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 La secte des Marakas vue par Manda

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MessageSujet: La secte des Marakas vue par Manda    Jeu 10 Mar - 19:01

Bonjour à tous, je me présente, MakaraEnjeel88, je suis nouvelle sur ce forum et poste des dessins dans la rubrique qui y est dédiée. J'ai donc décidée d'écrire une histoire sur le sujet principal de ces dessins : la Maraka Ahngara !!!
Voici le contexte : le monde elfique et Alysia ne doivent pas entretenir de relations génitales, car leurs progénitures, les demis-elfes, sont la proie de légendes urbaines, de maladies, d'agressivité ... pour débarrasser les amants des deux peuples de leurs enfants maudits, une sectes de demis-elfes appelées Marakas les récupèrent à la naissance, les dressent et les vend, soi-disant "lavées de toutes contrariétés, parfaites gardes du corps et compagnes ". Voici l'histoire de l'une d'elle.
Sur ce ... voici le prologue !


Prologue

"A celui qui lira ces lignes ;
Jamais vous ne me retrouverez. Vous pouvez aller jusqu'aux confins des deux mondes, remuer ciel et terre, interrogez par milliers des personnes inconnues, vous ne retrouverez jamais ma trace. De toutes les façons, vous êtes en train de lire des lignes tracées par une ombre, une ombre qui a tué la mère de l'enfant que vous avez trouvée et qui n'a jamais porté de remords.
Voici mes instructions : que vous les suiviez ou pas m'indiffère. Regardez l'enfant : elle a des yeux bleus marines, la peau claire, de fins cheveux verts sapin ... mais attardez vous sur ces oreilles : et oui, ce sont bien des oreilles de demis-elfes. L'enfant que vous avez recueilli n'est autre qu'une demi-elfe. Savez-vous ce que ça veut dire ? Ça signifie que vous êtes en possession d'une future Maraka. Vous pouvez donc soit laisser l'enfant la où elle est, à savoir sur une rive, la vendre aux Marakas, ou alors vous pouvez  la garder et l'élever ; dans ces deux derniers cas, vous risquez de voir vos chances de survie chuter rapidement.
Mais j'écris, j'écris, et pendant ce temps, le temps passe et me rappelle que vous êtes en pleine nuit, proche de la mer et en possession d'une demi-elfe. Alors rentrez chez vous, et attendez d'avoir finit ma lettre pour prendre la décision finale ; lourde de conséquences pour la petite, et vous n'êtes pas sans le savoir. Que dis-je ! Non, vous ne le savez pas, vous ne connaissez même pas le fonctionnement des Marakas ; alors je vais vous brosser un rapide portrait de l'horreur de cette secte.
Premièrement, les différents seigneurs des différents pays donnent, chaque année, les nouvelles-nées demi-elfes qui ont été déposées devant leurs palais. Une Maraka vient les récupérer, on ne sait comment. Certaines demi-elfes sont recueillies par des Makaras qui les trouvent ; ont appelle ça les Aisklis ( le mentor et l'élève ).
Deuxièmement, les jeunes Makaras subissent un entraînement de 10 ans : les 5 premières années, on leur forgera une servilité totale et des talents physiques remarquables. Durant 1 ans, on leur apprendra à se battre comme l'élite des armées ; pendant un autre, elles apprendront la concentration durant le combat. Une année sera nécessaire pour qu'elles apprennent le maniement de leurs lames de mort et de toutes les autres armes existante. Puis 2 ans seront consacrés aux combats bruts, qu'elles soient armées ou à mains nues.
Troisièmement, il y aura la sélection. La sélection, ce n'est rien d'autre qu'un immense tournois à mort pour recueillir la crème des Makaras, 5 combattantes qui auront su tuer toutes leurs adversaires.
Quatrièmement, ces survivantes passeront alors 8 années à roder leur technique, à perfectionner leur savoir, à affiner leur beauté, à apprendre à semer la mort.
Cinquièmement, les Marakas seront vendus par un système magique de pointe, afin de devenir les esclaves de celui qui sera alors leur maître.
Vous voulez toujours vendre la petite ? Soyez certain que la laisser à son sort est préférable pour elle comme pour vous. Quand on sait que ce qu'elle deviendra, une ombre esclave vide de sentiments ...
Alors prenez votre décision, et faîtes-le vite : ce n'est pas recommandable de trainer avec une demi-elfe dans les mains, quand on sait toutes les légendes qui circulent à leur sujet.
Cette décision est la votre. Je ne ferais rien pour vous empêcher. N'oubliez pas que j'ai moi même jeté cette enfant à la mer, afin de ne jamais la revoir."

L'ombre sourit dans la nuit. Elle tira sur les rênes de son Volanthyl, en tenant dans ses bras un adorable bébé emmailloté. Un filet de lune accrocha à une lame métallique au bout d'une tresse, qui disparaissait déjà dans la nuit.


Dernière édition par Manda le Sam 16 Avr - 11:59, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: La secte des Marakas vue par Manda    Sam 12 Mar - 20:11

Avant de commencer le récit, je tenais à vous informer que ces chapitres contiendront des scènes violentes et sanglantes - sensibles s'abstenir !


Chapitre 1

Une cloche résonne. Ses échos trainent longuement dans  mes oreilles avant de disparaître dans le silence de notre chambre commune. J'apprécie le son délicat de cette cloche, qui, depuis mon enfance rythme mes journée.  
Silence. C'est bien le mot. Nous nous levons toutes les six en silence, nous replions simultanément nos six draps, nous rentrons chacune dans notre cabine privée afin de nous mettre en tenue - un kimono noir. Nous sortons ensuite de notre dortoir en silence, puis rejoignons la salle à manger commune dans un silence de mort.
Nos longs cheveux, tous tressés et terminés par un disque d'acier équipé de lames, se balancent doucement sur notre corps rendus parfaits par la musculation et le régime permanent.
"De véritables machines de guerres", ce sont les mots qui me viennent chaque matins, lorsque je contemple la froide indifférence gravée dans chacun des visages qui m'entourent, que se soit chez mes camarades ou chez mes professeurs.
Tel un robot, je prends mon plateau, marche sans bruits et dans une parfaite coordination avec mes compagnes de misères, laisse les flux magiques le remplir d'une bouillie blanchâtre, d'un verre de jus vaguement rouge et d'un pain.
Je m'assois ensuite à la table destinée à notre chambre, et en mangeant mon maigre repas, je jette un regard furtif  à mes camarades, comble de l'insolence chez les Marakas.
Ma voisine de droite est Shakra, une excellente "amie" - si je puis utiliser ce terme - ses yeux sont bleu acier, ils ressortent de manière étonnante sur sa peau mate. Ses cheveux sont divisés en crêtes : une mèche dressée au sommet de son front, deux autres glissent harmonieusement sur ses tempes ; le reste constitue sa tresse. À ma gauche se nomme Rivoulkra ( pas très glamour comme nom, je sais ) : une frange bleue sombre barre son front ; son visage, percé de deux yeux bleus marines, est incroyablement blanc maladif, et c'est pourquoi c'est lèvres mauves n'en semblent que plus belles et étranges. En face de moi sont assises côtes à côtes Bakara, Baraka et Simouva ; les deux premières sont jumelles, tresses noires et yeux bleus cyans ; la troisième est d'un teint pâle constellé de taches de son, et ses yeux dorés sont exceptionnels. Ses cheveux roux et frisés sont liés en une tresse mal faite, probablement pas réalisée dans les temps qu'il faut pour une telle chevelure - j'avais remarqué qu'elle était sorti précipitamment de son minuscule local privé.
- Tes cheveux sont mal tressés.
C'est Liria, une des professeures les plus jeunes, elle fait partie de celles dont personne n'a voulu, celle dont la rancune par rapport à cet échec se détint dans les moindres faits et gestes.
- Oui, je n'ai pas eu le temps de les coiffer, ils étaient emmêlés ce matin.
- C'est inacceptable.
- ...
- Viens avec moi.
Je me mords la lèvre, et échange un regard entendu avec Shakra : la pauvre Simouva va en avoir pour ses frais, Liria est très dure dans ses punitions.
Sans précipitation, presque avec une lenteur provocante, Simouva se lève, et dépose délicatement son plateau sur le rebord de jade qui sert de poubelle. Et c'est là que je me rend compte de se qui va se passer. Shakra et Baraka aussi d'ailleurs, car je vois des perles d'inquiétude briller dans leurs regards.
Comme au ralenti, je vois Simouva lever ses yeux dorés avec une lueur de révolte qui y brûle. Se voix claque, sèche et élégante. Elle n'a pas peur. Elle n'a plus peur.
- Non.
La gifle prend une ampleur démesurée dans le silence mystique de la salle à manger. Elle est suivie d'une réplique si glaciale qu'elle pourrait faire se retourner un mort dans sa tombe.
- Ta vie m'appartient. Et ton âme aussi.
Ce qui suis, je peux l'éviter. Je peux l'empêcher. Au lieu de quoi je baisse les yeux dans ma nourriture.
Avant de les relever, faute curiosité. Je note que plusieurs autres Marakas ont la même réaction que moi. Je les comprends. J'ai 8 ans, elles en ont pour certaines 16. Je suis peut-être destinée à mourir durant la Sélection, elles sont destinées à êtres vendues au plus offrant. Nous sommes toutes des choses, pas des êtres conscients. Nous sommes toutes des Marakas.
Mais malgré tout, nous avons conservé sentiments et âme, émotions et idées. Et cette idée là, plutôt ce sentiment là, qui me brûle ne peut pas être assimilé à une chose. Je suis curieuse. C'est tout.
- Plus rien ne vous appartient.
Le timbre de Simouva est résolu, presque indifférent. Je comprends qu'elle a craqué. Qu'elle ne supporte plus cette vie qui n'en est pas une. Qu'elle ne restera plus une seconde de plus dans ce calvaire. Ses yeux sont perdus, et ses gestes sont lents.
Je vois bien qu'elle tente, sans véritable conviction, d'esquiver les lames qui fusent vers sa poitrine. Je vois bien qu'au dernier instant, ses yeux  sont de nouveaux ceux que j'ai toujours connus : des yeux résolus, mais capables d'éprouver et de ressentir.
Mais je vois encore plus nettement sont sang carmin se déverser sur le plancher de bois sombre, couler vers les chaises et les tables de jade. Je sens l'odeur de la mort, rouge et envoutante. Répugnante. Pas envoûtante. Son sang vient doucement contre mon pied, chaud et léger. Et le gémissement de surprise et de douleur de Simouva, qui semble m'accuser, moi, de ne pas m'être interceptée, de ne pas l'avoir protégée. Je résiste à l'instinct des demis-elfes qui devrait me pousser à goûter à ce sang, et à m'en délecter.
Je contemple le cadavre, ne parviens pas à en détacher les yeux ! Autant par dégout que par fascination, cette vision me torture et me donne l'impression de revivre. Sa mort est la première que je vois et certainement pas la dernière.

