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 Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.

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MessageSujet: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Jeu 13 Déc - 17:57

Le Retour du Fils Prodigue


Bonjour! Ceci est ma première fiction, j'espère qu'elle vous plaira! Je remercie particulièrement Dragonna et Amélia, dont les fictions géniales -que je vous recommande- m'ont donné envie d'écrire, Étoile d'Argent, pour m'avoir soutenue, et Oragie qui m'a expliqué avec patience comment publier cette fiction. Enfin, merci à vous, qui vous apprêtez à lire cette fiction! Merci merci merci!
Cette fiction se déroule après le tome 14, ne tient aucun compte des preview qu'il y avait alors à propos des tomes suivants ni de ces tomes en eux-même. Elle ne tient pas non plus compte du tome  un des Légendaires Origines, même si je m'en suis inspiré pour l'un des personnages.
Bonne lecture!


Prologue
To get married...

Silver-Hawkstown , petit village paumé au fin fond de Larbos,Temple.

.      Jadina s'avançait le long de l'allée du temple, au bras de son père, vers l'autel. Elle portait une longue robe d'un blanc pur, dont la traîne était portée par Ténébris, qui, avec Shimy, s'était faite demoiselle d'honneur pour l'occasion, ainsi qu'un voile de la même couleur, qui cachait son visage. Elle comprenait, à présent, l'adage qui disait que le jour de son mariage était le plus beau de la vie d'une femme. En ce jour, elle allait se marier. Dans quelques minutes, elle serait madame. Et même si cela l'angoissait un peu, elle était heureuse. Tant, même, que c'en était presque indécent. Mais le long de cette allée, elle n'était pas seule. En effet, ce n'était pas un, mais deux mariage qui se célébraient ce jour là. A côté d'elle se trouvait Steph, de son vrai prénom Stéphania, elle aussi au bras de son père. Elle portait une robe beaucoup plus simple que celle de la princesse, blanc cassé, et avait jeté le voile aux oubliettes. Peut-être était-ce parce qu'elle était anticonformiste, ou bien simplement pour faire bisquer les journalistes, qui, étant donné la nature princière du premier mariage,et l'influence politique de l'époux de Steph, étaient présent. Devant l'autel attendaient déjà leur fiancés respectifs. Eux aussi avaient, comme Jadina, l'air un peu angoissés, mais,tout comme pour elle, c'était la joie qui dominait dans leurs regards, sur leurs visages. Le chemin qui séparait la porte d'entrée du temple et l'autel sembla durer une éternité à notre princesse. Et pendant qu'elle marchait, elle repensait à tout ce qui s'était passé pour en arriver là. Toutes les rencontres qu'elle avait faites, tous les moments intenses, de malheur comme de bonheur, qu'elle avait vécus, toutes ces larmes, de joie comme de tristesse, qu'elle avait versées. Elle garderait toujours en elle le souvenir de ces aventures qui l'avaient conduite à regarder l'Amour en face, et l'avaient menée ici, dans ce temple de Silver-Hawkstown, qui d'habitude n’accueillait pas plus de dix personnes, et qui là devait en supporter une bonne soixantaine, composée de sa famille, de la famille de son époux et de celui de Steph -qui étaient frères- et enfin de celle de Steph, plus encore le tas de journalistes, venus pour les raisons citées précédemment. Et dire que tout cela avait commencé par des drames enchaînés....


Dernière édition par JadeLaLouveÀLaPlume le Mar 3 Sep - 15:29, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Ven 14 Déc - 19:16

Bonjour bonjour! Voici le premier chapitre, dans lequel on ne retrouve pas les Légendaires, mais qui présente une personnage important pour la suite. Ne vous inquiétez pas, nos héros arrivent dans le chapitre 2!

Chapitre 1:
Aurore
ou ce qu'est vraiment une situation désespérée

Silver-Hawkstown -encore- ,dans les couloirs du bâtiment communal. Un mois plus tôt.

. Aurore marchait d'un pas rapide. Ses cheveux couleur feu étaient attachés en un chignon lâche, et ses yeux couleur azur reflétaient l'inquiétude. Elle avait de quoi s'inquiéter. Le bouclier magique qui protégeait son village était en bien mauvais état. Ce bouclier magique qu'elle avait dressé elle-même avec sa magie la plus pure. Et qui par conséquent était relié magiquement à elle, et à tous ses descendants. Enfin le seul descendant qui lui restait. Avant elle avait deux fils, et le bouclier tenait sur leurs épaules à eux trois. Mais maintenant que son cadet était mort, la donne avait changé. En effet, de ses deux fils, c'était lui qui avait la magie la plus forte et sa mort avait entraîné un fragilisation du bouclier. Maintenant il ne restait plus qu'elle et son aîné. Mais lorsqu'ils seraient tous les deux morts, le tranquille petit village de Silver-Hawkstown serait à la merci de tous les monstres qui passeraient par là. D'autant plus qu'il y en avait un nombre considérable dans le coin, et que leur passe temps favori était d'attaquer le village. Ils auraient bientôt sa vie,elle le sentait. Et son fils n'avait pas assez de magie pour tenir plus d'une attaque. À vrai dire, il était quasiment dénué de magie. Tout ça parce qu'elle avait fait l'imbécile quand elle était enceinte.
Mais tout ça n'était pas la vrai raison de la détresse d'Aurore. C'était juste une excuse, à laquelle elle croyait si peu que c'en était flagrant. C'était bien la mort de son fils qui l'avait mise dans cet état, mais c'était plus l'aspect émotionnel de cet événement que les attaques sur son bouclier qui la rendait si faible. Elle avait d'abord perdu son époux un quinzaine d'années auparavant, mais elle avait réussit à remonter la pente. À présent c'était son fils, la chair de sa chair, et là, c'était une toute autre histoire. Une mère ne devrait JAMAIS perdre un enfant. Jamais. C'est contraire à l'ordre des choses. Non, jamais des parents ne devraient survivre à leurs enfants. Elle avait l'impression qu'on lui enfonçait un couteau dans le cœur à chaque pas, qu'elle suffoquait à chaque respiration, depuis que son fils aîné lui avait annoncé la mort de son cadet.
Ah!
Son fils!
Son fils qui était si fort, si brave, qui était près à sacrifier cent fois sa vie pour en sauver une seule, même celle d'un inconnu!
Son fils qui avait toujours su surmonter toutes les épreuves, en gardant le sourire, et en le rendant aux autres par la même occasion!
Sa noblesse d'esprit n'avait d'égal que l'attention qu'il savait donner à chacun et sa capacité à pardonner, même aux pires criminels toute leurs fautes à partir du moment où ceux-là se repentaient.
Oh!
Non!
Il n'aurait pas dû mourir.
Cela faisait un peu plus de deux ans qu'il était mort, mais elle ne s'en était toujours pas remise. Elle sentit les larmes lui monter aux yeux.
Non!
Elle ne devait pas pleurer.
Il ne l'aurait pas voulu.
Il aurait voulu qu'elle reste forte.
Oui.
Elle devait être forte.
Pour son fils.
Mais aussi pour les habitants de son village.
Les temps étaient durs, tous le savaient.
Mais il était de son devoir de rendre le courage à ses concitoyens. Même si, à vrai dire, seul un miracle pouvait encore les sauver.
Ils devaient se battre.
Pour l'honneur.
Jusqu'au bout.
Elle fut interrompue dans ses réflexions par une jeune femme qui criait son nom. Elle soupira.

Elle était loin de se douter que le miracle qu'elle attendait se trouvait dans la main de son
amie.

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Jeu 3 Jan - 12:24

Un deuxième chapitre un peu larmoyant, placé sous le signe de la nostalgie. Je le dédie à Oragie, pour son soutient.

Chapitre 2:
Les Légendaires
ou Souvenirs des temps cléments, partie 1
Auberge des Trois Licornes, Oroban. La veille.

Les Légendaires fêtaient leur victoire contre Abyss autour d'un bon repas et de boisson plus ou moins alcoolisées. Enfin, pas tous.
Ténébris courait dans les escaliers, tout en se maudissant intérieurement de sa négligence.
Comment avait-elle pu oublier l'état de sa sœur?
Une fois enfin arrivée à son but, pantelante, elle frappa à la porte.

«Jadina? Ouvre petite sœur, c'est moi!
Elle n'obtint pas de réponse.
-Jadina! Si tu n'ouvres pas tout de suite cette porte, je la défonce!»

Elle entendit alors le cliquetis d'un verrou que l'on ouvre. Puis la porte s'entr'ouvrit, montrant à Ténébris le visage d'une Jadina dévastée. Ses yeux et ses joues étaient rougis par les larmes. Soudainement, elle se jeta dans les bras de sa demi-sœur et se mit à sangloter.
Celle-ci la prit délicatement, la fit entrer dans la chambre, ferma la porte d'un coup de pied, puis la posa sur le lit et s'assit à côté d'elle. S'ensuivit un long silence, uniquement interrompu pas les sanglots de la magicienne. Lorsque ceux-ci eurent cessé, l'aînée prit la parole:

« Allons, dis-moi, qu'est-ce qui ne va pas?
Elle le savait très bien.
-D...Danaël..me manque!...Pourquoi..Pourquoi est-il partit? »

De nouvelle larmes coulèrent sur ses joues; et Ténébris retint un soupir. Depuis qu'ils étaient rentrés d'Orchidia, il arrivait de plus en plus souvent à Jadina de pleurer Danaël.

«Jadina, commença-t-elle, je pense bien que ça doit être difficile, mais tu dois surmonter ta douleur. Je ne le connaissait pas bien, mais je suis sûre d'une chose: Danaël n'aurait pas voulu que tu te mettes dans cet état. Il aurait voulu te voir surmonter cette épreuve, et vivre. Non pas te contenter de survivre mais bien vivre. Et être heureuse.
-"Vis. Aime."
-Hein?
-C'est ce qu'il aurait dit. Si il avait pu m'adresser une dernière parole,ce serait celle-là j'en suis sûre.
Devant l'étonnement de sa sœur, elle reprit:
-Il y a longtemps, bien avant l'accident Jovénia, alors que lui et moi étions encore les seuls membres du groupe, on nous avait donné à accomplir une mission très périlleuse. Nous nous sommes faits attaquer par des créatures magique effrayantes. Il étaient une trentaine. Nous n'étions que deux. Nous avons finalement réussi à les vaincre, mais à quel prix? Danaël était gravement blessé, et alors qu'il se vidait de son sang, gisant sur le sol dur et froid, il m'a fait signe de me rapprocher.»

Flashback:

Jadina s'approcha en boitant de son compagnon et se mis à genoux à coté de lui.

«Jadina..., souffla le chevalier, je...vais partir...S'il-te plaît...rends-moi...un...dernier service. Quand...quand tu sera...de retour à Larbos...dis...dis à mon frère...et à ma mère....que je suis...désolé...et..dis leur aussi...que je les aime..et que...je vais rejoindre papa...dis-leur...je t'en prie...que..mes dernières pensées...sont pour eux...
Sa voix se faisait faiblissante.
-Danaël...tais-toi...tu ne vas pas mourir, tu m'entends? Tu leur dira toi-même, quand nous serons rentrés. Maintenant tais-toi...et repose toi!
Elle sentit les larmes lui monter aux yeux.
-Jadina...s'il-te plait....promets-moi...promets-moi que tu leur diras...
Sa voix faiblissait encore. Il leva des yeux embués de larmes vers Jadina.
-Danaël, tu ne vas pas mourir tu m'entends? Tu ne DOIS PAS mourir.
Les larmes commencèrent à couler le long de ses joues.
-Ne meurs pas Danaël, je t'en supplie...Tu es...le seul ami que je n'ai jamais eu...la seule personne qui m'ait considérée comme une égale, et pas comme une princesse faible, ni comme une poupée que l'on manipule à sa guise, ni comme une rivale...J'ai besoin de toi! Que ferais-je sans toi?
-Vis...aime! »

Il avait dit ces mots avec les dernières forces qui lui restaient, et sa voix n'avait été quemurmure. Il plongea son regard dans celui de Jadina, pendant un instant qui leur parut à tout deux une éternité. Puis il ferma les yeux, et sa tête tomba sur le côté. La princesse posa sa tête sur le torse ensanglanté de son ami, et se mit à sangloter.

Fin du Flashback

Ténébris resta interdite. Jadina marqua une pause puis reprit son récit.

«Il n'était qu'inconscient,mais j'étais tellement aveuglée par le chagrin que je ne m'en suis pas rendu compte. Cela aurait pu le tuer. Mais deux habitantes du village que nous venions de sauver sont arrivées à ce moment là. L'une d'elle m'a écartée de force de Danaël pour permettre à l'autre, qui était médecin, de sauver Danaël. Lorsqu'il s'est réveillé quelques jours plus tard, je lui ai passé un savons mémorable. Et puis nous avons éclaté de rire. C'était notre premier fou rire ensemble. Ce jour là, j'ai compris que les liens qui nous unissaient étaient très forts. Plus forts que nous n'osions l'avouer.»

Jadina sourit à ce souvenir. Mais c'était un sourire triste, empli de nostalgie du temps passé.

«Tu as raison, reprit-elle, je dois être forte. Pour Danaël. Merci grande sœur.»

Ténbris lui sourit. Il y avait encore du chemin avant que Jadina ne retrouve son sourire d'avant, -sourire qu'elle n'avait malheureusement pas pu connaître- d'autant plus que sa sœur n'acceptait de confier son chagrin qu'à elle, et refusait de parler à quiconque de la demande que Danaël lui avait faite la veille de sa mort -une certaine personne nommée ''Aurore'' et elle-même exceptées.
On frappa soudain à la porte.

«Entrez! dit Jadina en séchant ses larmes.
-Désolé d'interrompre cette réunion de famille, mais Ikaël veut nous voir, lança Gryf depuis le pas de la porte.
-Je ne sait pas pourquoi, mais je pressens une nouvelle mission, conclut Jadina joyeusement. Ça tombe bien,je commençais à m’ennuyer!»

Aurait-elle été si joyeuse, si elle avait su ce qui les attendait?

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Sam 5 Jan - 16:29

Et maintenant, le chapitre trois, où l'on retrouve un ancien ami^^

Chapitre 3:
Danaël
ou Souvenirs des temps cléments partie 2

Quelque part au fin fond d'Alysia, habitation de Dame Gertrude, dans la chambre d'un mort vivant que nous ne nommerons pas. Même jour.

Il était à la fenêtre de sa chambre, et regardait les oiseaux voler. L'un d'eux se posa sur son doigt. Alors il se rappela la fois dans le monde elfique où Elysio leur avait fait pousser des ailes. C'était le bon temps. Le temps où il était encore avec Jadina.
Jadina!
Pourquoi avait-il fallu qu'il mette tant de temps à lui avouer sa flamme?
Parce qu'il avait eu peur.
Lui, un Légendaire, avait eu peur de trois simples mots!
La seule chose dans cette histoire qui méritait d'entrer dans la légende, c'était sa stupidité!
Si seulement il lui avait dit plus tôt!
Ils auraient pu profiter l'un de l'autre, et s'aimer. Plus d'une seule nuit. Plus d'un seul baiser.
Peut-être que la blessure aurait été encore plus dure, s'ils s'étaient aimés plus longtemps.
Quoiqu'ils s'aimaient déjà avant, donc cela n'aurait pas changé grand chose de ce côté là. Mais au moins, bien qu'il aurait eu des remords, il n'aurait pas eu de regrets.

Il se mit à sangloter. Quand soudain il entendit des bruits de pas dans le couloir. Ce couloir ne menait qu'à sa chambre. La personne que marchait venait donc le voir. Il essaya de calmer sa respiration, de sorte à ne pas laisser paraître sa détresse.

Toc Toc

Il émit un grognement pour faire comprendre à son visiteur qu'il pouvait entrer.
La porte s'ouvrit et une jeune fille aux cheveux roses se dessina sur le pas de la porte. Même si il était dos à celle-ci, il reconnu l'intruse.

«Je dérange?demanda-t-elle
-...
-Ça va?
-...
-Bon,de deux chose l'une, mon très cher Danaël, soit tu as fait un pari stupide avec Lehn'or pour me faire tourner en bourrique, mais c'est pas ton genre, soit t'es en plein coup de blues, t'as envie de rester seul, et si tu ne me jettes pas dehors c'est parce que tu fait partie des rares hommes de ce monde à avoir encore un tant soit peu de galanterie. Alors?
-...
-L'avantage, avec toi, c'est qu'on se sens écouté...
-...
-Mh...deuxième solution. Bon, c'est pas que je veuille interrompre ta déprime, mais Dame Gertrude veut te voir.
-...
-Non,elle n'a pas dit pourquoi.
-...
-Bon, ben, je vais pas te déranger plus longtemps et je vais la prévenir que tu arrives. »

Elle sortit. Danaël soupira.
Cela faisait deux ou trois mois qu'il était là, et il avait fini pas cesser d'espérer. Oui, parce qu'avant il espérait, il espérait à chaque fois que Dame Gertrude voulait lui parler. Il espérait que c'était pour lui dire qu'il pouvait retourner avec ses amis, ses amis qui le croyaient mort. Mais à présent, il n'avait plus d'espoir.

« Tourne le dos au passé, et suit le chemin que le destin t'as tracé, Danaël! »

C'était ce qu'elle avait dit. C'était on ne peut plus clair. Avant, chaque fois qu'il allait la voir, il avait le sourire, car il avait l'espoir. À présent, c'était l'air abattu qu'il franchissait la porte de son bureau, car il n'avait plus l'espoir. Et, peut-être bientôt, il y irai l'ai indifférent, car il aurait tout oublié, ses amis, sa douleur, son espoir.
Non!
Il préférait mourir que de les oublier.
Pourtant, il savait au fond de lui qu'un jour ou l'autre il oublierait. Car il était humain après tout, et même avant tout. Et son cœur d'humain ne pouvait supporter qu'une dose limitée de souffrance. De plus, l'immortalité, c'est long. Et lorsqu'il aurait trop souffert, serait-ce le lendemain, l'année suivante, ou le demi-siècle suivant, il allait oublier. Car ainsi est faite la nature humaine. Terrible, certes, mais humaine.

Pour ne pas que celle qui lui avait rendu la vie ne s'inquiète, il se mit en chemin vers son bureau.

Il était bien loin d'imaginer, à ce moment-là, que de cette simple entrevue pourrait naître une mission qui lui offrirait soit le bonheur à jamais, soit une tristesse plus profonde et terrible encore que celle qu'il éprouvait déjà.

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Sam 12 Jan - 15:43

Un petit chapitre stylistiquement très moyen, mais indispensable car il pose tous les détails importants... veuillez m'excusez, j'ai fait tout ce que j'ai pu^^

Chapitre 4:
Ikaël
ou La mission

Camp des Faucons d'Argent, tente du commandant. Même date.

Ikaël passa la pseudo-porte de la tente dans laquelle les Légendaires l'attendaient. Il était pâle, presque translucide, et les cernes, non, les valises, qui ornaient ses yeux montraient à quel point il était difficile d'être un Faucon d'Argent depuis Anathos.
Larbos avait en effet été l'une des premières cible de celui-ci et c'était à eux que l'on faisait appel pour reconstruire le pays. De plus, comme si la destruction de la moitié du pays n'avait pas suffit, des criminels profitaient du chaos ambiant pour commettre leurs méfaits.A cela, il fallait encore rajouter qu'étant le commandant, Ikaël avait à gérer tout ce bazar, mais aussi les tâches administratives habituelles...et il devait également s'occuper des affaires de Danaël:durant les deux années de combat contre Anathos, et prétextant qu'il avait autre chose à faire du genre sauver le monde, Ikaël ne s'en était pas occupé. Mais, si l'on y regardait plus attentivement, on pouvait voir dans cet acte l'espoir de retrouver Danaël, voire même le refus d'accepter la mort de celui-ci de la part du commandant.
La mort de son frère...Ikaël n'aurait jamais osé l'avouer, mais il en souffrait. C'était aussi l'une des raisons de la fatigue de celui-ci: il passait la plupart de son temps libre à repenser à Danaël. Il culpabilisait beaucoup. Tant qu'il ne pouvait presque plus en dormir. Tant qu'il se noyait dans le travail pour ne pas y penser. Et, si il continuait sur cette pente glissante, il en subirait les conséquences. Tôt, ou tard.

Mais...ce n'était pas tout....

