avait les yeux écarquillés, la main droite plaquée sur la joue rougie par la claque qu'il venait de recevoir. Le temps semblait s'être arrêté et il vit clairement la rébellion disparaître dans le regard du plus jeune, remplacée par de la honte, comme s'il se rendait compte de la façon dont il lui avait parlé.
Le roux resta figé quelques secondes par son geste puis se reprit, avant de perdre l'autorité qu'il venait de récupérer: «Non mais tu réalises que tu aurais pu te faire tuer? Si Calion n'avait pas changé d'avis au dernier moment et n'était pas venu me prévenir! Combien de temps serait tu resté au sol? Tu aurais même pu te faire piétiner espèce d'inconscient! Et estimes-toi heureux de t'en tirer aussi bien. Les culbutors sauvages sont dangereux...TU AURAIS PU MOURIR!» Il n'eut même pas conscience qu'il avait crié la fin et reprit son souffle, foudroyant du regard son petit frère, tentant d'oublier la peur qu'il lui avait faîte.
Il ne voulait pas repenser à la panique qu'il avait ressenti lorsque Calion était venu le prévenir de la bêtise qu'allait faire son frère, à la peur qu'il avait eu en le voyant blessé au sol puis au soulagement en voyant qu'il était vivant. La colère était bien sûre venue tout de suite après, puisqu'il ne comprenait pas pourquoi le plus jeune avait fait une telle idiotie.

Danaël baissa les yeux, refoulant ses larmes. Ce n'était pas la gifle qui lui avait fait mal mais la peur réelle qui venait après coup. Et celle qu'il avait causée à son entourage s'y ajoutait. Il réalisait enfin pleinement le danger auquel il avait échappé, qu'il aurait pu se faire tuer.
L'autre poursuivait cependant «Pourquoi tu ne m'as pas demandé? Pourquoi n'est tu pas va venu me voir? Avant c'est toujours ce que tu faisais!» Étrangement ces mots faisaient écho avec ce que Calion avait dit. Il n'aurait pas refusé de lui apprendre, il n'aurait pas refusé de lui accorder un peu de son temps.
Mais...C'était...avant...et avant... Père était là.....Avant il n'avait pas peur de perdre son frère, de perdre son affection ou d'être repoussé....Le blond se mura dans un silence plus qu'équivoque «...»
Il n'entendit pas la voix à présent douce qui résonna à ses oreilles: «Danaël...»
Et maintenant, Ikaël était vraiment en colère....il l'avait même frappé....il avait vraiment du avoir peur pour lui, et maintenant....il allait lui en vouloir.
- «Regardes moi....» fut un ordre qui n'en était pourtant pas un, sur un ton bien plus doux que précédemment. L'enfant leva ses yeux bordés par les larmes vers sa seule famille, et les écarquilla quand deux bras l'enveloppèrent, le serrant contre le roux. Comme il y a cinq mois, comme le jour où il avait appris que...qu'ils n'étaient plus que tout les deux: «Pourquoi? Pourquoi tu ne m'a pas demandé? Je ne savais même pas que tu voulais apprendre...» demanda t'il en caressant les cheveux blonds de son cadet, qui se calma peu à peu.
Le regard à nouveau fuyant, le plus jeune des deux frères marmonna d'une voix à peine audible, toujours mortifié: «J'avais....peur.....que tu ne....que tu me rejette....que tu me dises que tu n'avais pas le temps....» Sa main valide se crispa sur la tunique de son aîné, il aurait aimé revenir en arrière, ne pas faire cette erreur stupide qui aurait pu avoir de graves conséquences et qui avait paniqué tout le monde.
- «….» L'autre eut un haussement de sourcil surpris et n'osa pas répondre, n'osant pas briser cet aveu avant qu'il ne soit totalement terminé.
Se sentant encouragé par le silence du plus vieux, Danaël continua, comme encouragé par cette absence de réponse: «Je ne voulais pas t'embêter....je ne voulais pas être un poids.....
Danaël.... Est ce que tu as peur que je te laisses tomber, que je ne me soucis plus de toi maintenant? » Un reniflement du blond lui suffit comme réponse et il soupira, resserrant doucement sa prise autour des épaules du plus jeune durant quelques minutes. Finalement il relâcha son étreinte et murmura, d'une voix calme «Reposes toi maintenant!» Son cadet se rallongea et ferma les yeux, épuisé autant physiquement qu'émotionellement. Un long moment passa, troublé seulement par la luminosité extérieur qui baissait de plus en plus.

Finalement le plus vieux murmura, caressant tendrement les cheveux de son frère qu'il pensait endormi. «Espèce d'idiot! Je ne veux (et je ne peux) pas remplacer père....je veux juste t'aider....Comment pouvais tu penser que je t'abandonnerais au moindre embêtement ?» Il soupira et retira sa main des boucles blondes, observant le visage détendu de son petit frère. S'il avait su le l'absence de leur père causerait chez lui de telles envies d'attirer l'attention, son attention et son affection, il aurait réagit plus vite et lui aurait proposé de lui apprendre avec son propre culbutor, qui était parfaitement dressé. S'il avait anticipé...mais il n'aurait jamais pu anticiper ce genre de chose. S'il lui avait demandé.....mais pourquoi ne l'avait-il pas fait? Il regarda avec tristesse le bandage autour de la tête blonde et le bras en attelle. Il avait vraiment eu de la chance, ça aurait pu être pire. Monter un Culbutor sauvage.....non mais qu'est qu'il lui avait pris? Il voulait le faire mourir d'angoisse ou quoi? Il se leva, décidant de le laisser dormir. Alors qu'il ouvrait la porte, une petite voix résonna à ses oreilles.
- «S'cuse moi Ikaël»
Un regard par dessus son épaule lui fit voir le blessé qui avait détourné la tête pour fixer la fenêtre. S'était-il enfin rendu compte de sa bêtise? De la peur qu'il lui avait faîte? Peut-être.....et tant mieux, il ne recommencerais pas une gaffe pareille au moins.
Quoiqu'il en soit, le roux décida de passer l'éponge, pour cette fois. «Ce n'est rien petit frère.....et si tu veux tant que ça apprendre, je t'apprendrais.....mon culbutor ne te flanquera pas par terre lui.» Il hésita un très court instant et ajouta d'un ton plus ''autoritaire'' « Allez essaie de dormir!» Il sourit et sortit, sans ajouter un mot.

Danaël, une fois seul, regarda la porte et sourit faiblement. Avant de fermer les yeux pour sombrer dans le sommeil. Il était vraiment épuisé et la douleur causée par sa chute l'avait complètement sonné. Il avait vraiment agit comme un imbécile. Et maintenant il était cloué au lit pour un moment. Un bras cassé et une plaie au front, ça aurait pu être pire.
Il avait vraiment eu de la chance. Une chance insolente, et ça devait lui servir de leçon!
Monter un culbutor sauvage alors que son frère en avait un parfaitement dressé, non mais il avait quoi dans la tête? Néanmoins il se sentait tout de même mieux, un poids avait quitté son cœur. C'était la seule et unique chose positive qui ressortait de cet énorme inconscience qu'il avait commise.


Fin

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Ven 14 Mai - 16:15

Seul

La pièce était plongée dans une atmosphère de clair-obscur, pleine des tombeaux des monarques morts depuis des générations. Une petite silhouette était blottie dans un coin, prêt du plus récent des tombes, et se balançait d'avant en arrière, recroquevillé sur lui-même. Des pleurs étaient les seuls sons qu'on percevait dans cette pièce presque sacrée pour les jaguarian. C'était un jeune jaguarian de douze ans au pelage et aux longs cheveux roux qui sanglotait désespérément. C'était une plaie à vif qui continuait de saigner sans qu'aucun baume ne puisse apaiser cette souffrance, cette douleur.
[i]En effet...rien ne pouvait consoler le trop jeune roi.
Et personne ne lui avait dit, personne ne lui dirait, que pleurer ainsi n'était pas digne de quelqu'un de son rang!
Parce qu'il n'était qu'un enfant dont les parents étaient morts et dont le jumeau, la seule personne qui lui restait, avait disparu.
Personne ne se sentait l'envie ou le courage de lui faire la leçon...

Kel-Cha était tout seul avec son chagrin, sa douleur et ses larmes. Vraiment seul. Il réprima un nouveau sanglot, les épaules tremblantes sous l'effet du chagrin et des larmes qui roulaient sur ses joues. Il murmura entre ses larmes: «Imbécile.....qu'espères tu? Quand reviendra tu?» Sa voix résonnait de façon misérable dans l'immense pièce vide de toute autre vie que la sienne. C'était des questions dont il n'attendait pas de réponse, parce qu'il n'en aurait pas, la seule personne ayant pu en donner étant absente...
Effondré dans cette chambre mortuaire, où peu à peu les Jaguarians avaient cessé d'essayer de le raisonner, il pleura longtemps, son visage trempé de larmes enfouis dans ses bras croisés par dessus ses jambes ramenés contre son torse. Il n'arrivait pas à calmer sa douleur, comme une plaie qui ne voulait pas s'arrêter de saigner.
- «Père....» Chuchota-t-il ensuite en posant la main à plat contre les écritures gravées sur le tombeau. Il s'était préparé à cette perte-là, malgré toute la difficulté de l'accepter. Toute la nuit il avait tenu la main du mourant, rongé par la peur de la mort, l'angoisse liée à la disparition subite de son jumeau. Les mots de la lettre qu'il avait laissé tournoyaient dans son esprit anesthésié par la douleur.
Ca avait sans doute été la pire nuit de toute sa vie.
Il n'avait ressenti que de la peur, de la douleur, de l'inquiétude, de l'angoisse et de la souffrance....rien d'autre.
Depuis...il avait refusé d'avaler quoique ce soit.....Il avait tellement mal, comme un poignard enfoncé dans son âme, dans son cœur. La perte de sa famille le faisait tellement souffrir...

Sans compter que l'absence de son jumeau le terrifiait: jamais Anoth et lui n'avaient été séparés par une si grande distance et surtout, jamais si longtemps. Ils avaient toujours été ensemble, la simple perspectives d'une séparation les terrorisant plus qu'autre chose. Chaque fois qu'on leur avait fait ça pour les punir, Anoth avait trouvé un moyen de le rejoindre (ou inversement). Leur père avait renonçé à force de les voir au bords des larmes sous la menace, sachant qu'ils trouveraient un moyen de se retrouver s'il essayait de les séparer provisoirement en guise de punition.
Et là, son frère était parti sans lui, avait quitté la cité...depuis lui semblait-il une éternité...
Ca lui faisait tellement mal.
Et Anoth, où qu'il était, devait ressentir la même chose....non?
Alors pourquoi ne revenait-il pas?
Pourquoi?


Il tendit la main et caressa de nouveau les symboles que formaient le nom de son père sur le tombeau.....avant d'étouffer un sanglot. Il ne se sentait pas prêt à gouverner une cité.....pas tout seul, pas comme ça, usurpant un trône qui ne lui revenait pas. Il avait toujours pensé qu'il serait seulement le frère du roi, le conseiller, la personne la plus importante après son jumeau mais jamais il n'aurait imaginé être celui qui s'assiérait sur le trône, puisque c'était le rôle d'Anoth. Pas le sien, il était le cadet, le second né. Il était censé rester un prince toute sa vie, aider son frère mais pas gouverner...ça lui faisait peur et il avait l'impression, de plus, d'être un voleur.
Il ne se sentait pas capable de faire tout ça, cela ....même s'il avait toujours été plus raisonnable. Il était né le deuxième.....ce n'était pas pour lui ….il ne voulait pas prendre la place qui revenait de droit à son frère. Il s'en fichait donc de ne pas avoir l'attitude d'un roi. Il n'était pas censé l'être.....mais tous le monde pensait que c'était lui. Parce que Anoth était parti....les avait abandonné!
De nouveau les larmes envahirent ses yeux et les sanglots s'échappèrent de sa gorge.

Ko-Chonu soupira d'un air triste. Il fallait qu'il intervienne, ça ne pouvait plus durer: «Roi Kel-Cha...» Il avait tenté de donner un semblant d'autorité à sa voix mais avait conscience qu'elle avait quelque peu tremblée. Le jeune roi ne répondit pas, assis devant la tombe dans sa tenue royale, le sceptre près de lui, les yeux rougis et fixant le vide droit devant lui. Ca faisait un moment qu'il était comme ça.
Trois jours pour être précis. Et il venait juste de se relever d'un mal plus que prévisible....qui l'avait frappé trois jours après la mort de son père et la disparition d'Anoth. Ko-Chonu n'eut pas le cœur de lui dire que cette position ne sciait pas à un roi. Il ne voyait à l'instant qu'un enfant malheureux et seul, désespérément seul comme jamais il ne l'avait été. Seul. Le Jaguarian au pelage dans les tons verts n'avait pas de jumeau et ne pouvait qu'imaginer ce que son protégé pouvait ressentir. Il devait se sentir incomplet, amputé d'une partie de lui-même. Et lui seul pouvait vraiment savoir si Anoth-Cha était mort ou pas. Bien que cette perte était une certitude pour bon nombre d'habitants de la cité.
Il décida de tenter à nouveau une approche et s'arrêta juste à côté de l'ex-prince, posant la main sur son épaule: «Majesté....» Il avait cette fois réussit à donner un peu plus d'assurence à sa voix.
L'enfant ne bougeait toujours pas, cependant il renifla avant de répondre, d'une voix mal assurée: «M'appelle pas comme ça, je déteste ça!» Il ne se sentait toujours pas à l'aise dans son nouveau rôle, auquel il n'avait pas été préparé aussi bien qu'Anoth. «Je déteste...je t'interdis de me rappeler comme ça! D'accord?» Il n'eut aucune réponse mais se renfonça dans un silence quasi-boudeur, déterminé à conserver cette vision des choses.

Ko-Chonu s'accroupit à côté de lui, et le tourna vers lui, mains sur les épaules. Il détestait ce qu'il allait faire mais il n'avait pas le choix. La cité avait besoin d'un roi et l'enfant ne pouvait plus se morfondre dans cette fichue chambre mortuaire. C'était cruel de faire ça et il aurait souhaité être la dernière personne à le faire mais Kelma-Thou s'était lâchement dégonflé au dernier moment. Prenant une grande inspiration, il murmura fermement: «Il ne reviendra pas Roi Kel-Cha...votre frère Anoth-Cha ne reviendra pas.....faîtes-vous une raison. Votre jumeau est mort.» Les mots étaient durs et devaient avoir frappé le plus jeune en plein cœur.
Les larmes revinrent en effet aux yeux du petit pendant ce discours mais l'autre ne s'arrêta pas avant de l'avoir terminé. Kel-Cha ne pouvait pas le laisser fuir la réalité. En tant que roi, il ne pouvait se le permettre. Il n'en avait pas le droit, il avait un devoir à accomplir...et...même si c'était cruel et douloureux, il ne pouvait rester ici à se lamenter...
Kel-cha secoua la tête, essayant encore une fois de réfuter les mots durs: «Il est vivant Ko-Chonu, je le sens» Sanglota le gamin en posant une main sur son cœur «Je le sens....là» Mais l'autre secoua la tête, l'air triste.
Que c'était dur de faire ça, de briser ses illusions mais il y était obligé.....ou le gosse se laisserait dépérir.
- «L'espoir ….c'est une belle chose mais.....parfois il ne faut pas se bercer d'illusions. Vous avez malade pendant une semaine entière, vous souvenez vous? Le guérisseur n'a pourtant trouvé qu'une infection, aucune source à votre mal ou à votre fièvre. C'était dans votre tête, uniquement, un symptôme révélateur chez les jumeaux. Quand l'un meurt....l'autre tombe gravement malade et peut en mourir aussi.»