*

Tout s'enchaîne très vite. Des Marakas viennent nettoyer le plancher et emmener le corps. Je voudrais leur hurler de déguerpir,  que ce cadavre est celui d'une amie et que personne n'a le droit d'y toucher.
Au lieu de quoi je passe mon masque de "froide indifférence" et vais le plus calmement possible en cours. Le matin, nous travaillons une heure notre histoire Alysienne et Elfique ; puis nous voyons la géographie. Les mathématiques et les langues vivantes constituent deux heures de la matinée.
Nous mangeons, puis nous avons une heure afin de digérer et de savourer notre temps libre. La plupart du temps, je discute gaiement avec Shakra des cours de la matinée, et d'autres fois je vais voir Fliguia, mon maître, pour parler de telle ou telle technique de combat.
Mais cette fois-ci, j'erre dans l'herbe de la cour, au centre des bâtiments. Je finis par me réfugier sous un saule, afin de repenser aux événements de ce matin. Tout est allé si vite !
Je pensais pourtant connaître par cœur mon destin. Cinq ans d'éducation et de soumission,  un de combat, un de concentration, un d'apprentissage au maniement des armes et deux aux combats bruts.
Un tournois à mort. Cinq Makaras survivantes qui, durant 8 ans, peaufineront leur technique. Une vente. Une servilité à vie.
Je sais tout cela. c'est juste mon destin. Alors pourquoi ça ?
Dans une vie, rien n'est réglé comme du papier à musique. Rien n'est certain tant que ça ne c'est pas produit.
Je pose ma nuque contre l'arbre en soupirant lentement.
Comment puis-je imaginer ma vie, désormais ?
Et comment ai-je pu croire que la mort ne m'attendait pas, au détour d'une bêtise ou d'une parole en trop ?

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MessageSujet: Re: La secte des Marakas vue par Manda    Lun 14 Mar - 20:01

Nouveau chapitre ! Thème de ce chapitre : triste.

Chapitre 2

Son poing fuse droit vers mon estomac. De toute évidence, mon adversaire veut me couper le souffle afin de pouvoir me briser la nuque.
Je ne lui en laisse pas le temps ; je dérive mon ventre de quelques degrés, puis j'attends l'instant critique pour saisir son poignet et le faire glisser derrière ma hanche. Dans un mouvement souple, je lui retourne le poignet et avec ma main libre, je lui brise la nuque de mon tranchant de la main.
Je laisse le cadavre s'effondrer tandis que je me tourne vers un nouveau combattant. Il feinte en me laissant croire qui va me heurter du coude, mais s'accroupit et me fauche les jambes, avant de se relever d'un bond pour m'achever avec ses 3 lames de mort qui brillent de sang.
Alors que je me sens tomber, je passe mes jambes au-dessus de ma tête dans un poirier parfait ; je continue mon mouvement, tout en gardant les mains posées. Mon pied droit frappe le visage de mon assaillant tandis que mon pied gauche passe par-dessus son épaule. Je l'utilise comme balancier pour me retrouver debout sur le visage de l'homme. Un sourd craquement se fait entendre.
Les deux actions ont durés une poignée de secondes.
Je quitte la salle holographique. Entièrement composé de bois de l'arbre de Gaméra, elle est conçue comme une boîte close. Programmé magiquement, des hologrammes et un terrain y apparaît à volonté, grâce aux veines du bois, remplies de jade G. Je sort la dernière, l'esprit tourmenté. Notre après-midi est finit.

*

- Je peux te parler ?
Pour seule réponse, j'accélère le pas.
- Ton combat contre les hologrammes de tout à l'heure était remarquable. Tu n'es qu'en première année de combat, et tu tues déjà comme une deuxième année.
Elle se fiche de moi ? Comment peut-elle encore avoir l'audace de m'adresser la parole ?
- Tu as changé, depuis la mort de Simouva.
Je sens un étau de glace autour de mon ventre. Je n'ai plus qu'une envie, me retourner et lui foutre sa raclée, lui faire ravaler ses paroles, lui exploser les poignets. Mais je m'abstient. Et je marche plus vite encore.
- Tu n'as presque pas mangé à midi.
Elle a pris une voix plaintive ? Est-ce que je viens d'entendre Liria se préoccuper de mon état de santé d'une voix compatissante ? Je vais la tuer, je vais la tuer, je vais la tuer comme elle a tué tellement de gens, je vais la tuer comme elle a tué Simouva.
J'inspire, j'expire. Calme, Ahngara, calme. Une petite pensée pour les Makaras de service qui auront plus de travail si tu taches les murs. Mais bon sang, qu'elle arrête de me sortir mon monologue, elle n'en croie pas un mot, c'est une machine, une saleté de machine meurtrière que j'ai envie de débrancher une bonne fois pour toutes.
- Tu sais, Simouva était déjà très souvent inacceptable, complètement intenable, méchante et sentimentale.
Je manque de m'étouffer.  Intenable ? Simouva, qui, depuis toujours était un modèle de calme, qui a toujours fait les tâches les plus ingrates sans rechigner ?
Méchante ? Une fille prête à se plier en quatre pour aider les autres ?
Sentimentale ?
Liria a raison. Simouva était sentimentale. Elle a même pleuré, une fois, quand elle s'est brisé le genou. Elle avait des fous rires, mais des fous rires, intenables. Lorsqu'elle riait, elle ne pouvait pas s'arrêter, tout simplement. Et ses yeux ... si dorés, si pleins de vie et de sentiments.
Simouva était le contraire de Liria. Elle aimait le son de la cloche au réveil, elle aimait le goût du pain le matin, elle aimait la douceur des rayons du soleil, elle aimait le contact de son oreiller sur sa joue, elle aimait la vie.
À son souvenir, mes yeux s'embuent. Ma vision est moins claire, tout à coup. Ma respiration est saccadée , et je parviens à peine à métriser le tremblement de mon corps. Le monologue de Liria m'arrive par vagues : " si seulement elle avait " ... " son insolence était " ... " les acheteurs aiment moins les rousses " ... " elle avait souvent le sourire " ... " je me rappellerait toujours " ... " sa vision des choses " ... " tellement optimiste et insupportable de vie " ...
Ah, il me semble que le ton change. Oui, elle ne maudit plus Simouva, mais elle loue l'imperméabilité et l'intelligence des Makaras, elle idolâtre notre " chèèèèèèèèèèèèèère directrice qui sait garder la tête froide " et repart ensuite sur Simouva et son idiotie puérile, " indigne d'une Maraka ".
Alors que je sentais le liquide refluer vers les profondeur de mon être, il revient en masse cette fois, chargé de souvenirs.
Simouva qui éclatait de rire en classe ; qui nageait dans son kimono trop grand ; qui faisait des grimaces devant le repas ; qui pleurait devant son genou déformé ; qui imitait la mouche ; qui faisait tomber sa hache trop massive ; qui gisait sur le sol de la cantine , baignant dans son propre sang.