« Bonjour, Légendaires, fit-il en entrant, veuillez m'excuser pour l'attente.
-Bonjour Ikaël, lui répondit Jadina, tu n'as pas l'air bien,ça va?
-Ah?Oui, oui, ça va. Je suis juste un peu fatigué. Et toi, comment vas-tu?
Un peu fatigué, hein? pensa le magicienne,Tu te moquerais pas un peu de moi par hasard?
Tu ressembles à une serpillière mouvante!

-Je vais très bien, merci. Assurément mieux que toi,commenta-t-elle intérieurement. Mais
dis-moi, Ikaël, pourquoi nous avoir appelé?
Le commandant s'assit.
-Et bien...j'ai besoin de votre aide. Ou plutôt, nous avons besoin de votre aide.
-Et qui ce ''nous'' désigne-t-il?
-Et bien... les Faucons, moi même, mais aussi -et surtout- nos familles.
-Vos familles?
-Oui, nos familles. Comme vous le savez sûrement -ou peut-être pas, peu importe- la plupart des Faucons d'Argent sont issus de familles dont tous les hommes ont été, sont ou seront Faucons. Ce qui implique évidemment que les femmes desdites familles se retrouvaient toujours mères, sœurs, épouses et filles de Faucons. Ce qui n'est pas une partie de plaisir, loin de là. Alors elles ont commencé à se regrouper, d'abord entre villages, puis entre régions, et, depuis une quarantaine d'année dans Larbos toute entière. Et puis, lorsque les Faucons d'Argent ont enfin eu leurs bâtiments fixes -que nous n'utilisons que rarement, il est vrai- elles ont décider de créer un village, baptisé Silver-Hawkstown, a proximité du camp, de sorte à ce que leurs hommes puissent rentrer à la maison pour dormir. À ce jour, la quasi-totalité des familles de Faucons d'Argent habite là-bas.
-Oui, ça me rappelle quelque chose, intervint Jadina, il me semble qu'Aurore en avait parlé quand nous avons préparé le plan contre Anathos.
À l'énoncé de ce nom, Ikaël grimaça.
-J'ai vraiment du mal à m'habituer à t'entendre l'appeler par son prénom... Bon, passons.
Où en était-je?
-À Silver-Hawkstown, je crois.
-Oui, c'est cela, merci. Donc ce magnifique petit village a été érigé dans une zone... hostile.
-C'est à dire? Hostile comment?
-À moins d'un kilomètre de mines abandonnées abritant des milliers de monstres.
-Ah...Hostile comme ça...
-Oui.
-Mais pourquoi avoir choisit cet endroit alors?
-À cette époque, on ne les avait pas encore découverts. Et quand ça a été le cas, ma mère - qui est une magicienne- a dressé un bouclier permanent sur la ville, qui a la particularité de puiser une partie de son énergie dans son environnement -l'énergie solaire, éolienne, etc- et dans les réserves magiques de la personne qui l'a lancé et de ses descendants -enfin, si tant est qu'ils possèdent de la magie- . Mais en fait, ce bouclier n'est que de l’intimidation, parce que si ils décidaient d'attaquer tous ensemble, ils ne tiendrait pas longtemps -même si Danaël avait été là-. Or, c'est justement ce qu'ils ont l'intention de faire. Quand Anathos a pénétré à Larbos, son énergie maléfique était telle qu'ils l'ont senti, et qu'ils en ont eu peur. Ils se sont donc regroupé. Une énorme alliance de trois bons milliers de créatures maléfiques et sanguinaires. Que quelqu'un -ou quelque chose- a réussi, une fois Anathos disparu, à convaincre d'attaquer le village. Pour l'instant ils n'attaquent qu'en petites vagues, mais bientôt ils en auront assez, et ils attaqueront tous ensemble. Ce sera un véritable carnage. D'autant qu'avec... ce qui est arrivé à Danaël...»

Sa voix mourut. Il était totalement incapable de dire ''mort'', et il l'avait évité soigneusement, mais rien que cette insinuation lui faisait mal.

Il se reprit.
«Avec ce qui c'est passé...ma mère n'est pas vraiment en état de tous les rôtir façon barbecue, comme elle l'aurait fait à l'époque.
-Donc tu veux qu'on aille l'aider?
-C'est exact.
-Mais alors, pourquoi n'y vas-tu pas avec les Faucons? Comme ce sont vos familles, ce serait plutôt à vous de les sauver, non?
-Y aller nous même...nous en rêvons tous. Mais nous ne pouvons pas.
-Pourquoi?
-Parce que Silver-Hawkstown se trouve dans la partie Nord-Est de Larbos, et que le quartier le plus touché, et dans lequel nous devons concentrer nos effort et le quartier Sud-Ouest. Donc si on montait là-bas, ça risquerait de jaser. Fort. Quand je pense que c'est à cause de l'opinion publique que nous ne pouvons sauver nos propre familles... Mais que dirait-elle, cette opinion publique, si elle savait que nous abandonnons lâchement nos familles dans la détresse? Je crois que je comprends, à présent, les raisons du départ de Danaël...»
Son regard se perdit dans le vide, tandis que ses pensées se perdaient dans sa tristesse.
Il fut ramené à la réalité par la main de Jadina se posant sur son bras, et sa douce voix qui disait, non sans émotion:
«Et tu peux l'en remercier. Car il a formé le groupe de héros qui va sauver vos femmes et vos enfants.

Il reporta son attention sur les amis de son frère. Jadina souriait, et les autres membre du
groupe acquiesçaient à ses propos. Un sourire las, mais heureux fleurit sur son visage.

-Tu oublies nos mères et nos sœurs.

A ces mots, Jadina darda un regard assassin sur le chevalier, tandis que Shimy, Ténébris et Gryf souriaient finement, et que Razzia ne comprenait ce qui était amusant.

-Merci, Légendaires, reprit le commandant, merci infiniment. Les Faucons d'Argent et moi-même sommes vos débiteurs.
-Non, Ikaël, infirma Jadina, vous ne nous devez rien. Nous sauverons ce village, mais ce n'est pas pour obtenir une quelconque faveur. Nous le ferons pour la justice, par devoir, et également en mémoire de Danaël, mais quoi qu'il en soit, ni toi, ni tes hommes, ni même les habitants de Silver-Hawkstown ne nous devez quelque chose. C'est clair?

Son ton était sans appel. Aussi Ikaël ne protesta-t-il pas.

-Soit. Je vais donc envoyer un télégramme à Silv pour les prévenir. Mais avant cela permettez-moi de vous donner ceci.

Il sorti de son tiroir une vielle carte cornée qui montrait le Nord-Est de Larbos et sur laquelle avait été fait un point rouge accompagné des lettres ''Silv.'' écrites en pattes de mouches.

-Vous devriez attendre le village d'ici trois jours.
-Merci Ikaël. Cela pourra nous être utile.
-Ce n'est rien. Merci à vous.
-Eh bien, au plaisir de te revoir, commandant.
-Au plaisir, princesse.»

Sur ces mots, Ikaël raccompagna les Légendaires à la sortie du campement. Et, en les regardant s'éloigner au grand galop vers l'horizon, il pria dans son cœur pour qu'ils accomplissent leur mission avec succès.

Savait-il, à ce moment-là, que la réussite -si réussite il y avait- dépasserait ses espérances?

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Sam 19 Jan - 21:49

Retour chez Danaël...ou pas^^ Chapitre dédicacé à mes parents qui ne se sont jamais lassés des "maman, comment tu écrirais ce mot? Maman tu le conjuguerais comment ce verbe au conditionnel passé? Papa, elle où maman?" XD

Chapitre 5:
Dame Gertrude
ou l'idée stupide de celle-ci

Même lieu que le chapitre trois,même date.

Danaël sortit du bureau de Dame Gertrude. Elle préparait quelque chose, il en était sûr. Elle lui avait simplement demandé comment il allait, puis ils avaient parlé de la pluie et du beau temps. Il ne savait pas ce qu'elle voulait, mais cette rencontre n'avait rien d'innocente.

Laissons Danaël à ses réflexions,et intéressons-nous plutôt à la jeune fille qui lui avait transmit l'intention de "Dame Gertrude" de le voir. Et d'ailleurs, comme par hasard, c'est justement cette même "Dame Gertrude" que le jeune fille allait voir. Elle frappa à la porte.
« Entre Rosa! » fit la voix de Gertrude derrière la porte.
Rosa. C'était le nom que Dame Gertrude lui avait donné quand elle l'avait retrouvée amnésique et baignant dans son sang,dans une ruelle d'Oroban, à cause de la couleur de ses cheveux(qui étaient roses,comme dit au chapitre 3). Rosa la considérait depuis comme sa mère.
« Bonjour madame, lui dit-elle après être entrée
-Dis-moi, Rosa, qu'est-ce qui t'amène ici?
-Je viens à propos de Danaël.
-Il vient juste de sortir.
-Je sais, mais, je voulais vous parler, de...heu...un problème.
-Je t'écoute.
-Et bien...à vrai dire...quand je vous l'ai envoyé, et bien, il essayait de le cacher, mais...je crois bien qui pleurait...encore.
Un silence accueillit sa remarque.
-Dame Gertrude, s'il-vous plaît! Danaël est-il vraiment si important que cela dans vos desseins pour que vous laissiez l'Amour si fort qui l'uni à ses proches disparaître à jamais?
-Ce ne sont pas mes desseins, Rosa, mais ceux du Destin.
-Le Destin que nous servons est-il donc si cruel? Dame Gertrude, jusqu'à présent, pour le servir, vous n'avez pris avec vous que des personnes qui n'avaient pas ou plus de famille,et que plus rien n'attachait à leur vie d'avant! Alors pourquoi? Pourquoi Danaël?
-Calme-toi Rosa! Comprends bien que si il est là, c'est pour une raison, et crois moi, si j'avais le choix, il serait avec ses amis à l'heure qu'il est. Rosa, c'est le Destin qui m'inspire à qui je dois rendre la vie, et cette fois c'était Danaël.
-Mais, Danaël était un Héros qui agissait pour le bien du monde, n'est-il pas possible qu'il ait fallu lui rendre la vie, non pas pour qu'il reste ici, mais pour continuer de sauver le monde avec ses amis, comme il le faisait avant sa mort. Peut-être ne devait-il simplement pas mourir. Peut-être est-il simplement mort trop tôt. Si c'était le cas, alors nous entravons les plans du Destin, en pensant participer à leur bon fonctionnement.
-Rose, je suis vraiment touchée par l'ardeur avec laquelle tu défends les intérêts de Danaël, mais ne crois-tu pas que si c'était le cas, je le saurais?
-Si madame. Mais, n'y a t-il pas un moyen pour alléger un peu sa peine? Ne pouvez-vous pas lui ôter la mémoire, pour qu'il oublie sa souffrance? Le voir ainsi me déchire le cœur!
-Je lui ai déjà proposé, et il a refusé.
-Mais alors, n'y a t-il rien que nous pouvons faire pour alléger son cœur?
-Je crois bien pouvoir faire quelque chose...
-Ah oui? Quoi donc?
-Il y a une mission que je voulais te confier, si je la lui donne, peut-être pourra t-il retrouver la paix.
-Le distraire avec une mission pourrait marcher, mais, que faire lorsqu'il rentrera?
-Oh! Crois-moi, ce n'est pas simplement le distraire que fera cette mission...

En effet, elle allait plus probablement lui briser le cœur...

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Lun 28 Jan - 20:55

... Aujourd'hui, nous allons retrouver note chère Aurore -vous avez deviné qui c'est depuis le temps non?- accompagné d'un -plus ou moins- nouveau personnage...bref que du bonheur pour ce chapitre sans dédicace^^ commentez quand même, ça fait toujours plaisir^^

Chapitre 6:
Steph
ou quand on attend un miracle, on est toujours surpris de le voir arriver.

Silver-Hawkstown, toujours dans les couloirs du bâtiment communal. Le lendemain (donc le même jour que le chapitre 1).

Aurore faisait à présent face à son amie.
« Qu'y a-t-il, Stéphania?
-On a reçu ça pour toi. »
La jeune fille tendit alors un télégramme à sa doyenne. Elle avait l'air heureuse. Comme si ce télégramme annonçait une très bonne nouvelle. Comme si ce télégramme signifiait le renouveau de l'espoir pour les habitants de la petite ville de Silver-Hawkstown. Et d'ailleurs, c'était le cas. Aurore la lut rapidement.

Chère maman,
Je t'écris rapidement pour t'annoncer une bonne nouvelle: les renforts arrivent dans 3 jours!J'aurais aimé te dire que ces renforts ne sont autres que les Faucons d'Argent, et que je suis à leur tête, mais ce n'est malheureusement pas le cas. Mais les renforts que je t'envoie, même si ils sont beaucoup moins nombreux, sont tout aussi efficaces, et j'ai tout autant confiance en eux. Ces renforts sont les Légendaires. Ils ne sont peut-être pas nombreux, mais ils accomplis de grandes choses, des choses que même nous, les Faucons d'Argent, la meilleure armée de pays, n'avons jamais pu et ne pourrons jamais accomplir. J'ai confiance en eux. Et j'ai confiance en vous. Par conséquent, je sais, tout au fond de moi, que peut importe la difficulté du combat, vous le gagnerez. Sur ce, je dois aller vaquer à mes occupations (très nombreuses, comme tu le sais).J'espère que les Légendaires seront accueillis comme il se doit, c'est à dire non seulement en tant que renforts, mais aussi en tant que compagnons de Danaël. J'espère aussi qu'il sauront t'arracher un sourire ou deux.
Beaucoup d'amour,
Ikaël
P.S.: Salue Steph pour moi et dis lui que je vais bientôt avoir besoin de ma commandante en second au camp et qu'il faudrait qu'elle revienne quand tout ça sera fini s'il-te-plaît.


Sa lecture finie, Aurore mit un sourire attendrit.
« C'est une bonne nouvelle en effet. Que moi je soie contente de ne plus t'avoir dans les
pattes est normal, mais je me demande pourquoi tu es si joyeuse de rentrer au camp. Les beaux yeux bleus d'un certain commandant seraient-ils la raison de cette joie?
Les joues de Steph prirent soudain la couleur du pivoine.
-Aurore! D'une, tu sais très bien que ce n'est pas de devoir rentrer au camps qui me rend
heureuse, et de deux JE NE VOIS ABSOLUMENT PAS, NI CE QUE LES YEUX D'IKAËL VIENNENT FAIRE ICI, NI CE QUE TU ESSAYES D'INSINUER! »
Elle lui darda un regard assassin, mais, souligné par la rougeur de ses pommettes, il perdit toute crédibilité, rendant par la même occasion son auteur complètement ridicule, ce qui amusa légèrement la doyenne, laquelle haussa un sourcil sceptique, et lui adressa un fin sourire emplit de sous-entendus.
Blessée et humiliée, Steph ouvrit la bouche pour protester, puis se rendit compte qu'il n'y avait absolument rien à répondre à ça, referma la bouche et baissa la tête, penaude. Devant cette réaction totalement prévisible, mais hilarante quand même, Aurore éclata de rire. Sa cadette, qu'elle considérait comme sa fille, ne mit pas longtemps à la suivre. C'est à ce moment qu'elle se rendit compte de la rareté et de la préciosité de ces moments, surtout ces temps-ci.

Que mes lecteurs se rassurent: son prochain fou rire n'attendra pas si longtemps!

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Lun 4 Fév - 15:24

Et un nouveau chapitre, assez long, parce qu'à la base c'était deux chapitres un peu trop courts^^ Ce chapitre je le dédie à Oragie, -comment ca, je lui en ai déjà dédié un? è_é- pour son soutient toujours aussi actif et pour notre future collaboration^^

Chapitre 7:
Rencontres et Tarte aux pommes
ou comment avoir des fréquentations douteuses est génétique.

Route de Silver-Hawkstown, deux jours plus tard. Vers 11 heures 30.

Les Légendaires marchaient depuis plus de deux jours, et leur voyage arriverait bientôt à sa fin. Alors qu'ils arrivaient vers leur destination, Ténébris demanda :
«Dites, à votre avis, elle est comment la mère de Danaël?
Elle obtint des regards interrogateurs.
-Et bien, c'est quand même elle qu'on va voir non?
-C'est quelqu'un de très bien, assura Jadina.
Ses amis se tournèrent vers elle.
-Comment peux-tu en être aussi sûre?
-Parce que je la connais, répondit-elle simplement.
-Tu..tu connais la mère de Danaël?
-Elle s'appelle Aurore. Et oui, je la connais. Ikaël nous a présentées lorsque nous préparions le plan contre Anathos. Nous étions toutes deux en grandes détresses, et nous nous sommes épaulées pour faire face à la mort de Danaël... Aujourd'hui j'ai l'immense honneur de la compter parmi mes amies. C'est un peu la chef spirituelle et guerrière du village. Elle est un petit peu..spéciale, c'est vrai, mais elle est vraiment géniale. Elle est droite, forte, honnête, et douce. C'est une magicienne de talent, et une guerrière redoutable. Il paraît même -mais Ikaël l'a toujours nié- qu'elle a réussit à vaincre seule cinq de ses meilleurs hommes. Elle est un médecin consciencieux, une mère attentionnée, une femme accomplie, un véritable cordon bleu -sa tare au pommes est à tomber par terre- et, en général, quelqu'un de gentil, et serviable. Elle mérite vraiment d'être connue. Mais elle est assez susceptible, et un peu trop...spontanée..ce qui lui vaut parfois de se mettre dans des situations inextricable. Je crois que Danaël a hérité de ce défaut.
Elle s'arrêta un instant, et sourit, d'un sourire triste et nostalgique, mais c'était un sourire.
Le reste du voyage se passa en silence.
*
* *
Plus tard.

Aurore était dans sa cuisine, et préparait une tarte aux pommes. Soudain, elle entendit la porte de sa maison s'ouvrir violemment.
« Aurore! Aurore!
-Qu'y a-t-il Steph?
-Ils arrivent! Les Légendaires arrivent!
-Ah oui?
-Ils sont en haut de la côte.
-Va les chercher et emmène-les ici, comme ça ils pourront partager le repas avec nous -elle
montra le four dans lequel cuisait le repas- ils doivent être affamés après un voyage pareil.
-Ah...toi, t'es pas mère pour rien....
-Cesse de faire de l'esprit et va les chercher.
-Oui maman... »
Le ton de Steph était un peu effronté sur ces derniers mots, mais Aurore ne préféra pas
relever. Elle se contenta de pousser un long soupir blasé.
«Pire qu'une gamine...» pensa-t-elle.
*
* *
Les Légendaires gravissaient une colline assez ardue.
« Selon la carte, le village se trouve en bas de cette colline. »
Lorsqu'ils furent arrivés au sommet, il n'en crurent pas leurs yeux. Le panorama qui s'étendait devant leurs yeux était à couper le souffle. Il y avait, en bas, dans la vallée, un magnifique petit village, tel qu'on en voit dans les émissions culturelles du dimanche soir, avec des cheminées qui fumaient et grand jardins autour de chaque maisonnette. Et, pour protéger ce village, il y avait un dôme magique translucide, d'un couleur légèrement orangée. Le dôme dont Ikaël leur avait parlé. Et il y avait, juste en face d'eux, une autre colline, et sur cette colline, il y avait une grande maison de pierre, presque aussi grande qu'un manoir, mais très simple.
« C'est probablement la maison d'Aurore » pensa Jadina.
Tout autour, sur la colline, mais également sur celle où se trouvaient les Légendaires, il y avait des vignes. Des hectares de vignes. Mais ce n'était pas tout. En effet, dans la vallée, tout autour du village, il y avait une grande et épaisse forêt, qui contrastait beaucoup avec les vignes ordonnées et clairsemées sur le flan des collines.
Les Légendaires restèrent un moment en silence, bouche bée devant ce paysage magnifique. Même Shimy, qui ne pouvait voir, sentait une impression de force calme qui se dégageait du lieu. Ce fut Jadina qui, la première, retrouva la parole.
« Mes amis, voici le village de Silver-Hawkstown. Connu pour son vin de vendanges
tardives, sa forêt, ses Faucons d'Argent, et ses monstres! »
Elle montra alors, tout à l'Est, dans un petit coin qu'aucun des autres Légendaires n'avait vu, un colline très petites par rapport aux deux autres, et, en regardant bien, on pouvait apercevoir dessus un trou: l'entrée de mines. Et pas de n'importe quelles mines. Les Mines Abandonnées. Un frisson parcouru l'échine des Légendaires. Le simple fait d'imaginer les milliers de monstres qui s'y trouvaient, et de repenser à ce qu'avait dit Ikaël à leur propos, suffit à faire disparaître le charme du paysage dans les yeux des Héros. Et cela suffit aussi à leur rappeler qu'ils étaient là en mission, et non pour faire du tourisme.
Alors qu'ils commençaient à descendre la colline pour rejoindre le village, ils virent une femme en venir en courant, allant manifestement à leur rencontre. Et c'était le cas. Lorsqu'elle fut à portée de voix elle se mit à crier:
« Légendaires! Légendaires! »
Les intéressés se dirigèrent vers celle qui les appelait. Lorsque les Légendaires et la jeune femme furent faces à face, l'habitante prit la parole.
« Légendaires! C'est une grande joie que de vous voir parmi nous! Soyez les bienvenus à Silver-Hawkstown et....
-Steph! la coupa Jadina, je pense que ça ira avec les mondanités!
-Moi aussi, je suis ravie de te revoir Jadina.
-Vous vous connaizzez? demanda Razzia
-Oui, répondit la princesse, Steph est la première-et pour l'instant seule- femme Faucon d'Argent. Nous avons eu l'occasion de faire connaissance lors de la préparation du plan contre Anathos.
-Mais, si vous êtes Faucon d'Argent, pourquoi êtes vous là? Ne vous a-t-il pas été interdit de vous occuper des problèmes ici? interrogea Gryf.
-Je suis en congés pour blessure empêchant l'usage d'un arme blanche de catégorie 3, répondit Steph en montrant son poignet droit joliment emballé de bandelettes blanches. Enfin, officiellement. Et d'ailleurs, tutoyez-moi, sinon ça va être pourri.
-Et officieusement, ça donne quoi? demanda Ténébris.
-Je suis ''l'officier de liaison'' entre Silver-Hawkstown et le camps des Faucons d'Argent.
-Est-ce pour cette raison que tu nous accueilles si bien?
-Non, ça c'est parce qu'Ikaël l'a demandé. Ne me demandez pas pourquoi, c'est son trip. Bon, c'est pas tout ça, mais il faut que je vous conduise chez Aurore. Elle est en train de préparer le déjeuner. Vous voulez manger avec nous? Il me semble qu'elle a préparé une tarte aux pommes.
-Ze zera avec zoie! répondit Razzia, plein d'entrain.»

