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 L'histoire

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MessageSujet: L'histoire   Ven 22 Nov - 22:47

Présentation:

Une bande d'aventuriers, de mercenaires cherchant de quoi vivre...c'est là la définition des Légendaires. Le groupe est divisé par les disputes, les différences de race, les intérêts personnels... Chacun essaye avant tout d'y trouver son compte ! Jusqu'à ce qu'on leur propose une mission un petit peu plus ardue que les précédentes : ils devront partir vers une cité abandonnée. Dans les glaciales collines du Nord, bravant les éléments et la faune locale, ils lutteront pour accéder aux derniers vestiges d'une ancienne civilisation disparue. Là-bas, ils y découvriront les restes d'un massacre perpétré par le sbire de Darkhell, Korbo l'ombre Rouge. Les Légendaires ignorent jusque là que Razzia était Korbo, ce dernier va donc se mettre à nu et le leur avouer. S'ajoute à ce massacre dans les montagnes, l'implication du terrible Darkhell dans la recherche d'un artefact légendaire, aux pouvoirs bien trop immenses pour être confié à des êtres humains... Une pierre. Apparemment l'une des 6 qui ont créé le monde d'Alysia. Ne sachant quelle est cette pierre, où elle se trouve et même quels pouvoirs elle possède, Les Légendaires vont tenter par tous les moyens de mettre la main dessus avant que le sorcier noir la trouve avant eux.. Une course effrénée doublée d'une chasse au trésor à la limite de l'imaginable est lancée. Au cours de cette aventures, notre tout récent groupe de héros devra se mesurer à Ténébris, découvrir les ruines d'un dangereux passé, et déjouer les plans de Darkhell qui menace le monde dans sa folie de pouvoir!

Casting :

Danaël : Dan le p'tit nageur
Jadina : Lilian
Gryfenfer : El Diablo
Shimy : T.O.P Samaël
Razzia : Jaguarian

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Et une autre signature, faite par Larme pour mon anniversaire :
 


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Sidesoul
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MessageSujet: Re: L'histoire   Lun 25 Nov - 19:02

Dans une vieille grange, loin de toute civilisation, de toutes personnes, loin des problèmes. Danaël s'y trouvait enfin. Il avait réussi à créer son groupe de héros ! Il avait réalisé son rêve, maintenant, il se sentait vivant.
Si son père le voyait, il serait fier. Fier d'avoir un héros comme fils, pas nécessairement un Faucon d'Argent, mais un héros et surtout, un homme qui aimait la vie et qui donnait tout son possible pour l'améliorer. Oh oui, il aurait été fier...
Danaël avait confiance en son équipe, ce groupe, il le voyait loin et avançant scellé par ce pacte d'amitié et de loyauté.
Le chevalier s'adressa à son groupe, Shimy l'elfe élémentaire, Razzia le colosse de Rymar, Gryfenfer le courageux homme-bête et Jadina, Jadina la belle princesse, magicienne de surcroît:

-Mes amis, nous y sommes. C'est aujourd'hui que nous sommes réunis, prêt à affronter l'inaffrontable, prêt à sauver Alysia ! Ensemble  nous parviendrons à sauver cette planète de tout trouble à la paix. Notre rôle est de seconder les Faucons d'Argent ou même dirais-je, de les surpasser. Notre aide va fournir à Alysia une ère, une ère nouvelle.
Mes amis, notre service, notre dévouement à tout peuple, toute ethnie, toute personne, qu'elle soit roi ou paysan, riche ou pauvre, va changer la face de ce monde et lui apporter la lumière destinée à faire pousser la société qui l'habite. Je vous demande de demeurer honnête, de vous tendre la main, de vous entraider car c'est ainsi que nous aiderons mieux le peuple. Nous cinq, sommes différent d'extérieur, mais notre âme, ce qui nous anime, ce qui nous fait devenir ce que nous somme est commun et il n' y a pas plus ressemblant que cette qualité que nous portons. L'amitié.
Nous sommes un groupe, lié, fort et c'est dans ces règles que nous soutiendrons Alysia.
Notre première mission ne saurait tarder, le mal étant de plus en plus présent, à nous de l'éradiquer de la surface du globe !
Voilà comment nous sommes et comment nous serons.
Mes amis, êtes-vous prêt pour cette aventure, pour l'aventure de notre vie ?
Mes amis, je vous demande aujourd'hui d'acclamer, de chanter et de saluer la présence sur Alysia d'un nouveau groupe de héros, nous, les Légendaires !!

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MessageSujet: Re: L'histoire   Lun 25 Nov - 20:18

Danaël s'attendait-il vraiment à ce qu'ils entament tous un hymne, main sur le coeur, à propos de ce nouveau groupe de héros qu'il venait de fonder ? En tout cas, quoi qu'espérait le blond chevalier, le seul bruit qui s'éleva grossièrement de la grange était celui de l'un des 3 autres "héros" qui tenta avec pudicité -peine perdue- de se gratter la nuque distraitement. Shimy croisa les bras en regardant Danaël de Larbos. Cet humain avait de l'ambition, jamais elle ne le nierait.  

" Nous cinq, sommes différent d'extérieur, mais notre âme, ce qui nous anime, ce qui nous fait devenir ce que nous somme est commun et il n' y a pas plus ressemblant que cette qualité que nous portons. L'amitié. " C'était ce que leur leader avait dit. Bon. Shimy n'aurait peut être pas présentée les choses ainsi. Elle aimait beaucoup Danaël. C'était le 1er humain qu'elle voyait, et elle reconnaissait en lui des qualité de cœur, une noblesse d'âme et un besoin impérial d'aider son prochain et se faire reconnaître, déconcertants. C'était d'ailleurs pour ça qu'elle l'avait suivie. Elle espérait ainsi donner un sens à sa vie.

Shimy songea un instant à sa mère mais arriva tant bien que mal à écarter cette pensée qui n'était pas du tout la bienvenue.

D'accord, elle avait de l'amitié pour Danaël, c'était vrai. C'était un humain qui avait du tact, du courage, une certaine distinction et un visage assez joli à contempler. Même Jadina devait bien avoir quelques qualités de coeur. Sûrement. Shimy lorgna la princesse. Elle était concentrée sur ce que Danaël débitait avec ferveur. De toute façon Jadina semblait boire ses paroles systématiquement. Une rare naïveté mêlée d'une irritante puérilité qui poussa l'elfe à se demander si elle arriverait très longtemps à "entraider" et "tendre la main" à cette humaine. Elle se rendit compte enfin que Danaël la regardait, cherchant sûrement dans ses yeux une étincelle qui prouverait sa motivation. Ou alors s'attendait-il à ce qu'elle le dise tout haut ? Shimy décroisa ses bras et dit imperturbablement :

-Comme tu veux, Danaël de Larbos.

Danaël se racla discrètement la gorge (mais en tout cas pas assez discrètement pour que ses compagnons l'entendent et reprit son monologue.) Shimy dévisagea cette fois l'homme bête Gryfenfer. Il ne laissait rien transparaître sur son visage mais l'elfe se demanda si il s'ennuyait autant qu'elle.

Shimy faisait partie des Légendaires surtout pour rendre au beau chevalier ce qu'il lui avait donné. Danaël lui avait sauvé la vie. Et Shimy lui était redevable, quelle que soit la façon d'envisager les choses. Elle avait tourné et retourné cet épisode dans sa tête des dizaines de fois. Car, si il n'en était pas ainsi, elle serait clairement restée dans le monde elfique, au service de son roi et de ses frères et sœurs que sont les autres elfes. N'y avait-il pas, après tout, des centaines de manières de servir la justice ?

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MessageSujet: Re: L'histoire   Mer 27 Nov - 23:09

Le visage de Gryfenfer, l'homme-bête, était totalement inexpressif.
Aucun creux, aucun trait sur son visage taillé au couteau ne semblait indiquer ce qu'il pensait du discours de Danaël sur la justice, l'amitié, l'héroïsme. Les cinq ''Légendaires'' puisqu'ils étaient voués à se nommer ainsi, étaient regroupés dans une vieille grange traversée par les courants d'air froids de la nuit, battant des semelles pour faire revenir le sang dans leurs jambes. Tout le monde devait se demander ce qu'ils foutaient là, à attendre que le petit numéro de Danaël s'achève en pensant sûrement à autre chose.
Gryfenfer se gratta distraitement le nez et dû réprimer un bâillement qui montait de sa poitrine.

Le discours était vraiment pathétique, servit avec insistance sur des airs de preux chevalier par Danaël. Gryfenfer en avait presque de la peine pour le blondinet qui déclamait avec passion le petit texte qu'il avait sans doute gratté en cachette, et tailleur au milieu de la paille et des antiques crottes sèches de brebis. Néanmoins, c'était bien plus de la gêne que du mépris qu'exprimait l'homme-bête, car au fond il respectait Danaël. En fait, c'était le seul humain qu'il respectait.
Le reste n'était que de la viande.
Danaël l'avait sauvé en quelque sorte de son état de Monslave et l'avait tiré de son trou dans les montagnes de Lovinah. Aujourd'hui, au fil des aventures et du temps, il espérait sans doute permettre à Gryfenfer de se remettre à marcher dans la société, à devenir ''normal''. Il se trompait sur toute la ligne. Gryfenfer était un sauvage, un animal affamé et éduqué pour tuer. Jamais il ne pourrait ce séparer de cette facette, et il était encore très loin d'une rééducation.

Il laissa glisser sur lui le regard perçant de Shimy et ne lui répondit pas, impassible, fixe. Il ne regarda pas non plus ses camarades : il savait que Jadina buvait naïvement les paroles du chevalier et que Razzia était stoïque tout comme lui, et peut-être avait-il été marqué durant son jeune âge lui aussi pour sembler si énigmatique. Et si c'était le cas, Gryfenfer ne préférait pas y penser.
Le discours s'acheva enfin sur un silence gêné.
Gryfenfer aurait tellement battre des mains pour enfoncer encore un peu plus Danaël, mais il se retint.

-Bon, je crois que nous avons tous compris, dit-il simplement en sortant un paquet de cigalhos.
Si vous me le permettez, j'aimerais m'en griller une dernière avant le grand départ.

Il sortit sans attendre ses collègues en soupirant dans la fraîcheur de la nuit noire, dénudée d'étoiles, crevée par le regard funeste des lune d'Alysia. Sa fourrure supportait aisément cette température et il avait pris pour habitude de rester torse nu, fier. Il alluma la cigalhos et souffla la fumée avec plaisir. Il savoura ce moment de tranquillité, seul, paisible, détendu par l'étrange propriété euphorisante des cigalhos. Il était fatigué après une demi-nuit sans sommeil et un repas frugal. L'aube n'était pas encore un mince rayon de feu ardent dans le lointain.
En quittant sa situation de Monslave dans les montagnes et les horribles traitement subit, il s'attendait à mieux qu'un squatte miteux.

-Ça va ?

Gryfenfer reconnu la voix de Shimy par-dessus ses épaules voûtées. L'elfe avait quant à elle quitté son monde natal pour les suivre et avait tissée avec Danaël des liens étroit. Gryfenfer l'aimait bien parce qu'elle était très franche, avait un sacré tempérament et haïssait Jadina presque autant que lui. Son plus grand rêve était de se battre avec elle, pour voir ce qu'elle avait à opposer à l'animal féroce qu'il était. Il attendait juste le bon moment.

-Ça va, ça va, répondit-il sans se retourner, d'un ton détaché.


Elle se mit à son niveau et frotta ses gants pour se réchauffer les mains, crachant à la nuit un petit nuage blanc à chaque respiration. Elle était toute emmitouflée dans sa tenue d'hiver, et c'est vrai qu'il faisait vraiment froid cette nuit là. Gryfenfer n'y fit pas plus attention et continua de fumer, le visage rougissant dans la lueur timide de la cigalhos, les ombres tranchantes glissant dans les joues creuses de son visage anguleux. Elle le regardait encore, il ne savait plus pourquoi, il s'en foutait.
Elle portait un sac énorme sur ses frêles épaules et peinait à supporter le poids de toutes ses affaires.

-Ouh, c'est lourd tout ça, commença-t-elle en jouant la comédie. Si seulement un homme fort...
-Va crever, coupa-t-il en jetant d'une pichenette sa cartouche.
-C******.
-Tu veux vraiment commencer sur ce ton là, fit-il en remuant les oreilles, soudain intéressé. L'elfe ne se laissait pas faire, il aimait ça, l'adversité.
-C'est toi qui a commencé, grogna-t-elle en croisant les bras. De toute façon j'en attendais pas moins de toi, ça ne m'étonne même pas que tu réagisses comme ça.

Gryfenfer se retourna, un rictus carnassier peint sur le visage. Ses yeux détaillèrent Shimy comme un bout de viande appétissant. Un bout de viande doté de pouvoirs élémentaires, mais un bout de viande quand même.

-Que je réagisse comment ?

Elle lui fit face, les sourcils fronça, les lèvres serrées et les mains transformées en poings.

-Comme ce que tu es, un animal...
-On se calme vous deux !

Danaël était intervenu au bout moment, au moment ou il allait la prendre par la gorge et la plaquer contre le mur. Il se plaça entre eux et se campa sur ses deux jambes, fermement décidé à ce qu'ils se calment. Gryfenfer poussa un grognement de lion fatigué, reculant pour laisser sa proie devant une lionne. Shimy soupira et leur tourna le dos.