Les yeux du petit roux s'emplirent de larmes qu'il ne pouvait plus retenir tandis qu'il levait les mains à ses oreilles pour les boucher, voulant encore fuir la dure réalité.
Évidement à cette époque il ne pouvait pas savoir que cela avait effectivement correspondu au moment où Anoth s'était effondré dans la neige, à moitié mort mais avait été sauvé par un trafiquant.
C'était lui qui avait été gravement malade, à moitié-mort et Kel avait développé ce «mal» par empathie à travers le lien qu'il y avait entre eux comme entre tous les jumeaux. A cette époque, cela faisait plus penser au contre-coup, pour lui, de la mort de son frère. Il recula brusquement, repoussant son garde du corps: «TAIS TOI!
- Roi...Kel-Cha!» Tenta le plus vieux pour le calmer mais le trop jeune monarque le frappa de ses petits poings, les larmes roulant sur son visage.
D'une voix brisée il cria: «TAIS-TOIS! ANOTH EST VIVANT ET IL VA REVENIR!!! JE LE SAIS!! JE LE SENS!» Il s'acharnait contre l'autre jaguarian, qui ne faisait rien pour se défendre et peu à peu il se calma, l'épuisement le gagnant.
Peu à peu il se mit simplement à sangloter, appuyant sa tête contre l'épaule de Ko-Chonu, cherchant du réconfort, un appuie. Mais le plus vieuxl'entendait distinctement murmurer, entre ses incontrôlables sanglots «Anoth....Anoth...reviens.....me laisses pas s'il te plaît!!»
Peu à peu les larmes se tarirent, ses pleurs s'atténuèrent et Kel sombra dans le sommeil, épuisé par tous ces jours d'angoisse et de mal-être.
Le plus grand se releva, le gardant dans ses bras, et murmura, doucement. «Ca passera mon roi.....c'est triste à dire mais...ça finit toujours par passer.» Mais au fond de lui, le jaguarian savait que Kel-Cha n'accepterait jamais l'idée de la mort de son jumeau et qu'il resterait persuadé, au plus profond de lui, que son frère reviendrait un jour.
Et finalement.....il s'avéra qu'il avait raison mais ce fut seulement 12 années plus tard que les Jaguarians le virent lorsque leur roi et ses deux gardes du corps retrouvèrent Anoth-Cha (désormais Gryf) évanoui en dehors de la cité, en compagnie d'humains.

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Sam 15 Mai - 11:56

Journée de deux petits princes

Dans une cité protégée et invisible aux yeux des hommes, au cœur des montagnes de Lovina, dans une des plus importantes bâtisses de cette ville cachée, un jeune Jaguarian se réveilla en se frottant les yeux. A peine sortie du monde des rêves, son esprit était déjà en éveil et en mode 'espiègle'. Faisant un tour rapide d'horizon de la chambre qu'il partageait avec son jumeau, il vit que celui-ci dormait encore profondément. Kel était roulé en boule sous les couverture, serrant son oreiller de son bras gauche, le visage enfoui au creux de celui-ci, sa main droite crispée sur la couverture, réflexe inconscient pour la maintenir en place.
Anoth plissa les yeux, amusé devant cette attitude adorable mais...ce n'était pas drôle si Kel dormait, il s'ennuyait déjà, même s'il venait juste d'ouvrir les yeux. Il sortit donc de sous les couvertures, polochon à la main et se dirigea vers le lit voisin du sien. Dominant son frère jumeau de toute sa petite taille, il brandit l'arme de tissu et de plumes.
-«Niaf Niaf»
Et vlan, l'oreiller s'abattit sur la tête de l'endormi qui ouvrit les yeux sur quelques plumes voletant dans l'air, puis en recracha une ou deux par la même occasion. So esprit s'activa aussitôt, son instinct et son lien gémélique ayant perçu la ''menace'' qui allait fondre à nouveau sur lui.
Il roula rapidement et souplement sur le côté pour éviter la seconde attaque, saisissant sa propre arme moelleuse pour riposter. Le coup de polochon atteignit le visage de son jumeau qui tomba par terre sous le choc, sans se faire mal grâce au tapis soyeux qui couvrait le sol. Se remettant rapidement en position ''de combat'', recrachant par le fait quelques plumes, Anoth repartit à l'assaut immédiatement, le sourire aux lèvres, certain de sa futur victoire.
La bataille continua, chacun des deux adversaires refusant de laisser son jumeau prendre l'avantage, question de fierté et de maintenance des scores actuels. Cette petite guerre rituelle qui avait lieu presque chaque semaine (ou plusieurs fois par semaine) continua jusqu'à ce que tout les oreillers soient vidé de leurs plumes, celles-ci voletant partout dans la pièce comme une pluie neigeuse.
Alors les deux frères passèrent à duel de chatouilles jusqu'à ce qu'ils terminent effondrés sur l'un des lits, reprenant leur souffle entre deux éclats de rire. Il se redressèrent soudain en entendant la porte s'ouvrir. Garfilda entra et resta immobile, yeux écarquillés en voyant le spectacle de la pièce presque sans dessus dessous, des plumes volant partout, les lits plus que totalement défaits, bref le champs de bataille de deux terreurs. Poussant un profond soupir, elle leur signala que leur père les attendait dans dix minutes pour le petit déjeuner dans la salle à manger de la famille royale. Puis elle sortit, blasée depuis longtemps face à ces deux terreurs de sept ans.
Les jumeaux se regardèrent, puis Kel éternua brusquement quand une plume lui chatouilla le nez. Toutes les autres voltigèrent à nouveau dans tout les sens, laissant présager qu'elles allaient mettre deux fois plus de temps à retomber. Anoth éclata de rire et son frère le regarda en lui lançant entre ses dents: «Fais gaffe, tu vas avaler des plumes» La menace fit son effet et le rire se termina dans un toussotement embarrassé. Puis, après avoir échangé un nouveau regards ils bondirent simultanément au sol, faisant la course jusqu'à la salle de bain pour se rafraichir un peu et s'habiller convenablement pour le petit-déjeuner.

********

Peu après il se retrouvèrent face au roi, leur père, penchés sagement sur leur petit déjeuner. Même Anoth, fait rarissime se tenait tranquille, mangeant délicatement et doucement, tandis que Kel était comme d'habitude, doux et calme. Ils sentaient tous deux le regard perçant de l'homme-bête adulte sur eux. Garfilda avait du lui parler de la ''guerre des oreillers'' qui avait eu lieu dans leur chambre le matin même.
Wis-Kas toussota pour attirer l'attention de ses deux fils et se tourna vers le cadet des jumeaux, pour lancer d'une voix douce: «Dis-moi Kel-Cha?!
L'enfant sursauta et leva rapidement les yeux vers le roi des jaguarian «Oui père?» L'air totalement innocent qu'il affichait aurait trompé tout le monde. D'ailleurs il était sincère (comme souvent).
L'homme-bête eut un petit rire amusé et demanda: «Pourquoi as tu une plume dans les cheveux?» Il y eut un silence, et Anoth reposa ce qu'il mangeait, tendant la main pour prendre la truc blanc et duveteux qui était emmêlée dans les mèches rousses de son jumeau.
- «Hooo, mais où as tu eu ça?» demanda l'héritier en feignant la surprise face la trouvaille qu'il faisait semblant d'admirer, son jumeau plongeant aussitôt le nez sur sa tasse, refusant de répondre tandis que leur père haussait un sourcil peu convaincu. Anoth feignait très mal l'innocence....contrairement à son frère (quoique lui ne la feignait que très rarement).
Il laissa donc couler, sachant que la jeunesse devait bien se passer: «A ce que je vois, vous n'avez pas renoncé à vos batailles de polochons le matin?!» C'était plus une affirmation qu'une constatation.
Les Jumeaux royaux n'eurent d'autres choix que de hocher la tête piteusement et simultanément disant d'une seule voix un seul mot «oui», s'attirant un regard amusé de la part du roi des jaguarians. Ses fils étaient de vrais terreurs...Il espérait qu'ils allaient se calmer dans les années à venir.Pour le moment, il pouvait les laisser s'amuser....

*******

Ko-Chonu ouvrit la porte de la salle de cours, enfin de la bibliothèque royale, lieu où les jumeaux suivaient les cours avec Herba-Cha, leur précepteur. Personne. La large table était couverte de papier, de plumes et d'encriers, de livres mais de traces des deux enfants aucunes.
Kelma-Thu soupira et déclara, d'un air blasé «Ils ont filé! Ils n'ont pas fait leur devoirs comme ils auraient du et ont préféré aller jouer quelque part!»
Soupir des deux côtés: «Bon on a plus qu'à les chercher dans ce cas!
- On n'a plus qu'à..» il soupira se massant les tempes «Ils étaient où la dernière fois?!» Demanda le plus clair (question pelage) des deux.
Celui qui avait des rayures soupira et énuméra: «Hum...sur le toit! Et la fois d'avant dans une ruelle de la cité! Et la fois d'avant...quelque part dans les sous-sol.» Bref cela laissait présager de longues recherches. Les enfants n'allaient jamais deux fois de suite au même endroit.
Kelma-Thu commença à avancer vers la sortie, blasé mais amusé: «Ils me fatiguent...un peu!
- Mais c'est pour ça qu'on les aime n'est ce pas?
- Pas faux!»

*******

Pour une fois, ils n'étaient pas allé loin...
Kel riait, littéralement plié en deux sur la petite terrasse surplombant la cité de son peuple. Fallait dire que son frère faisait très bien le clown. Jamais le plus jeune n'avait autant rigoler depuis un moment. Quoique avec son jumeau, il fallait s'attendre à tout, vu l'imagination débordante qu'il possédait. Le concerné finit par se rendre compte que son frère se moquait de lui et s'avança vers lui, simulant une marche lente, lourde et faussement menaçante, faisant redoublé les gloussements de son cadet (de très peu de temps).
Faussement menaçant, il ''domina'' de toute sa taille d'enfant debout celui qui était assis par terre et susurra entre ses dents: «Qu'est qui te fais rire Kel?
-T'es vraiment marrant Anoth!» Gloussa son jumeau, entre deux éclats de rire «Tu es un peu ridicule même!» ajouta-t-il, clairement moqueur et sarcastique.
Le premier se ''hérissa'', soudain en colère: «JE NE SUIS PAS AMUSANT! ET ENCORE MOINS RIDICULE!» s'exclama-t-il en saisissant son frère par le col. Il le relâcha, le laissant tomber par terre, quelque peu lourdement, sur le ventre et reprit, l'air à peine prétentieux: «Je te montre ce qu'est être un roi, comme je serais un jour puisque c'est moi l'héritier!» Il s'était désigné du pouce, l'air fier de lui. Il reprit son explication de sa vision des choses, sûr et certain qu'il avait raison.
Son jumeau, par terre, se redressa et croisa les bras , secouant la tête, affirmant sans l'ombre d'une hésitation: «C'est n'importe quoi! C'est pas ça un roi!» Et Kel se mit à décrire sa propre vision enfantine des choses, ponctuant ses affirmations de grands gestes. L'autre fronça les sourcils devant ce désaccord.
Et puis il s'en fichait après tout. «De toute façon c'est moi l'héritier parce que c'est moi l'aîné!» fit-il fièrement en gonflant sa poitrine pour paraître plus grand par rapport à son jumeau qui se relevait, l'air un peu vexé: «Et puis toi tu seras juste là pour m'aider!»
Kel lui lança un regard noir comme la cendre et répliqua d'un air un peu boudeur, détournant le regard: « Bah ça me va, parce que si je devais devenir roi, ce serait parce que tu serais plus là! Donc je veux pas le devenir!!» Cette adorable réplique affectueuse fut quelque peu cassée par celle qui suivie «Et puis toi tu reçois du coup une éducation super stricte et moi elle est plus cool.» Il ponctua sa phrase en tirant la langue à son jumeau.
Les poils de l'héritier se hérissèrent devant la provocation et il répliqua, dents serrées, déclenchant un début de dispute: « Même pas vrai, j'fais semblant d'être sage et obéissant et pis ça passe!»
Kel eut un ricanement et répondit, moqueur: « Niaf Niaf Et pourquoi t'obéis au doigt et à l'œil à Ko-Chonu et Kelma-Thu alors? Il suffit qu'ils élèvent un peu la voix et tu deviens doux comme un chaton!» Il éclata de rire suite à sa répliquer, l'image d'un Anoth doux, sage et obéissant était hilarante à imaginer. Sincèrement il le préférait comme ça mais n'avait pas envie de l'admettre maintenant.
L'atmosphère sembla devenir beaucoup moins chaleureuse et le futur Gryf, exaspéré, répondit, montant le ton: « C'EST MEME PAS VRAI!!
-SI C'EST VRAI!» Cria à son tour Kel-Cha, aussi exaspéré que lui désormais.
- «NON ET JE T'INTERDIS DE LE DIRE ET MEME DE LE PENSER!!» Fit Anoth, pensant utiliser son droit d'aînesse pour donner des ordres à son jumeau.
-Peine perdue, celui-ci n'avait aucune envie de baisser les armes, bien décidé lui aussi à avoir le dernier mot: «TU PEUX PAS M'EMPECHER DE PENSER!!
- TU VAS VOIR»
Les deux jaguarians se battaient comme des chiffonniers, soulevant de gros nuages de poussières, s'infligeant morsures, coups de griffes et coup de poings ou de pieds. Deux autres membres de leur peuple, dont le poil était à dominance bleu-vert, avec des touches de noirs pour l'un et de blanc pour l'autre, regardèrent un court instant la scène, stupéfaits puis, blasés, s'avancèrent. L'un des deux, nommé Ko-Chonu s'exclama alors: «Prince Anoth-Cha! Arrêtez immédiatement de mordre l'appendice caudale de votre frère!»
L'ordre fut suivit aussitôt d'une protestation plaintive mêlé d'agacement de la part de l'interpellé qui trouvait apparemment injuste d'être accusé en premier: « Mais ch'est lui qui me mâchouille le poignet! Et il me fait mal» grogna Anoth, refusant de lâcher sa prise.
- «Et toi tu me tires les poils! Lâches-moi echpèce de méchant!» répliqua son jumeau, serrant le poignet de l'autre roux entre ses dents.
- «Ca suffit!! Arrêtez tout de suite de vous battre! Ou nous devrons en parler à votre père!» ordonna (et menaça) Kelma-Thu en se dressant de toute sa hauteur d'adulte. La figure d'autorité (ou l'avertissement?) fit son effet et mit fin au conflit.
Les frères se figèrent, déglutirent et Anoth fit alors, plus fièrement montrant du doigt son jumeau étalé sur ses genoux, l'empêchant de quitter sa position assise: « Che le lâche mais il doit rentrer les griffes! Et lâcher mon poignet en premier!
- Ok mais tu triches pas hein?» S'assura celui qui ne devait pas hériter, hésitant. Il obtempéra une fois la promesse de son frère faite.
Ils se relevèrent et simultanément se dirigèrent vers la bibliothèque pour terminer leurs devoirs sous l'injonction des deux gardes du corps. Visiblement la dispute était terminée, au grand soulagement des deux gardes du corps royal qui leurs avaient emboités le pas.