Lorsque la petite troupe arriva devant l'habitation d'Aurore, celle-ci les attendait déjà sur le pas de la porte.

« Salutation, Légendaires. Heureuse de vous avoir parmi nous....
-Stop! la coupa Jadina, ça suffit! Ça va, on est des Héros, on n'est pas non plus une délégation royale... »
Soudain, prise d'un doute, elle se retourna vers ses amis. Ténébris était une princesse, Gryf
était un prince, elle-même était une princesse....

« Mauvais exemple. Mais c'est pas une raison pour faire des mondanités. On revient d'un mission à la cour d'Orchidia, je pense qu'on en a eu assez pour ce mois-ci.
-Personnellement j'en ai eu assez pour toute ma vie, reprit Ténébris.
-Désolée, les filles, mais c'est Ikaël qui nous a demandé de vous accueillir en grande pompe.
-Et je peux savoir depuis quand tu fais ce que dit Ikaël?
-Heum....aujourd'hui.
-C'est bien ce que je pensais. Bon, si on passait aux présentations?
-Est-ce vraiment nécessaire?
-Oui.
-Et bien dans ce cas...vas-y.
-Mes amis, laissez-moi vous présenter Aurore. Médecin de son métier, guerrière à ses heures perdues. Principalement chef de ce magnifique petit village, accessoirement mère d'Ikaël et de Danaël.
-Enchantée, fit Aurore, au fait, je tiens à mettre les choses au point tout de suite: tutoyez-moi et appelez-moi par mon prénom, sinon c'est pourri.
-Aurore, permet-moi de te présenter les Légendaires. Voici Ténébris, ma très chère grande sœur, anciennement reine du mal, à présent Héroïne; Shimy, elfe élémentaire, pouvant maîtriser les quatre éléments; Gryf, prince de Jaguarys et Razzia, guerrier de Rymar. Oh et, j'allais oublier, Amy, démone de son état. »

Elle montra le bras droit de Razzia.
« Salut, fit Amy »
Contrairement à ce à quoi les Légendaires s'attendaient, la guerrière ne broncha pas à la vue de la démone. Elle ne semblait nullement surprise de voir ainsi un démon servir de bras droit à un guerrier. Elle hocha respectueusement la tête afin de la saluer.

« Et bien, enchantée de faire votre connaissance, mademoiselle Amy. Vous êtes une Chiridirelle, c'est ça?
-Oh, vous êtes calée en démon à ce que je vois.
-En fait je suis calée en tout ce qui concerne les force du mal et les forces occultes.
-Serait-il indiscret de vous demander pourquoi?
-Disons que j'ai eu à faire avec durant ma jeunesse. Et d’ailleurs le tutoiement vaut pour toi aussi. Sur ce, allons manger, vous devez être affamés.»

Ils entrèrent donc, et prirent leur repas.
Lorsque le repas fut fini, Ténébris prit la parole.
« Dis-moi Aurore, j'ai peur d'être indiscrète, mais quand tu as dit que tu avait «eu à faire» avec les forces du mal et les forces occultes, tu voulais dire quoi?
-C'est en effet un peu indiscret, alors permet moi de m'en tirer avec cette pirouette: Raphaël -le père de Danaël et Ikaël, qui commandait les Faucons avant ce dernier- a fait pour moi ce que Danaël a fait pour Razzia et toi.»
Sur ce, elle se leva.
«Donc, reprit Ténébris, qui avait décidé d'approfondir le sujet, tu es une criminelle repentie?
-C'est une façon de voir les choses comme une autre... (elle lui offrit un sourire énigmatique) Le nom de Flamme la Ténébreuse doit te dire quelque chose, non?»
Satisfaite de son effet de rhétorique, la guerrière se mit à débarrasser la table, tandis que les Légendaires réfléchissaient à ce qu'il venaient apprendre.

Savaient-ils, à ce moment-là, qu'ils n'étaient pas au bout des révélations?

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Sam 9 Fév - 18:15

Chapitre 8:
L'envoi
ou comment mettre en pratique son idée stupide

Habitation de Dame Gertrude, même jour.

Danaël se dirigeait vers le bureau de Dame Gertrude, qui l'avait appelé pour ''une affaire de la plus haute importance''. C'était la deuxième fois qu'elle l'appelait cette semaine. Elle cachait quelque chose, il en était de plus en plus sûr. Mais quoi? Le seul moyen de le savoir était d'aller la voir et de lui demander. Et il ne partirait pas avant d'avoir obtenu une réponse satisfaisante, foi de Légendaire! De Légendaire.... Il soupira.
Lorsqu'il fut arrivé devant la grande porte du bureau de Dame Gertrude, il frappa trois coups, clairs et distincts.
« Entre, Danaël.
-Salutation, madame, fit celui-ci en entrant.
-Bonjour Danaël. Comment vas-tu?
-Madame. Faisons impasse sur les formules de politesse, vous voulez bien? Dites-moi plutôt ce qui ce passe.
-Danaël? Je ne suis pas sûre de bien comprendre. Que veux-tu savoir?
-Ce qui se passe ici. Ce que vous essayez de faire. Pourquoi m'appeler à nouveau? Et pourquoi m'avez-vous simplement demandé comment j'allais la dernière fois? Qu'est-ce que vous mijotez? Si ça me concerne, ne serait-ce qu'en partie, j'estime avoir le droit d'être informé. Alors?
-Calme-toi Danaël. Je vais tout t'expliquer. Assieds-toi, ça vaudra mieux. »
Le chevalier, intrigué, s'assit.
« Tu as raison, je prépare quelque chose. Et cette chose ne te concerne pas qu'en partie, à vrai dire, elle ne concerne que toi. Je serait ravie de te dire ce qu'il en est, mais malheureusement, je suis à peu près autant dans le brouillard que toi. Mais je vais t'expliquer ce que je sais. Commençons pas le commencement. Ta visite d'il y a quelques jours. Ce jour-là, je voulais te dire ce que je vais te dire aujourd'hui. Si je ne te l'ai pas dit, c'est parce que quand tu m'as dit que tu allais bien, même un aveugle aurait pu voir que tu étais au bords des larmes tant tu allais mal. À ce que je peux voir, tu ne vas toujours pas mieux, mais j'ai compris que tu n'irais probablement pas mieux avant un certain temps. Alors, voilà. Il y a une mission que je dois te donner. Ma raison me dit que c'est une très mauvaise idée, et que ça ne fera que t'abattre plus encore, mais j'ai l'intuition que, d'une manière ou d'une autre, cette mission te permettra de retrouver la paix.
-Et quelle est cette mission?
-J'y viens, j'y viens. Ne soit pas pressé d'avoir des réponses que tu pourrais ne pas aimer. Mais puisque tu tiens vraiment à le savoir, cette mission est une mission d'extermination: il y a, quelque part sur Alysia, une armée de trois mille monstres qui s'est formée, avec à leur tête, un maître des monstres. Je vais te téléporter près de l'antre de ces monstres. Trouve ce maître, et tue-le. Si en passant, tu tues quelques monstres, ça ne pourra pas faire de mal, mais n'oublie pas que le maître est ta cible principale. Compris?
-Compris. Mais pourquoi cette mission me ferait-elle du mal ? Vous avez, j'ai grandi près d'un repaire de monstres, et je sais les battre.
-Justement.
-Comment ça?
-Tu comprendras quand tu sera au lieu voulu. As-tu ton épée?
-Oui, répondit-il en montrant son arme.
-Es-tu près à accomplir cette mission qui te brisera sûrement le cœur?
-Ai-je vraiment le choix?
-Non, pas vraiment.
-Alors, disons que je le suis autant qu'on peut l'être.
-Encore une chose, Danaël.
-Quoi?
-Il y a un village près de l'antre de ces monstres. Les villageois sont probablement déjà en train d'établir des plans pour les vaincre. Peut-être même sont-il déjà en train d'attaquer. Ne parle surtout pas à ces villageois. Et si tu dois vraiment le faire, ne parle surtout pas à la chef du village, et ne laisse surtout pas ceux à qui tu parleras découvrir ton identité. Ce sera sûrement très difficile pour toi, mais tu dois le faire. Ou au moins essayer.Tu peux me le promettre?
-Je vous le promet.
-Soit. Mets-toi là. »
Danaël se mit au centre de la pièce. Dame Gertrude étendit la main et prononça une incantation. Une grande lumière enveloppa alors le chevalier et lorsqu'il retrouva la vue, il n'était plus dans un bâtiment, mais dans une prairie. Et il voyait devant lui, une montagne, avec ce qui semblait être l'entrée d'une mine. Ce devait être là que les monstres se terraient. Comme ceux qui étaient près de son village. Comme ceux de son village...Danaël se rappela alors de ce qu'avait dit Dame Gertrude « Justement...». Ce pourrait-il que...Non! C'était impossible. Elle n'aurait pas fait ça. « cette mission qui te brisera sûrement le cœur ». Elle avait dit ça aussi. Elle avait aussi sous-entendu que c'était le lieu de la mission plus que la mission elle-même qui le ferait souffrir. Et elle lui avait rappelé qu'il ne devait parler à personne, alors que c'était la première chose qu'elle lui avait apprise. Il devait en avoir le cœur net. Il courut alors vers la forêt qui bordait l'endroit où il se trouvait. Il la traversa précipitamment, et s'arrêta net lorsqu'il fut arrivé la lisière. Ainsi il pourrait voir sans être vu. Il observa attentivement le village. Il reconnaissait la fontaine au milieu de la place. Il tourna la tête et vit, sur une colline, une petit maison de pierre, entourée de vignes. Il tourna la tête de l'autre côté, et il vit une autre colline, elle aussi couverte de vignes. Non. Il ne pouvait, il ne voulait y croire! Il se mit alors à courir le long du village, toujours caché dans la lisière de la forêt. Une fois arrivé au niveau de l'entrée, il se servit de sa vue perçante pour lire ce qui était écrit sur le panneau.
« S...I...L...V...E...R...-...H...A..W..K..S...»
Il n'eut pas à lire la suite, il savait. «Silver-Hawkstown». Voici ce qui était écrit sur cette planche de bois peinte. Il sentit une douleur aiguë lui transpercer le cœur. Il était chez lui. Il avait envie de venir en courant. De grimper sur cette colline. De toquer à cette porte, de voir ce visage derrière la porte. De prendre sa mère dans ses bras. De lui dire qu'il l'aimait, et qu'il était désolé. Peut-être même qu'Ikaël était là. Vu que le village était en danger, les Faucons étaient sûrement là. Même son frère lui manquait. Mais non. Il savait qu'il ne devait pas faire ce qui lui plaisait, mais ce qu'il devait faire. Il ne pouvait pas retrouver les gens qu'il aimait. D'abords, ça lui était interdit. Et en plus, il n'était là que le temps d'accomplir sa mission. Lorsqu'elle serait accomplie, il devrait retourner chez Dame Gertrude, et faire comme si rien ne s'était passé. Il comprenait, à présent, ses mots. Mais ce qu'il ne comprenait pas, c'était qu'elle ait pu croire ne serait-ce qu'une seconde que cette mission pourrait lui faire retrouver la paix. Elle état définitivement folle. Ou peut-être était-elle simplement sadique.
Il tomba à genoux, et sentit les larmes lui monter aux yeux. Il les refréna. Non. Il ne devait plus pleurer. Ce n'était en rien une solution à son problème. Mais dans ce cas qu'est-ce qui le serait? La confusion s'empara de son esprit.
Il avait beau tenter de la chasser, elle revenait à la charge, embuant ses pensées. Il comprit alors que ce n'était pas simplement la confusion qui s'infiltrait sournoisement en lui. C'était quelque chose de pire. Quelque chose qui avait commencé à faire son nid au tréfonds de son âme, profitant de son désespoir et de son abattement pour grandir en silence, attendant le bon moment pour l'attaquer, et le submerger. Et ce moment était venu. Il frémis de terreur. Ainsi, c'était ainsi qu'il allait finir? Terrassé par lui-même, à côté de chez lui? Car enfin, même si elle ne le tuerait peut-être pas physiquement, l'ennemie qui commençait à briser ses lignes de défense n'en épargnerait pas pour autant son esprit, et couperait ainsi le lien entre son âme, qui partirait errer dans les limbes, et son corps, qui resterait les dieux savaient combien de temps ici, l'empêchant de partir dans l'autre monde. Il allait être vaincu par la plus terrible des ennemies des chevaliers, celle qui vient vous prendre quand vous avez survécu à tout. Celle dont on n'ose murmurer le nom, de peur qu'elle réponde à l'appel. La folie.
Mais il ne pouvait se permettre de la laisser gagner. Il y avait trop en jeu. Il devait sauver ce village. Sa mère, son frère, ses amis. Et même si ils se sauvaient seuls, comment régiraient-ils si ils le trouvaient ici, vivant, mais fou, mort à l'intérieur? Il vit alors passer dans son esprit le visage souriant de sa mère, celui, sérieux, mais aimant, de son frère, celui de Steph, son amie d'enfance, avec ses fossettes et ses pommettes rosées. Puis il ses amis, les Légendaires. Jadina, avec ses yeux tant aimés et son rire cristallin, Gryf, dont la bonne humeur et le sens de l'humour décalé lui avait permis de se relever plus d'une fois. Shimy, qui, derrière ses airs froids cachait un cœur pur, Razzia et Ténébris, enfin, qui avaient rejoint le bon chemin, et qui l'avaient rejoint. Un instant, il fut tenté de chasser ses images, qui lui arrachaient le cœur. Mais il comprit que ce seraient ses armes. Alors il contempla chacune de ses images, revécu chacun des souvenirs qui y étaient associé, et pour eux, il tint bon. Pour eux, il repoussa la folie, qui, sournoisement, lui promettait la fin de sa souffrance. Et enfin, était-ce une heure, ou une journée plus tard, il réussit. Il prit une grande inspiration. Il avait vaincu. Cette fois-ci, du moins.
Il se releva, et tenta de réfléchir. Que devait-il faire à présent? Cette fois-ci, il ne se surprit pas à penser que mourir pourrait être une solution envisageable. Il ne vit qu'une autre solution. Faire comme si de rien n'était, et accomplir sa mission. Ni plus, ni moins. Mais en serait-il capable? Dame Gertrude l'avait dit, les villageois allaient essayer de se défendre. Mais les monstres sont dangereux, ça il le savait. Serait-il capable de voir sa mère, son frère, ses amis se faire tuer par ces êtres? Il décida qu'il aviserait si cela devait se produire.
Il ne devait pas attendre plus longtemps. Plus vite il aurait fini cette mission, plus vite il pourrait retourner chez Dame Gertrude, lui crier dessus, lui dire ce qu'il avait sur le cœur. Ce ne serait probablement pas beau à voir, ni à entendre, mais il s'en fichait. Mais d'abord, il devait finir sa mission.
Il se dirigea alors vers les Mines Abandonnées.

Il était loin de se douter que les complications ne faisaient que commencer, et que son cœur, déjà bien abîmé, allait encore devoir supporter plusieurs coups.

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Mer 27 Fév - 15:41

Voilà le chapitre 9, avec pas mal de retard, dédié à vous tous, mes chers lecteurs, qui avez du patienter si longtemps^^

Chapitre 9:
Le Plan
ou comment ''risquer d'y passer'' devient un euphémisme.

Silver-Hawkstown, maison d'Aurore, le même jour.


Alors qu'Aurore commençait à débarrasser la table. Jadina se leva à son tour.

« Attends Aurore! Laisses-nous t'aider!
-Quoi? Non, mais tu rigoles? Vous êtes des invités!
-Non, Aurore. Nous sommes des amis.
-Jadina...
-Si Ikaël s'était proposé, tu n'aurais pas dit non. Et tu as bien dit que je faisait partie de la famille l'an dernier, non?
-Oui mais...
-Mais?
-Bon, et bien si tu insistes...après tout, il serait bien bête de ma part refuser de l'aide.
-Et bien dans ze cas, au travail! fit Razzia en se levant de sa chaise.
-Allons-y! » dirent les autres Légendaires et Steph en se levant également.

Ainsi, tous se mirent au travail. Quatre groupes furent établis: Jadina et Ténébris rangeaient tout ce qui avait besoin d'être rangé et apportaient la vaisselle sale au deuxième groupe, composé de Shimy et de Steph, qui faisaient la vaisselle. Une fois propres, les assiettes, verres, et couverts allaient vers le troisième groupe, composé de Gryf et de Razzia, qui séchaient la vaisselle. Et une fois sèche, elle était confiée à Aurore qui se chargeait de la ranger dans les armoires adéquates.
Alors qu'ils s'activaient ainsi, ils furent dérangés par une jeune femme qui ouvrit brusquement la porte.

« Aurore! cria-t-elle
-Que ce passe-t-il? demanda l'intéressée en sortant de la cuisine, une pile d'assiettes à la main.
-Il y a du mouvement côté ennemi!
-Quoi?
-Il sort un flux continu de monstres de la mine, depuis bien 15 minutes. On dirait qu'ils se
rassemblent dans la pleine.»

On entendit alors un bruit de porcelaine brisée. Aurore venait de lâcher sa pile d'assiettes.

« QUOI?!
-Que ce passe-t-il? demanda Jadina.
-Ils se rassemblent. Vous savez quand une armée se rassemble?
-Juste avant de...
-Partir au combat, finit l'éclaireuse venue avertir Aurore.
-Ils se préparent à nous attaquer avec toutes leurs forces. La bataille finale approche. Maïla! -c'était le nom de la jeune femme- Rassemble tout le monde sur la place. Il nous faut établir une défense solide. Rapidement. Steph, accompagne-là. Tu prendras le commandement de la contre-attaque. Légendaires, venez avec moi, nous avons à parler.»

Tout le monde s'exécuta, sans même poser de question. Il exhalait une telle aura d'autorité de le doyenne qu'il semblait impensable de discuter ses ordres. Pour sûr, elle possédait ce quelque chose qui distinguait un meneur de troupe d'un quidam moyen.
Ainsi, Steph et Maïla descendirent au village, tandis que les Légendaires s'assirent autour de la table. Aurore alla chercher une carte, puis s'assit au milieu d'eux. Elle déposa la carte sur le bois verni. Dessus, on pouvait lire: Sil.; Forêt de l'Est, forêt de l'Ouest; Plaine et Mines abandonnées, écrit en pattes de mouche. La guerrière prit la parole.