*

Liria finit par partir. L'âme brisée, je rejoint Bakara et Shakra au réfectoire. C'est cette fois une soupe verte, accompagnée - fait absolument exceptionnel - d'un petit croissant.
Le sol est parfaitement nettoyé, depuis les événement de ce matin.
Je mange mon repas en silence. La chaise devant moi est vide. Je déglutit avec peine. Mon croissant croustille sous ma dent. Avant, j'aurais apprécié cette saveur, nous aurions toutes les six échangé un regard entendu ... avant de nous mettre à pouffer, puis à rire dans le silence de mort du réfectoire.
Non. Je dois imposer un barrage à mon esprit. Simouva ne fait plus partie de ma vie. Je préfère qu'elle soit morte ainsi plutôt que de ma main, durant la sélection. Ces souvenirs n'ont pas lieu d'être. Je suis une Maraka, stop. Maintenant , je vais reprendre mon destin en main.
Je sens une présence dans mon dos. Je n'ai pas besoin de me retourner pour comprendre de qui il s'agit.
- Je t'attend sous le saule, mon Aiskli.

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MessageSujet: Re: La secte des Marakas vue par Manda    Dim 10 Avr - 19:53

Désolée pour le retard de ce chapitre, j’espère qu'il va vous plaire. Il ne bouge pas beaucoup, mais vous aurez votre dose d'action pour la Sélection, promis Very Happy !

Chapitre 3

Le repas est finit. Je fais un petit signe de la main à mes camarades de chambre, puis je suis Fligia à travers le réfectoire de jade des 8 ans. Le parquet est vert, un peu transparent, et l'intégralité des tables et des chaises sont composées de bois très sombre veiné de jade. On nous a expliqué que tout le mobilier, les murs, le parquet, absolument tout les composants du bâtiment contenaient du jade G. Je n'ai jamais compris pourquoi. Les instructrices nous ont appris que l'île se situait au pôle Sud du monde elfique, où une sorte de sphère de magie était concentrée. C'est à l'intérieur de cette sphère que nous vivons. Le problème, c'est que l'accès marin est impossible à cause du champ, et seul les clefs elfiques permettent d'entrer. Et l'emplacement Alysien qui débouche sur le pôle Sud du monde elfique est la cité d'Orchidia, d'où le matériaux de construction ; des planches de l'arbre de Gaméra, des vitres de jade et des parquet ciré avec une cire issus de jade G. Notre environnement est dons très ... vert. Mais cette sphère permet de garder notre formation inaccessible et secrète.
Fligia me distance, sa longue natte blonde volant derrière elle. Je déteste quand elle fait ça. Je commence à trottiner, jusque dans les couloirs désertés de vie - le couvre-feu est très strict. Comme je suis en compagnie de mon Aiskli, j'ai carte blanche, mais nous ne sommes que cinq a disposer d'un tel soutien. Les cinq de mon dortoir. Simouva n'était pas une Aiskli, elle avait été placée avec nous car il n'y avait pas assez de place pour tout le monde - 83 demies-elfes la même année, ça frôle l'impossible. Et évidemment, les trois "en trop" ont péri durant leur formation. Je sers les dents, mais rien d'autre. La douleur est presque éteinte. J'ai toujours su garder mon sang-froid, peu importe la situation.
Je suis maintenant obligée de courir pour ne pas perdre de vue Fligia. Nous nous dirigeons vers la cour, au centre du bâtiment en forme de donut. Un immense donut, car environs 60 demies-elfes par groupe d'âge - soigneusement séparées - ça fait comme même dans les 1000 personnes, si je comptes les Marakas, les professeurs, et celles qui attendent la vente. Nous déboulons dans la cour, qui est séparée en 18. On peut aller dans les terrains des autres, il n'y a pas de barrières, mais la majeure partie de notre entrainement se déroule souvent en plein air, dans le dix-huitième qui nous est réservé. Un kilomètre carré de terrain par groupe. Les calcul pour positionner le bâtiment et ses dimensions ont pris des années, mais le résultat est bluffant. Le découpage s'applique aussi au donut. On ne connait que l'intérieur de ce cercle.
Nous déboulons dans la cour, pas même essoufflées. Notre entrainement de 5 ans a fait de nous des machines très endurantes - pour vous donner une idée, je peux courir à bon rythme pendant 4 heures, même si je suis épuisée à la fin. Et Fligia, je l'ai déjà vu courir durant toute une journée, et elle avait juste besoin de reprendre son souffle. Je ne sais pas jusqu'à où vont ses capacités.
- Suis-moi, me dit-elle justement. Et prends ça.
Je la vois alors commencer à escalader le bâtiment, dans un silence absolu. Elle utilise sa natte et les lames qui y sont accrochées pour trouver des appuis. Fligia m'a fournit des mitaines pourvues de griffes, et je les enfile en testant. Je dois fermer le poing afin de pouvoir exploiter à fond mes griffes. J'escalade à sa suit.
L'ascension est aisée, j'en aie déjà réalisé dans la salle holographique. Le bâtiment est pourvu de plusieurs faille dues aux fenêtres et au temps. Nous montons sur le quartier des 3 ans, qui sont plus difficiles à réveiller. J'appréhende un peu. Si Fligia me fait monter là-haut, je vais savoir ce qui m'entoure. Et ça me fait peur. L'extérieur de l'île nous a toujours été dissimulée.
Le terrain devient peut à peut plat, au fil de l'évolution ronde du toit. Et enfin de suis au sommet. Au point culminant du bâtiment.
Une fleur.
Une fleur de lotus, dont les pétales sont des falaises qui se superposent. Au loin, la mer - dont j'ai déjà entendu parler - se déchaîne contre la roche. Les pétales sont recouvertes d'une prairie piquée de fleurs. L'horizon est plein d'étoiles et d'eau. J'en ai le souffle coupé.
- C'est impossible, je murmure. Une île naturelle ne peut pas sembler être sculptée ...
- Nous pensons que c'est la cause du pôle de magie.
- Même ... regarde, c'est une véritable fleur ! Une fleur de lotus ! Tout est parallèle.
Je tourne la tête vers mon Aiskli, en attente d'une réponse. Mais elle continue à observer la lune. Ses yeux sont verts pâles, et son visage est de lait. De petites taches de son décorent sont nez et ses pommettes, et son visage est dégagé par la queue-de-cheval que annonce sa longue tresse blonde platine. Elle est grande, et a un corps magnifique, comme toutes les Marakas. Je connais son histoire. Elle n'a pas eu d'Aiskli, mais lors de son enfance, il n'y avait pas assez de Marakas dans la secte. Les demies-finalistes de la Sélection de son année ont été conservées, et elle faisaient partie des 5 qui sont restées dans la secte, sans être vendues. Ils ont fait ça sept années de suite.
- Il y a des mystères dans l'univers qui nous dépassent, finit-elle par avouer.
Fligia est une mère pour moi. Elle m'a conservé du monde dénué d'émotions des Marakas, en m'apportant un peu de tendresse lorsque j'était plus petite, en me faisant découvrir de la musique, en m'apprenant à dessiner. Je lui dois tout. Elle m'a toujours donné des conseils pour m'améliorer, toujours accompagnée dans des moments difficiles. Sans elle, je serais comme ... Milizia, une horripilante 8 ans, horriblement cruelle et indifférente à la souffrance ou au bonheur.
- La mort de Simouva était préméditée, lâche-t-elle soudain. Aujourd'hui, Liria devait, de quelque façon que ce soit, pousser Simouva a désobéir. La directrice voulait sa mort, pour qu'il y aie le bon nombre de Marakas durant la Sélection, et aussi afin de préserver Simouva du combat inégal contre une autre jeune.
Puis elle souffle :
- Contre toi. J'ai voté pour sa mort. Pour que tu n'aies pas à l'affronter. Pour que tu ne souffres pas devant le cadavre d'une amie. La directrice ne fait jamais combattre d'Aisklis, mais un combat inégal pour tester ton sang-froid, ça oui, elle l'aurait fait avec joie !
Elle me regarde, des larmes pleins les yeux. Moi, je ne laisse pas couler les miennes.
- Reste forte, m'ordonne-t-elle en me prenant les épaules et ravalant ses larmes. Pour toi, il n'est pas trop tard. Tu peux encore vivre. Tu peux encore éprouver. Sois une contradiction. Sois la Maraka qui a su briser les chaînes de l'indifférence.
Je me dégage et, sans un mot, je redescends le bâtiment. Fligia ne me suis pas. Tant mieux. Mes nerfs sont suffisamment à l'épreuve comme ça.