*******

- «Prince Anoth-Cha! Arrêtez votre cinéma et mangez! C'est plein de vitamines et vous en avez besoin pour grandir!»
L'enfant leva un regard boudeur vers le serviteur et secoua la tête, obstiné: «Nan!» Il se laissa aller sur sa chaise, croisant les bras d'un air boudeur. Il refusait des céder, lançant des regard mauvais à l'aliment toujours présent dans son assiette, l'aliment qu'il détestait le plus.
Kel-cha releva la tête de son assiette, la fourchette dans la main. Il pencha la tête de côté devant l'obstination de son frère à refuser de finir son plat: «Pourquoi tu n'en manges pas? C'est bon pourtant!» S'étonna-t-il attrapant son verre d'au pour le vider presque d'un trait.
Haussement de sourcil de la part de l'autre. «Moi je comprend même pas pourquoi tu arrives à manger! C'est même pas bon, ça a aucun goût et c'est immangeable!!» Fit ensuite Anoth, repoussant son assiette d'un air dégoûté.
Kel eut un petit rire:«Ca c'est ton avis...» puis il reprit une nouvelle bouchée, sous le regard presque effaré de son frère. «Moi j'aime bien!
- Mais...j'aime pas moi!» Râla Anoth comme si cette différence entre eux le surprenait vraiment. Cette scène se répétait bizarrement chaque fois que cet aliment était servi d'ailleurs.
Le serviteur perdit patience: «Prince Anoth-Cha, mangez! Vous devez finir votre assiette! On ne gaspilles pas!
- Non! Je refuses d'avaler ce truc immonde!
- Je reviens dans dix minutes, vous avez intérêt à avoir terminé ou vous n'aurez pas de dessert!
- Quoi? Mais aujourd'hui c'est mon préféré justement!
- Oui..justement!»
Anoth resta la bouche grande ouverte jusqu'à ce que la porte se referme puis des petites larmes de rage montrèrent à ses yeux «J'le déteste!» Ce n'était pas juste quoi, il avait mangé tout le reste alors pourquoi il était ''puni'' maintenant?! Dire que le cuisiner avait fait son gâteau favori aujourd'hui.
Kel soupira et tendit son assiette «Allez, files les moi! Je vais les manger en moins de deux moi!»
L'autre roux eut alors un air plein de gratitude: «Merci mon jumeau adoré que j'aime plus que tout au monde!» Il serra ensuite son ''sauveur'' dans ses bras.
- «Oui bon! N'en fais pas trop non plus frérot!» réplique Kel dans un sourire moqueur.

*******

Pour la énième fois, il soupira, s'ennuyant vraiment. Dire qu'ils auraient pu jouer dehors à ce moment précis: «Pffff
- Anoth, travailles!
- Mais j'ai fini!
- Tu as bâclés, nuance!
- Mais heu...et toi tu as bientôt fini?!
- J 'en suis à la moitié!» signala Kel-Cha, espérant que l'autre soit plus patient en sachant ça, même si il y avait peu d'espoir.
- «Mais va plus vite qu'on puisse aller jouer..» gémit le plus vieux de quelques minutes, qui en avait marre d'être assis sagement depuis plus de deux heures.
Kel soupira, il s'ennuyait lui aussi mais il voulait finir son travail et le faire le plus soigneusement possible: «Je m'appliques Anoth! ET ARRÊTES DE FAIRE DES PLIAGES AVEC LES PARCHEMINS!» Des trucs pliés de toutes sortes, ratés ou non, s'amoncelaient sur la table et la pile de papiers de rechanges vierges diminuait de plus en plus.
- «T'as vu j'ai fait un chapeau?!» Kel lui jeta un coup d'œil, se figea et éclata finalement de rire sous le regard plus que ravi de son jumeau.

*******

La nuit commençait à tomber et beaucoup de jaguarians, sauf les gardes, étaient rentrés chez eux. La ville était calme et silencieuse. Deux petites ombres se profilèrent près de la grande tour. Tout deux avaient des poils et cheveux châtain/roux. Habillé exactement pareils, les deux jumeaux venaient de commencer à gravir l'escalier en spirale qui menait en haut du plus grand bâtiment de la cité. La lumière verte devenait de plus en plus forte au fil des marches, tandis qu'ils approchaient du sommet. Ils venaient juste voir...rien de plus.
-«Attends Moi Anoth!» lança le cadet de quelques minutes à son jumeau, s'arrêtant pour reprendre son souffle, fatigué de monter, en courant, presque en rond. Sa tête lui tournait un peu en plus. Le plus espiègle des deux s'arrêta alors, reprenant lui aussi son souffle, et se laissant tomber sur une marche, assis. «T'es sûr que c'est une bonne idée?» s'enquit l'épuisé, passant une main que son front, jetant un regard anxieux derrière lui, comme s'il avait peur qu'on les aient suivi. Ce qui fut suivit d'une protestation de son frère.
-«On fais rien de mal non? On va juste la voir! La regarder, rien de plus, où est le mal?
Père a dit qu'il fallait pas approcher la corne!» répliqua Kel en croisant les bras, une petite moue adorablement sérieuse sur le visage. «Si on nous attrapes, on va être puni!»
Anoth gloussa, la main posée sur la bouche pour ne pas être éventuellement entendu par les gardes de la cité. «On va pas l'approcher, on va la regarder! Nuance!» contredit l'aîné, se redressant, près à repartit, en pleine forme.
Kel hésita, regardant derrière lui et s'élança, rattrapant son frère. « Arrêtes Anoth, Père nous a dit qu'on avait pas le droit...» Reprit il d'une voix effrayé, saisissant le bras de son double physique. Anoth tourna la tête vers lui, un sourire 'plein de crocs' sur lèvres. «Roohhh Fais pas ta chochotte!!» se moqua t'il en sautant deux marches d'un coup.
-«J'ai pas peur, c'est juste que c'est interdit!!» Protesta son jumeau en le rattrapant en deux bonds successif. Ils échangèrent un regard plein de défi. «Sois raisonnable, il faut obéir à ce qu'à dit père tu sais? Et là c'est vraiment important! C'est la corne quoi!
-Ha ouais? Ben moi je suis ton grand frère et je te dis qu'on y va!» décréta le futur Gryf en saisissant le bras de l'autre rouquin pour le tirer sur les derniers mètres.
-«T'es pas mon grand frère! On est jumeaux!» fit d'un ton outré le jeune Kel, n'osant pas se dégager de peur de tomber en arrière dans les escaliers.
-«J'suis quand même le plus vieux!» se moqua Anoth en lui tirant la langue, amusé par ce qui était, pour tout le autres, une disputes répétitive mais qui était un jeu pour eux.
- «De quelques minutes d'abord!!» marmonna l'autre, rougissant sous son pelage. Il était un peu vexé, mais pas assez pour se mettre à bouder et ne plus adresser la parole à son jumeau.
-«Quand même! Quelques minutes, c'est quelques minutes!» Ricana le premier, s'arrêtant finalement en haut et lâchant son frère qui reprenait aussi son souffle. Ils étaient arrivés au sommet de la tour. Émerveillés les deux enfants fixèrent devant eux la corne de sygma, la corne à vœux, qui illuminait les alentours d'une bienveillante aura verte et chaleureuse.
Kel-cha déglutit, soudain vraiment mal à l'aise et chuchota: «Anoth faut pas être ici...papa a...
-...dit qu'on ne devait pas.....on ne devrait pas être ici!! Ouiii je sais tu me l'a dit 1000000 fois depuis qu'on a commencé à grimper la tour!» Chantonna son jumeau «Je saiisss, j'suis pas sourd!» mais il continua à s'approcher de la corne.
-«Frangin c'est bon là tu l'a assez vu non?! On rentres?
- Attends...je veux la toucher....»
Kel se demanda pourquoi lui aussi avançait, surement pour ne pas laisser son jumeau faire la bêtise seul. «Anoth !! Si quelqu'un nous voit on va avoir des ennuis !!» gémit-il à nouveau au bout de quelques instants, alors qu'ils n'étaient à cinq mètres de la corne. «S'il te plaît! On Rentres? On l'a assez regardé là non?
- Relax frangin !! Il n'y a personne ici !!» Répliqua son jumeau d'un ton rassurant, sentant, par le lien unissant tous les jumeau, que Kel était effrayé et voulant instinctivement le rassurer.
-«Oui mais Kelma-Thu et Kocho-nu doivent nous chercher, il est tard ..on va arriver en retard au dîner avec papa! » répondit d'une petite voix le cadet, jetant avec angoisse un regard en arrière, comme s'il craignait d'être pris sur le fait par les deux évoqués.
Anoth eut un nouveau petit rire! «Niaf Niaf! Ils attendront ... c'est bon Kel !! Je gère !
- Tu gères... Tu gères ...Grouilles alors!» siffla son frère, les limites de sa patience largement atteinte et même dépassées. Il n'avait envie que d'une chose: rentrer et passer une soirée normale comme toutes les autres. La situation ne lui plaisait pas du tout.
Ils étaient tout près maintenant .. Anoth tendit, la main et, retenant son souffle, toucha la corne. A son contact, celle ci se mis à briller encore plus fort, et les deux jumeaux prirent peur. Ils détalèrent, remarquant à peine que l'éclat redevenait normal. Ils revinrent, sans être vu dans leurs chambres et n'en sortirent plus jusqu'au diner. L'impression qu'ils auraient pu faire une grosse bêtise ne les quitta pas pendant plusieurs heures.

*******

- «NON JE NE VEUX PAS!»
Kel-cha suivait tout cela d'un regard blasé, s'amusant avec la mousse qui flottait à la surface de l'eau, tandis que Garfilda tentait d'attraper le prince fuyard.
- PRINCE ANOTH-CHA, REVENEZ ICI
- JE VEUX PAS ME LAVER!»
Kel attendit que son frère passe à portée pour lui envoyer une giclée d'eau à la figure. Son jumeau pila net sur place, se retourna et sauta à l'eau pour lui rendre la monnaie de sa pièce, sans se rendre compte qu'il s'était fait avoir. Les deux enfants royaux se mirent donc à....inonder la salle de bain dans la joie et la bonne humeur.
Rester voir si on arriverait à convaincre le jeune prince héritier de se laver les cheveux..
...Quoiqu'on pouvait alors faire confiance à Kel, lui il arrivait à le convaincre!
Avec un peu de chance!


*******

Anoth rentrouvrit un œil, à moitié réveillé d'un beau rêve. Il baissa les yeux sur son celui qui venait de squatter son lit sans le moindre scrupule. «Kel? Hého c'est mon lit ça!» Seule une respiration calme et paisible lui répondit, son frère ne s'était sans doute même pas rendu compte de son changement de place. Anoth installa mieux les draps, haussant ensuite les épaules «Il a du faire un cauchemar! Ou alors il est somnambule!» Baillant il sombra dans le sommeil... sans se préoccuper plus que ça du fait que son jumeau le prenait pour un doudou géant, parce que pour lui c'était normal, et la situation pouvait s'inversait souvent.
Pour le moment, il fallait dormir... Histoire d'être en forme pour le lendemain.

Fin


Dernière édition par Dragonna le Lun 31 Mai - 23:36, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Dim 16 Mai - 12:19

Cet OS spoile un peu certains points de la fin d'After Year, mais pas toute la fin, ne vous en faites pas Wink
On apprends juste ce que deviennent les "combattants" qui étaient au château avec "Abel" et Lenwël (et encore pas tous).

Rage, Bonheur, Complots (présence de la Next-Génération + Personnages d'After Year)

- «Alors?» fit doucement Emeralda en reposant la brosse à cheveux sur le bureau de sa chambre, rejetant de son autre main ses longues mèches dorées qui tombaient en ondulant dans son dos. Elle était vêtue d'une longue robe blanche et verte, avec quelques motifs noirs, qui faisait ressortir la couleur de ses yeux. «Comment tu me trouves?» Elle s'adressait à sa cousine de tout juste 13 ans qui était assise sur le lit, la regardant avec amusement.
Alienor sauta à terre et sautilla presque d'impatience «T'es la plus belle cousine! Aaron ne va pas pouvoir aligner trois mots lorsqu'il va te voir!
- N'exagères pas non plus...» Elle se tût quelque instants et ébouriffa les cheveux noirs de la petite sœur d'Aniel qui gloussa en tentant de se dégager: «Et au fait...ne dis pas à Erwaël que je passe l'après-midi avec Aaron d'accord?» Ordonna-t-elle en tapotant le front de la petite de son index.
Alienor mina une bouche fermée et s'exclama «T'as raison, vaut mieux rien lui dire! C'est qu'un grand jaloux! Et il agit bêtement dans ce cas là tu trouves pas?»
Emeralda se permit un petit rire et répondit: «Je suppose que tout les frères sont comme ça, Aniel passera surement en mode sur-protecteur quand tu rencontrera un garçon qui te plaît!» La petite, encore peu intéressé pour le moment, haussa simplement les épaules avec indifférence.
Soudain la porte s'ouvrit et une tornade rousse fit irruption dans la pièce. La blonde soupira et lança «Lenwël, tu pourrais frapper avant d'entrer non?
- Mais t'es ma sœur! C'est pas grave!» L'enfant de 10 ans eut un sourire angélique avant de dire ce pourquoi il était venu. Il pilla net, regarda la blonde et s'exclama «Wouha! T'es super jolie!» Et, tandis que la plus vieille lui ébouriffait gentiment les cheveux pour le remercier, il ajouta, plein de malice: «Aaron va pas en revenir!»
Emeralda leva alors les yeux au ciel en se demandant ce que les petits avaient à dire de pareils choses tout d'un coup, ils voulaient l'embêter ou quoi? «Tu viens pour m'ennuyer ou pour quelque chose de précis?
- Aaron m'a dit de te dire qu'il t'attend à la fontaine, comme convenu!» informa le petit garçon à la peau mate et aux cheveux rouges.
- «D'accord! Merci p'tit frère! Toi au moins tu ne piques pas de crise! Mes oreilles seront à demi épargnées aujourd'hui!» Rit la plus âgée en tapotant la tête du gamin qui sourit timidement sous le remerciement.
- «Aniel a emmené grand frère à la caserne pour un duel d'entrainement, il te verra donc pas partir!» continua de signaler le petit roux en croisant les bras derrière sa tête.
- «Parfait, merci aussi à mon cousin raisonnable, même s'il ne l'a pas fait exprès puisqu'il n'était pas au courant! Il n'y aura pas de crise de nerfs avant mon départ grâce à lui! Je serais donc à l'heure!» Heureusement qu'Erwaël ne la voyait pas partir, il aurait effectivement été capable de piquer une crise. La brune et le roux éclatèrent de rire en imaginant la scène que ça aurait pu donner. «Bon les petits, j'y vais! Soyez sages hein!
- J'suis plus une gamine hein!» répliqua Alienor en gonflant ses joues, mimant une fausse colère, pas du tout convaincante d'ailleurs. «Et j'suis pas petite d'abord!
- Je parlais surtout à Lenwël!
- Hé! Arrêtes ou je vais tout dire à Grand Frère!»
Sans écouter les protestations de son petit frère, elle sortit de sa chambre et descendit les escaliers d'un pas léger, d'excellente humeur. Au passage, elle croisa un petit garçon aux boucles bleus argent qui la fixait de ses grands yeux dorés qui pétillaient véritablement de joie. Vraiment trop craquant pour un gamin de 5 ans, ça ne devrait pas être permis d'être si adorable. Ca devrait même être interdit! «Whoua! Grande sœur! Tu est belle! On dirait une princesse!!
Je suis une princesse Myrrha mais merci du compliment!» Elle souleva l'enfant et s'amusa à faire un ou deux tour avant de le reposer par terre, s'amusant de le voir, les joues rouges, et tout ébouriffé, rire comme l'enfant qu'il était vraiment. Même s'il n'avait aucun lien de sang avec elle, elle l'aimait autant qu'Erwaël, Aniel et Lenwël, autant que Circé et Alienor. «Bon je te laisse, Aaron m'attends! A ce soir!
Le petit la regarda partir puis se tourna vers Lenwël qui venait de le rejoindre «Hé! Grand frère, c'est qui Aaron?» S'enquit-il, se demandant à quoi ressemblait cette personne que sa 'sœur' semblait si impatiente de voir.
- «Un prince! Tu sais, celui aux yeux violet et aux cheveux argenté!
Les yeux du plus jeune s'illuminèrent d'une étincelle de reconnaissance: «Donc c'est vraiment comme dans les histoires que me raconte tante Lénéya le soir alors? Un prince et une princesse!
- Heu...oui mais ne prends pas ça comme une référence non plus!» rit le roux en lui ébouriffant ses boucles claires, faisant rire le petit garçon.
Au même moment, Emeralda passait devant sa tante Lénéya qui lui souhaita une bonne après-midi et lui rappela de ne pas rentrer trop tard.