« Ici, dit-elle en montrant un endroit de la carte, c'est le village. Là, reprit-elle en montrant un autre endroit, c'est la forêt de l'Est. Là, la plaine, et là, les mines. Les monstres viennent des mines et se rassemblent dans la plaine. C'est là qu'aura lieu la bataille. Steph mènera les troupes par la forêt, et lorsqu'elles seront en place, juste en face des troupes ennemies, que les deux camps ne seront plus séparés que par 100 mètres, les cors de chasses sonneront et les armés s'élanceront l'une sur l'autre. Elles ne s'arrêteront que lorsqu'une des deux armées ne sera plus composée que de cadavres. Car ainsi va une guerre. Le problème est que notre armée viendra tout d'un coup: nous ne somme qu'un demi-millier, alors que l'armée ennemie sera déjà représentée par un millier de leur soldats, mais deux autres milliers seront là, et à chaque fois que l'un tombera, un autre prendra sa place.
-Autant dire que, si ça ce passe comme tu le dis, cette bataille est perdue d'avance.
-En effet. Mais nous pouvons empêcher cela.
-Comment?
-Et bien, pour que vous compreniez, je dois d'abord revenir sur les causes du rassemblement qui a causé cette guerre. Comme vous le savez, les monstres ce sont rassemblés à cause de la puissance maléfique d'Anathos, mais si ce n'avait été que ça, il se seraient dispersé une fois la menace disparue. Or ça n'a pas été le cas.
-N'est ce pas pour se venger des habitants de Silver-Hawkstown qu'ils sont restés en groupe?
-Si. Mais, les monstres n'ont pas la capacité stratégique des humain. Et la vengeance est pour eux un mot bien abstrait. Ils ont adhéré à l'idée de se venger des habitants de Silv. mais elle n'a pas pu provenir de l'un d'eux. Tout comme le fait de profiter de leur puissance nouvellement acquise. Ils n'ont pas la capacité mentale nécessaire pour se rendre compte de la grandeur de leur puissance lorsqu'ils sont réunis. Quelqu'un les a aidé, c'est sûr. Et ce quelqu'un est un humain. C'est lui qui les contrôle, certainement par magie. Il est devenu un ''Maître des Monstres''. C'est probablement un mage noir. Si nous le tuons, les monstres seront libérés de leur sort. Et si les combattantes sont encore assez nombreuses sur le champs de bataille à ce moment, ils prendrons peur, et retournerons dans leur mines, puis se disperserons. Et les humains et les monstres pourront à nouveau vivre plus ou moins ensemble.
-Mais ce ''Maître des Monstres'', il doit être vachement bien protégé.
-Oui. C'est pour ça que je ne pourrais pas l'atteindre sans votre aide. Ceci dit, avant que vous n'acceptiez, je dois vous prévenir. Atteindre le Maître et le tuer ne sera pas le plus difficile. Mais c'est sortir de la mine une fois notre mission accomplie qui sera le plus ardu: comme je l'ai dit, si tout ce passe bien, les monstres accourrons par centaines, voire par milliers, vers les mines, se sera une véritable ruée. Et nous, non-seulement nous irons à contre-sens, mais en plus nous serons des dangers, mais des dangers en sous-nombre. Ce sortir de là vivant sera un défi. Voilà. Je crois que tout est dit. Sachez que je ne vous en voudrai pas si vous refusez. Je comprends parfaitement que ce que je vous demande est de commettre un suicide. Mais dans ce cas, je vous demanderais d'accompagner les filles dans la bataille, ou de bien vouloir quitter le village.
Elle marqua une pause.
Alors, quelle est votre réponse? Vous en êtes?
-Bien entendu! Nous n'avons pas peur de la mort, et même si c'était le cas, nous avons vaincu un dieu, alors je pense pourvoir dire que nous croyons aux miracles.
-Ça tombe bien, moi aussi.
-Mais, comment irons-nous jusqu'à ce ''Maitre''? Il est dans les mines, non?
-Si. Mais il y a deux entrées. L'autre sera évidemment très surveillée, mais nous pourrons profiter de la diversion produite par le début de l'attaque: lorsque les premiers monstres tomberons, il faudrait en envoyer d'autre tout cela devrait occuper assez l'esprit des gens restés à l'intérieur pour que nous puissions entrer. Mais je préfère vous prévenir, ce sera loin d'être une partie de plaisir. Mais, dans un sens, nous avons quand même un peu de chance: les mages aiment la solitude, et même si l'antre du maître sera sûrement bien gardée, une fois à l'intérieur il n'y aura que lui contre nous. Enfin ''que''... Ce mage doit être très puissant pour pouvoir contrôler trois milliers de monstres. Autant dire que le combat sera plus qu'ardu. Et après, comme je l'ai déjà dit, il faudra sortir. Vous en êtes toujours?
-Récapitulons, fit Gryf, tu nous demandes de t'accompagner dans un endroit qui regorge de monstres, dans lequel on est pas sûrs de pouvoir entrer, pour aller tuer un mec qu'on est pas sûrs de pouvoir tuer, alors qu'on est pas sûrs de pouvoir sortir si on arrive à entrer et à tuer le méchant. C'est ça?
-Mmm...c'est à peu près ça oui.
-J'en suis, continua-t-il. Et je pense pouvoir dire que les autres le sont autant. »

Il se retourna vers ses amis.

« Et comment!
-Et bien dans ce cas, en route! Je dois encore donner mes ordres aux filles, et puis nous pourrons y aller. Préparez-vous Légendaires, car ce soir même va se dérouler la plus grande bataille que le village de Silver-Hawkstown n'a jamais vu, et j'espère, ne verra jamais. Et vous et moi, nous en serons l'élément le plus important. C'est sur nos épaules, à nous cinq, que repose le poids de cette bataille, et de cette guerre. Sachez que le demi millier de femmes qui nous attendent en bas, ne sont là que pour nous faire gagner le plus de temps possible. Et elles le savent très bien. Leur espoir est entièrement en nous, Légendaires, alors, ne les décevons pas! »

À ces mots, dignes de Danaël, Aurore et les Légendaires partirent vers ce qui allait être le plus grand combat de leur vie.

Ils savaient, à ce moment-là, à quel point le combat allait être difficile.

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Lun 4 Mar - 20:25

Et voici pour vous le chapitre 10! Avec un peu de retard (j'ai presque envie de dire "comme d'habitude") parce qu'il a fallu le ré-écrire presque entièrement, tant le premier jet était médiocre^^ Mais du coup, je me suis particulièrement appliquée sur les petits détails, donnant un nouveau style, plus "scolaire" à ce chapitre^^ J'espère que ça vous plaira!

Chapitre 10:
Le Retour à la Terre,
ou comment un chevalier profite-t-il de ses loisirs.

Base des Faucons d'Argent, trois jours plus tôt, le soir du départ des Légendaires vers Silver-Hawkstown.

Ayant fini leur dernière mission, les Faucons attendaient à présent d'en avoir une nouvelle. D'ici-là, ils étaient regroupés à la base, et ce petit bâtiment qui d'habitude n'accueillait qu'une moitié de l'effectif, grand maximum, devait là supporter la totalité du demi millier d'hommes qui composaient cette armée d'élite. Dire qu'ils étaient serrés serait un doux euphémisme. Mais ce n'était pas là le plus gros problème de ces soldats. Leur plus gros problème était leur inactivité. Elle ne durerait pas longtemps, vu tout le travail qu'il restait encore à faire pour reconstruire Larbos, mais ces quelques jours à attendre avant de repartir en mission étaient très durs pour la plupart d'entre eux. Plus précisément pour tout ceux qui habitaient où qui avaient de la famille à Silver-Hawkstown:n'ayant rien pour captiver leur attention, ils ne pouvaient que penser à leur famille, en danger, là-bas. Et savoir qu'ils ne pouvaient leur venir en aide était une grande douleur pour ces pauvres hommes, qui n'avaient aucun tords, mais que les circonstances rendaient coupables de délaisser leurs proches. Et bien qu'ils sussent que leur commandant avait envoyé de l'aide, ils souffraient beaucoup.

Ikaël aussi souffrait. Mais pourtant, lui, il avait de quoi s'occuper. Le travail administratif. Il était à son bureau, et remplissait de la paperasse. Alors qu'il maudissait l'inventeur de l'administration pour les 150 générations suivantes, et qu'il se demandait pourquoi les Faucons d'Argent étaient la seule armée au monde à ne pas avoir de consultant notaire, il entendit frapper à la porte. Il poussa un profond soupir, et, d'une voix emplie de lassitude, pria son visiteur d'entrer.
Alors, le roi en personne pénétra dans la salle et salua le commandant, qui se leva d'un bon.

« Oh! Heu...bonjour votre Majesté! Je ne m'attendais pas à vous voir venir ici si tôt! Bredouilla Ikaël, surprit, en tendant une chaise au roi.
-Il est de fait que mon arrivée parmi vous était prévue plus tardivement, répondit celui-ci en s'asseyant, mais une douce nouvelle pour vous ainsi que votre armée m'a fait hâter le pas.
-Ah...heum, merci beaucoup, fit Ikaël, de plus en plus décontenancé. Puis-je savoir quelle est cette nouvelle?
-Voyez-vous, après mûre réflexion, j'ai décidé de retirer les Faucons d'Argent de la liste des armées à qui incombe la reconstruction du pays, et ce, jusqu'à nouvel ordre. De plus, dans le même temps, je retire tous vos hommes, ainsi que vous-même, du service actif. »

Le visage du commandant, déjà bien pâle, tiré par la fatigue et l'inquiétude, se mit à blanchir, au point de devenir presque transparent.Ses jambe plièrent sous son poids, le faisant tomber sur sa chaise.Ses yeux se portèrent sur son souverain avec incrédulité. Il avait dû mal entendre. Si le roi leur enlevait la charge de la reconstruction du pays, et qu'en plus il enlevait la totalité de ses hommes du service actif, cela ne pouvait vouloir dire qu'une chose. C'était une dissolution pure et simple de son armée!

« Commandant Ikaël, vous allez bien? s'enquit le souverain. Vous êtes tout pâle.
-V...votre Majesté...vous...vous ne songez tout de même pas à...
-À dissoudre provisoirement votre armée? Il semblerait que ce soit ce que je suis en train de faire.
-M...Mais...pourquoi? Vous avons-nous déçu de quelque manière que se soit?
-Non, bien au contraire. Je suis très fier de cette armée, mais regardez-vous commandant. Vous tenez à peine debout. Et vous êtes l'un des militaires les plus résistant que je n'ai jamais vu. Tout vos homme sont dans le même état que vous. Vous avez lutté avec acharnement contre Anathos pendant deux ans, tout en préparant les plans de l'attaque finale. Et à présent que la menace a disparu, vous vous affairez à reconstruire le pays, et vous arrêtez des petit criminels. Mais ce n'est point là votre rôle. Vous êtes une armée d'élite. Vous n'êtes d'ailleurs pas seulement une armée, vous êtes avant tout des héros. On fait appel à vous pour les crises graves. Et si vous utilisez vos dernières forces à accomplir des tâches qui ne sont pas les vôtres, qui appellerais-je lorsque tout ou partie de mon royaume sera confronté à un danger grave? Il me semble en effet qu'un danger sérieux menace une région de mon royaume que vous et vos hommes connaissez bien.
-C...comment savez-vous?
-Commandant, je suis le roi, ne l'oubliez pas. Je suis censé savoir tout ce qui se passe dans mon royaume. Ainsi donc, une région dont j'ai la responsabilité à besoin d'aide. Mais, pour des raisons qui ne vous sont point inconnues, je ne puis envoyer personne officiellement. Mais, si je vois qu'une de mes armées perd sa légendaire efficacité, je peux parfaitement la dissoudre, le temps pour les hommes qui la composent de prendre des vacances. Et d'aller voir leur famille.»

Il avait dit cette dernière phrase avec un ton empli de sous-entendus, et Ikaël, que sa fatigue avait rendu un peu lent à la détente, que le désespoir avait gagné depuis bien longtemps, mit quelques instants à comprendre. Mais lorsqu'il eut réalisé la signification profonde de la phrase de son souverain, ce fut comme si un autre commandant avait pris la place de celui-ci. Son visage retrouva ses couleurs, s'illumina, et un sourire gratifiant vint l'orner. Ses traits, avant si tirés et marqués par l'inquiétude, retrouvèrent leur finesse et leur charme naturels.

« Je ne saurais jamais assez vous remercier, votre Majesté!
-Et bien dans ce cas, considérez mon acte comme totalement intéressé, et ayant pour but de retrouver une armée qui ressemble à une armée, et non à au regroupement de revenants qui m'a salué lorsque je suis arrivé. »

Ikaël, au bord de la crise de nerf, dut se faire violence pour ne pas perdre son flegme devant ce jeu de mot aussi subtil qu'un chokapik enragé.

« Bon, et bien, commandant, je crois qu'il est temps pour moi de me retirer. Je vous laisse le soin d'annoncer la nouvelle à vos hommes et de vous occuper des préparatifs du votre départ. Je compte sur vous pour que demain au plus tard ce bâtiment soit désert. »

À ces mots, le roi partit.
Ikaël était encore figé sur sa chaise. Ils allaient pouvoir aider leurs familles. C'était tellement merveilleux qu'il n'osait y croire. Et pourtant c'était vrai. Son espoir, mort depuis bien longtemps, venait de ressusciter.
Alors qu'il commençait à retrouver ses force et son esprit de jugement, il se rendit compte qu'il avait oublié de se lever quand le roi était partit. Il soupira, puis se reprit. Là n'était pas l'important. Il devait rassembler son armée. Et annoncer la nouvelle. Il lui fallait aussi envoyer un message à Silver-Hawkstown pour les prévenir. Quoique, en fait non. De toute façon, ils seraient arrivés avant le message.

Encore sonné par le tourbillon d'émotions qui venait de déferler sur lui et par la fatigue, Ikaël se leva, et manqua de s'écrouler.

Finalement il allait peut-être se rafraîchir et boire un quelque chose de chaud avant de faire son annonce. Ce serait plus prudent. Et cela lui éviterait de perdre la face devant ses subordonnés.
Il alla donc dans les vestiaires et se passa de l'eau sur le visage. Il se sentit immédiatement plus réveillé. Il prit un café en salle de repos, puis se dirigea vers le centre de la cour, et demanda au premier soldat qu'il y vit de sonner le rassemblement.

Tous les Faucons étaient assemblés, en rang, attendant que leur commandant prenne la parole. Ce ne fut pas long.
« Faucons d'Argent, déclara-t-il, plus solennel que jamais, je suis porteur d'une heureuse nouvelle. Le roi a décidé de nous dissoudre provisoirement, de sorte à nous offrir des vacances, selon lui nécessaires. »

Un murmure parcourut l'assemblée. Dissoudre l'armée? Et le commandant appelait ça une
bonne nouvelle? Il avait fumé quoi au juste? C'était la pire nouvelle qu'on leur avait annoncé depuis...

Ikaël leva la main pour imposer le silence, et les Faucons, commençant à comprendre, mais n'osant y croire, se turent.
« Faucons d'Argent, reprit-il, j'espère que vous comprenez pourquoi j'ai utilisé le terme ''bonne nouvelle''. Sachez, Faucons d'Argent, que le roi sait nos souffrances, et qu'il ne les a pas ignorées. Mais l'opinion publique ne saurait lui pardonner de nous envoyer officiellement là où, officiellement, on n'a pas besoin de nous. C'est pourquoi il a décidé de nous inciter, officieusement, à y aller, et nous a donné les moyens de le faire. Se faire dissoudre pour cause d'inefficacité due à une surcharge de travail est loin d'être un honneur pour une armée, je le sais bien. Mais n'est-ce pas un déshonneur mille fois plus grand de laisser ses proches se faire tuer sans lever le petit doigt? »

Un nouveau murmure, d'approbation cette fois, parcourut les rangs. À nouveau Ikaël demanda le silence, à nouveau il l'obtint.
«Cependant, Faucons d'Argent, certains de vous, de nous, ne sont étrangers à notre malheur. Ceux-ci, Au nom des habitants de Silver-Hawkstown, je les remercie d'endurer notre honte, sans éprouver notre soulagement. Qu'il sachent avoir la reconnaissance infinie et la haute estime de tous les habitant du village. Sur ce, Faucons d'Argent, je vous laisse deux heures pour vous préparer à partir. Dans ce temps, je veux que tous ceux qui partent seuls m'avertissent de leur destination et des moyens de les contacter, et que tout ceux qui vont à Silver-Hawkstown se préparent et se mettent en rang, devant l'entrée, prêts à partir et en civil. Sur ce, rompez! »

À ces mots, les soldats se dispersèrent, et Ikaël alla à son bureau, afin de faire ses propres préparatifs, et d'accueillir ceux qui allaient le prévenir qu'ils partaient. Mais personne ne vint. Au bout d'une heure trois quarts, perplexe, il partit se changer. Quand il fut arrivé au poste de garde, une grande surprise l'envahit. Là, devant lui, sur le départ, s’étendait un immense rang, bien plus grand qu'il n'aurait cru. Le compte compte fut vite fait, et la conclusion s'imposa d'elle même : toute son armée était là. Un sourire vint à sa bouche, mais aucun mot. Les paroles étaient inutiles, il savait.
« On ne touche pas à un Faucon sans que tout le nid débarque. » Ce vieux proverbe était là, dans tous les esprit.

Alors, il se mit en selle, et d'une voix non dénuée d'émotion, dit simplement «En route! Nous avons un village à sauver! »

Et la troupe partit, dans la joie et la bonne humeur. La scène était bien étrange, pour toute personne non avertie. En effet, partait de la base, montés sur des culbutars, la totalité des Faucons d'Argent, armés, chantant, avec leur commandant à leur tête, mais habillés en civil. Il fut heureux que personne les vit, sans quoi la confidentialité de cette non-mission, déjà toute relative, eût été grandement compromise.

Tous ces soldats savaient qu'ils marchaient vers l'horreur. Mais ils savaient aussi qu'ils
partaient retrouver leurs familles, et leur honneur. C'était pour cela qu'ils chantaient. Quant à Ikaël, à leur tête, il sentait que tout allait bien se passer.

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Mar 12 Mar - 19:35

Et encore un chapitre en retard, un!^^ Sans sous-titre, pour cause de manque d'inspiration^^

Chapitre 11:
Le combat, première partie.

Silver-Hawkstown, place du village, le soir même.

Les filles de l' ''armée'' de Silver-Hawkstown venaient de partir. Elles allaient partir vers l'Est, traverser une bande de forêt, qui faisait à peu près 500 mètres, pour arriver à la plaine. Les habitants de Silver-Hawkstown s'étaient toujours demandé comment nommer cette plaine. À présent ils savaient. Moins d'une demie heure plus tard, cette plaine serait ''la plaine de la bataille''.
Les Légendaires et Aurore allaient aussi partir. Ils suivraient de loin l'armée pendant à peu près deux cent mètres, après quoi ils monteraient vers le Nord-Est sur un chemin qui menait à l'entrée Nord des Mines. Ils ne devaient pas arriver trop tôt, non seulement parce que si ils arrivaient avant l'armée, les monstres pourraient se douter de quelque chose, mais aussi parce qu'ils ne seraient pas encore occupés avec l'armée, et la diversion ne servirait plus à rien.

Les groupe attendait devant l'entrée de la mine, caché par des buissons. Il y avait une
douzaine de gardes postés devant ce qui semblait être une porte en bois.

« On y va? demanda Razzia.
-Non, lui répondit Aurore, on attend le signal.
-Quel signal?
-Vous comprendrez tout de suite. » Ce fut sa seule réponse.
Ils attendirent, tendant l'oreille. Une dizaine de minutes plus tard, ils entendirent le bruit
des cors de chasse, les cris des combattants s'élançant dans la mêlée, puis enfin les chocs du métal contre le métal. Alors, les gardes se mirent à s'agiter, et ce qui semblait être une sorte de messager arriva en courant, et leur dit quelque chose. Aurore, à qui les années avaient appris le langage monstrueux, et les Faucons à lire sur les lèvres, tenta une traduction:

« Les humains nous ont attaqués, blablabla, ils sont plus fort que ce qu'on croyait,
blablabla, le maître n'est pas content, blablabla, il pense que c'est un piège....»
Aurore porta soudain plus d'attention à ce qu'elle traduisait.
«...Il pense à une diversion, restez-là, et ne partez sous aucun prétexte.»
Lorsqu'il eu finit son discours, le messager s'en alla, prenant soin de fermer la porte
derrière lui.
«Mince, ils ont des doutes, reprit la doyenne, visiblement contrariée. C'est mauvais ça.
On va perdre de notre effet de surprise. Enfin, on a pas le choix.
-Ils ne zont qu'une douzaine, fit remarquer Razzia, on n'a qu'a s'en prendre 2 chacun. Z'est
pas plus diffizile que za.
-Mmm, c'est une façon de voir, qui, je dois l'avouer, me plaît beaucoup.
-Alors, on fait comme ça? demanda Ténébris, lames sorties.
-On dirait bien.»

