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 La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord

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MessageSujet: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Mar 13 Nov - 10:58

Chapitre 1: Quand les légendes prennent vie

La bibliothèque était silencieuse. Gryf et Shimy ayant été jetés dehors par Jadina, et Razzia les ayant suivi, elle était à peu près sûre que Ténébris et elle puissent lire en paix. Quoi qu'en dise les autres, les légendes d'Alysia étaient passionantes, et s'il y avait une chose que Jadina et Ténébris avaient en commun, c'était qu'on leur casse les oreilles par des papotages incessants pendants qu'elles lisaient. Mais maintenant, la bibliothèque était calme, puis Ténébris escalada une échelle à la recherche d'un gros volume parlant des légendes nordiques, sur une bibliothèque plaquée contre un mur, quand elle découvrit que le mur s'effritait derrière ce volume. L'incident Jovénia ayant réveillé en elle certaines pulsions enfantines, elle se mit à gratter le mur pour l'effriter un peu plus, jusqu'à ce que la pierre qui se trouvait devant elle puisse être descellée. Elle redevint alors sérieuse et décida d'en prévenir le gardien de la bibliothèque, qui s'empressa de retirer la pierre en promettant qu'on la remplacerait vite fait et merci mademoiselle d'avoir signalé cet incident fâcheux.
Les deux légendaires se mirent à lire ensemble ce livre, traitant de légendes des terres du nord, comme l'indiquait le titre. Une légende marqua beaucoup Ténébris et Jadina, celle d'un pays plus au nord que n'importe quel autre, un pays que son auteur nommait "Terre et glace", mais néanmoins peuplé. D'après la légende, ce pays avait été prospère, puis détruit par des barbares qui auraient chassé les habitants. Le récit traitait de la façon dont Elué la Rose, Haute Dame du pays, et son mari, Karl le Rocher, Seigneur du pays, avaient vainement employé toute leur énergie à défendre leur pays, puis comment les barbares, par un odieux stratagème, les avaient vaincu en séparant l'âme d'Elué de son corps sans pour autant la tuer, et en faisant chanter Karl pour qu'il vienne récupérer le réceptacle de l'âme de sa femme, réceptable qui avait été pillé dans le trésor d'un bijoutier. En échange, il devait donner la couronne du pays aux barbares. Karl savait que les habitants fuyaient, aussi encouragea-t-il les dernier à le faire, puis il parti, donner un pays sans habitants aux barbares en échange de sa femme. Mais il fut trahi, et blessé à mort par les barbares. L'âme d'Elué, qui avait assisté à la scène, maudit alors les envahisseurs, et prit le serment qu'elle et son mari seraient un jour réunis.
Ténébris comme Jadina avaient les larmes aux yeux lorsque cette histoire se termina, d'autant plus qu'il allait être temps de sortir de la bibliothèque, parce que l'heure de fermeture, c'était l'heure de fermeture. Au moment de reposer le volume, le regard de Jadina, qui s'en chargeait, fut attiré par un objet brillant dans le creux qu'avait laissé la pierre. Ignorant les araignées qui rampaient dans le trou, elle s'en empara, et se retrouva avec un médaillon dans la main. Il était constitué d'une chainette en or, qui tenait un lourd écu que l'on pouvait ouvrir. Elle et Ténébris le firent avant de partir de la bibliothèque, et furent subjuguées par l'image de perfection qui s'offrit à leur yeux.
Sur la facette de droite se trouvait une femme magnifique. Sa chevelure resplendisssait d'argent, et ses yeux bleus marine brillants reflétaient des années d'expérience, de sagesse, et d'amour. Elle était vêtue d'une longue robe de la soie la plus fine, et une couronne d'or sertie de gemmes lui ceignait la tête. A travers le médaillon, elle regardait Jadina et Ténébris avec compassion, comme si elle pouvait lire chacune de leurs pensées et comprendre les émotions qu'elles pouvaient ressentir. En dessous était marqué son nom, "Endué la Rose, Haute Dame des terres du crépuscule nordique". Sur la facette de droite se trouvait un homme, de grande taille, vêtu d'une armure de chevalier, avec un manteau d'hermine pourpre sur les épaules. Son casque qu'il portait dans la main gauche était orné d'un bandeau et d'une couronne de lauriers, et l'épée qu'il tenait dans sa main droite était l'oeuvre d'un forgeron de grand talent, à la fois fine et équilibrée, sa poignée était décorée de gemmes et de dorrures, et sur sa lame brillait cinq runes, que Jadina traduisit par "force, courage, honneur, justice, amour". Son visage était avenant et ouvert, et il brillait dans ses yeux une intelligence et une volonté aussi fortes que soleil. Il était rasé de près, et portait des cheveux jusqu'aux épaules. En dessous, était marqué "Karl le Rocher, époux d'Endué la Rose, Seigneur des terres du crépuscule nordique". Derrière les époux se trouvait un paysage de plaines enneigées, avec des forêts de sapins vêtus de leur blanc manteau d'hiver, des villes sur lesquelles tombaient les flocons de nouvelles chutes, une mer gelée, et au fond, le soleil qui achevait de se coucher, laissant apparaitre les premières étoiles de la nuit. "Le crépuscule nordique, murmura Ténébris, laissée sans voix par cette image de la perfection". Les deux portraits dataient d'avant l'incident Jovénia, car Endué et Karl étaient adultes.
Jadina et Ténébris prirent le médaillon, et rejoignirent en silence l'auberge ou dormiraient les Légendaires ce soir. Le silence fut rompu par une nouvelle dispute entre Gryf et Shimy, au sujet cette fois-ci du fait que Gryf n'ait reservé qu'une seule chambre pour les garçons et une seule pour les filles, la contraignant à dormir avec cette idiote de Jadina. Qui entendit la fin de la phrase de Shimy, et fut déterminée à ne pas se laisser insulter. Le dîner fut donc quelque peu mouvementé, et se termina lorsqu'Amy, ayant marre de cette dispute stérile, renversa la table, faisant tomber tout le dîner sur les jambes des propriétaires.
Plus tard, dans la nuit, Ténébris se réveillait pour aller aux toilettes, et quand elle en sortir, elle entendit une voix triste et mélancolique, une voix de femme, dans sa tête "Aide moi... mon mari ... m'attend ... aide moi ..."
-Qui êtes vous ? répondit-elle
-Je suis ... la Haute Dame ... Elué ... Je suis la Rose ... des terres du crépuscule ... nordique...
-Et votre mari, c'est Karl le Rocher ?
-Oui ... mon amour ... il m'attend ... aide ... moi à le ... rejoindre ...
-Comment le pourrais-je ? Votre âme a été séparée de votre corps et ...
-Tu ... tiens mon ... âme ... autour du cou ...
Ténébris palpa alors le médaillon qu'elle avait passé autour du coup. Alors, elle faillit fondre en larmes. La légende... N'en était pas une. Le réceptacle de l'âme d'Elué la Rose était ce médaillon.
Le lendemain, lorsqu'elle raconta cette affaire aux Légendaires, les bagages furent faits en à peine cinq minutes. Réunir une reine et son époux qui s'aimaient, séparés par la barbarie de l'Homme, ça c'était une mission pour les Légendaires !


Dernière édition par Oragie le Ven 29 Mar - 13:24, édité 2 fois

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Mar 13 Nov - 18:55

Chapitre 2: Uly

Les Légendaires étaient tranquilles sur un bateau qui se dirigeait vers le port le plus au nord. "Une fois là-bas, expliqua Jadina, nous devrons finir à pied. C'est l'été, alors nous ne devrions pas avoir des ennuis avec la neige, en revanche, il faudra chercher au port des vêtements chauds pour les nuits, elles y sont fraiches." Le médaillon était suspendu à une poutre de la cabine, et il se mit soudain à luire d'une douce lumière dorée, et s'éteignit. Aussitôt, Ténébris le mit à son cou, en émettant l'hypothèse qu'Elué essayait de communiquer. A nouveau, elle entendit cette voix dans laquelle on pouvait entendre toute la tristesse du monde.
"Je.. ne suis pas... mon mari ...
-Nous allons vous réunir, promit Ténébris, en disant aux autres ce que lui disait intérieurement Elué.
-Ce... n'est... ce n'est pas ... ça... Il... nous ... avons eu une... adorable ... petite fille... elle... Calihye
-Elle a fui en même temps que votre peuple ? demanda Jadina, par l'intermédiaire de Ténébris.
-Oui... Elle... devait avoir... vingt ans... Cela ... fait si longtemps...
-Vu que cette histoire est décrite comme une légende, et que le médaillon semblait oublié, cela doit effectivement faire des décennies, voire des siècles, dit Shimy.
-Oui.. je ... elle ne peut pas... ne pas avoir eu... d'enfants... retrouvez mes ... descendants, c'est... c'est très... très... très important...
-Elle n'arrive plus à parler, dit Ténébris.
-Et pourtant, il faut qu'on sache où sa fille est-elle allée si on veut espérer trouver un de ses descendants, dit Jadina.
-Et si on trouve une personne potentielle, dit Gryf, on fait quoi ? Qui nous dira que c'est la bonne ?
-Donnez... lui... le... médaillon... je... je pourrai...
-Elle ne dit plus rien, dit Ténébris.
-Dans quelle ville ? insista Jadina. Si ça se trouve, nous faisons fausse route !
-Et z'aimerai bien zavoir pourquoi elle veut zes dezendants avec elle, dit Razzia.
-Port... port... d'arge...
-Port d'argent ? demanda Ténébris
-Oui... parvint à lâcher Elué dans un ultime soupir.
-Le port d'argent... réfléchit Jadina
-Z'est un port loin au zud, dit Razzia.
-Bon, et on va donc précisément dans la mauvaise direction, dit Gryf."
Après quelques pétages de plombs et hurlements poussés, et Gryf qui faillit démolir la table à force de se cogner la tête dessus, et aussi près de trois semaines de voyage dans l'autre sens, les Légendaires débarquèrent à Port d'argent.
"Et maintenant, on fait comment ? demanda Gryf. On interroge chaque habitant en lui demandant s'il est un descendant de Calihye, fille d'Elué ?
-On va voir si l'administration locale tient des arbres généalogiques, crétin, répondit Jadina."
Ils tombèrent sur un fonctionnaire malade, qui mit des heures à retrouver le nom de Calihye.
"Cette femme est morte depuis mille ans, dit-il.
-Mille ans... murmura Ténébris
-Et y a-t-il encore des descendants qui vivent ici ? demanda Jadina.
-Oh oui, une jeune fille d'à peine 15 ans avant l'incident Jovénia, répondit-il. Elle s'appelle Uly. Vous la trouverez sur les docs, où elle travaille à vendre de la soupe aux marins."
Aussitôt dit, aussitôt fait, les Légendaires qui se transformaient peu à peu en détectives privés arrivèrent sur les ports, ou une fille blonde aux yeux vert clair, vêtue d'une tunique rouge vendait de la soupe aux marins.
"Il est temps de vérifier ma technique d'approche N°4-B, dit Gryf.
-Laisses-moi m'en charger, répondit Jadina. Elle se dirigea vers Uly. Dis-moi, je n'ai pas d'argent pour la soupe, je peux te payer avec un bijou ? demanda-t-elle.
-Bien sûr, répondit Uly."
Lui fut ainsi donné le médaillon, en échange d'un bol de soupe pour tous. Aussitôt, Uly entendit une voix dans sa tête.
"Ma... Uly... ma descendante... tu... j'ai besoin... besoin de toi... de ton aide...
-Qu'est-ce que vous m'avez donné ?! hurla-t-elle aux Légendaires, qui s'attendaient un peu à cette réaction."
Après avoir passé plusieurs heures à lui expliquer la situation, les Légendaires parvinrent finalement à la convaincre de les suivre. Pour une raison que tous ignoraient, Elué semblait tenir à coeur à ce qu'Uly soit là. Et finalement, le bateau arriva au bout d'un mois de voyage dans le port le plus au nord, où les Légendaires en avaient déjà marre de cette gamine capricieuse qui les accompagnait. En un mois, elle avait réussi à liguer contre elle toute l'équipe. Seule Elué, lors de l'unique conversation à laquelle elle avait pris part, l'avait défendue.
Mais cela n'avait plus d'importance. Les montagnes les séparaient des terres de neige et de glace, le pays d'Elué la Rose, où l'on pourrait enfin la réunir, elle et Karl le Rocher, et savoir pourquoi Uly était-elle ici.

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Mar 13 Nov - 21:47

Chapitre 3: Les barbares

La neige crissait sous les pas des six compagnons de route.
"Mais n'est-ce pas l'été ? demanda Jadina.
-C'est bizarre, en effet, répondit Ténébris.
-Le temps zerait-il détraqué ? demanda Razzia
-Les éléments se sont quelques peu égarés, répondit Shimy.
-Cessez de parler par des rimes ! demanda Uly."
Après ce court dialogue, les Légendaires dressèrent le camp dans une plaine. Deux semaines plus tôt, le bateau avait accosté sur le port le plus au nord d'Alysia, et grâce à un sort de Jadina qui les avait fait accélerer, les compagnons étaient arrivés devant une chaine de montagnes qu'il avait fallu traverser. Ce ne fut pas difficile, mais quelle ne fut pas leur surprise lorsqu'ils arrivèrent dans des plaines enneigées, alors même que l'été ne s'était pas achevé. Mais toutefois, aucun ne pouvait nier la beauté du paysage. Elle était vraiment telle que le montraient les deux portraits du médaillon, à ceci près que l'on ne voyait pas les cités. Mais les plaines enneigées, les forêts de sapins recouverts de blancs manteaux, et au loin, les craquements de la mer glacée donnait une atmosphère féérique à cet endroit. Le seul inconvénient en était un froid mordant, déchirant.
Et puis, un soir, Dame Silence, comme l'appelaient désormais les compagnons, se décida à parler. Les compagnons s'étonnèrent qu'elles puisse parler à tous.
"Nous ... nous sommes ... arrivés. Je le sens .... au plus profond ... au plus profond de mon ... de mon ... mon âme ... Dites-moi, Légendaires ... dis-moi ... ma descendante ... Que ... que ... voyez-vous ?
-Nous sommes dans une forêt, dit Jadina. Dans une clairière. Les sapins se dressent autour de nous, et la lune peine à nous éclairer. Nous avons réussi à allumer un feu, mais le froid est à peine supportable.
-Oui ... mais ... voyez-vous ... des traces ... les ... les barba ... barbares ... sont ... toujours .... ici ... Ils souillent ... ils ... profa .... profanent ... mes ... mes ... mon ...
-Ils profanent votre pays, compléta Ténébris. Essayez de parler le moins possible, Dame Elué. Vous vous épuisez, et nous aurons sans doute besoin de vos conseils.
-J'ai du mal à comprendre comment le fait de se retrouver avec l'âme enfermée dans un bijou peut affaiblir, dit Uly.
-Pour une fois, elle dit quelque chose d'intelligent, approuva Gryf.
-C'est parce qu'ils ont jeté, au moment de l'enfermer, ils ont jeté des sorts de malédiction, expliqua Jadina. Sinon, Dame Elué la Rose serait au mieux de ses pouvoirs. Mais trève de plaisanteries. Si les barbares qui ont détruit le pays sont ici, alors nous devons redoubler de vigilance.
-C'est ... ils sont ... peu ... peu nombreux, intervint Elué. Ils ... cependant ... ils sont ... puissant ... vous ... vous ... vous devez ... vous ... méfier ... capables ... ils sont ... capables de ... capables de ...
-Capables de tout ! s'énerva Uly. Vous pourriez pas faire une phrase sans pleurer ou buter sur les mots ?
-Calme toi ! cria Jadina. Cette femme a perdu son époux, son royaume, son peuple, sa fille, et elle a passé près de mille ans loin d'eux ! Elle a des raisons d'être triste à ce point ! Et si elle bute sur les mots, c'est parce que ces barbares l'ont torturée ! C'est une expérience qui marque !
-Parlez-nous de votre époux, dit soudain Shimy. Comment était-il ? Pourquoi l'aimiez-vous ?
-Il ... Karl ... mon tendre ... mon ... merveilleux ... amour ... époux ... si ... beau ... et ... noble ... Je ... les barbares ... il venait me ... me sauver ... leur faisait ... confiance ... Et ils l'ont ... ils ont ... dans son ... son dos ... une hache de guerre ... Oh mon dieu ... une hache ... il leur faisait ... confiance ... n'avait rien demandé ... juste me sauver ... me ... me ... parler ... c'est ... ma faute ... il ...
-Ce n'est pas votre faute, dit Ténébris sur un ton apaisant, car la fin de la phrase d'Elué s'était brisée dans des sanglots incontrôlables.
-Une âme peut pleure ? demanda Uly.
-Uly, zette femme zouffre énormément, dit Razzia. Aie un peu de rezpect pour elle.
-Nous vengerons sa mort, dit Shimmy. Nous trouverons un moyen de vous libérer.
-Il ... je ne veux pas ... ne peut pas ... pas ... mour ... mourir ...
Elué se retira. Elle avait utilisée toute l'énergie qu'elle pouvait, et était brisée par le poids de ses souvenirs.
-Bien, dit Jadina. Maintenant que vous vous êtes amusés à la faire souffrir inutilement, il est temps de dormir. Le sort que j'ai enfin lancé vous maintiendra au chaud, et ...
Elle fut interrompue par l'arrivée inopportune d'une trouve d'hommes de forte carrure, qui se jetèrent au combat.
-Les ... ce sont ... ce sont eux ... ils l'ont ... assassiné ... dit Elué.