*

Je suis retournée dans mon dortoir, des images plein la tête. Cet extérieur est ... magique. Et les révélations de Fligia me blessent profondément. "La Maraka qui a su briser les chaînes de l'indifférence " ... difficile de comprendre le sens de ses paroles. Peinant à trouver le sommeil, je jette un œil autour de moi.
Notre dortoir est fait de trois lits superposés - je dors en dessous de Shakra. Baraka et Bakara forment une paire, et Rivoulka se retrouve seule sur la couchette supérieure. Je sais que l'Aiskli de Shakra se nomme Digena, peau mate, yeux noirs et cheveux bleus sombres. Comme Baraka et Bakara ont été trouvées ensemble par Sima, elles sont un trio d'Aisklis. Sima est très distante, et pourtant tout chez elle semble avoir été soigneusement étudié pour se faire remarquer ; de ses cheveux d'un rouge carmin et de ses yeux de panthère jusqu'à sa posture légèrement supérieur. Quand à Rivoulka, je ne connais pas le nom de son Aiskli, mais je sais qu'elle est petite, brune et rendue aveugle suite à ses blessures issues de la Sélection. Pourtant, son ouïe et son odorat remplace ses yeux, et elle a la bravoure de Fligia.
Rivoulka m'a toujours beaucoup intriguée. Son physique déjà, sa peau diaphane, ses lèvres mauves, ses cheveux fins comme de la soie et noirs comme la suie et ses yeux en amendes perçants comme ceux d'un oiseau. Son Aiskli, qui est aveugle est qui l'a pourtant trouvée est reconnue comme demie-elfe ; et sa jumelle. Pas officiellement, bien sûr, mais la ressemblance est si frappante : même physique - mis à part la couleur des cheveux, qui chez sa jumelle est bleu cyan -, même posture, même attitude ... la 8 ans Xilena et Rivoulka sont jumelles, pour moi c'est une certitude.
Les respirations de mes camarades sont presque inaudibles, et pourtant j'entends que l'ensemble est comme amputé, comme privé d'un cinquième élément.
Je ne tarde pas à sombrer, en songeant à Simouva, dont la mort a été approuvée et planifiée par celle que je considérais comme ma mère.



Voili voilou, j'espère vraiment que vous aimez et encore merci aux lecteurs de cette fanfic Coeurs

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MessageSujet: Re: La secte des Marakas vue par Manda    Sam 21 Mai - 14:57

Chapitre 4

Les mois sont passés. La vie - si on peut appeler cela une vie - a repris son court sans changements. J'ai appris plusieurs techniques mortelles, affronté énormément d'hologrammes, me suis instruite aux arts de la mort. La mort. Dès demain, je vais devoir la semer chez mes camarades afin de continuer ma route ...
- Ahnagara ? Tu rêves ?
Je regarde Rivoulka avec un léger sourire. Comment pouvoir rêver durant le tout dernier entraînement, le dernier où l'on puisse observer celles qui vont devenir des ennemis ?
- Bien sûr que non, je reprends, mais toi tu es plus concentrée sur moi que sur l'entraînement !
Nous sommes au troisième étage, celui de la salle holographique. Elle est séparée en deux : d'un côté un tatami avec des bancs sur le côté, où travaille  - individuellement - les autres. De l'autre côté du mur, on voit, dans la pénombre de la salle holographique, l'une de nous qui s'exerce contre les lasers de jade.
- Mais non ! reprends Rivoulka après un instant d'hésitation. Je cherchais du soutien. J'appréhende.
Elle fixe la jeune qui vient d'achever son tour.
- Justement, c'est moi après elle ! J'y vais.
Elle se lève du banc où nous nous sommes installées. Je ne cherche ni à m'entraîner devant toutes les autres - ce serait révéler mes techniques-, ni à observer celles qui combattent. Je verrais demain.
Mais j'ai envie de voir Rivoulka se battre. C'est une Aiskli, aucune chance que je combatte contre elle. Elle pénètre dans la pièce et se place au centre. Aussitôt, les arrêtes du pavé droit qu'est la salle holographique sont illuminées par les veines de jade. Les traits fusent, se relient, et enfin créent 7 combattants. Pour la dernière fois de 75 Marakas, il faut combattre 7 adversaires qui s'animent avec un décalé de 3 secondes. D'autres rayons fusent dans la main de Rivoulka. Une dague holographique vient se glisser dans sa paume. Elle se tend à l'arrivée du premier combattant, comme un fauve qui se prépare à bondir sur sa proie. Et elle bondit.
Elle esquive le crochet de l'ennemis en se plaquant au sol, et utilise cette position pour lui faucher les jambes. Rivoulka utilise cette même jambe pour se propulser vers le haut et le décapite. Elle se retourne et pare la lance du second, glissant sous la garde de l'hologramme et lui brisant net le cou. Elle se propulse en un salto vrillé afin qu'aucune lame ne puisse atteindre un point précis de son corps puis se retourne sur le troisième hologramme. Son fouet claque, mais Rivoulka l'enroule autours de son bras, ramène à elle son adversaire et lui tranche la carotide.
Les hologrammes sont incroyables. Ils sont de pur répliques de l'être humain, copiant jusqu'aux réseaux de veines. Si un combattant poignarde au niveau du cœur un hologramme, même si il ne s'agit que de rayons, les données et les connaissances informatiques sur la structure humaine permettront de calculer l'impact sur un vrai corps et de provoquer la réaction d'un être. Et les rayons, lorsqu'ils touchent le combattant, se révèlent brûlants sur toute la surface agressée, et ce jusqu'à la fin du combat.
Je me focalise sur la vitre.
Rivoulka vient de mettre à terre le cinquième combattant - le quatrième s'étant fait poignarder sans avoir rien pu faire. D'un coup de dague, elle transperce le ventre du sixième adversaire, puis remonte sur le cœur. Elle tourne sur elle même avant de lancer sa dague dans le thorax du septième, qui venait de s'activer, avec 21 secondes de retard par rapport au premier.
Tout les rayons se rétractent, et la porte s'ouvre pour laisser le passage à une Rivoulka exténuée.
- C'est à ton tour, il me semble, me glisse-t-elle entre deux inspirations.

*

- Non. Tu devras te contenter de ça.
Je regarde Fligia avec des yeux suppliants. Non seulement je n'ai pas pu dormir de la nuit à cause du stress qui découle de ma possible mort, mais juste après le déjeuner, Fligia m'a convoquée dans l'arène pour me présenter mes armes.
L'arène est le point central du jardin. C'est un amphithéâtre, où combattent chaque année les dix ans. On combat par paire, le vainqueur rejoint le public tandis que les prochaines combattantes descendent dans profondeurs de l'arène, où siègent les armes qu'elles choisissent à volonté pour le combat.
Encore une fois, les Aisklis n'ont pas les mêmes règles. Pour elles - et donc pour moi - il faut utiliser pour tous les combats les armes fournies par les Aisklis. Interdiction absolue de récupérer une arme dans l'armurerie.
Et là, Fligia vient de me présenter ce que je vais devoir porter. C'est une combinaison noire et fluide qui recouvre tout mon corps, sauf le visage. Par dessus, je porte une très étrange arme. Il s'agit de lanières de cuir doublées de métal souple qui se croisent au niveau de mes articulations, formant une architecture qui, ne recouvrant pas tout mon corps, me laisse une totale liberté de mouvement. Elles s'enroulent autour de mon cou, protégeant ma carotide, puis une deux lanières s'entrecroisent sur les bras et forment des gantelets. Une fibre de cuir glisse dans mon dos, parallèlement à celle sur mon buste, puis elles se rejoignent en un cercle qui serre mes hanches. Mes jambes sont couvertes de la même manière que mes bras, formant deux semelles de cuir pour les pieds.
- Au cas où tu ne l'aurais pas remarquer, je souligne à Fligia, il manque juste des armes, à cette combinaison.
Fligia me fait un sourire en coin avant s'ouvrir un sac en toile. Il contient plusieurs étuis. Elle me tend le premier, que j'ouvre avec une moue que j'espère dubitative.
Il contient un trio de griffes. Je n'en ai jamais vu de pareil. Elles sont affutées et sont comme piquées de minuscules diamants noirs. Je reconnais la matière en même temps que Fligia me souffle :
- C'est du cédur.
- Le matériaux le plus dur d'Alysia ...
- Glisse-les entre les doigts de ta main droite.
- Hein ??? Non mais ça va pas ! Rien qu'en les prenant je risque de me couper et de faire une hémorragie,  alors les placer entre mes phalanges !
Je n'exagère pas. Ces griffes sont plus fine qu'une feuille de papier, et plus tranchantes que les lames de mort de Fligia.
- Obéis, ordonne mon Aiskli.
Je déglutit et saisit les griffes. J'écarte les doigts et ... les lames s'échappent de ma main pour se caler entre mes phalange !
- Un aimant. Ces lames ne bougeront plus d'ici, les aimants qui les retiennent sont trop puissants. Il te faudra au moins ça pour vivre.
J'observe les lanières. Effectivement, ce que je prenais pour des attaches décoratives sont des aimants.
J'accroche ensuite des griffes à ma main gauche ; des épaulettes en forme de feuille de coca ; deux longues lames dans le prolongement de mes biceps, qui me permettent de plier et de déplier mes coudes sans me blesser ; deux autres lames qui glissent sur mes genoux ; une griffes sur chaque talon ; et enfin deux poignards, pendants à chacune de mes hanches.  
- Ce sont des poignards à lancer, m'explique Fligia. Ils ont un aimant moins puissant, même si il te faudra tirer fort pour les décrocher.
J'observe mon Aiskli. Elle a les yeux dans le vague. Je comprends ; elle tient à moi, comme je tiens à elle. Fligia ne veut pas me perdre.
Moi non plus. Je combattrais, et je tuerais. Car je ne perdrai jamais Fligia. Jamais.