Nos héros s'élancèrent alors, et se jetèrent sur les gardes. En moins de temps qu'il ne fallait
pour le dire, le chemin était dégagé. Aurore essaya alors d'ouvrir la porte. Elle jura.

«C'est fermé à clé!
-Ce n'est pas une raison pour user d'un tel language, la reprit Jadina.
-Oh, ça va, désolée...c'est sorti tout seul. Mais cette fichue porte refuse de s'ouvrir.
-Laizze-moi faire » fit Razzia.
Il posa alors sa main sur la porte, puis poussa. Le bois émit un craquement terrible avant
de se briser et de tomber au sol.
« Voilà. »
La guerrière, qui avait pourtant vu beaucoup de choses dans sa vie, ne put empêcher un
« Ouaaa. » de sortit de sa bouche.

Sa constance naturelle retrouvée, elle prit la parole:
« Vous être prêts?
-Toujours! répondirent les autres en chœur.
-Alors, enfonçons-nous dans les entrailles de la montagne, pour, qui sait, ne jamais en
sortir! »
Elle avait dit ça avec un air plein de malice, comme si elle mettait la mort au défi. Elle
n'avait pas froid aux yeux. Et elle était décidément très douée pour encourager ses troupes.
À ces mots, il entrèrent.

*
* *

Les combattantes étaient en rang, dans la partie ouest de la plaine. Elles avaient à leur tête Steph, qui dévisageait le chef de l'armée ennemie.
Elles étaient cinq centaines.
Ils étaient trois milliers.
Elles avaient des armes de fortune, faux, fourches et couteaux de cuisine, et seule Steph
avait une épée.
Ils étaient lourdement armés, de lances, de sabres et de gourdins.
Elles avaient la volonté de sauver leur village, leurs enfants, et c'était ça leur meilleuremotivation.
Ils étaient contrôlés par un mage noir.

Elles n'avaient pas peur.
Elles savaient qu'elles ne pouvaient pas vaincre une telle armée, mais elles savaient aussi que ce n'était pas leur but.
Elles devaient juste tenir le plus longtemps possible, et surtout, faire confiance à Aurore.
Ça, elle en étaient plus que capables.

Alors les cors de chasse se mirent à sonner. Les combattants des deux armées s'élancèrent dans ce qui allait devenir la bataille la plus sanglante que connaîtraient les humains et les monstres de Silver-Hawkstown.
Des cris de guerre furent poussés, puis, lorsque les deux armées se furent rejointes et qu'elles eurent fondu l'une sur l'autre, ils firent place aux bruit du métal contre le métal, puis aux cris de douleur. L'herbe ne garda pas bien longtemps sa belle couleur verte.

*
* *
Les Légendaires et Aurore marchaient dans les galeries sombres. De temps à autres, ils croisaient deux ou trois monstres, à qui ils faisaient rapidement leur fête. Il n'avait pas de temps à perdre. Ils avaient des vies à sauver. Mais il y avait autre chose qui les motivait. Quelque chose qui les poussait à agir, à se battre, à sauver ces vies. Pour Aurore, c'était normal. Il s'agissait tout de même de son village, ses amis et, en quelque sorte, sa famille. Sa famille... Oui, c'était ça qui motivait les Légendaires: Aurore, son entrain, sa force morale, et puis cette impression qui ce dégageait d'elle, ce sentiment de responsabilité, responsabilité qu'elle avait prise envers ses concitoyens; Ikaël, la fatigue et le désespoir qui se dégageaient de lui, ses yeux suppliants, et ce sentiment de culpabilité qu'il ne cachait pas, car il se sentait vraiment responsable de son incapacité à aider ses proches. Et, enfin, Danaël. Le souvenir de lui brillait dans les yeux de sa mère, de son frère, de Jadina, de chacun de ses amis...Le souvenir de lui hantait leurs cœurs. C'était ce souvenir, plus que toute autre chose, qui les motivait, et les poussait à avancer. C'était pour ce souvenir qu'ils étaient venus. Et ce ne serait que lorsqu'ils auraient honoré ce souvenir, en sauvant ce village, qu'ils partiraient. Aucun ne l'avait dit, mais c'était une sorte d'accord tacite qu'ils avaient passé.

Alors qu'ils avançaient ainsi, ils se retrouvèrent dans une sorte de plate-forme circulaire, d'un vingtaine de mètres de diamètre, d'environ un mètre cinquante de hauteur, de laquelle débouchaient sept sorties, en comptant celle d'où ils venaient.

« Heu... Aurore, tu sais par où on doit aller, hein? Demanda Gyf, pas très rassuré, avec un
écho terrible.
-Non, je n'en ai pas la moindre idée.... »

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase. Une bonne trentaine de monstres déferla sur les héros. Un violent combat s'ensuivit. Pour la première fois, les Légendaires - exceptées Jadina qui les avaient déjà vus- eurent l'occasion de voir les pouvoirs d'Aurore, dont Ikaël et Jadina avaient tant vantés la puissance. C'était en effet impressionnant. Elle lançait des jets de flammes comme Jadina lançait ses sorts magiques. Mais ce genre de sorts utilise beaucoup de puissance. La plupart des monstres étaient vaincu, quand la fatigue commença à se faire sentir. Les sort de Jadina et d'Aurore se faisaient moins puissants, les attaques de Gryf, Ténébris et Razzia mois vives, les jets de pierres de Shimy moins précis. Bref l'équipe était vraiment en mauvais état. Plus nos héros se fatiguaient, plus ils prenaient de coups, et plus ils prenaient de coups, plus ils se fatiguaient. Il ne restait que cinq monstres, mais ils avaient largement l'avantage. Après une déflagration magique de Jadina qui les avait envoyés valser un peu plus loin, ils se relevèrent sans difficultés, et se rassemblèrent en ligne. Alors, ils chargèrent sur la magicienne, qui, à cause de sa fatigue et de la puissance de sont sort, était tombée, et se trouvait à présent à genoux par terre, se frottant la tête. Lorsqu'elle vit arriver le danger, il était trop tard pour esquiver. Quant aux autres, avec leur capacités maximum ils auraient pu intervenir à temps, mais fatigués comme ils l'étaient, il ne pouvaient rien faire, si ce n'est voir leur amie se faire tuer..

Elle avait l'impression que les événements se déroulaient au ralenti. Alors, d'un réflexe stupide, mais humain, Jadina fit la dernière chose que quelqu'un fait lorsqu'il voit la mort foncer sur lui: elle cria. Les monstres approchaient de plus en plus...

*
* *

Danaël marchait dans une galerie, à la recherche du maître des monstres, lorsqu'il entendit le bruit d'une déflagration magique. Il s'approcha, et vit une scène qui lui donna l'impression d'un poignard planté dans son cœur. Devant lui, sa mère et ses compagnons littéralement massacrer par cinq petits monstres. Il avisa, sur le sol, les cadavres des autres monstres. Correction, ses amis et sa mère s'étaient faits massacrer pas trente monstres. Ce n'était pas vraiment plus rassurant.
Cependant, il n'eut pas le temps de se pencher plus longtemps sur ses réflexions, car il entendit Jadina crier. Il releva la tête, et vit l'horreur.

Alors, il eut, lui aussi, l'impression que tout se passait au ralenti.

*
* *

Les monstres n'était plus qu'à quelques pas d'elle, et brandissaient déjà leurs armes. Elle se dit que c'était la fin, et ferma les yeux. Elle entendit le bruit d'une épée que l'on abattait, puis celui de chair que l'on tranchait. Mais elle ne sentit pas la douleur. Non, même si elle sentait toujours la douleur de ses autres blessure, elle ne sentait pas celle d'un coup comme celui qui venait d'être porté. Elle n'était pourtant pas morte, car dans ce cas elle n'aurait plus rien sentit.

Elle fut interrompue dans ses réflexions par un cri de surprise, poussé en chœur par ses amis. Elle tenta alors d'ouvrir les yeux. Ce qu'elle vit l'étonna.
Il y avait, par terre, les cadavres des cinq monstres qui l'avaient attaquée, tranchés en deux. Elle leva alors les yeux et vit quelqu'un de dos avec encore l'épée à la main. Elle observa l'épée. Sa lame était dorée, et sa garde...Elle connaissait cette garde. Elle connaissait cette épée. Elle connaissait, enfin avait connu, son possesseur. Et il avait été enterré avec, elle en était sûre. Alors, que faisait-elle là?
Elle monta son regard un peu plus haut, pour observer l'homme qui tenait cette épée. Il était
très bien bâtit. Il avait les épaules larges, les bras, les jambes, et manifestement tout le reste du corps plutôt musclé, mais tout en gardant une certaine grâce, et un équilibre parfait.
Et ses cheveux...ils étaient blond comme les blés, coupés un peu n'importe comment, mais avec classe.
Elle connaissait ce corps musclé, pour l'avoir -honteusement, elle devait l'avouer- maintes fois admiré. Elle connaissait ces cheveux, pour avoir maintes fois reproché à leur propriétaire de ne pas en prendre assez soin.

Elle connaissait cet homme, à qui appartenait l'épée, le corps musclé et les cheveux en bataille. Elle le connaissait bien, pour l'avoir tant aimé.
« D...Danaël? balbutia-t-elle, C...c'est bien toi?
-En effet. »

Jadina avait posé la question que tous redoutaient, et Danaël avait donné la réponse que tous espéraient. Alors, il se produisit quelque chose que le chevalier n'avait pas vraiment prévu. Sa mère, suivie des Légendaires, s'élança vers lui et se jeta littéralement dans ses bras en sanglotant.
« Danaël...on...on te croyait mort...
-Et c'était mieux ainsi, répondit-il, au bord des larmes, essayant de paraître froid et de cacher sa tristesse, tout en repoussant doucement sa mère.
-Pour...pourquoi??
-Parce que je ne suis là que pour quelques heures, après quoi je devrais repartir et vous
devrez faire comme si j'étais mort. »

Un lourd silence s'abattit sur le groupe. Silence bien vite brisé par l'exclamation de surprise que poussa le blond lorsque Jadina se jeta littéralement sur lui et l'embrassa fougueusement. Il répondit à ce baiser de tout son amour et de toute sa tendresse. Quand l'air commença à leur manquer, bien à contrecœur, ils se séparèrent. Ils échangèrent alors un regard tout aussi plein d'affection que leur baiser. Danaël pris sa fiancée par les hanches et la serra contre lui.

«Je t'aime, souffla-t-il.
-Moi aussi, lui répondit-elle sur le même ton.
-Tu m'as manqué, tu sais.
-Toi aussi, mon amour, toi aussi.»

Des larmes coulaient sur toutes les joues, aucun œil n'était encore sec.

Des larmes, de joie, de tristesse, d'amour, de douleur, de peur ou de soulagement, ils n'avaient pas fini d'en verser, ce soir là. Et, au fond, peut-être s'en doutaient-ils.

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Jeu 28 Mar - 22:56

Hell-o! Ca fait longtemps hein? presque trois semaine..Ce qui veut dire que j'ai pris deux semaines de retard..je suis désolée! J'ai été très occupée par Zola...^^' Alors pour me faire pardonner, voici non pas un, mais deux chapitres, dédicacés à Lisabeth, la plus grande fan du "duo d'écrivains", et Tiana, une lectrice silencieuse Wink ^^ Bonne lecture! (Comme on est en plein milieu du combat, il y a un peu de sang, mais somme toute, ça va, ça devrait pas être trop choquant mais je préviens quand même les âmes sensibles, à tout hasard^^)

Chapitre 12
Le combat, deuxième partie.

Chemin de Sivler-Hawkstown, au même moment

Les Faucons d'Argent cheminaient à travers la forêt depuis Silver-Hawkstown, contournant la plaine par le Sud, de sorte à y entrer par l'Est, et ainsi prendre l'armée ennemie à revers. Cette opération, sobrement baptisée «opération sandwich au monstre», avait pris forme dans l'esprit diablement fourbe de notre cher commandant. En effet, lorsque l'éclaireur était revenu, et lui avait décrit la situation des combattante, il avait compris que venir prêter renfort normalement à ces dames ne suffirait pas, et que seule la ruse pourrait les sauver. Aussi avait-il monté ce plan sournois, mais simple et efficace, malgré ses réticence à attaquer un ennemi de dos, acte qu'il considérait comme des plus lâche.

*
* *


Dans la plaine, la situation ne tournait pas vraiment à l'avantage de nos guerrières. Si, grâce à leur organisation, plus efficace que celle de leur ennemis, elles n'avaient encore subi aucune perte, pas une d'entre elles n'avait été épargnée par les morsures, griffures et autres attaques, et on comptait déjà une dizaine de blessées graves. Leur chance n'allait probablement plus durer, et bientôt la mort s'inviterait aussi dans leurs rangs.

Elles en étaient là dans leurs craintes, lorsqu'elles entendirent le bruit typique de l'ébranlement d'une armée, accompagné de cris de guerre. Tous les yeux, humains ou non, se dirigèrent vers l'origine de ces sons, annonciateurs d'un tournant dans la bataille. Et, en voyant un demi-millier de soldat prendre l'armée souterraine à revers, monstres comme humaines se figèrent. Ces dames furent les premières à reprendre leurs esprits. Bientôt, elles se furent rassemblées, et l'armée monstrueuse se retrouva prise en sandwich entre deux assauts parfaitement coordonnés. Quelques Faucons réussirent même à traverser la plaine pour rejoindre les femmes et porter assistance aux blessées.
La chance tournait.

*
* *

Les Légendaires, Aurore et Danaël cheminaient dans un tunnel sombre. Après leur avoir expliqué tout ce qui lui était arrivé depuis sa mort, pourquoi il était là, et surtout pourquoi il devait partir, celui-ci s'était rappelé que la Dame lui avait confié une carte magique, qui pouvait, si on le lui demandait gentiment, afficher le lieu que l'on désirait, à l'échelle que l'on désirait, et même un point rouge mouvant accompagné du message ''vous êtes ici'', si on le désirait. C'est donc ainsi qu'ils s'étaient mis en route, non sans s'être mis d'accord pour profiter au maximum de ce court moment ensemble, dans la joie et la bonne humeur, sans se préoccuper de ce qui arriverait une fois le maître des monstres tué.

Gryf venait de finir une blague -que nous ne nous abaisseront pas à retranscrire, tant son niveau était bas- lorsqu'Aurore leva une main pour les faire taire.
« Qu'e se passe-t-il? » chuchota Shimy.
Ce fut Danaël qui répondit:
« Nous sommes arrivés. »

Il désigna une porte, au bout du couloir, devant laquelle se tenaient trois garde, qui, manifestement, ne les avaient pas encore repérés.

« Êtes-vous près pour le combat de votre vie? Demanda Aurore
-Oui, répondirent-ils en chœur
-Êtes-vous prêts à vous retrouver face à un magicien surpuissant déterminé à vous tuer ?
-Autant qu'on peut l'être, répondit Jadina
-Êtes vous près à mourir?
-Heu...je préférerait éviter si c'est possible...»
La réflexion fit sourire la guerrière.
«Bonne réponse. Alors, allons-y!»

Et, d'un même ensemble, les sept héros s'élancèrent vers la bataille de leur vie, sans crainte de la Mort, qui attendait avec délectation l'issue du combat.

Mais nul, à ce moment, ne savait sur qui cette Mort, tel un oiseau de proie, s’apprêtait à fondre.

Chapitre 13
La bataille finale,
ou le choix de la Mort.

Gryf gisait, inconscient, dans un coin de la pièce. Sur sa cuisse gauche, une profonde blessure déversait un flot écarlate, qu'une Ténébris à moitié sonnée, et dont le bras droit avait beaucoup souffert, tentait de juguler. Amy protégeait Razzia comme elle pouvait, attendant que celui-ci reprenne conscience. Quant à Jadina, lorsqu'il avait compris qu'elle guérissait quasi instantanément de ses blessures, le mage noir lui avait lancé un sort paralysant. Restaient Shimy, Aurore et Danaël.
Un sort d'éjection, et l'elfe fut projetée contre le mur, en un bruit atroce d'os brisés.
Restaient Aurore et Danaël.

Danaël attaqua le mage. Celui-ci dégaina sa propre épée, et le fer croisa le fer en un crissement suraigu qui fit vibrer les os des combattants. Lentement, mais sûrement, la lame du Maître des Monstres glissa le long de celle du chevalier. Très vite, il se serait dégagé, et serait alors en position de porter un coup fatal. Tous deux le savaient. Aurore aussi. Et elle se trouvait dans le dos de l'homme qui s'apprêtait à tuer son fils. Elle devait faire quelque chose. Mais quoi? Soudainement, elle eu une idée. Une idée complètement folle. Tant, qu'elle avait une chance de fonctionner.
Elle passa, lentement, sa main le long de se jambe, puis lorsqu'elle eu atteint le bord de sa botte, y glissa deux doigts, et en ressortit un couteau de lancer argenté. Alors, elle remonta tout doucement la main derrière son dos, et pris la lame entre son index et son majeur. Alors, comme animée d'une rage brûlante, l'arme s'enflamma.

Danaël luttait de toute ses force, mais rien n'y faisait. Lentement, inexorablement, la lame de son adversaire remontait. Soudain, d'un mouvement fluide du poignet, celui-ci envoya valser l'épée d'or, et frappa son propriétaire à la tête. Le chevalier eu tout juste le temps de tenter une parade du poignet, de sorte que ce ne fut pas le tranchant, mais le plat de l'arme qui l’atteignit en bas du crâne, lui épargnant la mort.

Son adversaire envoyé au pays des rêves, il commença à se retourner pour affronter la dernière gêneuse. Il n'eut pas le temps de finir son geste, qu'il sentit une brûlure dans la poitrine. Il s’effondra, un flux de sang imbibant lentement sa chemise. Une dague d'argent enflammée venait de cueillir son dernier souffle. Restait Aurore.

*
* *


L'emprise qu'exerçait le mage noir sur eux ayant disparu en même temps que ce dernier, les monstres se retrouvèrent penauds, au milieu du champ de bataille, sans savoir ce qu'ils faisaient là. Ils se rendirent alors compte qu'ils étaient au milieu d'humain armés et en colère. La panique s'infiltra dans leurs rangs, et, en moins de temps qu''il faudrait pour le décrire, ils repartirent d'où ils venaient, laissant dans la plaine les deux armées restantes. Celles-ci se faisaient face, à une vingtaine de mettre l'une de l'autre. Il se passa quelque chose d'étonnant, et de magnifique: les deux armées fondirent l'une sur l'autre. Mais ce n'était pas l'arme à la main et un cri de guerre aux lèvres, c'était l'Amour au cœur et un cri de joie à la bouche. Chaque Faucon s'élançait vers sa famille, chaque famille vers les Faucons qui en faisait partie. Les Faucons qui n'étaient pas de là-bas étaient ''adoptés'' par des familles qui passaient. Seuls Steph et Ikaël, qui étaient à la tête de leur armée respective, restaient là, stoïques, toujours à la même distance. Au même moment, comme unis par un accord tacite, il s'avancèrent l'un vers l'autre. Non pas en courant et en s'exclamant comme tous les autres, mais en marchant. Doucement. Silencieusement.

*
* *


Lorsque Danaël reprit conscience, la première chose qu'il entendit fut la voix de sa mère, qui soufflait «Puisses-tu retrouver la paix.». Il ouvrit alors un œil, et la vit incanter pour incinérer un corps près de lui. Il ouvrit l'autre, et put voir que c'était celui du mage, ce qui le soulagea quelque peu. Mais ce n'était pas vraiment ce cadavre à ses côtés qui le perturbait. C'était ce qu'avait dit sa mère: retrouver la paix ... Cette phrase lui rappelait quelque chose. C'était quelque chose d'important. Quelque chose qu'il cherchait. Mais quoi? Il savait que c'était un souhait que l'on formulait traditionnellement avant d'enterrer un mort. Mais ce n'était pas cela qu'il cherchait. Alors quoi? Une douleur lancinante en bas de son crâne, accompagnée d'une migraine non moins douloureuse vinrent interrompre ses pensées. Il commençait à refermer les yeux, pour retourner dans cette douce et chaleureuse obscurité, qui lui promettait la fin de cette horrible sensation, lorsqu'il sentit qu'on lui tapotait la joue.