******

- «J'abandonne Any, t'es le plus fort!
- Arrêtes avec ce diminutif..» Le roux rengaina et tendit la main à son cousin pour l'aider à se relever, ce que le blond accepta d'un sourire amusé. «Toi aussi tu as bien progressé, si père était là, il te dirait qu'il est fier de toi et que tu as bien suivi ses conseils!» Il agrémenta sa tirade encourageante d'un doux sourire de même nature.
En parlant de son oncle, Erwaël se posait des questions depuis quelques jours: «D'ailleurs où est-il? Ca fait un moment qu'il fabrique on-ne-sait quoi et qu'il va souvent au palais! Je ne sais pas ce qu'il veut faire...et toi?» Il époussetait ses vêtements avec un air blasé devant sa huitième défaite de la journée. Il avait l'habitude à la longue!
Le plus âgé haussa les épaules: «Je ne sais pas trop...il ne m'a..hum...rien dit!» Étrangement, il avait le regard fuyant et l'air un peu gêné.
Erwaël plissa les yeux d'un air suspicieux: «Aniel...
- Oui?
- Redis-ça en me regardant droit dans les yeux!»
Son cousin se crispa et refusa alors de croiser son regard, l'air terriblement mal à l'aise, sans doute parce qu'il mentait à son presque-frère : «..Non!
Erwaël soupira et conclut, blasé: «Donc on me gâches bien quelque chose!
- Ordre de mon père!» En effet, cela suffisait comme justification. Il se sentait mal à l'aise à l'idée de subir un interrogatoire en règle, il aurait fallut quelque chose pour détourner l'attention du blond. Quand il reposa finalement le regard sur lui, il vit que le premier fils de Danaël avait les yeux écarquillés. «Heu...qu'est-ce qu'il y a?
- Qu'est-ce que ma sœur fiche en ville, seule en début d'après-midi, dans sa plus belle robe, avec un telle sourire aux lèvres?» S'indigna le jeune chevalier d'un air (presque) scandalisé.
- «Je dirais...qu'elle a un rendez-vous...et si on passe en revue les garçons qu'elle connait, ça ne peut être qu'Aaron, vu qu'il est en ville et que ce rendez-vous était prévu depuis un moment de toute...heu..façon?!» Analysa tranquillement Aniel, se figeant ensuite, et finissant avec difficulté sa phrase, en voyant son cousin pâlir, ouvrir la bouche en étouffant heureusement son indignation.
Sauf que la crise de nerf suivit instantanément «QUOI? Comment Aaron ose-t-il inviter MA sœur jumelle à passer l'après-midi avec lui?
- Et si c'était elle qui l'avait invité?» Fit innocemment le roux, s'attirant un regard noir. Il préféra alors ne plus suggérer une telle chose.
Erwaël siffla en effet avec agacement: «Ne prends pas la défense de ce foutu prince!
- D'accord! D'accord!» murmura Aniel d'un ton apaisant, levant les mains pour calmer la tension qui commençait à se faire sentir. Il ouvrit de grands yeux en voyant le blond partir en courant à la suite de sa sœur. «Hé! Où vas-tu?
- La suivre! Pas question que je les laisse seuls» Répliqua le blond, jetant un coup d'œil par dessus son épaule. Il saisit la poignet de son cousin et l'entraina à sa suite.
Étrangement Aniel se sentit obligé de se laisser faire, préférant ne pas contrarier Erwaël plus que nécessaire: «La confiance règne, c'est dingue!» Il tenta alors autre chose, espérant sans doute calmer le plus impulsif «Tu sais que si elle se rend compte que tu la suis et que tu l'espionnes, elle va être furieuse?» Sous le regard noir qu'il se prit comme réponse, il préféra vraiment se taire «D'accord, je n'ai rien dit!» Et si Erwaël se prenait une baffe, il pourrait lui dire qu'il l'avait prévenu.

******

- «Aaron!»
Le jeune homme, vêtu d'une tenue traditionnelle de son pays, dans les tons bleus et blanc, se retourna en entendant la voix de celle qu'il aimait. Son sourire se figea soudain tandis que ses joues devenaient soudain beaucoup plus rouges. «E...E...» Sa voix s'étrangla au fond de sa gorge tandis que la totalité de son visage virait à l'écarlate.
- «Et bien quoi tu ne dis rien?» S'amusa la jeune fille en le voyant bafouiller. L'argenté semblait incapable d'aligner trois mots, ses cousins avaient donc eu raison. Quelle ironie!
Aaron sembla enfin se reprendre et lança d'un ton quasi-émerveillé: «Tu es...encore plus belle que d'habitude!» Il avait failli dire quelque chose comme ''qu'est-ce que tu es belle'' mais ce genre de remarque appelait souvent la réponse un peu vexée: ''Quoi?! Je ne le suis pas d'habitude?'' qui, généralement, coinçait totalement toutes les possibilités de répliques de la part du premier à avoir parler. Le jeune prince avait donc choisie une formule flatteuse et sans risques pour lui.
Emeralda lui flanqua une pichenette sur le front et lança: «Vil flatteur» en riant légèrement. Ca l'amusait de le voir rougir et bafouiller, lui qui était toujours si sûr de lui.
Il eut un sourire empli d'innocence et dit «Ouais je sais, c'est vraiment bateau comme compliment!» Il se frotta la nuque et demanda, hésitant «Où est-ce qu'on va?» Puis, une fois la destination décidée, il lui offrit son bras, en jeune homme bien élevé qu'il était. Sur la route ils parlèrent de tout et de rien, échangeant des nouvelles car cela faisait bien 4 mois qu'ils ne s'étaient pas vus, Aaron ayant du retourner à Sabledoray à la demande de son père, le roi Halan.

******

Erwaël, planqué derrière un buisson ruminait de sombres pensées. «Regardes-moi cette robe? Qu'est qui lui a pris de mettre une robe pareille?!»
Aniel regarda à son tour la robe longue aux manches s'arrêtant aux poignets, au col commençant à la base de la gorge. Il ne voyait pas ce qu'il y a avait de mal avec ce vêtement. «Elle est très bien cette robe! Et si ma mère l'a laissé partir ainsi habillée c'est que ca allait de toute façon!» riposta-t-il donc en haussant les épaules, songeant que son cousin exagérait.
Celui-ci commençait d'ailleurs à vraiment voir le mal partout: «Qui te dit qu'Emeralda n'est pas parti discrètement!?
Ma sœur m'en a parlé toute la soirée d'hier! Emeralda a demandé aussi des conseils à ma mère!
QUOI?» S'étrangla le blond en lançant un regard assassin à meilleur ami/cousin/presque frère, ayant l'impression qu'on lui avait tendu un piège depuis le début de la matinée. «Je n'ai rien entendu de tel moi et pourtant Alienor ne m'a jamais rien caché!»
Le roux eut un sourire amusé, songeant pour lui-même: «Sans doute parce que, sachant que tu réagirais sans doute comme ça, ma sœur a voulu couvrir la tienne. Et puis elle a du penser aussi que tu étais au courant vu qu'Emeralda et toi ne vous cachez jamais rien!». Néanmoins il préféra donner une explication au garçon bouillonnant de rage contenue (envers le prince de Sabledoray) «Ha oui tu t'occupais des petits, c'est pour ça que tu n'as pas entendu!» Signala-t-il, se demandant de quelle façon il pouvait s'enfuir sans qu'Erwaël ne le remarques. Ca le gênait d'espionner ainsi sa cousine.
- «Merci de m'avoir prévenu au fait! Et d'ailleurs tu t'es bien arrangé pour m'éloigner aussi!» On sentait clairement une accusation et un reproche, même si le blond ne lâchait pas des yeux sa sœur et l'autre idiot (selon lui).
- «Je pensais que tu étais au courant moi!» Cette fois Aniel ne mentait pas et avait réellement l'air sincère, aussi son cousin se calma, se renfermant cependant dans un silence boudeur, se promettant d'avoir une petite conversation avec sa jumelle d'ici ce soir, s'il ne cassait pas la figure de ce foutu prince gâté et arrogant avant.
- «Emeralda...pourquoi tu me caches des trucs comme ça, aussi importants en plus?!» gémit-il comme si c'était la fin du monde.
Aniel leva les yeux au ciel: «Parce qu'elle savait que tu réagirais comme ça tiens!» Mais ça il n'aurait jamais osé le dire à voix haute, l'énervement du blond étant plus que visible. «C'est ça, tu lui parlera ce soir, on y va?
- NON! Je veux surveiller Aaron, j'ai aucune confiance en lui!
- Pourtant il t'a déjà sauvé la vie l'année dernière non?» Marmonna Aniel entre ses dents, une main plaqué sur le visage, l'air un peu amusé et désespéré à la fois.
Il y eu un sursaut du blond qui se tourna vers lui, surpris: «Quoi? Tu as dis quelque chose?» Il ne semblait pas avoir entendu la dernière phrase de son cousin qui avait parlé tout bas pour être entendu de toute façon.
- «Rien..» Inutile d'en rajouter si en plus il n'étais pas au courant ou ne s'en souvenait pas. «C'est vrai qu'il était à moitié évanoui quand le prince l'avait sauvé en plus!»songea le jeune fils du commandant dans un sourire un peu blasé. Dans un soupir il se prépara à un après-midi de filature.
Merveilleuse perspective tiens...
De quoi il avait l'air?


******

- «Qu'est que tu fais Grand Frère?»
Erwaël manqua de sursauter et se retourna vers Lenwël qui le fixait de ses grands yeux bleuté, l'air surpris de le voir là. Il se reprit néanmoins et, toujours un peu nerveux parce que sa sœur roucoulait avec un Don Juan de pacotilles à quelques mètres, il siffla: «Et toi, qu'est-ce que tu fiches ici?
- Je te cherchais! Tu veux bien m'aider à finir mes exercices s'il te plaît?
- Ouais ben...tout à l'heure hein? Ils sont pour demain n'est-ce-pas? Je t'aiderais à les faire avant le dîner! Va jouer maintenant!» D'un geste de la main, il lui fit signe de partir.
- «Pfff! T'es bizarre aujourd'hui!» L'enfant cligna des yeux et demanda soudain «Hé! Pourquoi t'espionnes...» Erwaël lui plaqua la main contre la bouche pour le faire taire.
Il crut cependant bon de se justifier: «Je n'espionne pas Emeralda! Je surveilles Aaron!» Suite aux mots presque convaincants d'Erwaël, Aniel leva les yeux au ciel et Lenwël cligna des siens, visiblement surpris. «Alors maintenant, va jouer avec Alienor ou Orion, Raven et Cassiopée et je t'aiderais à faire tes exercices tout à l'heure d'accord?» Il lâcha son petit frère qui grogna quelque chose d'inintelligible et s'éloigna, frappant une petite pierre du pied, l'air vexé d'être ainsi envoyé sur les roses.
- «Erwaël, ce n'était pas gentil de le faire partir comme ça!
- Pour une fois, il ne va pas en faire une maladie! Je m'occupe de lui tout les jours d'habitude!
- Non je veux dire, tu aurais du le faire partir plus gentiment!
- Ha! Ils partent! Viens Aniel!
- Mais dans quoi j'ai été forcé de m'embraquer moi!»

******

- «Mais regardes! C'est Wild et Circé! Ca fait un temps fou que je ne les ai pas vu!
- Ha! Ils ont eu la même idée que nous! Appelons-les, ils seront ravis de te revoir! CIRCE! WILDKAT!!» Cria Emeralda sous le regard indulgent de l'argenté qui était aussi ravi de revoir ses amis. Ceux-ci, en les voyant, accoururent vers eux, s'arrêtant sans avoir même l'air essoufflé.
- «Aaron! Ca fait combien de temps qu'on ne s'est pas vu?» S'exclama le jaguarian au pelage bleu et blanc, l'air réjoui de ces retrouvailles.
- «Presque cinq mois!» Répondit le jeune prince en se frottant la nuque, l'air gêné de voir qu'on était si ravis de le retrouver. Il ne pensait pas être autant apprécié par le petit groupe des nouveaux Légendaires. Ca faisait chaud au cœur quelque part?
- «Presque une demie-année!» Souligna, presque en même temps Circé en souriant. «Tes blagues nulles me manquaient presque!» Ils éclatèrent tout les quatre de rire. L'argenté n'avait pas l'air vexé pour le moins du monde. Venant de la brune, une telle remarque était plus une marque d'affection qu'autre chose.
Le prince demanda ensuite «Alors vous devenez quoi?
- Mon père passe 6 mois ici à Oroban avec quelques passages au pays elfique et 6 mois à Jaguarys. T'as de la chance d'être tombé sur le moment où je suis ici d'ailleurs!» Signala le combattant félin en s'étirant, appréciant vraiment la chaleur de la journée. «Ma mère...pfff...pas envie d'en parler! Elle ressemble vraiment trop à grand-mère tiens!
- Et avec le petit que ta famille a ''adopté''?
- Orion? Il est adorable! En ce moment il traine avec Cassiopée sans doute! Ils adorent s'amuser ensemble ces deux-là! S'ils n'avaient pas 13 ans, je commencerais à me demander s'il n'y a pas de l'amour dans l'air.» Il avait un sourire moqueur en disant ces mots, se disant que le futur serait très prévisible concernant ces deux-là.
Aaron se permit un petit rire et répondit: «Ha oui! C'est...Razzia et Ténébris qui l'ont recueilli elle non? Avec Raven aussi!
- Au début, ils étaient tellement sages que ça en était effrayant! Ils devaient vraiment avoir été maltraité de différentes façon par ce dingue!» Soupira Circé, se souvenant de la crainte de prendre des coups et même de cette manie, au début, de se tendre quand on voulait les rassurer. La confiance avait été très longue et très dure à obtenir.
- «Quand on voit ce qu'il avait fait à mon père...il n'y a rien d'étonnant à ce sujet!
- Certes...»
Voulant changer de sujet, Wildkat eut un sourire sadique digne de celui de sa mère et murmura, taquin «Sinon je vois que vous avez eu la même idée que nous? Quelques heures en amoureux?»
Les deux concerné rougirent simultanément sans même tenter de nier (parce que c'était inutile) la chose. Finalement Circé brisa l'atmosphère de gêne en disant «Erwaël est au courant?!
- Tu veux rire? Il m'aurait fait une scène!»
Ils éclatèrent tout les quatre de rire à cette simple phrase et aux pensées qui s'en suivirent.