-Tu faisais quoi là ? Demanda le chevalier.
-Rien Dan', rien...
-Arrêtez vos conneries, vous allez tous nous mettre en danger à se rythme là. Faîtes un effort.

Le jaguarian leva les yeux au ciel et fit mine de partir, penaud. Dan' se mit en travers de sa route, visiblement énervé. C'était souvent comme ça avec Gryfenfer, lorsqu'il s'énervait, qu'il se mettait à bouillir de rage ou qu'il avait de soudains accès de rage, il avait la fâcheuse tendance à répandre des phéromones qui au mieux, rendaient nerveux, au pire, faisaient devenir fous de colère les malheureux qui ne s'y attendaient pas. Peut-être que Danaël avait eu un problème dans la grange, qui sait, après le bide de son discours, ça n'était pas étonnant qu'il soit à cran devant le manque d'intérêt que lui portait le jaguarian, en tout cas, il était passablement énervé.

-Fais un effort, p*****, cracha-t-il. J'en ai assez de me démener pour vous, si vous... si tu sabotes tout maintenant Gryfenfer, ça ne marcherait jamais.
-Tu essaies de me donner un ordre ? S'étonna Gryfenfer, visiblement surpris par le ton de son compagnon. Cette fois il avait l'air très sérieux et ne voulait pas en venir aux mains, Gryfenfer le sentait. Mais il aurait quand même voulu lui écrabouiller le crâne contre la grange, juste pour voir quelle était la couleur qui allait jaillir.
-J'essaie de te raisonner, je sais que je perds mon temps, je sais que ça ne marchera jamais, mais si je n'y crois pas, qui sera là ? Qui y croira à ma place ?

Et gryfenfer ne répondit rien, réduit au silence. Il savait qu'il n'y avait rien à ajouter, il se sentait humilié, voulait hurler de rage et tuer tout ces emmerdeurs, ces aventuriers de pacotille. Il ne fit rien. Il ne fit rien car la seule présence de Danaël et quelques mots suffisaient encore à le calmer, pour l'instant.
L'homme-bête jeta sur ses épaules une large cape encapuchonnée pour se dissimuler aux yeux des humains et monta sur son Culbutar sans siffler mot, le sac sur les épaules prêt au départ.
Ce n'était que partie remise.


Dernière édition par El Diablo le Jeu 28 Nov - 23:27, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: L'histoire   Jeu 28 Nov - 16:51

Jadina entendit vaguement Gryf et Shimy se disputer. elle ne fit rien. elle était épuisée, n'ayant pas beaucoup dormi, et, même si elle avait essayé d'écouter le chevalier lors de son discourt, elle avait fini par ne plus suivre le fil de ce qu'il disait. il était le seul en qui elle avait vraiment confiance. Avec Razzia, qui était assez gentil, bien que plutôt distant avec le reste du groupe. Elle sortit dehors, préparer ses affaires, essayant de ne pas faire attention aux deux autres. Accrochant un sac à provisions au flan de son girawa, elle ne prêtait pas grande importance aux paroles de ses coéquipiers, lorsqu'elle entendit les dernières paroles de Shimy.


- comme ce que tu es, un animal ...

- Aïe ... pensa t-elle.

elle savait l'homme bête impulsif, et tourna la tête pour voir sa réaction. L'elfe était tout de même bien imprudente de dire cela. elle espéra un instant que le jaguarian épargne la jeune fille mais ...

- bah, après tout, je m'en fiche. pensa t-elle de nouveau.

c'était vrai. au moins, si combat il y avait, elle se réveillerait peut-être un peu mieux. Soudain, Danaël, surgissant hors de la grange s'exlama :

-On se calme vous deux !

juste à temps. Gryfenfer s'apprêtait à faire quelque chose, elle en était sûre. en tout cas ... le chevalier arrivait toujours au bon moment. elle recommença à s'occuper du girawa, sans écouter le petit sermon que Danaël débitait aux autres. Soudain, Gryf monta sur son culbutar. Accrochant un autre sac de l'autre côté de son girawa, histoire que la pauvre bête garde l'équilibre, elle s'autorisa un regard vers le chevalier, mécontent.

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MessageSujet: Re: L'histoire   Jeu 28 Nov - 19:25

Razzia était là. Réunnit avec tous les autres héros. Il était plongé dans ses pensées. Lorsque vint l'heure du discours, il ferma les yeux et l'écouta.

"Nous sommes un groupe, lié, fort et c'est dans ces règles que nous soutiendrons Alysia.
Notre première mission ne saurait tarder, le mal étant de plus en plus présent, à nous de l'éradiquer de la surface du globe !"


Ces paroles lui rappelèrent l'époque où il était de mèche avec Ténébris et son père, Darkhell le sorcier noir. Cette époque le torturait encore. Ses rêves... non, ses cauchemars la nuit n'étaient centrés qui sur ça. Et à chaque fois, l'image de sa soeur, baignant dans son sang, à terre, lui revenait. Il ne savait plus de quel côté il était, les crimes qu'il avait commis ne voulaient pas s'effacer de sa mémoire.
Il assista ensuite à la petite dispute entre Gryfenfer et Shimy.

-Raaah. C'est pas possible, regardez-moi ces gamins ! S'ils redevenaient enfant, on ne verrait pas la différence.

Le colosse de Rymar ferma les yeux un instant et alla près de son Girawa. Il se demandait si ce bestiau serait capable de résister à une charge d'une centaine de kilos sur son dos. Il monta dessus et vit que le Girawa pliait des pattes. Après quelques instants de résistance, il vit le Girawa s'effondrer, épuisé. Razzia se gratta alors le crâne et se tourna vers les autres montures disponibles. Il vit un autre Culbutar et s'approcha. Il le fixa puis monta dessus. Malgré quelques efforts, le Culbutar résistait quand même.

-Bien, il résiste.

Le colosse se tourna ensuite vers tous les autres et les regarda un par un. De ce qu'il avait pu voir, le Jaguarian était impulsif et l'Elfe était provocatrice. Quant à Jadina et Danaël, il n'a pas pu avoir une grande démonstration de leur caractère...  Razzia le découvrira plus tard. Il se tourna ensuite vers le chemin se dressant devant eux. Un grand chemin. Il fit un petit sourire en coin. C'était sur, pour lui, cette mission sera l'occasion de acheter ses erreurs du passé. La chance de réparer une partie de ses crimes.
Il resta en retrait derrière Danaël et attendit les ordres de son leader en silence, tout en regardant encore le chemin devant eux.

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MessageSujet: Re: L'histoire   Jeu 28 Nov - 20:34

Après avoir écarté la ridicule petite chamaillerie de ses compagnons, Danaël réfléchit: le groupe allait lui faire faire du sport, ils étaient assez immatures, surtout Gryf... Mais l'homme-bête lui plaisait bien pourtant...

Bon, il fallait remettre de l'ordre dans cette équipe, son discours n'ayant pas fait beaucoup d'effet.

-Les gars, le plan est simple, on n'a toujours pas de mission, personne ne nous connaît alors le plus facile, c'est de passer de village en village jusqu'à ce qu'on nous demande de l'aide. Je ne connais tout les antagonistes de ce monde mais on va le découvrir, ok ? Rassemblez vos affaires, on lève camps dans une heure. Direction Larbos pour nous faire un peu de pub et espérer voir le roi.

Le chevalier avait essayé d'employer des mots simples cette fois-ci. Il faudrait savoir capter l'attention du groupe à l'avenir et plus facilement.

Danaël repensa à ses paroles... Oui, ils n'étaient pas connus. Ca allait être dur... Il ne connaissait pas très bien les autres héros d'Alicia mais savait que c'était un métier difficile même s'il était noble et courageux.

Comme vivrait-il dans sa nouvelle position de leader ? Tout dépendait des Légendaires...

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MessageSujet: Re: L'histoire   Jeu 28 Nov - 21:27

Il était grand et majestueux. Son visage était fier, très droit et honnête. Pourtant, il n’abhorrait rien qui ne pouvait être pris pour de la suffisance. Ni bagues, ni collier, ni or ou encore pierreries. Elle à côté  n'avait que 16 ans. C'était une jeune femme déliée, souple et délicate. Elle portait une grande robe blanche. Ses cheveux brillants comme un éclatant reflet de soleil sur une onde maritime des plus majestueuse, avaient été peignés et arrangés par ni plus ni moins qu'une demi dizaine d'habilleuses officielles de la cour. Elle se souvient encore de son regard bleu comme la gelée du matin, qui ne comportait rien de glacial, mais plutôt une douce chaleur paternelle et rassurante. L'Elfe était très beau de visage et de carrure. Pourtant il restait très humble et simple dans sa manière d'être et de se tenir. Il portait sur son front une couronne en Andimante, un minerais précieux pour les elfes et qui se trouvait que dans ce monde là. Un minerais lisse comme le fer et qui symbolisait la fermeté et la servilité, principales qualités d'un roi. Il portait ce jour là, une simple robe bleue et blanche et Shimy se souvient s'être faite la réflexion qu'elle et lui étaient presque vêtus de la même façon. Shimy était à l'aube de sa vie, elle venait d'obtenir sa Karysal et se trouvait pour la 1ère fois de sa vie, seule devant le trône du roi Ellkash de Karakis. Il se faisait surnommer par le peuple roi Kash-Kash, Shimy n'avait jamais vraiment compris pourquoi. Ce dernier était descendu de son trône rapidement, il l'avait regardée d'égal en égal, dans un regard profond et sans âge.
-C'est donc toi la nouvelle elfe élémentaire, gardienne de notre monde ?
Shimy avait acquiescé mais ne se souvint plus vraiment de ce qu'elle avait répondu. Le roi lui avait sourit, malgré ses quelques années il se consumait dans les prunelles de ses yeux, un feu d'une jeunesse étonnante. Il avait presque rigolé et ouvert grand ses bras en la serrant fort contre lui. Il sentait à la fois la forêt profonde, les fleurs des champs  lorsque l'hiver passé elles s’entrouvraient enfin, et un parfum doux comme le sable blanc d'une grande plage. Shimy était restée interloquée, s'attendant à tout sauf à ça.
-Tu seras donc la jeune fleur qui se verra attribuer la lourde tâche de nous protéger, tous. Shimy De Koléana. Je suis fier de toi, Shyska veillera sur notre peuple par le biais de tes facultés élémentaires.
Il lui avait fait ensuite un clin d’œil en relâchant son étreinte, et lui avait baisé la main. Lui. Un roi. Le roi. Shimy avait de nouveau bégayée en le remerciant. Elle se souvient encore du goût de miel qui semblait lié à l’intonation de sa voix lorsqu'il avait déclaré :
-Je viens d'avoir une idée for-mi-dable ! En l'honneur de ton élévation au rang de nouvelle Elfe Elémentaire, mais surtout du dure travail fourni par tous les prétendants à ce titre, un bal aura lieu ce soir ici même ! Et, bien sûr, ta mère et toi y êtes toutes les deux conviées !

Shimy s'étira sur son Girawa. Elle n'avait pas prévu qu'elle penserait autant à son monde natal. Et aussi que les montures humaines étaient tant inconfortables. Ce satané girawa bavait et puait, il était pratique et ne demandait pas beaucoup d'attention mais il n'avait rien de comparable aux bestiaux de Karakys. Malgré cet inconfort passager, la jeune Légendaire ne pouvait s'empêcher de rêvasser, en se demandant à quoi pourrait bien ressembler un Roi Humain.

Gryfenfer. Qui était cet homme bête ? D'après Danaël il avait eu une enfance difficile et Shimy avait bien remarquée aux cicatrices qui se terraient sous sa fourrure qu'il s'agissait là d'une bête, d'un animal, fait pour tuer. Un prédateur, au sens direct du terme. Et puis surtout, elle ne s'attendait pas à se faire remontrer de la sorte. Elle ne connaissait pas la position sociale des hommes-bêtes à Alysia, mais qu'il soit ou non considéré comme supérieur à la race humaine, cela ne l'autorisait pas à dénigrer ainsi une elfe. Mais après tout, Gryfenfer ne semblait homme à respecter la hiérarchisation sociale. Ni aucune autre règle d'ailleurs. Shimy ne voulant avoir d'ennui avec personne, décida de se carapater un peu plus sur elle même. Toujours sur leurs montures, Les Légendaires prirent leur "petit déjeuner" si l'on pouvait appeler ça comme ça. Il se composait essentiellement de petites baies des bois et de viande séchée que Danaël avait pris soin d'acheter en ville (Shimy ignorait laquelle et cela lui était bien égal.) Elle hésitait encore à consommer de la nourriture ayant été étouffée dans des sacs en toile ou en cuir sur plusieurs jours. A Karakys, les elfes élémentaires mangeaient peu de viandes, mais les fruits, les légumes et le poisson qu'elles consommaient devaient toujours être impeccablement frais. Shimy ne dit rien et mangea dans son coin, elle observa secrètement Razzia et fut étonnée de voir la quantité non négligeable de nourriture qu'il engloutit. Le guerrier une fois repus, sembla se détendre un peu sur son culbutar et digéra tout doucement. Razzia non plus ne semblait pas bavard.
Ce fut dans cette ambiance maussade que le petit groupe avançait. Qu'avait dit Danaël déjà ? "Direction Larbos pour nous faire un peu de pub et espérer voir le roi."