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Mer 14 Nov - 9:50

Chapitre 4: La tempête

Les barbares foncèrent sur les Légendaires, qui se préparèrent à se défendre. Uly, quant à elle, n'avait que peu l'habitude de combattre, et elle se mit donc au centre du cercle que les héros avaient forme, espérant bien ne pas avoir à lutter. Une tarte d'Amy fit valser deux barbares d'un coup, les propulsant contre les arbres ou dans des congères. Shimy fusionna avec la terre pour la soulever et ainsi faire tomber ses adversaires, qui étaient englués au sol par des sortes de toile d'araignées invoquées par Jadina. Pendant que Gryf et Ténébris luttaient au corps à corps et battaient bon nombre de leurs adversaires. Cependant, les barbares étaient des hommes déterminés, à la forte carrure, qui depuis la chute des royaumes du crépuscule nordique, vivaient ici en tuant tous ceux qui venaient sur leurs territoires, quelle que soit leur puissance. Leur détermination ne fut pas ébranlée par la puissance des Légendaires, d'autant plus que quand les Légendaires en abattaient un, c'était cinq de plus qui surgissaient des arbres, maniant des armes avec la ferme intention de les enfoncer dans le coeur des envahisseurs.
Les Légendaires luttèrent cependant pendant une bonne heure, mais ils savaient que l'on ne pouvait pas retenir ces barbares bien longtemps. Au bout d'un moment, l'un d'entre eux ferait forcément une erreur, un instant de faiblesse, qui les condamnerait tous. Aussi, il apparut évident à Jadina qu'il fallait impérativement rompre ce combat. Elle observa autour d'elle. Les Légendaires n'avaient que peu souffert, quelques égratinures chacun tout au plus, mais Uly tenait son bras ensanglanté contre elle. Elle jugea que les compagnons pouvaient tenir encore au moins dix bonnes minutes, jusqu'à ce que cela se produise.
Les Légendaires évitent de tuer, et ce combat ne fit pas exception. Cependant, les barbares vivants qui étaient au sol entendirent un chant bestial monter des bois. Puis un curieux petit homme, vêtu de peaux de bête et d'un crâne de cerf en guise de casque, surgit des bois. Contrairement aux autres, il était très frêle, mais il ne fallait pas le sous-estimer, comprit Jadina, lorsqu'elle vit que c'était lui qui chantait, tenant un bâton fait d'os de chevreuils. Mais elle le comprit trop tard, car à ce chant, les barbares allongés au sol suite aux violents coups des Légendaires commencèrent à se relever. L'un d'entre eux, qui avait le nez brisé suite à une direct d'Amy, se releva et le remis en place comme si rien ne s'étaiti passé. Aussitot, les Légendaires comprirent que cet homme étrange était un guérisseur, et quand l'espace de quelques instants, il venait de guérir tous les barbares présents...
"On romp le combat ! cria Jadina.
-Oui, mais par où ? On est encerclés je te signale, répondit Shimy.
-Fuyez ... maintenant ... fit la voix faible d'Elué."
A peine avait-elle prononcé ces mots qu'une violente tempête de neige s'abattit, masquant les combatants les uns aux autres. Gryf fit l'expérience de tendre son bras, et s'apperçut qu'il ne voyait même plus sa main tant la tempête était épaisse.
"On en profite pour courir ! dit Jadina.
-Oui, mais on va se perdre là-dedans, dit Uly.
-Je vous guiderai, répondit Jadina, qui fit briller une lumière verte que tous pouvaient appercevoir.
-Oui ... mais en faisant ... en faisant ainsi ... les barbares ... ils .... vont ... ils verront ... où ... où êtes ... où êtes vous ...
-Elle a raison, Jadina, dit Ténébris. On court, et on essaye de se rejoindre ! Un point de rendez-vous évident, Dame Elué ?
-Le ... le château ... de ... le château de glace ... au ... nord ...
-On sait où on va alors ! dit Shimy. Rendez-vous là-bas !"
Aussitôt dit, aussitôt fait, les Légendaires, après ce dialogue qui n'avait duré que quelques secondes, partirent dans une direction qui leur permettrait d'échapper au combat. Shimy, Jadina et Uly formèrent bien vite un trio, tandis que Razzia, Gryf et Ténébris se retrouvèrent isolé. Ténébris pensait s'être perdue en forêt, mais Razzia comme Gryf pouvaient entendre derrière eux, mais voir à cause de la tempête, les barbares qui les poursuivaient. Cette poursuite était bien étrange, car la chute de neige rendait impossible de voir à plus d'un mètre, donc en pleine forêt, personne ne courrait, de peur de heurter un peu trop violement un arbre.
Finalement, le lendemain, la tempête se dissipa, et tous purent constater où étaient-ils.
Shimy, Jadina et Uly étaient sorties de la forêt et se trouvaient au centre d'une plaine découverte et battue par tous les vents possibles. Ténébris s'était enfoncée encore plus profondément dans la forêt et se reposait sur une congère étrangement formée, Razzia était arrivé dans une région de petits plateaux montagneux où il pouvait voir les traces d'un fauve monstrueux, et Gryf ... se souvenait juste ne pas avoir vu l'arbre assassin contre lequel il s'était assomé. Lorsqu'il se réveilla, il constata qu'il était au milieu d'un camp, avec des barbares qui dansaien autour du feu.

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Jeu 15 Nov - 18:34

Chapitre 5: Le rire de la bête

"Z'est quoi ces traces, Amy ? demanda Razzia
-Une grosse bête, je dirai, répondit Amy, qui ne semblait absolument pas dérangée par ces traces.
-Bon, faut y aller, ze me demande où zons les autres, dit le Légendaire, isolé."
Il observa autour de lui. Il était au bord d'une crevasse, sur le versan d'une montagne. Partout où portait son regard, des monts s'élevaient. La neige recouvrait le sol, mais Razzia pouvait le deviner rocailleux, car aucun arbre ne poussait. En revanche, en se penchant au bord de la crevasse, il put voir une vallée boisée, avec des étranges animaux qui ressemblaient à des bouquetins qui fouillaient la neige pour trouver en dessous des plantes commestibles.
"Z'est beau ici, dit-il.
-Oui, en faisant abstraction de ces traces, répondit Amy."
Aussitôt, Razzia observa les traces. Elles étaient sur la même corniche que lui, mais positionnées comme si la bête avait sauté dans le vide brusquement. Peut-être avait-elle des tendances suicidaires... Cela serait étonnant. Razzia observa plus attentivement les traces en question. Il constat quelle faisaient la taille d'un homme, et qu'elles ressemblaient à des pieds géants à quatre orteils de même taille et très ressérés, mais qui se finissaient visiblement par des griffes de plusieurs centimères de long, au vu des fines traces qu'elles avaient laissé dans la neige.
"En voilà une bête qui doit être inquiétante, dit Amy.
-Ze n'ezpère pas faire za connaizanze, répondit Razzia, impressioné par la taille des griffes. Bon, Elué a parlé d'un palais de glace, ze devrais y aller auzi zec, avant de faire la connaizance de zette beztiole."
-Elle a dit qu'il était au nord. Où est le nord ? demanda Amy.
-Ah oui, zut...
-Je pense que le plus sage serait d'attendre la nuit, et de suivre l'étoile polaire, répondit le bras.
-Z'est une bonne idée, répondit Razzia. Z'attendrai izi.."
La journée passa, et alors que le soleil se couchait sur un ciel sans nuage, Razzia vit une ombre voler vers la vallée en contrebas, puis fondre sur les bouquetins. Razzia se pencha au-dessus du bord à nouveau, et vit une créature ailée dévorer à pleine dents l'un des animaux, pendant que les autres s'enfuyaient. Il s'agissait d'une créature à la fourrure noire comme l'encre, mais qui avait des ailes de chauve-souris. En revanche, elle avait un corps d'environ sept mètres de haut, un corps de lion qui se tiendrait sur ses pattes arrières, avec les ailes précisées, et dont les bras se terminaient par des serres d'aigles. Sa tête était entourée d'une épaisse crinière, et lorsqu'elle se retourna, Razzia vit qu'elle avait un visage d'humain en train de rire.
"Amy, z'est quoi za ?
-Rien de plus qu'une manticore, répondit Amy.
-Et z'est danzereux ?
-Elle ne chasse que des proies de petite taille.
-Ah, alors ze zuis tranquille.
-Compte tenu de ses dimensions, tu ES une proie de petite taille.
-Alors ze ferai mieux de m'en aller...
-Oui, d'autant plus que la grotte que tu n'as pas vu derrière toi est son repère, et qu'elle va y revenir pour la nuit."
Aussitot, Razzia se mit à courir. Il ne craignait pas de perdre, mais n'avait pas non plus envie d'affronter la bête. Quand soudain, il entendit un éclat de rire féminin. Après avoir demandé à Amy si c'était une des filles, celle-ci lui répondit que c'était en fait le cri de la manticore. Puis la bête passa à l'attaque, manquant de faire tomber Razzia de la corniche.
"D'accord, on va ze battre, si tu veux, dit le Légendaire. Amy, prête ?
-Bien sûr !"
Aussitôt, Razzia se tourna. Il avait évité la manticore, et elle volait à travers la vallée, se dirigeant en l'air. Il comprit la manoeuvre. Elle allait fondre sur lui toutes griffes dehors, et essayer de le déchiqueter sans qu'il puisse réagir. Il demanda à Amy de faire office de bouclier au moment précis où la manticore arriverait. Ainsi, tous ses coups se heureraient à ce bouclier infranchissable. Ce fut fait, et le succès espéré fut largement obtenu, mais une griffe passa le bouclier alors que la bête se renvolait en riant toujours plus, et Razzia regarda son épaule touchée. La blessure n'était pas grave et ne faisait même pas mal, mais elle saignait franchement.
"T'aurais pas oublié de me dire que zes griffes zont tranchantes comme des lames de razoir ?
-C'est possible.
-Elle a l'avantage Amy. Tant qu'elle utilize zette technique d'attaque, ze ne pourrai pas riposter, et toi non plus. Et à un moment, elle réuzira à franchir nos défenzes. Il faut lui supprimer son avantaze d'attaquer de haut...
-Mais comment ?
-Z'est pozible de te tranzformer en zerf-volant zéant ?
-Euh oui... mais elle au-dessus. Je ne peux pas non plus voler, juste ralentir une chute.
-Alors, bouclier puis ze lui zaute dezus."
Aussitôt dit, aussitôt fait. Apès le déluge de coup de la bête, Razzia sauta sur celle-ci pendant qu'elle se renvolait, en s'accrochant à sa queue, qu'il remonta difficilement, pour arriver derrière sa tête. La bête riait frénétiquement, et s'agitait dans tous les sens dans l'espoir de désarçonner ce cavalier, mais Razzia s'accrochait fermement à sa crinière, et ne tombait pas.
"Ze n'aime pas tuer, mais là, z'est pas le choix.
-Tu peux aussi la soumettre, répondit Amy.
-La zoumettre ?
-Si tu tiens suffisament longtemps, son instinct la poussera à te considérer comme son maitre.
-Va pour za ! Z'imagine la tête des autres quand ils me verront arriver là-dezus.
-Cela vaudra le coup d'oeil, en effet, répondit Amy"
Ce fut un véritable rodéo pour le Légendaire. La manticore savait parfaitement voler, et exécuta des figures compliquées. Elle fit des loopings, des tonneaux, plongea puis remonta à une vitesse ahurissante, elle essaya même de broyer Razzia en se projetant en arrière sur une paroi rocheuse ! Mais au bout d'une heure à ce régime, elle alla se poser au sommet d'un plateau.
"Descends, dit Amy.
-Pourquoi ?
-Elle ne se serait pas posée si elle ne te considérait pas comme son maitre.
-D'accord..."
Razzia descendit, et la bête ne sembla pas vouloir l'attaquer.
"Ze peut lui demander à manger ?
-Non. Elle se nourrira elle-même, et attends que tu fasses la même chose. Voici les termes du contrat: elle accepte que tu la chevauches, combattra à tes côtés, protégera tes amis, t'obéira. En retour, tu dois la protéger contre les chasseurs qui la considèreront comme un monstre, et tu dois accepter de voler sur son dos au moins une heure par jour. Tu peux à tout moment choisir de résilier ce contrat. Alors, elle retournera dans son antre, et ne recommencera sa vie sauvage qu'une fois retournée à l'intérieur.
-Za me parait honnête. Tu crois qu'elle connait le palais de glaze ?
-Dis-lui de voler vers le nord."
Peu après, Razzia le Légendaire volait fièrement sur une créature qui continuait à rire, voyant le paysage défiler sous ses yeux, il vit la forêt qu'ils avaient passés, un camp de barbares au loin, une plaine, puis très loin, un château se mit à scintiller...

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Sam 17 Nov - 21:02

Chapitre 6: L'épreuve de force

Gryf observa le camp autour de lui. Il était attaché à un poteau dans un endroit qu'il situait au centre du campement, qui semblait avoir une organisation plutôt stricte. Les tentes de peau sommaires des barbares étaient disposées en une spirale qui s'ouvrait à l'extérieur par les tentes des barbares les plus insignifiants, souvent les jeunes guerriers, puis plus on s'approchait du centre de la spirale, plus on montait en importance, jusqu'à la tente du chaman, qui faisait également office de chef de la tribu. Et en face de cette tente se trouvait un feu, et le poteau auquel était attaché Gryf était de l'autre côté. La journée sembla se dérouler dans le calme, le camp étant engoncé dans une sorte de torpeur caractéristique de la vie quotidienne, au point que Gryf se demanda s'ils n'avaient pas oublié qu'ils avaient un prisonnier. Mais il fut nourri peu avant la tombée de la nuit, et peu à peu, les barbares se rassemblèrent.
Ils entamèrents sous les yeux du Jaguarian des champs et des danses étranges, tout en dialoguant dans leur langue à laquelle Gryf ne connaissait rien. Puis à ce qui semblait être un moment clé de la soirée, le shaman vint le chercher, le fit détacher, et lui présenta un barbare plus fort encore que les autres, en disant "Torin !". Il criait également des choses que Gryf ne comprit pas, mais il devina qu'il s'agissait là du nom du barbare. Torin tendit alors les bars, paumes des mains ouvertes vers Gryf, de sortes que ses bras tendus formaient un angle perpendiculaire à sa colonne vertébrale. Par des imitations de ce qui allait se dérouler, les barbares expliquèrent à Gryf ce qu'on attendait de lui. Il allait devoir se mettre dans la même position, saisir les mains de Torin dans les siennes, et l'épreuve commencerait. Celui qui mettrait l'autre à genoux aurait gagné. Si Gryf ignorait ce qui l'attendait en cas de victoire, il se doutait que la défaite signifierait sa mort. Il hésita à utiliser son Catseye pour se transformer, mais il savait que fait appel à la magie dans l'épreuve signifierait pour les barbares son échec. Et même avec toute sa puissance, les barbares étaient tout simplement trop nombreux pour qu'il puisse s'échapper. Il se mit donc en position, et l'épreuve commença.
Gryf resta impassible, car il ne doutait pas qu'un jaguarian puisse vaincre un humain dans une telle épreuve de force. Torin serra fort ses mains et poussa un grognement hargneux à son encontre. Il poussa ses mains en avant, faisant plier celles de Gryf, distendant les muscles de ses poignet, et poussant contre ses paumes. Des cris jaillirent de tous les coins du camp. Torin rugit et poussa plus fort, mais le moment de surprise passé, Gryf se défendit. Les muscles saillants de son cou et de ses épaules se tendirent, et ses bras rougirent de l'afflux de sang dans ses veines. Torin lui-même ne pouvait que contempler avec ébahissement l'extraordinaire démonstration de force de Gryffenfer, le jaguarian. Le Légendaire planta ses yeux dans ceux de son adversaire et répondit à son grondement avec un regard glacé annonciateur de son inévitable victoire. Puis Gryf poussa vers l'avant, contrant l'effort initial de Torin et forçant ses popres mains à retrouver un angle plus naturel. Une fois que l'équilibre fut rétabli, il comprit qu'une poussée soudaine placerait son adversaire dans la même position désavantageuse à laquelle il venait d'échapper. A partir de là, le barbare n'aurait plus aucune chance de résister. Les deux hommes résistèrent de longues secondes, et tout d'un coup, ce fut terminé. Les veines et les tendons des bras de Gryf se gonflèrent et ses épaules se levèrent encore. "Pour Elué et son mari ! Jaguarians powaaaa ! rugit-il". Puis, dans une explosion de puissance soudaine et féroce, il fit tomber Torin à genoux.
Le silence se fit dans le camp. Même le shaman fut laissé sans voix pas la démonstration de force. Puis une explosion de cris retentit. Gryf, qui ne comprenait définitivement pas la langue des barbares, ne comprit rien à rien. Il se retrouva ainsi à festoyer avec eux. Apparement, les barbares le considéraient comme un grand guerrier, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Il constata que même à son grand plaisir que les femmes de la tribu n'étaient plus indifférentes à son charme. Mais il se reprit bien vite, conscient qu'il devait rejoindre les Légendaires. Il devait pour cela quitter la tribu. Il le ferait à la faveur de la nuit.
Il entrenait encore ces pensées, quand un autre rituel commença à se dérouler. Torin vint le trouver, et tenta d'expliquer à Gryf par signes ce qui allait se passer. Gryf comprit que pour résumer, ce rituel allait invoquer le dieu, ou un esprit, de la tribu, qui non seulement lui accorderait de les comprendre, mais ferait de lui un vrai barbare, notamment en donnant à son âme humaine un corps digne, et non pas ce que Torin qualifiait de corps d'animal. Cette dernière conclusion énerva Gryf, qui se prépara à utiliser son Katseye pour s'enfuir. Mais il attendit, curieux de voir la divinité locale. En revanche, dans les chants du shaman et des barbares, il en vint à reconnaitre un nom, qu'il avait espéré ne plus jamais entendre. Des sentiments de dégout, de colère, d'incompréhension se mélèrent dans son esprit quand il comprit qui les barbares honnoraient-ils: "Anathos ! Anathos ! scandaient-ils sans cesse".
A peine cinq minutes plus tard, Gryffenfer, transformé en fauve à la taille impressionante, courrait en direction du nord, laissant derrière lui un camp de barbares surpris.

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Mar 20 Nov - 19:19

Chapitre 7: Le palais...

"On est où ? cria Uly.
-Je ne sais pas, répondit Jadina, qui regardait le soleil se lever.
-Et ce n'est pas en criant que tu vas faire avancer les choses, renchérit Shimy.
-Mais enfin, répondit l'intéressée. Nous avons été attaquées durant la nuit, nous nous sommes perdues dans une tempête de neige, nous avons été séparées de nos amis, et nous sommes maintenant au milieu de nulle part, avec peut-être des barbares prêts à nous fondre dessus, et sans savoir où aller pour le moment ! Et vous voudriez que je reste calme ?
-Tu as raison sur ce point, répondit Shimy. On ne sais pas où on est. Mais on sait où aller. Le chateau dont a parlé Elué. On sait qu'il est droit vers le nord. Il ne nous reste plus qu'à attendre la nuit, et à suivre l'étoile polaire.
-Pas la peine, répondit Jadina. Je connais un sort qui nous indique les différents points cardinaux. Ainsi, regarde là... Et elle murmura une formule qui traça une ligne émeraude droit vers le nord. En route donc."
Et les trois compagnes se mirent à marcher vers le nord. La plaine restait la même à perte de vue, à la fois rassurante et déprimante. Partout où portait le regard, on ne voyait que des étendues enneigées, avec de temps en temps des bosquets de sapins. La neige crissait sous leurs pas, et lorsqu'Uly eu la curiosité de se baisser pour voir quelles plantes pouvaient bien pousser par ici, elle constata que c'était simplement de la lande, et de la bruyère. Puis le vent se leva. Un vent venant droit du nord, un vent froid. Il soufflait fort, contraignant les trois jeunes filles à avancer voûtées. Et alors, les nuages arrivèrent du nord. "Pas encore, songea Jadina". Mais le destin décida de la contrarier. Et la neige se mit à tomber, guidée par les rafales de vent. Ce ne fut pas une chute brusque et intense comme la dernière, mais néanmoins, elle était suffisament importante pour les gêner. Cette fois-ci, Jadina éclaira le chemin (ou le fil d'émeraude) pour que toutes puissent le suivre, sachant qu'il n'y avait pas de barbares à proximité. Mais néanmoins, Jadina pouvait sentir quelqu'un approcher au nord. Elle en prévenit Shimy, qui se prépara à un combat éventuel. Ses broches lui indiquaient clairement que l'inconnu était environ 20 mètres devant le trio.
Jadina se relâcha quand Shimy lui confirma qu'il était seul. Il lui paraissait étrange qu'un barbare ose les attaquer seul, mais néanmoins, elle se prépara au pire. Mais alors surgi de la tempête un jeune homme ... non, non un elfe ! Il avait de longs cheveux blancs dans le dos, et portait une amure noire, des gants en fourure noire, et une cape entièrement noire, l'ensemble contrastait avec son visage pâle et ses yeux argentés.
"Vous êtes du groupe qui a lutté durant la tempête d'hier soir, dit-il.
-Euh, oui, répondit Shimy. Vous savez ?
-Je sais de nombreuses choses qui se passent ici, répondit l'inconnu. Mais laissez-moi vous guider vers le palais que vous cherchez. Il est indétectable aux enchantements. Vous seriez passées à côté avec ce fil magique."
Jadina rougit à cette nouvelle. Mais l'inconnu les emmenait bel et bien au nord, et il marchait d'un pas sûr.
"Vous êtes ici depuis combien de temps ? demanda Uly.
-Bien plus longtemps que tout ce que vous pouvez imaginer, répondit-il.
-Si longtemps que cela ? demanda Shimy.
-J'ai pu vous voir naitre, toutes les trois, répondit l'inconnu. Cela même ne vous donne pas une bonne idée de mon âge.
-Ah bon ? demanda Uly, vraisemblablement séduite par l'inconnu. Nous ne savons pas non plus votre nom...
-Mon nom est Gaunt, répondit-il. Et je suis ici depuis que Dame Elué m'a chargé de veiller sur son palais.
-QUOI ?! hurlèrent de concert les trois jeunes filles. Ca veut dire que vous avez au bas mot...
-Plusieurs milliers d'années, oui."
Sur ces entrefaites, elles virent se profiler un palais de glace à l'horizon. Il était étrange, car bien que fait de la glace la plus pure, son intérieur était chaleureux, et les murs avaient une douce coloration bleutée. Ceci mis à part, il s'agissait d'un petit palais tout à fait charmant et habitable. Gaunt leur présenta leurs chambres respectives, puis les invita à diner. Les plats apparurent magiquement sur la table, et la conversation tourna bien vite à un dialogue entre Uly et Gaunt, Uly qui essayai de séduire l'elfe, qui quand à lui essayait de lui faire comprendre qu'elle le laissait indifférent. Les deux protagnonistes rencontrèrent échec sur échec pendant la soirée. Puis Shimy demanda ce qu'était la porte fermée devant elle.
"Fermée, mais pas verouillée, répondit Gaunt. C'est le bon sens qui lui tient lieu de verrou. Vous n'avez pas envie que je vous prenne à aller fureter pour voir ce que j'y protège. Du moins pas avant que vos amis ne soient arrivés."
Plus tard, dans la nuit, le trio ouvrit lentement la porte interdite. La curiosité étant un vilain défaut, elles avaient convenu de jeter un oeil pendant le someil de Gaunt. Alors, elle virent une salle du trône, au centre de laquelle se trouvait un autel sur lequel Shimy distinguait grâce à ses broches une personne inconsciente. Lorsque le trio se pencha sur la femme, elles eurent deux surprises. La première, cette femme était adulte. Comme si l'incident Jovénia ne l'avait pas affectée. La deuxième, il s'agissait d'Elué la Rose, qui dormait paisiblement. "Je vous avait dit de ne pas venir ici, fit alors Gaunt, sur le pas de la porte"...