******

- «C'est la journée des amoureux dirait-on!» Remarqua Erwaël, l'air plus indulgent en voyant sa cousine et le fils de Gryf qui discutaient avec sa sœur et l'imbécile de service (selon lui). Eux ils allaient bien ensemble, pas comme sa jumelle et ce foutue prince!
Aniel se frottait le menton, pensif: «…
-«Quoi?
- Je viens juste de le remarquer mais...» Le roux se demanda s'il serait sage (et gentil?) de dire à son cousin ce dont il venait de se rendre compte. Quoique ça le calmerait peut-être un peu, qui sait? Ou alors ca le mettrait en rage et il ferait tout pour séparer le couple. Il réfléchit quelques instants sur la conduite à tenir.
- «Oui?»
Aniel hésita un très court instant puis demanda, l'air de rien: «Tu as conscience d'être le seul des nouveaux Légendaires à ne PAS avoir quelqu'un dans ta vie?» Ce n'était pas méchant, ni moqueur, c'était une simple constatation. «Je veux dire...même moi j'ai quelqu'un!» Avec un peu de chance, se rendre compte de ça calmerait le blond.
Erwaël s'étrangla à ces mots et vira du pâle au cramoisie avant de s'écrouler par terre, soudain un peu déprimé. «Me le rappelle pas! Et puis ça n'a pas d'importance! Mon père a rencontré ma mère a 20 ans et le tien à rencontré tante Lénéya encore plus tard!
- Oui bon...c'est pas faux!»

******

- «Vas-y Lenwÿ!» Chuchota Alienor en poussant gentiment son jeune cousin adoré (après Erwaël) en avant. Il tituba en se retourna vers elle, mal à l'aise. Il n'était pas sûr de ce qu'il convenait de faire, il n'avait jamais fait un truc comme ça! Pourquoi ne pouvait-il pas aller jouer avec ses amis hein? Il ne voulait pas risquer d'embêter sa sœur adorée ou de gâcher son rendez-vous avec Aaron.
Il avança cependant un peu, se mordilla la lèvre, hésitant et demanda une fois de plus la question qu'il avait répété un nombre incalculable de fois: «T'es vraiment sûre et certaine que ça va marcher? Pas de risques que ça fasse l'effet inverse?
- Mais ouiiii»
Poussé par sa cousine, Lenwël s'agenouilla derrière un coin de mur, serrant son fardeau contre lui avec un rien d'hésitation. Elle était marrante Alienor, comment s'approcher dans ce cas? Il réfléchit un court instant puis un gigantesque sourire se dessina sur ses lèvres.
Trouvé! Il allait faire ça! Et tout irait bien!
Il partit en courant sous le regard étonné de la brune qui lui emboita le pas, étonnée. Qu'est-ce que Lenwÿ trafiquait encore?! Perplexe, elle décida de lui faire confiance, il semblait savoir ce qu'il faisait.

******

- «Attend...il fait quoi là?» s'indigna le blond en se redressant d'un coup.
Aniel, flegme depuis une heure, répondit, d'un ton blasé mais un peu amusé tout de même! «Je crois qu'il lui offre un pendentif Erwaël! Très joli le médaillon soit-dit en passant!
- RAHHHH Aaron! Arrêtes tout de suite de tripoter les cheveux de ma sœur!
- Mais quoi? Il lui met juste pendentif non? Ca n'a rien de..
- Je vais le tuer...»
Aniel soupira devant cette menace en l'air, la dixième depuis le début de la filature. Et se dit que ça passerait une fois que son cousin aurait digéré la situation.
C'est toujours comme ça que ça se passait non?

******

Emeralda vit soudain son petit frère aux mèches rouges comme celle de son cousin, de son oncle et de sa grand-mère, qui arrivait en courant, un bouquet de fleurs blanches entre les mains. «Lenwÿ? Qu'est-ce que fais avec ça? Tu as cueilli des fleurs pour tante Lénéya ou pour moi?»
L'enfant secoua la tête et répondit, sincèrement «Non! C'est Aaron qui m'a demandé de les garder parce qu'il voulait te les offrir mais au début de votre rendez-vous ça n'aurait pas été pratique parce que tu aurais du les porter tout le temps et que ça aurait pu te gêner et lui même ne povuait pas les garder sur lui sans te les offrir! Alors il m'a demandé de les prendre et de te les lui passer quand vous reviendrez!» Prenant ensuite une mine tristounette et coupable, il se tourna vers le prince (un peu surpris) pour lui dire «J'ai pas réussi à te les donner discrètement! Pardon Aaron!» Emeralda se retourna vers son ''ami'' d'un air étonnée, amusée par cette surprise bien montée. Aaron eut confirmation qu'il avait l'aide du petit frère en voyant ce dernier lui faire un clin d'œil dans le dos de la jeune fille. Il les lui aurait vraiment passé discrètement s'il avait pu. Autant jouer le jeu ans ce cas!
Il eut alors un petit sourire l'air fier de lui: «Héhé! Oui je voulais te faire croire que ''pouf'' j'avais sortis un bouquet de tes fleurs préférées de nulle part!
- Aaron! Tu es vraiment incorrigible!» Elle ne savait pas si c'était une combine entre son frère et le prince comme cela était affirmé ou si Lenwël avait pris fait et cause pour l'argenté mais aorès tout ça n'avait pas vraiment d'importance.

******

- « C'est le bouquet!! Il ose se servir de mon petit frère dans ses combines en plus! Lenwÿ est tellement gentil et serviable que ça ne m'étonnes même pas qu'il est accepté de lui rendre service! J'aurais du le garder avec nous tout à l'heure»
Aniel leva les yeux au ciel, n'osant pas dire que le petit roux était du côté du couple depuis le début de toute cette histoire.
Erwaël était assez énervé comme ça!
Vivement qu'il dégère la situation!
Il exagérait tellement que ça en était drôle tiens!


******

Emeralda s'avança soudain vers Aaron d'un pas décidé, prit ses joues entre ses paumes et posa ses lèvres sur les siennes. Le prince passa par toutes les nuances du rose et du rouge pour terminer sur le cramoisi. Cette fois, rien ne pourrait le faire descendre de son petit nuage.
Alienor exulta intérieurement. Lenwël, à ses côtés, rougit et baissa rapidement les yeux vers le sol, gêné d'espionner ainsi sa grande sœur. Erwaël s'étrangla de rage (encore une fois) depuis sa cachette («Il a osé l'embrasser! Je vais le tuer et cette fois ce ne sont pas des paroles en l'air») et Aniel le retint avec amusement («C'est elle qui l'a embrassé Erwÿ! Alors calmes-toi!») .

******

Quand Ikaël revint le soir même, épuisé par toutes les démarches qu'il faisait en ce moment mais satisfait d'en voir enfin le bout, il remarqua l'air heureux de sa nièce, l'air amusé de son plus jeune neveu, l'air boudeur et même un peu furieux du plus vieux, l'air plus que ravi d'Alienor, et la mine blasée d'Aniel. Se tournant vers sa femme, il demanda non sans amusement: «Qu'est qui s'est (encore) passé pendant mon absence?
- Rien, Emeralda a juste passé un après-midi avec le prince Aaron!
- D'accord...ça explique tout!»

Fin

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Ven 21 Mai - 23:17

«Comment survivre 48 heures en étant coincé dans une grotte en compagnie de quelqu'un avec qui on a des rapport tendus (post tome 2 et pré-tome 9)»

Il détestait les grottes...surtout celle-là, et seulement depuis peut-être une heure, ou moins.
- «Ne fait pas l'enfant gâtée Jadina, il faut passer par là pour aller à notre mission!
- Non Gryf, on va faire le tour! Je refuse de mettre un pied dans cet endroit, vous savez ce qu'on dit sur cette grotte en plus?!» S'exclama la magicienne, un peu mal à l'aise tandis qu'elle regardait l'entrée qui semblait peu accueillante. «En longeant la corniche on accède à la vallée, c'est plus long mais moins dangereux quand même, pourquoi prendre des risques inutiles hein?»
Razzia se frotta la nuque, gêné: «Juztement on est un peu prezzé non?»
Shimy leva les yeux au ciel «Le côté '''princesse'' ressort! La pauvre chérie a peur de la grotte sombre et humide?
- TAIS-TOI SHIMY!»
Danaël porta la main à son front, l'air fatigué «D'accord, d'accord...on prend la corniche!» Il détestait les conflits au cœur de l'équipe. Deux jours de plus ce n'était pas la mort non plus.

...Il détestait les mauvaises surprises...enfin tout dépendait de ce qu'on appelait mauvaises surprises. En effet, lui seul, ça allait si lui-même était seul mais son frère avec tout son groupe et lui avec ses propres équipiers, ca sentait la tension. En fait c'était, pour le coup, une sacrée surprise, il ne s'attendait pas à tomber sur eux au coin d'une corniche de cette montagne. Disons que..peut-être avait-il un peu fuit une vraie confrontation/discussion qui risquait d'arriver un jour ou l'autre. Ils auraient fallu d'un jour ils mettent clairement les choses aux points plutôt que rester à vie en mauvais termes ou en termes tendus. Au moins, depuis l'incident avec la gardien, les discussions bien que rares (dépendant de s'ils se croisaient ou non) étaient beaucoup plus cordiales.
Ils s'étaient tombés sur eux à un croisement. Son aîné le dominait d'un bon mètre, puisqu'il était sur son culbutor, du côté le plus large et le plus solide de la corniche, et derrière lui s'étendait la longue file de son groupe. Les Légendaires, eux, venaient d'un chemin transversal et leur chemin n'était pas des plus stables. La voix du roux avait résonné, calme et dénuée de toute tension, signe évident de bonne humeur: «Tiens, quelle surprise. Bonjour petit frère!
- Tu...tu es là toi aussi?» Danaël détestait vraiment ce sentiment, datant de l'époque où il l'écoutait encore, qui le faisait avoir une attitude respectueuse et presque obéissante face à l'autre garçon de 3 ans de plus que lui. Les habitudes ont la peau dure et le fait que le roux se soit aussi beaucoup occupé de lui durant son enfance n'arrangeait guère les choses.
- «Sans doute pas pour les mêmes raisons mais oui!»

Le blond s'adossa un peu mieux à la paroi rocheuse, sans rouvrir les yeux...Il détestait les chutes de pierres! Il haïssait le fait d'être enfermé seul dans une grotte! Et surtout par accident. Comment était-ce arrivé déjà? Il se rappelait que le roux était descendu de sa monture mais plus vraiment pourquoi (ca n'avait pas d'importance après tout). Ils avaient commencé à parler...et puis..c'était arrivé, un truc fréquent en montagne, imprévisible et pour une fois, il pouvait bénir les réflexes de son frère...qui avait réagit plus vite que lui!
«Attention!»
On le poussait et il se retrouvait plaqué au sol, sa tête heurtant la pierre tandis que des rochers s'écrasaient dans un fracas assourdissant. Il se rappelait très bien l'odeur de la poussière, la douleur qui s'étendait dans sa tête suite au choc, les battements de son cœur à ses oreilles, et la peur qui lui serrait la gorge alors qu'il réalisait à quoi il avait échappé. Et de la poigne qui le maintenait cloué au sol, poigne qui s'était relâchée dès que l'avalanche de pierres s'était arrêtée. Il avait à peine conscience d'avoir recommencé à respirer, toussant rapidement à cause de la poussière. Ce fut seulement à cette instant que la réalité le frappa: Une sueur froide le glaça tandis qu'il fixait le tas de roches, à peine visible dans la pénombre.
- «Hé! Tout les deux, ça va?»
Il s'était relevé, avisant son frère, qui se massait aussi le crâne, juste à côté de lui. Il n'avait pas l'air blessé, à son grand soulagement. Il avait alors répondu «Oui Gryf ça va!
- L'entrée est bloquée mais tu vois quelque chose?
- Heu...c'est bien une grotte mais je pense que ce n'est pas prudent d'aller voir plus loin!
- D'accord! Avec les Faucons, on va essayer de dégager tout ça mais ça va être très délicat. Ca va prendre deux jours au maximum. Tenez bon les gars!» Une pause puis Gryf avait ajouté «Et ne vous entretuez pas hein? Ca le fait pas entre frangins!»


********

Et la longue attente avait commencé. Il n'aimait pas être coincé, vraiment pas...surtout dans une grotte à l'entrée effondré, humide et sombre. Enfin...qui serait sombre si l'autre personne coincée n'avait pas eu une lumite dans l'étrange sac à bandoulière (avec en plus une gourde d'eau) qu'il avait. C'était la première fois qu'il le voyait avec ça, peut-être leur mission était-elle en rapport avec les grottes? Oui...preuve qu'il devait avoir quelque chose à faire dans un endroit sombre pour être ainsi si bien équipé. Il n'osait pas plus demander confirmation...oui c'était lâche mais il n'osait pas ou plutôt ne savait pas comment engager le dialogue. L'atmosphère devenait vraiment lourde, et s'il fallait passer deux jours et deux nuits avec son frère comme seule compagnie, il allait bien falloir parler un peu. Sinon il allait craquer! Vraiment...et franchement c'est pas comme si c'était un inconnu hein?! Pourquoi avait-il peur?
- «Tu vas rester longtemps sans rien dire?» lâcha finalement le roux, sans avoir l'air de partager son malaise, ayant l'air plus ennuyé qu'autre chose.
Le blond se sentait un peu anxieux parce que ce n'était vraiment pas le moment de se disputer davantage. Il n'avait pas envie de se battre pour le moment. Le fait est qu'il ne s'était plus jamais retrouvé seul avec lui...vraiment seul sans personne aux alentours..depuis qu'il avait laissé tomber son ancien groupe pour former le sien. Ho bien sûr, il avait parlé l'autre fois, quand il s'était revu pour la première fois après l'accident Jovénia...mais bon ils n'étaient entourés, sans vraiment de possibilité d'avoir une discussion ''familiale'' et c'était la même chose pour les rares rencontres qui avaient suivis.
Presque défensivement, il murmura: «Et toi alors, pourquoi tu ne dis rien?» Un soupir, l'autre n'avait guère envie d'engager la discussion. Mais ce silence mettait le blond mal à l'aise. Il finit par tenter le dialogue: «Qu'est-ce que tu venais faire dans le coin?
- Une mission...» Ce n'était pas la réponse la plus précise qui soit. Le sujet n'avait pas l'air de passionner le second chevalier. Ou alors il l'ennuyait. Quoiqu'il en soit, il ne semblait pas avoir envie d'en parler. Ou bien il ne considérait pas cela comme un sujet intéressant de conversation.
Le blond fronça les sourcils et osa: «Je m'en doute mais plus précisément?» C'était risqué, son frère en bon chef exemplaire n'allait pas parler d'informations qui étaient peut être 'confidentielles'.
- «En quoi cela t'intéresse-t-il?» Répliqua effectivement l'autre. La réponse sèche fit se ratatiner sur lui-même Danaël. Le roux, se rendant compte de cette réaction, s'adoucit un peu: «Rien d'important» Il détourna ensuite le regard. Un nouveau malaise s'installa alors. Le soldat détourna le regard, coupant court à la discussion.