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MessageSujet: Re: L'histoire   Lun 2 Déc - 18:11

La route était pleine de gadoue, traversée par d'énormes sillons d'une eau sale et terreuse, d'une couleur crasse et dégageant une odeur doucereuse. Celle-ci emplissait les narines de Gryfenfer et lui filait la nausée, lui donnait la migraine. Il faisait encore nuit, son froid linceul recouvrait encore le monde et le plongeait dans le silence. Les buissons étaient agités par les quelques soupirs déjà épuisés du vent, les feuilles mortes au milieu de l'herbe s'élevaient mollement avant de retomber avec lourdeur. Les étoiles n'étaient pas venues de la nuit avaient laissées le petit groupe chevaucher sans les éclairer un seul instant, cachées derrière d'épais nuages sombres par crainte que leur beauté soit souillée si les yeux de chien de Gryfenfer se levaient sur elles.

Et puis le jour vint. Timidement d'abords, sortant sans hâte de sa retraite astrale. Son aube se peint au loin et fit brûler les nuages en les rendant moins menaçant. Les premiers rayons enflammèrent les collines arrondies, les arbustes endormis sur le bord de la route, vinrent jouer dans l'eau croupie avec de faibles reflets rouges, roses et orangés. Le paysage changea lentement de visage, se débarrassa de la nuit et s'éveilla à son rythme au son des oiseaux qui recommençaient à gazouiller en battant des ailes pour la première fois de la journée. Gryfenfer en fût presque aveuglé.
Il lâcha les rennes de son culbutar croulant sous les bagages et se couvrit le visage. La teinte sanguine de l'astre avait magnifié comme un tableau tout ce qu'elle touchait, et les poils de sa fourrure en rougirent même de plaisir. La chaleur viendrait dans peu de temps, comme un amant en retard, en courant, et surprendrait tout le monde.
Le jaguarian observa paisiblement le monde autour de lui, le visage serein pour une fois, pas creusé par les habituelles ridules qui témoignaient de sa crispation, de sa frustration, de sa faim. Non il n'y avait rien de cela pour une fois. Il se sentait calme, pas artificiellement grâce aux drogues cigalhos mais tout à fait naturellement, par la beauté sublime de ce lever de soleil.
Son long soupir d'extase fût le seul témoin de la plénitude de sa tranquillité.

Soudain, se dressant comme des aiguilles perçants le soleil apparurent les hautes tours de Larbos, la capitale du royaume d'Oroban. Leur toit bleus miroitait dans l'aurore, fiers garants de la grandeur du plus vaste, du plus riche et du plus puissant des royaumes humains, dont disait la légende, ''la gloire éclaboussait le monde entier, et tous retenaient leur souffle à chaque geste du roi, tant son pouvoir était immense''. Gryfenfer avait entendu ça dans une auberge, s'était esclaffé et avait déclenché une bagarre. À présent il ne pouvait que se la fermer et rester bouche bée devant pareil spectacle. La race humaine arrivait encore à le surprendre.
En continuant leur chemin, ils virent de petites chaumes ça et là sur le bord de la route, s'organisant petit à petit en grappe, jusqu'à former un village, d'où des villageois silencieux sortaient, paysans bourrus et déjà à la tâche. Les cloches résonnaient dans les champs plus haut dans la colline tandis qu'on labourait les terres, l'herbe recouvrait le chemin par endroit, toute perlée de rosée et si frâiche qu'on aurait envie de s'y baigner. Les gens regardaient d'un air méfiant sinon amusé les étranges cavaliers passer, mais n'y prêtaient pas plus d'attention.
Les pavés vinrent remplacer la boue et l'herbe sans empressement, au fur et à mesure qu'ils se dirigeaient vers la Grand'Place du village et se rapprochaient des murs de la ville. Il n'y avait quasiment personne à cette heure-ci, et ceux qui la traversaient passaient comme des ombres rasants les murs, recroquevillées sur elles même de craintes d'êtres vues.

''Nous leur inspirons sans doute la peur, pensa Gryfenfer.''

La première croix blanche ne lui sauta pas tout de suite aux yeux et il ne se douta de rien. La petite maisonnée semblait ancienne et abandonnée, les murs se fissuraient et les volets étaient encore ouverts, grinçants de façon sinistre. On aurait dit que les locataires avaient pris la poudre d'escampette sans prévenir, brutalement, comme le démontrait la valise laissée éventrée sur le palier, dont le linge encore propre reposait sur le trottoir. Et cette croix blanche, unique, peinte sur le bois de la porte incitait étrangement le jaguarian à fuir cet endroit comme la...

-La peste, dit-il stupéfait. Comme la peste.

La route continuait de s'enfoncer dans cette sorte de cimetière, fonçant droit sur les murs. Des soldats en armes, les voies respiratoires masquées par d'épais mouchoirs emmenaient hors de leur habitation une famille de malades, un homme, une femme et un unique enfant qui, dans les bras frêles et abattus de la mère ne criait déjà plus. Ceux qui passaient sur le chemin pavé baissaient la tête et n'écoutaient pas les vociférations des gardes, tels des automates sans vie allant et venant, soumis par la peur qui leur broyait le ventre et les empêchait de dormir, tentés de se crever les yeux en voyant leurs amis leurs voisins et leur famille emmenés par les gardes on ne sait où, et bientôt eux ! Les gardes escortèrent les trois personnes, et l'un d'eux peignit une croix blanche sur la porte.
Avec ses doigts.
Le groupe de cavaliers suivit malgré lui l'escorte mortelle, d'un pas lent et écœuré. La porte arriva enfin à portée de vue, Gryfenfer pensait ne jamais la voir. Il y avait un énorme cordon de soldats qui filtraient les entrées et sorties des badauds, soutenus par des médecins qui les vérifiaient un par un.
La puanteur obstruait les narines de Gryfenfer une nouvelle fois, la chair tuméfiée et pourrissante le rendait encore plus malade que l'odeur de la vieille route. La pestilence le força à se couvrir le nez et à se retenir de vomir. Un peu plus à gauche avait été aménagée une large fosse commune, ou plutôt un trou, assez profond pour y jeter les malades au milieu des crevés entassés, en décomposition. Gryfenfer vit la petite famille en escorte poussée de force dans le puits à mort, à grand renfort d'injures, de cris et de suppliques insupportables. Peut allaient-ils tout simplement mettre le feu à tout ça, pour parachever leur horrible travail de monstres.

C'était donc ça la grandeur de Larbos, les tours majestueuses n'étaient donc que de fumeux caches-misère ?

''Et moi qui était étonné...quelle saloperie, les humains ne valent pas mieux que des porcs, tous autant qu'ils sont. Ils enferment leurs semblables et les condamnent à une mort certaine, dans une atrocité qu'eux seuls connaissent. Je les hais. Je les hais tellement.''

Les gardes les arrêtèrent et les encerclèrent, lances levées, les mines patibulaires de tueurs en avant, casqués et masqués, jetant des yeux affamés sur les filles du groupe, et un œil particulièrement malveillant à l'homme encapuchonné. Danaël débuta les pourparlers, fin diplomate, flatteur talentueux, chef d'orchestre d'une symphonie de mots. Gryfenfer ne l'écoutait pas, il n'entendait que les gémissements des malades au fond du trou, pas si loin que ça finalement, les pleurs et leurs prières murmurées par centaines, comme des légions maléfiques se déversant entre leurs lèvres gonflées. Il n'entendait que le grondement sourd de sa fureur, la rage qui hurlait de se libérer, celle qui lui dictait de tuer tout ce qu'il voyait, d'en finir avec cette race de sales chiens !

-Je propose un petit arrêt dans une taverne, histoire de s'asseoir, fit Danaël d'un air grave en déplorant le sombre spectacle.

Et plus que jamais, Gryfenfer eut envie de l'égorger pour nettoyer ses yeux félins des larmes qui les perlaient.

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MessageSujet: Re: L'histoire   Ven 13 Déc - 18:21

Danaël poussa la porte de la taverne. "La cave de Larbos" qu'elle s'appelait.
Bon. Attention au comportement des autres, première représentation officielle et publique des Légendaires.
Et plus que tout, apparemment un problème grave, bien grave: la peste.
Magique ou non, il fallait en découvrir l'origine et l'antidote.
Et proposer ses services au roi.
La troupe entra sur ses talons.

Danaël demanda une table de cinq à un serveur. Ils commandèrent une petite collation. Puis, il s'adressa à ses compagnons:

-Les gars, il est de notre devoir de secourir les malades, on va demander à quelqu'un de nous mettre en relation avec Sa Majesté le roi Larbosa et nous faire vassaux. Vous y êtes ? C'est l'un des tournants de notre histoire, c'est maintenant qu'il faut me parler de vos problèmes ou non. Exprimez-vous.

Le chevalier sirota sa grenadine.

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MessageSujet: Re: L'histoire   Mar 17 Déc - 18:08

Jadina soupira. Elle leva les yeux vers Danael, et prit la parole.

- c'est déjà pas mal d'avoir un plan, et il me parait potable, mais, imaginez que  la peste ait été créée par un magicien, ou quelque chose dans le genre, ayant  une vengeance envers Larbos, ou quelque chose comme ça, (d'ailleurs, à ce qu'il parait, le roi aurait pas mal de dettes) si nous essayons de lui mettre des bâtons dans les roues, en soignant la population, est-ce qu'il ne risque pas de s'en prendre à nous ? je veux dire par là que nous devrions à affronter un quelconque ennemi. si mon hypothèse est juste, alors il faut se préparer au pire. Car, il est sûrement puissant.


un  silence accueilli ses propos. elle ne s'attendait pas à ce qu'il parlent tous en même temps, mais quand même ! sérieux, ils n'avaient même pas envisagé cette possibilité ? et aprés, c'était elle que Shimy osait traiter d'idiote ! Elle regarda l'elfe, son visage était impassible, comme toujours. Son regard glissa sur chacun de ses compagnons. Qui allait parler le premier ?

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MessageSujet: Re: L'histoire   Jeu 19 Déc - 15:31

Le groupe était entré dans la première taverne venue, accueillis par un silence macabre et des visages morts. Le désespoir formait un véritable nuage de fumée de cigarettes. Ils s'étaient assis à une table, serrés les uns contre les autres de façon inconfortable sur des banquettes.
Leurs commandes arrivèrent vite. Il faut dire qu'il n'y avait pas grand monde, et que personne ne semblait avoir très faim. Gryfenfer ne regarda même pas sa bière, les yeux perdus dans la pluie qui commençait à tomber. L'eau stagnerait sans doute dans les quartiers infestés, où les égouts ne devaient être que de brèves souvenirs. Il se demanda si la peste humaine pouvait l'atteindre lui, si il était, de son statut de Jaguarian, atteignable par la pestilence de l'Homme.
Non, évidemment que non. Les Jaguarians n'étaient pas malades, du moins il ne l'avait jamais été.

Danaël ouvrit la g***** le premier, comme à son habitude détestable, pour prendre sa place de petit chef trop fier. Il débuta sur l'idée de voir le roi, de devenir vassaux, et finalement de l'opportunité qui selon lui tendait les bras au groupe. Gryfenfer se retint de rire en enfournant son nez bien profond dans l'alcool.
Il l'enleva lorsque Jadina répondit à son tour. Peste magique ? Gryfenfer n'avait jamais entendu causé de cet oiseau là, mais la jeune femme y connaissait un rayon en magie et il préférait se méfiait. Il fût assez étonné d'entendre quelque chose de très censé sortir de sa bouche et se ravisa, grave. Il ne voulait pas d'ennuis avec un magicien, surtout un magicien qui déclenchait des pestes !

''Que crois-tu, pensa-t-il. C'est du vent tout ça, c'est un cas d'insalubrité publique, voilà tout. Ce sont des humains, ils ne valent pas mieux que les porcs qu'ils élèvent avant de les manger...''

Il jeta un regard à l'elfe tout en buvant. Elle ne bougeait pas, écoutait peut-être ou s'en fichait sans doute, rien ne laissait sur son visage pencher la balance d'un côté ou de l'autre. Elle paraissait inaccessible, froide et distante. Cela excitait l'homme-bête au plus haut point pour qui cette mystérieuse elfe devait être résolue. Il se rendit compte qu'il la fixait depuis un petit moment, les lèvres baignant dans la bière et le verre bêtement levé et qui plus est, qu'elle semblait devenir de plus en plus belle à ses yeux. Il reposa sa chope et s'essuya rapidement la bouche avec maladresse, troublé.

Jadina attendait sa réponse, cette agaçante petite fille.

-Donc le plan est de se rendre aux autorités avec un Jaguarian parmi nous, fit-il avec un sourire. Pour construire une réputation en allant risquer sa peau au milieu des rats en sauvant de pauvres sacs à puces, puis de se présenter au roi lui-même pour qu'il nous pose un job. Bien, très bien ! J'espère que le racisme n'est pas le premier vice de cette ville Danaël parce que je risque sinon de compliquer votre affaire, mais j'en suis évidemment désolé !

Il poussa un profond soupire dédaigneux et haussa les épaules.

-Et ne compte pas sur moi pour devenir le vassal d'un humain. Ça me hérisse la crinière rien que d'y penser.

Et il se remit à boire sa bière, penaud, les yeux de nouveau rivés sur la belle elfe aux cheveux bleus.


Dernière édition par El Diablo le Jeu 19 Déc - 19:43, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: L'histoire   Jeu 19 Déc - 19:34

Les propos de Gryfenfer étonnèrent le chevalier, il n'était pas très courtois.
Son idée de racisme ne lui avait même pas sonné auparavant, elle pouvait être vraie mais pas dans cette contrée du globe encore moins dans un château.