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Jeu 13 Déc - 18:32

Chapitre 8 : De glace et d'argent
"Je vous avais pourtant dit de ne pas venir ici, dit Gaunt.
-Mais... comença Uly.
-Maintenant, je crains de devoir vous faire du mal, peut-être même de devoir vous tuer, qui sais. Rien n'est impossible.
-Vous croyez ? dit Jadina. Vous savez que nous ne nous laisserons pas abattre.
-Exact, je le sais. Mais je ne doute pas non plus de ma victoire. Voudriez-vous sortir, que je puisse accomplir ma tache sans tout saccager dans cette salle ?
-Tout saccager dans ... Mais il n'y a rien ! dit Shimy. Il n'y a que ces trônes de glace au fond, cet autel au centre, et sur cet autel... Vous craignez que le combat ne fasse du mal à Elué !
-Exact. Cette jeune elfe qui vous accompagne est très perspicace, mesdemoiselles.
-Très perspicace... Je vais t'en donner du perspicace ! cria Shimy, se sentant insultée (d'autant plus que Jadina avait sagement acquiésé, avec un sourire aux lèvres)."
Aussitôt, elle attaqua. La glace autour de Gaunt se souleva en une main géante qui saisit le guerrier, et le serra jusqu'à ce qu'il ne puisse plus bouger. Il n'avait pas tenté de lutter. Le trio pensa d'abord avoir triomphé, mais c'est alors que la main géant rentra dans le sol, libérant Gaunt au passage.
"SHIMY ! T'es idiote ou le fais exprès ? cria Jadina.
-Je ne sais pas, répondit-elle. Je n'ai pourtant rien fait...
-C'est moi qui ait fait ça, répondit Gaunt."
Avant que les légendaires ne réagissent, il était sur elles. Ses deux épées avaient chacune la pointe sur la gorge d'une légendaire, et Uly était cachée derrière l'autel.
"Maintenant, adieu, mesdemoiselles. J'avais pourtant espéré que nous puissions bien nous entendre, et que ..."
Il fut interrompu par une tornade de coups.
"Z'arrive à temps on dirait ! dit Razzia."
Amy fabriqua une corde improvisée pour emprisonner le guerrier, et l'attacher à un pilier. Malgré ses efforts, Gaunt ne put se libérer de ces liens.
"Faudra trouver une corde de rechanze, dit Razzia.
-L'heure n'est pas à ça, répondit Jadina. Pourquoi vouliez-vous nous empêcher d'atteindre Elué ?
-Pourquoi vouliez-vous l'atteindre ? Vous ne savez rien de plus que son nom.
-Et cela n'implique-t-il pas que nous sachions qui elle est ?
-Cela implique juste que vous sachiez lire le nom qui est gravé autour d'elle sur l'autel, répondit Gaunt.
-Euh... exact. Mais nous connaissons son histoire.
-Son histoire ?
-La légende... les barbares, la trahizon, le collier, dit Razzia.
-Et nous avons amené le collier avec nous, dit Uly.
-Vous... vous avez le collier ? demanda Gaunt. Détachez-moi. Je ne vous ferai pas de mal. Je vous prenais pour un de ces groupes de pilleurs de tombes, mais il semble qu'il n'en soit rien...
-En fait, c'est une amie à nous qui a le collier, dit Jadina. Elle s'appelle Ténébris, mais nous avons été séparés par une tempête de neige, et...
-Il faut nous mettre à sa recherche immédiatement ! dit Gaunt."
Les autres ne furent pas long à convaincre, mais un tulmute leur parvint de l'extérieur. Ils sortirent, pour découvrir Gryf en train de se cacher des assauts de la manticore affamée.
"Arrête ! cria Razzia."
La manticore ne s'arrêta pas pour autant.
"Il faut la tuer ! dit Shimy ! Ou elle va tuer Gryf avant !
-Dommaze, ze l'aimais bien, dit Razzia.
-Il n'est pas nécessaire de la tuer, dit Gaunt. Puis il se tourna vers la bête. Griffe d'argent ! Pots ti won ! cria-t-il."
Aussitôt, la créature cessa d'attaquer Gryf, et vint se poser en l'attente d'instructions.
"Bien dressé votre bêbête ! dit Gryf.
-Z'est moi zon maitre normalement, dit Razzia...
-Je connais mieux Griffe d'argent que vous, répondit Gaunt. Voulez-vous que je raconte cette histoire maintenant, où après que nous ayons retrouvé Ténébris ?
-Ténébris sait se débrouiller, répondit Jadina. Et vous en savez trop que nous ignorons. Nous voulons entendre votre histoire !"

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Jeu 20 Déc - 17:47

Chapitre 9: L'antique forêt des fées

"Fiou, murmura Ténébris. Quelle course ! J'ai bien cru qu'ils allaient me rattraper... Mais bon, c'est chose réglée. Ceci dit, où est-ce que je suis ?"
Elle observa tout autour d'elle. Sa course durant la tempête de neige l'avait emmenée dans une clairière aussi blanche que la forêt de sapins qui l'entourait. Au centre de la clairière, c'est-à-dire à environ cinq mètres du sapin le plus proche, se trouvait inexpliquablement une congère. Elle observa le ciel, mais se doutait d'emblée de ce qu'elle verrait. Si ce n'était plus une véritable tempête, la neige tombait toujours, venant de nuages aussi blancs que le sol.
"Ok... J'espère que ces nuages se seront en allés d'ici à ce que la nuit soit tombée. Je n'ai rien pour me diriger vers le nord... à part l'étoile polaire lorsqu'elle se lèvera. Et si les nuages me la cachent... Elué ?"
Pas de réponse. Ténébris comprit que la Haute Dame avait dû utiliser toute l'énergie à sa disposition pour invoquer la tempête qui avait permis aux Légendaires de fuir le combat. Elle devait donc se reposer...
"Bien, dit Ténébris. On dirait que je suis seule... Reste à savoir que faire. Bon... Les autres doivent au moins rencontrer les mêmes problèmes que moi."
Elle choisit d'attendre la nuit ici. Si l'étoile polaire se montrait, alors elle n'aurait plus qu'à la suivre. Sinon... Et bien elle verrait ce que l'avenir lui réservait. Elle s'assit sur la congère, puis un temps qui lui sembla infini passa, jusqu'à ce qu'elle entende venant des arbres du mouvement. Elle se cacha dans d'autres arbres, à l'exact opposé de la source du bruit. Et elle attendit de voir ce qui allait sortir de la forêt...
Sortit alors de la forêt un homme aux longs cheveux blonds, vêtues d'une tunique de tissu fine dont les couleurs bleutées rappellaient l'eau de la mer... Il portait un long arc en bandoulière, mais accroché de façon à ce qu'il n'abime pas... Les ailes de fée qu'il avait dans le dos ! Ténébris poussa un petit cri de surprise à cette vue. Une fée ? Non, un fée ! Elle ne savait même pas que ça existait... L'homme se tourna vers elle.
"Je sais que vous êtes là, jeune fille, dit-il.
-Jeune... Vous paraissez aussi jeune que moi ! dit-elle par réflexe, avant de se souvenir qu'il avait dû subir l'incident Jovénia, comme tout le monde.
-L'incident Jovénia a été aussi peu clément envers mon peuple qu'il le fut envers l'ensemble d'Alysia, répondit-il. Vous paraissez gelée...
-J'ai peut-être un peu froid. Mais il faut que je m'en aille, dit-elle. Je dois aller...
-Le tombeau d'Elué la Rose, je sais, répondit-il. Suivez-moi.
-M'y ménerez-vous ?
-Votre destin n'est pas de poser les yeux sur son tombeau, répondit l'homme. Suivez-moi.
-Euh... non, répondit Ténébris. Je dois rejoindre mes compagnons, qui sont en route pour ce château, et..."
Elle fut interrompue par un violent choc à l'arrière du crâne.
Lorsqu'elle se réveilla, elle était dans un lit rudimentaire, sous des couvertures en peau de bête. La pièce dans laquelle elle se trouvait était pour le moins étrange. Le plafond semblait être fait de terre, et des racines d'arbre courraient tout au long des murs. Sur ces mêmes murs se trouvaient fixés différentes étagères, et une armoire en bois était posée contre l'un d'eux. A travers la porte entrebaillée de la pièce, elle pouvait voir un feu crépiter dans un âtre qui aurait parfaitement convenu à un noble qui aurait son château en pleine campagne. Elle sortir du lit dans lequel elle se trouvait, pour constater que quelqu'un avait changé ses vêtements. Elle ne portait plus sa tenue habituelle, mais une robe rouge carmin, une robe qui aurait convenue pour un bal de la haute noblesse. En outre, Elué n'était plus accrochée à son cou. Elle sortit dans la pièce principale, et y trouva l'homme-fée, ainsi qu'une femme, une fée elle-aussi, qui commença par s'excuser de l'avoir frappée.
"C'était nécessaire, où vous auriez refusé de le suivre, dit-elle.
-Qui êtes-vous bon sang ! explosa Ténébris. Je veux des réponses. Nous allons dans une région prétenduement déserte à part des barbares, je tombe ensuite sur des fées, qui m'assoment et m'hébergent comme si tout cela était logique !
-Calme ... toi ... Ténébris, intervint la voix d'Elué. Ils ... nous ... nous nous ... connaissons.
-Vous vous connaissez ? demanda Ténébris. Mais ça veut dire que vous auriez...
-Plusieurs millénaires d'existence, répondit la fée. Comme chacun dans notre peuple.
-Votre peuple ? demanda Ténébris. Mais vous êtes ...
-Une centaine environ, l'interrompit l'homme. Et cette forêt est notre domaine."

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Mer 2 Jan - 14:29

Chapitre 10: Quand combattent les héros

Gaunt s'adossa à un mur du palais... Il ignorait totalement par où commencer son histoire...
"Que savez-vous de notre peuple ? demanda-t-il finalement.
-Rien de précis, dit Jadina. Les légendes qui parlent d'un peuple prospère et...
-Les légendes sont ce qu'elles sont, répondit Gaunt. Mon peuple n'était pas prospère...."

Il n'était pas né lorsque son peuple arriva dans la région. Chassés du sud par une série de guerres, ils s'étaient réfugiés ici. La paix, au début, était assurée par le climat lui-même. La neige même en été ... Ce peuple dépendait entièrement du sud pour toutes les denrés issues de l'agriculture. En revanche, ils n'avaient plus aucun lien. Et puis, les barbares arrivèrent pour la première fois.
"J'étais enfant, lorsqu'ils sont venus. Ils ont ravagé plusieurs petits villages paisibles, mais nos pères et les pères de nos pères les ont aisément défaits. Il ne s'agissait que d'une petite troupe d'une soixantaine de barbares... Et les chevaliers étaient entrainés pour cette situation. Ils se sont rués sur les barbares, tels une déferlante de muscles et de métal, et ceux qui n'ont pas été empallés sur la pointe de leur lance finissaient invariablement piétinés à mort sous les sabots durs comme l'acier de leurs montures. Une bataille ? Non, jeunes gens. Un carnage..."

"Mais attendez ! dit Jadina. Vous parlez de cette époque comme si vous l'aviez vécue !
-Laisse-moi finir mon histoire, veux-tu ?"

"Je me souviens de mon père allant trouver Krauch, le père de Karl. Je me souviens de leur étonnement, puis de leur inquiétude, liée à la précense de ces barbares sur nos terres... A tout le moins savions-nous une chose: ils maniaient des gourdins rudimentaires, et les seules armes de métal qu'ils avaient sur eux étaient des couteaux volés à leurs victimes précédentes... Mais ils venaient néanmoins des montagnes, desquelles nous étions séparés par la forêt que vous avez visitée..."

"Oui, ze zais, répondit Razzia. Ze viens de zes montagnes...
-Allez-vous me laisser parler ?"

"C'est presque à l'âge de mes quinze ans, alors que Karl en avait bientôt seize, que lassés des raids des barbares (il y en avait eu une dizaine en dix ans...), nos pères ont décidé de monter une expédition destinée à rejoindre les montagnes, et à trouver le camp des barbares. Le cas échéant, si nous pouvions leur apprendre les conséquences d'un raid, ce serait merveilleux. Karl et moi faisions partie de l'expédition. On nous avait appris à nous battre, il était temps pour nous de subir l'épreuve du feu. Le Rocher... Karl n'a jamais mérité cette appellation. Vous saurez pourquoi par la suite. Nous nous sommes aventurés dans la forêt, qui à l'époque était bien plus grande que ce que vous en avez vu. Nous étions inquiets, car personne ne s'était jamais aventuré aussi loin. Et nous voyions des choses... Cette forêt n'était pas naturelle... Hantée, disions-nous à l'époque. Seul Karl semblait ne pas s'en soucier et continuait à avancer, en plaisantant sur notre superstition... Je suis venu le trouver, un soir, juste après le repas. Il fallait qu'il cesse de se moquer, car les êtres qui hantaient cette forêt, quels qu'ils soient, n'étaient certainement pas amicaux.
"Tu vas arrêter de te foutre de nous ! lui ai-je dit.
-Je ne me moque pas de vous. Mais admets simplement que, hantée ou non, cette forêt ne nous a rien fait de mal. Et tu devrai en rire un peu, toi aussi. Crois-moi, cela fait le plus grand bien...
-Ce n'est pas drôle ! Tu connais comme moi les histoires de spectre qui te mettent en confiance et te mettent en pièces, les dryades qui te séduisent sous la forme de splendide jeunes femmes, et ne prennent leur véritable apparence de femmes à la peau d'écorce que pour te...
-Je connais toutes ces histoires ! Ne me dis pas que tu en as peur ? Elles ont été faites pour effrayer les enfants et les jouvencelles qui..."
C'en fut trop pour moi. Je souhaitais lui faire ravaler cet orgeuil mal placé. Je lui ai envoyé un coup de poing dans l'estomac, coup si violent qu'il a ouvert la bouche toute ronde et a vomit son repas. Il a reculé de deux pas, en hurlant:
"Salopard ! J'étais pas prêt !
-Moi si, répondis-je."
Il tenta de me frapper, mais trop lentement. Je l'avais vu venir. Inclinant l'épaule, je lui ai présenté mon dos et j'ai encaissé le coup. Il avait frappé de trop loin, et l'énergie de son coup de poing s'était dissipée avec la distance. Cependant, il n'en avait pas terminé. Il a enchainé avec un crochet du gauche, que j'esquivai en reculant. Je portai alors un second coup, à la tempe. J'eu l'impression d'avoir cogné une barre de fer. Mais il recula, à ma grande joie. Cependant, le cercle des chevaliers et éclaireurs qui nous accompagnaient s'était resseré autour de nous. Si le sergent, Karlich je crois, avait été là, il aurait mis fin à la bagarre. Mais ce n'était pas le cas, il était aller se soulager un peu plus loin. On avait deux minutes pour régler nos comptes.
"Tu fais moins le dur, hein maintenant ? que j'ai dit"
Il ne daigna même pas me répondre. En garde, les points levés, il se contenta de cracher une glaire rougeâtre, puis me fit dédaigneusement signe d'approcher. J'ai fait semblant d'attaquer du côté où il se protégait le mieux, puis profitant qu'il ait baissé sa gare, je le frappais d'un coup de pied à la jambe. Il perdit l'équilibre. Je savais que c'était son point faible, qu'il n'avait jamais eu un bon équilibre au combat. J'avais compté là-dessus, mais il avait prévu le coup.
"Viser le point faible, une bonne tactique, dit-il.
-Chez toi, c'est tout le corps qui est faible, ai-je répondu. Bras levé, je me jetais sur lui dans l'intention de le finir d'un coup de poing sur la tête.
-Et toi, c'est ton orgeuil ton point faible... dit-il en plongeant, esquivant mon poing, et ripostant d'un upercut à l'estomac."
Il accompagna cela d'un terrible crochet à la cage thoracique, pas assez brutal pour me briser une côte, mais suffisament pour me faire mal et causer une belle echymose. Je tombais en avant, le souffle coupé, comme si j'avais été percuté par un marteau. Qui arriva peu après. Alors que j'étais penché en avant, occupé à recracher tout ce que j'avais dans l'estomac, il m'applatit d'un violent coup de coude dans le dos qui m'envoya au tapis. A présent, c'était moi qui cherchai mon souffle et crachait de la bile ensanglantée sur le sol. Il s'apprêtait à me donner un coup qui m'aurait assomé, quand il fut à son tour envoyé au sol par un violent coup de poing donné par Karlich de retour. Nous recûmes tout deux un savon mémorable, que Karlich conclut par: "Que ce soit la dernière fois, vous deux, ou alors je brise...".
Nous acquisions, ignorant que nous étions observés...

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Ven 4 Jan - 18:58

Chapitre 11: La rencontre
"Mais... Le fait qu'il ait été un peu orgeuilleux et pédant, était-ce un prétexte valable pour vous battre avec Karl ? demanda Shimy
-Oh, croyez-moi, il est toujours ainsi... Mais passons.. La suite de l'histoire... Les montagnes."