« Hé, Danaël, disait la voix d'Aurore, c'est pas le moment de faire la sieste! Il faut qu'on lève le camp, et vite, avant de finir en compote de héros! »
Avec les sensation, son esprit lui revenait peu à peu, et il comprenait plus ou moins la notion d'urgence dans ce discours. Il se mit donc debout, non sans aide, et, prenant appui sur sa mère, commença à avancer sur le chemin de la sortie, avec dans la tête une voix qui lui répétait sans cesse «Retrouver la paix...tu dois retrouver la paix...»
« Mais quoi!? » cria-t-il intérieurement « Que me veux-tu à la fin! »
Et la voix, sans cesse, lui répétait « Retrouver la paix...tu dois retrouver la paix... »

*
* *


Lorsqu'il ne resta plus qu'une moitié de mètre entre eux, Ikaël et Steph plongèrent chacun dans le regard de l'autre. Ce contact visuel enflamma l'âme du commandant. D'une flamme qu'il connaissait déjà, pour l'avoir combattue sans relâche depuis plusieurs années. Cette flamme que l'éloignement de la jeune femme et l'inquiétude pour son village avaient réussi à étouffer. Mais, comme toutes les braises, celles de cette flamme-ci n'attendaient qu'une légère brise pour flamber de plus belle. Et cette femme, dont ni la boue, ni le sang n'altéraient la beauté, dont le sourire était un soleil ardent, dont les éclat de rires étaient tels des pétales de fleurs semés au vent, et dont les yeux noisette vous pénétraient tout entier, cette femme était une tempête. Tâchant de réprimer ses ardeurs, et maudissant se faiblesse, le commandant détailla sa subordonnée. Il vit tout de suite les trois lacérations parallèles qui zébraient sa cuisse droite. Il remarqua également que son pied n'était pas complètement posé au sol, et qu'elle concentrait son poids sur l'autre jambe. Steph surprit son regard:

«Ce n'est rien Ikaël.
-Moi aussi je suis très heureux de te revoir Steph. Et ce n'est pas rien. Tu boites.
-Contente de te revoir, soupira-t-elle. Et je ne suis pas si gravement blessée. D'autres ont plus besoin de soin que moi.
Comprenant qu'il perdait son temps, Ikaël décida de passer aux choses sérieuses.
-Tes combattantes vont bien? demanda-t-il, mais sa vraie question était ''combien de pertes comptes-tu?''
-J'ai une douzaine de blessées grave, et nous sommes toutes au moins légèrement blessée. Mais il semblerait que les miracles existent: nous ne comptons aucune perte.
Elle plongea son regard dans le sien.
-Et c'est grâce à vous.»

Elle lui offrit son plus beau sourire, qui le fit chavirer. Il tenta tant bien que mal de retrouver une certaine constance, avant de lui répondre:

« Qu'aurions-nous été si nous avions laissé nos familles se faire massacrer sans rien faire? Et puis c'est surtout grâce à toi. Tu as conduis ces femmes à la bataille, et tu as su les organiser au mieux. Crois-moi, je n'aurais pas fait mieux. Personne n'aurait fait mieux, d'ailleurs.
-Tu exagères...
-Je n'exagère jamais.»

Il marqua une pause, puis il se passa la langue sur lèvre, signe évident de sa tension. Steph le remarqua, mais ne commenta pas. Elle savait qu'il lui suffisait d'attendre pour qu'il lui révèle ce qui le tracassait...même si elle se doutait de ce que c'était.

« Heu...Est-ce que tu sais...
Il s'interrompit. Mais elle savait qu'elle pouvait lui dire à présent.
-Ta mère et les Légendaires sont dans les mines, ils ont certainement tué le maître, ce qui expliquerait le départ précipité des monstres. Ils sont entrés par l'entrée Nord.»

Ikaël resta sans voix. Sa mère et les Légendaires, dans les mines! Avec tous ces monstres paniqués, combien avaient-ils de chances de s'en sortir? Très peu. Il baissa la tête. Il ne voulait pas qu'elle lise l'inquiétude dans ses yeux. Mais de cela aussi, elle se doutait.

« Ikaël, souffla-t-elle en posant sa main sur son bras, vas-y.
Il leva les yeux vers elle.
-Je peux m'occuper seule des filles et des Faucons. Vas les retrouver. Et ramène-les-nous tous. En vie.»

Elle lui sourit.
Il lui sourit en retour.
Puis il s'élança à travers la plaine, non sans lui avoir soufflé un ''merci'' en passant.

Il était loin de se douter qu'il allait retrouver plus que ce qu'il cherchait...

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Ven 14 Juin - 17:39

Aye! Après un loooong temps d'attente (Veuillez s'il-vous-plait accepter mes plus plates excuses) voici enfin le chapitre 14! Plus rose, plus bonbon, plus girly, plus larmoyant, bref, plus moi que jamais! Les filles, sortez vos mouchoirs, les mecs, dégainez vos tomates pourries^^
Cependant, j'ai eu pitié des moins adeptes de guimauves ici présents, et j'ai donc décidé de découper le chapitre original en deux chapitres, l'un que voici, dans lequel se déroule le dénouement de l'intrigue principale (et oui, déjà^^) et un autre 100% love story, dans lequel, vous l'aurez deviné, c'est l'intrigue amoureuse qui commence à se résoudre, et qui n'est pas nécessaire à la compréhension globale de l'histoire, ce qui permettra aux plus réticents d'entre vous de le sauter sans pour autant finir complètement perdus^^
Sur ce, Bonne lecture!

Chapitre 14:
Les Adieux,
ou quand on a un plan stupide, c'est mieux d'en informer ses amis avant, juste pour le cas où...

Lorsqu'il arriva devant l'entrée Nord des Mines, Ikaël n'en cru pas ses yeux. Et pour cause, ce qu'il voyait devant lui était pour le moins surprenant. Les Légendaires étaient bien là.
Mais...
Razzia portait une Shimy inconsciente, dont plusieurs côtes cassées gênaient la respiration;
Jadina, aidée de Ténébris, dont le bras droit était retenu par une attelle de fortune, supportait Gryf, qui posait à peine sa jambe gauche au sol. Quant à se mère, elle soutenait...
Non!
Ce n'était pas possible!
Ça ne pouvait pas être...
«D...Danaël?» balbutia-t-il, incrédule.
L’intéressé leva la tête, grimaça, cligna plusieurs fois des yeux, de sorte à chasser les étoiles qui dansaient devant, puis, doucement, précautionneusement, lâcha sa mère, testa son équilibre, inspira lentement, expira, et fit quelque pas maladroits vers son frère. Ce dernier s'interrogea sur sa conduite, jusqu'à ce qu'il remarque un hématome rectangulaire sur la nuque de celui-ci.
Oui. Bien sûr. Non seulement son frère était ressuscité, mais en plus il s'était battu aux côtés de leur mère et de ses amis comme si de rien était, et quelqu'un lui avait asséné le plat de son épée sur la nuque.
Et bien et bien!
Il songea qu'il eût mieux fait de rester couché ce matin-là. Et il se promit de ne plus jamais laisser sa mère seule aussi longtemps. C'était dangereux.
Puis il chassa toutes ces pensées.
Son frère était revenu, il n'allait pas non plus faire la fine bouche!
Il prit alors son frère par les épaule et le serra contre lui. Lorsqu'il l'eut lâché, celui-ci, qui n'avait pas encore tout à fait reprit ses esprit, le regarda avec un air mi-surprit, mi-shooté qui fit sourire le commandant.
« Content de te revoir, petit frère!
-Mais qui êtes vous?, répondit le chevalier qui avait finalement récupéré toute sa lucidité , et qu'avez-vous fait d'Ikaël? »
Pour toute réponse, il obtint un éclat de rire.
« Mais dis-moi, Danaël, reprit l'aîné après avoir récupéré son sérieux, qu'est-ce qu'il t'es arrivé depuis le temps? »

Cette question aurait pu paraître anodine. Elle aurait pu seulement. Car elle n'avait rien d'anodin. La vraie question qui ce cachait derrière celle-ci était « Pourquoi es-tu vivant, alors qu'il y a quelques mois encore, tu était enterré? ». Mais, même connaissant la gravité de sa question, il ne s'attendait pas à cette de la réponse. Aussi fut-il surprit lorsque toute la joie qui semblait régner sur le groupe s'éteignit brusquement. Tous les yeux se teintèrent de tristesse, et son frère baissa les siens.
« Danaël?
-Je suis désolé, Ikaël, mais je crains fort ne pas pouvoir répondre à ta question. Il te faudra
atteindre que quelqu'un d'autre te la donne.
-Mais...pourquoi?
-Parce que je suis sur le point de partir. Et je ne reviendrait probablement jamais. Vous devrez faire comme si j'étais vraiment mort, et m'oublier.
Ikaël resta sans voix.
-On va bientôt venir me chercher. Je n'ai plus que le temps de vous faire mes adieux. »
Il y avait une telle tristesse dans la voix de son cadet qu'il en eut la gorge serrée. À nouveau,  il prit son petit frère dans ses bras.
« Prend bien soin de toi » souffla-t-il lorsque celui-ci s'éloigna.

Il fit alors ses adieux à chacun de ses amis, prenant chacun dans ses bras, et recevant de chacun un petit mot réconfortant, auquel il ne répondait pas, tant la tristesse brouillait sa voix. Lorsqu'il se posta devant Aurore, celle-ci lui offrit une tendre étreinte, et, alors que les larmes de son fils menaçaient de se transformer en sanglot, elle lui murmura, avec toute la tendresse d'une mère:
« Danaël, si un jour tu passes dans le coin, n'hésite pas à venir, il y aura toujours un lit, un
coin de table, un couvert, et surtout beaucoup d'amour pour toi ici.
Elle s'écarta de lui, et lui prit le visage entre ses main
-Sois heureux, c'est tout ce que je te demande. Tu crois que tu peux faire ça pour moi?»

Le flot à présent continu de perles salées sur son visage l'empêcha de répondre, mais il lui offrit un regard déchirant, surtout déchiré, et emplit de tout l'amour qu'un fils pouvait porter à sa mère.
Elle le poussa alors gentiment vers Jadina, qui planta ses yeux, eux aussi brouillés de larmes, dans les siens. Alors qu'il s'avançait pour l'embrasser, elle l’arrêta:

« Attends, souffla-t-elle, si ce baiser doit être notre dernier, alors je voudrais que ce soit le
plus beau.»
Incapable de répondre, Danaël hocha la tête.

Et il l'embrassa. Ce fut un baiser merveilleux, dans lequel ils mirent tout leur amour réciproque, toute leur joie d'être ensemble, toute leur tristesse de séparer. Tout leur espoir aussi.
Le fol espoir des amants, qui fait battre le cœur des Roméo et des Juliette de tout temps;   le fol espoir  des héros, qui fait couler le sang des soldats et des légendes de toute place;   le fol espoir des hommes, qui fait vivre les rêves des poètes et des écrivains toutes vies.
Le fol espoir de jours meilleurs.

Puis, au bout d'un temps qui leur parut une éternité, et qui pourtant leur sembla bien trop court, ils se séparèrent. Ils se regardèrent longuement, les mains serrées ensembles, le cœur encore attaché à l'autre. Ils auraient pu rester ainsi toute leur vie durant, les yeux dans les yeux, à savourer leur dernier regard d'amour. Peut-être même pour toute éternité.

Ils furent interrompu dans leur échange muet par un toussotement contrôlé. Il semblait froid et dur. Tout deux comprirent que c'était la fin à présent, que l'heure avait sonné. Danaël dégagea une de ses mains et essuya les embruns qui s'échappaient de l'océan de ses yeux. Il se retourna alors, pour voir à quelques mètres de là la cause de son désordre intérieur. Un nouveau sentiment vint alors s'y ajouter: la rancœur. Il se mit à avancer vers elle, gardant le plus longtemps qu'il put le contact avec son aimée, jusqu'à ce que leurs bras ne se touchent plus. Il fit alors mine de s'arrêter. Puis il prit une grande inspiration, comme si il se déployait à nouveau, et, d'un pas décidé, se dirigea vers la prophétesse. Il avait comprit, à présent. Il savait. Il allait retrouver la paix. Pour toujours. Que la Dame le veuille, ou non.

Arrivé à un mètre d'elle, il s'arrêta, de sorte qu'il n'ait pas trop à lever les yeux vers la femme adulte devant lui.
« Es-tu prêt? demanda-t-elle en guise salutation.
-Non, lui répondit-il. » Sa voix était calme, posée, tranchée. Ce n'était pas une plainte, ni une  simple négation. C'était plus que ça. C'était un refus. Clair, net et décidé. Il ne repartirait pas.
La Dame parut quelque peu surprise.
« Non? Répéta-t-elle, la voix tremblant légèrement, comment ça, ''non'' ?
-Non, je ne vous suivrais pas. Non, je n'y retournerait pas. Non, plus personne ne séparera des gens que j'aime.
-Mais tu n'as pas le choix. C'est ainsi que le Destin en a décidé. Tu sais ce qui arrive à ceux qui tentent d'échapper au destin. Je les pourchasse. Et je les tue. Moi, ou les autres. Voudrais-tu forcer ceux que tu as appelé tes amis pendant plusieurs mois à te pourchasser? Voudrais-tu donc te faire tuer par eux?
-Pas par eux. Par vous. Parce que c'est mon destin. Je dois retrouver la paix.
-Aurais-tu donc perdu l'esprit? Tes propos sont vides de sens.
-Au contraire, jamais il n'en ont eu autant. Je dois retrouver la paix. Ce sont vos mots, ma Dame. Retrouver la paix. Savez-vous ce qu'est retrouver la paix? Ici même, là où je suis né, où mon cœur a ses attache, où le Destin a décidé de m'envoyer, savez-vous ce que c'est? Retrouver la paix, c'est mourir. Voilà mon destin, Dame, mourir. Alors maintenant, tuez-moi. »

Il écarta les bras, pour mettre son torse à découvert.
« Voilà mon cœur, c'est là que vous devez frapper. »
Son interlocutrice en resta bouche bée. Il lui aurait été facile de le décréter fou de douleur, et de le ramener de force, mais rien dans sa voix n'indiquait la déraison, au contraire, il n'avait jamais semblé si maître de lui-même. Ni si heureux. Elle ne put que remarquer le très léger sourire qui ornait ses lèvres. Son instinct lui disait de lui donner raison. Sa logique aussi. Son raisonnement tenait la route, et elle aurait été capable de faire le même. Mais pourtant quelque chose en elle lui criait qu'il devait y avoir une alternative. Et elle soupçonnait le chevalier de la connaître.

« Tu sembles bien joyeux, pour quelqu'un qui vit ses derniers instants, lui fit-elle remarquer. Elle employait ici une méthode qui avait déjà fait ses preuves: elle prêchait le faux pour savoir le vrai. Danaël n'était pas dupe, mais répondit gracieusement.
-Qui a dit que je vivais mes derniers instants? Je vous ai certes demandé de me tuer, mais il ne me semble pas avoir précisé quand, ni comment.
Il lui lança un sourire entendu. Elle sourit également. Elle commençait à comprendre.
-Il existe de nombreuses manières de tuer un homme, reprit-il, et on peut même le faire sans pour autant être coupable de sa mort.
Cette phrase finit de convaincre la vicaire du Destin.
-Comme par exemple rendre sa mortalité à un immortel? demanda-t-elle, non innocemment. Ou à un ressuscité. Tant que tu travailles pour moi, tu ne peux mourir, jeune chevalier. Mais si je te laissait reprendre avec tes amis une vie normale, mortelle, alors, ne te tuerais-je point aussi sûrement que si je t'enfonçais un couteau dans le cœur? Tu es malin, Danaël. J'en regretterais presque de te voir partir. Mais, puisque le destin en a décidé ainsi alors je n'ai pas le choix. Va, Légendaire, et retrouve donc la paix!»

Elle tendis sa main vers lui et un rayon de lumière dorée le frappa en plein poitrine. Il sentit alors quelque chose se briser en lui, comme si on coupait un fin fil d'or qui aurait attaché chacun de ses muscle, et entravé son cœur. Il vacilla légèrement, mais reprit son équilibre, et se tint bien droit devant son ancienne maîtresse.
« Au revoir Danaël, lui lança-t-elle.
-Ou plutôt, adieu, Dame Gertrude, lui répondit-il alors qu'elle disparaissait.»

Il resta quelque instant, là, à contempler le vide, incapable de se rendre compte de ce qui c'était passé. Enfin, après deux ans à subir le joug d'Anathos qui contrôlait son corps et écoutait ses pensées, puis des mois de solitude à désespérer de revoir jamais sa famille, enfin, il était revenu. Ici, à moins d'une heure de sa ville natale, tout s'était arrangé. Quand enfin cette idée, aidée de l'espoir qui avait réussit à subsister dans son cœur, parvint à s'installer en lui, il sentit un immense bonheur, une euphorie sans pareille, s'installer en lui. Il sourit. Bêtement, béatement. Et il rit. Il rit tant qu'il tomba à genoux. C'était la première fois qu'il riait ainsi depuis bien longtemps. Ses yeux s'emplirent de larmes, et la confusion s'empara de son esprit. Il ne savait plus rien. Il ne comprenait plus rien. Une seule idée parvint à subsister: tout s'était arrangé.

Lorsqu'il fut calmé, et qu'il eut séché -à nouveau- les larmes qui lui brouillaient la vue. Il remarqua tout le monde autour de lui. Sa mère était agenouillée devant lui et le regardait d'un regard inquiet. Il lui sourit. Il y avait tant de joie dans ses yeux que les derniers doutes d'Aurore se dissipèrent. Il restait.

Elle l'aida à se relever puis le serra dans ses bras. Quand ils se furent séparés, elle prit un air sévère, et gronda:
« Deux fois, Danaël, c'est la deuxième fois que tu me fais le coup. Pas trois. Jamais. Sinon, tu t'en prends une. Compris? »

Danaël pris un air innocent et lui fit un grand sourire angélique. Le visage d'Aurore se radouci. Elle s'écarta alors de lui et fit  un signe discret à Ikaël et aux Légendaires pour leur dire de la suivre. Bientôt ils laissèrent le chevalier seul avec sa princesse. Elle s'approcha de lui.

« Pour le coup, je suis assez d'accord avec ta mère, souffla-t-elle durement lorsqu'elle fut toute proche de lui. Malheureusement pour toi, je suis moins indulgente qu'elle. Pour moi, deux fois c'est déjà trop. »
Interloqué, il fut incapable de répondre.
« Mais je suis quand même contente que tu restes avec nous. »

Elle mit ses bras autour de son coup et l'embrassa. Non pas un vrai baiser, comme on pourrait s'attendre de la part de deux amants qui se retrouvent enfin. Simplement un baiser papillon, presque un baiser d'ami. Puis elle s'écarta de lui et commença à se mettre en route pour rejoindre le groupe. Danaël la regarda partir, paralysé.

Si seulement ils avaient su l'ampleur des conséquences de ce geste...

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Mer 19 Juin - 11:42

Hey! Comme je vous ai laissé un looooong temps sans rien poster, et qu'on m'a assuré que tout ceux qui suivent  ma fic ont déjà lu le chapitre précédent, je m'autorise à poster le suivant maintenant^^ (toute façon, à la base, c'était un seul chapitre, donc voilà^^) Plus rose, plus bonbon, plus girl...quoi? comment ca, j'aidéjà dit ca pour le précédent? ah, bah oui, zut. Bref, vous savez à peu près de quoi il retourne, vu que j'en ai un peu parlé dans l'intro du hcapitre précédent^^ Mais pour plus de précision, je vous donne le programme: de la haine, du cynisme, des larmes, de l'amour, de l'humour à trois francs, de la psychologie de magazines pour mères de familles ('ttention, ça vole haut^^), presque pas de bécots (j'ai pensé à vous, je voudrais pas que vous mourriez d'une overdose^^) bref, que du bonheur^^ Je dédicace ce chapitre à tous ceux et celles (surtout celles à mon avis, mais on sait jamais^^) qui auront la force de le lire en entier^^ Sur ce bonne (pas trop mauvaise) lecture!