-Ecoute Gryfenfer, ici on est pas raciste, et s'il on l'est, c'est à nous de réprimander ceux qui t'ont discriminé. Donc on va aller voir le roi, et tout va bien se passer.

Il se leva, et monta sur la table.

-Ecoutez-moi tous ! Je suis le chevalier Danaël de Larbos et mes amis et moi, les Légendaires, souhaiterions rencontrer le roi de Larbos, Larbosa.
Quelqu'un le connaît-il personnellement et peux-t-il nous présenter à lui ?


Personne ne répondit.

-Faut-il que j'annonce de l'argent pour avoir une réponse ? Je croyais les gens de ce peuple plus noble...

Un homme se leva à une table, habillé de vert, des épaulettes et un look plutôt chic.

-Je suis le capitaine de la garde royale de Sa Majesté, je peux vous le présenter, tous les cinq.

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MessageSujet: Re: L'histoire   Jeu 19 Déc - 21:00

Shimy avait soif, mais pour rien au monde elle n'aurait bu de l'alcool. Sous sa forme la plus abjecte qui plus est : de la bière humaine. Danaël avait dû retenir un minimum d'informations concernant les pratiques elfiques lorsqu'il s'était rendu dans son monde avec Jadina, il y avait quelques mois de cela à présent ; car il n'avait pas commandé l'odieuse boisson pour elle. Non. Sous un air de preux chevalier, le jeune humain avait demandé à l'aubergiste une carafe d'eau en plus, mais ce dernier avait haussé les épaules en rétorquant que depuis quelques jours, "l'eau n'était plus aussi sure." Infectée comme plus de la moitié de la capitale du royaume. En voyant les ravages provoqués par la maladie, Shimy avait prié pour qu'un tel fléau ne s'abatte jamais sur les siens.

-je veux dire par là que nous devrions peut être affronter un quelconque ennemi. si mon hypothèse est juste, alors il faut se préparer au pire. Car, il est sûrement puissant.

La jeune Légendaire avait entendue parler seulement de deux sorciers humains au cours de sa vie. Darkhell, surnommé à juste titre le sorcier noir. Et la princesse Jadina qui lui faisait face, en sirotant un sirop l'air inquiet. Autant dire sûrement les deux extrêmes du monde d'Alysia. De plus, non seulement Shimy en avait entendu parler mais elle les avait rencontré. Les deux. Et évidement l'une de ces deux rencontres est bien moins agréable que l'autre. Toujours était il que ses connaissance en matière de magie humaine (les mages elfes étaient généralement de grands sages, des druides respectés et proches de la nature. La plus grande des magicienne elfique étant incontestablement elle : l'elfe élémentaire.) étaient fortement restreintes. Shimy restait impassible, elle n'avait rien à ajouter. Pour une fois que Jadina osait dire quelque chose d'intelligent en public. D'habitude, elle ne parlait pas vraiment avec l'elfe et l'homme bête ; même la présence de Razzia, taillé dans le roc et aussi silencieux qu'une montagne semblait la mettre mal à l'aise. En revanche c'était autre chose avec Danaël. Parfois Shimy se demandait comment le chevalier arrivait à l'écouter. Ils parlaient souvent. Au lever du soleil, ils discutaient. En cueillant des baies.Lorsqu'ils fallait dresser le campement pour la nuit. Lorsqu'ils étudiaient la vieille carte que portait Danaël dans la doublure de sa carte, le soir. A croire que la princesse et leur leader avaient beaucoup en commun. D'une certaine manière, Shimy était heureuse que Danaël ait trouvé dans le groupe qu'il avait fondé au moins une personne avec qui il pouvait parler, sans risquer de se trouver confronté à un mur de chair ou un fauve décidé à déclencher une bagarre.

D'après Danaël, Les Légendaires devraient se rendre au pied du trône pour se faire connaître du monde d'Alysia. Mais avant cela, ils devraient peut être venir en aide aux pauvres gens d'Oroban, pestifiés. N'étais-ce pas la mission première que s'était fixé leur petite communauté de héros ? Justice, justice, vérité, justice, amitié, justice. C'était là les 3/4 des mots que débitaient Danaêl lorsqu'il ouvrait la bouche.

Shimy attendit la suite sans trop se prononcer. Elle avait déjà été capturée par un sorcier noir et si jamais un autre voulait se frotter de nouveau à elle, elle saurait riposter. Sa première et unique désagréable expérience (qui lui avait coûté beaucoup de sang, à elle et à Danaël, ainsi que son estime d'elfe élémentaire.) lui avait au moins appris qu'il valait mieux s'en prendre à un sorcier avant qu'après qu'il vous ait capturé. Gryfenfer la fixait depuis tout à l'heure et cela commençait à l'énerver. Elle s’apprêtait à envoyer l'homme bête voir ailleurs fermement (surtout qu'elle en venait à se demander si c'était uniquement son visage qu'il lorgnait) lorsque celui ci soupira en concluant :

-Et ne compte pas sur moi pour devenir le vassal d'un humain. Ça me hérisse la crinière rien que d'y penser.

Et voilà. Encore une réflexion à la Gryfenfer. Finalement Shimy se demanda si elle n'allait pas devoir s'entretenir avec Danaël pour donner sa démission des Légendaires. Justice, justice, vérité, justice, amitié, justice. Si Danaël réussissait à faire d'eux des héros un jour, elle se prosternerait à ses pieds.

-Ecoute Gryfenfer, ici on est pas raciste, et s'il on l'est, c'est à nous de réprimander ceux qui t'ont discriminé. Donc on va aller voir le roi, et tout va bien se passer.

Le chevalier blond venait de se hisser sur la table de la taverne afin que tous les regards convergent vers lui. Shimy pouvait entendre tous les murmures questionants des clients à des mètres alentours. Finalement un homme en vert, l'air important et pas trop écœurant pour un humain (il semblait même trop pieux pour fréquenter une petite taverne miteuse comme celle-ci) se leva et offrit de les conduire jusqu'au roi. Shimy tourna instinctivement son regard vers Danaël. Le chevalier semblait aussi surpris qu'elle. Les autres "héros" également. Tout s'enchaînait très vite. Les Légendaires se levèrent à l'unisson de leurs chaise tandis que Danaël remerciait courtoisement le Capitaine de la garde. Peu s'en fut que le petit groupe sortait déjà de la Taverne. Danaël parlait avec l'homme, le ton de sa voix était plein d'espoir et de gratitude. Gryfenfer semblait replié sur lui même, ses poils paraissaient se hérisser lorsqu'il frôlait une habitation ou un humain. Ce fut à Shimy de le fixer et détailler son corps. Elle en avait assez de sentir le regard de cet animal là sur elle. Jaguarian ou pas elle allait le contraindre à descendre d'un ton. Les deux Légendaires restèrent yeux dans les yeux un moment, comme si l'un attendait que l'autre parle. Ou attaque. Ils furent séparés dans leur échange peu amical de regard par Razzia qui s'avançait pour suivre le chevalier de Larbos. Shimy aurait voulu garder ses yeux braqués dans l'iris ténébreux du Jaguarian mais le magnifique palais blanc qui se dressait à leur vue, ainsi que les bataillons de gardes, au garde à vous devant leur Capitaine les lui détournèrent. La jeune elfe de Koléana était une habituée des palais. Les architectures de Karakys demeuraient grandioses également. Mais c'était tout un autre style architectural qui se déployait ici, et pour la seconde fois de sa vie l'elfe élémentaire ressentit une profonde distinction pour le genre humain. La première se manifestait au travers le chevalier Danaël.

Les Légendaires pénétrèrent dans la grande cour, au milieu de gardes et de fontaines d'eau claire. C'est seulement une fois devant la grande porte en bois sculpté et le pont levis que Shimy repensa à son échange de regard avec Gryfenfer tout à l'heure. Et aussi risible que ce fait puisse être, elle avait trouvé la sévérité de son visage et de sa forte musculature, assez agréables.

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MessageSujet: Re: L'histoire   Mer 8 Jan - 22:52

Gryfenfer n'en revenait toujours pas. L'image de Danaël se levant de sa chaise, bondissant sur la table avec agilité et haranguant toute l'auberge à la recherche de quelqu'un le conduisant au roi.
Il s'était étouffé dans son verre et toussait encore lorsqu'un homme en vert avait répondu à l'appel. Vraiment invraisemblable. Gryfenfer n'avait même pas fini sa bière qu'ils sortaient déjà sous la conduite de cet étrange personnage sortit de nul part, qui prétendait les présenter au roi en personne sans les connaître le moins du monde...

Gryfenfer se dit que ça puait le piège à plein nez, qu'ils allaient tous se faire trouer dans une ruelle ou extorquer leur argent, au mieux. Il aurait voulu rattraper Danaël, et lui faire part de ses doutes, mais ce dernier était absorbé à discuter avec l'étranger. À leur hauteur se trouvait Jadina qui écoutait attentivement, son bâton de Jade perché sur son épaule. Gryfenfer se sentait mal, épié, comme si une bande de voleurs pouvait surgir à tout instant et les faucher sans qu'ils aient eu le temps de réagir. Cela devait se voir à des kilomètres, mais cette situation ne lui plaisait pas du tout. Il dût lutter contre son instinct animal et se forcer à penser que Danaël savait ce qu'il faisait.

La ville semblait tranchée en deux, séparée par la maladie. D'un côté il y avait les malades, dont la frontière était très floue et de l'autre, les biens-portants barricadés dans leur maison, protégés par des cordons de gardes en armes. La ville ne semblait pas plus différente de ses abords et de ses campagnes, la même crainte y régnait en maître. Cette terreur au silence écrasant, troublé par les cris perçants de quelques oiseaux noirs. L'homme-bête rabaissa sa capuche sur son visage et croisa les mains dans le dos, lorsqu'il se rendit compte que l'elfe le regardait.
Il répondit aussitôt au regard comme piqué au vif en se jurant qu'il lui ferait détourner les yeux. Il la fixa à son tour, les sourcils froncés, l'air menaçant. Mais elle, elle continuait de le défier des yeux, le narguant même en soutenant toujours plus longtemps ce petit duel.
Aucun homme n'aurait jamais osé le regarder dans les yeux mais elle se le permettait comme si c'était son bon droit dont elle jouissait avec une arrogance incroyable. Gryfenfer fut forcé de la regarder plus en détail. L'elfe était grande et élancée, le visage bien dessiné et les oreilles hautes et fines surplombant sa chevelure d'un bleu océan aux reflets d'argents. Elle avait la mine fière, le menton droit et le nez pointu. Un très joli nez d'ailleurs.
Et ce regard qui ne lâchait rien, cette flamme déterminée qui brûlait dans ses pupilles et semblait pouvoir tout consumer. L'homme-bête en eu le souffle coupé.
Cette lueur de défi le rendait presque fou, il ne comprenait pas que l'on puisse le...provoquer ainsi.

Et plus elle le regardait, plus il se sentait mal, mal d'être entouré d'humains, mal de suivre un plan douteux, mal de ne pas être le mâle dominant et d'être déstabilisé par deux yeux d'elfe.
Il sentit monter en lui un feulement meurtrier au moment ou le colosse, Razzia, passa entre eux. Shimy détourna son regard et le reporta sur le palais qu'ils étaient en train d'approcher.
Ce fût un immense soulagement pour Gryfenfer. Et en même temps, il eût quelques frissons, des frissons jusqu’au bout des doigts. Une drôle de sensation qu'il n'avait pas ressentie depuis longtemps, le genre de sensation qui lui plaisait.
Cette jeune elfe était différente des humains. Elle n'était pas craintive et lâche comme eux, qui ne maîtrisaient jamais leur vessie lorsque Gryfenfer les prenait en chasse dans les montagnes de Lovinah.
Depuis toujours Gryfenfer n'avait été qu'un animal, une bête terrible de crocs et de griffes, faite pour tuer et rien d'autre. Sa tête était pleine de fantômes, ceux des amis, des frères et des parents qu'il aurait pu avoir. Des fantômes qu'il avait fabriqué lui même et qui le hantait depuis toujours, et il se sentait parfois l'envie de se laisser partir, de les rejoindre. C'était moins douloureux, que de vivre ce vide permanent, cette absence de repères et d'appuis. Il ne connaissait que le sang.
Il jeta de nouveau un œil à l'elfe, qui ne faisait plus attention à lui, mais pas un regard carnassier. Elle lui résistait, elle le défiait, et ce changement soudain lui rendit...un petit peu d'espoir.
Pour se sentir vivant, il n'avait que la violence. Mais peut-être qu'avec elle, la violence lui rendrait ses coups, lui permettrait de se défouler vraiment et de vivre...
Ayant de plus en plus envie de se battre avec elle, il détourna le regard pour masquer son petit sourire.
En face de lui se dressait le palais royal, immense, haut. Ils traversèrent une cour bordée d'arbustes et de statues représentant le roi dans toute sa splendeur. De riches nobles étaient assis sur le rebord d'une fontaine crachant une eau pure et étincelante, discutant sûrement d'affaires du royaumes, ou bien de futilités et de de banalités. Leur rire éclaboussait les lieux comme l'eau argentée. Au vol de quelques grands oiseaux devant l'immensité du palais blanc, Gryfenfer se demanda s'ils avaient changés de lieu, et il failli se retourner pour bien s'assurer que le reste de la ville pourrissait. Une bande de soldats en armures passa et se mit au garde à vous devant le Capitaine, mais le jaguarian n'y prêta pas attention, se contentant de rabattre un peu plus sa capuche. Il ne se sentait pas à l'aise du tout dans cette environnement de haies taillées, de fontaines, de chemins de promenade larges et couverts de petites pierres blanches et de statues de marbre. Non, il n'était pas du tout habitué à cela. C'était un monde de chevalier, de princesses, de gens du roi... Un monde pour Danaël et Jadina par exemple, mais lui, il le sût immédiatement, vêtu d'un cape sombre et mal lavée, il n'avait pas sa place ici. Mais au moins, il était maintenant sûr que personne n'essaierait de les assassiner ou autre, tant mieux.
Il n'eut pas le temps de réfléchir davantage au pourquoi Danaël avait-il quitté cet endroit pour un autre car le pont-levis ouvert dressait déjà ses énormes chaînes de fer. Un cordon de soldats armés d'une hallebarde leur barrait la route. L'un d'eux s'avança et prit la parole.