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MessageSujet: Re: La secte des Marakas vue par Manda    Lun 13 Juin - 17:57

Chapitre 5

Les 80 jeunes sortent et arrivent dans le jardin. J'en fais partie. Le soleil glisse sur nous, comme de l'or en fusion. Nous avançons, rythmées, silencieuses, telles des condamnées à la guillotine.
Nous prenons place sur les immense gradin. Les Marakas de la Secte on une tribune spéciale, et toutes sont là. Elles ont délaissées, comme la chaque années, les plannings de la journée, et cela pour quatre jours.
La directrice se lève. Fligia m'a confié qu'elle était la fille d'un elfe noir. Cette révélation m'avait fait un choc. Les elfes noirs sont très mal vus dans le monde elfique, alors que l'un d'eux ait eu une relation avec une humaine, ça frôle l'inimaginable. Même si il a pas mal de Marakas à la peau noire, c'est du à leur racine humaine.
La directrice n'a pas de nom. Lorsqu'une directrice est choisie par la Secte, alors elle abandonne tout. On appelle les directrices "Ra". Ra n'est ni vielle, ni jeune. Son âge est impossible à déterminer. Elle a des rides, et pourtant sa peau est ferme, et aucun voile n'a jamais assombri ses yeux. Question physique, elle a des cheveux d'argent et des yeux de métal. Son corps est un peu replié sur lui-même, et pourtant et n'est pas courbées.
- Nous célébrons aujourd'hui la 185623ème Sélection. Soyez à la hauteur. Les seules qui survivront seront au nombre de 5 ; et elles seront alors de futures Marakas, prêtes à la vente, dans 8 ans. Premier combat : Louna contre Clizia.
Après cette introduction sommaire, deux des jeunes se détachent et glissent vers les tréfonds de l'arène. Je me fais plus attentive. Fligia m'a dit que la première vague de combat était souvent la plus facile, car les plus faibles des jeunes sont toujours contre les plus fortes. Ainsi, seule les meilleures survivent, et ce depuis le début.
Elles sortent par les portes opposées. Clizia a choisi, dans l'armurerie, une dague et une paire de poignards à lancer. Quant à Louna, c'est au katana qu'elle se battra. Ra claque des doigts, et aussitôt le combat démarre. Louna prend très vite l'avantage. Après avoir désarmé sont adversaire, elle la décapite d'un large coup de katana. Un frisson de dégoût me parcoure. Combattre contre des hologrammes, c'est ... ou plutôt, ce n'est pas détruire une vie.
- Deuxième combat : Gliva contre Kavia.
Les combats se succèdent. Chaque victoire est alourdie d'une mort, et les Marakas de la Secte se relaient afin de transporter les corps à l'extérieur de l'arène.
- Trente-sixième combat : Ahngara contre Maniva.
Je me lève, tandis que je sens peser sur moi les regards de Fligia et de Shakra. Elle a vaincu son adversaire avec succès, en la transperçant d'une lance envoyée à la manière d'un javelot.
Je descends par le premier escalier, alors que Maniva, une brune aux taches de son, prend le second. L'armurerie est divisée en deux parties égales, pourvues des mêmes armes, mais séparées, afin d'éviter que les adversaires connaissent les armes avant le combat.
Je n'ai pas à choisir une arme, je la porte déjà. Je me contemple dans le miroir qui entoure la porte. Dans le bois de la porte, il est gravé : "Rien n'est plus dur que d'affronter son propre regard".
Puis la sonnerie retentie, et j'ouvre la porte. Une vingtaine de mètres plus loin, je vois Maniva. Elle tient un arc, ainsi que de nombreux poignards à lancer. Son point fort est donc le lancer. Il faut que j'essaie le corps à corps.
Ra claque des doigts, et aussitôt Maniva tire une flèche avec une puissance est une précision inouïe. Tu n'arriveras pas à m'épingler à 20 mètres comme l'a fait Shakra.
Je saute par-dessus la flèche, et j'en esquive une nouvelle. Je gagne du terrain, mètre après mètre. Et bientôt, je suis proche de Maniva. Toute proche. Elle dégaine une dague que je n'avais pas remarqué, et elle tente de me la planter dans l'épaule. J'attrape son poignet avant de planter mes griffes longues de 50 cm jusqu'à la garde dans son thorax.  
Un léger râle sort de la bouche de Maniva, puis son corps chute. Une flaque carmin s'étend dans son dos et prend sa source dans son buste. Je n'arrive pas à bouger, fixant ces yeux morts qui me transpercent et qui m'accusent, qui me tuent avec plus de facilité qu'un poignard dans le cœur.
- Trente-septième combat : Rivoulka contre Finihngra.
Je vais vers la porte, déboussolée. Et lorsque je me retourne, mon reflet me regarde, avec ses yeux étrangement bleus marines, ce visage de lait encadrés de cheveux vert sapin. Des mèches devenues écarlates.

*

La cloche résonne. Tous mes gestes sont mécaniques. La préparation. Le petit-déjeuner. La marche vers l'arène. L'installation dans les gradins.
- Premier combat : Xilena contre Milizia.
- Il va y avoir des étincelles, me souffle Shakra.
- Pour sûr.
Les deux combattantes entrent dans l'arène. Xilena a récupéré des griffes et des dagues ; Milizia possède une lance à double tranchants et des shurikens.
Claquement de doigts.
Je n'avais pas été particulièrement attentive au combat de Xilena, hier. Et j'en ai le souffle coupé. Les adversaires se rapprochent, entre des attaques à distances et des esquives. Puis vient le corps à corps. Xilena feinte en tentant de transpercer le cœur de Milizia, bloque son bras droit et glisse sous la garde, entaillant le flanc droit et se propulsant loin de son adversaire. Dans son élan, elle ne voit pas le shuriken de Milizia, mais le sent très bien, sa cuisse gauche profondément ouverte. Moins un point chacune.
Xilena se jette sur l'autre, dans une vrille qui fauche les jambes de Milizia. Celle-ci tire alors sa lance et tente de la plante dans le buste de Xilena ; les reflexes de cette dernière étant intacts, elle réussit à bloquer l'attaque au quart grâce à ses griffes. Alors que Milizia est encore à terre, Xilena utilise ses dernières forces pour lui planter une dague dans le cou. Les deux adversaires s'effondrent. C'est fini.
C'est à Fligia de déplacer les corps. Elle saute dans l'arène, courant vers les combattantes.
- Xilena est vivante, mais elle a besoin de soins, ou alors nous aurons deux cadavres sur les bras.
Rivoulka soupire de soulagement. Elle a encore les traits crispés dans une grimace d'inquiétude, et son visage est un masque de souffrance.
- Tu vas bien ? je lui demande.
- Il va falloir.
- Deuxième combat : Ahngara contre Pyzia.
Je descend dans l'arène. Je sais ce qui m'attend, et cela me rend étrangement indifférente. Tuer ou être tuée. Après tout, la mort est plus agréable que la servilité à vie.
Pyzia s'est armé d'un bouclier en X et d'une épée. Epée et bouclier ? Pas très commun, ça.
Claquement de doigts.
Je m'avance vers mon adversaire, étonnamment immobile. Je m'élance, et feinte une attaque vers le cou, avant de me rabattre sur le torse. Mes griffes sont brutalement arrêtées. Son bouclier vient de les coincer entre ses barres, et Pyzia tourne d'un coup le poignet. Le mien, le droit, craque sourdement. Une douleur aigue me parcourt, et je recule en un salto. Mon poignet droit m'élance ; Pyzia attaque. Son épée m'oblige à reculer, et son bouclier rend mes lames inutiles. Le mur n'est plus qu'à quelques mètres, dans mon dos.
Soudain, l'illumination. Je place mes griffes gauches dans les arrêtes de son bouclier, volontairement vers le haut. Puis j'envoie la lame de mon genou gauche dans son biceps. Elle crie, avant de reculer précipitamment. Mais c'est trop tard. Dans sa hâte, elle n'a pas surveillé a garde. Je décroche un couteau à lancer, et je le lance vers on cœur. Il se plante dans son buste, et Pyzia s'effondre.
Je sort de l'arène.

*

- Tu me fais mal ...
Fligia ne répond pas. Nous sommes à l'infirmerie, au deuxième étage, avec les dortoirs. L'infirmerie est assez travaillée : au sol, il y a des chaises, des armoires, des commodes, des fauteuils ... tout ce qu'il faut pour remettre quelqu'un sur pieds rapidement. Et, accrochés aux murs, quelques draps blancs sont suspendus en hauteur. Ils servent de lits : ça permet de ne pas prendre de place au sol et d'éviter que la blessée n'aille quelque part. Fligia est en train de remettre mon poignet en place avec une "adaptation de quand on remboite une épaule". C'est plutôt efficace, mais je grogne pour la forme.
- Et voilà. C'était pas si terrible ... tu veux comme même pas un bisou magique ?
- Pffffffffffff ... t'es désagréable ...
- J'suis pas une gentille elfette, répond-t-elle avec un étrange sourire.
- Tssssss ...
- Prononce des mots, au moins. Au fait, voici ton poignard.
Elle applique le manche de l'arme sur ma ceinture, et il est aussitôt accroché.
Je fais tourner mon poignet. Même si il est sensible, je peux me battre sans désavantage par rapport à mes adversaires.
- Tu as déjà fais la moitié du travail ...  même si c'était la plus simple.
- Je t'ai déjà dis que tu es trèèès rassurante ?
- Oui, plusieurs fois. Tu radotes, mémé.