Chapitre 15 :
Le Rouge et le Rose,
où l'on voit l'étendue de la bêtise humaine, qui, alors qu'enfin elle le retrouve, rejette ce qu'elle a désiré.


« Jadina.... »appela-t-il enfin d'une voix suppliante alors qu'elle était déjà à plusieurs mètres de lui.

Elle s'arrêta, se retourna, et le regarda d'un air sévère qui blessa profondément le cœur de son amant. Il ne comprenait pas ce qu'il pouvait avoir fait pour obtenir tant de rancœur. Il avait cru que tout était rentré dans l'ordre, qu'enfin il pourrait être heureux, et surtout il s'attendait à être accueilli plus chaleureusement que ça.

« Jadina, pourquoi? Pourquoi tant de haine? Dis-moi, mon amour! Enfin, si je peux encore t'appeler comme ça....
Il y avait de l'amertume dans sa voix.
-Pourquoi? Tu oses me demander pourquoi? Danaël, je t'aime, et je sais que tu m'aimes aussi. Mais tu devrais savoir que ça ne suffit que dans les contes de fées. Danaël, tu m'as déclaré ta flamme, tu m'as proposé d'en finir avec tout ça, et d'enfin être heureux ensemble, et puis le lendemain, tu es mort, me laissant seule, avec mon chagrin et un dieu maléfique! Puis j'ai été obligée de planter une épée dans ton cœur, alors que ton corps avait l'apparence que j'avais tant aimée! Et puis, quand j'ai commencé à vouloir m'en sortir, à vouloir aller de l'avant, tu es revenu, comme ça, avec ton joli sourire, et quand j'ai cru que nous pourrions enfin être heureux, tu m'as dit ''oh, en fait, je repars bientôt et je ne reviendrais jamais''! Si au moins il n'y avait eu que ça... Mais non! Après notre dernier baiser, j'ai réussi à me convaincre que cette fois-ci c'était fini pour de bon.... Et toi, toi, comme un imbécile, tu n'as rien trouvé de mieux que de demander à cette femme de te tuer. Comme ça, comme si c'était tout naturel de te faire tuer devant ta mère, ton frère, ta fiancée et tes meilleurs amis! Est-ce que tu as pensé une seconde à ce qu'Aurore et moi on pouvait ressentir en entendant ça? Comme si ce n'était pas suffisant de ne plus jamais te revoir, il fallait qu'on te voie mourir! Et puis vous êtes partis dans votre délire de Destin et d'immortel, et la femme est partie, et tu t'es mis à rire comme si tout cela n'avait été qu'un jeu, du début à la fin!! Et après, tu voudrais que te saute dans les bras et que je te dise que tu es génial!? Tu es un imbécile Danaël!

Danaël la regarda, les yeux pleins de larmes. Non, il n'avait pas pensé à ce qu'elles pourraient ressentir. Pas un seconde. Une vague de culpabilité monta en lui. Mais il la chassa. Et elle, avait-elle pensé à ce que lui ressentait ? Il avait été possédé par un Dieu maléfique, avait vu, impuissant, la destruction d'Alysia et les coups portés contres ses amis par son propre corps ! Il avait été tué du bras de sa propre fiancée ! Ressuscité, il avait appris que plus jamais il ne pourrait voir ses amis et sa familles, ses proches qui le croyaient mort ! Ensuite, pour couronner le tout, il avait dû les retrouver, tout en sachant qu'il devrait repartir. Et quand enfin, enfin, il avait obtenu la possibilité de rentrer, de rester, quand il avait cru enfin pouvoir être heureux, après tant d'années de désespoir, il n'avait reçu que menaces et accusations! 

    La colère enflamma son cœur. Il en avait assez ! Assez de ce malheur, qui ne cessait de s'abattre sur lui ! Assez de tout ses gens qui prétendaient l'aimer, et qui ne faisaient que lui planter coups sur coups dans le cœur ! Son père, qui lui avait promis de revenir rapidement, et qui n'était jamais revenu, son frère, qui n'avait jamais pu comprendre ses actes, et qui avait blâmé ses choix, alors qu'il n'avait fait qu'agir en respect de sa conscience, les Faucons d'Argent, ses frères d'arme, qui l'avaient renié  après l'accident Jovénia, Gertrude, qui soi-disant voulait son bien, mais qui n'avait pas pour autant pensé à le rendre aux siens, et à présent sa mère et sa fiancée, les deux femmes qu'il aimait le plus au monde, l'avaient rejeté, sans penser à ce qu'il avait pu endurer, alors qu'il avait mis tout son courage dans cette tentative désespérée, alors qu'il avait été jusqu'à provoquer la mort pour elles.

    -Non, Jadina, je t'avoue que je n'y au pas pensé. J'étais trop occupé à tout faire pour que nous puissions vivre heureux ensemble. A tenir la promesse que je t'ai faite  sur l'île d'Erghyr. Tu crois peut-être que c'était facile de lui ordonner de me tuer !? C'est uniquement pour vous, pour toi que je l'ai fait ! Si j'avais voulu, j'aurais pu depuis longtemps demander à Dame Gertrude de m'effacer la mémoire, et j'aurais pu vivre heureux, mais c'est pour TOI, pour TON amour, que j'ai préféré souffrir ! Et c'est comme ça que tu me remercies !? Si je suis un imbécile, toi tu es une ingrate gâtée qui n'est pas capable d'apprécier ce qu'on lui donne ! Ah, oui, c'en était une bonne idée de te sauver, si c'était pour tomber amoureux d'une insatisfaite ! J'aurais mieux fait d'écouter mon frère, tiens ! Au moins je n'aurais pas du attendre des années pour pouvoir à nouveau lui parler en face, et aujourd'hui, nous serions tous adultes ! J'aurais dû laisser Darkhell te tuer, histoire que tu comprennes ce que je ressens !!

    Cette phrase fit l'effet d'une bombe dans le cœur de le princesse. Un grand désespoir s'empara d'elle, comme un abîme sans fond, que, brusquement, une colère froide vint remplir. Soit. Il voulait jouer à qui ferait pleurer l'autre, et bien, elle allait jouer. Et elle comptait bien gagner. 

    -AH OUI !? Et bien, je suis désolée d'avoir détruit ta magnifique petite vie de famille idéale ! Et désolée aussi de pas être retourné chez Halan plutôt que de courir à la honte et au déshonneur avec toi !  Lui au moins, il a réglé son Œdipe! Il a de la virilité, lui, du prestige ! Il ne pleure pas dans les bras de sa maman !

    Danaël sentit quelque chose se briser en lui. Durant toute sa jeunesse, depuis la mort de son père, et même, en y regardant bien, avant, il n'y avait quasiment toujours eu que sa mère auprès de lui. Bien sûr, son père, lorsqu'il était encore en vie, et son frère, ensuite, rentraient assez souvent, mais c'était fourbus, éreintés par les combats, duels au fer ou administration à la plume, qu'ils revenaient au bercail, et si ils passaient du temps avec lui, ce n'était que pour les ''bon'' moments. Les balades en forêt, les anniversaires, ou simplement les soirées de week-end autour de jeux de dés ou de cartes. Mais la seule personne qui le soignait lorsqu'il s'écorchait les genoux, qui le consolait lorsqu'il pleurait, qui allait écouter ses professeur dire qu'il ne ferait jamais rien de sa vie, qui le grondait, ou le giflait lorsqu'il faisait une bêtise, mais qui après lui souriait, lui expliquait avec gentillesse pourquoi il ne devait pas jouer avec le feu, ou essayer de grimper sur le toit de la maison, et qui finissait en l’étreignant, c'était bien sa mère. 

Il avait toujours entretenu un lien particulier avec elle, parce qu'elle était la seule personne qui ne l'ai jamais déçu. Alors, oui. Peut-être qu'il n'avait pas tout à fait couper le cordon comme le fait n'importe quel jeune homme à un moment ou un autre, peut-être ce lien trop fort l'empêchait-il d'être un ''vrai'' homme, mais lorsque les seules figures masculines de son enfance son un père mort trop tôt et un frère absent, incapable de rester cinq minutes sans penser à ses pauvres petits soldats qui ne pourraient survivre sans lui, et surtout de comprendre son point de vue, lorsque les seules personnes à ses côtés quoi qu'il se passe son deux femmes, sa mère et son amie, n'a-t-on pas le droit de manquer un peu de virilité? 

    -Oui, c'est vrai, je suis encore un peu trop immature. Et alors ? Ai-je jamais prétendu le contraire ? Non. J'ai toujours agit naturellement, en suivant mon cœur. Et mon cœur a toujours été celui d'un enfant. T'es-tu jamais demandé pourquoi ? Je pense que tu ne parlerais pas ainsi, si tu savais. Mais tu t'en fiche, je me trompe ? Je me demande bien ce qui a pu te pousser à m'aimer -si tu l'as vraiment fait ne serait-ce qu'un instant. Excuse-moi d'en douter, mais si tu m'as vraiment aimé, tu as dû m'observer un peu plus, chercher un peu plus à me connaître ! Et dans ce cas, tu dois me prendre avec mes défauts, ou me rejeter. J'avais beaucoup d'appréhension, lorsque je t'ai demandée en mariage, parce que je savais que mon immaturité affective fait de moi un homme dont épaules ne sont pas assez larges pour supporter le poids d'une famille. Et lorsque tu m'as dit oui, j'ai cru que tu avais décidé de m'accepter malgré mes défauts. Il semblerait que je me sois gravement trompé. Mais, au fond de moi, j'ai encore l'espoir de mal avoir interprété les signes. Alors, à présent, c'est à toi de décider de la fin de l'histoire. Dis-moi que je ne suis pas assez bien pour toi, et que je t'ai trop faite souffrir pour que tu puisses me pardonner, ou accepte que l'homme soit imparfait, et prends-moi tout entier, avec mes blessures et mes défauts. Fais ton choix, à présent. Sois feu, ou sois glace. Mais ne soit plus tiédeur. J'ai trop attendu pour cela. »

    Durant toute sa tirade, il l'avait regardée droit dans les yeux, et il avait vu son expression victorieuse se déliter. Cependant, à son grand étonnement, cela ne lui procura aucun sentiment de plaisir.. Mais pourquoi donc ne pouvait-il pas se réjouir d'avoir touché la cible ? Au fond, il le savait. Et il ne put longtemps se voiler la face. Son discours, ce n'était pas pour elle qu'il l'avait fait. Il chercha à réfuter cette agaçante idée, mais il avait beau sonder son cœur jusque dans ses plus profonds abîmes, il ne pouvait retrouver sa colère. Malgré lui, il lui avait déjà pardonné. Et il ne lui restait à présent qu'un profond sentiment de manque. Il avait trop longtemps attendu, il ne pouvait se permettre de tout gâcher.

    Jadina avait baissé le regard. Elle savait qu'il avait raison. Mais c'était dur à admettre. Parce qu'accepter Danaël avec ses défauts, c'était admettre qu'elle aussi en avait. Et les dieux savent combien il faut d'humilité pour cela. Nous savons tous que nous avons des défauts. Mais lorsqu'il s'agit de le reconnaître devant quelqu'un, quelqu'un dont le regard compte plus que celui de quiconque, quand il s'agit de l'assumer, c'est tout autre chose. « Je t'aime ». Trois mots. Trois simples mots. Trois simples mots, qu'elle avait déjà énoncés, en y croyant de toute son âme. Trois simples mots qui n'avaient jamais eu tant de signification, et tant d'implications que ce jour. Elle voulait les dire, du plus profond de son être, mais elle ne s'en sentait pas capable. Le choix que lui imposait son ami était justifié, mais elle ne pouvait s'y résoudre. Pas encore. La blessure était encore trop jeune pour prendre une telle décision.

    « Je ne vaux pas mieux, n'est-ce pas ?
    Elle releva la tête. C'était Danaël qui avait parlé.
    -Je t'ai fait toute une morale, à propos d'aimer l'autre malgré ses défauts, mais moi non plus j'ai été incapable de te comprendre, et de t'accepter telle que tu es, alors que je ne te demandais rien de moins. Au fond, je ne vaux pas mieux que toi. Nous formons un beau couples d'insatisfaits.
    Jadina le regarda avec un sourire amer.
    -Et de gamins immatures. Je ne suis pas plus responsable que toi. Mais tu avais tord sur un point. Je t'ai aimé. Depuis que nous nous connaissons. Et j'ai bien évidement remarqué ta fragilité, tout comme j'en ai deviné la cause.
    -Ça fait un peu plus d'un point, ça, non ?
    Elle lui lança un regard de braise.
    -Tais-toi, tu veux ?
    Il fronça les sourcils, mais ne dit rien.
    -Donc, je disais que je comprends ta situation. Parce que je ne suis pas si différente, au final. Tout comme toi, qui n'a qu'une idée vague et théorique de ce qu'est un père, moi-même, je ne saurais qualifier, et encore moins adopter, la conduite d'une mère. Si quelqu'un avait l'idée stupide de nous confier à tout deux un enfant maintenant, nous serions probablement les pires parents du monde.
    -Je ne peux qu'agréer, mais malgré tout, c'est un grand plaisir d'entendre ça.
    -Ce n'est pas plus plaisant de le dire, je te rassure. Mais c'est la vérité. Du moins, pour le moment.
    -Comment cela ?
    -Il est vrai que nous ne somme pas assez responsable pour assumer une famille, mais, ce n'est pas grave, parce que pour l'instant, le problème ne se pose pas. Regarde-nous Danaël. Que vois-tu ?
    -Des enfants ?
    -Exactement, des enfants. Nous avons toujours pris l'accident Jovénia pour une malédiction, mais comme tout dans ce monde, il ne peut être qualifié de tout blanc, ou tout noir. Et pour nous, à présent, c'est une bénédiction. Nous sommes tous deux blessés, trop fragiles pour espérer fonder un foyer. Mais nous avons l'amour. Et puisque le sort a voulu que nous soyons des enfants, alors aimons-nous comme des enfants.
    -Il semblerait qu'une fois encore, le Destin ait créé un malheur pour en résoudre un autre.
    -Qui n'était pourtant pas encore produit. Le Destin est un drôle d'énergumène.
    -Mais il est juste, car à chacun, il donne la chance d’accéder au bonheur...
    -Crois-tu que nous pourrons profiter de la nôtre ?
    -Je le crois. Ensemble nous allons continuer de courir Alysia pour inverser l'incident Jovénia, comme avant, mais à présent, nous aurons un nouveau but : nous reconstruire, afin de pouvoir, lorsqu'enfin nous aurons retrouvé nos corps d'adultes, fonder un foyer. Mais cela, nous ne pouvons le faire qu'ensemble. »
    Inconsciemment, ils s'étaient rapproché, et quand Danaël eut finit de parler, leurs souffles s'entremêlaient. Ce fut alors tout naturel pour eux de combler le dernier espace.

    « -Je suis..désolé, souffla Danaël à l'oreille de son amante, blottie contre lui.
    -Moi aussi, mon amour, moi aussi.»

    Et ils restèrent, ainsi, l'un contre l'autre. Combien de temps ? Ils n'auraient su le dire. Un instant, une éternité, peut-être. Qu'importait ? Ils auraient pu s'excuser plus longuement, expliquer qu'ils ne pensaient pas ce qu'ils disaient plus tôt, mais c'était inutile. Ils le savaient bien. Même si il n'étaient pas sûr de quels reproches étaient exagérés, et quels autres étaient vrai, ils n'en avaient que faire. Ils ne voulaient pas briser la magie du moment. Ils étaient là, réuni, à nouveau, heureux, enfin, et c'était tout ce qui comptait.

    Pourtant, presque malgré eux, ils finirent par se séparer, et après un dernier regard plein d'amour et de doux bonheur, ils se mirent en marche vers le reste du groupe. Puis la timidité de leur joie s'évanouit, et ils se mirent à courir, des rires à la bouche et des paillettes dans les yeux.

    L'amour avait fait un travail admirable, mais il n'était pas au bout de ses peines, car ces deux-là n'étaient pas le dernier couple à se (re)former, en cette magnifique soirée...

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Dim 11 Aoû - 19:35

Helloooo!! Et bien, mes amis, ca fait presque DEUX MOIS que je n'ai rien posté ici! Mon Dieu..deux mois! La façon dont je vous ai abandonnés, vous, mes très chers amis, lecteurs fidèles et fan géniaux, est purement impardonnable! Alors, il est de mon devoir de venir dépoussiérer ce topic, et de poster le chapitre 16! Le 17, quant à lui, mérite des retouches, mais je m'y attelle dès à présent, et j'espère pouvoir vous dire que plus jamais je ne vous laisserai ainsi sans mentir. Mes amis, assez bavardé, vous avez déjà attendu plus que de raison. Avec, à nouveau, mes plus plates et contrites excuses, voici le chapitre 16, eclosion d'un nouvel amour et avant dernier chapitre avant l'épilogue. Mais ne craignez pas, mes chers amis, car à l'heure où vous lirez ce message, je serai en train de finaliser le chapitre 17 et l'épilogue, puis je reprendrais le scénario de tome 2 là où je m'étais arrêtée! Sur ce, bonne lecture!

Chapitre 16:
L'Amour façon chevalier,
ou quand on a un pincement au cœur quand on parle à quelqu'un, ce n'est pas toujours parce qu'on s'apprête à faire un AVC.

Après quelque minutes de courses,  Jadina et Danaël rejoignirent le reste du groupe.
« Eh bien, on peut dire que vous avez mis le temps, railla Ikaël, est-ce qu'on veut savoir ce que vous avez fait pendant tout ce temps?
Le cadet, qui avait très bien compris l'insinuation, sentit ses joues rosir. L’aîné, fier de son effet, afficha un sourire sardonique.
-Oh toi, répliqua l'autre sans réfléchir, tu ferais mieux de t'occuper de ta commandante en second!
Soudain, il se rendit compte de ce qu'il venait de dire et se maudit intérieurement. Le sourire du commandant s’effaça.
-Qu'est-ce que Steph a à voir avec ça?
-Et bien elle a que tu l'a laissée seule avec deux armées sur les bras et qu'il serait peut-être temps d'aller l'aider, répondit Danaël, tentant de rattraper le coup.
Ikaël pâlit.
-Mince, tu as raison. Bon, je vais m'occuper de mon armée, je reviens.
-Attends, le retint sa mère, tant que tu sera à parler à Steph, invite-là à dîner de ma part. On ne va pas la laisser toute seule pendant qu'on fêtera la victoire.
-Je lui ferait passer. »

Et à ces mots, il partit.
Lorsqu'il fut hors de vue, Aurore se tourna vers son fils.
« On a frôlé la catastrophe, là.
-Oui, je sais, je suis désolé. Je ne sais pas ce qui m'a pris, un moment d'égarement je crois.
-En tout cas tu t'es bien rattrapé. Chapeau.
-Heu...vous parlez de quoi au juste, demanda Ténébris, que le mot ''catastrophe'' avait fait tilter.
-J'ai commis l'erreur d'insinuer quelque chose à propos de Steph, répondit Danaël.
-Et... en quoi ce serait une catastrophe?
-Et bien, Ikaël et meilleur que moi dans pas mal de domaines, mais il y en a un où il est encore plus nul que moi -ce qui en soit est un exploit- : les filles. Il est fou amoureux de Steph depuis très longtemps -peu après son entrée chez les Faucons- mais il n'ose pas se l'avouer – et encore moins lui avouer.

*
*      *

Ikaël s'approcha de Steph d'un pas hésitant. Elle donnait des ordres à deux lieutenants pour finir de réorganiser l'armée – son armée, pensa-il – et ne semblait pas l'avoir remarqué. Il lança sur elle un regard en biais.

Grands dieux, qu'elle était belle!

Ses blessures avaient été sommairement soignées, et elle s'était débarbouillée, mais ses vêtements, enfin ce qu'il en restait, portaient encore les traces du sanglant affrontement de l'après-midi. De nombreuses déchirures mettaient à nu la peau de la jeune femme. Tel un serpent, son regard glissa le long de se corps si gracieux, malgré son apparence juvénile.

Grands dieux, qu'elle était belle!

Non pas comme les courtisanes d'Oroban,  avec leurs robes onéreuses et leurs visages de poupées, non! Elle était belle d'une beauté forte, sauvage, effrayante même. D'une beauté douloureuse.
Son port souple et gracieux de guerrière le rendait gauche et maladroit; ses long cheveux caramel caressant la douce peau sucrée de ses épaules lui laissait dans la bouche un goût de fiel; sa fraîcheur si agréable réveillait en lui le plus brûlant des feux de l'enfer.