Le blond se renfrogna, sentit que quelque chose n'allait pas. Son frère lui en voulait-il pour quelque raison que ce soit? De son côté, ses pensées étaient confuses. Qu'il m'en veuille lui, je pourrais le comprendre mais pourquoi je lui en voulais moi?
Il voulait le surpasser, lui prouver qu'il n'avait besoin de personne, qu'il était un chef digne de ce nom mais en même tant, une petite part de lui voulait son affection, son attention et désirait aussi qu'Ikaël soit fier de lui. Il voulait lui prouver qu'il avait été capable de suivre son propre idéal, comme leur père le leur avait appris, ni plus ni moins. C'était la seconde raison qui l'avait poussé à former un groupe avec Jadina. Pourquoi n'avait-il pas voulu comprendre? Je voulais juste qu'il me soutiennes, qu'il soit fier de moi...juste qu'il comprenne, qu'il me comprenne... C'est pourquoi il articula, la gorge un peu serrée:: «Pourquoi...»
L'autre haussa un sourcil, se redressant un peu mieux «Pourquoi quoi?» Il le faisait exprès ou il feignait d'ignorer ses raisons? Ce n'était pas possible d'être si peu ouvert au dialogue, on aurait pu penser qu'il le faisait exprès.
- «Pourquoi...n'acceptes-tu pas mes choix?» Un silence, l'autre le jugea d'un regard si perçant que son cadet baissa aussitôt le sien, mal à l'aise. Il n'osait plus relever les yeux, craignant un quelconque mouvement de colère. Il prenait des risques, il en avait conscience. «C'est parce que je suis parti, c'est pour ça que tu m'en veux? C'est pour ça, qu'avant notre retrouvailles, avant l'accident Jovénia, tu t'étais montré si distant? C'est pour ça que nos relations se sont totalement détériorées jusqu'à peu, jusqu'à l'épisode avec le Gardien?» Il avait presque élevé la voix sur la fin. Il voulait savoir, il voulait comprendre. Que les choses soient claires une bonne fois pour toute. Si son frère avait un problème avec ses choix, qu'il le dise! Que les choses soient enfin claires et nettes.

Enfin la voix calme de son aîné s'éleva: «Question un peu stupide si tu veux mon avis...où es-tu allé la chercher celle-là?» L'autre s'adossa un peu mieux au mur et soupira «Si je ne l'avais pas accepté, je t'aurais ramené à Oroban de gré ou de force!» Un léger sourire s'était dessiné sur ses lèvres à ces derniers mots prononcés. Danaël eut un petit rire nerveux qui traduisit toute sa gêne, il préféra penser que son frère plaisantait. Celui-ci reprit, doucement «Ce que je te reproche, c'est d'être incapable de gérer une situation de crise, de ne pas assumer tes choix, de les décider trop vite, d'être impulsif et de trop te reposer sur tes émotions...
- Tu insinue que je suis un mauvais chef?» S'énerva le blond, se redressant pour dominer son frère de toute sa taille. L'indifférence de ce dernier commençait à franchement l'exaspérer. Et un tel sous-entendu ne faisait que titiller son amour-propre.
- «Prends le comme tu veux, si tu t'énerves ça m'est un peu égal, je n'ai aucune envie de me battre avec toi aujourd'hui!» soupira le roux, levant les yeux au ciel, comme s'il renonçait à tout conflit.
Danaël fut un brin déçu, avant l'autre s'énervait tout autant. Leur disputes faisaient rires tout le monde. Quelque part, ça prouvait leur complicité, le fait qu'ils s'entendaient bien:
«Je viens de te sauver la vie! Quand vas-tu me lâcher!
Quand tu comprendras que les ordres que je donne sont fait pour être suivit!»

Quelque part...ça lui manquait. Un peu seulement, il n'était plus un gamin après tout, mais d'un autre côté, ça l'attristait qu'ils soient ne soient plus si proches qu'avant...
«Tu es logé à la même enseigne que tous les autres
Pff c'est de l'acharnement ça!»

Il soupira...pourquoi ne réagissait-il pas? Pourquoi n'élevait-il pas la voix? Pourquoi restait-il si indifférent?
Il allait mettre les choses au clair!
Ici et maintenant!
L'autre allait l'écouter et lui répondre, de gré ou de force.

********

Évidement...ca dégénéra..et vira à pire qu'une simple dispute. Le ton monta, les arguments devinrent de plus en plus acides. Et ça vira à la bagarre, il ne sut vraiment comment.
Un mot de trop sans doute...
Il se débattit mais l'autre le maintenait solidement au sol, le visage plaqué au sol. Il remarqua cependant que le bras gauche du roux tremblait, que sa prise était moins sûre mais cela n'enlevait rien à la poigne de la main droite. «Calmes-toi maintenant!» Fit la voix ferme et autoritaire.
Instinctivement Danaël cessa de bouger, le cœur battant, serrant les dents pour ne rien répliquer. Il avait perdu, et il pouvait à peine bouger. Il jeta un coup d'œil assassin par dessus son épaule. «Je te déteste!» siffla-t-il entre ses dents. Il n'était pas sincère pas mais à cet instant, la colère et la frustration d'être incapable de le battre avaient fait que les mots dépassaient sa pensée. Fortement énervé par la situation, il voulait le blesser, se venger de cette défaite qu'il venait de subir.
Raté...le roux n'eut même pas un haussement de sourcil. Il eut plutôt un sourire sarcastique et murmura d'un ton moqueur: «Bien sûr!» Il n'avait absolument pas l'air de le croire. Ce qui énerva le blond davantage, même à ce niveau il ne pouvait pas gagner.
Ca en devenait vraiment pénible!
Le blond hocha la tête et murmura qu'il allait se calmer. L'autre, satisfait, le lâcha et retourna s'assoir à sa place.


********

Le temps s'écoula doucement...Danaël eut une pensée ses amis à l'extérieur, se reposaient-ils un peu ou continuaient, malgré la fatigue, à tenter de le dégager? Il se demandait aussi s'il faisait nuit ou jour: impossible de le savoir...Il tourna le regard vers son frère qui avait les yeux fermés mais qui, apparemment, ne dormait pas du tout.
Le blond, depuis deux heures (ou quelque chose comme ça), se demandait s'il devait s'excuser ou nin. Il avait dit des choses qu'il regrettait vraiment, pourquoi avait-il dit des choses comme ça, la colère ne justifiait pas tout bon sang!
Son frère était buté, c'est vrai mais ne méritait pas tout ces reproches.

Il s'était occupé de lui depuis ses douze ans jusqu'à ses vingt ans, il avait toujours été fort dans son esprit, un roc, un appui où il pouvait s'accrocher si lui se sentait mal. A vrai dire il semblait avoir mieux supporté la mort de leur père que lui. Oui il était plus vieux mais...ça n'empêchait rien. Il avait quinze ans à l'époque, il était effondré au début...mais ensuite il semblait s'être remis beaucoup plus vite. Pourquoi? Danaël avait mis un temps fou à accepter, à supporter cette perte...comment son frère avait fait pour se relever aussi vite, tout soldat qu'il était?! Il devait s'occuper de moi, réalisa-t-il avec stupeur, il ne pouvait pas se permettre de flancher ou pour moi ça aurait été pire. Je n'étais qu'un enfant qui avait besoin de lui...alors..il a tout fait pour..Relevant la tête, il regarda plus attentivement son frère. Il hésita...un long moment, des pensées contraires envahissant son esprit.
Devait-il aborder le sujet?

Vu la dispute qui avait eu lieu il y a....il ne savait combien de temps, il n'osait pas. Il fallait aussi qu'il s'excuse... S'allongeant sur le sol froid, enroulé dans sa cape déchirée, il feignit le sommeil. Autant pour tenter vraiment de dormir que pour que l'autre ne tente pas le dialogue. Il était fatigué, il voulait comprendre mais n'osait pas parler à haute voix. Je suis un lâche...je n'ai pourtant pas peur d'affronter certains ennemis plus forts, plus terribles, plus cruels les uns que les autres, j'ai affronté Ténébris et Darkhell sans éprouver tant de peur que ça... mais je suis pétrifié à l'idée d'une simple mise au point, une simple discussion avec mon propre grand frère...Je suis vraiment un lâche! Fermant les yeux, il finit par sombrer dans le sommeil. Autant dormir puisqu'il ne voulait pas parler (n'osait pas plutôt!).

********

Quand il ouvrit les yeux, il ne savait pas combien de temps s'était écoulé. Il ne bougea pas au début, regardant du coin de l'œil l'autre qui ne dormait pas (ou s'était déjà réveillé?). Il avait d'ailleurs retiré le haut de son armure et regardait son épaule gauche tout en la massant, l'air un peu préoccupé. Danaël se souvint alors de leur dispute où ils en étaient venus aux mains. La main gauche de son frère tremblait comme s'il se forçait à s'en servir. Avait-il reçu un rocher à cet endroit? Pourquoi ne l'avait-il pas dit avant? Avait-il été blessé lors de l'effondrement de la paroi de la grotte?
C'est surement quand il t'as plaqué au sol...pour te protéger soit dit en passant! Lui souffla une petite voix qu'il détesta aussitôt. Il détestait se rappeler de ça, il n'avait plus besoin d'être protégé ou couvé bon sang. L'autre semblait toujours avoir ce genre de réflexe...on était grand frère ou on ne l'était pas...Chassant ses pensées, il se redressa «Tu es blessé?
- Rien de grave, juste l'épaule déplacée, je viens de me la remettre en place!» La pâleur de son visage témoignait en effet qu'il venait de s'infliger à lui-même une telle douleur pour se soigner.
- «Tu aurais du me le dire, je t'aurais aidé. Te faire ça tout seul, ça a du te faire vraiment mal..et et puis tu aurais pu rater ton coup!» Marmonna le plus jeune des deux en se mettant debout, l'air un peu agacé.
- Tu dormais idiot!» fut l'unique réponse, l'autre semblait à court d'argument pour l'instant.
Danaël n'écouta pas et s'approcha, déchirant un bout de sa cape. «En plus il y a une plaie, tu es inconscient ou quoi? Tu aurais du te soigner tout de suite!» Sans écouter les inutiles protestations, il fit un bandage de fortune et même une bande de tissu pour soutenir le bras du roux. «Tu te rappelle de la fois où je m'étais fracturé l'épaule et l'avant-bras gauche?» Il tentait de détendre l'atmosphère en rappelant le passé. Généralement ce genre de techniques marchaient très bien. Autant instaurer un climat un peu plus complice.
- «Quand tu as fait l'idiot avec un culbutor sauvage? Oui très bien! Tu peux t'estimer heureux que les fractures étaient simples à soigner!» Répliqua le plus vieux avec un petit sourire moqueur. Le blond eut le bon goût de rougir légèrement de honte. Ca n'empêcha pas l'autre de continuer: «Tu sais que ce jour-là je me suis sérieusement demandé si tu cherchais à me rendre dingue ou si c'était juste ta façon d'attirer mon attention!» Il connaissait très bien la réponse en fait mais le taquiner était soudain trop tentant.
Son frère cadet eut un sourire un peu maladroit, se demandant vraiment comment s'excuser...finalement il fit simple, bref et concis: «Excuses-moi! J'ai vraiment été stupide tout à l'heure!»
Un lourd silence s'installa, le regard bleu de son ainé était posé sur lui, presque inquisiteur. Il baissa les siens, mal à l'aise. Le roux s'appuya à la paroi glacial de petite grotte et soupira: «Que veux-tu que je te dise?!» Il massa son épaule endolorie. «Tu voulais que je t'approuve mais tu ne faisais rien pour me convaincre! Et aujourd'hui tu me reproches de ne pas te comprendre!»

Danaël sursauta. Il acceptait ses excuses en répondant à la question posée tout à l'heure? Il ouvrit la bouche et osa répliquer. «Tu exagères! En fait ton problème c'est que ça t'énervais que ton petit frère de 20 ans parte tout seul de son côté! Que ça t'es resté en travers de la gorge que je m'en aille comme ça, que je te désobéisses ouvertement et que je vous laisses tous tomber!
- Pas vraiment! Tu étais assez grand pour décider de ta vie! Mon problème comme tu dis, c'est que tu es partie un peu brusquement après avoir sauvé la princesse Jadina. As-tu murement réfléchis à ta décision? Non! Tu as décidé du jour au lendemain de fonder ton propre groupe! Tu es trop impulsif, c'est ça que je te reproche! Un bon chef doit savoir réfléchir posément à un décision, à un choix!»
Danaël s'assit à côté de lui, sans relever l'accusation, ne désirant plus s'énerver: «Ca faisait longtemps que cette idée me passait par la tête grand frère, je n'ai pas brusquement décidé ça! Et ça n'a pas été une décision facile à prendre, même si je n'ai aucun regret!» Et il n'en aurait surement jamais. Il voulait juste le lui dire, lui prouver qu'il n'avait pas besoin d'aide, qu'il était fier de ses choix, certains de ce qu'il faisait.
L'autre eut un vague sourire: «Tant mieux pour toi, si tu es heureux c'est l'essentiel!
- Tout ce que je voulais, c'est...être ce que je voulais être!» Incapable de se taire, il lança à l'égard de son frère: «C'est toi le digne fils de notre père, moi j'avais besoin d'être autre chose. Faire tout comme toi, je ne pouvais plus.» Son frère était un modèle quand il était enfant. Aujourd'hui encore il admirait le soldat, le commandant, et bien sûr l'homme mais ce n'était plus son idolâtrie d'enfance, juste du respect et de l'affection fraternelle.
Le concerné soupira: «Je le sais bien Danaël! Je ne t'ai jamais demandé de m'imiter pour toujours!
- Être un faucon d'Argent, ce n'était pas pour moi!» expliqua le blond. Il n'avait jamais pu réellement se justifier auprès de son frère. Maintenant qu'il en avait l'occasion, il vidait son sac sans hésiter. Et quelque part, ça faisait du bien de lui dire enfin toute la vérité.
Le roux lui jeta un coup d'œil et le regard fuyant de son frère, ainsi que la mine qu'il affichait, le fit rire doucement: «Pas la peine de prendre un air si piteux pour me dire ça, je ne vais pas me mettre en colère.» Il resta silencieux «Et moi, à ton avis, qu'est-ce que j'ai pensé lorsque j'ai croisé ton petit groupe la première fois? Tu avais le regard fuyant, l'air coupable comme si ma simple présence te mettait mal à l'aise: Que penses-tu que j'en ai conclus sinon que tu avais honte?! Que tu n'assumais pas tes décisions et tes choix face à moi puisque tu avais peur de mes réactions!?»

Danaël eut le bon goût de rougir légèrement de gêne, se rendant compte qu'en effet, son attitude de l'époque n'était pas celle de quelqu'un qui avait assumé ses choix avec fierté: «Je n'avais pas honte! Je ne t'avais pas revu depuis et c'est vrai que je ne savais pas comment tu allais réagir! Je voulais te montrer que j'étais fier de ce que je faisais, que j'en étais capable mais..
- D'accord! Moi aussi j'ai agis comme un idiot la première fois! Je voulais juste que tu me prouves que tu assumais tes actes! Mais depuis quand as-tu besoin d'entendre des mots si creux? Alors que tu sais très bien que j'ai toujours été fier de toi! Quelques ont été tes choix et malgré l'accident!» Un silence et il perçut un regard azur stupéfait (voir incrédule) posé sur lui, il crut bon alors d'ajouter: «Ne me forces pas à me répéter!» Il eut un rictus clairement reconnaissable pour son cadet: «Ou même dire à quiconque ce que je viens de dire!»
Danaël, se prêtant au jeu, eut un sourire moqueur «Ou sinon?» Il se sentait vraiment mieux tout d'un coup, ils avaient enfin mis les choses au clair, enfin le barrage avait cédé.
Ikaël plissa les yeux et susurra «Tu n'as pas idée de tout ce que je pourrais raconter sur toi à la princesse!» Il agrémenta sa réplique d'un sourire un peu effrayant, certain de son avantage.
Son cadet devint pâle comme un linge, horrifié à la pensée de tout ce que le roux avait comme ''armes'' sous la main: «C'est du chantage!
- Effectivement..»