-Salutations, Valérian, dit-il tout haut en se mettant au garde à vous.
-Salutations, répondit le dénommé Valérian.

On savait au moins comment il s’appelait.

-Qui vous accompagne ?
-Des invités dont je prends l'entière responsabilité. Je les conduis auprès du roi.

Gryfenfer ne voyait pas très bien de sa position, mais il lui sembla que deux gardes sortaient du rangs pour accompagner le petit groupe. C'est alors que le garde à qui parlait Valérian détailla les Légendaires. Il tiqua en voyant Gryfenfer, encapuchonné. Il lui fit signe de retirer son vêtement, Gryfenfer resta de marbre, jetant un regard furtif et paniqué à Danaël.

-Qui est-ce, Valérian ?
-Un jaguarian, dit soudain Danaël en s'avançant. Il fait partie de mon groupe.

Le garde eut un rire intérieur.

-Et vous pensez vraiment que cet animal-là peut voir le roi ? (Il jeta un regard méprisant au jaguarian qui peinait à se contenir) C'est un sauvage.
-Je ne vous permet pas de le juger, répliqua aussitôt le chevalier.
-Vous pouvez voir le roi si Valérian le veut, mais pas le sous-homme, siffla le garde en défiant Danaël du regard.
-Ça suffit, intervint Valérian en se plaçant entre eux. Le jaguarian ne sera pas à moins d'un mètre de ma personne, entouré de quatre hommes et par le garde du corps du roi s'il le faut. Et qui serait de toute façon assez fou pour attenter à la vie de notre seigneur ? Pensez vous vraiment qu'un Jaguarian ait quoi que ce soit à voir avec le roi ?

Le garde battit brusquement en retraite, désarçonné et surpris. Il chercha un soutient autour de lui mais ses camarades baissèrent les yeux.

-Retournez à votre poste (Et il sembla à Gryfenfer qu'il plaçait toute son autorité dans ce dernier mot). Et vous autres, suivez moi.

Et c'est ainsi qu'ils entrèrent dans le château, domaine royal, flanqués de quatre hommes en armure et sous le regard haineux d'un autre resté en faction au pont. L'homme-bête s'essuya le front et soupira, même s'il s'attendait un peu à ce genre de réaction ouvertement hostile. La jalousie ne faisait jamais bon ménage.
Il se rapprocha de Danaël par derrière et lui glissa :

-Merci Dan'.

Le chevalier s'ébroua et fourra ses mains dans ses poches. Le groupe traversa d'immenses salles, de longs couloirs blancs et or, passa devant moult statues et formidables pylônes  de marbre soutenant difficilement l'imposante architecture. Gryfenfer ne pût s'empêcher de passer une main distraite dans les rideaux, stupéfait. De la soie.
Valérian les déposa dans ce qui semblait être une salle d'attente. Ils posèrent leur fesses et reposèrent leur jambes sur de petits sièges rouges.

-Je vais demander audience auprès du roi, attendez ici.

Il s'éloigna et disparu à l'angle d'un couloir, le bruit de ses pas résonnant dans toute la pièce. Avachi sur son siège, les mains derrières la tête maintenant découverte, Gryfenfer remarqua à quel point cet homme donnait l'impression d'avoir un balais dans le rectum quand il marchait.
Il enleva sa cape et en tira un paquet de cigarettes, sans prêter attention à la femme assise juste à côté de lui. Elle venait juste de s'asseoir et semblait attendre aussi une audience avec le roi.
Gryfenfer s'apprêtait à allumer sa cartouche lorsqu'il perçut son regard courir le long de sa crinière.
Il plissa les yeux et pinça les lèvres, fixant un point dans le vide devant lui, avant de se retourner vers elle, un sourcil relevé.

-Quoi ? Fit-il.

La femme était assez jolie à regarder, le teint basané, les cheveux sombres et les yeux étincelants. Ses vêtements n'étaient pas ceux d'une riche bourgeoise, mais plutôt un ensemble de pièces d'armure légères disparate. Elle avait les mains derrières la tête, comme Gryfenfer quelques instants et la même allure. Elle sourit, pas du tout impressionnée.

-Je ne crois pas que vous ayez le droit de fumer ici, lui dit-elle d'une voix douce.

Il sourit à son tour, appréciant le visage de sa nouvelle voisine, et son petit décolleté aussi. Gryfenfer lui tendit une cigarette qu'elle accepta et l'alluma. Bêtement, ils restèrent tout deux à se dévisager, à se fixer en fumant là où s'était interdit. Le Jaguarian avait complètement oublié ses camarades et le roi. Il se doutait bien qu'il ne reverrait pas cette femme, mais il lui demanda tout de même son nom.

-Jaheel, dit-elle avec la même voix douce en envoûtante. Et toi ?
-Gryfenfer, répondit-il sans relever le changement de personne.
-Le roi va vous recevoir, messieurs les Légendaires, annonça Valérian à l'autre bout de la pièce.

Le jaguarian haussa les épaules et Jaheel lui rendit son geste avec une moue adorable, faisant tomber un peu de cendres sur le parquet impeccable. Les Légendaires se levèrent et suivirent de nouveau Valérian. Gryfenfer resta en arrière du groupe et passa devant une statue portant un petit bol de pierre, dans lequel il écrasa discrètement sa cigarette. Les mains dans les poches,  il jeta un dernier regard à Jaheel, mais elle ne faisait déjà plus attention à lui.

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MessageSujet: Re: L'histoire   Lun 20 Jan - 1:25

Razzia suivait lentement le groupe. Il avait beaucoup perdu en communication depuis son départ précipité des armées de Darkhell, et faisait passer ça pour un caractère taciturne auprès des autres membres de l'équipe. Ce qui est bien quand on est baraqué, c'est que les autres nous posent pas trop de questions. Mais depuis l'arrivée de Valerian, le colosse était impassible. Son ancien adversaire les avait accueillis d'emblée, et menés au roi sans discuter, ca ne pouvait dire que deux choses. Soit c'était un piège due à la méfiance engendrée par la peste, ce qui était plus que probable, soit les force larbosiennes étaient complètement dépassées par les évènements, et leur démoralisation les conduisait à opter rapidement pour des solutions invraisemblables.
Dans tous les cas, ça ne présageait rien de bon pour la suite.

La masse de muscles craignait d’être reconnue, entourée d'ennemis de longue date, et tentait de marcher le plus naturellement possible. Razzia n'était pas dupe. Un tel chaos en si peu de temps n'avait pu être organisé que par un seul homme. Le sorcier noir en personne. Il n'y avait que lui à être capable de déstabiliser de la sorte un royaume entier en quelques semaines. Le colosse de Rymar craignait un raid ennemi sur la ville dans les prochains jours, ou un vol d'artefact précieux, ou un assassinat. C'était la suite logique d'un plan guerrier dans ce genre de situations, et les plans de Darkhell étaient toujours belliqueux. Seulement, la chose que le sorcier n'avait pas prévue c'est que son ancien bras droit était encore en vie, et pire que cela, était passé à l'ennemi. C'est un avantage qu'il n'aurait pas toujours, Razzia se devait d'en profiter habilement.
Les grandes portes de la salle du trône s'ouvrirent, et le groupe suivit Valérian qui entra dans l'immense antichambre. Il y avait bien soixantes mètres entre le groupe et le trône de Larbos.
Des soldats les entourèrent rapidement, voulant apparemment cerner l'homme-bête sous des dessous amicaux. Razzia leur jeta un regard noir, et se rapprocha un peu de son camarade Jaguarian, alors que les gardes prenaient un peu de distance, intimidés par l'imposant personnage qui leur déconseillait vivement de continuer à les entourer.

Razzia saisit la cigarette de la bouche de l'homme-bête alors qu'elle était allumée, et l'écrasa dans son poing sans broncher. Le colosse sourit faiblement... Dans ses souvenirs, sourire permettait d'établir un contact amical, et donc permettrait plus facilement le dialogue. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait plus fait. Le porteur du Léviathan se baissa légèrement pour chuchoter à l'oreille de son camarade.

"On est pas en position de force. Évite de fumer quand c'est interdit, je te prie.."

Il sentait que le Jaguarian se préparait à rétorquer, alors il ne lui en laissa pas le temps.



"Deuxièmement, cette fille, Jaheel. Ne crois pas que je ne t'ai pas vu. C'est la fille du capitaine Valérian, et le garde qui a voulu t'en mettre une tout à l'heure est son principal prétendant. Me demande pas comment je le sais, ça serait trop long à expliquer. Simplement, pour le court temps ou nous sommes à Oroban, essaie de ne pas y mettre la pagaille... Quelque chose se prépare, même un enfant le sentirait... Il faudra que nous puissions réagir quand cela se passera, compris?"

Sentant à nouveau que son ton avait été trop dur, le colosse sourit à nouveau, même si quelque chose lui disait que ce n'était pas la chose à faire pour paraitre sain d'esprit. A force de se taire et la jouer ténébreux, aussi, on perdait en relations humaines.

Razzia vit un garde entièrement vêtu d'une armure d'or venir vers eux. Le garde personnel du roi. Le colosse avait, sous un autre nom, tué ses six derniers prédécesseurs. Il savait pourquoi il venait. Dans très peu de secondes, on allait demander leurs armes aux nouveaux héros. Reste à savoir comment les autres réagiraient. L'ancienne ombre rouge regarda son camarade homme-bête. Visiblement, les gardes n'auront pas le temps d'arriver avant que le Jaguarian puisse rétorquer tout ce qu'il a sur le coeur.

____________________________________________
Rien n'est vrai. Tout est permis.

(Ouais enfin encore faut-il trouver à chaque fois unes raison de poster sur un sujet histoire que les signas se suivent. C'pas encore au point, comme système)

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MessageSujet: Re: L'histoire   Jeu 23 Jan - 23:24

Gryfenfer avait de nouveau allumé une cigarette, juste avant d'entrer dans la vaste salle du trône. Il avait fait ça comme un baiser volé, un geste dérobé et rapide. Il savait que c'était interdit, mais c'était tout ce qu'il avait trouvé pour ralentir le rythme de son cœur battant la chamade. La rencontre avec le roi le stressait plus que tout, il en suait et il allait exploser.
Pourquoi n'ouvraient ils pas une seule fenêtre dans ce satané château ?
Valérian n'avait rien vu de son geste criminel et ouvrit les battants de la grande porte blanches où des branches d'or se tortillaient sauvagement avec une parfaite symétrie. Ils entrèrent silencieusement, se mirent en ligne et saluèrent.
Le tapis rouge déployé devant eux montait quelques marches avant d'atteindre le trône, rouge lui aussi, et le roi. Celui-ci les fixait de loin, de très loin, et pourtant Gryfenfer décela sans peine un mélange de mépris et de surprise. Il raffermit sa prise sur la canne d'ivoire dans sa main gauche et frappa le sol avec.
Un énorme colosse bardé de plaques d'un métal doré se mit brutalement en marche, comme un automate que l'on venait d'activer. Il fonçait sur eux, décidé, une longue épée battant contre sa cuisse dans sa démarche ferme.
Gryfenfer n'eut pas le temps de se débarrasser de son mégot  que Razzia, l'espèce de montagne de muscle qui aurait pu tenir tête sans problème au buffle lancé contre eux, le saisit et l'écrasa dans sa main.

-On est pas en position de force. Évite de fumer quand c'est interdit, je te prie...

Gryfenfer se retourna, stupéfait, s'apprêtant à l'injurier et à comparer sa mère à un Girawa que Razzia poursuivait, impassible.

-Deuxièmement, cette fille, Jaheel. Ne crois pas que je ne t'ai pas vu. C'est la fille du capitaine Valérian, et le garde qui a voulu t'en mettre une tout à l'heure est son principal prétendant. Me demande pas comment je le sais, ça serait trop long à expliquer. Simplement, pour le court temps ou nous sommes à Oroban, essaie de ne pas y mettre la pagaille... Quelque chose se prépare, même un enfant le sentirait... Il faudra que nous puissions réagir quand cela se passera, compris?

L'homme-bête fixa un instant Razzia, sous un jour nouveau. Il plissa les yeux et ses traits se tordirent de colère, de rage contenue. Si ils avaient été seuls dans un champ, Gryfenfer lui aurait fracassé le crâne à coup de poings. Pour qui se prenait il cet humain ? Il pensait que sa taille lui conférait le droit de lui donner des leçons, à lui ? Gryfenfer avait presque envie de rire en fait.
Il soupira et se retourna vers le garde qui arrivait. Il grinça des dents et pinça les lèvres.