Grands dieux, qu'elle était belle!

Quand à ses yeux marine, dans lesquels dansaient toutes les merveilles de l'océan, ils le happaient pour le noyer. Ses sourires si doux le frappaient de coups si durs, ses éclats de rires étaient pour lui autant d'éclats d'aciers, froids et tristes, plantés dans son cœur.

Son regard remonta vers son visage. Pour croiser celui de la belle. Les deux lieutenants étaient partis et à présent, elle l'observait fixement. Elle avait très certainement vu son regard s'attarder sur son corps. Il sentit ses joues rosir.
« Ikaël, demanda-t-elle, suis-je belle à tes yeux? »

Cette remarque abasourdi Ikaël. N'importe qui aurait pu prendre cette remarque pour une question rhétorique, visant à faire remarquer son indiscrétion au commandant. N'importe qui, mais pas lui. Il connaissait bien la jeune femme et savait qu'elle était sérieuse. Son espoir refoulé commença à refaire surface. Il tenta de la contenir, mais en vain. Lorsqu'il eut repris le contrôle sur lui-même, il s'entendit lui répondre:
« Plus magnifique encore qu'une déesse.
Il se maudit intérieurement.
-Ikaël...., lui répondit-elle, je...moi aussi. Moi aussi je te trouve beau. Et même très attirant.

Alors le masque d'Ikaël se brisa: il perdit toute maîtrise de lui-même, tout le calme feint qu'il avait toujours montré dans toute les situations. Il n'était plus le commandant, il était juste Ikaël. Et il était amoureux. Pour la première fois depuis des années, il était lui-même. Il se sentit comme libéré d'un poids, et en même temps, il sentait un grand vide en lui. Vide bien vite comblé par le regard pénétrant de Steph.
-Alors, reprit-elle, si tu as quelque chose à me dire...
-Je t'aime Steph. Je t'aime de tout mon cœur. Je t'aime comme un fou. Je t'aime comme un imbécile. Je t'aime plus que je croyait possible d'aimer.

Il fut plus qu'étonné par sa capacité à se dévoiler. Jamais il n'aurait cru pouvoir ainsi se mettre à nu. Jamais il n'aurait cru pouvoir ainsi se déclarer, sans crainte des conséquences. Jamais il n'aurait cru qu'en réponse son aimée l'embrasserait.
Ce fut un baiser merveilleux, passionné, douloureux, même, le baiser de ceux qui se sont trop longtemps attendus.
Ils restèrent ainsi, enlacés, pendant un long moment, avant que le commandant prenne la parole:

-Je crois qu'on devrait rentrer, non?
-On?
-Oui, ma mère t'invite à dîner pour fêter ensemble notre victoire et le retour de Danaël.
-LE QUOI!?
-Je ne te l'ai pas dit? Danaël est vivant. Il est revenu à la maison.
-...Non, tu ne me l'avais pas dit...Je devrais te crier dessus mais...en fait j'ai pas envie.
Elle posa sa tête contre le torse de son amant.
-Je suis crevée...
-Tu veux que je te porte jusqu'à la maison?
Elle le regarda d'un air réprobateur.
-Ikaël, soupira-t-elle, ne profite pas de la situation s'il te plaît. Allez viens. »

Steph le prit par le poignet et commença à partir vers la maison d'Aurore.


Elle était presque sûre d'avoir vu, au passage, une moue déçue sur le visage de son compagnon.

PS: Toutes mes excuses si il y a des erreurs, je dois avouer que je n'ai pas lu ni écrit depuis un bon bout de temps, et mon détecteur de fautes est un peu rouillé ^^'

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Mer 28 Aoû - 12:20

Et voilà enfin le dernier chapitre de cette fic! Enfin, avant dernier, parce qu'il y a encore l'épilogue, mais il est plutôt court, et fait déjà presque partie du tome deux^^
Comme vous l'avez probablement remarqué -ou peut-être pas, qui sait?- l'intrigue est déjà résolue, ce qui fait de ce chapitre un bonus-guimauve, dont la fin est tout à fait prévisible pour qui a lu le prologue, et s'en souvient. En fait, il est juste là pour éviter d'avoir un trop gros trou dans la narration. Il est donc très léger au niveau scénaristique, mais très lourd au niveau rose bonbon, presque une parodie de mon style d'écriture habituelle. Donc voilà, je me suis bien amusée en l'écrivant, et j'espère que vous vous amuserez autant que moi en le lisant.
Sur ce, bonne lecture!


Chapitre 17:
La(les) demande(s),
ou comment éviter -de justesse- de se faire offrir une chèvre par son cadet.

Le petit groupe était arrivé chez Aurore, et, en attendant les derniers retardataires, malgré les protestations de cette dernière, tous s'étaient mis à préparer la fête. Alors que Jadina apportait un pile d'assiettes, -fraîchement sorties du placard pour remplacer celles décédées en milieu de journée- Danaël la lui prit des mains, la posa sur la table et se planta devant la lumière de sa vie.
« Danaël ? Demanda-t-elle, intriguée.
-Jadina...j'aurais besoin...d'un peu de ton attention...
Elle sentait venir l'un des magnifiques problèmes totalement inutiles que son amant savait se poser.
-Tu l'as toute entière, maintenant que mes assiettes m'ont quittée.
Sa tentative d'humour eu pour tout effet...aucun effet, en fait. Danaël se mit à genoux.
-Mon amour, mon cœur, ma douce, voudrais-tu m'épouser?
-Mais...Danaël...tu m'as déjà demandé ça il y a deux ans. (Elle soupira) Bien sûr Danaël, que je veux t'épouser. »
Il s'approcha pour l'embrasser, mais elle le repoussa gentiment.
« Désolée, mais j'ai eu ma dose pour aujourd'hui. »
Il lui fit un regard de chien battu.
« Oh! Jadina! Tu brises toute la magie du truc là! Ils vont dire quoi vos enfants quand ils apprendront que tu as refusé de l'embrasser lorsque Danaël t'as demandé en mariage? »
Les deux amant se retournèrent vers la personne qui avait prononcé ses paroles, pour voir une Aurore aux bras croisés.
« Et toi, reprit-elle à l'intention de son fils, puisque tu as l'air de trouver amusant de demander Jadina en mariage,pourrais-tu faire attention à te mettre ailleurs qu'au milieu du chemin la prochaine fois? »
Sa mère reçu le même air que sa future bru. Elle lui sourit, puis le pris dans ses bras, puis fit la bise à sa future belle-fille et les félicita.
« Hé, je sais pas ce que vous faites, mais vous êtes un peu au milieu de chemin là! »
La voix était celle de Gryf. Lui ainsi que tous les autres Légendaires attendaient derrière Aurore. Elle se poussa, tout en répondant:
« Oh, allez-y, passez, on ne faisait rien d'intéressant. Je félicitais juste Danaël et Jadina pour leur prochain mariage »

*
*     *
Alors qu'ils arrivaient près de la maison, Ikaël s'arrêta.
« Ikaël? Ca va? S'inquiéta son amie.
- Steph, J'ai beaucoup réfléchit pendant ce trajet et....
-Ikaël, ça ne fait même pas dix minutes qu'on marche.
-Je suis payé pour réfléchir vite, tu sais.
-Non, tu es payé pour prendre vite des décisions, jamais personne n'a précisé qu'elles
devaient être réfléchies.
Le commandant sourit.
-Tu as raison. Donc pendant ce trajet, j'ai pris une décision...
-Et elle ne peut pas attendre qu'on soit entré?
-Et bien...C'est plutôt personnel.
-Ah.
-Tu sais Steph, je commence à me faire vieux et....
-Ikaël! Tu es certes sérieux, sage, parfois même ch...
-Steph! s'écria-t-il, indigné.
-Mais en aucun cas tu n'es ''vieux''!
-Steph...j'ai plus de trente ans...c'est bien assez pour être considéré comme un vieux garçon.
-Ah, je crois que je commence à comprendre...
-Steph, je sais que tu n'aimes pas les traditions, toutes les choses qui ''font bien'' mais...
moi, je ne peux pas me le permettre. Le rôle de commandant des Faucons d'Argent n'est pas seulement un rôle d'officier comme les autres... C'est aussi et surtout un rôle de représentant, et il implique donc beaucoup d'autres chose...
-Comme se marier, et avoir une descendance.
-Être un exemple de droiture, avoir une vie bien rangée et surtout, surtout, ne pas faire de vagues, ne pas sortir des sentiers battus. Que les pères de famille puissent dire à leurs fils ''Tu vois, c'est comme ça qu'un homme bien doit se conduire''
-Et dans cette jolie petite vie toute tracée, il n'y a aucune place pour une union libre avec une femme trop indépendante pour abandonner sa liberté chèrement acquise...
Il soupira.
-Pas vraiment, non. Écoute, tu dois me comprendre..je n'ai pas le choix. Je ne pourrai aller plus loin dans notre relation tant que nous ne serons pas unis. Steph, je t'en supplie, accepte de m'épouser, juste sur le papier, et je te promets, au nom de mon Amour, et de tout ce que nous avons vécu ensemble, sur ma propre vie même, si te le désire, que je te laisserai faire tout ce que tu veux, aller où tu veux, et que jamais, au grand jamais, je ne te priverai de cette liberté que tu chéris tant. Non, jamais je ne te forcerai à faire quoi que ce soit. Tu as ma parole.
Steph resta interdite.
-Alors, quelle est te réponse ?
-Attends... tu...tu es en train de me demander en mariage parce que tu n'as pas le choix !?
-Et bien, je crois bien, oui.
Il baissa les yeux, tandis que sa compagne luttait pour empêcher les larmes d'envahir les siens.
-Ikaël... Il n'y a rien, tu m'entends, rien, qui ne brise l'amour plus facilement que la politique.Je ne sais pas si tu t'en rends compte, mais tu me demandes en un mariage de raison ! Regarde-moi bien, Ikaël. Comme tu l'as dit, je tiens à ma liberté. Et de ce fait, je refuse catégoriquement de me marier pour satisfaire les politiciens, l'opinion publique ou les dieux savent qui d'autre ! Je t'aime tu sais. Je t'aime plus que tout, et je suis prête à perdre ma liberté pour toi. Mais pas pour la presse orobanienne. Tu comprends ?
Il sentit la terre s'effondrer sous ses pieds.
-Steph...
Elle soupira.
-Bon, je vois que tu n'as compris. Je vais devoir être plus claire.
-Si,j'ai très bien compris, dit-il d'une voix que lui-même ne reconnu pas comme la sienne, Tu refuses de m'épouser. Tu as été tout à fait claire là-dessus, ne t'en fais pas.
-Non, mon amour, tu n'as pas compris. Je refuse de t'épouser pour des raisons politiques.
-Je ne suis pas sûr de comprendre la nuance...
Si Stephania avait eu une corde, elle se serait probablement pendue. Ou peut-être l'aurait-elle pendu, lui. Heureusement, elle n'en avait pas.
-Tu sais que tu es un sombre, idiot ? Pour une fois dans ta vie, arrête donc d'écouter ta tête et ton devoir, et laisse un peu parler ton cœur, tu veux ? Et ensuite, seulement ensuite, tu pourras me refaire ta demande.
-Mon cœur... souffla-t-il, plus pour lui même, que dit mon cœur... Il dit que je t'aime, et que je donnerai ma vie pour toi, pour être avec toi, rien qu'avec toi, mais avec toi toute entière... Et pour toujours... »
Une lueur de compréhension naquit dans son regard. Il se mit à genoux, et prenant la main de l'élue de son cœur, dit  d'un ton solennel :
« Commandante en second Stéphania, de Silver-Hawkstown, accepterais-tu de faire de moi l'homme le plus heureux du monde, et de remplir mon cœur de joie, en devenant mon épouse devant les dieux et les hommes, et en passant le reste de ta vie à m'aime et à prendre mon amour en retour ?
Elle le releva et l'embrassa passionnément.
-Dois-je prendre cela pour un ''oui'' ?
Elle ne dit mot, mais lui offrit son plus beau sourire, et le pris par la main, l’entraînant vers ce qui serait bientôt aussi sa maison.


*
*     *

Ikaël entra dans la salle à manger, tout jours main dans la main avec sa fiancée. Il fut
légèrement interloqué par l'attroupement en plein milieu du chemin.
«Quoi!? S'exclama-t-il, vous faites une réunion Tu-perds-ouaire et vous ne nous avez
même pas invités?
-Et bien dis-donc, lui répondit Jadina en sortant du groupe, si on m'avais dis que tu étais un
comique...grand frère.
D'abord étonné, les deux nouveaux venus comprirent bien vite l'allusion de la magicienne
en voyant la mine d'Aurore, qui ressemblait à une enfant devant le sapin de Noël.
-Eh oui, Ikaël, reprit Aurore, il semblerait que tu aies bientôt une chèvre à ta charge.
-Ou peut-être pas, la contredit Danaël.
Tous suivirent son regard. Regard porté sur les mains jointes des deux chevaliers, qui
rosirent légèrement, firent mine de séparer, puis, comme d'un commun accord, se resserrèrent l'un contre l'autre, affichant l'un comme l'autre un sourire ravageur.
-Non, Ikaël, commença Aurore, ne me dis pas que...
-Si, j'ai demandé Steph en mariage...
-...et j'ai accepté, finit celle-ci.»

Ce qui se passa ensuite, bien que, pour un œil extérieur et avisé, très prévisible, laissa les spectateurs de la scène sans voix.
En effet, Aurore, la grande Aurore, cette femme si forte, qui paraissait plus solide que l'acier, s'effondra sur une chaise en pleurant. Au bout de quelque instants, elle releva la tête, des larmes coulants sans retenue le long de ses joues.
« J'espère que vous êtes fiers de vous, fit-elle en essuyant ses larmes du revers de sa manche, vous avez réussi à me faire pleurer!
Les deux frères grimacèrent, d'un air d'excuse.
Elle leur sourit, se leva et prit le second couple de la soirée dans ses bras. Danaël prit sa
fiancée par la main et rejoignit le groupe, formant ainsi un câlin généralisé. Les Légendaires restèrent où ils étaient, ne sachant trop où se mettre.
« Hé bien alors, leur demanda Steph, vous attendez quoi? Vous êtes de la famille
maintenant! »
Ils se joignirent alors à ce qui resta dans les mémoire comme le plus grand câlin familial
que Silver-Hawkstown ait jamais connu, regroupant neuf personnes et une démone -quant à savoir si celle-ci était d'accord, l'histoire ne le dit pas.
Tout ceci se finit autour d'un repas de fête et de coupelles de crémant.

Profitez de votre allégresse, Légendaires, tant qu'elle durera ;
Mangez, buvez, et soyez heureux, car nul ne sait ce que la Plume du Destin écrira pour vous...


À part, peut-être, la demoiselle qui se trouve derrière...

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MessageSujet: Re: Le Retour du Fils Prodigue, par Jade, la louve à la plume.   Mar 3 Sep - 15:16

*Roulement de tambours* TINTINTINTIIIIN! Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, après un peu plus de huit mois en votre compagnie, à poster de manière plus ou moins régulière les chapitres de cette fiction, Le Retour du Fils Prodigue touche à sa fin. En effet, voici venu, mes amis, le temps de l'épilogue. Mais ne désespérez point, car ceci n'est que le début d'une longue épopée que nous vivrons ensembles! En ce moment même, je me consacre à la préparation de la suite des aventures de notre nouvelle équipe, à présent au grand complet. J'aurais aimé pouvoir vous dire que vous verrez bientôt le premier chapitre de cette suite sur vos écrans, mais ce serait vous mentir. Voyez vous, je n'en suis qu'au début du scénario, et je n'ai même pas encore de titre. De plus, comme vous le savez surement, les vacances se terminent, et une nouvelle année de dure labeur commence; pour moi demain, pour d'autre, elle a déjà commencé ce matin. Quoi qu'il en soit, je vous souhaite une bonne lecture, et je m'en vais de ce pas préparer la suite.
Mais d'abord, je tiens à remercier quelques personnes: tout d'abord, Etoile d'Argent, une ancienne membre dont la passion pour les légendaires n'est plus, mais à  qui cette fiction et moi-même devons beaucoup. Ensuite, Oragie, mon tout premier fan, qui a passé 15 minutes sur la cb à m'expliquer comment créer un sujet et y poster cette fiction, Dragonna et Amélia, dont les fics m'ont inspirée et donné envie d'écrire, Lisabeth, ma plus grande fan, tout ceux qui m'ont commentée, et enfin, toi, lecteur ou lectrice, qui accepte de prendre un peu de ton temps pour voir ce que j'ai à te partager.
A vous tous, je dédie cet épilogue!


Épilogue:
...Or not to get married.

Silver-Hawkstown , petit village paumé au fin fond de Larbos,Temple.


Les deux jeunes femmes arrivèrent enfin devant l'autel, chacune rejoignant son fiancé respectif. Le célébrant commença alors un joli discours, dans le quel il félicitait les futurs mariés, et rappelait à tous les devoirs des époux l'un envers l'autre. Jadina jeta un coup d’œil à Aurore. Celle-ci avait le visage rayonnant, et on pouvait voir tout les effort qu'elle déployait pour ne pas fondre en larmes. A côté d'elle se trouvaient sa mère, la Reine Adeyrid, qui s'était déplacée pour l'occasion, ainsi que le Roi Kinder et le père de Steph, qui avaient rejoint les bancs. Le prêtre se tourna alors vers Ikaël et Steph. Il avait été convenu que leur union serait célébrée en premier, histoire d'éviter tout problème de chèvre. Il leur demanda leurs poignets, puis les noua avec un ruban rouge, symbole de l'union par le sang ''Jusqu'à la mort, et au-delà'' comme le disait le proverbe. Puis il leur demanda s'ils voulaient s'épouser, et ils lui répondirent par l'affirmative. Enfin, il interrogea la foule, afin que quiconque voulant s'opposer à cette union puisse s'exprimer. Le silence s'installa dans la salle. Il leur permit alors de s'embrasser, rappelant que ce baiser serait le sceau de leur union. Ils s'embrassèrent. Tout le monde applaudit. Les témoins furent alors appelé. Ils s'agissait -Oh, surprise- de deux Faucons d'Argent et de leurs épouses.

Lorsqu'ils eurent signé, le célébrant se tourna vers le second couple. Il s'adressa d'abord à Danaël:
« Messire Danaël, voulez-vous prendre pour épouse la princesse Jadina d'Orchidia?
-Oui, je le veux.
-Et vous, princesse Jadina, voulez-vous prendre pour époux messire Danaël de Silver-
Hawkstown?
-Oui, je le veux.
-Mesdames, mes sires, si l'un d'entre vous, pour une raison ou une autre, désire s'opposer à ce mariage, qu'il le dise, ou qu'il se taise à jamais.
Il n'y eu, bien entendu, aucune réponse. Même si, regardant sa mère du coin de l’œil,
Jadina avait craint que celle-ci dise quelque chose.
-Vous pouvez vous embrasser. Par ce baiser, vous scellerez vos serments et votre alliance!»

Les deux amant se contemplèrent. Leurs mains jointes étaient liées par le ruban rouge du mariage. Ils approchèrent leurs visages, jusqu'à ce que leurs soufflent se mélangent. Ils fermèrent les yeux. Leurs bouches se rapprochèrent encore. Il ne restaient plus qu'un infime espaces entres leurs lèvres entrouvertes.

Soudain, en un bruit de tonnerre, la porte s'ouvrit largement, laissant passer un messager assermenté de la prison Barek, qui cria:
« Légendaires, on a besoin de vous! »

En un même réflexe terrible, action irréfléchie aux conséquences irrémédiables, Danaël et Jadina tournèrent leurs visages vers l'intrus, de sorte à se trouver face à lui, et séparèrent leurs mains, brisant ainsi le ruban.

Un murmure d'indignation se leva de l'assemblée.

Alors ils se retournèrent l'un vers l'autre, et prirent la dimension de l'horrible erreur qu'ils avaient commise. Ils se regardèrent, cherchant l'un dans l'autre un démentit, une lueur qui leur aurait permis de minimiser cet acte. Mais ils n'en trouvèrent pas. Leurs regards fuirent un moment, tendis que tout deux sentaient la culpabilité monter en eux. Puis ce fut la résolution. À nouveau leurs regards se trouvèrent, et ils prirent ensemble la seule décision qu'il pouvaient encore prendre. S'avançant vers le messager, d'une voix haute et forte, sans nulle trace de tremblement, le chevalier demanda:
« Que veut-on des Légendaires? ».


Fin?

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