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MessageSujet: Re: La secte des Marakas vue par Manda    Dim 19 Juin - 15:07

Ok, le chapitre est assez court, parce que le prochain sera franchement énorme.
Et parce que j'ai promis de poster ce soir.



Chapitre 6 :

- Premier combat : Rivoulka contre Jotlmila.
Rivoulka est très tendue, une lourde veine palpite contre son front. C'est normal. Sa jumelle était dans un état critique, hier. Mais grâce aux nombreuses ressources de l'infirmerie, renforcées magiquement, Xilena est de nouveau sur pieds, prête à en découdre.
Et pourtant, Xilena traine encore de la jambe, est encore pâle.
Rivoulka me l'a dit, elle est malade d'inquiétude pour sa jumelle. Quasiment toutes les dix ans sont au courant pour leur lien de parenté.
Elle descend dans l'armurerie, d'un pas franchement mal assuré.
Quelques secondes plus tard, elle se retrouve dans l'arène, possédant un coutelas bombé et de très longues griffes - environs un mètre. Elle a enfilé une ceinture de dagues.
Son adversaire, Jotmila - on a pas idée de nommer quelqu'un ainsi, enfin, je ne suis pas très bien placée pour le dire - a récupéré deux katanas et une trentaine des couteaux à lancé, fins et mortels.
Ra claque des doigts, et les deux adversaires se rapprochent.
Jotmila envoie alors, dans un mouvement fluide et imprévisible, deux couteaux. Rivoulka fait un poirier suivi d'un rétablissement à terre afin de les esquiver.
Les lancers s'enchaînent ainsi, entre attaques et esquives.
Puis je comprends. Ce qui se déroule devant moi, c'est ma technique. Celle de mon premier combat.
Jotmila se rapproche, se rapproche, et d'un coup, elle n'est plus qu'à un mètre de Rivoulka. Celle-ci venait de se rétablir avec un salto assez maladroit, et est surprise par la proximité. Elle fait une roue du côté droit de Jotmila, afin de la surprendre et d'esquiver son attaque.
C'était une feinte.
Jotmila avait fait semblant de planter son katana gauche dans la poitrine de Rivoulka, et, de sa main droite, elle tire son second katana et fauche Rivoulka, qui s'écroule dans une flaque de sang.
Dans les gradins, Xilena se crispe.
Ses lourds chaveux bleus cyans retombent sur son visage, masquant de leur voile de soie les larmes.
L'Aiskli de Rivoulka saute dans l'arène. Même si elle ne semble pas partager la détresse de Xilena, son visage respire la concentration. Ses longues oreilles, à l'affut pour remplacer ses yeux, semblent guetter quelque chose. Quelque chose qu'elle ne trouve pas.
La respiration de Rivoulka.
Elle doit en revanche distinguer le léger bruit du sang qui s'écoule, ainsi que la marche rapide de Jotmila vers l'armurerie.
Ce n'est pas la marche de Rivoulka. Ce n'est pas ce qu'elle espérait. La vie de son Aiskli a pris fin, et ça, elle refuse de l'admettre.
Enfin, la Maraka prend le corps et le fait sortir, par la petite porte de bois.

*

C'est étrange. Je ne me sens pas triste.
Ici, dans le dortoir, désormais accueillant 4 personnes, je me sens indifférente.
Je devrais pleurer la mort de Rivoulka.
Je devrais regretter mes meurtres, ainsi que celui d'aujourd'hui ; j'ai combattu Solena, et je l'ai vaincu par la lame de mon épaule gauche. Elle se remettait tout juste de ses blessures d'hier. C'était du gâteau.
En parlant de guérison, Xilena a combatt avec une rage hors du commun.
Des sillons humides sur les joues, elle a empalé d'un coup de griffes sa malheureuse adversaire contre le mur de l'arène.
Malgré ces atrocités, je ne dis rien, je ne fais rien.
Pour être honnête, je m'en fiche.

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MessageSujet: Re: La secte des Marakas vue par Manda    Lun 4 Juil - 13:20

Chapitre 7 :

Ça y est. Nous y sommes. Le combat de notre vie. Que ce soit le dernier ou l'un des premiers. Celui qui déterminera la route que nous devrons suivre.
L'arène est devant moi. Et dans les gradins, il n'y a plus que 10 jeunes.
Dix ! Nous étions 83 au début du chemin. C'est vertigineux. Des personnes que j'ai côtoyée, appréciée, haït, mortes. C'est une sensation étrange, et franchement désagréable, que je n'ai pas ressenti depuis mon premier meurtre. Du regret.
Du regret pour cette vie normale, sans besoin constant de se battre pour vivre. On a étudié une vie "normale" durant notre 8ème année. Une naissance, de l'amour, et père et une mère - j'ai encore un peu du mal à apprécier ce concept, mais il me fait penser à Fligia-, une famille, des années qui passent, des rencontres, un métier, un mariage, des enfants, des petits-enfants, la mort tranquille. Enfin, c'est un très rapide résumé. On a scrupuleusement étudié chaque facette - c'était l'objectif de l'année.
- Premier combat : Xilena contre Kidoha.
Une flamme brûle dans le regard de Xilena. Elle  n'est pas prête d'accepter la mort de sa jumelle.
La rage est mauvaise conseillère. On a pourtant étudié la concentration dans le combat, en 7ème année.
Le deux corps sont dans l'arène.
Côté droit, Kidoha, munie des traditionnels dagues, poignards, griffes et autres armes fines et subtiles.
Côté gauche, même version, la rage et les cheveux bleus en plus.
Claquement de doigts.
La violence et la vitesse de ce combat sont juste incroyables.
Xilena ouvre la garde de son adversaire en lançant deux couteaux, et les suit en courant jusqu'à Kidoha, occupée à éviter les armes. Celle-ci repousse l'ennemie en une souplesse arrière, faite sur son bras gauche, le droit étant occupé à lancer un couteau vers Xilena pour l'obliger à reculer. Un ballet mortel s'engage entre les deux adversaire, chacune parant les coups de l'autre avec des poignards et des esquives gymnastes.
Jusqu'à ce que, en plein duel, au lieu d'esquiver et de riposter, Xilena, utilise ses griffes pour déchirer la ceintures de dagues.
Celle-ci tombe au sol, privant Kidoha de son point fort.
Xilena enchaîne des attaques, maintenant avec ses griffes, et finit par désarmer Kidoha de la dague qu'elle avait utilisée pour se défendre. Les griffes des deux jeunes virevoltent, créant un écho de métal dans les gradins, jusqu'à l'apogée du combat, où les deux adversaires ne sont plus qu'une masse informe et bouillonnante.
Finalement, l'entité rageuse qu'est devenu le combat se fend en deux partie. L'une s'écroule, tandis que l'autre marche d'un pas mal assuré vers la porte, avant de tomber par terre.
Ra elle même, comme le veut la tradition, descend dans l'arène et va vers les corps, afin de vérifier les respirations.
Elle soulève le corps aux cheveux bleus et le confie à l'une des autres Maraka - les bras de celle-ci se couvrent de sang-, avant d'annoncer solennellement :
- Xilena est la première Maraka de cette année.
- Ouf ... me souffle Shakra.
La Makara en charge de Xilena, qui semble inconsciente, sort de l'arène en courant.