-Fous moi la paix Razzia, lâcha-t-il dans un murmure. Je me fiche de Valérian, de l'autre c****** et de tout ceux qui sont dans ce château.  Qu'est-ce que tu crois hein ? Que je vais seulement la revoir une fois ? Ce serait étonnant tiens. Et puis si je dois casser la tronche à un type de plus, c'est mon affaire, pas la tienne.

Il croisa les bras et planta ses yeux fauves dans ceux de Razzia.

-Maintenant ferme-là tu veux ? Tu me rends nerveux.

Et sur ces brèves paroles, il vit le garde s'arrêter à quelques pas du groupe et leur ordonner de lui remettre leurs armes.


Dernière édition par El Diablo le Lun 27 Jan - 11:45, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: L'histoire   Ven 24 Jan - 17:38

-  maintenant, ferme-là, tu veux ? tu me rend nerveux.

Jadina soupira a cette remarque du jaguarian qui commençait a vraiment l'énerver. non mais pour qui se prenait-il ? Ils avaient déjà assez de chance, tous, de pouvoir rencontrer le roi Larbosa, il n'allait pas déclencher une bagarre de sang-froid !
C'est avec soulagement qu'elle vit Gryfenfer se détendre légèrement. Elle se retourna alors vers Danaël, qui marchait devant. Puis vers Valérian, qui, se tournant vers eux, leur demanda leurs armes. elle serra son bâton aigle entre ses mains, mais le tendis quand même au garde, sans broncher. Ce n'était pas le moment de faire une crise. Mais elle se sentait mal, comme si ils allaient droit dans un piège qu'ils refusaient de voir. Les choses c'étaient passées trop vite a son goût. entrer dans le palais de Larbos était peu être plus simple qu'à Orchidia, mais d'après elle c'était tout de même un peu trop facile.
Elle reposa son regard vers Danael, qui semblait impassible. Et lui, avait-il des soupçons ? Rien dans son visage n'indiquait qu'il pensait a quelque chose de précis, il paraissait juste concentré.


"j'espère qu'on est pas en train de faire une grosse bêtise ..." pensa t-elle.

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MessageSujet: Re: L'histoire   Lun 10 Fév - 20:58

Danaël marchait tranquillement dans le palais qui avait servi de Quartier Général à son armée les Faucons d'Argent.
Le peuple de Larbos était raffiné et avait le goût des bonnes choses.
Il écoutait inlassablement ses compagnons se chamailler et réprimandait d'un mauvais regard l'attitude de Gryfenfer.

-Maintenant ferme-là tu veux ? Tu me rends nerveux.

Outre sa tenue réprochable, le Jaguarian se mettait à la vulgarité et commençait à donner une image des Légendaires quelque peu imparfaite.

Le chef des gardes leur demanda alors leurs armes.
Il tendit à contrecoeur son épée d'or, partie intégrante de lui-même.
Danaël décida de mettre les choses au clair avec ses compagnons avant d'entrer dans le palais.

Ecoutez-moi Légendaires. Nous allons bientôt pénétrer dans la chambre royale et l'attitude que nous démontreront reflèteront à ses yeux notre capacité de héros, notre capacité à protéger Alysia et notre capacité à respecter la mission qu'il nous assignera. Légendaires, ne vous disputez-pas, soyez exemplaires.

Valérian poussa les portes du hall royal et Danaël avança vers le roi suivi de ses compagnons et put entendre la voix du capitaine dans son dos:

"Les Légendaires, compagnie armé au service d'Alysia, désirant s'entretenir avec Sa Majesté Larbosa, roi de Larbos."

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MessageSujet: Re: L'histoire   Mar 11 Fév - 20:51

Danaël marchait en tête. Il était collé de très près par Jadina. Non pas comme une serviable femme à ses ordres, mais le regard brillant et tranchant comme la lame d'une épée, elle arrivait d'un simple vacillement à faire passer le preux chevalier pour ni plus ni moins que son garde du corps. Avec son air un peu trop confiant, voire béat, Danaël, pour peu plus, serait passé pour un parfait crétin à coté de la défiance autoritaire de Jadina. Cette attitude démontrait en tout cas à Shimy que la princesse de machintruc n'était pas très confiante en pénétrant ici.
Derrière Danaël et Jadina, se profilait Razzia le colosse, qui devait avoir la mâchoire inférieure bleuie à force de la serrer aussi nerveusement. Derrière elle flirtait Gryfenfer, comme à son habitude, en train d'étouffer sous son capuchon crasseux. Shimy se demanda si paraître ainsi vêtu devant un roi, un roi dominant un territoire bien plus grand que celui de l'île de Karakys qui plus est, était bien considéré. Que craignaient-ils tous à la fin ? Ses compagnons allaient la rendre nerveuse.

Jadina se tourna rapidement et exécuta un rapide geste à l'attention de Gryfenfer, visant à le conseiller de rapidement se découvrir. Ce que l'homme fauve fit dans un râle sourd que Shimy fut la seule à percevoir.

"Les Légendaires, compagnie armée au service d'Alysia, désirant s'entretenir avec Sa Majesté Larbosa, roi de Larbos."

Les Légendaires mirent un genoux à terre et courbèrent la nuque, Shimy et Gryfenfer calquant cette attitude sur celles de Danaël, Razzia et Jadina. Shimy brûlait d'élever le regard afin de voir enfin à quoi ressemblait un Roi Humain.

-Je vous suis gré de votre visite à Oroban, Messires Légendaires.

L'intonation de la voix du roi était grave, un peu sèche. Celle d'un humain quoi. Mais ce qui fit le plus écho à l'elfe, c'était principalement la frigidité de celle ci. Elle ne s'attendait bien sûr pas à ce qu'il les prenne dans ses bras en les invitant à sa table, mais quand même. Il ne les avait toujours pas invité à se relever. Shimy sentait presque les étincelles bouillantes provenant de la rage de Gryfenfer à coté de lui, du fait de devoir s'agenouiller et baisser le regard face à un Humain, aussi royal fut-il. L'Elfe avala sa salive. Il lui sembla qu'une éternité avait suivie cette sobre déclaration.

Là encore ce fut Danaël qui leur sauva la mise en remerciant le roi pour son accueil déroutant et fort convenable. Shimy soupira intérieurement. 2 secondes de plus et ils seraient passés pour les plus grands des crétins d'Alysia.

-Comme vous l'avez remarqué sans nul doutes, Messires Légendaires, Oroban, capitale du royaume de Larbos est encline à la décadence. Si vous fûtes venus jusqu'ici dans l'espoir d'y trouver du travail ou ne fut-ce qu'une mission héroïque, sachez que je me trouve à mon plus grand dam dans l'impossibilité de vous satisfaire.

Shimy crut qu'elle allait basculer sur le côté. C'était quoi ce roi ? D'abord il les regardait de haut, sans même les inviter à se lever et en plus de ça il coupait court à tous leurs espoirs. Etrangement, ce ne fut ni pour elle, ni pour leur groupe que la jeune Elfe eut le plus mal, mais pour Danaël. Toutes les plus grandes convictions, ardeurs et espoirs de Danaël étaient matérialisés en son groupe. Que se passerait-il si le Roi refusait de les reconnaître et leur donner du travail ?

Ce fut cette fois Jadina qui prit la parole, d'une voix claire, scintillante comme un gâteau de riz, mais à la fois portante comme celle d'une grande Reine.

-Votre Majesté, nous ne souhaitons pour rien en ce monde troubler les fiévreuses dispositions mises en place à Oroban. Vous risquez de vous méprendre sur nos intentions si telle était votre perception de notre communauté.

Shimy se demanda intérieurement quand Gryfenfer allait exploser -ou plutôt imploser- et pria les dieux de leur accorder au moins une demi minute. Le temps de remercier le Roi et éxecuter un volte face. Mais Jadina continua, en de belles tournures de phrases et élocution pompeuses, à convaincre Larbosa qu'il s'était trompé sur le compte des Légendaires. Shimy échangea un regard inquiet avec Razzia. Jusqu'où irait Jadina ? Car enfin, si ils avaient fait toute cette route c'était bien pour bien se faire voir auprès du Roi. Lorsque la Princesse eut terminée sa tirade, un second silence se fut. Puis le Roi déclara encore plus froidement que la première fois :

-Levez vous, Légendaires. Si il en est bien ainsi, Messires , que préméditiez vous donc en venant à Oroban ? Ignoriez vous que la peste frappe sans distinction tous ces occupants ?

Quelqu'un devait dire quelque chose avant qu'ils passent de nouveau pour des idiots.

-Simplement venir en aides à nos amis et frères d'Oroban Votre Majesté. Nous sommes enclin à aider cette ville.

Shimy, Gryfenfer, Razzia et Danaël manquèrent protester tous en même temps. Shimy colla un rapide coup de coude à Jadina et celle ci lui lança un regard si noir que même les murs de la salle royale, si ils avaient eu des yeux, auraient frémis. Ils n'étaient pas venus jusqu'ici pour se retrouver à porter des brancards.

-Nous avons besoin de bras , il est vrai. Néanmoins, sans vouloir vous paraître défaitiste Légendaires, la population d'Oroban est en déclin. Et il y a pire, d'autres cités sont également atteintes. La peste d'origine inconnue se propage. Ce n'est pas en réconfortant les vaillants ou incinérant les cadavres que nous avancerons et arriverons à quelque chose. Vous êtes jeunes, et m'avez l'air motivés. Alors je veux bien vous donner une chance, Messires Légendaires. Mais ce n'est pas en Oroban qu'elle se jouera. Vous avez donc pour ordre, avec l'assistance de la seconde phalange de ma garde personnelle, sous la direction du Capitaine Valérian, d'escorter un convoi en mon nom et celui de ma capitale jusqu'à la cité des Monts De Givre, Ewëcius au cœur des Montagnes de même nom.

Shimy crut que ses jambes ne la porteraient plus.

-Cette cité est réputée pour ses activités scientifiques et culturelles. De nombreux mages et botanistes, avides de préserver le savoir de notre monde règnent avec respect sur Ewëcius. Je leur fais don de présents venus d'Oroban, dont de l'Acier et de l'Or que vous avez pour mission d'acheminer à bon port et de défendre envers les pillards et barbares de chemins. En échange de ces présents, vous les conduirez en retour jusqu'à moi. J'ose espérer que leurs savoir mêlé aux rapports érigés sur place nous aideront à venir à bout de cette peste damnée.

Le Roi regarda le Capitaine Valérian.

-J'ai confiance en vous et votre équipe, Capitaine. Je sais que cette mission sera bien menée. Je veux que vous soyez partis, Capitaine, Messires Légendaires, au plus vite. Avant le crépuscule serait idéal. Si vous autres, jeunes Légendaires êtes de retour avec les éloges du Capitaine auquel vous obéirez au même rang que les soldats vous accompagnant, je tâcherai alors de vous récompenser justement en plus de vous confier un second service, davantage considérable. A présent Messires Légendaires, Valérian, Gardes de la Seconde Phalange, partez pour Les Monts De Givre, et atteignez sans encombres Ewëcius. Vous êtes désormais porteur de l'ultime espoir visant à déraciner cette peste cent fois maudite!

Si Gryfenfer ne l'avait pas soutenue au dernier moment, Shimy se serait effondrée en arrière.

Tandis que le Capitaine après les avoir escortés, saluait son Roi et allait préparer ses troupes, Les Légendaires quittèrent le palais royal.

____________________________________________
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Pour des aventures Ivl et Irl !

                                            

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MessageSujet: Re: L'histoire   Dim 16 Fév - 13:26

Le petit groupe sortit enfin du château du roi et s'arrêta au milieu d'une large avenue parcourue de nombreux marchands et riches habitants. Une seconde de plus et Gryfenfer se serait mis à hurler.
Ce château l'avait enfermé entre ses murs étroits, comprimé de sa décoration chargée et tape-à-l’œil, mais si ça n'avait été que cela !  Jamais Gryfenfer n'avait subi pareille humiliation, s'agenouiller devant un humain, quelle honte !
Gryfenfer dût se calmer, réfléchir, souffler. Il ne pouvait pas cogner Danaël en plein milieu de la rue, ça pourrait compromettre la petite mission que le roi leur avait donné. Cela ne fit que rajouter un peu plus à sa frustration, qu'il trimbalait avec lui depuis toujours, et qu'il essayait vainement d'assouvir dans le sang. Tuer des gens, c'était devenu une habitude, quelque chose de naturel qui revenait quotidiennement.
Il aurait sans doute besoin d'égorger quelqu'un cette nuit, médita-t-il en se massant les tempes, d'apparence calme. Il ouvrit de nouveau les yeux, soulagé. Son désir de violence primaire et animal était parti avec la promesse d'un rendez-vous plus tard. Gryfenfer mentait à tout le monde, mais jamais à ce désir cruel, il était toujours très ponctuel avec lui.

-Messieurs les Légendaires, dit soudain Valérian, le convoi pour Ewëcius part ce soir. Vous y êtes intégrés sous mon commandement.

Gryfenfer toisa le Capitaine du regard, les bras croisés sur son imposante poitrine.

-Préparez vos culbutars, rassemblez des affaires et trouvez-vous des vêtements plus chauds que cela. Ces montagnes ne vous feront pas de cadeaux, messieurs. Rendez-vous devant le château.