********

- «Dis...
- Hum...
- Ca fait combien de temps maintenant?
- Aucun idée, enfermés dans le noir, on ne sait pas vraiment. Mais on doit pas être loin de la fin du premier jour!» songea l'ainé, jetant un coup d'œil vers le tas de rochers. Rien n'indiquer une avancée du côté des ''secours'' mais ils n'avaient que la vue intérieure après tout.
- «J'en ai assez!
- C'est une bonne expérience pour vérifier que nous sommes maître de nos nerfs!
- C'est sûr, au moins maintenant je suis certain de ne pas être claustrophobe!» Marmonna Danaël, se passant une main sur le visage d'un air fatigué.

********

Le blond s'enroula dans sa cape, tremblant. «Qu'est qu'il fait froid.
- Vu le peu d'eau qu'on a, on devrait s'en estimer heureux plutôt!» répliqua l'autre, aux aguets, autant à l'écoutes d'un bruit venant de l'entrée bouchée que du couloir sombre. «Reposes-toi! »
Danaël eut un sourire maladroit et hocha la tête, s'appuya à la paroi. «D'accord...Je crois qu'on peut rien faire sinon dormir!» Il ferma les yeux, se laissant sombrer dans le sommeil, épuisé par ses longues heures d'attentes, de discutions et de disputes. «Réveilles-moi quand tu seras fatigué, je monterais la garde à mon tour!»
Le plus vieux ne perçut bien vite plus qu'une respiration calme venant de sa droite et ne put cacher un sourire attendri. Ca lui rappelait pas mal de souvenirs tout ça. Alors qu'il était plongé dans ses pensées, un poids lui tomba brusquement sur l'épaule. Rouvrant les yeux il s'aperçut que son petit frère était paisiblement endormi, écroulé contre son épaule, la main crispée sur la manche de la tunique qu'il portait sous son armure (et vu qu'il avait retirée celle-ci pour se soigner tout à l'heure). - «Non mais dis donc...je ne suis pas un oreiller! Bouges de là tout de suite!»
Ordre non reçu..l'autre continua de dormir, affichant même un petit sourire dans son sommeil.
...Le roux laissa tomber!
Et soupira, un sourire amusé et blasé aux lèvres...
Ils avaient encore 24heures environ à attendre!
Aucun problème!

Fin


Dernière édition par Dragonna le Lun 31 Mai - 23:58, édité 4 fois

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Mar 25 Mai - 20:30

Être chef

Après l'accident Jovénia...Leur réputation avait pris un très méchant coup, on ne leurs faisait plus confiance. Ca posait quelques problèmes pour aider ceux qui en avaient besoin d'ailleurs.
...Ils n'avaient plus vraiment été demandé comme héros. Les gens qui leurs demandaient de l'aide se comptait sur les doigts de la main. Les habitants privilégiant les Fabuleux, nouveaux venus sur le devant de la scène: Eux n'avaient rien fait...eux n'étaient pas responsables d'un accident magique.
Pourtant Les Légendaires faisaient vraiment de leur mieux...pour aider, se racheter...et même parfois plus que leur mieux.
Pas qu'ils se tuaient à la tâche mais bon...
Certains autres héros ou habitants avaient passé l'éponge, pensant que c'était plus un accident qu'autre chose, et d'autres estimaient qu'ils avaient été assez punis. Mais là encore c'était un nombre assez limité. C'est pourquoi, lorsqu'il recevait une demande, il était hors de question de la refuser. Il était si rare qu'on fasse appel à eux. Ils faisaient vraiment de leur mieux pour se faire pardonner pourtant.
Le blond se passa une main dans les cheveux, exaspéré. Mais comment pouvait-il être crédible dans son rôle de leader si ses équipiers n'en faisaient qu'à leur tête? Quand ils étaient seuls ça passait mais face à des clients...ils pourraient faire un effort? Ou feindre? Et surtout ils étaient un peu pressés là. Ce n'était pas le moment de faire n'importe quoi?
Alors qu'il attendait sur la place pour aller voir leur ''client', il jeta une œillade désespérée au reste de son groupe. Elle resta sans effet, les quatre autre ayant bien décidé de ''profiter'' de leur temps libre avant la nouvelle mission. Alors Danaël tenta de faire entendre sa voix, histoire de faire un essai de rétablissement de son autorité. Il toussota donc et fit, d'une voix forte: «Dîtes..»
Un vrai chef, un leader, devait faire preuve d'autorité quand il le fallait et ses équipiers, s'il le reconnaissait comme tel, lui obéissaient, surtout en mission! C'était comme ça qu'une équipe devait fonctionner...normalement.
Devant lui, lui tournant le dos, Razzia dilapidait tout son argent en nourriture qu'il engloutissait immédiatement. Si encore il faisait des réserves pour plus tard mais non.
- «Razzia, tu vas te rendre malade.» fit-il d'une claire, essayant de paraître plus autoritaire que coutume. Il y avait des villageois qui les observaient du coin de l'œil quand même.
Ses paroles n'eurent qu'un long silence comme simple réponse, laissant le chef dans un grand vent de solitude. Le châtain continuait à s'empiffrer, indifférent à la mine défaite de son ami qui était à trois mètres derrière lui. Il raffolait visiblement de la spécialité de ce village. «Attends, z'es zuper bon, laizzes-moi en manger encore un peu!
- Tu pourrais en garder pour plus tard non?» Fit son leader, en essayant d'être moins sévère, pensant que c'était son ton de voix qui avait peut-être déplut à son ami.
Très long silence, l'autre avait donc décidé d'ignorer le rabat-joie, au grand désarroi de ce dernier qui se sentit très seul tout d'un coup. Danaël soupira et lança, en s'éloignant «Rendez-vous ici dans un quart d'heure, on doit aller voir la personne qui nous a demandé de venir!»
Il s'éloigna et finit par voir ses deux amies devant une devanture d'un marchand de tissu. Elles regardaient les produits exposés...enfin Jadina les admirait et Shimy semblait s'ennuyer ferme.
Un chef devait être en mesure stopper les conflits dans son équipe. Si les autres l'écoutait, les tensions se calmaient et le calme régnait le plus souvent dans le groupe...
Jadina s'exclama soudain: «Shimy, que penses-tu de cette robe?
- Tu penses aller à un bal? On voyage princesse!» Railla l'elfe en levant les yeux au ciel «Si c'est pour que pleurniche à la première déchirure, c'est pas la peine de gaspiller l'argent que tu possède.» Elle fit une pause et ricana «En plus cette couleur ne te va pas du tout!»
Sentant le temps à l'orage, Danaël s'approcha et essaya d'arrêter la dispute qui s'annonçait de façon évidente. Elles n'allaient pas se battre en pleine rue comme ça? Qu'allait penser les gens qui les observeraient dans ce cas hein? Leur réputation avait assez souffert comme ça! «Shimy! Jadina! Ca suffit!» Il avait tenté d'être aussi autoritaire que possible mais il échoua, encore.
Les filles l'ignorèrent tandis que l'ex-princesse reprenait, d'un ton quelque peu exaspéré «Mais c'est à toi que je pensais?! Ca t'irais très bien!»
L'elfe éclata de rire «Ne me confond pas avec toi, je ne suis pas du genre à me trimballer avec des fanfreluches moi!
- Mais il n'y en a pas là-dessus, cette couleur t'irait parfaitement!!
- Je ne suis pas comme toi moi!
- De quoi?» Le visage de la brune prenait une teinte carmin, signe de colère montante. Danaël tenta une nouvelle fois de stopper la bagarre mais le regard meurtrier que lui envoya son amie le cloua sur place et le rendit muet.
D'accord il se taisait, d'accord il ne s'en mêlerait pas... Il recula prudement, comme s'il craignait de se prendre un coup (ou voulait-il fuir?)...
- «Les bals et les fêtes ne font pas parti intégrante de ma vie, ma vieille!! J'ai été entraîné pour protéger ma patrie, je ne suis pas une petite princesse gâtée moi!!
- SHIMYYYY!!» Evidement la bagarre éclata, le ton monta, et tout le monde se retourna vers les deux filles qui se hurlaient dessus.
Mort de honte, le chevalier s'éclipsa. Il préférait rester loin d'elles, il ne tenait pas à attirer l'attention sur lui pour une raison aussi gênante qu'une dispute si puérile. Et il préférait les laisser se calmer en paix puisqu'il ne parvenait pas lui-même à les arrêter.
Que c'était gênant d'admettre ça! Tu parles d'un chef!
Où était le dernier qu'il puisse sombrer au fin fond de la déprime?
Il chercha Gryf des yeux et le vit, assis dans une taverne, entouré de filles, surement en train de raconter telle ou telle aventure.
D'accord..
- «GRYF!» Lui, il allait le faire obéir, il était vraiment à bout de nerfs. Ils allaient être en retard si cela continuait. Et rien n'est pire qu'un ''client'' que l'on fait attendre. Sans compter que ça n'avait rien de poli soit dit en passant. Il fallait qu'ils restent un peu crédibles comme héros quand même! Être "en retard", ça ne lui disait vraiment pas cette fois...c'était arrivé assez souvent comme ça!
Un chef doit faire comprendre à ses équipiers qu'il y a un temps pour tout et que, quand on était en mission, il fallait être sérieux!
Le jaguarian lui jeta un coup d'œil, haussa les épaules et lui fit un petit signe qui signifiait, en gros, qu'il le rejoindrait plus tard. Même s'il n'avait rien dit, Danaël était persuadé que Gryf lui aurait sorti quelque chose comme «Ouais ouais j'arrive dans quelques minutes!!Maintenant va -t-en, tu gênes un peu!»
Déprimé le blond retourna au centre du village et s'assit sur la margelle du puits, l'air profondément agacé. Dire qu'ils lui faisaient trop souvent ce coup-là. De quoi ils avaient l'air hein? Il eut brusquement l'envie de prendre son visage dans ses mains.
Il avait fini par comprendre, au fil des années, qu'il n'était chef que parce que les autres le voulaient bien....
....Et seulement QUAND ils le voulaient bien.

Fin

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Ven 28 Mai - 21:40

«Magie»

Le rayon vert pulvérisa la cible face à elle. Retenant un cri de joie la princesse de 14 ans se tourna vers le jeune prince en disant avec fierté, l'air vraiment très sûr d'elle et presque vantarde:. «Tu vois Halan, je m'en tire bien!» Elle avait posée ses mains sur ses hanches et souriait avec un rien d'arrogance. Son fiancé avait osé prétendre qu'elle allait encore faire une erreur! Ben elle lui avait prouvé qu'il avait tord! Elle y était arrivé! Et toc! Il a avait intérêt à admettre qu'il s'était trompé!
Le garçon aux mèches vertes abaissa le bras qu'il avait levé pour se protéger le visage de la poussière qui avait été soufflée par l'explosion de rocher par magie. Il sourit innocemment et dit, avec un rien d'admiration (et de soulagement de voir l'attaque réussie). «Bravo Dina, tu maîtrise de mieux en mieux le bâton-aigle!! Excuses-moi de t'avoir taquiné, j'ai pensé que plus tu serais motivée, mieux tu aurais de chance d'y arriver.» Il se frotta la nuque, riant légèrement pour détendre encore plus l'atmosphère histoire qu'elle ne l'attaque pas. «M'en veux pas hein!» Il ne voulait pas réitérait l'expérience d'un grand coup de bâton-aigle sur le crâne. C'est que ça faisait super mal en plus! La bosse de la dernière fois était restée une semaine entière!
L'adolescente eut un grand sourire satisfait et décida de monter légèrement la difficulté des sorts et leurs puissances aussi. Halan en entendant cette idée déglutit et fit, avec précaution, un pas en arrière, préférant rester méfiant. Plus de puissance et un sort plus important était généralement signe de gros dégâts en cas d'échec et il préférait, dans ce cas, rester derrière elle. Oui c'était lâche mais aussi prudent, le rocher avait volé en éclats, il ne tenait pas à subir le même sort!

Jadina leva son bâton-aigle, murmurant la formule de sa nouvelle attaque, sentant la puissance magique se déverser hors de la pierre de jade. La puissance de son héritage, de sa famille, de Jadylina, tout ça était en elle. Elle en était donc capable! Elle y arriverait!
Fronçant les sourcils, elle abaissa son arme et le coup partit mais si fort qu'elle en fut déséquilibrée et tomba assise dans l'herbe, surprise, tandis que son coup fusait avec force et rapidité vers un énorme arbre qui fut déraciné sous la violence du choc. Sa chute entraina celle d'arbustes qui étaient entrainés et quand il toucha le sol ce fut en pulvérisant une petite fontaine et écrasant nombres buissons et fleurs. Une mini apocalypse comme dirait Halan plus tard, et c'était un terme bien choisi en effet quand elle y repenserait.
Pour le moment, elle était plus morte de honte qu'autre chose et murmura: «Oups...Je me suis un peu trompée!»
Le prince regarda les débats, un sourcil haussé et lâcha un sifflement admiratif. Il dit ensuite, avec amusement les mots suivants: «Et bien....c'est puissant, rien à redire de ce côté...Si je veux refaire le parc un jour, je t'appellerais pour dégager le terrain!» Au moins il prenait les choses avec beaucoup humour, parce quand on voyait tout ce que Jadina venait de déraciner/détruire/écraser avec son dernier coup, ça pouvait faire peur. Il préférait donc éviter de râler pour le parc qui venait de subir un peu de déforestation!
Jadina se releva rapidement, et se tourna vers lui, sans ramasser son bâton-aigle qu'elle avait lâché sous la surprise quelques instants plus tôt. «Halan! Arrête de te moquer!!» s'exclama t'elle, le pointant rageusement du doigt, les sourcils froncés au maximum.
Le prince leva les mains lentement, dans un geste ''d'appel au calme'', puis avec un petit sourire en coin, il lança: «Je ne me moque pas ma chère, je constate!!» il décrivit un cercle du bras gauche et continua, l'air de rien «Je constate que tu as tout détruit dans un rayon d'un mètre de la cible! Je ne sais pas si c'était le but mais bon...
- Tu es complètement ironique là?» se vexa la princesse, posant ses poings sur ses hanches tandis qu'il souriait un peu plus que quelques secondes auparavant. Elle avait croisé les bras, un air boudeur sur le visage. Elle était horriblement vexée par son échec. Et s'il avait le malheur de se moquer d'elle, il allait le payer très cher!
Il laissa échapper un petit rire et secoua la tête. «Non Dina, je suis juste amusé par ta réaction!! Pas de quoi en faire un drame, tu débutes!!» Il avait choisie le ton le plus calme qu'il avait en réserve. Parce que, mine de rien, il voulait éviter de la mettre en rogne, c'est qu'elle serait bel et bien capable de lui taper encore dessus avec son bâton-aigle si elle se mettait en colère. Il en avait fait plusieurs fois la désagréable expérience, donc il préférait surveiller ses paroles avec son amie d'enfance. Il n'avait pas envie d'avoir la migraine pour la soirée à venir.