"Nous arrivâmes dans une chaine de montagnes, orgeuilleux, certains de notre supériorité, mais aussi et surtout de la justesse de notre cause. Nous étions à cheval, engoncés dans nos armures de fer, et nous entendions la neige crisser sous chaque pas de nos chevaux. Nous n'avons rencontré aucun barbare pendant les trois premiers jours. Puis, au détour d'un col, nous vîmes un feu dans une vallée. Nous observions, et il y avait là tout un campement d'une grosse centaine d'individus. Nous nous déployames selon un ordre strict, en cinq rangées de dix chevaliers... Karl et moi avions été placés en première ligne. J'avais encore mal aux côtes suite à son coup, et lui, suite au coup de poing de Karlich, il avait un bandage sur son nez cassé... Puis nous chargeâmes. Nous étions d'abord au trot, puis le trot se mua en canter, puis le canter en galop... Nous galoppions à bride abattue vers la vengeance. Les barbares nous virent... Trop tard pour eux. Nous abaissions nos lances au fur et à mesure que nous choisissions nos cibles. L'impact fut terrible. Nos lances transpercèrent les corps comme elle l'auraient fait de papier. Je tuais mon premier homme ce jour-là. Il finit empalé sur la pointe de ma lance. Ceux qui n'avait pas été empalés sur les lances furent renversés par l'impact avec les premiers chevaux, puis piétinnés par les suivants. Un moment, je vis un barbare lever sa massue sur moi, me frapper, mais mon armure amortit le coup. Et mon cheval lui fendit la machoire d'un coup de sabot. Puis nous tirâmes nos épées. Je sentis une carotide s'ouvrir sous un coup précis. Puis nous les vîmes... Des femmes et des enfants. Les femmes étaient aussi féroces que leurs maris, mais les enfants s'enfuyaient à notre approche. Je regardai Karlich.
"Ils n'ont pas retenus leurs coups lorsqu'ils ont frappé NOS enfants, dit ce dernier. Tuez-les tous."
Et je le fis. Je frappais un enfant, et je le mis à mort. Mais j'ignorai ce qui se passait ailleurs dans le camp. Karl trouva une petite fille."

Karl était horrifié par le spectacle qui se déroulait devant ses yeux. Ses compagnons, maitre Karlich, l'homme le plus honorable qu'il ait jamais connu, et même Gaunt tuaient des enfants sous ses yeux... Une femme se rua sur lui, mais eut un spasme soudain quand une épée plongea dans son dos et ressortit de l'autre côté de son torse élancé. Un chevalier le regarda en souriant, puis fit tomber le cadavre d'un coup de pied. Peu de temps après, une petite fille s'écarta du massacre et se rua en direction de Karl en hurlant sans trêve un mot dans la langue des barbares que celui-ci ne connaissait pas, mais qui ne pouvait vouloir dire qu'une chose: "mère !" La rage, l'épouvante, l'horreur et une dizaine d'autres émotions attaquèrent l'esprit de Karl en cet instant abominable. Il voulait se jetter dans le massacre, connaitre l'aveugle frénésie que connaissait ses frères d'arme, et admettre la réalité. Cela aurait été si facile d'abandonner cette conscience et de tuer sans souffrir ! L'enfant s'était précipitée au devant de Karl mais l'avait à peine remarqué, car son regard n'avait pas quitté le corps de sa mère. La tête baissée, elle lui présentait sa nuque: il pouvait la décapiter d'un coup sec. Il leva son épée, sans savoir s'il s'apprêtait à commettre un meurtre ou à faire preuve de charité. Et il faillit le faire. Mais au dernier moment, elle leva son regard sur lui, et la lueur qu'il y vit évoqua un reflet noir de son coeur assombri. Il abattit son épée d'un geste puissant, et vérifia du coin de l'oeil: personne n'avait remarqué que l'épée passait à côté de l'enfant sans lui faire de mal. Dans le même mouvement, il aggripa la petite par sa tunique de peau et la jeta face contre terre. Il déchiqueta adroitement à coup d'épée les vêtements de la petite, puis étala le sang de sa mère sur sa peau. Puis il se pencha vers elle: "Ne bouge surtout pas, dit-il." A ce moment, la bataille se termina.

"Pendant le voyage de retour, Karl avait l'air angoissé. Je me suis toujours demandé ce qui avait pu se passer pour lui, mais je sûs plus tard, lorsqu'il m'avoua tout, qu'il avait épargné cette petite, et qu'il se demandait s'il n'aurait pas mieux fait de mettre fin à ses jours... Elle avait de toutes façons peu de chances de survie, seule, dans la neige, avec tout son clan mort à ses côtés... Mais notre expédition n'était pas terminée. Nous étions sur le chemin du retour quand nous entendîmes un rire effroyable. Griffe d'Argent, celle-là même que vous voyez dans la cour, fondit sur nous. Nos armures étaient forgées dans le métal le plus pur, mais elle les déchiqueta sans peine. Plusieurs chevaliers trouvèrent la mort dès sa première attaque. Lors de la deuxième, nous pûmes analyser sa stratégie. Et à la troisième attaque, nous ripostâmes. Ce fut Karl qui la blessa. Il enfonça profondément son épée dans le flanc de cette bête, atteignant un organe vital. Elle ne put redécoller. Mais c'est alors que Karlich, qui aurait dû donner l'ordre de l'achever, monta sur le dos de cette bête. Une monture digne d'un capitaine de la garde du roi, a-t-il dit. Bien sur, c'est Karl qui aurait dû la mériter, mais il n'avait pas envie de la monter, et ce fut Karlich qui la soumit à sa volonté. Et ainsi, nous retraversâmes la forêt avec Griffes d'argent à nos côtés. Mais en forêt, il arriva une nouvelle chose à ce parvenu de Karl."

Karl se promenait dans la forêt, seul avec sa conscience qui le taraudait. Il observait le ciel étoilé à travers la cime des arbres, entendant sans cesse les cris des barbares qu'il avait aidé à massacrer. Puis un scintillement dans le ciel nocturne le tira de son introspection. Une étoile palpitai au-dessus de lui et grossissait, déjà plus large que la normale. Sa lumière baignait Karl et l'endroit où il se tenait, formant un doux halo, et l'étoile continuait à palpiter. Puis la lueur enchantée disparut. Une femme se tenait maintenant devant Karl. Sa chevelure resplendisssait d'argent, et ses yeux bleus marine brillants reflétaient des années d'expérience, de sagesse, et d'amour. Elle était vêtue d'une longue robe de la soie la plus fine, et une couronne d'or sertie de gemmes lui ceignait la tête. Elle regardait Karl avec compassion, comme si elle pouvait lire chacune de ses pensées et comprendre les émotions et toute la détresse qu'il pouvait ressentir. Elle se présentat. Son nom était Elué...

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Mer 9 Jan - 11:46

Chapitre 12: Pendant ce temps, avant ce temps

"Vous avez massacré ... des enfants ? cria Shimy.
-Et si c'était à refaire, je le referrais à l'identique, répondit Gaunt. Mais sans oublier d'aller tuer cette petite fille que Karl a épargné. Ces barbares élèvent leurs enfants dans la haine de l'ennemi, et quoi qu'on fasse, croyez-moi, ils viendront nous attaquer dans dix ans. Ces petit enfants de cinq ans que j'ai tué... Dix ans plus tard on les aurait retrouvés avec des massues dans les mains à mettre le feu à nos maisons. En les tuant, j'estime avoir fait preuve de charité envers les habitans de ces maisons...
-C'est une question de point de vue, grommella Jadina. Mais il n'empêche que cela reste un crime. Mais passons, car je suppose que l'histoire ne s'arrête pas là...
-Non, répondit Gaunt. Elle continue même longtemps..."

Pendant ce temps, plus loin dans la forêt, les fées, Ténébris et Elué avaient une discussion du même genre. On parlait du passé. Mais un passé bien plus lointain, un passé que les légendes même avaient oublié...
"Quand les dieux ont créé Alysia, ils ont créé un ordre naturel sur ce monde, dit la fée. Cet ordre naturel peut se résumer au fait que l'arbre naisse d'une graine. Cela te parait logique, mais il en est ainsi parce que cela a été décidé ainsi. Et certaines choses sont inées, évidentes, et arrivent sans aide. C'est le cycle de la vie. Mais d'autres nécessitent une surveillance constante. Ces choses, ces évènements, peuvent fonctionner sans cette surveillance. Mais ils peuvent aussi ne pas fonctionner. Et les relâcher peut conduire, de manière non-systématique mais non négligeable pour autant, à un disfonctionnement.
-Qui aurait des conséquences ... dramatiques ? demanda Ténébris.
-Oh, plus que dramatique, mon enfant, répondit l'homme. Un tel disfonctionnement mettrait en jeu le destin d'Alysia dans son entier. Si le printemps ne succède pas à l'hiver, et qu'il laisse directement la place à l'été, nous passerons en quelques trois jours des neiges hivernales aux nuits chaudes de l'été. Imagines-tu les conséquences que cela aurait sur la nature, mais aussi sur le comportement des différentes populations du monde ? Voilà pourquoi les dieux ont jugé nécessaire de mettre en place des gardiens, des sécurités...
-Les pierres... commença Ténébris
-En font partie, compléta la fée. Mais elles ont un statut à part.
-Et comment savez-vous tout cela ? demanda Ténébris, qui commençait à croire que les deux fées lui racontaient une fable.
-Nous savons tout cela, car lorsque les dieux ont mis en place ces "sécurités", ils n'ont pas fait qu'utiliser les pierres. Ils ont également désignés des êtres vivants, qui à l'époque se montraient déjà plus intelligents que l'ensemble des représentants de leurs races, et les ont désigné pour veiller sur une fonction particulière, un élément de ce grand engrenage qu'est Alysia. C'est notamment pour les quatre saisons que quatre personnes ont été désignés. Ils n'ont jamais été remplacés, car ont accédé à des statuts de quasi-dieux. A ma connaissance, celui qui règne sur le printemps est un Jaguarian, du nom d'Obould. Le choix aurait pu se discuter, mais il est compétent dans ce qu'il fait Il parcours Alysia et on le trouve pour ainsi dire là où il veut qu'on le trouve C'est un solitaire, qui doit avoir une maison quelque part, mais y vivre en ermite retiré. Sur l'été règne un humain du nom de David, qui vit sur une île où l'été est permanent, et où les habitants dansent à demi-nus toutes les nuits pour dormir le jour. Je crois que cette île s'appelle Saintraupé, ou quelque chose comme ça. Sur l'automne règne un elfe, qui vit en druide dans une forêt dont j'ignore le nom. Il prend soin de ses amis animaux tout au long de l'année, et se contente d'accomplir son travail lorsque celui-ci vient. Il sert aussi de guérrisseur aux villageois des environs. Un elfe bienfaisant, et bon. Son nom est Harien. Et sur l'hiver...
-C'est moi... qui ai reçu l'hiver en charge, dit Elué, qui retrouvait peu à peu ses forces.
-Attendez... Cela voudrait dire que vous êtes aussi vieille qu'Alysia même ? demanda Ténébris.
-Oh ... non, bien entendu, non ... Alysia est .... plus ancienne ... de quelques milliers ... milliers d'années.
-Hein ? Pourtant, ils ont dû donner vos postes en urgence, ont dit...
-Tu apprendras, Ténébris, que lorsqu'on parle des dieux, dit la fée, les notions d'urgence, de vitesse, et de temps sont très déformées.
-Très déformées, c'est le mot qui convient, dit Ténébris.
-Peu après sa nomination à ce poste, Elué a choisi cette région pour son domaine, et y a installé un hiver permanent, dit l'homme-fée. Nous y vivions déjà, et elle a très vite lié des liens d'amitié sincère avec notre peuple. Puis le peuple de Karl le Rocher est arrivé... Ils se sont installés, et nous les avons observés. Nous avions l'intention d'établir des rapports pacifiques, mais les barbares, l'autre peuple qui était là avec nous, ne l'ont pas entendu de cette oreille. Et les représailles ont été sanglantes..."
L'histoire fut de nouvaeu racontée, du point de vue des fées. Jusqu'à ce que ces dernières disent que pour une raison alors connue d'elle-seule, Elué avait choisi de partir à la rencontre de Karl.

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Mer 27 Fév - 21:57

Chapitre 13: Le temps qui passe

"Il a rencontré sa belle au détour d'un chemin ? demanda Jadina. C'est si... romantique !
-Peu m'importe, répondit Gaunt. Karl n'a jamais, non jamais voulu me dire ce qu'ils s'étaient dits avec Elué ce soir-là. Mais au bout d'un moment, Karlich s'est aperçu de son absence, et nous a ordonné de nous mettre à sa recherche..."

Karl avait été laissé sans voix par la beauté de la femme qui était apparue devant lui, et pourtant il devait bien répondre à ses questions... Elle l'interrogea sur les barbares, sur son peuple, sur la fillette du camp, pourquoi l'avait-il épargnée, qu'en pensait-il... Il répondit en bafouillant et de manière peu intelligible, car il était à la fois surpris, émerveillé et apeuré par l'apparition d'Elué. Toutefois, ses réponses parurent la satisfaire. Les barbares ? Il ne les connaissait pas. Tout ce qu'il savait d'eux était qu'ils effectuaient des raids sur le pays, tuant des innocents, et qu'il fallait bien punir cela d'une façon ou d'une autre, mais pas comme les chevaliers l'avaient fait. Son peuple ? Il en était fier. Il était rempli de joie à l'idée d'être un jour appelé à le diriger, en tant que fils du roi. Mais après le massacre du camp, il songeait déjà à plusieurs changements qu'il faudrait amener dans les mentalités. La fillette ? Il dû décrire les sentiments de pitié qu'il avait ressenti au camp. A la fin du dialogue, il était presque en larmes, à l'idée que la petite fille était sans doute morte de froid, de faim dévorée par une bête sauvage, et cela à cause de lui. Autant de morts bien plus cruelle que la morsure de sa lame en plein cœur. "J'aurais pu la tuer d'un coup sec, qui l'aurait endormie à jamais sans lui causer la moindre douleur, gémit-il. Mais j'ai choisi de la faire souffrir. Je suis sans doute pire que mes compagnons d'armes..." Elué sourit à ces mots. "Vous avez fait le bon choix, dit-elle. J'ai moi-même récupéré cette enfant après le massacre du camp, et l'ai emmenée dans un autre camp de son peuple. Ils l'ont recueillie sans discuter. Soyez fier de votre geste, chevalier, car l'enfant vivra." Elle fut interrompue par l'arrivée de Karlich, qui fut étonné de trouver une femme à l'apparence aussi noble qu'elle seule dans la forêt. "Madame, dit-il. Acceptez de partager notre feu et notre modeste nourriture. Nous ne sommes que des soldats épuisés par un combat cruel mais nécessaire, cependant il est de notre devoir d'offrir escorte aux nobles Dames telles que vous. Si vous avez des compagnons de voyage, n'hésitez pas à leur dire de se joindre à notre compagnie."

Elué accepta l'offre du précepteur chevalier. Bientôt, ce fut à son tour d'être bombardée de questions par les guerriers des terres du nord. On lui posait des questions sur qui elle était, quelle était son âge, quelles étaient ses intentions... "Je suis une enchanteresse, répondit-elle. Je vis ici depuis des temps immémoriaux. Mon âge ? Oh, je n'en ai plus souvenir. Voyez-vous, quand la vie se compte en siècles, et depuis peu en millénaires, on ne se soucie plus guère de son âge exact. Sachez juste que les pères de vos pères n'étaient pas une idée dans la tête de leurs parents que j'atteignais mon premier millénaire. Mes intentions ? Eh bien puisqu'il semble qu'il me faille cohabiter avec votre nation qui semble définitivement avoir trouvé sa place en ces terres, alors j'ai simplement décidé d'aller à la rencontre de mes voisins. Vous vous demanderez sans doute pourquoi j'ai choisi de me présenter à vous et non pas directement à la ville, disons que j'ai mes raisons. Et je devais faire mes adieux à certains ... amis, ajouta-t-elle en observant la forêt alentour.

"Elué sembla parfaitement s'entendre avec les soldats de la troupe, dit l'homme-fée. Je crois qu'ils sont tous un peu tombés amoureux d'elle ce soir-là. Au point que quand Karlich annonça que, selon ses propres mots, "La Dame aura droit ce soir et les autres à une tente pour elle seule. Vu qu'on est quatre par tentes, je veux quatre volontaires pour dégager de la leur fissa", une rixe faillit éclater entre soldats. C'était à qui se ferait bien voir de la Dame en lui offrant le plus rapidement et de la façon la plus théâtrale sa tente (nous, fées, avons bien rit devant un tel spectacle). Puis finalement, ce sont Karlich et les officiers qui ont, afin de (là encore selon les propres mots de Karlich) "Donner une leçon de discipline à tous ces vauriens" cédé leur tente à Elué. Et tandis que nous avons vu le camp s'endormir dans la douce nuit du nord, nous avons compris que nous avions perdu une amie.
-J'avais ... l'intention de ... vous ... de vous revoir, intervint Elué.
-Mais tu ne l'as pas fait, dit la fée. Car les évènements ont échappé à tout contrôle.
-Qui ... pouvait ... prétendre contrôler ... ce qui allait ... ce qui ... allait ... suivre ? demanda Elué.
-Ce qui allait suivre ? demanda Ténébris.
-Oui, la suite des évènements prend place quatre ans après l'arrivée d'Elué, dit l'homme-fée. Elle avait fini par être acceptée comme une Dame de la cour..."

"Je me souviens de ses premiers jours parmi nous, dit Gaunt. Elle était ravissante, et chacun en ville s'imaginait déjà partager sa vie jusqu'à ce que la mort les sépare. Une femme si belle, si douce, et des enfants sans aucun doute à son image, c'était tout ce dont nous pouvions rêver. Nous étions tous plus ou moins amoureux d'elle, et ce à tel point que les autres femmes de la cour en furent vite jalouses ! Mais bon, un jour les prétendants se sont rendus à l'évidence: elles les éconduirait sans exception aucune. Ce qui fit que la plupart renoncèrent. A commencer par Karlich, qui avait pourtant été le plus entreprenant avec elle. Mais tout en restant galant et courtois comme il avait coutume de l'être avec les femmes. Et quand il a dû en trouver une autre suite à la déception apportée par Elué, il s'en est sacrément vite trouvé une le bougre ! Il était ainsi Karlich. Même s'il n'est pas forcémént beau, il avait de la prestance, du charisme, du savoir-vivre, du romantisme... Il allait bientôt être nommé maitre d'armes du palais royal, il était le maitre de Griffe d'argent, et par dessus le marché il était le genre d'hommes à aller jouer une sérénade à la mandoline sous le balcon de sa belle par une nuit de pleine lune avec le ciel dégagé... Avec de tels attributs moraux, il a vite fait chavirer des cœurs. Deux ans après l'arrivée d'Elué, il était déjà marié le sapajou ! Mais bon, je m'égare... Toujours est-il que deux d'entre nous ont continué à poursuivre Elué de leurs avances..."