Comme si Gryfenfer avait besoin qu'on lui rappelle les dangers d'une montagne. Il y avait passé sa vie, enfermé dans une cage, la Mort pour seule amie. Il jeta un dernier regard en coin au Capitaine de la Garde qui s'éloignait après une dernière révérence. Shimy l'observait. Le jaguarian l'avait remarqué dans la salle du trône, mais ce n'était pas la première fois. Ce qui l'agaçait vraiment, c'était qu'il ne parvenait pas à décoder ce regard qui n'était pas de la colère, ou du mépris, ni de l'admiration... C'était flou, il ne pouvait pas en dire plus, et ne pas savoir l'agaçait.
L'agaçait, et lui donnait très envie de savoir.

-Bien, vous avez entendu le chef, fit le jaguarian en se grattant le cou. Quartier libre jusqu'à ce soir... Danaël, Jadina, Razzia, trouvez quelques manteaux, ça fera l'affaire. Shimy, tâchons de dégoter de quoi manger, je doute que ces joyeux drilles de la Garde nous offrent le couvert, et nos propres provisions sont bonnes à jeter de toute façon.

Il frappa dans ses mains pour réveiller ses compagnons, un peu surpris que ce soit l'homme-bête qui prenne la parole pour donner des directives. Il fit signe à l'elfe de le suivre et s'engagea dans les ruelles animées de la ville tentaculaires. Ici, l'activité était totalement différente. De pauvres gens déplaçaient leur carcasse et les mendiants traînaient sur le trottoir comme des déchets. Les vapeurs de casseroles et des marmites dans lesquelles mijotaient quelque plat étrange s'élevant au dessus des toits en volutes dansantes, les voix graves des hommes interpellant d'éventuels clients en vantant les mérites de leur produit, le son des pièces s'entrechoquant, du commerce, de l'échange, de la vie. Tout cela plaisait bien plus à Gryfenfer que la froideur des murs immaculés du château. Il fourra les mains dans ses poches et se fraya un chemin à travers les badauds surpris de voir cet étrange créature, puis se remettant à leur tâche.
Ces derniers s'écartèrent au passage d'une patrouille et Gryfenfer en fit de même, la mine basse.
Alors qu'il cherchait un magasin convenable, il sentit le regard de Shimy lui brûler le dos, encore une fois. Il frissonna et pendant un instant, ne se senti pas épié, il trouva même cela plutôt agréable d'être la cible de ces yeux. Il se retourna et elle fit mine de rien.


-Ça va ? Demanda-t-il simplement.
-Euh... oui, oui, bafouilla-t-elle en se grattant la tête. Je pensais à autre chose.

Gryfenfer indiqua une petite place où les enfants se couraient après dans une fontaine en s'envoyant de grandes gerbes d'eau en riant. Une petite taverne d'un aspect correct, et juste à côté un boucher d'où s'échappait un doux fumet.

-Arrêtons un moment, proposa-t-il. La journée a déjà été fatigante, et nous avons un peu de temps devant nous.

Ils pénétrèrent dans la taverne bruyante et s'assirent dans un coin plus calme. Les chaises étaient plutôt confortables, la table propre, c'était une bonne auberge et cela représentait déjà quelque chose pour Gryfenfer. Leurs commandes arrivèrent rapidement. Gryfenfer saisit sa pinte et s'enfonça un peu plus dans sa chaise avant de lâcher un soupire de plaisir. Voilà ce qu'il aimait faire, se détendre et profiter de la tranquillité d'une auberge, accompagnée d'une bière fraîche, un plaisir simple et à la portée de tous.

-C'est notre job qui te préoccupe tant ? Fit-il en passant un bras derrière sa chaise.

Shimy leva les yeux vers lui avec une mine boudeuse. Ses cheveux bleus comme une cascade tombant sur ses épaules, ils lançaient des reflets d'argents dans la taverne peu éclairée. Et ce nez, toujours aussi fin et beau.

''Adorable, songea-t-il en sirotant sa bière.''

-Un peu, répondit-elle. Je m'attendais à un peu mieux pour... (elle secoua la tête) des héros de la justice.
-Tu t'attendais vraiment à pourfendre un dragon ? Ricana-t-il.

Elle haussa les épaules, dépitée et prit une gorgée.

-Moi je trouve qu'on est bien tombés. Regarde :(il se redressa et rapprocha sa chaise) On va voyager un peu, se promener, regarder la Garde du roi se battre à notre place et c'est tout. On a juste à faire bonne impression à l'autre Valérian pour que le roi nous file un autre boulot. En plus bosser pour un roi ! T'imagine pas la réputation qu'on va se faire avec ce genre de boulots pas dangereux ! Après on aura même plus besoin de servir la justice ou qui que ce soit, on pourra exiger des tarifs exorbitants et finir riches, immensément riches !
Non, ce job c'est une aubaine, je me bile pas...et tu devrais en faire de même.


Il reprit une longue gorgée de bière et croisa les jambes, un fin sourire flottant sur ses lèvres, et ses yeux dévisageant à nouveau l'elfe. Et plus il la regardait, et plus elle lui plaisait, par sa beauté et son tempérament. Il eût un petit intérieur et finit sa pinte.

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El Diablo
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MessageSujet: Re: L'histoire   Sam 24 Mai - 11:01

Le voyage avait commencé depuis quelques jours, et la conversation n'était pratiquement pas présente dans le convoi. De temps à autres, Valérian et Danael commençaient un dialogue, mais le terminaient aussitôt, frappés par le manque d'inspiration. Pour le moment, le groupe de «héros» n'avais encore rencontré aucun monstre, et ne semblait pas vraiment de bonne humeur. Shimy était, comme à son habitude silencieuse, ne levant les yeux que pour voir où ils allaient. Elle avait même cessé d'embêter Jadina, ce qui n'était pas plus mal, vu qu'ils devaient faire bonne impression. Razzia, perdu dans ses pensées, ne prêtait pas la moindre attention à ce qui l'entourait. Danael semblait légèrement mélancolique, comme si il regrettait de ne pas avoir trouvé mieux comme quête, ce qui était assez comprhensible, et faisait le remors de Jadina. Seul Gryfenfer semblait relativement joyeux. Moins renfrogné en tout cas. La princesse hésitait. Bouger, ou pas ? Elle aurait voulu s'excuser aurpés de Danael de … de quoi ? Elle ne le comprenait pas totalement. Elle avait quand même réussit à leurs trouver quelque chose, ce n'était déjà pas si mal, mais ils avait une mine tellement sombre qu'elle ne pouvait s'empêcher de penser que c'était sa faute. Et elle ne voulait pas risquer de se faire rembarrer si elle osait demander à Gryfenfer la raison de sa bonne humeur. Prenant son courage à deux mains, elle s'avança un peu au niveau du chevalier et demanda presque trop bas :


- ça va ?

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MessageSujet: Re: L'histoire   Dim 27 Juil - 21:28

Danaël: (El Diablo)



Danaël, l'ex membre des Faucons d'Argents et aujourd'hui chef d'une bande de ''héros'' patientait silencieusement dans l'ombre d'une maison Orobanniene, les bras croisés sur sa poitrine.
Razzia n'était pas très loin, observant le rassemblement qui avait lieu sur la place qui faisait face au château. On aurait dit qu'aucun détail concernant le rassemblement ne lui échappait, comme s'il notait et consignait chaque chariot, chaque soldat, chaque lance...
Sa large carrure n'était pas très avenante, et durant leurs propres préparatifs, il n'avait pipé mot.

Quant à Jadina, ancienne princesse du lointain royaume d'Orchidia... et bien, il ne savait pas exactement ce qu'il pensait d'elle. L'appréciait-il vraiment ? Il avait d'autres chats à fouetter ces temps-ci.

Il jeta à son tour un œil à l'immense convoi qui se mettait en place sous ses yeux. Des ordres et des directives fusaient dans tout les sens, chacun essayant de retrouver son groupe et sa place. C'était assez chaotique à vrai dire. Danaël essaya de les compter, mais cela faisait vraiment trop de monde : des soldats pauvrement vêtus, seulement équipés d'une lance, parfois d'un casque, des hommes montés à cheval tenant la foule à l'écart et enfin d'immenses guerriers en armure lourde, portant fièrement sur leurs boucliers en amande l'emblème de la maison du roi.
La Garde, une vraie petite armée personnelle.

''Pratique, songea Danaël.''

Autant de combattants l'inquiétait un peu. Il ne connaissait pas bien le nord du royaume, ni ses routes parfois dangereuses,  mais ces hommes prenaient apparemment la menace très au sérieux.
Au milieu de tout ça, Danaël et son groupe faisaient pâle figure.
Son attention fût attirée par un important groupe de soldats réunis autour d'une table. Ils étaient tous penchés au-dessus de la table et donnaient leur noms les uns après les autres. Lorsqu'ils s'éloignèrent enfin, Danaël aperçut cette fille, assise derrière la table et gribouillant quelque chose sur un immense livre d'un air très concentré.

Il était sûr de l'avoir déjà vue. Oui, elle était au château dans la salle d'attente. Elle aussi devait voir le roi. Apparemment, c'était elle qui gérait le personnel entrant dans le convoi. Sûrement la chef.
Dans ce cas les Légendaires allaient devoir s'inscrire sur ce registre aussi.
Comme des mercenaires.

Danaël n'aimait pas ce terme qui semblait les désigner. C'est vrai qu'il avait rêvé mieux comme mission, mais malgré ses rêves de justice qui l'avaient amené à créer les Légendaires, il ne se faisait pas d'illusions. Il fallait bien commencer quelque part.
Ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils soient connus de tous pour leurs actes, leurs faits d'armes... ça arriverait bientôt, pour sûr.
Pour le moment, il devait encore réussir à souder un peu plus le groupe. Ils étaient tous là parce qu'ils avaient perdus leur foyer, leur famille, et qu'ils n'avaient rien d'autres pour survivre... Et c'était à Danaël de former quelque chose de correct avec ça. Il avait conscience que l'idée de justice ne les touchait pas beaucoup. Il s'était mis des bâtons dans les roues. Peu d'hommes s'assemblent pour combattre dans le but commun de répandre la justice.
Pourtant, il voulait encore y croire. Il savait qu'il y avait quelque chose à tirer de ces quatre hommes et femmes. Il le savait.

-Nous sommes en retard ? L'interpella une voix.

Il se retourna et aperçut Gryfenfer sortant d'une rue, Shimy derrière lui. Tout deux portaient d'énormes sacs remplis.

-Non Gryfenfer, répondit Danaël. Vous avez tout ce qu'il faut ?
-Assez pour un bon mois. Normalement. Et vous ?
-Les vêtements d'hiver sont prêts, et moi aussi. Il n'y a plus qu'à s'inscrire, et nous sommes partis.

Danaël fit signe à Razzia et à Jadina de les suivre et ils se dirigèrent tous ensemble vers la table.

-Ça va être un sacré putain de voyage hein ? Fit le Jaguarian à son niveau.

Il paraissait relativement content de partir, ce qui n'arrivait pas souvent. C'était peut-être l'idée d'être payé pour un travail peu fatiguant qui lui parlait. En tout cas, il ne semblait pas très inquiet, au contraire de Danaël.

-Je crois, dit-il doucement. Mais tout ces soldats, et un partie de la Garde... ça ne me dit rien qui vaille.
-C'est ton boulot de t'inquiéter. Oh mais qui vois-je... ?

Ils étaient arrivés à la table où la femme finissait d'écrire quelque chose. Elle leva les yeux sur le petit groupe et parue étonnée. Ses yeux grand ouverts s'accompagnèrent d'un sourire très bref lorsqu'elle vit Gryfenfer.

-Je suis Jaheel, se présenta-t-elle d'une voix suave. La chef du convoi. Vous souhaitez vous inscrire, c'est ça ?
-En effet, dit Danaël. Nous sommes les Légendaires et nous venons de la part du...
-Je sais je sais, le coupa-t-elle en feuilletant son cahier. Présentez vous et votre équipement que je vous note dans le registre.
-Je suis Danaël de Larbos, le chef de ses quatre personnes : Gryfenfer, jaguarian, Jadina, magicienne, Razzia, guerrier et Shimy, elfe élémentaire.

Jaheel s'interrompit à ces mots et releva la tête. Elle fixa l'elfe pendant un court instant, bouche-bée, avant de l'inscrire dans le registre d'une écriture légèrement nerveuse.

-Et je possède une épée d'or forgée par les elfes, Razzia dispose d'un sabre à deux mains, et Jadina d'un bâton de Jade, hérité de ses ancêtres.
-Et bien...soupira Jaheel en finissant d'écrire. Ça ne rigole pas beaucoup chez vous. Je déduirais donc de tout cela votre solde que vous recevrez à la fin de la mission. Bienvenue parmi nous !
Le convoi partira dans peu de temps, tenez vous prêts !

Ils s'éloignèrent et se regroupèrent près d'un chariot bâché, attendant le signal de départ, excepté Gryfenfer qui discuta un bref moment avec Jaheel. Il revint très vite, l'air de rien.

-Bien, voici le topo Légendaires, commença Danaël d'une voix forte pour que tous l'écoute. Nous accompagnons cette caravane jusqu'à Ewëcius dans le nord, où on trouvera normalement de l'aide pour combattre cette peste. La route qui y mène est assez dangereuse, elle traverse une ancienne colonie du Vieil Empire, laissée à l'abandon depuis fort longtemps. Depuis cette région grouille de bandits, assez organisés et nombreux paraît-il. Vous n'avez qu'à regarder autour de vous, vous aurez confirmation...
J'espère qu'on ne sera pas top secoués durant le voyage, mais en cas d'attaque, je compte sur vous pour montrer l'exemple et pour aller de l'avant.