Ra remonte dans les tribunes, puis déclare, comme si de rien n'était :
- Deuxième combat : Shakra contre Jotmila.
Shakra me glisse en se levant :
- La tueuse de Rivoulka ... je vais la venger.
Shakra est ma meilleure amie, mais elle avait énormément d'affinités avec Rivoulka. Hier soir, elle a presque passé une heure à pleurer.
Dans l'arène, Jotmila a récupéré ses deux katanas et sa ceintures de couteaux à lancer.
Shakra, comme toutes les Aisklis, possède une arme spéciale, offerte par son maître. C'est un long bâton ciselé, renforcé par des veines d'acier. Il répond à des commandes de toucher très précises - depuis 3 ans, Shakra s'entraîne  connaître par cœur quelle combinaison de doigts elle doit appliquer sur le bois. Selon le code, une lame apparait au bout du bâton. Un mécanisme très perfectionné est au cœur du bois, permettant aux lames de se rétracter comme de surgir à grande vitesse. Shakra peut donc en faire une lance, une lance à double lame, ou un simple bâton. Le plus fort, avec cette arme, c'est que personne ne peut l'utiliser, et qu'un simple coup pour repousser l'adversaire peut devenir fatal. Shakra a toujours manié avec une aisance stupéfiante le javelot. D'où ses deux premières victoires.
Claquement de doigts. Il sonne comme le coup de fouet d'un bourreau.
Les deux adversaires s'avancent l'une vers l'autres puis Jotmila lance sa première attaque. Un simple coup de katanas vertical. Shakra le contre en tenant son bâton à l'horizontal, puis elle tourne le poignet, lui faisant faire une rotation. Le bois fauche Jotmila dans le ventre, et l'envoie à quelques mètres. Celle-ci dégaine ses deux katanas, et attaque de front. Pour l'instant, Shakra se contente de parer les attaques, en éloignant d'elle son adversaire, à chaque fois.
Mais pourquoi elle ne déploie pas ses lames ? Le combat serait déjà terminé ...
Comme si elle m'entendait, Shakra pare l'attaque des katanas, tous les deux partant vers le sol ; elle maintient les katanas au-dessus d'elle, et elle envoie la plante d'un de ses deux pieds dans le thorax de son adversaire, en maintenant son bâton pour empêcher les katanas de revenir à leur propriétaire. De douleur, Jotmila lâche ses armes, le souffle coupé, et s'écroule sur le dos, à peine à deux mètres.
Shakra bondit sur Jotmilia, immobilise ses articulations pour l'empêcher de bouger, et place fermement son bâton sur la carotide. Ses doigts dansent sur le bois, un chuintement feutré se fait entendre, et Jotmila cesse de se débattre.
Ra glisse dans l'arène, accompagnée de Digena, et dit solennellement :
- Shakra est la deuxième Maraka de cette année.
Confiée à son Aiskli, Shakra quitte l'arène, sans un regard en arrière.

- Troisième combat : Baraka contre Ozina.
Baraka et Bakara sont un trio d'Aisklis avec Sima, elles ont toutes les deux la même arme. Il s'agit de bandes de tissus qui s'entrecroisent dans le dos et sur le torse, tel un sac, mais bien plus fin, d'à peine 5 ou 6 centimètres. Dans chacune des fentes et des poches formées par l'ensemble, il y a une arme. Surtout des poignards et des shurikens ; mais j'étais très surprise de voir aussi des armes telles qu'une dague ou un fouet, enroulé sur lui-même. Depuis qu'elles sont 5 ans, les deux sœurs s'entrainent à apprendre par cœur quel geste correspond à quelle poche et à quelle arme. Ce qui leur permet d'être imprévisible lors du combat. Un main dans le dos peut faire aussi bien surgir une dague qu'un fouet, ou même des griffes.
Baraka a les bras ballant le long de son torse. Dès le claquement de doigts, elle pourra faire surgir l'arme de son choix, et le combat commencera enfin. Mais les deux jumelles sont des virtuoses de la mort. Le combat sera sûrement de courte durée, Ozina n'a presque aucune chance.
Face à elle, Ozina est pourvues d'un arc, dont les extrémités qui retiennent la corde sont des lames. Elle a aussi et bien sûr des griffes et des poignards, et évidement un carquois remplis à ras bord.
Claquement de doigts.
Ozina tire une flèche à une rapidité incroyable. Baraka, qui venait d'avancer vers son adversaire en sortant une myriade de poignards, se prend la flèche en pleine épaule droite. Les nombreuses petites lames glissent de sa main droite et tombent dans le sable. Baraka grimace, mais tire alors un couteau à lancer, qui fait mouche. Le lien de cuire du carquois est tranché dans la largeur, puis les flèches se répandent à terre.
Ozina tient fermement son arc, et bondit sur Baraka, qui tire une dague. Celle-ci peine à contrer la lance improvisée de son adversaire. Ozina tente à chaque fois d'appuyer sur la plaie, pour faire plus mal. Elle réussi à trancher net les bandes qui retiennent les nombreuses armes de Bakara, qui se retrouve désarmée. Elle ne fait plus qu'esquiver et contrer par sa dague.
C'est la fin : Baraka va être accolée au mur ...
Alors que la porte par laquelle est entrée Ozina n'est qu'à 3 mètres, Baraka réalise une souplesse arrière sur son bras valide et brandit quelque chose, qui vient se ficher dans la poitrine d'Ozina. C'est l'une des flèches qui étaient tombées avec le carquois, et qu'elle a récupérée durant sa souplesse.
Ra saute des tribunes, suivie par Sima. Celle-ci se précipite vers son Aiskli, et la soutient pour l'amener à l'infirmerie.
- Baraka est la troisième Maraka de cette année.

- Quatrième combat : Bakara contre Yuvona.
Yuvona possède une longue arme d'hast, ainsi qu'un stylet glissé dans sa ceinture.
Claquement de doigts.
Bakara dévoile une paire de griffes et s'élance contre son adversaire. Yuvona bloque les griffes dans les lames de sa lance et l'écarte d'un grand mouvement de bras, avant de lancer son javelot dans le thorax de Bakara. Celle-ci bloque l'attaque par ses griffes, encore prises dans la lance, puis elle récupère l'arme d'hast. Yuvona sort son stylet et s'attaque au cou de son adversaire, sans succès. Bakara finit par désarmer Yuvona de la même manière que la combattante avait bloqué l'attaque de ses griffes. Alors que Bakara tente de transpercer le buste de l'autre jeune, celle-ci croise les mains et bloque l'arme d'hast entre les poignets. Yuvona récupère sa lance, et profite que Bakara tienne encore la lame pour la tourner violemment. Celle-ci lâche prise et se réceptionne à quelques mètres. Bakara sort de ses bandages un long poignard, et attaque de front. Finalement, celle-ci parvient à pénétrer la garde de Yuvona, avant de l'achever d'un coup de poignard. Avant de mourir, l'autre jeune sort un couteau dissimulé et lui entaille le bras.
Ra descend dans l'arène, et confit Bakara, qui perd beaucoup de sang, à une Maraka autre que son Aiskli, puisque Sima s'occupe de Baraka.
- Bakara est la quatrième Maraka de cette année.

- Cinquième et dernier combat : Ahngara contre Louna.
Je tourne la tête. Louna. Nous sommes les deux seules restantes dans les gradins, et je me rappelle de son premier combat. Celui qui a marqué la naissance de cette Sélection. Elle est douée. La preuve est d'ailleurs là : elle participe au dernier round.
Ses cheveux sont noirs jais, et ses yeux sont deux tâches d'encre en forme d'amandes sur le blanc lin de son visage, sans aucune imperfections.
Je descend dans l'armurerie. Je contemple pour la dernière fois les étagères pleines à craquer d'armes, plus ou moins subtiles, de boucliers, d'armures, de griffes ...
Je pousse le battant de la porte, et la lumière du jour m'éblouit. Peut-être pour la dernière fois. A une vingtaine de mètres, Louna se détache elle aussi du sable ocre, tandis que son fameux katana gravé accroche au soleil. Je sais qu'elle possède aussi de fins couteaux, dissimulés un peu partout sur elle, ainsi qu'une dague à la ceinture.
Je lance un regard vers les tribunes ; Fligia me regarde, ce même regard impassible que ceux des autres Marakas.
Des poupées de chiffon.
Le bras droit de Ra s'élève à l'horizontal, puis ses doigts émettent le signal attendu.
Je m'élance vers Louna, qui prépare sa garde et tient son katana droit devant elle.  Je tente une feinte vers le haut, avant de descendre en position accroupie pour lui faucher les pieds. Elle saute pour esquiver mon attaque et dirige son arme vers moi. J'esquive d'une roulade arrière, et je me relève alors qu'elle attaque, utilisant son katana comme un bouclier et comme une arme. Je riposte coup pour coup, utilisant surtout mes longues griffes.
Je perds un avantage. Elle commence à comprendre ma technique.
Je m'écarte d'une demi-douzaine de mètres, autant pour reprendre mon souffle que pour imaginer une autre stratégie. Je n'ai pas vraiment le temps de réfléchir davantage : Louna s'élance vers moi, légèrement décalée vers la droite.
Je saute sur le coté gauche, en pliant mon coude.
Deux actions simultanées se produisent : je ne parviens pas à utiliser ma lame, mais je lui donne un grand coup de coude dans la tempe ; elle tranche ma hanche droite avec son katana.
Je m'effondre, le sang coula abondement de mon flan. Quand à elle, elle lutte probablement pour rester consciente.
Je recule, comme une bête blessée, tentant de mettre le plus de distance possible entre elle et moi. Louna ne bouge pas, elle tient sa tête entres ses mains.
J'utilise alors une technique de massage, apprise par Fligia l'année dernière pour réduire les pertes de sang. Je place fermement ma main droite contre la blessure, et je masse selon un modèle que je connais par cœur, afin de boucher certains vaisseaux. Si le sang coule encore, il est maintenant davantage contenu. Malgré tout, mes jambes cessent de me soutenir, et je tombe à genoux, pour seul soutien mon bras gauche.
Louna ouvre les yeux et se redresse. Elle a les yeux vitreux, mais elle reste déterminée. D'une main tremblante, elle dégaine sa dague, et elle se met en marche, très lentement.
Soudain, des points gris explosent dans mon champ de vision. Ils finissent par le recouvrir entièrement, sans m'empêcher de voir pour autant ; il y juste un certain voile foncé. Qui le devient de plus en plus.
Je sombre dans l'inconscience .. on a étudié ça, il y a un ans ... les différents symptômes qui conduisent à l'évanouissement.
Je ne sais pas quoi faire : Louna n'est plus qu'à quelques mètres, et je perds trop de sang pour attaquer. D'un seul coup, quelque chose d'enfouit en moi éclate, et je sens de l'eau couler sur mon visage. C'est irrépressible, et plus Louna approche, promesse de mort, plus les sanglots refoulent. J'image le spectacle que je donne : accolée contre un mur, dans une flaque de sang, recroquevillée et en larmes, je dois être piteuse. Je ferme les yeux, espérant tarir ces pleurs qui me font honte.
Je ne mourrais pas ainsi.
Louna marche de plus en plus vite, avalant la distance, barrière fragile que j'avais hérissé entre elle et moi.
J'ouvre les yeux. Dans un sursaut d'instinct, je rétracte les épaules, pour que les lames soit dirigées devant. Je place mes deux avant-bras à la vertical, et je tord mes poignets pour placer les huit lames qui parsèment mon bras devant moi.
Les points gris sont omniprésents, bouchant non seulement ma vision, mais aussi les autres sens.
Louna court vers moi, et je compte aller à sa rencontre.
En puisant dans mes dernières forces, je bondit en avant. Au vol, je replis mes genoux sur ma poitrine, et je tourne la plante de mes pieds devant moi.
Ainsi, l'intégralité de mes lames forment, avec mon corps, un mur d'épines.
Dirigé vers Louna.
L'inconscience me submerge, vague d'oubli dans laquelle je me laisse emporter avant d'heurter mon adversaire.
Ma seule certitude.