Jadina venait d'ailleurs de ramasser son arme magique dans sa main droite et le livre de magie dans la gauche. Il sortit de ses pensées en la voyant tourner les pages, la mine concentrée. Et il eut un peu peur: «Heu...Tu vas déjà recommencer?» demanda t'il, un peu effrayé par l'air de détermination qui brillait dans son regard «Tu devrais faire une pause, ça fait quand même deux heures que tu t'entraines!» Suggéra-t-il ensuite, tentant de la faire stopper quelques instants, craignant qu'elle ne s'épuise vraiment.
Mais Jadina ne l'écouta pas, indifférente à ces paroles pleines de bon sens parce que oui elle était fatiguée, même si elle refusait catégoriquement de se l'avouer. «Encore un ou deux sorts Halan....tu va voir, je vais les réussir haut-la-main. Tu ne vas pas en revenir!
- Je doute que tu réussisse facilement si tu es épuisée.» Marmonna le seul garçon, enfonçant nonchalamment ses mains dans ses poches, histoire de défier le protocole quand personne ne regardait, histoire de se détendre un peu lorsque son auditoire était limité à la jeune fille, pour paraître plus naturel. Suite à sa proposition, il se récolta un regard sombre qui lui fit rentrer la tête dans les épaules. Il recula d'un pas, se mettant hors de portée d'un éventuel douloureux coup de bâton-aigle. Mais elle ne semblait pas avoir envie de lui taper dessus pour le moment. Miracle!
Au contraire, refermant le livre et le posant au sol, elle se concentra, faisant luire son arme magique, un sourire plein de confiance aux lèvres. «Bien....Regardes bien Môssieur le septique.» lança t'elle à son fiancé imposé qui ne répondit pas, ne sachant plus quoi dire pour la raisonner.
Halan déglutit, mal à l'aise et hésitant: Il ferait quoi si elle s'effondrait de fatigue hein? Après réflexion, il fit la conclusion qu'il devrait la ramener au château en la portant dans ses bras ou sur son dos, et la porter jusqu'à sa chambre. Et que diraient les courtisans hein? Et les soldats? ET LEURS PARENTS? Il se ferait enguirlander alors qu'il n'avait rien fait! Elle ne pouvait pas y penser un peu non?! Un profond soupir lui échappa tandis qu'un sourire blasé apparaissait sur ses lèvres. Elle lui en faisait vraiment voir de toutes les couleurs mais c'est peut-être pour ça qu'il l'adorait. Il s'adossa à un arbre et la regarda faire, prêt à intervenir si...si quoi au juste?
Jadina se concentra de plus en plus, l'aura verte entoura son arme et elle lança l'attaque la plus violente qu'elle put vers la dernière cible de bois qui vola littéralement en éclats sous la violence du coup. Halan avait les yeux écarquillés de surprise, et resta la bouche grande ouverte. Ses pensées tourbillonnaient à toute vitesse dans son esprit. Elle avait réussi? Sans rire? Du premier coup en plus? Ben finalement elle n'était pas si fatigué que ça....il avait visiblement eu tord de s'inquiéter!!
Jadina, fière d'elle, se retourna vers le garçon de 17 ans et dit, avec toute la fierté qu'un jeune fille de 16 ans peut avoir. «Tu vois que je peux le faire!!» Et elle s'écroula par terre, sans perdre son sourire ravi. Le prince se leva et s'accroupit près d'elle. Elle était littéralement vidée de son énergie. Elle avait trop forcé. «Allez dis le que j'avais raison!!»
Après un soupir, il admit pour la contenter qu'il avait eu tord, sans doute pour l'encourager à arrêter pour aujourd'hui: «D'accord! D'accord!! Tu pouvais le faire!! Mais maintenant ça suffit! Tu ne tiens même plus debout....» Sa voix avait prit un ton un peu plus autoritaire et il avait croisé les bras, intraitable. Cette fois il aurait le dernier mot!
La princesse tenta de se mettre debout mais échoua. Elle eut une moue un peu vexée et admit, à contrecœur: «Heu oui....j'ai peut-être un peu forcé...un peu seulement!!
- Peut-être? Un peu?» Ironisa Halan en haussant un sourcil. «Comment va tu faire pour rentrer maintenant? Tu tiens à peine debout Dina...en fait tu n'arrives même pas à te mettre debout!
- Et bien....» Elle eut un sourire un peu sadique ou espiègle, ça dépendait du point de vue et dit avec un ton 'd'évidence' «Tu vas m'aider?» Elle lui lança ensuite un regard auquel il ne pouvait pas dire non.
Poussant un profond soupir résigné, il murmura: «J'ai l'impression de ne servir qu'à ça.» Marmonna le prince en rejetant une mèche verte derrière son oreille de sa main libre. «Tes parents arrivent ce soir, ils vont être contents tiens!!» Il ne dit rien de plus, la menace Adeyridienne étant plus que significative pour la jeune princesse qui grimaça à cette idée. Il lui tendit ensuite la main pour l'aider à se relever. Puis il la soutint pour pouvoir marcher, passant un bras autour de ses épaules.
- «En tout cas» Admit soudain Jadina en changeant de ton «Il était temps qu'on rentre pour toi aussi....» Elle était presque inquiète. Ce qui étonna le prince.
- «Hein? Mais non moi ça va....» S'étonna celui aux cheveux couleur feuillage, ne comprenant pas où était le problème. Quoi? Pourquoi était-il temps qu'il rentre lui aussi? Il n'avait aucune égratignure, ses vêtements étaient impeccable...alors quoi?
La princesse secoua la tête, un peu blasée par cette attitude. «Halan, tu n'es pas obligé de jouer au plus fort avec moi!! Ca doit être terriblement douloureux!! Ca doit te brûler même!
- Mais...mais de quoi tu parles?» demanda Halan, totalement perdu. Il ne comprenait pas, et semblait totalement perdu. Qu'est-ce qu'elle voulait dire? Qu'est qui lui faisait visiblement mal?
Elle lui jeta un regard condescend: «Tu aurais du me le dire enfin....je t'aurais prêté de la crème...
- Mais....je ne vois pas de quoi tu veux parler.» fit le pauvre garçon, qui ne suivait absolument pas le même chemin de pensée. Peut-être étaient-ils en plein quiproquo? songea-t-il soudain.
- «Mais de l'énorme coup de soleil que tu as sur le visage.!!» s'exclama Jadina sur le ton de l'évidence. «Ne me dis pas que tu ne t'en es pas rendu compte? Ca doit te brûler horriblement!»
Halan écarquilla les yeux, et fut incapable de répondre. Il venait de comprendre qu'en effet, ils étaient en plein quiproquo. Puis deux sentiments différents se mêlèrent en lui.
La surprise et le désespoir.
Comment pouvait-on confondre un rougissement et un coup de soleil?

Fin

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MessageSujet: Re: Série de One-Shots sur les Légendaires   Ven 28 Mai - 22:39

«Monslave»

Du sable...qui se teintait petit à petit de rouge carmin, de paquets de poils ou d'écailles brisées selon les adversaires. L'odeur du sang planait dans l'air, mêlée à celle de l'alcool, mêlée à celle de la peur, de la haine, de la sueur. Un endroit atroce où les victimes n'avaient d'autre choix que celui de s'entre-tuer, empli d'une colère qui ne s'apaisait qu'avec la mort de l'adversaire. Échange de coup de griffes et de crocs....des cris de rage, de douleur. Haine, peur, rage, envie de déchirer, d'évacuer chaque instant de douleur sur la victime qui faisait face.
Les hurlements des spectateurs ivres, le bruit les bouteilles d'alcools se brisant à quelques pas d'eux. L'atmosphère qui les entouraient, les enrageaient encore plus...
Les cris de douleurs et de rage des deux adversaires.....mêlés aux injures ou aux encouragements des gens qui se repassaient de ce spectacle sanglant, violent et sans aucun sens
.
Puis l'un des combattants s'effondre, blessé mortellement tandis que l'autre reprend son souffle, calmant les battements affolés de son cœur, sa respiration presque rauque et tentant de stopper les vagues d'instinct bestial qui l'avait submergé. Le soulagement d'en avoir fini avec ce qu'il détestait, ces combats, s'abattit sur lui petit à petit, il retrouva ses esprits, ses muscles se détendirent tandis que sa vision redevenait claire. C'était fini pour ce soir, il allait pouvoir être en paix quelques heures...peut-être même quelques jours, c'était fini pour le moment. Il n'avait plus à se battre pour le moment, c'était terminé...
Pour l'instant, c'est tout ce qui comptait pour lui!
- «Gryfenfer!!» scandaient le public, acclamant le vainqueur, le puissant combattant qui avait accumulé victoire sur victoire depuis 3 ans «Gryfenfer!» Un Jaguarian qui était doté d'une vitesse, d'une agilité et d'une force incroyable, qui avait dominé dans chaque arène depuis qu'il y avait été introduit pour la première fois. Chacun félicitait ou enviait Menthos pour ce combattant si fort et si rare qu'il possédait, comme à chaque fois, et comme pour la toute première où il avait été envoyé dans l'arène, trois ans auparavant.
Comment et où avait-il acquis un jaguarian?
Celui-ci lança un coup d'œil rapide et inquiet vers son maître. Celui-ci souriait, sachant qu'une fois encore il allait se remplir les poches. Menthos lança ensuite regard supérieur vers le maître du vaincu qui s'arrachait les cheveux, ce qui était déjà en soit une belle récompense pour lui-même. Désormais rares étaient ceux qui osaient vraiment le provoquer, son champion était connu partout dans ce milieu clandestin. Il était le meilleur...et bientôt lui-même serait le plus riche, s'il ne l'était pas déjà.
Les yeux de Gryfenfer perdaient peu à peu leur lueur sauvage, tandis qu'il se calmait, sachant par habitude que c'était terminé pour aujourd'hui. Il était épuisé. Cinq combat. Cinq adversaires de plus en plus fort....et lui n'avait presque pas eu de moment pour se reposer. Il était si fatigué...
La grille derrière lui se rouvrit, et il retourna à l'intérieur, tête basse, l'esprit à vide. Il ne voulait pas penser encore aux carnages qu'il avait fait ce soir. Il affrontait, il le savait, des monstres et des animaux dressés à tuer, à se battre. Mais lui..Il n'était pas un animal ni un monstre!! Que faisait-il là alors? Pourquoi les gens ne voulaient-ils pas comprendre qu'il avait des sentiments lui-aussi? Pourquoi le traitait-on comme ça?
Il espérait tout de même que Menthos serait satisfait, il n'avait aucune envie de se faire réprimander après tout ça. Il voulait juste...dormir. Et aussi retirer le sang qui collait à sa fourrure. Ses paupières étaient lourdes, chacun de ses muscles étaient douloureux. Il avait quelques blessures sans gravité.
Mais il était fatigué...si fatigué...
- «Bon travail» fit son maître qui le rejoignit dans la pièce où il attendait entre les combats. «Pour une fois que tu te comporte bien.» Il fit sauter une bourse bien remplie dans sa main gauche «Tu n'imagines pas tout ce que tu m'as encore fait gagné ce soir!! Je suis richissime grâce à toi!»
Il n'eut qu'un regard furieux en retour. S'il était si riche, pourquoi n'arrêtait-il pas ces combats sans aucun sens désormais?! Il lui lança donc un regard noir montrant à quel point il le détestait, voulait lui faire payer toute ces années de souffrances, qu'il le déchiquetterait s'il en avait l'occasion.
Menthos eut un simple rire, amusé de l'impertinence de son précieux monslave. Il était pourtant le plus fort et il le savait bien, rien n'effrayait plus le jaguarian que son fouet, le collier qu'il portait au cou, les chaînes.
Après des années de servitudes, il n'oserait jamais s'en prendre à lui, n'est-ce pas?
Il partit, sans savoir à quel point ses pensées pouvaient se révéler fausses ou plutôt se révéleraient fausses..Il ne s'en préoccupait même pas, certain de sa supériorité.


Gryfenfer resta seul dans l'obscurité, seul dans la pièce où il vivait en dehors des combats et de l'entraînement, seul .une cage aux murs de pierres. Le jaguarian regardait vaguement le plafond. Il pouvait enfin se laisser aller, faire taire cette partie animale. Il pouvait laisser ses sentiments et ses pensées revenir, l'envahir et le rassurer. Il n'était pas un animal, il ne le serait jamais!
- «Quel vie de Girawa....» marmonna t'il, passant sa main sur ses yeux qu'il avait fermés. Il se sentait parfois vraiment mal. Pas physiquement mais mentalement, sentimentalement...Il se sentait...totalement...Vide.
C'était ça: Vide
.
Il n'avait pas de passé....Rien qu'un flou, un trou sombre sans aucun son, sans aucune image, qui ne se dissipait que pour lui rappeler l'endroit où Menthos l'avait acheté: ce lieu emplit de souffrances, de pleurs, d'odeurs atroces...ce lieu où il n'avait pas été traité mieux qu'un Girawa, un simple bête! Où il avait été regardé comme un trophée! Privé de son enfance, de sa vie...pourquoi?!
Puis avaient suivi ces deux trop longues années de souffrances pendant lesquelles l'homme l'avait entrainé, affamé, brutalisé, injurié. Menthos l'avait jeté dans l'arène à 14 ans, il avait eu tellement peur ce jour là et avait été tellement horrifié par ses instincts bestiaux. Puis ensuite...avant ce soir, il y avait encore eu trois ans où, trop souvent, il combattait des animaux plus féroces les uns que les autres, enragés pour certains, et les tuait. Les remords avaient peu à peu disparus, c'était eux ou lui et il voulait vivre!
Comme aujourd'hui....et ça c'était son présent.....et surement son futur.
Ce n'était pas une vie.....il n'avait pas mérité ça.
Ce n'était pas juste...il n'avait que 17 ans!!

Il était le dernier représentant de son peuple, c'était Menthos qui lui avait dit. C'était surement vrai puisqu'il n'en avait jamais vu d'autre....à moins qu'il ait une poisse incroyable pour être le seul à s'être fait capturé par des humains. Bref, il n'y en avait jamais eu dans les arènes, et heureusement car il n'aurait jamais pu tuer un jaguarian comme lui.
Les humains...
Il grogna à cette pensée: étaient-ils tous pareils? Durant tout ce temps, il n'avait croisé que des êtres humains qui le considéraient comme un animal. Menthos qui le traitait comme un esclave et le maltraitait, l'horrible vendeur qui voyait en en lui une pièce de collection, les spectateurs qui hurlaient, empestaient l'alcool et se repaissait de carnages sanglant chaque soir.
Pire que des bêtes! Pires que ces pauvres créatures qui s'affrontaient chaque soir sous leurs yeux d'ivrognes!
Franchement....Gryfenfer espérait qu'ils n'étaient pas tous comme ça.....parce que ceux qu'ils côtoyaient étaient vraiment lamentable.

Il se leva et s'approcha de la minuscule ouverte pourvue de barreaux qui donnait sur la cour fermée d'une des demeures où se déroulaient les combats. Ca faisait un an qu'il vivait ici, Menthos ayant acheté une partie de la dite-demeure. Il en était satisfait, il n'avait pas toujours eu de soupirail ou fenêtre pour regarder dehors avant. C'était un tout petit plaisir pour lui, pouvoir voir le ciel, les étoiles ou les nuages...en clair l'extérieur, tout comme il aimait respirer l'air de la nuit. Il aurait craqué depuis un moment s'il n'avait pas eu ça!!
Le ciel noir était illuminée d'étoiles, toutes plus brillantes les unes que les autres. Les lunes qu'il pouvait apercevoir de là où il se trouvait étaient vraiment magnifique , rondes et lumineuses, dégageant une douce lueur apaisante. Gryfenfer soupira en respirant doucement l'air nocturne. Il ferma les yeux, une larme s'échappant de l'un des deux.
Pourrait-il un jour échapper à ce destin que lui avait forgé Menthos?
Où devrait-il continuer à massacrer encore et encore chaque soir....
Et surtout....connaîtrait-il un jour la liberté?

Fin

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