Gryfenfer ne parut pas ravi à l'idée de se jeter dans la mêlée et de risquer sa peau lorsque d'autres pouvaient le faire à sa place. C'était triste, mais lorsque la réflexion prenait le pas sur son tempérament sauvage et belliqueux, c'était pour laissait les autres faire le travail à sa place.
-Ou sinon on aura jamais la renommée nécessaire, ajouta Danaël en regardant Gryfenfer. Et sans cela, nos efforts seront vains.

Gryfenfer soupira et préféra regarder ailleurs, agacé.

-Tout le monde, cria une voix au dessus du tumulte. Nous partons immédiatement pour Ewëcius ! En avant !

C'était Jaheel, montée sur sa table et donnant les derniers ordres. Les chariots se mirent en mouvement, tirés par de larges chevaux. Leurs sabots claquèrent bruyamment sur les pavés, aussitôt rejoins par  des centaines de soldats, pauvres et riches. Tout ce monde se mit en marche dans un vacarme de claquements, de cliquetis d'armes et d'armures et dans le grondement sourd des bottes foulant le sol par centaines.

-Eh bien, termina Danaël en adressant un dernier regard à ses compagnons. Il est l'heure de partir pour le Nord.

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MessageSujet: Re: L'histoire   Dim 27 Juil - 21:30

Jadina:


-Eh bien, termina Danaël en adressant un dernier regard à ses compagnons. Il est l'heure de partir pour le Nord.
Jadina resserra contre sa poitrine le Bâton Aigle de sa famille. Ils y étaient. Elle vit Gryfenfer grommeler quelque chose puis suivre la dénommée Jaheel du regard.

-Eux deux...Ca ne marcherait jamais.
-Jadina, tout va bien ?

La Princesse esquissa un sourire condescend au leader des Légendaires. Danaël portait un lourd fardeau sur les épaules, elle le voyait. Elle le savait. Cela s'affichait sur son visage.Pourtant il croyait dur comme fer à la réussite du groupe. C'était ça qui lui plaisait principalement chez le chevalier. Elle éprouvait un très grand respect pour lui. Elle posa sa main sur le bras du Chevalier, espérant l'assurer de sa présence à ses côtés et de son soutien.

-Allons y.

Jadina vit la dénommée Jaheel enfourcher un cheval et prendre la tête du Convoi de mercenaires, tout en discutant avec un homme plus âgé. Le Capitaine Valérian apparemment. Les guerriers les moins notables étaient à pieds. Autrement dit, la plus grande partie du convoi, et eux. Jadina laissa Danaël passer devant puis lui emboita le pas. Gryfenfer traîna la patte et se laissa distancer. Sans doute voulait-il rester seul tranquillement à l'Arrière. Jadina chercha du regard Shimy, l'elfe élémentaire. Cette dernière la doubla d'un pas sûr et s'approcha un peu plus d'un Danaël perdu dans ses pensées. Ils quittaient Oroban et sa peste dans l'espoir de trouver à Ewëcius un remède qui sauverait des milliers d'Alysiens. La menace, bien qu'immatérielle, était bel et bien là, Jadina le savait et en avait pleinement conscience. Elle fut tirée de sa pensée par l'ombre du géant Razzia qui la balaya doucement. Elle prit un moment pour l'observer et détailler son visage. Un visage fermé, sévère. Captant son regard, le colosse de Rymar tourna sa tête vers elle et lui sourit. Un des plus étrange sourire qu'on ne lui avait jamais fait. Depuis combien de temps cet homme n'avait-il plus esquissé un sourire ? Jadina le lui rendit, elle espèra le plus sincèrement possible puis le dépassa. Elle tenta d'invoquer dans son esprit l'image d'une carte Alysienne. Les cours de géographie du Professeur Vangélis lui revinrent rapidement en mémoire.

-Presque 1 semaine de marche à monter, puis encore une semaine dans les Monts de givre avant d'atteindre Ewëcius.

Elle soupira et se concentra sur le sillage de Danaël et Shiymy devant elle. Bientôt, cette peste sera enrayée et Les Légendaires seront reconnus à des kilomètres à la ronde d'Oroban. Non ?

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MessageSujet: Re: L'histoire   Ven 29 Aoû - 20:54

Gryfenfer :


Voilà plus de quatre jours que le convoi avait quitté Oroban. Derrière eux, les derniers villages disparaissaient dans la rougeur du soleil couchant. Ils quittaient enfin cet immense royaume.

Gryfenfer était écroulé sur son Culbutar, épuisé après une longue journée de voyage. Pour le moment, il ne passait rien. Pas de combats, pas d'action, rien.
Le voyage se déroulait sans accroc et les journées s'écoulaient avec lenteur, se succédant toutes sans différences.
En fait, Gryfenfer aurait pu se la couler douce à l'aller et au retour sans problèmes, mais il y avait quelque chose de terriblement agaçant dans ce voyage.
N'ayant pas l'utilité de leurs compétences de guerriers, les Légendaires étaient souvent affectés à des tâches simples , humiliantes et subalternes comme le dressage du camp. Gryfenfer, lui, était perpétuellement affecté aux cuisines, faute de personnel.
En effet le dernier assistant avait péri de la peste, et Gryfenfer devait, jour après jour, obéir aux ordres des humains, soulever des assiettes, des plats, des marmites à l'odeur nauséabonde.
Que des tâches indignes de sa personne !

Lui était un jaguarian, un homme-bête et un Monslave libre. Il avait décidé, le jour où il avait brisé ses chaînes, qu'aucun homme ne lui donnerait plus d'ordre.
Aujourd'hui encore, il supportait assez difficilement Danaël et ses directives, mais il lui avait sauvé la vie une fois. Cela pesait lourd dans la balance pour Gryfenfer.
Il avait accepté de rejoindre Danaël dans sa quête dangereuse pour cette raison, et aussi parce qu'il n'avait nul part où aller. Devoir se terrer à l'abri des humains durant le reste de sa vie n'était pas plus pour lui la liberté que les chaînes qu'il avait jadis porté.

Mais malgré tout, il ne pouvait supporter qu'on lui donne des ordres, et commençait sérieusement à en avoir assez.  Il jeta un regard sombre à Danaël, un peu plus devant dans le convoi.
Cette mission avait intérêt à rapporter très gros.
Il respectait aussi Danaël pour ses compétences de guerrier, mais la loyauté a toujours ses limites.
Gryfenfer sentait qu'il s'en rapprochait.

Pour passer le temps, et essayer de penser à autre chose, il alluma une cigahlos. Il n'avait pas pu refaire le plein à Oroban, et son paquet se vidait inéluctablement. Décidément, tout lui manquait.
Il inspira longuement la première bouffée, la savoura, la garda précieusement dans sa bouche, avant de la libérer dans la fraîcheur du soir.
LeCulbutar de Razzia, la montagne de muscles, arriva alors à sa hauteur. En taille, cet homme était indépassable, et au vu de l'énorme épée qu'il portait dans le dos, il devait être un guerrier redoutable. Il ferait probablement un bon adversaire pour Gryfenfer, pas aussi mauvais que les derniers pauvres brigands que les Légendaires avaient chassés.
Gryfenfer était un être né de la violence, et celle-ci alimentait sa vie. Sans elle, il dépérissait, comme à présent.

Le colosse lui lança un regard suspect.

-Fatigué ? Dit-il de sa voix caverneuse.
-T'as pas idée, souffla le Jaguarian en se massant les épaules.
-Bah, une petite promenade revigorante, calme et agréable, ça ne peut pas faire de mal.

Razzia paraissait gêné lorsqu'il parlait, comme si cela lui demandait de gros efforts, et beaucoup de courage. C'était un homme qui parlait très peu d'habitude, entouré de mystères, comme son arme par exemple.

-Mouais, maugréa Gryfenfer, je ne serais pas contre un peu d'action. La seule lame que je tiens depuis plusieurs jours, c'est un épluche-patate...

Razzia baissa soudain les yeux et haussa ses larges épaules dénudées.

-Bah, marmonna-t-il après un court silence. Moins je porte la mienne, mieux je me porte moi-même.
-Tu l'as eu comment ? demanda nonchalamment Gryfenfer.
-C'est une longue histoire, trancha l'homme en relevant les yeux. Ce serait vraiment trop long à expliquer...
-Oh, je vois.

Encore un silence, plus gênant cette fois. Gryfenfer avait du mal avec les gens, il était maladroit. Ce n'était pas son domaine, tout comme la cuisine.

-Et, euh... commença Razzia d'une voix timide. Je peux te demander... comment tu es arrivé ici ?
-Ça t'intéresse ? Danaël ne te l'a pas racontée ?
-Si , si, bien sûr. Mais je voudrais seulement t'entendre raconter l'histoire...(il se gratta la tête de sa main immense) à ta façon.

Gryfenfer avait soudain très envie de s'éloigner de cet homme, de partir au galop et de s'évader dans la nature. Il ne voulait pas être replongé encore une fois... il ne voulait pas accepter.

-Je... c'est aussi une longue histoire, bredouilla-t-il en tirant inconsciemment les rennes de sa monture. Un peu comme toi je suppose.

Razzia fronça les sourcils et fixa le sol, songeur. Il pinça les lèvres et lança un regard oblique au Jaguarian, comme si il le reconsidérait subitement sous un jour nouveau, mais encore incertain. Un regard étrange.

-Nous ne sommes peut-être pas si éloignés que ça, dit-il lentement en regardant de nouveau la route.

Gryfenfer resta bouche-bée, stupéfait. Mais Razzia sembla ne pas tenir compte de son regard abasourdi. L'homme-bête secoua la tête en soupirant.

-C'est des foutaises, grogna-t-il. On a rien en commun, sauf un vrai passé de merde.
-C'est déjà quelque chose, répondit Razzia dans un demi sourire.

Gryfenfer alluma une nouvelle cigahlos. Ces petites cartouches lui faisaient un bien fou, il avait l'impression que ses épaules s'allégeaient et que sa fatigue s'estompait. C'était peut-être mauvais pour la santé, mais c'est tout ce qu'il avait trouvé pour que son esprit cesse un moment de ressasser des noms, des murmures, et des cris. C'était sa fuite.
Il tendit son paquet à Razzia d'un air interrogateur. Celui-ci saisit une cartouche entre ses gros doigts et laissa Gryfenfer la lui allumer. Dès la première bouffée, il se mit à cracher et à s'étouffer, une toux rauque secouant son corps massif. Gryfenfer eût un petit rire intérieur alors qu'il donnait de grande claque dans le dos de Razzia.

-Pas habitué ? Sourit-il.
-Non... gémit Razzia d'une voix rauque. La vache, tu mets quoi dedans ?
-Je préfère pas savoir.

Razzia toussa encore deux fois avant d'articuler à son tour un sourire. Il fuma encore un peu, plus prudemment, et parvint à expirer la fumée sans tousser.

-Je n'ai rien fumé depuis mes 20 ans, dit-il. Ça remonte à si loin tout ça. Mais je me souviens de tout.
-Alors comment tu en es arrivé là ? Il faut être un peu désespéré pour intégrer le groupe des Légendaires je crois.
-J'étais qu'un gamin quand c'est arrivé, souffla sombrement Razzia, les yeux plongés dans le vague.

Gryfenfer resta silencieux. Razzia s'apprêtait à lui raconter son histoire. Même si Danaël lui en avait parlé, elle valait toujours plus du côté de Razzia lui-même. Et il voulait en savoir plus sur cet qui avait peut-être partagé le même passé. Il avait besoin de reconnaître quelqu'un qui lui ressemblait.

-J'étais un étudiant, commença Razzia en fumant de nouveau. Un vrai petit littéraire qui passait son temps à bouquiner, en cachette parfois. Ma sœur était toujours là pour couvrir mes arrières, elle qui était beaucoup plus forte, et courageuse. À l'époque, j'avais des ennuis avec les gros bras de l'école, et comme j'étais grassouillet et pas très brave... ( Il parut soudain très sombre)
Et puis, l'armée des mille loups, la ville en ruine, mes parents, ma sœur...

Il se tut, sa cartouche se consumant lentement, les yeux fixes. Gryfenfer remarqua que ses mains s'étaient crispées autour de ses rennes et que son corps tout entier semblait raidi. Il ne respirait plus, comme si les souvenirs l'étouffaient.

-Je me suis entraîné longtemps, continua-t-il d'une voix de pierre, puis j'ai exterminé les mille loups. Jusqu'au dernier. Et après ça, j'ai traîné dans le meurtre et le crime. Je ne suis bon qu'à tuer je crois.
Et un jour, j'ai combattu et tué une femme. Une grande guerrière, courageuse et forte. C'était ma sœur. C'était...


Ses mots se bloquèrent dans sa gorge. Il étouffa un sanglot dans sa paume immense et ferma les yeux, au bords des larmes. Gryfenfer n'avait rien vu de tel. Jamais il n'aurait imaginé ce puissant gaillard retenir des larmes. Il s'approcha et lui saisit aussi délicatement que possible le bras de sa main tremblante.

-Tout va bien, dit-il d'une voix inhabituellement mal assurée, faible. Tout va bien.

Et on aurait dit qu'il ne savait dire que ça.

-Cette lame était la sienne, murmura Razzia, la tête basse. On l'appelle le Léviathan.

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