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MessageSujet: Re: La secte des Marakas vue par Manda    Jeu 15 Sep - 20:03

Chapitre 8 :

Cligner des yeux. Repérer son environnement. Comprendre.
Je bat des paupières, mais rien. La lumière que j'imaginais, les sons, les odeurs, rien de tout ça. J'ai beau essayer, aucun de mes sens ne me répond.
Ah, si. Il y a un bruit. C'est presque dommage, de briser ce vide.
Il y a deux respirations dans la pièce : une est lente régulière et paisible, celle de quelqu'un endormi ; l'autre est au contraire saccadée, haletante, presque mourante. C'est faible, de se raccrocher à un son.
Je n'essaie pas de bouger, puisque ma blessure au flanc doit être douloureuse et profonde.
Pourquoi je ne la sens pas ?
Et soudain, l'illumination se fait. Si je ne vois rien, c'est que ça doit être la nuit, certes, mais c'est surement l'une des rares nuits elfiques où la nuit est noire comme le charbon, où même un rayon de lune ne filtre pas, et où l'obscurité est si complète qu'on ne peut rien voir.
Puis la curiosité prend le dessus. Je soulève délicatement ma main gauche, aucune douleur. Je glisse ma main sur mon ventre, puis je tâte l'endroit où je sais qu'il y a une plaie béante, celle qui aurait dû causer ma mort.
Ma main se pose sur mon flanc, et je sursaute d'étonnement ; ma blessure n'est tout simplement pas là. J'ai beau tâter partout autour de ma hanche, je ne ressent qu'une seule cicatrice, toute fine. De stupeur, je contracte mes abdominaux afin de bien réaliser : je suis totalement guérie. Je n'ai pas la moindre blessure, la moindre douleur, le moindre élancement.
Je ne m'en plains pas, je suis juste très étonnée.
Je pose ma main sur mon front : cette histoire est complètement dingue.

*

Je rouvre les yeux.
Et voilà, qu'en on attend de la lumière, il y n'y en a pas la moindre trace, en revanche, lorsque l'on n'en veut pas, il en a à profusion !
Le soleil me brûle les yeux et fait amèrement regretter la nuit.
Je bat quelques instants des paupières avant de m'habituer à la forte luminosité.
Bon sang, qui a programmé des changement de lumière, c'est bien trop contrasté !
Je vois où je suis : sur l'un des grands draps de l'infirmerie. Le plafond est suffisamment haut pour que je puisse me tenir assise. Je me relève et enlève la couverture de mon corps.
- A ta place, je resterais alitée. Tu es suffisamment haute pour te casser une jambe en descendant, surtout d'un drap, qui n'est pas un appui stable pour sauter.
- Fligia ?
- Qui d'autre ?
L'ironie dans sa voix est très marquée.
- Qu'est-ce qui s'est passé, je veux dire, à la fin de mon combat ? Je me rappelle avoir tendu toutes mes lames devant moi afin de frapper Louna, je sais l'avoir touchée, mais ensuite ?
- Ensuite ? Et bien, tu l'as vaincu.
- Euh ... super, je pourrais avoir quelques indications, quelques détails supplémentaires ?
- Ok, donc tu veux un récit détaillé ? Très bien. La vaillante guerrière aux yeux de saphirs était à terre, baignant dans le cercle écarlate de sa vie.
- S'il te plait ...
- Bon très bien. Mais, je n'ai même pas le droit de faire un brin d'humour ? Les Marakas sont maudites aussi sur ce point ?
- Tu es rarement aussi détendue et humoriste.
- Normal, mon Aiskli préférée vient de gagner sa vie, c'est pas rien.
- Bon, tu me le dis, ce qui s'est passé ?
- Tu étais à terre. Là déjà, j'étais sûre que j'allais venir ramassé tes restes dans l'arène. Et puis, tu as fait quelque chose d'irréfléchi et d'un peu brutal. Peu Marakas, quoi. Louna était à moitié assommée, elle avait sûrement les idées floues, et comme elle s'était jeté sur toi, tu l'as percutée en plein élan. Elle n'avait pas la force de t'éviter. Je te passe les détails, mais vous vous êtes toutes deux effondrées après cette assaut final. Ra et moi sommes aussitôt descendue dans l'arène, et elle a vu que tu n'étais pas morte. Je t'ai récupéré, et j'ai tranché les liens de ton arme pour pouvoir te porter sans me faire découper.
- Mais ... les liens étaient renforcés d'acier, tu as réussi à les trancher ainsi ?
- Il y avait des endroit plus fragiles. Enfin bref, je t'ai prise et Ra m'a confié quelque chose : "Utilise tout ce que tu veux, il faut la sauver". Oh, je te rassure, ce n'était pas affectif, en revanche, maintenant, tu vaux ton pesant d'or.
- Ah oui, comme même !
- C'est cher une Maraka. Du coup, j'ai déboulé dans l'infirmerie et j'ai immédiatement cherché le moyen de te sauver. J'ai utilisé une pierre.
- T'as fait quoi ?!
Une pierre. Les pierres sont des cadeaux divins, offert par les Dieux pour la Secte, juste avant leur départ. Ces pierres sont faites de jade, et sont extrêmement précieuses. La Secte en a reçu 3000 et maintenant, avec l'utilisation de celle qui m'a sauvée, il n'y en a plus que 52.
Ces pierres sont en forme de galets, elles sont vertes mat et sillonnées de spirales dont l'émeraude semble être vivant. J'en ai déjà vue une en utilisation.
C'était lors de mon année des 7 ans, et j'étais clouée au lit de l'infirmerie, à cause d'une fièvre qui durait depuis plusieurs jours. J'étais terriblement mal en point, et Fligia, au lieu d'assister à la Sélection, était restée pour s'occuper de moi, et me divertir dans mes moments d'accalmie.
C'était pendant qu'elle me racontait une anecdote de la Secte, et la porte s'est ouverte à la volée. Une Maraka brune posé sur un lit à terre une blonde, grièvement blessée à l'épaule. Fligia a alors immédiatement quitté son masque amusé et est devenue très sérieuse. En une fraction de secondes, elle s'est précipitée sur un coffre et en a extrais une malle et une pince. Elle a ouvert la malle, et j'ai vu une quinzaine de pierres. La malle semblait pouvoir en contenir trente. Fligia a alors pris sa pince, puis elle a soulevé très délicatement une des pierres. Elle s'est ensuite approchée da la blessée, dont la peau était devenue incroyablement blanche. Fligia a déposé la pierre en plein sur la blessure.
La pierre a brillé d'un éclat surnaturel, puis les spirales se sont soulevées dans l'air, telles des volutes de fumée émeraude. La pierre a ensuite perdu sa lumière, puis elle n'est devenue qu'un simple galet.
Imaginer les spirales se soulever au dessus de ma hanche, la pierre perdre de sa splendeur divine pour finalement devenir un galet, me rend réellement mal à l'aise.
- Tu veux dire, je reprends, tu veux dire que tu as gâché une pierre pour ma vie de demie-elfe, gaspillée à l'esclavage ?
- Tout à fait. Et maintenant, tu es en vie et en bonne santé.
Cette tirade me laisse sans voix.





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La secte des Marakas vue par Manda

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