Karl était secoué par les sanglots. Quatre longues années s'étaient écoulées depuis l'expédition chez les barbares, qui n'avaient pas cessé leurs raids pour autant. C'est pourquoi le royaume avait adopté une autre position stratégique: on privilégiait désormais la défense. Mais toujours plus de chevaliers ne revenaient pas de ces patrouilles. Et aujourd'hui, son propre père avait trouvé la mort au main d'une embuscade de ces ... étaient-ils seulement humains ? Il en doutait à présent. Toujours était-il que le cadavre de son père gisait là devant lui, vêtu de longues robes noires. Les prêtres l'avaient étendu, les bras croisés sur la poitrine, sur un autel. Demain, on incinérerait son cadavre sur le seuil du palais. Tous les autres nobles s'en étaient allés il y a plusieurs heures, quand il entendit des pas derrière lui. Il se tourna, et vit Gaunt s'avancer. Ce dernier avait été nommé précepteur du palais après que Karlich ait obtenu le rang de maitre d'armes.
"Éloignons-nous de cette pièce, mon roi, dit-il. Vous aurez suffisamment le temps de montrer votre chagrin demain.
-Merci, précepteur. Karl vit une bouteille de vin à la main de Gaunt. Vous avez bu ? s'étonna-t-il
-En effet... J'ai fait l'erreur d'aller trouver sa précieuse dame Elué cette nuit, et mademoiselle m'a encore une fois repoussé sans même daigner m'ouvrir la porte de sa chambre, dit-il. Je me demande pourquoi je m'obstine... Il est évident qu'elle s'estime trop bien pour moi, et que je suis condamné à avoir pour seule compagnie cette bouteille !
-Vous êtes ivre précepteur, dit Karl. Je vais vous laisser dans les cuisines, et demain vous irez vous excuser de votre conduite auprès de la Dame Elué."
Karl tint parole, puis il se rappela... Elué l'avait toujours apprécié. N'était-ce pas à lui qu'elle s'était présentée il y a quatre ans dans la clairière ? N'avait-il pas sa chance ? Il se dirigea vers sa chambre...

"C'est ce soir-là, dit Gaunt, que Karl a compris qu'il aimait Elué. Et je crois qu'elle l'avait toujours aimé, bien qu'elle n'en ait jamais rien dit. Sinon elle se serait présentée à la troupe cette nuit-là, dans la forêt. Et pas uniquement à lui. Je suppose qu'elle l'observait depuis longtemps, et qu'elle était tombée amoureuse de lui bien avant de lui parler pour la première fois. Elle lui a ouvert sa porte, contrairement à moi. Le lendemain, ils se sont affichés main dans la main à l'incinération du cadavre du père de Karl. Deux mois plus tard, le royaume célébrait leur mariage. Cinq années se sont écoulées, qui ont vu la naissance de leur fille, Vi. Ainsi s'écoulèrent les années..."

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Dim 3 Mar - 22:03

Chapitre 14: Complots

Ténébris buvait lentement une tisane chaude. Les fées avaient marqué une pause dans leur récit, qui durait déjà depuis plusieurs heures. Beaucoup de questions trottaient dans sa tête, mais elle savait qu’il lui fallait attendre. Les réponses viendraient en temps et en heure. L’histoire d’Elué était plus belle encore que dans la légende, et infiniment plus émouvante. Cependant, plus les fées avançaient dans l’histoire, plus elle sentait que le dénouement serait d’une rare violence. Cependant, elle se demandait parfois qui étaient les vrais sauvages entre les barbares qui avaient tué le mari d’Elué et détruit sa patrie, ou les hommes de cette partie. Le massacre du camp…

« Sait-on ce qu’est devenue la petite fille ? demanda-t-elle soudain.
–Nous ne le savons que trop, répondit la fée… Peut-être est-il temps de faire un retour en arrière, de connaitre quel fut son sort après qu’Elué l’ait remise aux mains d’une tribu voisine. »

Elle fut éduquée à la dure. Son clan étant détruit, elle était une fillette membre d’un clan mort. Car selon les barbares, il n’était pas imaginable qu’un clan puisse persister si son seul représentant est une femme. Et en tant que membre d’un clan mort, elle avait à leurs yeux autant de valeur qu’un mort, c’est-à-dire rien du tout. Elle fut élevée comme esclave par sa tribu, qui lui refusa jusqu’à l’honneur d’un prénom. Lorsque les hommes partaient effectuer des raids sur le peuple voisin, elle ne pouvait participer au festin d’adieu, et encore moins à la fête qui avait lieu à leur retour, si tant est qu’ils revenaient. Lorsqu’ils ne revenaient pas, on la laissait dehors tandis que tous les autres membres de la tribu se réunissaient sous une tente pour recommander leurs âmes aux dieux. Et ainsi de suite. Pour la tribu, elle pourrait tout aussi bien ne pas exister. Dès qu’elle put réaliser que sa situation serait toujours ainsi, elle comprit qu’il lui faudrait travailler si elle voulait que les membres de la tribu la nourrissent. Ainsi passèrent les années. Elle travaillait, et en échange un membre de la tribu pour lequel elle avait effectué sa tâche quotidienne lui donnait un peu de nourriture. Le soir, elle dormait avec les chevaux. Les travails qu’elle fit étaient variés. Elle garda des bébés, alla couper du bois, fit la cuisine… D’autres tâches étaient bien moins aisées pour une petite fille, comme nettoyer les écuries avec uniquement ses mains. Elle dut même un jour satisfaire les fantasmes d’un guerrier ivre mort. Mais un jour, elle entendit dire qu’une princesse nommée Vi était née de l’union du nouveau chef de la tribu de la vallée et de la sorcière qui lui servait de femme. Elle avait alors près de dix ans, l’âge qu’il fallait pour imaginer quelle serait son destin si elle avait été fille de chef elle aussi. Elle se mit à envier la petite fille. Elle grandirait avec tous les honneurs, et le jour venu, épouserait le plus puissant guerrier de sa tribu. Pendant longtemps, elle entretint secrètement l’espoir d’aller trouver ce chef de tribu, et d’attirer leur pitié. Pour ce faire, elle s’imagina elle aussi s’appeler Vi. Elle essaya bien de parler comme une fille de chef, mais ne put le faire qu’à elle-même, car elle ne voulait pas tâter du bâton, ou pire. Alors elle se parla à elle-même. Et pendant cinq ans, elle se donnait à elle-même des ordres, tout en travaillant pour la tribu pour gagner sa nourriture. Ces ordres se faisaient de plus en plus vifs, de plus en plus précis. Au bout de trois ans, elle se les donnait sans même y penser, de façon instinctive. Au bout de quatre ans, elle les donna pour la première fois à un enfant de la tribu plus jeune qu’elle. Cela lui valut d’être expulsée. Elle aurait pu mourir de froid dans la neige, mais là encore elle s’ordonna de vivre. Et au bout de cinq ans, la petite esclave qui avait grandi n’existait plus. Il n’y avait plus que Vi, une farouche barbare qui avait appris seule à chasser, combattre, et survivre dans la montagne. Deux années supplémentaires s’écoulèrent. Alors, tandis qu’elle avait dix-sept années, elle descendit de son repère, dans les plaines. Elle alla à la rencontre de ce peuple qui avait pu vaincre les barbares si aisément pendant des années. Là, elle fut stupéfaite du point auquel ce peuple était à la fois majestueux et miséreux. Majestueux car c’était un peuple structuré. Les riches d’un côté, les pauvres de l’autre, chacun travaillant pour s’élever dans l’échelle sociale, ou pour y maintenir sa position. Et au final, beaucoup se retrouvaient en bas de l’échelle, ou ils ne valaient rien. Pendant quelques temps, une partie de Vi prit en pitié ces miséreux, qui n’avaient plus d’autres choix que de travailler dur pendant toute la journée pour obtenir une paye qui leur suffisait à peine pour nourrir leur famille. Après tout, n’avait-elle pas connu le même sort ? Mais elle se raisonna bien vite. Ces gens n’avaient aucun mérite. Elle avait réussi, elle, à se sortir de cette situation. Et maintenant, elle était telle une reine dans la montagne. Rien ne pouvait lui résister. Puis elle fut impressionnée également par l’armée de ce peuple. Les guerriers étaient nombreux. Certes, tous les hommes n’étaient pas au combat, mais ils devaient déjà être aussi nombreux que si dix tribus s’étaient réunies ! Et comme si cela ne suffisait pas, ils étaient entrainés. Elle eut l’occasion de rentrer dans une caserne. Elle put y voir pendant la journée entière des hommes s’entrainer tant à l’arc qu’à l’escrime, faire travailler leurs muscles… Et elle fut encore plus impressionnée par leurs vêtements pour le moins étranges. Ils semblaient faits de plaques rigides reliées par des maillons chainés plus souples, leur permettant à la fois d’être protégés et de garder une certaine liberté de mouvements. De même, leurs armes étaient bien plus tranchantes que les armes des tribus…

« Elle resta chez nous durant cinq longues années, dit Gaunt. Nul n’a jamais pu savoir ce qu’elle prétendait faire chez nous pendant cette période, mais nous savons une chose : elle est entrée dans de nombreuses casernes à l’insu de nos meilleures sentinelles, elle a appris en les regardant. Lorsqu’elle repartait les dieux seuls savent où, elle répétait les exercices de musculation qu’elle avait observé chez nos soldats. Puis un jour, elle est entrée dans le palais royal, déguisée en marchande pour mieux tromper les soldats de garde. Elle put alors aisément, grâce à ses talents, entrer dans la salle d’arme, où elle déroba une complète armure de chevalier, ainsi qu’une lance et un large écu. Nous ne nous en sommes pas aperçus sur le coup, mais le soir venu, le chevalier de Balibari est venu trouver Karlich en se plaignant de la disparition de ses armes. Celui-ci a d’abord invité le chevalier à chercher de meilleure façon, mais quand il est devenu évident que les armes avaient été volées, nous nous sommes tous élancés à la recherche du criminel. Il est bien évident que nous n’avons pas pu le retrouver. Tandis que nous étions des quartiers nobles aux faubourgs de la capitale, nous ne pouvions imaginer que l’armement dérobé était porté par une jeune femme qui rentrait chez elle, sur la montagne. La suite, je ne la connais pas. Je sais juste qu’environ une année après, Elué a soudain manifesté une certaine angoisse. Puis l’invasion a commencé… »

« Après que Vi ai dérobé les armes, continua l’homme-fée, elle est rentrée dans la montagne. Elle est immédiatement allée trouver le chef de la tribu qui l’avait … recueillie et éduquée. Bien qu’elle soit bannie, elle avait au moins le droit de le défier, pour contester sa place. Un tel défi pouvait être lancé aussi bien par une femme que par un homme, aussi bien par un étranger qu’un barbare, aussi bien par un enfant que par un adulte. Il consistait à remettre entre les mains des dieux le choix de décider du nouveau chef de la tribu. Le dilemme qui leur était alors posé était simple : il s’agissait d’un combat, dont le vainqueur règnerait sur la tribu, et le perdant serait enterré. Le chef s’avança vers Vi, en lui expliquant qu’elle aurait dû rester dans les enfers où elle était allée. Il n’eut pas l’occasion de prononcer un autre mot. Il ouvrit la bouche mais il ne put que tousser et cracher du sang quand la pointe de la lance de Vi lui perfora la gorge et sectionna son rachis. Le chef barbare resta longuement fasciné par la lance, ouvrant la bouche dans une vaine tentative d’avaler quelques goulées d’air de plus. Au bout de plusieurs secondes, ses forces l’abandonnèrent. Il s’effondra, la tête à demi séparée de son corps, et sa vie s’échappa sur le sol glacial. Vi fut déçue de cet affrontement trop rapide. Son armure lui avait été inutile, et elle n’avait pour ainsi dire rien pu mettre en œuvre des différentes passes qu’elle avait apprises en observant les guerriers des plaines. Mais l’essentiel était désormais sauf à ses yeux : elle était chef de tribu. Alors, elle commença à régner en chef barbare, effectuant divers raids dans les plaines. Elle devint célèbre parmi les chevaliers, même s’ils ignoraient qui elle était, car chacun de ses raids se ponctuait d’un carnage sans nom, et jamais elle ne laissa de survivants pour faire parler d’elle. Et puis… le conflit commença.
–Quel conflit ? demanda Ténébris.
–C’est un peu long à expliquer, dit l’homme-fée. Te souviens-tu du moment où nous t’avons dit que quand on aborde la notion du temps du point de vue des dieux, il faut revoir chacun de ses critères ? –Bien sûr, dit Ténébris. Mais quel est le rapport ?
–Si… intervint Elué, si nous te disons que … que tous les … les évènements que … que nous t’avons … contés … se sont déroulés entre … entre … entre la création … d’Alysia et … la … révolte … d’Anathos … Que … que comprends … tu ?
–Attendez, dit-elle. Je croyais qu’Anathos s’était révolté dès la création d’Alysia ?
–Selon les critères divins, oui, répondit la fée. Selon les critères d’un homme, il faut compter une poignée de millénaires. N’oublie jamais, Ténébris, que les dieux ont l’éternité devant eux.
–Donc, dit Ténébris, la fronde d’Anathos allait se dérouler après les évènements qui ont vu la destruction du royaume de …
-Non, répondit la fée. C’est la révolte d’Anathos qui a déclenché la destruction du royaume. Laisse-moi t’expliquer… Lorsqu’Anathos s’est mis en tête de se révolter, il a vite compris qu’il avait besoin de soutien pour vaincre les divinités majeures. Certes il était puissant, mais il était loin de l’être assez, même avec les pierres gardiennes pour lui servir d’arme. Il est donc allé trouver successivement les divinités mineures de l’hiver, du printemps, de l’été et de l’automne. C’était un renfort plus qu’intéressant. Il faut croire que les trois autres dieux ont refusé fermement malgré ses efforts. Il a eu l’intelligence de ne pas les tuer afin de ne pas éveiller ses confrères, puis il est allé trouver Elué une nuit…

« Déesse de l’hiver, réveillez-vous ! dit une voie ferme. » Elué se réveilla en sursaut. Karl semblait ne pas avoir été réveillé par la voix, et elle compris qu’une divinité était là. Rapidement, elle enfila des pantoufles à ses pieds, et s’assura que sa robe de chambre était bien ajustée. Puis elle demanda qui était là. Alors, une silhouette s’incarna lentement devant ses yeux. Elle n’eut pas besoin de l’observer longtemps avant de reconnaitre Anathos. Elle s’inclina poliment, puis demanda :
« Quel bon vent vous amène devant moi, seigneur Anathos ?
-Un vent soufflé par le changement, répondit ce dernier. J’ai une question à te soumettre, ma chère.
-Vous savez que je suis obligée de vous répondre, dit-elle.
-Cette loi m’est connue, en effet. Elle me sied bien, car la franchise est alors de rigueur.
-Posez-moi votre question monseigneur, osa-t-elle dire. J’ai dû participer à un banquet jusque tard dans la nuit, ce qui fait que je suis toute à la fois lasse et fatiguée.
-Je comprends ce sentiment. Vois-tu ma chère, un changement dans la hiérarchie divine va avoir lieu. En effet, il se trouve qu’une divinité majeure souhaite bouleverser l’ordre établi afin d’en rebâtir un meilleur. Dans cet avenir, il y aura donc un schisme, et un conflit s’ensuivra. Je te demande donc quel camp choisirais-tu si cela devait arriver.
-Monseigneur, dit-elle. L’ordre établi est bon tel qu’il est. Pourquoi devrions-nous le changer, au risque de ravager Alysia ? Mon camp est déjà choisi, et…
-En es-tu sure ? l’interrompit brusquement Anathos, en la saisissant par le cou, et en la soulevant à plusieurs centimètres du sol. Si je venais à l’emporter, tu sais qu’il ne resterait rien de la misérable carcasse de ton mari, et encore moins de chose de celle de ta fille ? Tandis que toi, tu resteras enchainée au pied de mon trône, à souffrir mille morts en permanence, et hantée par les regrets d’avoir perdu ton amour… Est-ce cela la vie que tu souhaites, alors que je t’offre bien mieux ?
-J’ai fait mon choix, dit Elué, au bord des larmes. Partez maintenant… je vous en supplie, murmura-t-elle.
-Tu as fait un bien mauvais choix, dit Anathos. Et je peux t’assurer que tu le regretteras. »

« Vous avez été courageuse, Elué, dit Ténébris. Anathos a dû enrager par la seule force de votre volonté…
-Oui, mais là n’est pas la question, dit la fée.
-En effet, dit l’homme-fée. Anathos comptait attaquer, mais il devait empêcher les dieux mineurs de venir au secours des majeurs. J’ignore ce qu’il a fait aux autres, mais il savait déjà comment frapper Elué. Elle était vulnérable de par son mari, et son mari était vulnérable de par son royaume. Et qu’est-ce qui, depuis des années, menaçait son royaume ?
-Les barbares ? hasarda Ténébris
-Exactement, répondit l’homme-fée. Anathos est allé trouver Vi, la guerrière barbare…

La fête des braves battait son plein dans le village de Vi. Tous riaient, dansaient autour du feu, sous la surveillance attentive de leur chef. Puis une lueur rouge éclaira la totalité du camp, et une voix sinistre éclata de rire.
« Je vous salue bien, oh mes guerriers ! dit la voix. Cela fait des siècles que j’observe vos tribus, et sachez que mes pouvoirs sont tels que tous dans les montagnes peuvent m’entendre ! Vous honorez un dieu dont vous ignorez le nom, mais vous respectez ses principes ! Cette fidélité vous honore, fiers guerriers des montagnes ! Sachez-le : je suis ce dieu ! Depuis des années, vos routes, je les ai tracées, vos pas, je les ai guidés ! Je vous ai fait don de vos chevaux, de votre nourriture, et de toutes ces montagnes ! Sans rien demander en retour ! Aujourd’hui, moi, votre dieu, Anathos, je réclame mon dû : vous allez dès maintenant vous mettre en route sous les ordres de Vi, ma championne, afin d’anéantir le peuple de la vallée, de bruler leurs maisons de pierres, de prendre leurs femmes et de faire de leurs enfants vos esclaves ! »
Une véritable ovation accueillit cette tirade. Puis les vêtements de cuir rudimentaire des barbares se métamorphosèrent sous leurs yeux en armures de plaques complètes qui n’avaient rien à envier aux armures des chevaliers de la vallée. Des caparaçons apparurent sur leurs chevaux, et leurs armes mutèrent en armes de fers au tranchant aiguisé. Alors, ce fut une véritable folie. Tous scandaient le nom d’Anathos, et le remerciaient pour cette offrande. Soudain, Vi se sentit transportée dans les airs, et se retrouva face à face avec un être souriant.

« Qu’as-tu pensé, oh ma championne, de mon discours ? Penses-tu pouvoir réunir mes guerriers ? demanda Anathos.
-Je suis votre bras armé, monseigneur, répondit Vi. Le peuple des montagnes est l’épée que je tiens. Comment pourrais-je faillir quand je ne suis qu’une extension de votre volonté ?
-Bien, répondit Anathos. Cependant, il y a un détail. La sorcière, femme du chef de la vallée. Je veux qu’elle souffre. Peu m’importe comment, mais ne la tue pas. Fais la souffrir à la place. Elle m’a offensé, et elle doit payer…
-Elle endurera mille et une morts pour payer son offense, monseigneur ! dit Vi.
-Bien, murmura Anathos, avant de la reposer au sol. »

Vi redescendit comme dans un rêve. Arrivée en bas, elle scanda avoir rencontré Anathos. Alors, tous s’inclinèrent devant elle…

« Et donc, dit Jadina, lorsque les barbares sont venus, ils étaient lourdement armés ?
-Oui, dit Gaunt, et peu importe qui a fait cela, son choix s’est montré judicieux, si l’on considère que son objectif était de nous balayer. Lourdement armés, les barbares étaient plus nombreux et plus forts que nos hommes. Vous connaissez sans doute la suite, mais les évènements se sont enchainés d’une façon plus complexe que ce que vous croyez…"

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Dim 17 Mar - 21:08

Chapitre 15: La tragédie de la guerre, première partie

"La guerre qui opposait Anathos à ses huit semblables commença peu après la visite qu'il rendit à Elué, dit l'homme fée. En pleine nuit. Au début, chacun sur Alysia fut réveillé par des murmures sinistres, des plaintes lugubres dans le vent mauvais. Vent qui était d'ailleurs chaud, ce qui est impossible ici-bas, où règne Elué, déesse en charge de l'hiver. Des aurores boréales descendirent partout sur Alysia, même dans les royaumes elfiques. Puis le charme fut rompu. En quelques secondes, les cieux prirent la couleur du sang, et le vent se mit à souffler en rafales brûlantes, tandis que les murmures comme les plaintes furent remplacés par des hurlements et des cris que l'on identifia rapidement comme étant des cris de guerre. Telle fut la guerre entre les dieux d'Alysia. Chacun se terrait alors dans sa maison, et priait pour que cela cesse. Quelques jours plus tard, nous vîmes la forêt se faire traverser. Nous n'identifiâmes pas les barbares, car leurs peaux de bêtes et leurs armes rudimentaires avaient été remplacés par des armures de plaques noires et épaisses, et par de lourdes armes de métal. Ils étaient des centaines, non des milliers. Tous scandaient en rythme le nom d'Anathos, lui promettant de l'honorer. Nous ignorons ce qui s'est passé par la suite, mais tu en connais les conséquences..."

"Le premier endroit à tomber aux mains de ces brutes fut une petite place fortifiée, peuplée d'une dizaine de soldats et de leurs familles, dit Gaunt...

Vi observait le village. Il était calme. Tous devaient dormir. Mais il n'était pas question d'en épargner un seul. Elle ne voulait pas prendre le risque de les voir s'enfuir et avertir les deux cités du peuple de la vallée, bien plus importantes, et bien mieux défendues. Elle envoya une cinquantaine de barbares. Ces derniers utilisaient un large et épais bouclier, ainsi qu'un glaive. Ils n'eurent même pas à se battre. Le village endormi fut pris totalement au dépourvu. La plupart des habitants furent précipités directement du sommeil dans lequel ils s'étaient plongés en se couchant au long sommeil qu'est la mort. Les quelques uns qui se réveillèrent n'eurent pas la moindre chance. Hommes, femmes et enfants, tous furent tués sans un cri cette nuit-là. Vi fut satisfaite de ses guerriers, mais elle savait que le plus gros morceau restait à venir.

Ils atteignirent la première ville trois jours plus tard, au crépuscule. Elle était peuplée de trois mille habitants, et défendue par sa garnison régulière, ainsi que par une petite centaine de chevaliers. Et les barbares estimaient être cent fois cent... Et cette fois-ci, Vi comptait bien mener l'assaut. Elle sauta sur la selle de son cheval, et prit avec elle ses plus vaillants guerriers, montés également.
Sa poitrine se gonfla d'émotion alors qu'elle chevauchait à la tête de la colonne. Tout allait bien. Elle était en chasse, le vent jouant dans ses cheveux et précédant une troupe à cheval. Le roulement des sabots, le craquement des harnachements et les chocs des plaques des armures, le ciel rouge et les torches se réfléchissant sur les heaumes et les écus, le frisson qui précédait toujours la bataille... Elle aimait cela, et était d'autant plus fière qu'elle menait aujourd'hui le combat contre les ennemis d'Anathos, son maitre. C'était là qu'elle devait être, là était sa vie.
Ses oreilles perçurent des cris d'alarme.
"Fermez les portes ! Des cavaliers arrivent ! Des cavaliers en armes !"
"Chargez ! cria-t-elle avant de lancer sa monture au galop."
Dans son dos, les cavaliers accélérèrent eux aussi dans une parfaite discipline, maintenant leurs rangs alors que s'allongeaient les foulées de leurs montures et que le sol tremblait sous leurs sabots.
Aux portes, les gardes se hâtaient de fermer le passage, mais à la toute dernière seconde, Vi parvint à entrer. Elle renversa les hommes de sa lance, et derrière elle, les cavaliers rouvrirent violemment les portes en les enfonçant grâce à la force d'inertie accumulée durant la charge. Les gardes s'enfuirent, tirant de futiles flèches contre ces soldats qui les chargeaient avec leurs épées brandies. Vi sourit. La bataille aurait pu être difficile si les défenseurs avaient réussi à fermer les portes. Mais maintenant que son élite était entrée, ils étaient condamnés.
Les barbares piétinèrent la poignée de gardes sous leurs sabots tout en dévalant la rue principale, et en embrochèrent d'autres qui tentaient de se réfugier dans des allées et des portes de part et d'autre. Sur le beffroi de la grandplace, des cloches se mirent à sonner. Elles devaient sonner le rassemblement des chevaliers, qui espéraient sans doute repousser les barbares par une contre-charge.
Les chevaliers barbares avaient fini d'entrer. Après eux venait l'infanterie, qui se propagea partout dans la cité, tuant tout sur son passage. Les maigres portes de bois des maisons ne constituaient certainement pas un refuge sur...
Vi et ses chevaliers déboulèrent sur une place, dans laquelle un vieux prêtre et ses acolytes faisaient entrer des femmes et des enfants par la porte du temple, tandis que les hommes essayaient vainement de constituer un cercle défensif, armées de masses de bois, d'outils de forgerons ou de bouchers... Les cavaliers les renversèrent comme des poupées de chiffon, plus rapides que les plus rapides d'entre eux et plus forts que les plus forts. Les femmes crièrent en voyant leurs hommes tomber et le vieux prêtre leur fit accélérer le mouvement, puis il tira une épée, qu'il semblait trop décrépi pour pouvoir manier.
"Épargnez-les, monstres ! lança-t-il. Ils ne représentent aucune menace pour vous ! Prenez-moi à leur place !"
Vi ricana. Elle se tourna vers ses soldats, qui attendaient ses ordres.
"Tuez-les tous, dit-elle."
Ainsi fut fait. Tandis que ses chevaliers tuaient les gens de la vallée, le prêtre s'avança vers elle.
"Comment oses-tu ? bafouilla-t-il. Regarde-les... Ils sont innocents ! Ils ne t'ont rien fait, rien qui puisse justifier de telles atrocités !"
Il vit une femme tenter vainement de protéger son enfant, mais un chevalier barbare l'embrocha, avant de faire subir semblable sort au bébé qu'elle tenait dans les bras.
"Lucile, et son fils Charles, dit-il. J'ai moi-même aidé à le mettre au monde il y a deux mois. Et tu ruines cette œuvre. Peu m'importe la mort, les dieux te châtieront pour ta cruauté !
-Les dieux ? ricana Vi. Ils se fichent bien de moi. Seul Anathos connait mon existence, et il approuve mes actes !"
D'un revers de sa lance, elle embrocha le prêtre.
"Et je crois que les dieux se fichent de toi aussi, dit-elle."
Elle sourit. Les portes de l'église se fermaient. Elle les entendit se claquer, et de lourdes barres de fer être mises derrière pour les bloquer. Elle faillit éclater de rire. Cela ne les protégerait en rien. Leur pire cauchemar était là, et il dépassait tout ce qu'ils avaient pu imaginer.
Elle tourna son regard vers la ville. Plusieurs quartiers étaient déjà la proie des flammes, et des hurlements résonnaient un peu partout. Elle entendit au loin un galop, qui se rapprochait de la place. Elle pesta. Les chevaliers du peuple de la vallée venaient ici. Elle fit rapidement former une ligne de bataille décente à ses propres chevaliers, puis attendit. Les chevaliers arrivèrent sur la place, et chargèrent de trois rues en même temps. Vi abaissa sa propre lance, et donna l'ordre de contre-charger.
Le vacarme causé par les sabots des chevaux étaient assourdissant. Des pavés furent décelés, et les façades des maisons alentours s'effritèrent. Puis l'impact. Dans un bruit semblable à une explosion, les barbares rencontrèrent les gens de la vallée. L'impact fut violent. Les lances se brisèrent ou s'enfoncèrent dans les cuirasses. Les montures se heurtèrent poitrail contre poitrail, et beaucoup de cavaliers furent éjectés de leurs selles par l'impact. Les morceaux d'armures volèrent un peu partout. Vi enfonça sa lance dans le cœur d'un chevalier, puis dégaina une épée, plus commode d'emploi dans la mêlée qui s'ensuivit. L'acier heurtait l'acier, et les cris de guerre résonnaient. Au début, les chevaliers du peuple de la vallée prirent l'avantage, puis l'infanterie barbare déboula derrière eux. Encerclés, ils furent vite noyés sous le poids du nombre, et succombèrent les uns après les autres.
A l'aube, la bataille était terminée. La ville n'existait plus, et seule une poignée d'habitants avait pu s'enfuir.
"Ils iront prévenir le chef, dit l'un des guerriers.
-Peu importe, répondit Vi. Tu as toi-même vu qu'ils ne sont capables de rien. Nous les balayeront. Au nom d'Anathos.
-Au nom d'Anathos, répondit le guerrier."

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Lun 18 Mar - 23:29

Chapitre 15: La tragédie de la guerre-Deuxième partie

"La chute de cette ville, expliqua Gaunt, a déclenché un véritable branle-bas de combat au palais. Il était évident que les barbares viendraient jusqu'à la capitale. Et nous devions en organiser la défense...

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Karl se dirigeait à grands pas vers la salle du conseil. Aujourd'hui se tiendrait une séance exceptionnelle. On avait entendu hier le récit des rescapés du massacre, et il s'agissait à présent de savoir ce qui ferait pour défendre sa ville. Pour la première fois depuis son courronement, il sentait le poids de ses responsabilités sur ses épaules. Il avait déjà échoué à la protection d'une partie de son peuple. Il ne pouvait pas se permettre d'échouer à nouveau. Quel qu'en soit le prix, il défendrait la ville. Il entra dans la salle, pour y trouver Gaunt, Karlich, et une dizaine de vétérans, décidés à lui prodiguer leurs meilleurs conseils.
Les politesses d'usages furent échangées, puis Karlich prit immédiatement la parole.
"La ville n'est pas défendable, dit-il sur un ton qui ne souffrait aucune réplique. Nous sommes trop peu nombreux, et les murs sont trop longs. Il y aura forcément des points de faiblesses. Ces points, qu'ils soient exploités ou non par l'ennemi, lui permettront de pénetrer à l'intérieur de nos murs. Une fois que cela sera fait, il n'aura aucun mal à nous entourer. Et alors, tous seront condamnés.
-Que suggérez-vous alors ? demanda un chevalier. Nous ne pouvons pas fuir devant l'ennemi ! Il s'agirait d'une décision sans honneur et sans courage !
-L'honneur et le courage, répondit Karl, consisteront aujourd'hui à sauver notre peuple, quel qu'en soit le prix à payer. Que suggères-tu Karlich ?
-Monseigneur, répondit-il. Il nous faut quitter la ville. Tous les habitants doivent l'évacuer. Ils contourneront l'armée puis rejoindra la porte du Sud, qui leur permettra de quitter le royaume. Puis, si ces envahisseurs viennent à rentrer chez eux, peut-être pourront-ils revenir.
-Mais, dit Gaunt, une colonne de réfugiés, c'est facile à intercepter. Et comme vous l'avez déjà souligné, maitre d'armes, nous sommes trop peu nombreux. Nous ne pourrons pas protéger toute la colonne. Et ils leur suffira de se livrer à de courts mais fréquents raids pour nous massacrer sans peine.
-C'est exact, répondit Karlich. Il faut donc trouver une solution pour que ces envahisseurs soient retenus quelque part pendant un temps suffisament long pour que les réfugiés prennent de l'avance..."
Un instant, tous se turent, car ils comprenaient ce que voulait dire Karlich. Les chevaliers comme les soldats de métier devraient retenir les envahisseurs. Ils obtiendraient sans nul doute le lap de temps qu'il fallait pour que les réfugiés fuient, mais tous le payeraient de leur vie.
La remarque fut faite. Mais si ici, tous craignaient la mort, ils n'en montrèrent rien. Ils étaient des chevaliers. Protéger le peuple était leur rôle.
"Je suppose que nous sommes tous d'accords, dit Karl."
L'un après l'autre, tous les chevaliers acquiescèrent.
"Il nous faut trouver le point où nous les retiendrons, dit Karl...
-Nous y sommes en ce moment, monseigneur, répondit Karlich. La cité n'est pas défendable, mais les barbares marchent dessus. Si la population l'a quittée et qu'ils la trouvent vide, ils se mettront à notre recherche. Et alors, le risque qu'ils contournent la position que nous aurons choisie et ne trouvent la colonne de réfugiés est bien trop grand. A l'inverse, s'ils trouvent les portes de la ville closes, et des défenseurs sur les murs, alors ils croireont pouvoir détruire notre peuple en attaquant. Et ce n'est qu'après nous avoir défait qu'ils réaliseront leur erreur. Et le peuple sera alors déjà loin.
-Vos paroles sont empruntes de sagesse, répondit Karl. Chevaliers, qui approuve le plan proposé par le maitre d'armes ?"
L'un après l'autre, tous les chevaliers manifestèrent leur accord. Après la rédaction d'un édit royal destiné à la population, et les formules de politesses prescrites par le protocle, tous se retirèrent.

Le lendemain, l'édit fut lu à la population. Ils avaient jusqu'au prochain jour pour décider de ce qu'ils emporteraient, ou de ce qu'ils laisseraient derrière. Les volontaires pourraient se joindre à l'armée qui devait rester. Parmi l'armée régulière, ceux qui souhaitaient partir étaient libres d'un tel acte, mais les chevaliers avaient l'obligation de rester. Des juges furent nommés, qui seraient chargés de représenter la loi durant cet exode. De même, ceux qui connaissaient le mieux la région serviraient d'éclaireurs. Les préparatifs allaient bon train. Karlich prononça une formule qui lui appris Elué pour renvoyer Griffes d'Argent. Et même au sein du palais royal, on voyait les serviteurs courir en tout sens pour choisir ce qu'ils emmenaient.
"Karl, puis-je te parler ? demanda Elué.
-Mon amour, tu le sais pourtant que tu n'as pas besoin de me le demander, répondit Karl en se retournant."
Elué marcha vers lui, d'un pas assuré. Dans ses yeux brillait la crainte de la discussion qui allait suivre.
"Karl... en tant que roi, ton rôle est-il de suivre l'exode, ou de... rester ?
-Elué, répondit-il en la serrant contre lui, pourquoi poses-tu une question quand tu connais déjà la réponse ? Je dois rester. Je sais que cette décision est pour toi la cause d'une peine à nulle autre pareille, mais nous serons séparés.
-Je sais, répondit-elle. Gaunt m'a informé que tu souhaitais nous voir partir, moi et notre fille.
-Vous n'êtes pas des guerrières, répondit-il.Vous n'aurez rien à faire ici lorsque les combats commenceront. Notre fille est de toutes façons bien trop jeune pour combattre. Et tu sais à peine manier un couteau...
-Je suis d'accord pour la faire partir, dit-elle. Mais ma place est auprès de toi !
-Ta place est auprès de notre fille, qui souffrira déjà assez de la perte de son père, dit Karl. Ne lui imposes pas de perdre en plus sa mère... Et puisque tu penses également à moi, ne m'imposes pas le risque de voir ma femme mourir...
-Ma place est là où je veux qu'elle soit, murmura Elué. Et j'ai déjà choisi où est-ce que je la voulais. Auprès de toi, Karl. C'est là que je veux être. Jusqu'au bout.
-J'aimerais tellement pouvoir te dire la même chose, murmura Karl.
-Qu'est-ce qui t'en empêche ? demanda-t-elle."
Karl ne trouva rien à répondre à cela. Ils restèrent ainsi, enlacés au beau milieu d'un couloir du palais, jusqu'à ce que Gaunt, qui cherchait son ami pour quelques précisions sur les préparatifs du départ, ne les trouve, et ne les sépare en se raclant la gorge pour signifier sa présence.

La colonne de réfugiés disparaissait à l'ouest. Ils marcheraient dans cette direction pendant une semaine, puis braqueraient vers le sud. Quand au barbares, on disait qu'ils venaient du sud-est, et qu'ils seraient là dans quelques jours tout au plus. Gaunt se promenait dans les couloirs du palais, la main sur le pommeau de son épée, quand il croisa Elué.
"Haute Dame, la salua-t-il.
-Chevalier, répondit-elle.
-Ne deviez-vous pas partir avec les réfugiés ? demanda Gaunt.
-C'était ce qui aurait dû être fait, répondit-elle. Mais Karl et moi en avons décidé autrement.
-Cette décision est téméraire, Haute Dame, osa-t-il faire remarquer. Vous savez que la mort attend ceux qui sont restés.
-Je le sais, répondit-elle. Et c'est pour cela que j'ai choisi de rester aux côtés de mon époux jusqu'au bout."
Chacun passa son chemin sur ses mots. La colère montait dans l'esprit de Gaunt. Comment Karl avait-il pu la faire rester ? Elle ? Elle allait mourir comme une fille de rien, violée de la plus sauvage manière, puis tuée de façon sanglante. Ce n'était pas la mort qu'elle méritaire. Elle méritait une mort douce, et pas ça... Il alla trouver son ami.
"J'ai croisé la Haute Dame, dit-il sans s'annoncer.
-En effet, répondit Karl. Nous avons décidé que ...
-Es-tu fou ? hurla Gaunt, faisant fi du rang de Karl. Il lui fit part de sa pensée.
-Je pense comme toi, mon ami, dit Karl. Mais Elué... souhaite être à mes côtés lorsque je tomberais. Pouvais-je vraiment lui dire non ?
-Tu es son mari, et son roi qui plus est, répondit Gaunt. Elle te devait obéissance. Il fallait le lui ordonner et...
Karl rit.
-Tu sais, je crois que personne ne peut lui donner d'ordres, et quand bien même je le pourrais, je ne sais pas si je le ferais. Sinon... je l'aime, et j'aurais peur de gâcher cet amour.
-Si tu l'aimais, tu l'aurais fait partir, dit Gaunt en se retirant."

Trois jours passèrent. A l'aube du troisième jour, tandis qu'un orage se déclarait, des éclaireurs affluèrent vers la cité. Vi et les siens seraient ici dans l'après-midi.
On prit position sur les remparts, puis on attendit.

La tempête dans les cieux se déchanait au-dessus de la ville. Au nord, la foudre zébrait le ciel. Chaque éclair était suivi par un coup de tonnerre assourdissant. L'après-midi était tout juste entamé, mais il faisait déjà aussi sombre qu'à la nuit tombée. Le soleil et sa lumière réconfortante avaient disparu de ce tableau cauchemardesque. En son absence, les horreurs de la guerre ne tarderaient pas à commencer. Karl surveillait les environs depuis les murs. Les envahisseurs ne s'étaient toujours pas montrés, et la plaine autour de la ville était déserte. Seuls quelques arbustes battus par les vents s'y agitaient. Alors qu'il observait le paysage à ses pieds, il vit le dernier éclaireur regagner en hâte la cité. Il semblait pressé de se mettre à l'abri avant que les guerriers n'arrivent. Lorsqu'il arriva aux portes de la ville, il mit pied à terre et mena son cheval par la bride pour passer plus aisément par l'entrebaillement que l'on avait ouvert pour lui. Il fut arrêté par Karl.
"Combien ? demanda-t-il."
L'éclaireur jeta un regard en arrière avant de lui répondre. Les flancs de sa monture étaient trempés par la sueur et la pluie, et elle tressaillit. La cape de son cavalier était tou aussi humide, et il était pâle comme un linge. Karl nota que la main qui tenait les rênes tremblaient.
"Je n'ai jamais vu autant de guerriers, baffouilla-t-il. Il y en a des milliers. Plusieurs milliers."
Il avait l'air résigné.
"Toute la plaine va bientôt s'agiter ! murmura-t-il, perdu dans les méandres de sa propre terreur. Ils viennent nous chercher ! La terre les a enfantés par milliers !"
Karl voulu lui répondre quelque chose, mais le regard de l'homme le mortifia. Son esprit vacillait. Il avait dû en voir plus qu'il ne pouvait le supporter. Sans doute un citoyen qui avait choisi de rester après l'annonce de l'édit.
"Va te reposer, dit-il. Reviens sur les murs dans une heure, si les médecins estiment que tu es capable de le faire."
L'éclaireur ne répondit pas et reprit son chemin vers le palais, qui servirait d'hopital. Karl était écoeuré qu'un soldat puisse perdre tout espoir avant même le début de la bataille. C'était cela le vrai fléau des armées, selon lui. Puis il entendit au loin des tambours, et remonta vite sur les remparts.
On les vit venir par petit groupes au départ, puis ils arrivèrent enfin en une masse indistincte d'armures. Les défenseurs sur les remparts avaient l'impression que la plaine à leurs pieds n'était plus qu'un immense tapi de métal. Ils avançaient en poussant des cris de guerre, et en invoquant Anathos, dieu obscur que personne sur les murs ne connaissait. Les guerriers n'avaient pas d'étendards à proprement parler. Quand ils en avaient un, il s'agissait en fait d'un homme ou d'une femme de la première ville à être tombée. Ils étaient agités triomphalement par des guerriers musculeux. Malgré la distance, les défenseurs s'apperçurent avec effroi qu'ils étaient agonisants, mais toujours en vie.
Karl observait les ennemis qui s'amassaient. La lumière déclinante ne parvenait pas à cacher la taille de leur armée. Il s'apprêta à crier aux défenseurs de garder courage, mais fut interrompu par un phénomène étrange qui secoua l'armée ennemie.
Leurs mouvements erratiques se cristalisaient peu à peu sous la forme d'une ondulation plus régulière. Un son prit de l'ampleur. La cacophonie se muait en un chant lacinant.
"Anathos ! Anathos !"
Elué l'entendit même du palais. Elle comprit alors le pourquoi de l'invasion. Elle se laissa tomber au sol, en larmes. Anathos avait tenu sa promesse. Il lui avait promis ruine et désolations, et ces guerriers l'apportaient en son nom. Et par sa faute, des milliers de personnes étaient mortes, des milliers mourraient, et son mari mourrait à son tour. Puis enfin elle serait tuée, sans aucun doute possible.
Au pied des murs, les tambours se mirent à battre avec une vigueur renouvelée. Comme pour leur répondre, le tonnerre gronda au nord, et des éclairs illuminèrent les cieux de plus belle. Même les éléments semblaient se préparer à l'assaut. L'eau de pluie s'écoulait en torrents sur les remparts pour aller s'agglutiner en contrebas.
"Leurs oripeaux sont à portée de tir, annonça Karl. Ordonnez aux archers de mettre un terme aux souffrances des malheureux qui y sont accrochés, puis dites aux chevaliers de préparer les pieux. L'attente ne devrait plus être très longue."
Soudain, la marée monstrueuse se mit en branle. Les guerriers qui cernaient la ville abandonnèrent leur mélopée et leur danse hypnotique, puis marchèrent vers les remparts. Ils portaient avec eux échelles et cordes rudimentaires, pour mieux pouvoir escalader. Et lorsque les premiers arrivèrent en haut, le fracas des combats se mit à couvrir les cris de guerre.

Karl abattit son épée de haut en bas en ahanant. La pointe de l'arme se planta dans le creux de l'épaule du guerrier qui lui faisait face. Celui-ci hurla et secoua frénétiquement la tête, ouvrant davantage la plaie d'où jaillit un geyser de sang. Ses mouvements étaient si vigoureux que Karl cru qu'il allait lâcher son épée. Il appuya de tout son poid sur l'arme. Le guerrier faiblit et tenta de se dégager, mais un autre guerrier vint prêter main-forte à son roi et enfonça sa lame dans l'aisselle du guerrier. Son grognement de rage s'estompa et il tomba à la renverse, avant de chuter des remparts. Un autre guerrier prit imméditatement sa place. Malgré leur position avantageuse, les défenseurs avaient du mal à les repousser.
Karl frappait de taille et d'estoc comme un forcené en tentant d'ignorer la fatigue qui envahissait ses membres. Ses bras étaient maculés du sang de ses ennemis. Son heaume était ébréché et son armure avait été endomagée un coup de hache. Il sentait vaguement une douleur à son épaule, et qu'un liquide chaud coulait sous son aisselle. Il ne se souvenait pas du moment où il avait pu récolter cette blessure. Peu importait. Il y en aurait d'autres. Un guerrier à peine moins fort que celui qu'il venait de terrasser essaya de bondir sur le mur. Il reçut deux flèches dans la gorge avant de parvenir à se hisser et retomba aux côtés de son congénère. Les guerriers tenaient bon. Leur peur s'était envolée, remplacée par la détermination consciencieuse d'un ouvrier appliqué à sa tâche. Chaque coup de l'ennemi était paré, chaque attaque déviée. Du moins dans le champ de vision de Karl...
La bataille dura ainsi toute l'après-midi et se prolongea tard dans la nuit. Les défenseurs faiblissaient, quand soudain les attaquants se retirèrent.
"Expliquez-moi, Karlich, dit Karl.
-Monseigneur, répondit-il, vous avez noté qu'à quatre reprises, leur assaut a redoublé de violence ?
-Oui, que les dieux nous gardent d'avoir du faire face à une cinquième...
-Il n'y en aurait pas eu, répondit le maitre d'armes. J'ignore qui les commande, mais il connait bien l'art de la guerre. Pas plus de quatre assauts dans les mêmes vingt quatre heures, sinon les soldats sont démoralisés et se battent moins bien, ou pire encore, fuient.
-Alors ils ne viendront plus avant...
-Plus avant demain, oui, répondit-il."

--------------------------------------------

"Et donc, demanda Jadina, la cité n'est pas tombée sur le coup ?
-Non, répondit Gaunt. Elle est tombée le surlendemain.
-Le surlendemain ? demanda-elle. Mais si l'assaut que vous nous décrivez fut chaque fois aussi violent, comment se peut-il que...
-Il n'a pas toujours été aussi violent. Le lendemain, il s'est même agi d'un tout petit raid. Une cinquantaine d'entre eux, tout au plus. Mais un raid d'importance, car ils visaient une personne particulière...
-Elué, devina Gryf.
-Exactement, dit Gaunt. Nous ignorons encore comment ils ont pu trouver l'entrée, mais ils sont passés par les catacombes, et ont jailli dans le palais quand nous les attendions sur les remparts. Elué a beaucoup de pouvoirs, mais elle dut être surrise, et elle aura été assomée avant de pouvoir réagir...
-Et donc... compléta Jadina, Karl est ensuite allé les trouver dans leur camp pour...
-La suite, vous la connaissez en effet, répondit Gaunt. Cependant, pour compléter l'histoire, pendant que Karl était frappé dans le dos, les guerriers ravageaient la cité, après avoir submergé les défenseurs sur les murs.
-Et vous ? demanda Razzia. Pourquoi avez-vous zurvécu ?
-J'ai survécu grâce à Elué, dit Gaunt. Lorsque Karl a été frappé, elle a utilisé une grande partie son pouvoir. Une onde de choc, qui a fait trembler la terre et a renversé tous les guerriers comme des quilles. Je crois que cette Vi a d'ailleurs été tuée sur le coup. Quant à moi, je me suis alors réveillé avec ses pouvoirs, et la certitude qu'un jour, quelqu'un reviendrait pour prendre réunir son corps et son âme, et réveiller Karl de son long sommeil...
-C'était elle, devina Jadina.
-Je suis le meilleur ami de son époux, il parait logique que j'ai été choisi par elle pour veiller, telle une sentinelle. Et à présent, vous connaissez l'histoire..."

--------------------------------------------

"Vous dites qu'Elué a donné ses pouvoirs à Gaunt, dit Ténébris. Donc c'est qu'il est au palais en ce moment, non ?
-Oui, répondit la fée. Et c'est en partie pour ça qu'il ne faut pas que tu y ailles. Laisses-nous t'expliquer. Tu as compris qu'il était amoureux d'Elué, non ?
-Oui, dit Ténébris.
-Eh bien... Comment dire... Cet amour était fort. Très fort. Il avait toujours jalousé Karl en secret, et lorsqu'il a compris qu'elle comptait mourir à ses côtés, sa colère n'a plus connu de limites, de même que son désespoir. Alors, il a pris une décision terrible... Il est allé trouver les barbares.
-QUOI ? hurla Ténébris.
-Calme toi, répondit la fée. Il est allé trouver les barbares, et leur a offert de leur ouvrir les portes de la ville, en échange de la vie d'Elué. Pour preuve de sa bonne foi, c'est lui qui leur a montré l'entrée des catacombes.
-Il les a tous trahi... murmura Ténébris, la voie chargée de colère.
-Oui, répondit la fée. Et tu sais ce qui s'est passé par la suite.
-Mais pourquoi Elué a-t-elle donné ses pouvoirs à ce ... ce traitre ?
-J'ignorais ... Il était ... l'ami ... de ... de Karl ... Jamais je n'aurais pensé que ... qu'il ... ferait une telle ... chose ...
-Mais maintenant elle le sait, dit l'homme-fée.
-Et donc, dit Ténébris, il faut se débarasser de lui avant de ...
-Non, répondit la fée. Elué n'a pas donné tous ses pouvoirs, sinon elle n'en aurait plus, mais elle lui en a donné une moitié. On ne peut pas libérer Karl de son cerceuil de glace sans qu'il n'y aide, que ce soit en utilisant ses pouvoirs lui aussi, ou en les rendant à Elué. Dans les deux cas, il doit le faire volontairement.

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MessageSujet: Re: La première fic d'Oragie: le crépuscules des terres du nord   Sam 23 Mar - 22:57

Chapitre 16: Nouvelle ère, nouvelle déesse

« Le convaincre ? Lui ? Mais … Pensez-vous vraiment qu’il acceptera ? demanda Ténébris.
-Nous n’en savons malheureusement rien, répondit l’homme-fée. Tout dépendra de lui. Nous pourrions bien entendu faire valoir nos arguments…
-Mon père m’a enseigné que ce qu’on dit avant le « mais » ne vaut rien, l’interrompit Ténébris.
-Un point pour lui, répondit l’homme-fée. Je disais donc que nous pourrions bien entendu faire valoir nos arguments, et il acceptera avec une grande joie de ramener Elué à la vie, mais il sera bien plus difficile de faire valoir nos arguments pour ramener Karl.
-Je … peux … m’en … m’en charger, dit Elué. S’il … s’il m’aime … il … il m’écoutera.
-C’est vrai, mais c’est aussi parce qu’il t’aime qu’il refusera obstinément de ressusciter Karl, alors qu’il peut te garder pour lui.
-Cela reviendrait à … à … admettre qu’il … qu’il n’est … pas … pas pour … pour rien … dans ce qui est … arrivé.
-Et il ne peut l’admettre, n’est-ce pas ? demanda Ténébris.
-Disons qu’il a d’excellentes raisons pour justifier son acte, et il s’accrochera à ses convictions. En outre, il pourra faire valoir le fait que la cité allait tomber de toute façon, et que dans un certain sens, il a sauvé Karl….
-Comment cela ? demanda Ténébris.
-Réfléchis un peu, répondit la fée.
-S’il n’avait pas fait cela … commença Ténébris. La cité serait tombée, et Karl aurait été tué au combat ! Et cette fois-ci, pas de cercueil de glace possible !
-Non, en effet. Pour ignoble qu’elle soit, sa traitrise a sauvé la vie de son seigneur et … ami, puisque tel était le titre qu’il lui donnait jusqu’à cette trahison.
-Nous revoilà donc au point de départ, dit Ténébris. Quels arguments devrons-nous avancer ?
-Ils ne te seront pas révélés, dit la fée. Rappelle-toi ce que je t’ai dit. Ton destin n’est pas de voir le palais. Mon époux ira seul, avec le médaillon.
-Mais pourquoi ? demanda Ténébris. Je ne pourrais pas aider si…
-A peine réveillée, quelle sera ta première volonté Elué ? l’interrompit l’homme.
-Mon … mari … m’attend, répondit-elle.
-Comprends-tu Ténébris ? demanda l’homme.
-Sa première volonté sera d’aller réveiller Karl, mais je ne comprends pas en quoi cela m’empêche-t-il d’aller…
-Gaunt comme Elué ont des pouvoirs semblables. Au nombre de ces pouvoirs, il y a celui de chevaucher le vent.
-Chevaucher le vent ?
-Se déplacer aussi vite que le vent lorsqu’il souffle en tempête, répondit l’homme.
-Est-il indispensable de l’utiliser ? demanda Ténébris.
-Oui ! répondit Elué sur un ton qui ne souffrait de réplique. Karl a … suffisamment attendu.
-Et ? demanda Ténébris. Craignez-vous quelque chose ?
-Oui, répondit la fée. Et tu nous fourniras l’assurance que cela n’arrive pas. Il n’est pas exclu que Gaunt cherche à être … violent lorsque le moment sera venu. Si cela devait arriver, il faut que tu l’en empêches…
-Qu’il devienne violent ? Mais il va de toute façon s’énerver, dit Ténébris. Donc autant l’assommer sitôt Karl libéré.
-Tu n’en feras rien, répondit l’homme-fée.
-Et je ferais quoi alors ?
-Tu agiras lorsque le moment sera venu, dit la fée. Maintenant, suis-moi. Pendant qu’Elué et mon époux se préparent pour aller au palais, je t’emmène au cercueil de glace. »
La fée et Ténébris sortirent. Ténébris récupéra sa tenue d’assassin, et fut surprise par la température douce qui régnait dehors. « Une bénédiction que nous t’avons accordé, expliqua la fée. Tu n’auras plus jamais froid. » Elles étaient en pleine forêt, et marchèrent vers le nord pendant ce que Ténébris estima être trois bonnes heures. Puis au milieu d’une clairière, elle vit un monticule de neige. « Au travail maintenant, dit la fée. Le cercueil est en dessous de cette congère, et il nous faut retirer la neige qui le recouvre avant qu’Elué et Gaunt n’arrivent. » Aussitôt, les deux jeunes filles se mirent à la tâche. Ce ne fut pas difficile, car la neige était facile à retirer, d’autant plus qu’elles pouvaient la saisir à mains nues sans craindre le froid, mais ce fut long, car il y en avait une quantité conséquente. Ce fut Ténébris qui toucha la première le cercueil. En retirant une poignée entière de neige, elle sentit brusquement un contact dur. En dégageant de façon plus poussée, elle put voir une glace transparente… Lorsque tout fut dégagé, elle s’aperçut qu’il s’agissait d’un unique bloc de glace qui prenait la forme d’une dalle. Bien que l’ensemble soit plutôt transparent, et permette de distinguer une masse sombre qui devait sans nul doute possible être Karl, il était impossible de distinguer les traits de son visage. « Viens maintenant, dit la fée. Cache-toi derrière un arbre, et attend. » Ténébris obéit. Elle n’eut pas à attendre longtemps, car déjà le vent commença à souffler en rafales, alors même qu’il était resté calme durant l’opération. Puis elle entendit des voix, et passa discrètement la tête à côté de l’arbre pour espionner la scène…


Alors que Ténébris et la fée venaient de sortir, l’homme-fée s’interrogeait sur la pertinence réelle du « plan ».
« Tu sais, Elué, ne pas tout avoir dit à Ténébris n’était peut-être pas une bonne idée.
-Je … j’ai choisi … car … car elle … elle … ne doit pas … pas … soupçonner … ce qui va … se passer … dit-elle.
-Je reconstitue ton raisonnement, dit l’homme. Tu penses que Gaunt risque de se faire violence, et d’en arriver à faire couler le sang. C’est une crainte fondée. Et dans ce cas, tu sais qu’il n’y aura personne pour s’opposer à lui. Vos pouvoirs étant semblables, mais toi affaiblie par ton long emprisonnement, tu pourras juste le retenir. Cependant, vu qu’il est meilleur guerrier que Ténébris –du moins, c’est ce que tu affirmes-, il pourra sans problème te frapper au cœur avec son épée, car elle ne constituera pas un obstacle pour lui. Karl n’en constituera pas plus un, car il sera à peine en train de se réveiller, et donc incapable de combattre avant plusieurs heures.
-Exactement, dit Elué.
-Et tu sais que s’il venait à te tuer, il obtiendrait le reste de tes pouvoirs, faisant de lui une quasi-divinité. C’est pourquoi tu souhaites les … enfermer dans ce médaillon, et seul son porteur peut prétendre avoir tes pouvoirs.
-Et Uly...
-Uly sera la porteuse du médaillon immédiatement après que vous ayez dégelé le cercueil. Mais je me répète, je doute fort que Gaunt se fasse violence comme tu le crains. Quand bien-même essayerait-il, je suis convaincu que Karl saura l’en dissuader. Il sera en état de parler, tu sais.
-Oui … Mais … mais … je préfère … être … prudente.
-Je comprends, dit l’homme-fée. Si tel est ton choix, alors transfère tes pouvoirs dans ce médaillon. Ensuite, partons. »


« Et donc, voilà toute l’histoire ? demanda Jadina.
-Oui, répondit Gaunt. J’ignore encore comment les barbares ont pu rentrer, mais le fait est qu’ils y sont parvenus. Mais je m’aperçois que la nuit va bientôt tomber. Nous partirons à la recherche de votre amie demain aux aurores.
-Il y a des créatures bizarres dehors, dit Razzia. On peut pas z’y mettre maintenant ?
-J’ai vu vos capacités martiales, répondit Gaunt. Et le fait que vous soyez parvenus à dresser Griffe d’argent montre bien à quel point elles sont élevées. Si, comme je le pense, Ténébris est aussi puissante que vous, alors elle devrait pouvoir survivre. Avec Elué pour l’aider en prime, le froid n’aura pas d’impact sur elle. Et les monstres ne la trouveront même pas. Soyez confiants, il ne lui arrivera rien.
-Donc, nous regagnons nos chambres ? demanda Shimy.
-Vous pouvez le faire maintenant si tel est votre choix, mais vous pouvez aussi déambuler un peu dans le château. »
Deux heures passèrent. Le château s’endormit paisiblement, tandis que Gaunt montait la garde à l’entrée.
« Tu sais, Griffe d’argent, dit-il. Je me demande vraiment si l’issue de la bataille aurait été différente si tu avais été présente. Peut-être même Karl leur aurait-il échappé, qui sait… Enfin, en tous les cas, Elué va bientôt revenir à la vie. Ce n’est pas pour me déplaire, et… »
Il fut interrompu par la vision d’une silhouette qui marchait à grand pas vers le palais.
« Ce doit être la fameuse Ténébris. Ou bien Elué l’a guidée, ou bien elle est vraiment pleine de ressources ! Enfin, allons l’accueillir, qu’en penses-tu ? »
Il monta sur le dos de la manticore. Obéissante, elle prit son envol et se dirigea vers la silhouette. Lorsqu’elle se posa devant, Gaunt fut étonné de voir qu’il s’agissait d’un homme, et que de grandes ailes ornaient son dos.
« Qui êtes-vous ? demanda-t-il en dégainant son épée. Je ne me souviens qu’un autre peuple que les descendants des barbares parcoure cette vallée. A moins que les aventuriers ne se fassent légion par les temps qui courent…
-Mon nom n’a pas d’importance, répondit l’homme. Pas plus que le vôtre en ce qui me concerne. Ne pourrions-nous pas en discuter dans le palais ?
-Qu’il en soit ainsi, mais au moindre geste suspect, sachez que cette lame que je rengaine quittera à nouveau son fourreau. Et je ne crois pas pouvoir la maitriser. »
Il lui offrit néanmoins une place sur le dos de Griffe d’argent. Peu après, les deux hommes étaient dans le hall, Gaunt faisant face à la fée, le dos tourné à la porte qui dissimulait le corps d’Elué.
« Bien, dit-il. A présent que nous sommes à l’intérieur, puis-je vous redemander votre nom ?
-Si vous m’en donnez le droit, je préfère ne pas le révéler. Nous autre fées avons des secrets qu’il faut bien garder. Et comme je l’ai dit, je ne me soucie point de votre nom, même si je devine que vous êtes Gaunt.
-C’est en effet sous ce nom que l’on me connait. Si ce n’est pas indiscret, puis-je vous demander comment l’avez-vous connu ?
-Nous avons une amie commune qui a eu la bonté de me le révéler. Vous la connaissez sans doute, car vous veillez son corps depuis des temps immémoriaux.
-Vous … connaissez Elué ? demanda Gaunt, réellement surpris.
-Mieux que cela, répondit l’homme-fée. J’ai ramené ceci, ajouta-t-il en brandissant le médaillon.
-Elué… Haute-Dame ! s’écria Gaunt, arrachant le bijou des mains de celui-ci. Haute-Dame est-ce bien vous ?
-C’est … moi … mon … mon ami, dit Elué.
-Par les dieux, murmura Gaunt, qui sentait des larmes couler sur ses joues. Je … je suppose que vous souhaitez dès maintenant retrouver votre … enveloppe charnelle ? »
Elué lui fit comprendre que tel était son souhait. Aussitôt, ignorant son précédant interlocuteur, Gaunt se précipita vers la salle. Elué savait exactement que faire, et elle prit le temps de l’expliquer à l’humain. Il dut passer le médaillon au cou de la Haute-Dame, puis prononcer des paroles dans une langue dont il ne savait rien. Elué ne lui en appris pas plus, mais il s’agissait de l’antique langue des dieux. Anathos en avait fait don à Vi afin qu’elle emprisonne la Haute Dame, mais rien n’est éternel, pas même les enchantements des dieux. Ils peuvent être défaits, par quelqu’un maitrisant leur langage. Gaunt se rendit compte du succès de l’opération quand, peu à peu, la poitrine d’Elué se souleva puis s’abaissa à un rythme doux. Puis, pour la première fois depuis des millénaires, elle ouvrit ses yeux bleus. Elle tenta de parler, mais ne parvint à produire qu’un gémissement incompréhensible. Lorsqu’elle commença à se relever, Gaunt se fit pour devoir de l’y aider. A peine debout, elle retomba à genoux, les mains sur le sol. Gaunt se pencha pour la relever, quand il l’entendit brusquement vomir une bile acide. Cela dura une minute, à l’issue de laquelle il offrit à Elué son mouchoir. Après s’être nettoyé la bouche, elle se tourna vers lui, et tout en se relevant, lui demanda quand serait-il disposé à venir réveiller Karl.
« Haute Dame, répondit-il, ne souhaitez-vous pas le faire vous-même ?
-Je n’aurais retrouvé la pleine maitrise de mes pouvoirs que dans quelques jours, expliqua cette dernière. Et Karl … est mon mari. Je ne peux pas attendre, je veux le voir, lui parler… Je veux … redevenir sa femme.
-Je vous comprends Haute Dame, dit Gaunt. Mais ne souhaitez-vous pas un peu de repos avant de partir pour son cercueil ? Je suis persuadé que cela serait…
-Non, répondit-elle. Il a trop attendu.
-Haute Dame, il est inconscient. Il n’a aucune notion du temps qui passe. Que sont pour lui quelques heures de plus ou de moins à attendre ?
-Ces heures, je les ressens, répondit Elué. Ne souhaites-tu point combler de bonheur ta Haute Dame et ton seigneur ?
-Si, madame. Tel est mon seul désir, dit Gaunt avec un petit sourire.
-Alors allons-y, dit Elué. »


Pendant ce temps, l’homme-fée n’avait pas oublié ce qu’il devait faire. Il parcourut le palais en tous sens, puis finit par trouver la chambre d’Uly. Celle-ci dormait profondément, quand elle fut réveillée par une main qui la secouait fermement.
« Chut, fit l’homme-fée, avec un sourire qui se voulait rassurant. Je ne vous veux aucun mal jeune fille. »
Uly tenta d’appeler à l’aide, mais une main sur la bouche la fit taire.
« Ecoutez-moi avant d’appeler vos camarades. Elué s’est réveillée, car le médaillon lui a été rendu. En ce moment, elle est Gaunt doivent déjà partir pour le cercueil de glace, mais … certaines choses doivent être réglées. Je vous les expliquerais en chemin, mais vous devez comprendre qu’il vous faut venir, et seule.
-Seule ? Vous voulez rire. Vous croyez vraiment que je vais vous suivre, comme ça ? Mais vous êtes fou ma parole ! A l’aide ! s’écria Uly »
Elle appela tant et si bien que les légendaires finirent par arriver. Ils s’étonnèrent de trouver un homme-fée, mais celui-ci utilisa ses pouvoirs pour transmettre une puissante vague psychique, qui calma aussitôt toutes les ardeurs guerrières de la pièce.
« Je comprends votre peur, légendaires, dit-il. Mais vous devez me laisser emmener Uly, car sinon, nous risquerions d’arriver trop tard, et…
-Trop tard pour quoi ? l’interrompit Jadina. »
L’homme-fée se hâta de leur raconter la vérité sur la fin du siège de la cité, et sur les circonstances dans lesquelles Elué avait été emprisonnée. Il les informa également que Gaunt et Elué devaient être partis depuis longtemps.
« C’est pas vrai ? dit Gryf. Et donc là, Elué est partie de son plein gré avec un homme qu’elle sait … dangereux ?
-Et zurtout, dit Razzia, seule Ténébris est là-bas. Et si Gaunt devient violent, elle doit l’affronter seule pour le moment.
-Exact, dit l’homme. Nous avons déjà perdu assez de temps, vous le comprendrez aisément. Donc maintenant, allez-vous me suivre ? »
Les légendaires acceptèrent. On garderait un œil sur lui, car rien ne garantissait qu’il ne mente pas, mais on ne pouvait pas prendre le risque de laisser Elué et Ténébris seules avec lui. L’homme-fée les fit monter sur le dos de Griffe d’argent.
« On n’est pas un peu nombreux pour ça ? demanda Shimy.
-Elle ne nous sent même pas, répondit Amy. En attendant, je vous suggère de suivre l’exemple de Gryf et de vous accrocher, ces créatures ont un vol plutôt brutal. »
Les légendaires se rendirent compte qu’Amy devait être maître dans l’art de l’euphémisme, car le décollage les désarçonna tous sauf Razzia et l’homme-fée.
« Eh ben dis-donc l’affreuse bêbête ! dit Gryf. Heureusement pour toi qu’il y a la neige, sinon tu pouvais te vanter d’avoir brisé la colonne vertébrale de trois des meilleurs héros d’Alysia !
-Merci de me prendre en compte, signala Uly. »
Le deuxième décollage désarçonna à nouveau le groupe, mais le troisième essai fut le bon. Même si Griffe d’argent devait voler au ralenti pour ne pas risquer de désarçonner tout le groupe, et surtout, proche du sol pour que les éventuelles chutes ne soient pas trop brutales. Ceci était dramatique, selon l’homme-fée, car on aurait été bien plus vite si elle avait pu voler en altitude, et ce d’autant plus qu’on s’y serait bien mieux repéré.
« Nous allons perdre du temps en cherchant le cercueil, signala-t-il.
-Eh ! dit Jadina. Fallait pas vous faire repérer par Gaunt, et fallait venir nous trouver en premiers !
-Impossible, répondit-il. Gaunt maitrise le palais. On ne peut pas y entrer sans qu’il le sache, et on ne peut pas y déambuler sans qu’il ne nous trouve. Je serais de toute façon tombé sur lui avant de tomber sur vous, donc autant me présenter de face, au moins il pouvait me faire confiance si je m’y prenais ainsi. »


Ténébris observa la scène. Elle fut estomaquée par la beauté d’Elué. Celle-ci ressemblait à la femme du portrait, sans aucun doute, mais tout dans sa démarche, dans son maintien, trahissait la noblesse d’une femme qui avait reçu la meilleure des éducations, et qui comprenait comme personne d’autres les sentiments que l’on pouvait ressentir. Et les mots manquaient pour décrire à quel point son visage était un spectacle de beauté. Mais pour l’heure, ce visage était marqué par l’émotion, tandis qu’elle se penchait sur le cercueil de glace, dans lequel se trouvait son mari.
« Gaunt, dit Elué. Je ne peux plus attendre. Es-tu prêt ?
-Oui, Haute Dame, répondit ce dernier. »
Aussitôt, les deux se penchèrent sur le cercueil. Ils chantèrent dans une langue que Ténébris reconnut. Son père l’avait déjà parlée au cours de rituels magiques, et même si elle ne l’avait jamais comprise, elle savait qu’il s’agissait là d’un langage qui amplifiait les effets des sorts lancés. Puis elle regarda le cercueil, et fut impressionnée. La glace ne fondait pas, elle semblait se diviser en milliers de petits cristaux emportés par un vent doux, et rapidement, on commença à mieux voir les traits de Karl. Et plus on les distinguait, plus l’expression de peine qu’il y avait sur le visage d’Elué se changeait en une expression de bonheur à nul autre semblable. Puis les derniers cristaux s’envolèrent Ténébris ne vit rien de là où elle était, mais le cri de désespoir d’Elué la renseigna sur ce qu’il se passait.
Gaunt ne put s’empêcher d’avoir un petit sourire, mais il l’effaça bien vite. Karl était bien là, aucun doute n’était possible. Mais en revanche, plus rien ne le réveillerait. Il avait été frappé dans le dos par une hache, et la glace l’avait sauvé de la mort. Mais pendant son long sommeil, quelqu’un avait dû dégeler le cercueil, égorger le malheureux sans qu’il puisse réagir, puis regeler le tout. Et aujourd’hui, tous les espoirs d’Elué avaient été anéantis. Et bien que Gaunt soit satisfait de s’être débarrassé d’un rival, il ne pouvait s’empêcher d’être peiné à la vue de la femme de ses pensées, anéantie par le chagrin, et qui serrait son mari dans ses bras, laissant libre cours à ses larmes.
« Karl… non ! gémissait-elle. Qui a pu… J’avais moi-même créé son cercueil ! Qui a… Gaunt… Non c’est impossible ! Tu n’as pas… Tu ne pouvais pas…
-Je crains de ne pas pouvoir maintenir le mensonge plus longtemps, Haute Dame. Cela m’a pris du temps, plusieurs semaines à chanter et à incanter, mais j’ai fini par me débarrasser de ce cercueil. Comprenez-moi Haute Dame, je vous croyais morte. –Ténébris faillit jaillir de sa cachette pour le gifler. Quel menteur !- Je pensais bien faire, en le renvoyant auprès de …
-Tu savais que j’étais vivante ! cria Elué, en larmes. Tu savais que j’allais revenir ! C’était ton ami ! Comment as-tu pu ?
-J’ai cru bien faire.
-Tu as cru bien faire ? Tu savais que j’étais enfermée là-dedans ! hurla-t-elle en brandissant le médaillon, qu’elle jeta au loin. Tu savais ! Pourquoi as-tu fait ça ? »
Pendant qu’elle parlait, une main invisible s’empara du médaillon et l’emporta au loin. Elle passa à côté de Ténébris, qui écoutait la dispute dont le ton s’envenimait.
« Vous saviez ? demanda-t-elle.
-Non, répondit la fée, redevenant visible. Je dois avouer que c’est une surprise pour nous aussi. Et j’ai peur de la suite des évènements.
-Pourquoi avoir pris ce médaillon ? demanda Ténébris.
-Elué n’a pas encore retrouvé tous ses pouvoirs. C’est pourquoi elle les a enfermés dedans. Ce médaillon est en quelques sortes un objet cabalistique désormais. Seul son porteur peut faire appel aux pouvoirs d’Elué. Bien entendu, si tout se finit bien, elle le récupèrera. Mais au moins, cela évite que Gaunt ne les récupère, si cela devait mal se terminer.
-Qu’entendez-vous par « mal » ? demanda Ténébris, même si elle pensait connaitre la réponse. Et celle-ci confirma ses pires craintes. »
Cependant, autour du corps de Karl, la discussion tournait à la franche dispute. Elué avait ravalé ses larmes, et elle accablait Gaunt de reproches.
« Tu prétends vraiment m’aimer ? hurla-t-elle. Alors pourquoi ne me laisses-tu pas vivre mon bonheur ?
-Il m’a tout pris ! rugit Gaunt. Il ne lui suffisait pas d’être plus fine lame, plus haut dans la hiérarchie, plus apprécié de la cour, plus populaire ! Il a aussi fallu qu’il te prenne toi !
-Je te rappelle qu’il n’est venu me trouver qu’après que je t’ai rejeté ! dit-elle. Elle lui tourna le dos, et se calma. Les larmes revinrent, et sa voix se brisa. Tu… tu es orgueilleux, Gaunt. Jaloux de Karl. Lui au moins avait compris … il me comprenait, et je le comprenais. Je sais qu’il m’aimait, plus que tout. Il ne me convoitait pas parce que j’étais la plus belle, il connaissait mon âme… Il me connaissait moi… Tu ne peux pas prétendre me connaitre… Tu n’as aucune idée du point auquel je l’aimais, du point auquel il m’aimait, et du bonheur que c’était de … simplement le savoir en bonne santé !
-Alors rejoins-le si tu l’aimes tant ! rugit Gaunt. »
Elué tenta de se retourner pour lui demander des explications, mais elle n’en eut pas le temps. Elle ressentit un choc dans le dos, puis une douleur intense dans la poitrine. Sa vision se troubla. Elle sentit confusément qu’on lui retirait quelque chose qui l’avait transpercée. Un liquide chaud coulait entre ses seins. Le sol sembla soudain irrésistiblement attirant. Elle se sentit fatiguée, elle voulait du repos. Elle eut une brusque envie de s’asseoir, non de s’allonger. Ici même. Dans la neige dont elle était la déesse. Et aux côtés de son mari, là où était sa place. Elle se sentit confusément tomber. Puis tout devint noir, et la douleur disparut.
« NOOOOOOOOOOOOOOOOOON ! hurla Ténébris en voyant Elué s’effondrer, telle une marionnette dont on aurait coupé les fils. » L’attaque de Gaunt avait été rapide, et la scène n’avait duré que l’espace d’un battement de cils. Et maintenant, Elué gisait au sol, son sang rouge tachant la neige. Ténébris ne put supporter cette vision, et fonça sur Gaunt, brandissant ses poignards. Il se retourna juste à temps pour parer son assaut. « Tu dois être Ténébris, devina-t-il. Ma foi, voilà qui sera des plus intéressants… » Le duel s’engagea. Ténébris attaquait sans cesse, mais Gaunt parait tous ses coups. Quand soudain, un rugissement provint du ciel, les interrompant tous deux. De Griffes d’argents bondirent les légendaires, se ruant sur le traitre, tandis qu’Uly restait sagement à l’arrière. Mais pour puissants qu’ils fussent, les légendaire ne parvenaient à passer la garde du guerrier. Les éclairs de Jadina ne l’atteignaient même pas, pas plus que les attaques de Shimy. Il évitait les coups de Razzia et Gryf, et parait les attaques de Ténébris sans peine. Il ne parvenait pas à prendre l’avantage, mais les légendaires n’y parvenaient pas plus. « Terminons-en, dit-il lorsqu’il s’en aperçut. » Aussitôt, le vent se mit à souffler, un vent glacial qui frappa les légendaires de plein fouet. Seule Ténébris continua à lutter sans se soucier du froid, grâce à la bénédiction des fées, mais Gaunt repris rapidement avantage sur elle. « Je vous tuerai un à un ! rugit-il »
Uly restait au loin, quand elle sentit une main sur son épaule. Elle se retourna, et vit la fée qui lui tendait le médaillon. « Prends-le ! dit-elle. Toi seule peux empêcher la victoire de Gaunt maintenant. » Uly passa le bijou à son cou sans comprendre, et fut tordue en deux par la douleur, comme si on venait de lui asséner un grand coup dans l’estomac. Des frissons parcoururent son corps, et soudain elle ne ressentit plus le froid. « Fais bon usage de tes nouveaux pouvoirs ! entendit-elle. » Elle ne comprit pas. Tout ce qu’elle souhaitait était que Gaunt soit vaincu. Peut-être que ses « nouveaux pouvoirs » déclencheraient une pluie de feu sur lui, qui sait ? Il n’en fut rien. Elle ne parvint qu’à déchainer une tempête de neige sur le combat. Mais une tempête si épaisse que si on tendait y le bras, on ne pouvait plus voir sa main.
« On veut m’aveugler ? demanda Gaunt. Vous devriez pourtant savoir que j’ai les pouvoirs d’Elué. La neige est mienne, légendaires, et vous ne pouvez pas vous y cachez. Vous vous êtes vous-même condamnés, et… » Il fut interrompu par un choc sourd. Un objet métallique ensanglanté dépassait de sa poitrine. « Qu’est-ce que cela ? demanda-t-il. » « On appelle cela une lame, crétin, dit Ténébris. Sache que le tueur parfait est capable de repérer sa proie rien qu’à l’oreille. Avec toi, je n’ai pas eu de problèmes… » Gaunt s’effondra, raide mort. Lorsque la tempête se calma, suite aux multiples essais d’Uly, on put voir que son corps avait été enseveli sous la neige. Uly, quant à elle, était pliée en deux. Suite à la mort de Gaunt, elle assimilait également ses pouvoirs…
« Une nouvelle déesse, commenta la fée. Cela est bon.
-Elle ? Une déesse ? demanda Ténébris.
-Oui. Allez-vous reposer à présent, la dernière heure dut être éprouvante… »
Alors, les légendaires se rappelèrent ce qui s’était passé. Il fut long de retrouver les corps de Karl et d’Elué, puis de leur offrir une sépulture décente. Uly fabriqua pour eux un nouveau cercueil de glace, dans lequel ils seraient ensembles. Pour l’éternité cette fois-ci. Au-dessus était inscrit « Karl et Elué, exemples du plus pur des amours ». Puis il fallait songer à partir de ces terres maudites. Uly devait y rester, en sa qualité de nouvelle déesse. « Mais je peux désormais vous faire partir plus rapidement, dit-elle… »
Les légendaires eurent à peine le temps de réagir, un flash lumineux les prit, tandis qu’ils entendaient la voix d’Uly leur souhaiter un bon voyage. Puis cette voix fut couverte par le son des conversations. Lorsqu’ils purent y voir, ils constatèrent qu’ils étaient de retour dans la bibliothèque. Ténébris posa aussitôt les yeux sur le livre qui contenait la légende… celle qui les avait amené loin au nord… et dont eux seuls connaissaient la fin… « Pourquoi une telle fin ? demanda-t-elle à Razzia, en pleurant. » Celui-ci ne sut que répondre.

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